Salutations distinguées à toutes et à tous !
Me revoilà avec la suite de l'histoire ! (Oui, je suis cruelle de ne vous avoir que mis le prologue jeudi dernier, mais je ne m'excuserai pas, héhé)
Merci pour votre enthousiasme, ça fait plaisir à voir, merci aux followeuses et à celles qui ont mis ma fic en favorite, plein d'amour sur vous :3
Merci aussi à ChocolateGirl, retrouver tes commentaires est toujours un plaisir ! J'espère que ce premier chapitre sera à la hauteur de tes attentes.
Donc je rappelle qu'il n'y aura que cinq chapitres dans cette fic, et j'espère que vous l'apprécierez !
Je vous avoue que je suis troooop heureuse de pouvoir enfin vous montrer mon travail ! J'ai l'impression que ça fait des mois que je vous ai présenté le prologue alors que ça fait à peine sept jours. Enfin bref, je vous laisse tranquille maintenant !
Je vous retrouve en bas !
« - Bon, Sherlock, ça suffit maintenant ! » râla Angelina en plantant ses poings sur ses hanches. « John a été assez clair. Il reste vivre chez lui. En attendant, nous, on a un loyer à payer ! ALORS TU VAS ME FAIRE LE PLAISIR DE POSTER UNE PUTAIN D'ANNONCE POUR UN COLOCATAIRE ! »
« - Angel, tu es d'un vulgaire. » releva son oncle sans bouger un orteil. « Et je n'ai pas envie d'un colocataire. »
« - Je crois que t'as pas bien compris, en fait. C'est pas négociable, Sherlie. »
Soupirant comme un enfant, le détective daigna enfin se redresser du canapé dans lequel il était affalé avant de relever les yeux vers sa nièce. Bras maintenant croisés sur sa poitrine, elle avait pris une figure se voulant autoritaire. Comprenant que ce n'était pas négociable, le brun renifla dédaigneusement avant de se relever de toute sa hauteur. Pas impressionnée pour un sou, Angelina arqua un sourcil, et plongea ses yeux dans les siens. Il en souffla d'agacement, alors que Mrs Hudson entrait dans la pièce.
« - Angel a raison, Sherlock ! Cela te ferait du bien de te détacher un peu de John. »
« - Mrs Hudson », s'agaça enfin le détective, « je ne crois pas que nous ayons besoin de vos commentaires en suppléant. »
« - Au contraire ! » protesta la petite brune du haut de ses 13 ans. « Ton travail ne nous rapporte pas assez, j'ai pas le droit de travailler, et à moins que tu n'acceptes l'argent de papa, nous sommes incapables de payer seuls le loyer que nous devons à Mrs Hudson ! »
« - À quel moment t'es devenue insupportable, toi ? »
« - Je t'emmerde, Sherlock. » marmonna-t-elle en réponse.
« - Bon. » Le bouclé soupira d'agacement. « Je vais le faire. »
Ravie, la petite brune l'embrassa sur la joue, tournoyant sur place alors que Bilbo aboyait de joie en arrivant dans la petite pièce pour tourner à toute vitesse tout autour de sa maîtresse, qui éclata de rire. Tendrement, Sherlock regardait cette petite fille se remettre de toutes les horreurs qu'elle avait vécu, et il réalisa une fois de plus combien elle était courageuse. Comme promis, il se décida à écrire une annonce, non sans appeler John pour avoir son aide afin d'écrire une annonce digne de ce nom. Quand ce fut fait, il se plongea dans son palais mental pour réfléchir en attendant de recevoir une réponse. Il ignora combien de temps il resta ainsi, mais il fut tiré de ses profondes réflexions par la voix douce de sa filleule.
« - Sherlock ! T'as déjà une réponse ! La chance ! Regarde vite son profil ! »
« - Oui, oui… » grommela-t-il, vexé d'être tiré de ses pensées de la sorte.
Ses yeux parcoururent le profil de Olympe Deschamps, une jeune femme à l'allure sympathique.
« - Des…champs ? » lu à voix haute Angelina en fronçant les sourcils (1). « C'est pas anglais comme nom ! »
« - Quel sens de l'observation, Angel. » pouffa Sherlock avec un sourire malicieux.
« - Roooh, ça va ! »
Amusé, le brun replongea à nouveau ses yeux sur la page qui s'affichait, cherchant à déduire toute ce qu'il y avait à savoir sur cette personne. Trente-six ans, célibataire, détective privée… Intéressant. Il fonça les sourcils, cherchant à en apprendre un peu plus sur elle. Elle avait l'air assez sûre d'elle, sur la photographie qui s'affichait, et elle avait de jolies lèvres, ni trop grosses, ni trop fines, et des yeux, mais des yeux ! Lui même se sentait presque envoûté par son regard.
« - Elle m'a l'air très bien. » trancha finalement Angelina. « Et elle peut emménager dès maintenant ! Invite la à visiter l'appartement cet après-midi. »
« - Cet après-midi, nous enquêtons, je te rappelle. »
« - Ah, ouais. Bah, elle visitera avec Mrs Hudson, et nous nous fierons à son jugement. » affirma-t-elle en haussant les épaules. « Et c'est pas négociable. »
« - Comme tu veux. » asséna Sherlock.
Les deux Holmes prirent donc leur repas ensemble, et lorsque John arriva à Baker Street pour confier Rosie aux bons soins de la logeuse, le célèbre trio fut enfin prêt à partir. L'enquête se déroula à une vitesse folle, et lorsqu'ils rentrèrent, il était à peine 17h. Folle de joie à l'idée que leur nouvelle colocataire puisse encore être là, Angel gravit les marches quatre à quatre, filant à la vitesse de l'éclair pendant que les deux hommes récupéraient la petite Rosie qui babillait joyeusement, sous les yeux pétillants de la vieille dame. Déçue, la petite brune redescendait les marches, s'arrêtant devant la cuisine de Mrs Hudson, qui l'invita à s'assoir aux côtés de John et Sherlock. Elle s'assit, et se mit la tête dans les mains, attendant que la logeuse ne lui raconte sa rencontre avec Olympe.
« - Alors ? » la pressa vivement l'adolescente.
« - Une jeune femme adorable, vraiment ! Et polie, avec ça -ce qui change de toi, Sherlock-. Je pense qu'elle va beaucoup vous plaire, à tous les deux. »
« - Elle sait utiliser son cerveau, au moins ? » demanda Sherlock d'un air désintéressé, ne relevant même pas l'accusation de la vieille dame.
« - Tu serais surpris. » rétorqua-t-elle malicieusement.
