Hey !
Me revoilà, avec un nouveau chapitre ! Et soit dit en passant...
On a dépassé les 160 vues ! Merci beaucoup !
ChocolateGirl : héhé ! Un roman, carrément ? J'aimerais te dire que ce chapitre répond à certaines de tes questions mais... Enfin, je te laisse constater par toi même !
On se retrouve plus bas !
« - Olympe ! » la voix geignit. « Olympe, aide moi ! Olympe ! »
La rouquine pleurait, haletante, mouillant son lit de sueurs froides, suppliant à mi-voix, tirant les draps de son lit pour se protéger d'un cauchemar. Elle savait que c'était un rêve -bien sûr que c'en était un-, mais il était tellement prenant qu'elle n'arrivait pas à ouvrir les yeux. Elle n'entendait que sa voix, elle était plongée dans le noir, et son coeur, comme si il n'avait pas vieilli, se tordait de peur comme lorsqu'elle était enfant. Elle gémit dans son sommeil, appelant faiblement au secours, et tout à coup, une main prit la sienne.
Olympe sursauta en écarquillant les yeux de terreur, s'apprêtant à se débattre, paniquée, mais se calma aussitôt en croisant les yeux de Sebastian. C'était une personne connue. Tout allait bien. Elle referma les yeux, alors que l'ancien soldat à ses côtés passaient ses bras doucement autour d'elle. Il attendait paisiblement que sa respiration se calme, passant une main dans ses boucles rousses pour la calmer. Et alors qu'elle estompait ses dernières larmes, il posa ses grands yeux verts sur elle.
« Voilà pourquoi tu ne peux être qu'à moi. Moi aussi, je les connais. Les peurs nocturnes. »
Il la cala contre son torse, mais elle ne trouverait plus le sommeil. Elle se posa contre lui, acceptant l'étreinte, et choisit d'attendre qu'il ne s'endorme. Lorsque ce fut fait, elle le remercia d'un sourire, et hésita avant de se pencher vers lui pour embrasser son front. Elle se rhabilla dans le silence morbide de la chambre, puis entrouvrit la porte, jetant une dernière oeillade derrière elle. Elle fila à travers l'ouverture, refermant silencieusement la porte sans voir les yeux verts qui la regardaient partir.
Elle quitta l'hôtel, marchant dans les rues de Londres. Elle n'avait pas envie de rentrer en taxi, elle voulait juste… marcher. Oublier pour quelques secondes. Alors que ses talons claquaient sur le trottoir de la rue déserte, elle était dans le même temps plongée dans ses souvenirs. Papa et maman paniqués, la voix au téléphone, toujours la même, puis la porte violemment ouverte, et les cris, les tirs, le sang. Et sa voix. Puis le silence. Elle s'appuya contre un mur avec un léger hochet. Elle observa l'endroit, et s'assit sur un banc quelques mètres plus loin.
Plongeant dans son palais mental, elle s'assit au bord de l'étang, caressant délicatement la surface. Elle changea de position après quelques secondes, se mettant à genoux face à l'eau, avant de se laisser tomber dedans, acceptant de se faire submergée par ses souvenirs. Elle était dans le jardin. Elle observait ses parents rirent ensemble dans la balancelle, et elle se sentit aussitôt apaisée. Sa mère avait de longs cheveux roux et lisses, attachés en une queue de cheval, et quelques mèches rebelles s'enfuyaient sur son front et autour de son visage fin. Elle avait des tâches de rousseur, et Olympe avait hérité de son nez. Ses grands yeux verts parsemés de tâches noisettes fixaient son mari avec tendresse. Ce dernier avait les cheveux bouclés, châtains, et c'était de lui que la détective avait obtenu ses lèvres. Il releva ses yeux verrons, un bleu marine, et un marron, vers l'arrière de sa fille aînée.
