Salutations lectrices, lecteurs,
C'est une troisième participation aux Défis d'Aventures que je vous présente ! Et pour cette fois, je ne donnerai aucune indication quant à l'histoire racontée ci-dessous. Je veux vous laisser découvrir la petite surprise que je vous ai préparé. Bonne lecture ~
- Draco Nocte
Dans un horizon aux couleurs chatoyantes, le soleil étincelle, resplendit et, bientôt, s'évanouit derrière les lointaines montagnes septentrionales. La lueur du crépuscule réchauffe une dernière fois l'inconnu allongé dans l'herbe gracile. Il somnole, le visage encapuchonné. Qui se douterait qu'une telle tranquillité cache en réalité quelqu'un qui aime caracoler jour et nuit ? Pour cette fois, il se reposerait. La voyage s'était avéré long et éprouvant.
Engourdi par sa torpeur, il se lève non sans peine, s'étire, et commence à descendre lentement la pente de la colline. En contrebas, une petite rivière coule. Son chant est clair et son eau est fraîche, avec quelque écume çà et là. Une eau qui ne stagne ni ne croupit, une eau qui semble presque vivante, mais surtout, une eau qui lui donne envie de se baigner. Le temps pourtant lui manque, il n'a déjà que trop tardé. Résigné, il plonge ses mains dans l'eau puis se revigore le visage. Déjà, les premières étoiles apparaissent. Il est temps pour lui de reprendre son chemin.
Voilà maintenant quelques jours que l'inconnu avance. Les vallons ont fait place à la plaine, dont une majestueuse forêt dessine la bordure. Il s'interroge alors quant à la direction à prendre. Question qui trouve rapidement sa réponse, lorsqu'il aperçois s'élever une légère colonne de fumée au cœur du bois. Une aubaine de bien des manières, de quoi avoir à manger... et sûrement se faire un peu d'argent. À cette perspective, il sourit, puis s'élance à vive allure. Bien que les arbres et leur feuillage soient denses, il se faufile sans bruit, avec la dextérité d'un félin. Soudain, la vue s'éclaircit. Là, surplombée par un immense chêne, une vieille masure se tient.
Caché dans un buisson, il observe. La masure ne se trouve qu'à une dizaine de pas, elle semble vide. Les alentours sont calmes, peut-être trop. Malgré tout, trop belle est l'occasion pour ne pas la saisir. Il s'approche donc, sur ses gardes, de l'entrée. Cette dernière est ornée d'un dessus-de-porte métallique, oxydé par le temps, où on peut deviner qu'un nom y a été élégamment gravé en elfique. Déçu de ne pas réussir l'inscription trop abîmée, il s'engouffre silencieusement à l'intérieur. Il eut à peine le temps de distinguer l'oriflamme aux couleurs de la tour des mages accroché au mur du fond qu'une voix autoritaire l'interpella.
"Salutations, voleur."
Le sang de ce dernier ne fit qu'un tour. Faisant volte-face, le voici nez-à-nez avec un vieillard. Celui-ci revêtait une robe de mage qui, bien que ternie par le temps, gardait toute sa splendeur d'antan. Sa main ridée tenait un bâton doré décoré d'une gemme rouge en son sommet et, chose surprenante, on pouvait distinguer des écailles sur ses joues à demi cachées derrière ses longs cheveux argentés. L'intrus jeta sa capuche en arrière.
"Ne crains rien. Je m'appelle Balthazar Octavius Barnabe, mais tu peux m'appeler Bob." dit le vieil homme en se caressant la barbe.
Il rit, car cette personne, il la reconnaît. Des cheveux noirs avec des tresses, de petites lames d'acier à leur bout, des oreilles pointues, une peau légèrement bleutée et des yeux profondément luminescents. Telle est la fille de ses deux amis de toujours.