Maintenant piqué de curiosité, le détective se redressa, et prit le parti de sa nièce en assaillant Mrs Hudson de questions. Catégorique, elle refusa de répondre, préférant leur laisser la surprise, et leur disant qu'elle n'arriverait que tard dans la soirée. Satisfaite au possible, Angel tapa dans ses mains de joie -le peu que Mrs Hudson leur avait confié lui plaisait beaucoup-. Quand à Sherlock, il joignit ses mains sous son menton, en pleine réflexion. Il avait hâte de faire la connaissance de cette femme…
À 23h30 précises, enfin, la porte s'ouvrit au rez-de-chaussée. Angelina se redressa de tout son long, les yeux brillants, avant de se tourner vers la porte, attendant avec impatience qu'elle ne s'ouvre. On frappa à la porte, et Sherlock ne put s'empêcher de sourire. Les coups frappés étaient ceux d'une personne qui avait confiance en elle. Comme il l'avait déduit.
« - Entrez ! » invita vivement Angelina.
La belle jeune femme de la photographie poussa la porte de l'appartement. Elle était superbe, dans sa robe qui mettait ses formes en valeur, et elle plongea ses yeux verrons sur la frêle silhouette d'Angelina. La jolie rousse s'approcha d'elle en lui tendant la main d'un sourire avenant. Elle la lui serra, sourire aux lèvres.
« - Je suppose que tu es Angel ? Ravie de faire ta connaissance. Moi, c'est Olympe. » se présenta-t-elle poliment.
« - Enchantée, Olympe ! » s'exclama vivement la petite brune, ses lèvres s'étirant inconsciemment.
Cependant, voyant que l'autre femme ne la lâchait pas, elle ne put empêcher ses sourcils de se froncer. Elle chercha à se dégager, mais la poigne de l'autre femme était trop forte. Elle tenta une aide quelconque du côté de Sherlock, mais ce dernier était en pleine séance d'analyse de la jeune femme à l'accent très légèrement étranger. Après quelques secondes d'un silence embarrassant, la détective privée sortit de sa torpeur pour sourire plus franchement à Angelina.
« - Musicienne. Tu fais de la harpe, et du saxophone -d'ailleurs, tu es dans un groupe de jazz-. Tu vis avec ton oncle, et tu as un petit chien. Un… King Charles Spaniel, peut-être ? Tu ne vas pas dans une école normale, tu as des cours à domicile. Tu n'as plus que ton père, et vous avez des relations malgré tout difficiles. Mais tu l'aimes énormément, tu donnerais même ta vie pour lui. » souffla-t-elle d'une traite sous le regard éberlué de la jeune fille, avant que Olympe ne se tourne vers Sherlock.
« - Ancien drogué. Vous avez arrêté la cigarette, et c'est en partie pour couver à ce manque que vous résolvez des crimes. Vous êtes extrêmement intelligent, tout comme Angel, mais contrairement à elle, vous ne savez pas suivre les règles de savoir-vivre. Vous ne mangez ni ne dormez normalement. Vous jouez du violon. Tous les mois, vous avez rendez-vous dans une prison de haute-sécurité inconnue du monde pour voir quelqu'un, un membre de votre famille, peut-être ? Évidemment, tout le monde vous connaît grâce au blog du Docteur Watson, mais malgré les apparences, et malgré votre sociopathie, vous adorez voir les gens vous aduler. Vous êtes brillant, et c'est un honneur d'être votre colocataire, Mr Holmes. » asséna-t-elle finalement.
Impressionné, Sherlock resta quelques secondes silencieux, avant de serrer la main qu'elle lui tendait, s'étant rapprochée de lui pendant tout son discours. Il ne put s'empêcher de sourire. Elle avait un cerveau, et elle savait l'utiliser, ça, c'était sûr ! Mais maintenant, c'était à lui de faire ses preuves, peu importe que ça plaise ou non à Angelina.
« - Vous êtes française. Célibataire, sans enfant. Vous êtes détective privée, et pourtant, vous cherchez un colocataire : les affaires ne vont donc pas fort. Vous avez un autre travail, sinon, vous ne seriez pas venue si tard, mais ce travail ne se déroule qu'en soirée, c'est pour ça que vous avez pu visiter l'appartement cet après-midi. Vous chantez, je crois, cela s'entend à la maîtrise de votre voix, et cela se confirme par le fait que vous buvez rarement de l'alcool, et que vous ne fumez pas, afin de ne pas y porter préjudice. C'est également un plaisir de vous rencontrer, Miss Deschamps. » termina-t-il dans un français parfait.
Angel ne put s'empêcher de sourire. Elle était donc française. Elle le parlait couramment, elle aussi, mais pas encore avec l'aisance de son oncle ou de son père, et elle était vraiment contente de voir à quel point Olympe était intelligente, en plus d'être une personne visiblement très gentille. Cette dernière se permit un petit sourire en coin avant d'ébouriffer ses boucles rousses.
« - Vous avez presque tout juste. » reprit-elle en anglais. « Ma mère était anglaise. »
« - Hé merde ! » jura le brun. « Il y a toujours quelque chose. »
« - Était ? » releva Angelina. « Toi aussi, tu as perdu ta maman ? »
« - Oui… J'ai perdu mes parents il y a quelques années, à présent. »
« - Je suis désolée… » balbutia la jeune fille en baissant les yeux. « Je… J'avais cru le comprendre… Mais je… Je… »
« - Ne t'excuse pas. C'est malheureux, mais c'est ainsi. »
Un silence embarrassant s'installa, avant que Olympe ne redresse la tête pour tendre un sourire éblouissant aux deux Holmes.
« - Alors ? Vous m'emmenez à ma chambre ? » demanda-t-elle le sourire aux lèvres.
« - Je t'accompagne ! » s'exclama Angel, sifflant Bilbo pour qu'il vienne saluer la nouvelle arrivante.
Cette dernière s'accroupit devant le petit chien, tendant la main vers lui pour qu'il renifle celle-ci, et lorsqu'il la lécha, elle lui caressa vigoureusement le crâne, échappant un petit rire mélodieux. Angelina ne pouvait s'empêcher de la détailler du regard. Cette fille… Elle était vraiment pas banale. Elle était comme Sherlock, son père, et elle ? Comme eux…? Les seules autres personnes ayant une intelligence proche de la leur étaient Moriarty et Eurus… Et elle, elle était comme eux. Quelle était la probabilité pour qu'ils se rencontrent ? En plus, elle n'était pas totalement anglaise ! C'était complètement fou. La petite brune fit signe à son aînée, avant de l'entraîner dans l'ancienne chambre de John, parfaitement propre et en état. Olympe jeta son sac et abandonna sa valise à la porte, se précipitant vers la fenêtre pour l'ouvrir en grand et regarder le ciel étoilé.
« - C'est toujours aussi beau… »
« - C'est vrai. On a une des plus belles capitales du monde, tu trouves pas ? » s'extasia la plus jeune.
« - Oui, c'est vrai… Mais Paris, c'est pas si mal non plus si tu connais les coins tranquilles. » affirma l'autre femme en se tournant vers elle. « Si tu veux, je vous y emmènerai, Sherlock et toi. »
« - Ce serait super, Olympe. Tu as déjà vécu à Londres ? »
« - J'y ai grandi, oui. Mais je suis partie chez mes grands-parents à Paris quand mes parents sont morts. Ça m'a un peu manqué de rouler à gauche. » pouffa-t-elle.