Elle se mordit la lèvre pour retenir ses larmes quand elle entendit la voix. Elle se tourna vers la petite fille qui courait vers elle, et qui se jeta dans les bras de ses parents sans lui jeter un regard. Ses cheveux roux coupés au carré retombaient en mèches rebelles sur sa nuque, entourant ses joues rondes. Elle redressa la tête pour tendre les bras vers l'homme aux boucles châtains, qui la souleva aisément du sol en passant une main dans ses mèches lisses. Elle éclata de rire, son oeil vert et son oeil marine fermés, pour mieux rire aux éclats. Et alors que la fillette se tournait vers l'autre rousse, une tâche de sang éclata tout à coup, tâchant la scène et aveuglant la jeune femme.
Olympe sortit de sa torpeur brutalement, passant une main sur son visage en retenant une larme.
« - Victoire… »
Elle prit une lourde inspiration avant de se relever, resserrant les poings pour se donner du courage, avant de partir en direction de Baker Street. La lune commençait déjà à redescendre, et le soleil n'allait plus tarder à pointer le bout de son nez. Alors elle reprit sa marche, déterminée, et attendant sagement que le temps n'assèche ses yeux et en retire la rougeur. Elle s'arrêta devant la porte après presque une heure de marche, et posa la main sur la poignée. Elle sourit. Elle était chez elle.
Il était tard quand Angelina quitta le domicile de sa meilleure amie. Religieusement, Agatha l'avait écoutée, puis serrée dans ses bras, puis longuement consolée. Elle avait su trouver les mots justes, expliquant à la petite brune que l'erreur était humaine, et qu'il manquait sûrement des éléments à Sherlock et elle concernant Olympe. La nièce du détective était restée prendre l'apéritif, et après avoir à nouveau passé du temps ensemble, elle était repartie vers Baker Street.
Lorsqu'elle rentra, elle vit Sherlock, affalé dans le canapé, les mains jointes dans une tentative de réflexion. Il ouvrit un oeil en entendant sa filleule, et se redressa avant de tapoter la place à ses côtés, l'invitant à s'assoir. Elle hésita, puis abdiqua, se posant près de lui. Il passa un bras autour d'elle pour la coller à lui, collant sa tempe à la sienne. Elle écarquilla les yeux, surprise, mais ne bougea pas pour autant, attendant qu'il parle. Parce qu'il voulait parler, c'était sûr.
« - Angel ? »
Elle ne répondit pas, attendant qu'il s'exprime, et il échappa un soupir, comprenant qu'elle acquiesçait par ce manque de réponse à sa question silencieuse. Il resserra imperceptiblement son emprise sur son bras, et ferma les yeux.
« - Je suis un sociopathe de haut niveau. » affirma-t-il.
À nouveau, le silence seul lui répondit, rompu par la respiration régulière de sa nièce.
« - Et je ne comprend pas l'empathie. » acheva-t-il.
Angelina ne répondit pas cette fois-ci non plus, mais elle se tourna de côté pour serrer maladroitement son oncle dans ses bras. Ce dernier hésita quelque peu puis répondit à son étreinte en enfouissant son nez dans ses mèches brunes. Il la serra contre lui comme si rien d'autre n'avait d'importance sur le moment, et tout à coup, un aboiement rompit leur étreinte. Ils se retournèrent comme un seul homme vers Bilbo, qui secouait sagement la queue en bas du canapé. Ils restèrent silencieux pendant une seconde, puis échangèrent un regard avant d'éclater de rire.
« - Bilbo ! » s'amusa la brune en se penchant vers son chien pour lui gratter le cou. « Hé, Sherlock. »
« - Oui ? »
« - Tu n'es qu'un abruti. » lâcha-t-elle comme une bombe.
Il se stoppa dans son éclat de rire pour froncer le nez d'un air vexé, puis ses traits se détendirent quand il vit qu'Angel souriait toujours, et il échappa un ricanement.
« - Sûrement. »
« - Tu es tout seul à la maison ? »
« - Oui, Olympe n'est pas là. » expliqua-t-il en faisant un mouvement de bras. « Et toi, tu ne rentres pas chez Mycroft ? »
« - Si, demain. C'est pour ça que j'ai confié Bilbo à Mrs Hudson, en partant de Saint Bart. Tu crois qu'elle va rentrer ce soir ? » reprit-elle sur leur sujet initial.
« - Je ne pense pas. Elle doit être en bonne compagnie. » affirma-t-il d'une voix amère en comprenant qu'elle parlait de la française.
