Salut tout le monde !
Me revoilà avec le chapitre deux ! Vous êtes nombreuses à déjà suivre l'histoire, merci beaucoup à toutes et à tous !
The East Wind : Je suis contente de te retrouver, et ravie de voir que ça continue à te plaire !
Chocolate Girl : Je suis contente de voir qu'Angel te plaît toujours autant ; voilà la suite qui arrive !
En tous cas, le moins qu'on puisse dire, c'est que Olympe a piqué votre attention... Vous m'en voyez ravie ! Allez, je vous laisse lire, à plus !
Olympe ne trouvait pas le sommeil. Elle se tournait, et retournait dans son lit. Incapable de dormir. Elle soupira, et s'assit sur son lit. Le visage de Mycroft repassa devant ses yeux, et elle laissa retomber ses paupières, analysant rapidement l'image qu'il avait laissé paraître. Froid. Intelligent. Puissant. Père aimant. Il avait déjà tué pour sa fille, elle en était sûre. Cet homme… Il… Elle souffla bruyamment et se leva, enfilant un jogging et un sweat qui traînait là. Elle ne fut pas surprise de voir la lumière allumée dans le salon, et elle s'avança jusqu'au canapé, dans lequel le détective consultant réfléchissait. Il n'entrouvrit même pas les paupières.
« - Tu es rentrée depuis longtemps ? »
« - Depuis deux heures. Où étiez-vous, John et toi ? D'ailleurs, il a récupéré Rosie chez Mrs Hudson ? » demanda-t-elle.
« - Oui, c'est bon. Nous enquêtions. Je crois qu'il y a un véritable réseau derrière tout ça. »
« - Moi aussi… » approuva-t-elle. « Avant de mourir, le mac qu'on a chopé nous a dit un truc intéressant… »
Alors qu'elle lui relatait ses derniers mots, et les propos de Greg concernant leur affrontement, elle vit les yeux de Sherlock s'allumer d'une flamme nouvelle. Il s'assit face à elle, répétant à voix haute la dernière phrase prononcée par l'autre homme. Il sourit, visiblement satisfait, avant de s'allonger à nouveau. Il ferma les yeux pour les rouvrir aussitôt, rivant ses yeux transparents sur la rouquine.
« - Angel est rentrée avec Mycroft ? »
« - Heu… Oui c'est ça… C'est ton frère, pas vrai ? »
« - Exact. » affirma-t-il en fixant le mur en face.
« - Elle ne semble pas le haïr, si tant est que cela a déjà été le cas. Pourquoi vit-elle aussi avec toi ? » s'intéressa-t-elle.
« - Elle veut prendre soin de moi. » dit-il en haussant les épaules d'un air désabusé.
« - Elle tient à toi. Tu es chanceux. »
Elle soupira, et fit demi-tour dans la cuisine pour se faire un café, ses cheveux s'emmêlant autour de son visage. Elle jeta un regard triste au frigo, sur lequel il y avait quelques photos, sûrement accrochées par la petite brune de l'appartement. Une photo d'Angelina, plus jeune, grimaçant à l'appareil photo, entourée du célèbre duo Holmes/Watson ; une photo où Angelina semblait se chamailler avec Greg qui riait aux éclats ; et une autre où elle tenait Rosie contre elle, devant une église, entourée de Molly -présentée par John à la française- et Mrs Hudson. Olympe sourit avec tendresse.
« - Il n'y a pas de photo de ton frère. » souligna-t-elle avec amusement.
« - Une photo de Mycroft ? Dans mon appartement ? Plutôt mourir ! »
Elle éclata de rire en secouant la tête, amusée par le comportement puéril de l'un des hommes les plus intelligents de ce monde. Elle s'appuya contre la table de la cuisine en portant la tasse remplie de liquide brûlant à ses lèvres rouges. Elle but une gorgée, puis grimaça sous la chaleur en reposant la tasse. Elle se perdit dans son palais mental, une mare entourée d'une forêt. Elle s'assit au bord de l'eau, observant tous ses souvenirs plus ou moins lointains -et donc plus ou moins noyés dans la mare- qui s'y reflétaient.
Elle effleura la surface, prenant l'eau entre ses mains pour observer une photo de famille, où elle était entourée de ses parents, tenant contre elle une autre rouquine, avec deux yeux verrons, l'un vert, et l'autre aussi bleu que le sien. Elle sourit tendrement en ignorant les larmes qui lui montaient aux yeux.
« - Tu as de la chance d'avoir ta famille, Sherlock. » murmura-t-elle. « Prend soin d'eux. »
Elle fit demi-tour pour disparaître dans sa chambre, sortant violemment de son palais mental. Elle prit la tasse de café et s'évapora dans le couloir, sous les oreilles attentives de Sherlock. Il sourit. Prendre soin d'eux, hein ? C'étaient plutôt eux qui prenaient soin de lui. Il était trop immature pour pouvoir s'occuper de lui, lui-même. Même Angelina était plus autonome que lui. Il sourit. D'un côté, il était heureux qu'elle se soit réconciliée avec Mycroft. De l'autre, il se sentait plus seul qu'il n'aurait voulu l'admettre quand elle n'était pas là. Heureusement, maintenant, il y avait Olympe. Et quelque chose lui disait que son arrivée allait bousculer de nombreuses choses.
Angelina sortit de son lit en baillant à s'en décrocher la mâchoire, et elle caressa doucement Bilbo qui dormait encore avant de se diriger vers la chambre de son père, vide. Elle tendit l'oreille, et n'entendant rien depuis le bureau, elle descendit dans la bibliothèque, où il buvait un café en lisant le journal. Elle s'installa face à lui, attendant qu'il ait terminé sa lecture. Il finit par lever les yeux vers elle, et lui sourit.
« - Bonjour. »
« - Bonjour. » répéta-t-elle en répondant à son sourire.
Il posa son café sur la petite table à côté du fauteuil, et plia soigneusement le journal à côté avant que sa fille unique ne monte sur ses genoux pour se coller à lui. Il passa ses bras autour d'elle, et embrassa tendrement sa tempe. Elle ferma les yeux, profitant du moment de calme avant que son père ne parte travailler. Aucun d'eux ne parlait, mais le malaise n'avait pas sa place dans la pièce. Ils étaient bien, ensemble, à écouter simplement la respiration de l'autre. Comme une vraie famille. Enfin.
