Chapitre treize { Quand tout te tombe dessus.

Nous étions si loin de croire que tout irait bien. Surtout que je n'étais plus vraiment la même. Je regardais la vie se faire. Entre des victoires de moins en moins concluantes et se faisant toujours avec un goût amère. Nous savions parfaitement que nous pouvions mieux. Je me taisais depuis un moment, remettant moi-même mon rôle de capitaine le plus loin possible. Rosalie avait bien sûre sa théorie sur le sujet, elle était aussi la seule à savoir que j'étais dans un état lamentable mais que je le cachais avec peut-être trop de perfection. Je souriais en jouant mon rôle du mieux que je pouvais et quand je rentrais dans ma chambre, je me lâchais. Au tout début, j'avais passé de longues soirées à pleurer sur toutes les conséquences de mes actes. Puis, j'ai fini par l'accepter et un mois plus tard, je vivais avec une boule ventre. Mais au moins, je me sentais moins assaillit par la douleur et la honte aussi. Pour Edward, je ne savais pas quoi penser. Il prenait son métier à cœur. Reprenant ainsi son rôle de moralisateur et par la même occasion, sa place de bourreau qu'on aimait tant détester. Alors, oui, j'ai essayé de le détester juste le temps d'oublier que je l'aimais bien trop. Les filles n'étaient pas stupides, elles comprenaient que quelque chose avait changer depuis un moment mais personnes ne devinait qu'il s'agissait juste d'une décision de ma part. Malgré tout, elles étaient contentes de le retrouver. Même si moi, je n'étais plus dans leur bonnes grâces. J'ai eu l'occasion d'entendre une discussion entre elles alors que j'étais censée être partie depuis un moment. Fuyant les filles pour me réfugier dans ma tristesse la plus complète.

-Tu ne trouve pas qu'elle est bizarre c'est temps-ci ?

-Tu veux plutôt dire qu'elle est de mauvais poile constamment.

J'avais oublié ma brosse à cheveux dans le vestiaire et par un pur hasard, elle discutait inconsciente de ma présence, juste derrière la porte entre ouverte. Tout le monde était encore là.

-Elle est peut-être juste dans une mauvaise passe.

Je reconnaissais Rosalie et sa gentillesse imperturbable.

-J'en sais rien mais en tout cas, elle est agressive.

-Tout le temps.

Il y eut un silence pendant lequel les filles continuait de s'habiller.

-Le coach devrait changer de capitaine.

-Tu crois ?

Alice venait de lancer la discussion la plus perturbante jamais entendue au sein de cette équipe. Elle lançait comme qui dirait les hostilités.

-Je voudrais juste qu'on laisse sa chance à une fille qui sera plus motivée et compréhensive. Moins agressive.

J'ai senti mon cœur se briser une fois encore. J'avais du mal à ne pas réagir à cet affront. Mais je ne voulais pas qu'on me découvre. Je voulais savoir plus.

-Alice...

-Quoi Rosalie ? Ne me dit pas que tu la soutiens encore alors qu'elle est de moins en moins dans le coup. Elle ne nous encourage plus et il faut admettre que ses passes sont vraiment... mauvaises.

-Et puis, elle ne s'entraîne plus vraiment à fond, vous ne trouvez pas ?

Un silence gênant vint s'engouffrer entre elles et je savais au fond que tout le monde était d'accord. Moi avec. J'ai inspiré en me collant au mure. J'ai observé le plafond en me laissant glissé sur le sol. Il me fallait un peu de courage. Il me fallait prendre une décision. Quand enfin, j'ai réussie à tout résumer dans ma cervelle de moineau, je suis partie. Le lendemain, nous étions dans le bus pour notre match. Le dernier avant la fin du tour et si nous gagnions, nous étions sûre d'aller en quart de finale. J'ai trouvé la force de me concentrer mais il m'arrivait de regarder Alice dans l'autre ranger de siège en train de rire avec les autres. Et il y avait Rosalie qui écoutait de la musique sans se soucier de quoique ce soit. Je ne savais plus si ma décision était la bonne. Si j'avais raison de continuer de me taire.

