Chapitre Quatorze { Partir pour mieux revenir.
J'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir à tout ça. J'ai imaginé ce qui aurait pu être pire. Il y avait une montagne de possibilité. Ce qui m'avait amené à être honnête sur moi et mes choix.
Si je passais autant de temps à faire du mal et à moi et aux autres, c'était une peur infondée. Ça tout le monde le savait et j'en était venue de trop nombreuses fois à cette conclusion. Mais quand on savait finalement la raison de tout ce bazar, comment faisions nous pour régler le désastre ? Il fallait assumer, c'était certain. Dans un premier temps, j'ai beaucoup parlé avec ma tante Annie, revenant même chez moi, dans l'Oregon. Je lui ai posé tellement de question sur mes parents qu'on resta une après-midi entière assise dans son jardin. Usant du thé pour parfaire toute cette histoire. Je voulais comprendre pourquoi du jour au lendemain, je n'avais plus de père. Je savais pour l'alcool. Ce n'était pas un secret d'état que mon père abusait de l'alcool pour soigner des maux dont je n'avais pas idée.
Charlie Swan était une bonne âme. Enfin, en dépit de tout le mal qu'il m'avait fait. Il avait vécu toute sa vie au crochet d'une mère abusive qui le tenait sous sa coupe et d'un père lui aussi alcoolique et colérique. Un homme bruyant qui ne craignait pas les déboires et qui était extrême dans tout ce qu'il faisait. Même la rencontre avec ma mère n'avait pas sauver Charlie. Il avait pendant un temps réussi à se stabiliser, aimant sans réserve et le montrant autant qu'il le pouvait. Mais les démons étaient de petites bêtes qui s'accrochaient toujours plus. Alors, même avec mon arrivé dans ce monde, il n'était pas assez fort pour moi. Il a tenu mais bientôt, il lui fallut boir pour supporter de vivre. Il n'était pas rare pour moi, de sortir de mon lit au beau milieu de la nuit et partir avec maman pour récupérer ce père ivre qui n'était plus lui-même. De le voir s'écrouler et de parfois même vomir. J'en avais était tellement traumatisée que plus grande, j'avais mis du temps à oser boire. J'avais peur de devenir comme lui.
Alors, un jour, la pression fut trop grande pour lui et il est parti. Sans un mot pour moi ou pour ma mère. Avec le recule, je savais que c'était une bonne chose. Je n'avais pas besoin de lui. Du moins, pas la personne qu'il était devenu.
La suite était ce qu'elle était. Quand j'ai eu quatorze ans, maman découvrit qu'elle était atteinte d'un cancer du sein et très vite, on comprit qu'il était devenu trop tard pour elle. C'est là que j'ai vécu avec Annie. Elle avait représenté une bouée pour moi. Malgré toutes ces années difficiles, j'ai grandis du mieux que j'ai pu. Je me suis battue pour avoir un avenir. Le volley était ma porte de secours. Je m'étais vu offerte une bourse d'étude par Stanford grâce au volley et j'ai tout fais pour ne jamais décevoir leur confiance. Peut-être que finalement, je l'avais fais. Tout ce temps que j'avais dépensé à essayer d'être parfaite, que ce soit dans mes études ou dans le sport, je l'avais aussi passé à détruire les autres parce qu'à bien y regarder, je n'avais pas tellement d'amie sur qui compter. Et quand il m'arrivait d'en avoir, je les repoussait avec tellement de force que ça en devenait ridicule. J'avais vite eu la preuve que je n'étais pas vraiment voulu. J'étais vite devenu l'indésirable de service aussitôt que j'étais inutile. C'était réellement blessant de voir qu'on était pas si aimé que ça.