« - Dis, papa, tu connais Olympe ? »
« - Non », s'étonna-t-il, « pourquoi tu me demandes ça ? »
« - Tu l'as regardée bizarrement hier soir. Comme si tu l'avais déjà vue. »
« - Son visage m'est familier, c'est vrai. Mais je suis certain de ne l'avoir jamais vue. Peut-être un membre de sa famille, ou dans un journal… Je ne sais pas. » finit-il par admettre.
« - Peut-être dans un journal. Elle est détective privée, c'est possible. »
« - Sûrement… » soupira-t-il.
Il resserra son emprise sur sa fille.
« - J'veux pas que tu t'en ailles… » geignit-elle. « J'veux rester avec toi… »
« - Je dois travailler. »
« - Je sais… »
Elle se releva et s'éloigna de quelque pas pour qu'il se redresse à son tour de son fauteuil. À ce moment précis, des petits pas se firent entendre, et Angelina s'accroupit avec un sourire éblouissant sur les lèvres pour attraper son chien dans ses bras. Attendri, Mycroft se retint de justesse de peindre un sourire sur son visage, et passa une main dans ses cheveux courts. Et il se figea net en voyant la date du jour. Serrant Bilbo contre elle, elle se tourna vers son père, lui souriant tristement, comprenant ce dont il venait de se rappeler alors qu'elle suivait son regard.
« - Je suis désolée, papa. » chuchota-t-elle. « Je n'aurais jamais dû faire ça. »
« - Je peux comprendre… J'aurais dû te dire la vérité ce jour là, concernant Sherlock… » souffla-t-il. « Mais ça m'a brisé le coeur. Manquer te perdre… J'ai cru mourir. »
« - Papa… »
« - N'essaie plus jamais de mettre fin à tes jours. » ordonna-t-il. « Plus jamais. Je n'y survivrais pas. »
Elle reposa Bilbo sur le sol, qui se frotta contre ses jambes en sentant le chagrin ambiant de la pièce. Elle retint un sanglot, et se jeta dans les bras de Mycroft, qui venait de finalement se lever de son fauteuil. Il plongea le nez dans ses mèches brunes, et ferma très fort les paupières, la gorge serrée.
« - Je t'en supplie… »
« - Pardonne moi, papa… » supplia-t-elle.
Il ne répondit pas, préférant répondre à l'étreinte de sa fille. Cette dernière hochetait doucement dans ses bras, alors qu'il caressait tendrement ses cheveux aussi sombres que la nuit. Il finit par se reculer pour l'embrasser sur le front.
« - Je dois aller travailler, Angel. Ça va aller ? »
« - Mmmmh… Tu peux pas m'emmener avec toi ? Au club Diogène… » demanda-t-elle.
Surpris, il lui jeta un regard curieux tout en enfilant sa veste coupée sur mesure, attendant une explication de sa fille. Trois ans auparavant, il avait eu droit à une crise de colère quand il avait proposé de l'emmener avec elle. Il passa une main sur sa nuque avec embarras alors qu'elle fixait ses pieds sans un mot. Il se pencha au-dessus d'elle pour déposer un baiser sur le haut de son crâne en comprenant qu'il n'aurait pas d'explications.
« - Je t'aime, Angel, tu le sais, ça ? »
Elle releva la tête en rougissant de plus belle, et elle hocha vivement la tête en se mordant la lèvre.
« - Moi aussi, papa. »
« - Je passerai à 18h, d'accord ? Mais on ira pas au club Diogène. On se promènera, si tu veux. »
Elle eut un sourire éblouissant, et hocha vivement la tête alors qu'il prenait son parapluie et faisait demi-tour pour partir aux locaux du MI-6. Elle le regarda partir, et s'assit sur le sol pour attraper son chien dans ses bras. Elle lui fit un câlin, et jeta un coup d'oeil à son téléphone. Il était à peine 7h. Elle avait le temps d'aller voir ses amis. Elle fila s'habiller, et après un sifflement à Bilbo, le petit chien la suivait aussi vif que l'éclair. Elle se précipita dehors. On aurait dit qu'elle volait.
Olympe marchait d'un pas vif jusqu'à son agence, lorsqu'elle sentit qu'on la suivait. Elle fit mine de ne se rendre compte de rien, et se pencha au-dessus de la serrure. Lorsque l'individu fut suffisamment près, elle lui donna une violente balayette qui le mit à terre, et elle serra violemment les poings. Elle écarquilla les yeux alors qu'il grognait d'agacement en se relevant, surprise. Il plongea ses yeux verts dans les siens, ébouriffant ses mèches châtains foncées.
« - Vous ? Mais qu'est-ce que vous faites ici ? »
« - Je suis venu te parler. Les Holmes commencent à mettre le nez dans notre réseau, et il n'aime pas ça. » affirma l'homme d'une voix rauque. « Et ne sois pas idiote, tutoies moi, comme d'habitude. Personne ne peut nous entendre. »
Elle déglutit difficilement, pas sûre de comprendre.
« - Tu veux dire… »
« - Le réseau de prostituées nous appartient. Fais en sorte que tes amis ne s'en mêlent pas. »
« - Ne sois pas ridicule, Sebastian ! Si j'essaie de les faire regarder ailleurs, ils s'en rendront compte immédiatement ! Ce sont les Holmes ! » protesta violemment la jeune femme en plaçant ses poings sur ses hanches.
« - Trouve leur une enquête à la hauteur. » cracha-t-il avec froideur.
Il jeta un regard alentours, et se pencha vers la rouquine pour écraser ses lèvres contre les siennes. Elle le repoussa néanmoins, et le fusilla du regard. Une lueur de désir s'alluma dans les yeux de l'homme, qui agrippa sa nuque pour forcer à nouveau le passage vers sa bouche. Elle lui mordit la langue et lui donna un coup de poing sur l'épaule. Il se recula en fronçant les sourcils.
« - Tu n'étais pas aussi farouche avant de revenir à Londres… »
« - Ce n'est pas le moment, Sebastian. Je dois travailler. » murmura-t-elle en affaissant ses paupières.
Il soupira, et alors qu'il faisait mine de faire demi-tour, il se retourna pour l'embrasser une dernière fois avant de reculer et de disparaître. Il n'avait peut-être pas l'intelligence de Sherlock, mais ils avaient tous deux les mêmes manières. Pour la sociabilité, ils devaient tous deux repasser. Elle secoua la tête, et rentra dans son bureau. À peine s'était-elle assise que son téléphone sonnait. Elle soupira, et jeta un coup d'oeil, surprise que John l'appelle.