Les deux jeunes femmes continuèrent à bavarder une partie de la nuit à la fenêtre, lorsque la voix de Sherlock retentit dans l'appartement, affirmant que demain, Angel et lui devraient aller à la première heure retrouver Greg à Scotland Yard. La brune se tourna vers l'autre femme, lui souriant, appréciant déjà cette fille qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures.
« - Je suppose que ton cabinet était à Paris… »
« - En fait, j'ai ouvert un nouveau cabinet à Londres, mais pour le moment, je n'ai pas beaucoup de clientèle. » soupira Olympe. « C'est pour ça que je cherchais une colocation. »
« - Hé bien, que dirais-tu de nous accompagner, demain ? Tu pourras faire la rencontre de la police de Scotland Yard, comme ça. Et puis, ça me ferait plaisir. » insista la plus jeune.
« - Alors c'est décidé ! » s'écria la rouquine. « Nous partons demain à Scotland Yard. En attendant, va dormir, jeune fille. Il est deux heures passées, et je ne crois pas que ton oncle apprécierait que tu te couches si tard. »
« - Elle a l'habitude. »
La voix rauque du détective consultant retentit dans la chambre, et les deux filles se tournèrent vers lui de concert. Olympe eut un nouveau petit sourire en coin.
« - Oh, j'avais oublié. Tu ne vas pas à l'école, Angel. D'ailleurs, j'y pense, peut-être pourrions-nous nous appeler par nos prénoms, Sherlock ? » demanda la française en se tournant vers lui.
« - Et je pense qu'on peut se tutoyer également, Olympe. » affirma le brun en hochant la tête. « Angel », reprit-il en se tournant vers sa nièce, « laisse donc Olympe s'installer et file dormir. Je viens te réveiller tout à l'heure. »
« - Pfff… Bon d'accord. Allez, on y va, Sherlock. Et essaie de dormir un peu, toi aussi, pour une fois. »
« - Mmmmmh. » grommela-t-il en réponse.
Amusée, Olympe eut un petit rire, avant de mettre ses mains sur les épaules des deux Holmes en les poussant hors de la pièce.
« - Allez, oust ! Moi aussi, je vais dormir ! À demain, Angel, Sherlock. »
« - À demain, Olympe ! »
Sherlock ne répondit pas, jetant un regard désintéressé à son téléphone, et il accompagna sa nièce jusque dans sa chambre, la regardant se faufiler entre les draps, puis lui jeter un regard. Il s'approcha d'elle, et l'entoura de ses bras avant de l'embrasser tendrement sur la tempe. Pour un peu, elle en aurait ronronné de plaisir. Elle répondit doucement à son étreinte, collant sa tête contre sa joue.
« - Bonne nuit, Sherlock. »
« - Bonne nuit, petit ange. »
Le lendemain, John fut surpris, en poussant la porte de Baker Street, de découvrir une si belle femme dans la cuisine, en nuisette de nuit. Il rougit, et balbutia quelques mots avant de tendre Rosie à Angel qui arrivait, mâchonnant une tartine.
« - Chalut, Chohn ! »
« - Salut, Angel. Vous êtes Miss Deschamps, je suppose ? » demanda-t-il en tendant la main à la rouquine, qui la serra en lui faisant un sourire à tomber par terre.
« - Olympe, s'il vous plaît. John Watson, je suppose ? Comme nous allons être amenés à travailler ensemble, je suggère que nous nous tutoyions. » proposa-t-elle en réponse.
« - Oh, bien sûr. » accepta le blond qui ne comprenait pas vraiment cette phrase, lui étant anglais. « Rosie, tu restes avec Mrs Hudson aujourd'hui, d'accord mon coeur ? »
La petite blonde babilla dans les bras de sa soeur, qui lui chatouillait le ventre, et la jolie blondinette gloussa de bonheur alors que la logeuse arrivait à l'étage avec du thé, saluant chaleureusement Olympe, pas déstabilisée du tout par sa tenue.
« - J'espère que Sherlock n'a pas été désagréable ! Il peut être terrible quand il s'y met. » geignit la vieille dame.
« - Oh non, ne vous en faites pas ! Il a été très correct. » la rassura rapidement la détective.
« - C'est vrai, Mrs Hudson ! » renchérit Angelina en berçant Rosamund qui s'agrippait à pleines mains à sa chevelure brune. « Il s'est presque comporté normalement. »
- Dites, je vous entend, toutes les deux. Bonjour John, tu vas bien ? Et toi, ma petite princesse ? » déblatéra le détective en arrachant presque Rosie des mains de sa filleule, qui râla pour la forme.
Après s'être habillés et avoir pris une tasse de thé, le célèbre trio suivi de la détective commença à se diriger vers Scotland Yard. Alors qu'ils allaient rentrer dans le commissariat, Angelina aperçut Greg au loin, et commença à l'appeler en lui faisant de grands gestes. En l'apercevant à son tour, Olympe changea littéralement de couleur. Et quand le DI se retourna à l'entente de son surnom, il fit rapidement de même.
« - Et merde. » échappa la jeune femme.
« - Ça alors, tu connais Greg ?! » s'écria Angel à qui l'échange silencieux n'avait pas échappé. « Le hasard de fou ! »
« - Connaître est un bien grand mot… » balbutia la rousse.
« - Ils ont couché ensemble après s'être rencontrés à une soirée. » expliqua Sherlock comme si la situation était normale.
« - Quoi ?! » hurla John, qui avait déjà quelques vues sur la jeune femme à sa gauche.
« - Heu… Correct. » répondit Olympe d'un air embarrassé alors que l'inspecteur s'approchait d'eux, l'air perplexe.
Les souvenirs de la nuit de la semaine passée leur revenaient à toute vitesse, et la française se retrouvait bien embêtée par la situation. Après avoir terminé son travail, elle s'était permise de prendre un verre au bar, et elle avait fait la connaissance du bel inspecteur qui avait tenu à lui offrir un verre. Elle lui avait fait la cour, cherchant à l'impressionner en lui racontant toute sa vie -son divorce, son rang à Scotland Yard, sa situation sentimentale-, et s'était retrouvée vexée comme pas permis quand elle avait réalisé qu'il n'était pas impressionné pour un sou. Ils avaient alors commencé à discuter et, au bout d'un moment, elle avait écrasé sa bouche contre la sienne. Après avoir échangé un regard, il avait ordonné qu'ils aillent chez lui, et quand il s'était levé le lendemain, elle avait déjà disparu. Il se stoppa devant elle, étonné.
« - Olympe ? »
« - Bonjour, Gregory. Je… Tu vas bien ? » osa-t-elle en relevant timidement les yeux vers lui.