« - Ah. On commande chinois ? » demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
« - Tu téléphones. »
« - Ok. »
Et ainsi, ils mangèrent dans le canapé, bavardant de tout et de rien, et s'endormant finalement l'un dans les bras de l'autre, Bilbo confortablement installé contre eux. Et c'est ainsi qu'Olympe les trouva le lendemain, leurs déchets éparpillés sur la table basse, tous deux endormis. Elle eut un petit sourire mesquin et prit une photo -Sherlock qui dormait, ça valait le coup d'oeil !-. En attendant qu'ils ne daignent se réveiller, elle se dirigea vers la cuisine pour préparer du thé, et quarante secondes plus tard exactement, elle se fit rejoindre par Bilbo et Sherlock.
« - Bonjour, Olympe. »
« - Bonjour Sherlock. Bien dormi ? » demanda-t-elle avec un petit sourire.
« - Très. Pourrais-tu effacer la photo que tu as prise de moi il y a une minute ? »
« - 49 secondes. » corrigea-t-elle sans répondre à la question.
Il échappa un rictus amusé en comprenant qu'elle ne le ferait pas, et s'assit face à elle, l'observant s'activer dans la cuisine. Elle filait à droite à gauche, ses cheveux roux claquant sur sa nuque tandis que le détective consultant l'observait sans gêne, relevant chaque détail qui pouvait lui détailler sa nuit. Un petit rictus se dessina sur ses lèvres alors qu'elle se penchait pour caresser le petit chien.
« - Un hôtel quatre étoiles… Ton ami ne s'interdit rien. »
« - Si tu savais. » se moqua-t-elle en se tournant face à lui. « Pourquoi cherches-tu à déduire des choses sur cette nuit ? Je ne crois pas que ma vie sexuelle t'intéresse. »
« - Ta vie sexuelle, non. Ta vie tout court, oui. »
Elle fronça les sourcils, recevant l'accusation silencieuse. Elle l'observa, et comprit à sa mine volontairement fermée qu'il se doutait de quelque chose. Elle se mordilla la lèvre, pour retenir un sourire. Alors c'était un jeu ? Qui serait plus malin que l'autre ? Parfait. Elle jouerait. Elle s'assit face à lui, la tête dans les mains, avec un sourire enjôleur.
« - Ma vie ? Je trouve ça drôle venant du détective consultant le plus intelligent du monde. » souligna-t-elle dans un sarcasme. « Mais écoute moi plutôt, Sherlock, j'ai une info qui pourrait t'intéresser, concernant l'enquête sur l'école. »
« - Pourquoi sur cette enquête en particulier ? » rebondit-il aussitôt, et Olympe comprit que cela allait être follement amusant.
« - Parce qu'heureusement pour moi, je n'appartiens pas à un réseau de prostituées, et je n'ai donc pas d'autres informations, pour le moment. Je sais que ça viendra, je laisse traîner mes oreilles au club. »
Accusant la répartie, Sherlock déglutit en plongeant ses yeux dans ceux de la jeune femme de deux ans sa cadette qui lui faisait face. Elle ne baissa pas les yeux, attendant sa prochaine attaque sans crainte. Il avait commencé à douter, mais le fait qu'elle parle d'elle-même du réseau de prostitution venait de tout remettre en cause à nouveau. Il était perdu. C'était presque jouissif de se sentir plus intelligente que le célèbre Sherlock Holmes lui-même.
« - Je vois. Quelle est cette information ? » finit-il par dire.
Elle retint de justesse un sourire triomphal, gardant un air volontairement enjoué, ébouriffant ses cheveux.
« - Un homme est venu me voir à mon cabinet, hier. Il voulait des informations sur un certain Thomas Brown. »
« - Thomas Brown ? » répéta-t-il avec étonnement. « Mais… »
« - Oui. » le coupa-t-elle. « Il est allé dans cette école, justement. Mais lui a changé de quartier. Curieuse coïncidence, que quelqu'un veuille le retrouver en plein coeur des meurtres, tu ne trouves pas ? »
« - Quel est le nom de ton client ? »
« - Un faux, bien sûr. James Smith. » expliqua-t-elle en remarquant l'oeil perplexe de Sherlock.