« - John ? »
« - Olympe ! Greg nous a appelés, ils ont retrouvé un nouveau corps. »
« - Un nouveau corps ? » répéta-t-elle en fronçant les sourcils.
« - Oui ! Tu te rappelles de l'affaire qui concerne l'école primaire ? »
« - Oh ! Très bien, j'arrive tout de suite ! » s'écria-t-elle en se relevant de son fauteuil aussi vite qu'elle s'y était assise.
Elle venait de trouver une enquête à la hauteur pour ceux qui étaient en train de devenir ses amis. Elle attrapa son sac, et prit son téléphone dans sa main. Elle hésita, et se mordilla légèrement la lèvre avant de composer le numéro indiqué sur un petit bout de papier. La ligne sonna quelque secondes avant qu'une voix grave ne rompe le silence.
« - Inspecteur Lestrade à l'appareil. »
« - Heu… Gregory ? C'est Olympe. Je voulais savoir si ça ne te dérangeait pas si je venais sur la scène de crime… »
« - Olympe ! » À l'autre bout du fil, le DI peignit un grand sourire sur ses lèvres. Elle l'avait enfin appelé. « Viens, je t'en prie. »
Elle rougit violemment à l'autre bout du fil, et un petit sourire se dessina sur ses lèvres. Elle commença à avancer vers Scotland Yard, lui demandant si il pouvait l'emmener jusqu'à la scène, puisqu'elle n'était pas loin.
« - Tu ne serais pas à Regent Street ? » finit-il par demander.
« - Heu, oui ! Tu es dans la rue ? » s'enquit-elle en s'apprêtant à faire un tour sur elle-même.
« - Regarde derrière toi… » murmura une voix à son oreille.
Elle sursauta, et raccrocha avant de faire face au policier qui lui souriait timidement. Il lui serra la main avec gêne en l'invitant à monter, et elle rougit de plus belle en s'installant à ses côtés. Greg finit par entamer la conversation en se tournant vers elle.
« - Je… T'es pas obligée de me répondre si ça te dérange, mais je me demandais… Est-ce que tu fais ça habituellement ? Enfin… Je veux dire… » balbutia-t-il.
« - Draguer des inconnus puis coucher avec avant de disparaître sans un mot ? » trancha-t-elle avec un sourire malicieux.
« - Heu, hé bien, je… » marmonna-t-il sans oser la regarder.
Elle s'appuya sur son coude contre la vitre, posant ses yeux sur lui. Elle observait sa peau couleur caramel, légèrement brûlée par le soleil. Ses lèvres gercées par la cigarette qu'il humidifiait avec sa langue d'un air embarrassé. Ses cheveux argentés qui collaient sa nuque, et ses yeux chocolats qui faisaient tout pour rester concentrés sur la route. Elle ricana, et fixa la route à son tour.
« - Je te dirai bien que c'est une habitude, mais je ne fais cela que quand un homme me plaît beaucoup. » finit-elle par répondre d'une voix légèrement rauque.
Elle ignora les yeux de Lestrade qui se posaient sur elle, se lapidant mentalement pour avoir dit un truc pareil. Qu'est-ce qu'il lui prenait ?! Elle ne pouvait décemment pas flirter avec lui ! Pas sérieusement, en tous cas. C'était trop dangereux. Le silence s'installa dans le véhicule, lourd. Olympe fixait la route dans un silence de mort, et le DI conduisait, lui aussi sans un mot. Quand ils arrivèrent à destination, Sherlock était déjà là, en train de se chamailler avec Angel. Étonnée, la française descendit de la voiture en s'approchant du détective et de sa nièce.
« - Angel ? » interpela la rouquine avec curiosité.
« - Olympe ! Salut ! » se retourna la petite brune avec un grand sourire.
« - Salut. Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'étais pas avec ton père ? »
« - Si, si, mais il travaille. Je devais retrouver des amis, mais Sherlock est venu me chercher pour m'emmener ici. Je dois être rentrée à 18h ! » couina-t-elle en jetant un nouveau regard indigné à son parrain.
« - Tu y seras. » grommela ce dernier.
La brune prit une moue boudeuse et se détourna vers le médecin qui était penché sur le corps.
« - Coups de hache, encore. » souligna-t-il. « Les coups sont portés aléatoirement, mais j'ai l'impression que le premier a été porté dans le dos. Greg, est-ce que les autres aussi avaient reçu le premier coup dans le dos ? »
« - Oui, c'est exact. » affirma le policier en croisant les bras sur sa poitrine.
« - Pourquoi… » murmura Olympe. « Pourquoi leur donner le premier coup dans le dos, puis les tourner face à lui ? »
« - Pour qu'ils n'aient pas le temps de se défendre. » supposa Angel en s'accroupissant face au cadavre, pas écoeurée par l'odeur nauséabonde du sang qui commençait pourtant à remonter.
« - Ce n'est pas tout. »
Tous se tournèrent vers Sherlock qui fixait le cadavre de l'homme étalé sur le dos, le visage aussi abîmé que le reste de son corps.
« - Il a peur d'eux. C'est pour ça qu'il attend qu'ils lui tournent le dos pour frapper. Il en a peur. » insista-t-il, et cette façon de le prononcer, cette douleur dans ce simple mot froissa le coeur de la française.
Angelina pâlit considérablement elle aussi, et elle caressa doucement la main de son oncle, qui se dégagea délicatement de son emprise en se détournant. Elle se mordit la lèvre. Lui aussi, il avait déjà eu peur. Peur de Moriarty, peur de l'attraction qu'il ressentait pour la Femme, peur de Magnussem, peur d'Eurus. Elle ferma les yeux et fit brutalement demi-tour en se frottant les bras, comme si elle avait froid. Mais elle aussi, elle connaissait cette peur. Olympe ignorait tout ce qu'ils avaient vécu, mais elle sentit simplement au vu de leurs micro-expressions combien la peur était pour eux une vieille amie. Et elle savait, elle aussi. Elle savait toujours. Alors elle ne dit rien.
« - Gregory, je crois que nous en avons vu suffisamment. Tu peux recouvrir le cadavre ? » demanda-t-elle d'une voix blanche.