Avec les années, j'avais développé une capacité inégalable à ruminer en toutes circonstances. Et depuis, l'entorse, j'étais restée dans le silence. Je ne parlais avec personne. Sauf Annie pour qui, j'avais besoin d'aide. Il fallait que je règle une bonne fois pour toute mes problèmes. Elle m'avait dis que j'étais ainsi. Que je ne m'accrochais jamais parce que je crevais de trouille. Et ça, je le savais que trop bien. Ensuite, elle a passé une heure à parler de tout ce que je laissais entre parenthèse. Ce que je ratais à force de me cacher de tout. Elle avait dis que j'avais fais un grand pas avec Edward, que j'avais carrément fait une enjambé en revenant.
-Tu n'imagines même pas ce que ça signifie pour toi d'enfin causer de tes parents.
-Je sais. Il est temps d'arrêter les frais.
Elle avait hoché la tête en pinçant les lèvres.
-Tu sais, il faut que tu acceptes de ne pas pouvoir contrôler absolument tout dans ta vie, Isabella. La vie est trop aléatoire pour que tu arrives à tout avoir entre tes mains. Non, tu n'y peux rien si ton papa a abandonné, tu n'y peux rien si ta maman est décédée. Tu n'y es pour rien si tu es tombée amoureuse de cet homme. C'est ainsi. Les sentiments ne se contrôlent pas.
J'ai cligné les yeux. Les larmes me menaçaient dans toutes ma peine. J'ai repensé à ce qui devait être fait. Des excuses, de vrais excuses, devaient être faites dans un tout premier temps. Ensuite, ma vie devait changer. Il fallait que je sois honnête avec moi-même.
-J'ai l'impression que mes sentiments pour lui ne regardent personnes. Pas même l'équipe. Et je ne dis pas ça, parce que j'ai peur de perdre ma bourse. Je crois que ça ne servirait à rien de leur dire.
-Et ton amie, Alice ?
J'ai grimacé.
-Alice...
Je savais qu'elle était plus importante qu'une Nora ou une Victoria. Elle avait été ma première véritable amie à l'université. Et la rejeté, ce n'était pas juste. J'allais devoir parler avec elle. Pour de bon.
-Tu as besoin de sincérité. C'est plutôt évident.
En fin de compte, Annie me disait tout ce que je savais déjà. A savoir qu'être vraie me manquait terriblement. Je me suis donc retrouvé sur le campus, au Thumbs. Derrière un smoothie vert détox qui était immonde. Je savais que la bière ne me portait pas nécessairement chance. Je ne savais pas ce que je faisais là. Ma chambre était trop hermétique, la bibliothèque... Je n'en pouvais plus. Et puis, le gymnase, il ne fallait pas rêver.
-Isabella ?
J'ai tourné la tête vers le bar où une armoire à glace tout sourire me faisait face.
-On se connaît ?
-Oh non, pas du tout. Je te connais juste par ma copine, Rosalie.
Je l'ai dévisagé jusqu'à remarqué les tatouages sur les bras. Et c'est là que les flashs de la soirée me sont revenus.
-Oh. Bien sûr. Je vois qui tu es. Emmet, c'est ça ?
Il a hoché la tête avec un grand sourire.
-T'es pas censé être à l'entraînement ?
La nausée à coup sur.
-Je... non. Entorse, tu te souviens ?
J'ai levé le genou sur mon atèle et j'ai pointé mes béquilles du doigt.
-Ah, je ne savais pas que tu étais blessée. Je ne suis encore jamais venue voir vos matchs. Pas de chance pour moi, je travaille un peu trop souvent.
-Je ne savais pas que tu bossais ici. Mais, à vrai dire, je ne parle plus beaucoup à Rosalie.
-Oui, je suis au courant. Elle m'en parle souvent.
-Ah bon ?
Il a hoché la tête avec une grimace qui laissait place à de la compassion.
-Oui, elle est un peu triste, d'ailleurs.
-Je suis désolée. C'est dernier temps, je n'ai pas été une très bonne amie. Je ne serais pas étonnée qu'elle ne veuille plus me parler.
-Je crois que tu te trompes. Rosie n'est pas du genre à abandonné si facilement. Elle espère toujours que ça s'arrange pour toi.
J'ai avalé une gorgé de la boisson verte tandis qu'il essuyait des verres.