« - Évidemment. » souffla le détective. « Ses coordonnées viennent d'un appareil jetable, je suppose ? »
Elle hocha simplement la tête alors qu'il se plongeait dans ses pensées, lorsqu'Angelina rentra dans la cuisine, frottant ses yeux d'un air ensommeillé. Elle souleva un sourcil perplexe. Elle avait entendu les deux adultes converser, et elle hésitait sur la démarche à suivre. Sherlock aurait fait erreur, et elle aussi ? Tous les deux ? Ça semblait improbable. Mais d'un autre côté, elle se sentait soulagée par la situation, aussi s'installa-t-elle à table sans un mot, faisant simplement un signe de la main à la rouquine qui déposa une tasse de thé devant elle. Alors qu'ils discutaient ensemble d'un moyen de coincer « James Smith », Angel touillait machinalement sa cuillère dans son thé, lorsqu'Olympe la sortit de ses pensées.
« - Qu'est-ce que tu en penses, Angel ? »
« - Moi ? » s'étonna la jeune fille. « Ben je sais pas… On pourrait simplement l'attendre à ton cabinet ? »
« - On a pas de preuves que c'est lui, le meurtrier. » protesta Sherlock. « Mais j'ai une idée. »
« - Je t'arrête tout de suite. » coupa la petite brune. « On peut pas volontairement mettre en danger ce Thomas Brown pour chopper ce type. »
« - Angel, on a pas le choix. »
« - …. Je hais cette formulation. On a toujours le choix. »
Elle se leva après avoir bu son thé, et se dirigea vers la salle de bain alors que Sherlock soufflait bruyamment, agacé par la situation. La française réfléchissait à toute vitesse. Angel avait raison, en soi : il ne pouvait décemment pas laisser un civil risquer sa vie. En revanche… la solution de Sherlock était la seule capable de fonctionner. Elle jeta un coup d'oeil à l'ordinateur, et le brun suivit son regard, avant de se tourner vers elle.
« - Mais dis moi… Ce Thomas Brown, il ressemblerait pas à… » commença-t-il.
À ce moment, la porte s'ouvrit, laissant apparaître John et Rosie, et les deux surdoués fixèrent le médecin, qui fronça les sourcils.
« - Quoi ? J'ai quelque chose sur le nez ? »
« - Tu as raison Sherlock… » murmura la détective en ignorant le blond. « Il lui ressemble beaucoup… »
« - On a trouvé notre solution. » sourit mesquinement Sherlock.
Il choisit d'attendre qu'Angelina sorte de la salle de bain pour leur expliquer leur plan, et en profita pour appeler Lestrade, qui serait nécessaire à la mise en place de leur plan. Le DI dit qu'il se dépêchait, et Olympe sentit son coeur légèrement se serrer. Mais malgré cette sensation désagréable, elle le sentit malgré tout s'accélérer agréablement, et elle dut se mordre la lèvre pour retenir un sourire. La plus jeune des Holmes finit par sortir de la salle de bain, et poussa un petit cri de joie en voyant Rosie, qu'elle arracha presque des bras de son père. Elle embrassa John sur la joue, puis s'assit sur son pouf, jouant avec la petite fille.
Il ne manquait plus que Greg, et la française trépignait d'impatience. Elle avait fini par s'accouder à la fenêtre pour ne pas manquer son arrivée, écoutant d'une oreille distraite le blogeur qui tentait en vain de savoir ce que son meilleur ami avait derrière la tête. Après de longues -trop longues- minutes d'attente, le policier finit par garer sa voiture, et Olympe cria qu'elle allait ouvrir, sous les regards amusés d'Angelina et John, à qui le détective consultant demandait pourquoi ils souriaient, sans recevoir de répondre. La rouquine dévala les escaliers, et arriva au rez-de-chaussée au moment où l'inspecteur poussait la porte. Il eut un sursaut en relevant la tête, et sourit bêtement en la reconnaissant.
« - Olympe. »
« - Gregory. » répondit-elle avec un sourire à tomber par terre.
« - Je suis content que vous m'ayez appelé. Sherlock est en haut ? »
« - On attend plus que toi. » assura la jeune femme, en lui faisant signe de monter.