« - Bien sûr. » accepta le DI en faisant signe à un de ses hommes de remettre le drap sur le corps.
John se redressa et posa doucement sa main sur l'épaule de la petite brune, qui tremblait comme une feuille. Elle releva les yeux vers la nuque de Sherlock, qui leur tournait toujours le dos. Parce que lui, il savait ce que c'était, la peur. La peur des gens, la peur de ces êtres qui pourtant lui étaient tellement semblables de par leur nature. La sociopathie. Elle prit une lourde inspiration, et se plaça à côté de son parrain, sans dire un mot.
« - Sherlock, ils vont penser que quelque chose ne va pas si tu restes ainsi. »
« - Ne sois pas ridicule. » cracha-t-il avec agressivité pour qu'elle s'éloigne, mais elle ne bougea pas d'un pouce.
« - Tu sais que j'ai raison. Je vais prendre Bilbo dans la voiture. Retournons à Baker Street. » ordonna-t-elle en s'exécutant.
Elle ouvrit la porte à son chien qui aboya joyeusement en descendant, content de se dégourdir les pattes. Il alla faire des fêtes à Olympe, qui n'avait pas bouger, fixant le drap blanc. Elle réfléchissait à toute vitesse. Il fallait qu'elle trouve un indice supplémentaire qui leur relancerait la piste. Tout, n'importe quoi. Ils ne pouvaient pas en rester là. Elle ferma les yeux alors que l'inspecteur s'approchait d'elle, et surpris, il recula d'un pas. Elle commença à bouger ses mains vivement, sourcils froncés, comme classant des informations. Une sueur dévala sa tempe. Et tout à coup, elle comprit quelque chose. Ses yeux s'ouvrirent, laissant apparaître une pupille noire comme l'ébène, et englobant une grande partie de son oeil.
« - Sa mémoire…! »
« - Je te demande pardon ? » demanda John en fronçant les sourcils.
Sherlock se retourna tout à coup vers la détective, qui haletait de par l'effort intellectuel qu'elle venait d'effectuer, et qui malgré tout souriait de toutes ses dents. Elle entrouvrit les lèvres, sa compréhension montant à toute vitesse alors que le brun répondait à son sourire, comprenant ce que voulait dire la jeune femme.
« - Les gens qui ont été tués, ils habitaient déjà dans leur quartier quand ils étaient enfants, j'en suis sûre ! » s'expliqua-t-elle. « J'en suis certaine, ça ne peut pas en être autrement. Ils habitaient dans leur quartier d'origine. Ça explique pourquoi il frappe des personnes qui n'étaient même plus étudiants dans l'école lors de l'incendie. Sa mémoire lui fait défaut ! »
« - Il est amnésique ! C'est pour ça que Tommy Middleston n'est jamais rentré chez lui, et qu'on a pas retrouvé son corps ! » s'écria Sherlock.
« - Il n'a plus sa mémoire ! » renchérit Angelina, les yeux brillants. « Alors il frappe seulement des visages qui lui sont familiers dans des quartiers connus ! Bravo, Olympe ! Tu es géniale ! »
Sherlock commençait à s'agiter, criant à Lestrade de mettre sous surveillance tous les quartiers dans lesquels vivaient d'anciens élèves depuis leur enfance, courant à droite à gauche en réfléchissant à toute vitesse. Un sourire se peignit sur les lèvres de la française qui se laissa tomber sur le sol pour reprendre des forces. Les gens normaux ne pouvaient pas comprendre. Elle était intelligente, certes, mais son intelligence lui nécessitait de l'énergie quand elle lui faisait appel d'une manière conséquente. Sherlock tenait grâce à ses patch et à la drogue qu'il lui arrivait d'ingurgiter. Angelina faisait face grâce à son humanité, car elle savait se plonger dans le vide de son cerveau. Moriarty tenait grâce aux sucreries qu'il mangeait en cachette. Eurus était… au-dessus de tout ça, tant elle était intelligente. Peut-être était-ce pour cela qu'elle avait sombré.
Mais elle, Olympe, n'avait rien pour tenir, alors elle s'effondra à genoux. John s'approcha d'elle pour l'aider à se relever, alors qu'elle échappait un petit rire nerveux. Elle accepta l'aide et se redressa péniblement sur ses jambes qui tremblaient sans s'arrêter. Elle se traîna jusqu'à la voiture du médecin, et se laissa tomber sur la banquette. Le blond prit son pouls, puis quand il vit qu'il était stable, il se dirigea vers les deux Holmes qui étaient en train de se chamailler, réfléchissant où le tueur frapperait probablement en prochain lieu. Le petit chien de l'adolescente s'approcha de la voiture, observant avec curiosité la jeune femme qui reprenait son souffle. Des pas s'arrêtèrent près d'elle, et elle se redressa sur les coudes.
« - Ça va ? » demanda Greg avec inquiétude.
« - Ça va. »
« - C'est la première fois que je vois quelqu'un dans cet état après avoir… hé bien… » il hésita. « après avoir réfléchi. »
« - C'est parce que c'était une réflexion très intense. C'est rare, mais ça m'arrive. Normalement, on doit avoir quelque chose à porter de main pour tenir. » expliqua-t-elle d'une voix rauque. « Mais moi, je n'ai rien. »
Il s'assit sur le bord de la banquette, prenant sa main doucement dans la sienne pour l'apaiser. Olympe le savait. Elle devrait se dégager, rejeter son aide. Et pourtant, elle n'en fit rien. Alors qu'elle savait qu'il commençait à développer des sentiments pour elle. Elle savait qu'il ne devait pas l'aimer malgré tout, que leur relation serait malsaine, venimeuse. Qu'elle lui empoisonnerait la vie. Elle le savait, alors elle aurait dû lui dire, le rejeter, peut-être même se montrer désagréable pour avoir la paix. Mais elle n'en fit rien. Elle répondit simplement à l'étreinte avec un sourire triste.
Angelina était assise sur son pouf, les bras croisés, ses sourcils froncés à l'extrême. Elle tapait du pied, ronchonnait dans sa barbe. Olympe se reposait dans sa chambre après avoir bu un thé ; John et Sherlock étaient en train de parler dans la cuisine, le médecin en train de gronder son ami qui ne voulait pas appeler Mycroft pour excuser le retard de sa fille. Cette dernière était comme un lion en cage, observant les secondes de la pendule. Il était 18h01. Voilà. Elle était définitivement en retard. Elle donna un coup de pied rageur dans le fauteuil de son oncle en se redressant, et Bilbo couina de surprise. Elle jeta un regard assassin au brun qui s'approchait d'elle dans une tentative de rapprochement.