-Je pense qu'il est encore temps pour toi te pointer à l'entraînement et disons, te remettre en celle.
-Je suis un peu stressée. J'ai l'impression que tout est tellement compliqué.
-Parfois, les actes ont plus de valeurs que des excuses. Et, à ce que j'ai compris tu es déjà passé par là, un fois ?
J'ai souris face à ce bonhomme malicieux.
-Je n'ai pas besoin de te demander d'où tu tiens tes infos.
-Non, en effet.
Quelle perspicacité. J'en revenais pas de me retrouver à parler avec lui alors que je ne le connaissais pas vraiment. Mais il n'avait pas tord. J'ai regardé mon verre vaguement sans me motivé à bouger.
-A ce que j'ai compris, la finale est samedi.
-Oh.
-Tu ne savais pas ?
-Non. Alors, elles ont réussie à se qualifier. Je suis vraiment très fière d'elle. Tu pourras lui dire ?
Je me suis levée et j'ai pris mes béquilles. J'étais sur le point de quitter le bar.
-Heu, Isabella, tu devrais te lancer. Ça sert à rien d'avoir peur, tu sais. Au pire, on te dis non. Tu risques rien à te pointer. Et puis, personne ne sait rien à part Rosalie, non ?
Je me suis figée.
-Pardon ?
Il a passé une main dans le cou, un peu gêné.
-Je t'ai vu, toi et Edward, ce soir-là. C'était du hasard. Mais rassures-toi, je n'ai rien dis.
-Attends, Edward ? Tu le connais.
-Ouais, on était dans la même promo. En gestion. Mais on a jamais parler de vous deux. Il est très discret en général sur sa vie sentimentale. Est-ce que t'es en pétard ?
-Quoi ? Non, non. Je suis juste surprise, très surprise même.
C'était surprenant d'apprendre que le mec de Rosalie était le pote de mon... d'Edward.
-De toute manière, ça n'a plus d'importance. On ne se voit plus depuis longtemps.
-Je sais.
Je l'ai dévisagé une fois de plus. Pourquoi ce type était plus au courant que moi ?
-Oh, du calme. Je le connais le p'tit Ed. Il est assez sensible. Je veux dire qu'il était un peu différent quand vous avez cassé.
-Tu te trompes, on ne sortait pas ensemble. C'était juste du sexe.
-Ah ouais ? J'avais pas l'impression, moi.
-Qu'est-ce que t'en sais.
Il a froncé les sourcils face à l'attaque. Je devenais soudain agressive.
-Excuses-moi, je ne voulais pas me mêler de tes affaires. Après tout, on ne se connaît pas.
Je suis restée en silence un instant à tenter de me calmer toute seule.
-De toute manière, il sort avec cette coach. Celle de UCLA.
-Quoi la blonde ?
J'ai opiné. Il a alors croisé les bras en soupirant. J'ai haussé les sourcils en souriant et je suis partie remplie de pensée. C'était étrange cette capacité à causé plus que jamais aec une personne dont vous n'aviez pas idée. Maintenant, j'en savais plus et moins à la fois. Mais, une chose était sûre, j'avais besoin de me bouger le cul. En rentrant dans ma chambre, j'ai balancé mes béquilles sur mon lit et j'ai ouvert grand ma penderie. J'ai sorti mon sac de sport, je me suis habillé en silence avec tout les mots que j'allais dire. Je serais prête à tout désormais. Pour oublié ce que j'avais fait, ou du moins, le mettre derrière moi. J'allais faire ce qu'il y avait à faire.
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Hello ! Me revoilà. Je sais que pas mal de temps ont passé depuis le chapitre treize. Pas besoin de vous cachez que j'ai mis du temps à développer la suite. J'ai écrit dans un premier temps un chapitre quatorze que je trouvais mauvais et totalement en désaccord avec ce que je voulais alors, j'ai réecris tout bêtement ce chapitre. J'espère que ça vous aura plus.
Je voulais aussi remercier tout les gens qui poste des commentaires (encore aujourd'hui) Merci, ça me fait tellement tellement plaisir !