« - Ça va. Qu'est-ce que tu fais ici ? »
- Elle est avec moi. » intervint Sherlock. « Je me suis dit qu'elle pouvait être utile. Vous avez une nouvelle affaire, Graham ? »
« - Greg. » le corrigea aussitôt John, mais il se fit superbement ignoré par son meilleur ami, qui observait le policier d'un air agacé.
Ce dernier ignorait en effet son consultant à la perfection, et dévorait littéralement Olympe du regard. Elle était encore plus belle de jour que de nuit, avec sa peau pâle, ses tâches de rousseur, et ses magnifiques yeux verrons. Et ses cheveux roux bouclés, qu'elle portait courts, lui allaient à merveille.
« - Tu aurais dû rester l'autre nuit. » reprocha-t-il dans un murmure. « Je ne t'aurais pas demandé de partir comme ça. Je t'aurais offert un café. »
« - Je sais, je suis désolée. Je… Je ne pensais pas que nous serions amenés à nous revoir un jour. » s'excusa-t-elle en rougissant légèrement.
« - Enfin bref, vous n'êtes pas venus pour ça. » se reprit-il en se tournant vers les autres. Viens là, toi ! » ordonna-t-il à la petite brune qui lui sauta au cou.
Angelina accepta de se faire câliner par le policier, qu'elle aimait plus que tout. Elle monta sur son dos avec aisance, et rit aux éclats quand le DI ne protesta pas et leur ordonna de le suivre en direction de son bureau pour qu'il leur montre le dossier de son enquête. Sherlock râla quelque peu qu'ils auraient pu le faire ici, mais un seul regard de John le stoppa dans ses médisances, et il suivit le policier sans se plaindre plus. Alors qu'ils rentraient dans le bureau, Olympe restait sciemment en retrait, observant de loin les photographies étalées partout sur le bureau.
« - Cette enquête est en train de me rendre fou. » geignit Greg alors qu'Angelina s'asseyait dans son fauteuil, les mains jointes dans une mimique proche de celle de son oncle. « J'arrive pas à comprendre la logique, aucunes des victimes ne se ressemblent ! »
« - Il n'y a pas vraiment de logique… » murmura la petite brune. « Juste… énormément de colère… »
« - Pourquoi tu dis ça ? » protesta le DI.
« - Angel n'a pas tout à fait tort. Il y a beaucoup de colère, mais… Mais ce n'est pas tout. Les victimes ne se ressemblent pas, mais elles ne sont pas aléatoires pour autant. » affirma Sherlock.
« - Elles ont toutes un point commun. Elles ont toutes été étudiantes à la même école primaire. » coupa Olympe, les yeux vitreux. « Mais qu'est-ce qui pousserait un homme à assassiner des gens venant d'une même école…? Peut-être… »
« - Olympe », intervint John, « comment sais-tu qu'elles ont été dans la même école primaire ? »
« - Elles ont été dans une école où il y a eut un violent incendie, il y a bien longtemps. L'école a brûlé, on a jamais su dire si la cause était naturelle ou criminelle. Il y a deux morts. Enfin, un mort et un disparu. »
« - Je me souviens de cette enquête. » Sherlock joignit ses mains en fronçant le nez. « C'était il y a plus de 20 ans… Je venais de quitter le lycée. J'avais voulu enquêter sur la scène de crime, mais je n'avais pas pu. La scène de crime était fermée. »
« - Tu t'attendais à quoi, en même temps ? » dit Angel en prenant enfin part à la conversation. « Tu n'étais pas le célèbre détective. Juste un drogué vaguant de scène de crime en scène de crime. »
« - ANGEL ! » s'offusqua John, choqué qu'elle dise ça devant Olympe.
« - Désolée d'être aussi crue, mais c'est la vérité, John. » marmonna la jeune fille en baissant les yeux. « Ça me désole mais c'est vrai… »
« - Revenons à l'enquête, si vous le voulez bien. »
« - Greg a raison. Olympe, tu as parlé d'un homme tout à l'heure ? » demanda John.
« - Oui, en effet. Ça ne peut être qu'un homme, sinon comment aurait-il la force nécessaire pour tuer quelqu'un à coups de hache ? »
La jeune femme commença rapidement à exposer la logique de sa déduction, sous l'approbation de Sherlock, qui hochait vivement la tête pour confirmer ses hypothèses, sous les yeux éberlués de John, qui était le seul n'étant pas au courant des capacités intellectuelles de la nouvelle arrivante. Les yeux brillants, Angelina observait cette femme qui venait de rentrer dans leur vie comme une tempête, et elle eut un faible sourire en voyant la façon dont Greg la regardait. Elle lui plaisait beaucoup, c'était sûr. Elle se releva soudainement, plongeant ses yeux dans ceux de son oncle.
« - Pourquoi un mort et un disparu ? » pointa-t-elle.
« - Parce que deux personnes ont été déclarées manquantes, ce jour là. La première était une fillette de dix ans, Sarah Michael, et un garçon du même âge, Tommy Middleston. » affirma le brun. « On a retrouvé le corps de Sarah, mais jamais celui de Tommy. »
« - Scotland Yard n'a pas lancé de recherches ? » s'étonna l'adolescente, s'appuyant contre le fauteuil en croisant ses bras sur sa poitrine.
« - Non, en effet », renchérit le détective de plus belle, « parce qu'ils ont supposé que les restes du corps avaient brûlé. La preuve que Scotland Yard était déjà fait de cerveau ramollis. »
Greg prit une lourde inspiration pour se retenir de frapper Sherlock. Il avait bien vu que les victimes étaient de la même école primaire, mais ils avaient des âges différents, certains n'étaient même plus écoliers au moment du drame de l'incendie ! Le lien n'était pas évident. Il exprima cela à voix haute, et il vit les trois intellectuels se plonger dans un certain mutisme avec ces nouvelles informations. Il soupira, proposant un café à John, les trois autres étant perdus dans leur palais mental, et ils sortirent tous deux du bureau du policier.
Angelina était concentrée au possible. Pourquoi diable quelqu'un tuerait des élèves de cette primaire ? Imaginons qu'il s'agisse de Tommy Middleston, qu'on avait retrouvé, pourquoi tuerait-il des élèves qui n'étaient même pas là le jour de l'accident ? Et si seuls quelques élèves avaient déclenché l'incendie, pourquoi tuer les autres ? Elle grogna de mécontentement, furieuse de ne pas trouver une logique quelconque, lorsque Olympe tira les deux Holmes de leurs pensées.
« - Dans tout ce schéma, il y a une chose qui n'est vraiment pas logique… »
« - Laquelle ? » demanda Angelina, émergeant doucement de son labyrinthe mental.
« - Si c'est Tommy Middleston qui est derrière tout ça… »
« - Alors pourquoi a-t-il disparu le jour de l'incendie… Et pourquoi ne se vengerait-il que maintenant…? » termina Sherlock.