« - Oh ! Toi, ne m'adresse même pas la parole ! » menaça-t-elle en le fusillant une fois de plus du regard.
« - Angel… »
« - T'avais promis ! Bon sang, on essaie de faire des efforts, tous les deux, et toi, tu gâches toujours tout ! » sa voix se brisa. « C'est toujours comme ça avec toi. »
Elle éclata en sanglots et se précipita dans sa chambre puis sur son lit, où elle se roula en boule. Elle jeta un regard à son téléphone. Mycroft ne l'avait pas appelée. Et elle, elle n'osait pas lui envoyer de messages. Elle continua à sangloter un long moment dans son lit, et tout à coup, son téléphone sonna. Elle se redressa, surprise de voir le nom « papa » s'afficher à l'écran. Elle décrocha, reniflant dans sa manche en portant le téléphone à son oreille.
« - Sweetheart, je vais être en retard, je suis vraiment désolé… »
« - Papa… » elle hocheta.
« - Angel ? Tu pleures ? Mon ange, qu'est-ce qu'il se passe, parle moi ! Tu n'es pas à la maison, là, où es-tu ? Je suis vraiment désolé, Angel, ne pleure pas, je… »
« - Non, je… Je… Je suis à Baker Street. Sherlock, il… Il m'agace ! J'ai l'impression qu'il veut toujours tout gâcher ! » déplora-t-elle en pleurant de plus belle.
« - Angelina, non ! Non, non, il ne veut pas ça. Il est… » il soupira. « C'est Sherlock, voilà tout. J'arrive. »
Elle raccrocha, quand on frappa doucement à la porte de sa chambre. Elle se redressa en frottant ses yeux, et autorisa l'intrus à entrer. Une bouille parementée de tâches de rousseur se pencha à travers l'ouverture, souriant doucement à la jeune fille. Elle demanda à nouveau si elle était autorisée à entrer, et Angelina acquiesça doucement alors que Bilbo filait à travers l'ouverture pour se jeter sur le lit, entre les jambes de sa maîtresse, qui plongea sa main dans son pelage roux avec douceur. Olympe s'assit à ses côtés, et ébouriffa ses boucles cuivrées en souriant doucement à celle qui lui faisait face.
« - Angel… Ça va ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
« - Oui… Je crois. Je… Sherlock m'énerve ! »
« - J'ai cru entendre ça, oui. » rétorqua la rouquine avec malice.
« - Excuse moi. » balbutia Angel en rougissant. « Je t'ai réveillée quand j'ai frappé le fauteuil… ? »
« - Ce n'est rien. J'ai le sommeil léger. Ne sois pas fâchée contre ton oncle. Tu le connais mieux que moi. » insista la détective. « Il est maladroit, mais il ne pense pas à mal… »
« - Tu plaisantes ? C'est sa fierté mal placée qui l'a empêché de prévenir papa ! »
« - Ok, c'est peut-être pas que de la maladresse. Mais il tient à toi. Je crois qu'en vérité, il apprécie t'avoir à ses côtés. Et c'est normal. Tu es une fille adorable, je comprend qu'il veuille rester avec toi. »
« - Je sais pas. » bougonna Angelina en croisant les bras sur la poitrine, s'attirant un regard noir de son chien qui appréciait être caressé. « J'ai l'impression qu'il réalise pas. Mon père et moi… On marche sur un fil d'Ariane. La moindre bourrasque pourrait nous faire tomber. Et j'ai cette maudite sensation que Sherlock tire sur le fil ! »
Comprenant que l'adolescente était trop nerveuse pour accepter la moindre explication, elle passa un bras autour de ses épaules pour frotter celle qui lui était opposée avant de se décaler à nouveau. Des pas se firent entendre dans le salon, et Olympe se redressa pour laisser filer la petite brune, suivie de très près par son compagnon à poils roux. La jeune femme se redressa avec élégance, et pivota sur ses talons avant de rentrer dans le salon, où Angel avait caché son visage contre le torse de son père.
Ce dernier était en train de se moquer de son frère, déduisant comme Olympe qu'il n'avait pas voulu laisser partir sa nièce. Il passait doucement une main dans les cheveux d'ébène de sa fille, et de temps à autre, malgré les moqueries qui franchissaient ses lèvres, ses yeux exprimaient une certaine tendresse envers son frère et sa fille. La détective se plaça à côté du médecin, qui observait la scène avec lassitude.
« - Ils sont toujours comme ça. » finit-il par soupirer. « Ce sont vraiment des enfants. »
« - C'est le lot des personnes qui sont plus intelligentes. » pouffa-t-elle malicieusement. « Où est Rosie ? »
« - Elle dort en bas, chez Mrs Hudson. Je m'apprêtais à crier sur Sherlock alors j'ai préféré la laisser au calme. »
« - Tu as eu raison » assura la jeune femme en observant les Holmes. « Quelle famille, quand même. »
« - Comme tu dis ! Mais qu'est-ce que serait ma vie sans eux… »
« - Ennuyante, je pense. » se moqua la rouquine.
Le médecin échappa un petit rire en se tournant vers la femme à ses côtés en s'appuyant contre la table. Il lui sourit doucement et pencha la tête sur le côté alors qu'elle lui demandait si il pouvait lui parler de sa femme. Il haussa les sourcils avec étonnement, et elle expliqua que Angel lui avait raconté qu'elle n'était pas une femme comme les autres. Il eut un sourire mélancolique à ces mots. Pour sûr, Mary n'était pas comme les autres. Alors il lui raconta, et Olympe sentit son coeur se serrer. Elle avait beau être morte un an auparavant, John aimait toujours sa femme, comme un damné. Elle posa une main réconfortante sur son bras en lui souriant doucement. Il releva la tête, et lui sourit tristement. Il apprendrait.
« - Tu manges avec nous, ce soir ? » proposa gentiment la rouquine.