A l'échauffement, j'ai tout fait à demi mesure, suivant au lieu de prendre ma place de suiveuse et j'ai eu même droit à un regard en coin de Rosalie qui ne savait plus comment se positionner dans cette histoire. Comme quoi j'avais eu tord de tout lui dire. Elle m'a alors demandé si j'allais bien et je me suis contentée d'un 'oui' sans intérêt. Je n'allais pas bien depuis longtemps. Quand l'entraînement s'est clôturé dans le gymnase de l'équipe du Winsconsin, j'ai suivi les autres au vestiaires mais Edward m'a stoppé dans le couloir.

-Isabella ? Je peux te parler ?

Je l'ai regardé nerveusement parce que je ne voulais pas vivre un autre drame. Il a semblé comprendre le fil de ma pensée.

-Non, promis, je ne te parle plus de ça. On a été clair sur l'affaire.

L'affaire... Voilà comment on nommait notre histoire, une affaire. Un drame peut-être même. Je me suis penchée contre le mur et j'ai attendu ma pénitence. J'étais soudain tellement lasse d'écouter en silence et faire comme si tout était normal.

-Isabella, tu fais des performances déplorables depuis un certain temps.

J'ai soupiré les yeux fermés.

-Je ne peux plus être capitaine. Je l'ai bien compris.

Il a ouvert grand les yeux. Sans doute trop étonné.

-Quoi ? Non, je veux juste que tu te ressaisisses. Ce match peut nous ouvrir les portes des quarts de final...

-Et si nous gagnons la coupe, tu auras les garçons. Oui, je me rappel. Ne t'en fais pas, Je vais faire en sorte que ce ne soit plus un problème, coach.

J'ai fais un sourire aussi faux que la plus part de mes actes de ces derniers temps et je suis rentrée dans le vestiaires. J'ai évite les regards et j'ai pris une douche en silence, devinant parfaitement qu'elles avaient encore parler sur mon compte en mon absence. Il y avait un sentiments meurtri qui me gagnait en permanence qui débordait de cett espèce de souffrance au combien insoutenable. J'avais perdu le contrôle de tout. A commencer par ma vie. J'avais cru que rompre allait me rendre cette confiance que j'avais gagné au cours de mes années passée dans cette équipe. J'étais déçue de ne pas pouvoir me ressaisir. Je voulais me retrouver. J'avais envie de redevenir comme avant... Mais le pire dans cette histoire était de perdre mes amies. J'avais déjà perdu toutes les filles à part Rosalie, seulement, je m'éloignais encore et toujours d'elle. Depuis mes aveux, je faisais en sorte de me taire, pour me murer dans un silence insupportable. Comme si tout serait oublier alors que j'avais juste envie de parler.

Dans ma chambre d'hôtel que je partageais avec Rosalie, je tentais de rester imperturbable mais une fois les lumières éteintes, j'ai pleuré dans le noir. C'était drôle à quel point tout pouvait vite s'effondrer dans une seule et unique existence. Juste une décision et rien n'allait plus. Mais si j'avais décidé d'embrasser Edward ce soir-là, ce n'était pas nécessairement l'alcool qui était fautif, c'était juste une question de désir inassouvie. D'une attirance indéniable et d'un amour qui s'était mué au cours de nos longues soirées à faire l'amour. Oui, j'étais tombée amoureuse de lui et oui, j'avais mal. C'était idiot après tout d'enfin trouver quelqu'un d'extraordinaire et de tout balancer parce que le timing était affreusement mauvais. Il est vrai qu'à la fin de l'année, je serai diplômée et je quitterai cette place d'étudiante. Là, j'aurai pu être avec lui sans rien pour nous bloquer. J'étais encore plus triste parce que je savais qu'il était trop tard. Je me suis levée de mon lit en silence. Rosalie bougea dans son lit mais ne sembla pas éveillée. J'enfilais ma veste de training et je sorti de la chambre. Je m'installais alors dans le petit hall de l'étage. Le fauteuil était assez confortable pour se laisser aller à trop de réflexion. Je n'arrivais pas à faire le point, comme si j'étais bloqué par trop de pensées.

J'ai alors entendu des rires dans le couloir. Évidemment, rien n'aurait pu être pire. Un couple pas si ordinaire marchait en riant. Mon cœur aurait pu se briser s'il n'était pas déjà en mille morceau. Edward et la coach de UCLA. J'aurai ris si je ne pleurai pas déjà. Il a tourné la tête pour sentir ses baisers dans le cou et il m'a vu. Mon Dieu, je devais avoir l'air pitoyable. J'en étais sur.

-Isabella ?