Angelina se tendit soudainement, et sa pupille grossit, rendant son oeil quasiment noir. Elle releva la tête vers les deux autres surdoués de la pièce, et quand Greg et John revinrent avec leurs cafés, ils se tournèrent d'un air inquiet vers leurs amis.
« - Vous avez du nouveau ? » demanda le policier.
« - Pas vraiment. » soupira la petite brune. « Plutôt des questionnements supplémentaires… »
« - Qu'est-ce que tu veux dire ? »
« - Supposons que notre meurtrier soit le garçon qui a disparu il y a 20 ans… Quel a été l'élément déclencheur pour que, soudain, il commence à tuer ? Ça ne fait pas de sens. » soupira à nouveau Angel. « L'anniversaire de l'accident est le mois prochain, si j'ai bien suivi, alors ce n'est pas l'élément déclencheur. Mais quoi…? Il manque une inconnue à l'équation… »
Un long silence s'installa entre les cinq personnes présentes, puis Sherlock tapa vivement dans ses mains, jetant un regard à ses coéquipiers.
« - Bon ! Puisqu'on n'a aucun moyen de savoir pour le moment, pourquoi ne pas aller chercher un café ? »
« - On en revient… » balbutia John.
« - Oh. »
« - Ah ? » s'étonna Angel.
« - Vraiment ? » murmura Olympe, visiblement étonnée.
Lassés, les deux autres hommes échangèrent un regard avant de soupirer de concert. Lestrade haussa les épaules, et fit signe au petit troupeau de sortir de son bureau, affirmant qu'il avait encore du travail, et que ce n'était pas en restant planté là qu'ils allaient l'aider. Angel l'embrassa sur la joue alors que Sherlock partait sans un regard en arrière, et Olympe resta quelques secondes, hésitante. Ils échangèrent un regard, et elle eut un petit sourire timide, lorsque le DI griffonna quelque chose sur un bout de papier. Surprise, elle le prit dans ses mains quand il le lui tendit, et elle releva ses grands yeux vers lui. Il rougit légèrement.
« - Si jamais tu as un problème, ou besoin de quoi que ce soit… N'hésite pas. Tu peux appeler. » balbutia-t-il rapidement.
« - Gregory… Je… »
« - Olympe, tu viens ! » cria Angelina depuis l'autre bout de Scotland Yard, s'attirant de nombreux regards noirs. « Sherlock est en train d'appeler un taxi, il risque de partir sans nous ! »
« - Je… Je vais marcher, Angel, ne t'en fais pas. »
« Je reste avec toi, alors. »
La petite brune se stoppa, et fit signe à son oncle et au médecin de partir sans elles. La rouquine, plus qu'embarrassée, salua le policier avant de faire demi-tour pour rejoindre la plus jeune aussi vite que possible. La musicienne releva ses grands yeux translucides vers elle, fronçant les yeux avec méfiance.
« - Pourquoi voulais-tu marcher ? »
« - Ton oncle. » soupira la française. « J'ai beaucoup de respect pour lui, mais je n'ai pas envie qu'il déblatère quoi que ce soit à propos de Gregory et moi. Et puis, j'ai envie de retrouver Londres… »
« - Je vois. C'est vrai que Sherlock n'a aucun sens du mot « privé » dans le terme « vie privée »… » pouffa-t-elle.
« - C'est vrai ! » rit la jeune femme.
Les deux filles commencèrent à marcher côte à côte, et Olympe se tourna vers Angel qui regardait son téléphone. Sur le fond d'écran, la jeune fille était en train de faire un câlin à une autre fille, blonde comme les blés, et toutes deux riaient aux éclats. Derrière, on voyait un garçon aux boucles châtains, visiblement en train de râler sur le garçon aux grands yeux verts, qui faisait une grimace à la caméra. Le dernier garçon était celui qui prenait la photo, et ses yeux gris rieurs fixaient les quatre personnes qu'il prenait en photo avec lui à l'improviste. Son visage était coupé. Amusée, la rouquine eut un petit sourire tendre.
« - C'est le groupe de jazz en question, n'est-ce pas ? »
« - Exact ! » sourit Angel. « Ils ne s'arrêtent jamais. Je les adore. »
« - Ça se voit. Le garçon aux yeux gris, c'est ton petit ami ? »
« - Heuuu… » elle rougit violemment. « Pas vraiment… On s'aime beaucoup… Mais je crois qu'on est trop amis. »
« - Oh. C'est dommage, moi je pense que vous iriez bien ensemble. » affirma Olympe.
« - Je sais pas… J'ai peur que ça gâche tout… Mais bref ! Changeons de sujet. » Angelina peignit un sourire malicieux sur ses lèvres. « Toi, personne dans ta vie, si j'ai bien compris ? »
« - Tu as très bien compris. » souffla-t-elle. « Mais mieux vaut être seule que mal accompagnée, comme on dit. »
« - Moi, je pense que tu devrais appeler Greg pour boire un verre avec lui, un de ces quatre. C'est un chouette type. Et tu… »
« - … lui plais. » la coupa-t-elle d'un air embarrassé. « Mais ça ne mènerait à rien. »
« - Pourquoi tu dis ça ? Moi, je pense que vous iriez bien ensemble. » rétorqua la saxophoniste en reprenant ses propres mots.
« - Je le sens pas, c'est tout. » trancha Olympe en détournant le regard.
« - Mouais… J'suis pas convaincue ! Il va falloir faire mieux que ça, mademoiselle la détective ! »
Amusée, Olympe échappa un petit sourire, et haussa les épaules. Autant laisser dire l'adolescente, elle était visiblement têtue comme une mule… Ça devait être de famille. À nouveau, un rictus amusé se peignit sur ses lèvres. Les jours et les mois à venir promettaient d'être forts amusants…
Olympe ferma à clé derrière elle, à Baker Street. Elle aurait voulu rester avec les deux Holmes, mais son cabinet ne pouvait pas fonctionner tout seul. Elle secoua ses boucles rousses autour d'elle, et se dirigea d'un pas tranquille dans la rue, préférant marcher pour aller jusqu'à son lieu de travail. Elle poussa la porte, et alors qu'elle refermait, elle sursauta quand une voix retentit derrière elle.
« - Bonjour, Olympe. »
« - Qu'est-ce que vous faites là ? Je croyais que vous ne pouviez pas revenir à Londres… » balbutia-t-elle, surprise.
« - Je voulais voir si ma petite protégée était bien installée. Je vois que c'est le cas. Tes colocataires sont cool, comme disent les jeunes ? » s'intéressa la voix.