Il lui répondit d'un sourire, et alors qu'il montait la première marche, la voix d'Olympe le stoppa un instant.
« - Moi aussi, je suis contente qu'on t'ai appelé… »
Il s'interdit de se tourner vers elle, sachant qu'elle verrait aussitôt le sourire qui défigurait tout son visage, et il continua sa montée. Elle le suivit, et lorsque tous furent confortablement installés dans le salon, la détective privée jeta un regard à Sherlock pour qu'il raconte son plan.
« - Bien. Olympe a eut une visite, hier : un dénommé James Smith cherchait à retrouver un homme dénommé Thomas Brown. Or, Thomas Brown a participé à l'enquête d'il y a 20 ans en tant que témoin. Il est donc une victime potentielle. De plus, il a changé de quartier, et c'est pourquoi la coïncidence est très forte : ce James Smith est probablement le meurtrier. »
« - Et ? » le coupa John. « Comment va-t-on le prouver ? »
« - On va le prendre sur le fait. » trancha fièrement Sherlock. « Mais comme nous allons éviter de mettre la vie d'un civil en danger, nous avions besoin d'un double. Et ce double, ce sera toi, John ! »
« - Moi ?! » s'étrangla le médecin. « Pourquoi ?! »
« - Voici une photo de Thomas Brown. » expliqua Olympe en utilisant l'ordinateur de Sherlock.
Sur la photo apparaissait un homme de taille moyenne, avec des cheveux cendrés, et des yeux clairs. Le célèbre Watson en resta muet de stupéfaction, et échangea un regard circonspect avec Lestrade, qui attendait la suite des explications. Finalement, ce fut Angel qui termina, venant de comprendre le plan.
« - On lui donne rendez-vous à Baker Street, Greg, Olympe, Sherlock et moi nous cachons pendant que John joue la comédie. Si il tente de le tuer, nous n'aurons plus qu'à intervenir, et alors, nous aurons des preuves suffisantes pour l'inculper au moins 24h. J'ai juste ? » acheva-t-elle en se tournant vers les deux détectives.
Ces derniers hochèrent la tête, demande à l'inspecteur son approbation pour le plan. Ce dernier acquiesça, alors que John passait une main dans ses cheveux en soufflant bruyamment, n'appréciant que moyennement d'aider de cette façon dans l'enquête. Greg affirma qu'il devait repartir, et Olympe l'accompagna en bas, un sourire timide aux lèvres. Elle s'arrêta devant la porte noire, alors qu'il se tournait vers elle en se grattant la nuque.
« - Dis moi, heu, Olympe… »
« - Oui ? »
« - Lorsqu'on aura coincé le meurtrier… Ça te plairait de boire un verre ? Je veux dire… Tous les deux ? »
Elle piqua un fard, alors qu'il fixait un point derrière elle pour cacher son embarras, et elle finit par hocher doucement la tête.
« - Ça me plairait beaucoup, Gregory… »
Le DI échappa un sourire éblouissant, et se pencha vers Olympe pour déposer un léger baiser sur sa joue avant de monter dans sa voiture pour filer vers Scotland Yard. Elle le regarda jusqu'à ce qu'il n'ait tourné au coin de la rue, et alors seulement, elle se permit un sourire en mordillant sa lèvre d'impatience. À ce moment, une petite voix monta derrière elle, lui arrachant un violent sursaut.
« - Et t'oses me dire que vous deux, ça mènerait à rien ? »
« - Angel ! » s'écria-t-elle en se retournant vers l'adolescente qui, appuyée contre le mur, la fixait avec un sourire moqueur. « Tu nous écoutais ? »
« - Heu…. Non ? » tenta-t-elle avec un grand sourire innocent.
Olympe soupira en riant doucement, secouant la tête en faisant délicatement voltiger ses boucles rousses autour de son visage.