Ses lèvres avait bougé mais aucun sons n'étaient sortis. Elle n'avait rien remarqué et elle le poussa dans une chambre. Un dernier regard échangé et je pouvais suffoquer dans le couloir. La nuit avait été dure. En faite, elle n'avait pas été réparatrice, au contraire. Je n'avais pas dormi et quand, me retourner éternellement dans mon lit était devenu insoutenable, je m'étais levée. J'avais pris une douche et j'avais rejoins le restaurant de l'hôtel pour prendre mon petit déjeuner à 6h du matin. J'avais vraiment essayé de manger. J'avais réussi à avaler des fruits en salade mais le pain n'était pas passé et j'avais fini par me pencher sur mes notes de cours. Sans doute avec l'espoir de me changer les idées. Mes examens finals approchaient et j'avais juste hâte de m'enfuir de Stanford. Peut-être même recommencer ailleurs. Mais au lieu de terminer mon chapitre, j'ai regardé par la grande baie vitrée et je me suis rendue compte que si tout ceci arrivait c'était juste de ma faute. Quitter Edward, éviter les filles, m'apitoyer sur mon sort. Je jouais simplement aux victimes. Depuis quand étais-je ce genre de personne ? Je m'étais toujours promise que je serais forte, que je ne pleurerai plus. C'était la promesse que j'avais faite après le départ de mon père. J'étais tellement loin de coller avec cet idéal.

Quand les filles ont commencé à arriver, j'ai commencé à me décider tout doucement. J'allais assumer mes actes. J'allais jouer, j'allais leur dire. La décision était prise, j'allais avouer mes torts parce qu'il fallait qu'elles sachent que j'étais fausse et que je n'étais pas honnête avec elles. Alors, il m'a fallu choisir peu à peu mes mots. Mais au fond, comment pouvais-je avouer une telle chose sans les mettre en colère. Sans les dégoutter ? Ou bien sans compromettre la carrière d'Edward. Oh, Edward. J'avais presque oublié l'épisode de la veille.

Je jouais du mieux que je pouvais mais mes choix tactiques étaient mauvais. J'enfermais mes attaquantes et quand je passais la balle à la bonne personne, la balle étaient mal placée. A cheval au filet ou trop poussée par rapport aux antennes. Bref, une catastrophe. Edward ne resta pas insensible. Il marchait de long en large au bord du terrain, criant à tout rompre. Je commençais à me ratatiner. Puis vint la blessure. Celle que je redoutais. J'avais bloqué une balle et ma cheville avait littéralement craqué. J'étais par terre, me tordant de douleur en cherchant une raison à tout ça. La douleur était intense et j'avais les larmes aux yeux. J'ai senti ses mains sur mon mollets et bien sûr, je m'étais un peu détendue. Je ne pouvais pas oublier. J'étais sur le dos, ma jambe surélevée par les mains d'Edward. J'avais juste envie d'être partout ailleurs. Loin de tout ça.

-Isabella, calmes toi. Allez, calmes toi.

J'avais l'impression que tout foirait. J'en avais marre. Je me suis alors redressée, envoyant tout le monde valdinguer. Je me suis accroupie sur ma jambe et j'ai sauté à cloche pied vers le banc. J'avais le cœur qui battait à la chamade et les larmes qui coulaient silencieusement sur mes joues. J'ai pris mon gilet que j'ai enfilé et j'ai poursuivi ma route vers les vestiaires ignorant les gens. Edward me demanda d'attendre, de ne pas me fatiguer. Je lui ai lancé un tel regard qu'il fut forcé d'abandonner. Dans le vestiaires, le médecin me rejoignit avec le kiné de l'équipe. Ils en déduisirent rapidement que j'avais une entorse.

-Tu en as pour un petit moment.

J'ai soupiré. De soulagement ou de tristesse ? J'avais l'impression que tout était devenu simple. J'allais pouvoir prendre la petite porte. Sortir en silence. J'étais libre maintenant ? Ou peut-être pas, je me sentais toujours autant coupable.

Hello tout le monde, me revoilà pour un chapitre treize particulier. La suite semble toute tracée.

J'espère que vous prenez plaisir ici et je vous remercie pour toutes les personnes qui suivent cette fiction. Chaque commentaires et nouveaux followers me fait rudement plaisir. Alors, Merci beaucoup, c'est gratifiant et motivant. Je vous embrasse, a très bientôt !