« - Très. Mais vous devriez rentrer chez vous. C'est gentil d'être passé, mais j'ai du travail. »
« - Parfait. Bonne journée, Olympe. Je prendrai rapidement de tes nouvelles, ma jolie. »
Elle hocha la tête alors que la silhouette disparaissait par la porte arrière, et se laissa tomber dans son fauteuil en soufflant sur une des mèches qui retombaient devant ses yeux. Elle passa une main dans sa chevelure et grommela, n'appréciant pas du tout que l'autre débarque sans prévenir. Elle jeta un coup d'oeil ennuyé du dossier, et le lut en diagonal. Elle soupira. Adultère. Dossier suivant. La journée passa beaucoup trop longuement à son goût. Les affaires qu'elle avait reçu étaient d'un banal ! Elle s'ennuyait à mourir. Elle jeta un coup d'oeil à l'horloge, et lorsqu'elle vit l'heure, elle bondit hors de son fauteuil avec soulagement en attrapant son sac pour rejoindre son autre travail.
Elle rentra dans le bar du quartier français en saluant le barman, un parisien qu'elle avait rencontré lors de son séjour à Pairs. C'était lui qui lui avait dégoté le job. Elle l'embrassa sur la joue avant de filer à l'arrière, enfilant son costume, tenue moulante et chapeau haut de forme au rendez-vous. Elle s'observa dans la glace, poings sur les hanches, avant de tournoyer sur elle-même. Elle était parfaite pour interpréter du Aznavour. Elle chantait dans le quartier français, et cela l'aidait à payer ses factures. Son supérieur passa la tête dans l'encadrement de la porte.
« - Grouille, Olympe ! Tout le monde t'attend ! Tu es la star ce soir, déchire tout ! »
« - J'arrive. » affirma-t-elle avec un petit sourire.
Elle jeta un dernier coup d'oeil à son reflet, puis se releva en lissant son juste-au-corps sans qu'il n'en ait besoin. Elle saisit son micro derrière la scène, et fit un signe de main à tous ceux s'occupant du travail de fourmi dans l'ombre pour leur signaler qu'elle était prête. Et aussitôt, les lumières s'éteignirent, laissant seulement la scène illuminée. Éblouissante, elle grimpa sur les planches, saluant son public en même temps que résonnaient dans les enceintes les premiers accords de « Formidable » de Aznavour. Et elle entrouvrit les lèvres pour chanter. Sa voix grimpait au ciel, légère comme une plume, avant de redescendre sur terre, plus dure, presque agressive. Plus grave et rauque. Elle contrôlait sa voix avec aisance, comme si tout cela n'était qu'un jeu, et un jeu facile de surcroît. Et son regard balayait malicieusement la salle.
Puis elle les vit.
John, tout d'abord, qui semblait être sur le point de perdre sa mâchoire. Puis Sherlock, ses yeux exorbités qui semblaient manquer tomber de leurs orbites malgré son visage neutre de porcelaine. Ensuite, les yeux émerveillés d'Angelina, qui serrait la petite fille du médecin contre sa poitrine, qui elle-même l'observait avec curiosité en suçant son pouce, semblant réaliser la beauté de ce qu'elle entendait. Et enfin, Gregory, qui semblait avoir oublié que le monde continuait de tourner. Elle manqua s'étrangler en voyant leurs regards posés sur elle, et elle déglutit avec difficulté, manquant chanter une fausse note. Elle se rattrapa de justesse, prenant le parti de les ignorer au moins jusqu'à ce que sa chanson ne se termine. Lorsque ce fut fait, elle tournoya sur elle-même en soulevant son chapeau, avant de faire une révérence très basse.
« - Merci, public ! » hurla-t-elle en français avant de disparaître derrière les rideaux rouges qui s'affaissaient, sous les cris et les applaudissements de la salle.
« - Tu as encore été exceptionnelle, Olympe ! Maxime a ta paie, va la lui demander. »
« - Merci, boss. » dit-elle dans un sourire.
Elle fit demi-tour, et se changea rapidement. Elle sortit dans la salle aussi discrètement que possible, rejoignant rapidement son ami au bar pour récupérer son argent. Elle le remercia en lui souhaitant une bonne soirée alors qu'il lui disait qu'elle avait été géniale. Elle rosit légèrement, et finalement, fouilla la salle des yeux pour retrouver ses amis. Lorsqu'elle les repéra, elle traversa la foule compacte avec difficulté. Les conversations en français fusaient autour d'elle, et elle avait le sentiment d'être de retour à Paris. Et, en soi, ça lui faisait quand même un peu de bien, car c'était dans ce pays qu'elle avait soigné son coeur meurtri.
Elle se stoppa en face d'eux, embarrassée.
« - Que… Qu'est-ce que vous faites ici ? »
« - Enquête. » rétorqua Sherlock comme si de rien n'était.
« - Olympe, c'était… Wouah ! » s'écria John.
« - John, on t'a connu plus loquace que ça. » pouffa Angel avec malice. « Mais il a raison, tu es incroyable, Olympe ! »
« - Merci… »
« - Tu étais magnifique sur scène. » balbutia maladroitement Greg en détournant le regard.
La française rougit de plus belle alors que Sherlock se détournait en mimant une grimace dégoûtée qui fit éclater de rire Rosie et Angelina. La rouquine chercha rapidement à changer de sujet.
« - Parle moi de ton enquête ! »
« - Oh, il paraît qu'il y a un proxénète ici… »
« - Un proxénète ? » répéta-t-elle. « Impossible ! Je travaille ici depuis mon arrivée, et je n'ai vu aucune fille venant pour se prostituer. Et Maxime s'en serait rendu compte ! Il ne m'aurait jamais proposé ce travail dans de telles conditions… »
« - Maxime ? Le barman à qui tu parlais tout à l'heure ? »
« - Oui, c'est ça. On s'est connu à Paris. Il est venu à Londres, il travaille ici depuis 3 mois. Il saurait quelque chose. Non » insista-t-elle, « je suis catégorique. Il ne m'aurait jamais proposé ce travail si il savait quelque chose. »
« - Bon, une personne en moins à interroger. Où est ton patron ? »
« - T'es pas bien, Sherlock ?! Tu veux que je perde mon job ou quoi ?! »
- C'est notre principal suspect ! »
« - MAIS T'ES MALADE ! » hurla-t-elle, rouge de colère. « CE TYPE, UN MAC ?! ÇA FAIT TROIS SEMAINES QUE JE SUIS ICI, TU CROIS VRAIMENT QUE J'AURAIS CONTINUÉ À CHANTER SUR SCÈNE ?! »
« - Elle n'a pas tort. » souligna Angelina dans une tentative d'apaisement, donnant doucement Rosamund à son père, cette dernière s'étant endormie. « Ce ne serait pas logique, on l'aurait déjà approchée pour un travail du genre. Mais pourtant, on est sûr que c'est ici que ça se passe. Avec la foule, ce doit être un lieu de rendez-vous. »
« - J'ai une idée. » intervint finalement Greg après des minutes de silence. « Éparpillons-nous dans la salle, et écoutons les conversations. On finira bien par trouver quelque chose. »
« - Excellente idée ! Je vais demander à Maxime de nous aider. »
« - Si tu veux. » grommela le DI alors qu'elle s'éloignait tandis que Sherlock partait en râlant que c'était un plan stupide, se faisant violemment frapper à l'arrière de la tête par John.