« - Oh, hé bien oui, pourquoi pas. Je vais chercher Rosie, alors. »
« - Bien sûr. »
Elle observa le blond disparaître, tandis qu'Angelina faisait un geste de la main à son amie, après avoir néanmoins embrassé son oncle sur la joue. Elle disparut par l'ouverture avec son père. La détective sourit, alors que l'homme aux cheveux bouclés se laissait tomber sur une chaise de la cuisine, jetant un regard curieux à celle qui venait de se mettre aux fourneaux.
« - Tu as demandé à John de manger avec nous ? »
« - Mmh-mmh. Je me suis dit que, comme ça, on pourrait parler ensemble de l'affaire. »
« - C'est une bonne idée. » approuva le détective consultant. « Mais dis moi, Olympe, pourquoi t'es-tu plongée dans une telle réflexion, cet après-midi ? Ç'aurait pu être dangereux. »
Elle continua à agir comme si cela n'était rien, mais intérieurement, elle s'était stoppée net. Elle peignit un sourire avenant sur ses lèvres rouges avant de se tourner vers lui en secouant sa chevelure.
« - Hé bien… Pour le plaisir de résoudre une enquête aussi palpitante, je suppose. Je ne sais pas m'arrêter. »
Sherlock accepta la réponse sans broncher, mais alors qu'elle lui tournait à nouveau le dos, il fronça les sourcils, ignorant John qui remontait avec Rosie dans la salle.
« Quel secret me caches-tu, Olympe Deschamps….? »
« - Sherlock ! Prend Rosie, s'il te plaît, je vais aider Olympe… » finit par dire John, le sortant de ses pensées.
« - Oh, John, je préférerais éviter une indigestion, je te prie. »
De la cuisine, la rouquine éclata de rire, alors que John se laissait tomber sur son fauteuil en fusillant son meilleur ami du regard, meilleur ami qui faisait des grimaces à la petite blonde, qui riait aux éclats. Olympe chantonnait sous les balbutiements émerveillés de l'enfant qui marchait à quatre pattes partout dans l'appartement. Habilement, la rouquine la souleva du sol alors qu'elle s'approchait un peu trop près du four, et la soutenant d'un bras, elle lui fit un petit sourire, en lui montrant ce qu'elle préparait. Elle babillait joyeusement dans ses bras, bien collée contre elle, alors que les deux hommes discutaient derrière.
« - John. »
« - Oui ? » demanda le célèbre docteur en relevant le nez vers lui, surpris qu'il soit sorti de ses pensées.
« - Olympe me cache quelque chose. » chuchota-t-il.
« - Quoi ?! »
« - Si c'est pour faire ce genre de commentaires, tais toi, John, par pitié ! Je te dis qu'elle me cache quelque chose. » reprit-il plus bas.
« - Pourquoi tu dis ça ? » rétorqua John sur le même ton.
« - Tu manquerais de t'évanouir pour répondre à une simple question ? »
« - Moi non, mais toi… »
« - John ! » protesta le brun.
« - Tu le ferais, Sherlock. » assura le médecin. « Tu as déjà risqué ta vie pour une simple énigme. Tu te rappelles de l'enquête de notre rencontre ? »
« - Bien sûr. » grommela le consultant.
« - Alors tu as ta réponse. Olympe est comme toi. »
« - Les garçons ! Arrêtez vos messes basses, et venez manger ! » s'écria joyeusement la française de là où elle était.
Sherlock se leva, concluant ainsi cette discussion, mais l'esprit toujours rempli de questionnements. Olympe n'était pas comme lui, il le savait. Alors pourquoi John venait d'affirmer le strict contraire ?
« - Mais puisque je vous dis que mon mari m'envoie toujours des messages ! »
« - Des spams. » soupira Olympe avec lassitude. « Votre époux est bel et bien décédé, et c'est son banquier qui vous envoie de tels messages afin de vous extorquer de l'argent. Vous m'en voyez désolée, Mrs, mais c'est la vérité. »
La vieille dame étouffa un sanglot dans sa gorge, alors que la détective se retenait de la mettre dehors à coups de pieds. UNE HEURE ! Une heure qu'elle tentait de lui faire voir la vérité en face ! Elle tentait d'y aller avec subtilité, mais au bout d'un moment, elle avait craqué, et lui avait dit crument ce qu'il en était. La pauvre femme était restée en état de choc pendant trente secondes avant d'éclater en sanglots sous les excuses maladroites de la rouquine. La remerciant chaleureusement, la vieille dame la paya avant de faire demi-tour, Olympe la raccompagnant jusqu'à la porte. Elle lui fit un signe de la main, avant de coller son dos à la porte et de se laisser glisser en soufflant tout l'air présent dans ses poumons.
Elle ferma les yeux, se vidant un instant la tête. Elle respirait doucement, ses boucles rousses montant et redescendant au rythme de sa respiration. Elle se permit un petit sourire, et jeta un rapide coup d'oeil à sa montre. Il lui restait deux heures avant qu'elle ne doive partir au bar. Elle ébouriffa sa chevelure, et alors qu'elle s'apprêtait à se relever, elle sursauta quand on frappa deux coups timides à la porte. Elle se redressa rapidement, ouvrant la porte au jeune homme qui avait frappé. Il avait la peau pâle, et ses joues étaient rougis par le vent qui régnait en ce début d'automne. Ses yeux bleus ciel observaient craintivement tout ce qui se passait autour de lui, et ses cheveux châtains étaient mi-longs, attachés en une queue de cheval sur sa nuque. Sa barbe de quelques jours n'était pas rasée.
« - Bonjour, monsieur. Je peux vous aider ? »
« - Heu… Je… Oui… » balbutia-t-il, posant enfin son attention sur la jeune femme qui était en face de lui.
Elle fronça les sourcils. De quoi avait-il peur, comme ça ? Elle choisit de lui faire un sourire avenant, et lui tendit la main pour l'inviter à prendre place sur le fauteuil en face de son bureau. Elle s'assit de l'autre côté, et posa ses avant-bras sur la table en croisant ses doigts entre eux.
« - En quoi puis-je vous aider ? »
« - Je… Je cherche quelqu'un. » expliqua-t-il en jetant un coup d'oeil au-dessus de son épaule.
« - Je peux vous demander votre nom ? » demanda la jeune femme en l'écoutant avec attention.