L'homme aux cheveux argentés fusilla du regard le barman qui passait une main dans ses cheveux en souriant à son amie. Amusée, Angelina s'approcha avec un sourire moqueur de son ami, et lui donna un violent coup de coude dans les côtes. Elle se fit fusiller du regard par le policier, qui se massa doucement la peau avec une grimace.
« - T'es jaloux ! » affirma-t-elle.
« - Mais n'importe quoi, Angel ! Où tu vas chercher des trucs pareils ?! » nia formellement le DI.
« - Greg… » elle haussa un sourcil. « Tu te rappelles à qui tu parles ? »
Il soupira et roula des yeux avant de filer à travers la foule en grommelant à propos des Holmes et leur complexe de supériorité. La petite brune secoua la tête en riant doucement, traversant le bar à son tour, laissant traîner ses oreilles pour écouter tout ce qui se passait autour d'elle. Elle repéra soudainement une jeune fille, qui devait à peine être plus vieille qu'elle. Elle s'en approcha doucement.
« - Salut ! »
L'autre fille bondit, surprise, et jeta une oeillade paniquée autour d'elle. Comprenant aussitôt ce qu'elle faisait là, la jeune Holmes décida de lui faire la conversation, puisant dans son français pour se faire comprendre, essayant d'améliorer son accent au possible.
« - C'est la première fois que tu viens ici ? »
« - Heu… Oui… Je… »
« - Je m'appelle Lina. » sourit franchement Angel en tendant la main. « Tu vas voir, les gens sont gentils, en principe, et ça paie bien, par ici. Et toi, comment tu t'appelles ? »
Lui faire croire qu'elle connaissait le monde, la mettre en confiance pour la faire parler. L'autre fille avait de longs cheveux châtains lisses, qui tombaient souplement dans son dos, et ses yeux noisettes farfouillaient nerveusement dans la salle.
« - Je m'appelle Jeanne… Et, heu… Toi, ça fait longtemps que tu… travailles… ici ? T'as l'air jeune… »
« - On fait ce qu'on peut. » rétorqua la brune en haussant les épaules. « Parfois, on a pas trop le choix. J'aide mes parents comme je peux. Pourquoi t'es là, toi ? »
« - Je dois payer mes études… Mais tu es si jeune, tu… »
« - Tes études ? C'est cool ça ! » la coupa volontairement Angel. Elle sentait son coeur s'emballer. Elle avait une piste ! « Des études de quoi ? »
« - Médecine… » répondit l'autre jeune fille, mal à l'aise.
« - T'as jamais fait ça, pas vrai ? » souligna la jeune Holmes, cherchant discrètement son parrain des yeux.
« - Non… Enfin… Non, jamais. Tu as raison. » Jeanne soupira. « J'ai un peu la trouille. »
« - Ça va bien se passer. » assura la plus jeune, déterminée à ne pas la laisser tomber dans cette spirale infernale. « Tu vas voir. Attend, je vais chercher un, heu… Collègue. Bouge pas. Attend moi là. »
« - Heu… Oui, d'accord. »
Alors que la petite brune commençait à s'éloigner pour chercher Greg, la voix de Jeanne la retint à nouveau.
« - Lina ? »
« - Oui ? » Angelina se retourna.
« - Merci beaucoup. C'est gentil de m'avoir rassurée. »
« - C'est normal. » Elle sourit de toutes ses dents. « Tu bouges pas, hein ? »
Elle fila à travers la foule, et au bout de longues minutes, trouva Greg, pas très loin de la scène, observant la foule compacte qui dansait sur des chansons françaises. Il fut surpris de voir la petite brune arriver vers lui, et se pencha vers elle pour entendre ce qu'elle disait.
« - J'ai trouvé une des filles ! Elle doit avoir à peine 16 ans, on doit l'empêcher de faire ça ! »
« - Montre moi où elle est. » ordonna-t-il en se redressant.
Alors qu'Angelina suivie de Greg remontait sur ses pas, elle vit Jeanne en train de parler avec un homme, assez grand, la cinquantaine, et des cheveux blonds cendrés sur le crâne, attachés en une petite queue de cheval. Elle s'approcha en faisant signe à Greg de ne pas parler, et de la laisser faire. Elle fit un grand sourire en marchant vers les deux autres, et du coin de l'oeil, elle vit Sherlock qui avançait d'un pas rapide, visiblement pour suivre quelqu'un, et il sortit, accompagné de John, qui n'avait plus Rosie dans les bras. Alors qu'elle avançait, Jeanne la vit arriver, et fit signe à l'homme à qui elle parlait. Angel peignit un grand sourire sur ses lèvres.
« - C'est de elle que je vous parlais, monsieur… Lina. »
« - Ah… Ah ? » s'étonna l'homme en fronçant les sourcils.
Ses yeux étaient noirs comme les ténèbres, mais Angelina continua d'avancer, sourire hypocrite au possible sur les lèvres.
« - Bonjour, boss ! J'ai trouvé quelqu'un tout à l'heure, tenez, j'ai eu ça. »
Elle tendit un billet de 100£ que Sherlock lui avait donné un peu plus tôt, et l'autre homme l'observa d'un oeil suspicieux en l'attrapant entre ses doigts. Elle continua à le fixer, puis prit l'air le plus innocent qu'elle avait en réserve.
« - Dites, boss, ça fait longtemps que vous travaillez ici ? Je me demandais, depuis le temps… »
« - Mêle toi de tes fesses, ma petite, c'est tout ce que je te demande. » cracha-t-il d'une voix acide.
« - Non, mais c'est une vraie question ! Et dites, si jamais je veux quitter le travail, je peux ? On ne me retrouvera pas morte dans une ruelle avec une balle entre les deux yeux, comme Sophie Moulin ? » murmura-t-elle en souriant malicieusement.
Comprenant qu'il avait été pris au piège, l'homme recula de quelques pas, et sortit une arme à feu, arrachant un hurlement à Jeanne et créant une vague de panique dans la salle. Alors que la jeune fille française reculait d'un pas, Angelina sentit la peur monter en elle lorsque l'arme fut pointée face à elle, et elle recula de quelques pas, manquant trébucher.
« - GREG ! » hurla-t-elle, paniquée.
L'inspecteur venait d'armer son arme, la pointant sur le proxénète qui menaçait la petite et la foule de son arme.
« - POSEZ VOTRE ARME ! »
Angelina tremblait comme une feuille, observant l'échange silencieux entre les deux hommes qui se jaugeaient. Soudain, la foule qui fuyait fut brisée par Olympe qui tenait une Rosie en larmes contre elle, et le barman qui l'accompagnait. La rouquine attrapa la jeune fille dans ses bras, alors que Maxime éloignait Jeanne loin de l'affrontement en la tirant par le poignet.