« - Je… Je m'appelle James… James Smith. Et je cherche une personne nommée Thomas Brown. »
Les sourcils d'Olympe s'haussèrent considérablement. Elle s'excusa un instant auprès de son client, et commença à chercher dans ses souvenirs d'où ce nom lui était familier. Elle plongea dans son palais mental, et s'assit au bord de sa mare, fouillant dans l'eau pour retrouver ce souvenir. Elle finit par se stopper, surprise et revint dans la réalité alors que l'homme l'observait d'un air inquiet. Elle lui sourit à nouveau pour cacher sa surprise. Thomas Brown faisait partie des personnes ayant appartenues à l'école qui était au coeur de l'enquête sur laquelle elle travaillait avec Sherlock. Mais il ne faisait pas partie des personnes mises sous protection. Quelle curieuse coïncidence. La détective nota les coordonnées de son client, et le raccompagna à la porte avec un sourire entendu.
« - Au revoir, Mr Smith. »
« - Au revoir, Miss Deschamps. » chuchota-t-il avant de rapidement faire demi-tour et de disparaître.
La française ébouriffa ses boucles rousses alors que l'homme s'éloignait rapidement, et elle fila aussitôt sur son ordinateur afin d'aller sur les réseaux sociaux, tapant le nom de James Smith. Elle soupira en voyant la liste sans fin qui s'affichait lorsqu'elle tapait le nom. Évidemment. James était le prénom le plus utilisé au Royaume-Uni, mais Smith était le nom le plus courant. Elle laissa sa tête retomber contre son clavier, échappant un soupir agacé. Un faux nom. Évidemment. Et ses coordonnées ? Une maison abandonnée, et sûrement un portable jetable. Mais pourquoi ? Cet homme était-il le meurtrier ? Non, il n'aurait pas osé venir la voir, directement. Mais alors, qui était-il ? Et pourquoi faisait-il cela ?
Elle soupira de plus belle en se redressant, et jeta un nouveau regard à l'horloge. Elle avait une demie-heure. Elle se redressa avec élégance, et attrapa son sac à main. Elle prit une lourde inspiration, et sortit rapidement en fermant à clé. Elle appela un taxi, et salua le chauffeur avec un grand sourire qui fit rougir l'homme aux tempes grisonnantes qui l'observait dans le rétroviseur. Elle donna l'adresse et se cala confortablement dans les fauteuils en cuir. Elle commença à discuter avec son chauffeur, déduisant rapidement que cet homme était un fan de polar, qu'il était divorcé et avait un enfant. Un petit garçon surnommé Bobby. Lorsqu'ils arrivèrent, elle se pencha à la fenêtre pour payer, et lui tendit un sourire éblouissant.
« - Je finis à 22h30 ce soir. Si tu veux, tu pourras venir me chercher… Mattew. » proposa-t-elle avec une moue séductrice.
« - Avec plaisir, Olympe. » répondit-il d'un sourire éblouissant avant de partir.
Un sourire malicieux aux lèvres, la jolie française franchit la porte des coulisses.
« - Quand il me prend dans ses bras… Il me parle tout bas… Je vois la vie en rose… »
Sa voix grave retentissait dans le bar, caressant les murs. Elle était éblouissante. Sa voix était ensorcelante, telle une sirène entraînant les marins dans les abîmes. Elle, c'était dans son monde qu'elle les entraînait, préférant embraser leurs coeurs plutôt que leur ôter la vie. Après ces minutes de pure extase sur scène, elle rejoignit l'ombre, délaissant cet endroit qu'elle aimait tant pour à nouveau disparaître dans l'anonymat. Elle secoua la tête pour dompter sa chevelure, et alors qu'elle s'apprêtait à sortir, la voix de Maxime l'interrompit. Elle se retourna pour sourire poliment à son ami.
« - Il y a quelqu'un qui m'a dit de te dire qu'il t'attendait dehors. » l'informa le barman avec un sourire entendu.
Elle gloussa, avant de se diriger vers la sortie, et commença à marcher vers le taxi qui l'attendait. Alors qu'elle prenait une démarche séductrice, la porte s'ouvrait, laissant apparaître le bel homme avec qui elle avait rendez-vous. Alors qu'il s'approchait d'elle avec un sourire timide, une voix sortit de l'ombre. Olympe roula des yeux, reconnaissant sans difficulté la voix grave qui venait de retentir dans toute la rue. Elle se tourna, alors que le bruit d'une arme qu'on dégainait se faisait entendre.
« - Je vous conseille de partir aussi vite que possible, Mr Johnson. Il s'avère que cette demoiselle est ma propriété. » menaça l'homme.
Prenant crainte, Mattew fit un pas en arrière, puis un deuxième, alors que la rouquine échappait un soupir las. Il fit brutalement demi-tour, prenant la fuite en courant, alors que l'autre homme rangeait son arme en posant un regard sur la femme aux courbes pleines. Cette dernière leva les yeux au ciel, avant de fusiller l'autre homme du regard. Il s'avança d'un pas vers elle, mais elle recula, l'assassinant une fois de plus du regard.
« - Vraiment, Sebastian ?! Vraiment ?! » hurla-t-elle de colère.
« - Quoi ? Quel est le problème ? » rétorqua-t-il d'un air suffisant.
« - LE PROBLÈME ?! Tu te fiches de moi ?! Je m'apprêtais à passer une super soirée, et tu débarques de nulle part, menaces mon rencard et tu me demandes quel est le problème ?! »
« - Je veux que tu sois mienne, Olympe. » déblatéra-t-il, ses yeux toujours perdus dans le vague.
Elle poussa un long soupir agacé et s'apprêta à partir, mais à nouveau, l'ancien militaire mit une main sur son épaule pour la stopper avant de la tourner face à lui. Il lui sourit timidement, et l'attira contre lui, profitant de sa force supérieure à la sienne pour qu'elle ne puisse pas lui résister. Il colla ses lèvres aux siennes, presque avec hésitation. Il passa sa main dans sa nuque pour la rapprocher plus encore, et elle finit par accepter de répondre à l'étreinte. Elle posa doucement ses mains contre son torse, caressant la peau à travers le tissu.
Elle mordilla sa lèvre pour quémander l'accès à sa langue, et il la souleva du sol pour la plaquer contre le mur le plus proche. Elle enroula doucement ses jambes autour de ses hanches, déplaçant ses mains derrière sa nuque alors que lui descendaient ses mains sous ses fesses pour éviter qu'elle ne chute. Ils se séparèrent finalement après de longues secondes et échangèrent tous deux un regard lourd de sous-entendus.
« - Pas chez moi. » haleta-t-elle. « Sherlock. » se justifia-t-elle devant le regard intrigué de Sebastian.
« - L'hôtel ou ton bureau ? »
« - Sebastian, je sais pas si… »
« - L'hôtel ou ton bureau ? » insista-t-il d'une voix rauque de désir.
Elle hésita une fraction de secondes, fermant les yeux. Et alors que ses paupières s'affaissaient, l'image de Gregory Lestrade apparut devant ses yeux. Elle hocheta alors qu'elle soulevait ses paupières, et papillonna un instant des cils, sonnée. Elle se mordilla la lèvre inférieure, et releva ses yeux dans ceux verdoyants de son comparse. Il avait les yeux mi-clos, et ceux-ci s'étaient assombris de désir. Elle hésita encore un peu, encore surprise que le visage du policier ne se soit imposé à son esprit. Elle prit une lourde inspiration.
« - Ton hôtel. » finit-elle par murmurer.
Il la laissa redescendre sur le sol, s'approchant de sa moto, d'où il lui jeta un casque. Elle grimpa derrière lui, s'accrochant à ses hanches en collant sa tête à son dos. Elle fixait le vide, le coeur s'emballant. Ce n'était pas la première fois qu'elle allait passer sa nuit avec lui. Alors pourquoi avait-elle autant l'impression de faire une grosse connerie ?
Angelina berçait doucement Rosie, tranquillement installée dans le laboratoire de Saint Bart, tandis que Sherlock faisait les cent pas, réfléchissant à voix haute. Seule Molly était présente à leurs côtés, et écoutait le détective râler, ne comprenant pas Olympe. John travaillait, et comme la doctoresse était de charge pour s'occuper de la petite, Angel avait pris le parti de s'occuper de sa petite soeur pendant que l'adulte écoutait le brun qui continuait à déblatérer à toute vitesse.
« - Je ne comprend pas, Sherlock », finit par le couper Molly, « pourquoi est-ce que tu n'as pas confiance en Olympe ? Peut-être qu'elle vous cache quelque chose parce que ça ne te regarde pas… »
« - C'est vrai, ça. » renchérit Angel. « Tu mets si facilement les pieds dans le plat que je comprend qu'elle ne veuille pas d'elle-même te raconter toute sa vie. »
« - Mais tu l'as vue comme moi ! » protesta Sherlock. « Elle s'est presque évanouie, juste pour pousser l'enquête plus loin. »
« - Pour sauver des vies. » corrigea l'adolescente. « C'est ce genre de personne qu'est Olympe. Elle aime la vie. Elle a foi en l'humanité. C'est quelque chose qui t'es inconnu, Sherlie. »
Celui aux boucles brunes lui tourna le dos en grommelant, se plaçant face à la fenêtre. Moqueuse, la petite brune échappa un ricanement mesquin, alors que la fille de John refusait obstinément de dormir. Elle finit par la poser sur le sol, et elle s'allongea à plat ventre face à elle en riant doucement, observant la fillette qui regardait le monde avec ses yeux bleus grand ouverts, brillants de curiosité. Cette petite serait comme Mary, elle en était certaine. Elle jeta un coup d'oeil à son oncle, qui continuait à réfléchir, collé contre la vitre. Il fronçait ses sourcils à l'extrême, et faisait rouler une mèche entre ses doigts, concentré. Angelina retint un soupir. Bon, elle n'avait pas été totalement franche avec Sherlock. Elle aussi, avait des doutes.
Olympe avait beau être surdouée, elle était comme elle : elle savait se tenir en société, elle n'exagérait rien, était toujours logique tout en écoutant ses sentiments. Elle ne comprenait pas ce qui avait poussé la rouquine aussi loin dans sa réflexion. Certes, sauver des vies avait son importance, bien entendu. Mais pourtant, elle n'y avait pas spécifiquement mis de point d'honneur jusque là, et c'était curieux que, alors qu'ils étaient au coeur de deux enquêtes, il se trouve qu'elle réfléchisse tout à coup pour l'une d'elle sans… Elle tiqua. La française avait eu cette réflexion intense pour les relancer sur la piste de l'enquête sur l'école. Et l'enquête du réseau de prostituées ? Ils n'en avaient plus entendu parler. Le détective consultant n'en avait plus parlé, pas plus que la détective privée. À son tour, Angel fronça les sourcils.
« - Sherlock ? »
« - Quoi ? » grommela le brun.
« - Tu as des nouvelles de l'enquête sur le réseau de prostituées ? »
À l'entente de ces simples mots, le visage du célèbre Holmes s'éclaira, et il se tourna vers sa nièce, un sourire étirant délicatement ses lèvres. Cependant, ce sourire se ternit quand il lut la déception sur le visage de la jolie brune, alors que Molly les observait sans comprendre, attrapant Rosie qui babillait et qui avait été momentanément oubliée. Les deux Holmes s'affrontaient du regard.
« - Elle aurait voulu nous en éloigner…? » murmura Sherlock.
« - Mais ça n'a aucun sens… Pourquoi ? Elle-même était scandalisée en apprenant pour l'enquête. »
« - Il y a eu un évènement qui l'a faite réagir. Quoi, quand, pourquoi ? Ooooooh, une troisième enquête, je suis vraiment chanceux, en ce moment ! »
« - Sherlock. » appela Angel.
« Quel est ton secret, Olympe Deschamps ? »
« - Sherlock. » insista-t-elle.
« - Quoi, Angel ? »
« - Tu es horripilant. » cracha la jeune fille en se redressant.
Elle quitta l'hôpital en claquant la porte du laboratoire derrière elle, l'estomac et la gorge noués. Pourquoi Olympe ferait-elle une chose pareille ? Et pourquoi cela semblait faire plaisir à Sherlock ? Parce que ça flattait son égo, ça lui donnait raison ?! Il était impossible. Elle plissa le nez, et prit son téléphone. Elle cliqua sur un des contacts, les larmes lui montant doucement aux yeux. Elle avait mal au coeur.
« - Oui ? » répondit une petite voix fluette.
« - Agatha ? » Angel renifla. « Je peux venir chez toi ? »
Et voilà qui répond aux questions concernant Olympe ! Ahlala, c'est le chapitre que j'aime le moins, mais j'espère qu'il vous plaira quand même !
Sur ce, de gros bisous, et à la semaine prochaine !