« - Que tout le monde sorte ! » ordonna Lestrade. « Olympe, s'il te plaît, fait évacuer tout le monde, et met Angel et Rosie à l'abri ! »
« - Mais toi ? »
« - FAIS LE, S'IL TE PLAÎT ! »
Elle obéit, serrant Angel un peu plus fort, et lorsque celle-ci réalisa qu'elle s'apprêtait à laisser son ami seul face à l'autre homme, elle commença à se débattre.
« - Lâche moi, Olympe ! Je peux pas le laisser tout seul ! Il est en danger ! GREEEEG ! »
« - TOI AUSSI ! » s'écria la française. « Rester là le déconcentrerait, alors obéis ! »
Angel vit sa vue se troubler, et obéit à contre-coeur, entraînée par la masse humaine, et elle sentit une larme dévaler sa joue.
« - Greg… » balbutia-t-elle en tendant le bras vers lui, en vain, traînée vers la sortie par Olympe.
Alors que la salle se vidait enfin, le policier continuait à regarder son adversaire. Aucun d'eux n'avait encore bougé. Il avait entendu Angel hurler son nom, mais il s'était interdit de se retourner. Ce simple geste aurait pu signer son arrêt de mort, et celui de nombreuses autres personnes.
« - Baissez votre arme, c'est un ordre de Scotland Yard. »
« - Je ne le ferai pas. De toute façon, vous ne m'aurez pas. Vous ne nous aurez jamais. »
« - Nous ? » répéta Greg en haussant les sourcils.
L'autre eut un petit rire, et un coup de feu retentit, la balle s'enfonçant dans la poitrine du blond. Lestrade échappa un petit cri en rangeant son arme, se précipitant vers le corps alors qu'il apercevait du coin de l'oeil une silhouette disparaître derrière la scène. Il entendit à nouveau la voix d'Angelina qui éclata en sanglots en se laissant tomber à genoux à côté de lui, suivie d'Olympe qui avait toujours la fille de John dans ses bras. Ce dernier et son acolyte avaient complètement disparu. L'inspecteur observa l'homme qui souriait en crachant du sang. Le tireur avait disparu.
« - Vous ne nous aurez jamais… Jamais… Vous ne nous avez jamais eu… On meurt pour la cause… Pour qu'on ne parle pas… » ricana-t-il en toussotant.
Sa tête retomba sur le côté, il échappa son dernier souffle après que ses yeux ne se soient révulsés une dernière fois. Finalement, Greg se retourna pour attraper Angel dans ses bras, cherchant à la rassurer.
« - J'ai… J'ai entendu le coup de feu… Je… J'ai eu peur… »
« - Tout va bien, Angel… » Il releva la tête vers Olympe. « Tout le monde va bien ? Tu vas bien ? »
« - Ça va. Que s'est-il passé ? » demanda-t-elle avec douceur en continuant à bercer Rosie.
« - Il a dit qu'on ne les aurait jamais. Puis quelqu'un a tiré. Je n'ai pas pu voir qui. »
« - Les ? Ils sont plusieurs ? C'est un de ses alliés qui l'a tué ?! »
« - J'en sais rien ! » s'agaça Greg, ses nerfs le lâchant enfin. L'adrénaline l'avait tenu concentré et calme pendant de longues minutes, et maintenant, enfin, tout s'évaporait. Il hurla. « Et Sherlock et John, on en parle ?! Ils ont encore disparu ! SI JE LES ATTRAPE CES DEUX LÀ ! »
Il reprit son calme en prenant une lourde inspiration, resserrant son emprise sur la nièce du célèbre détective pour taire ses sanglots.
« - Angel, ça va aller… »
« - Angelina ! »
Une voix trancha le silence morbide de l'endroit, et Mycroft apparut, s'approchant d'un pas vif, parapluie en main, et il s'accroupit devant sa fille.
« - Angel, Sherlock m'a appelé pour venir te chercher, tu vas bien ? »
« - Ça va… J'ai eu un peu peur… » murmura-t-elle avec embarras.
Il se redressa après avoir caressé la chevelure de la jolie brune, et salua Greg d'un mouvement de tête.
« - Que s'est-il passé, inspecteur ? »
« - On a suivi votre frère sur une enquête de meurtre d'une prostituée. Ça nous a menés ici, et on est tombé sur ce type. Mais on pense qu'un de ses associés l'a tué pour éviter qu'il ne parle. » répondit-il en serrant la main de Mycroft après s'être relevé, un bras autour des épaules d'Angelina.
« - Et vous ? » demanda l'aîné des Holmes en se tournant vers la rouquine.
« - Olympe. Je suis la nouvelle colocataire de votre frère, monsieur Holmes. »
Il hocha la tête avant de se tourner vers son enfant, qui venait d'attraper sa main. Il lui sourit tendrement, avant de jeter un autre coup d'oeil à la jeune femme lui faisant face. Il la connaissait. Ses traits, son visage… Ça lui disait quelque chose. Il décida de mettre ça de côté, et de prendre soin de sa fille.
« - Merci beaucoup, inspecteur. Vous avez fait du bon travail. J'ai déjà prévenu vos supérieurs, ils prennent les dispositions nécessaires pour cet endroit. Vous pouvez rentrer chez vous. Je me chargerai d'appeler mon petit frère. »
« - Merci à vous Mycroft. Passez une bonne soirée. Au revoir, petit ange. »
« - Salut, Greg. » dit-elle en reniflant.
« - Hé, petit ange. Ne pleure plus, tout va bien. Tu es avec ton père, ça va aller, maintenant. »
« - Tu as raison. Au revoir, Greg. Fais attention à toi. Olympe. »
- Au revoir. » salua la jeune femme.
« - Au revoir… » murmura l'homme aux cheveux argentés en souriant tendrement alors que les deux Holmes disparaissaient.
Il se tourna vers Olympe qui regardait Rosamund, et elle releva la tête vers lui en souriant timidement.
« - Maintenant qu'on a été plantés par John et Sherlock ici, et qu'Angel vient de partir avec son père, tu me ramènes à Baker Street ? »
« - Bien sûr. » sourit-il doucement.
« - Merci, Gregory. »
(1) : Aaaaah accent britannique de mon coeur ! Ici, Angel prononce le "s" de DeSchamps... N'est-ce pas mignon ?
Alors ? Alors ? Est-ce qu'elle vous plaît, notre française ?
C'était important pour moi de rajouter une nouvelle nationalité dans ce monde parfois un peu trop britannique, et j'espère que vous apprécierez cette petite touche de nouveauté.
En écrivant, je me rend compte que, Olympe étant le personnage principal, Angel sera parfois un peu éclipsée et je m'en excuse. J'espère que cela vous plaira quand même !
N'hésitez pas à me laisser des commentaires, ça fait toujours plaisir, et sur ces bonnes paroles, je vous dis à la semaine prochaine !