« - Angel… »
« - Oui, bon, pardon. » admit la jeune fille en grommelant. « Mais vous êtes trop mignons tous les deux ! »
La française lui jeta un sourire moqueur, et lui fit signe de retourner à l'intérieur. Alors qu'elle refermait la porte, elle écoutait John et Sherlock discuter en haut, tandis qu'Angelina montait les escaliers, attendue patiemment par son chien qui la regardait, les yeux débordants d'amour. Elles retournèrent dans le salon, croisant Mrs Hudson qui était venue voir pourquoi il y avait autant d'agitation à l'étage. Tout à coup, Angel échappa un petit cri en remarquant l'heure, et elle se précipita en direction de sa chambre, ressortit avec un sac énorme, embrassa les joues de tous dans la pièce, et disparut par l'entrée en criant.
« - Appelez moi pour le piège ! Mais je dois rentrer à la maison, papa m'attend ! »
Les trois adultes restèrent une seconde silencieux, fixant la porte qui venait de claquer, et John étouffa un petit rire.
« - Elle ne changera jamais…! »
« - On change tous. » murmura Sherlock en protestation, mais le médecin secoua négativement la tête.
« - C'est une façon de parler. Bien sûr, on change tous d'une façon ou d'une autre, mais… Mais c'est comme les racines d'un arbre. Coupe le tronc, la base reste là quoi qu'il arrive. »
Sherlock grommela quelque chose, avant de se pencher sur son ordinateur, faisant pouffer la rouquine. Mais elle souhaitait intimement que le blond ait raison : elle, elle aimerait toujours avoir les racines de son arbre…
« - Allez, Bilbo ! Cours, mon chien ! »
Slalomant habilement entre les passants, la petite brune courait à toutes vitesses, suivie de près par le KC Spaniel, qui allait légèrement plus vite qu'elle. C'était assez drôle à voir : il s'arrêtait, ralentissait, faisait demi-tour, tournait autour d'elle, le tout en jappant joyeusement. La jeune fille se dirigeait vers le bâtiment imposant qui cachait le MI-6, et lorsqu'il fut en vue, un grand sourire étira ses lèvres. Elle s'arrêta devant l'entrée, le coeur battant, et s'assit sur les marches blanches en serrant son chien contre elle, qui reprenait son souffle.
Et après quelques minutes d'attente, la porte claqua, laissant apparaître Mycroft. Angelina s'apprêtait à l'interpeler joyeusement, mais ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle reconnut les traits de Lady Smallwood, qui marchait juste à côté de son père. Elle prit l'air le plus neutre qu'elle avait en réserve, et attendit les deux agents gouvernementaux, les bras croisés sur sa poitrine. Celle qui avait été victime de chantage par Magnussem écarquilla les yeux en reconnaissant l'adolescente qui lui faisait face, et lui fit un sourire se voulant aimable.
« - Angelina. »
« - Je crois pas vous avoir autorisée à prononcer mon prénom. » rebondit aussitôt la musicienne, sur la défensive.
« - Sweetheart. » Mycroft avait coupé Lady Smallwood avant même qu'elle n'ouvre la bouche pour répliquer à l'agression de la brune. « Tu es en avance. Je suis content de te voir. »
« - Moi aussi. » se détendit finalement Angel en souriant, ignorant le regard furibond de la Lady. « Rentrons à la maison. »
« - Oui, bien sûr. Lady Smallwood », reprit-il en se tournant vers la femme qui était restée muette de surprise, « nous nous retrouvons demain pour travailler sur ce dossier. »
« - … Oui, bien sûr. Très bien. À demain. » asséna-t-elle d'une voix assez sèche après quelques secondes de silence.
Elle fit élégamment demi-tour avant de se diriger vers son véhicule, et Angel pouffa alors que Bilbo lui grognait dessus, puis tirait sur le bas du pantalon de son amie pour jouer. Elle se tourna vers son père, qui la regardait avec un petit sourire en coin. Le même qui se peignait sur les lèvres de sa fille.
« - Je t'ai sauvé la mise, mais je ne le ferai pas deux fois. » Il sourit, amusé, puis souffla. « Cependant… Je ne crois pas t'avoir élevée comme ça. » reprit-il d'une voix un peu plus sévère. « J'aimerais que tu évites de lui parler sur ce ton, à l'avenir. »
« - Elle voulait que vous parliez de ce dossier autour d'un verre. » grogna-t-elle en ignorant sa menace sous-entendue. « Elle voulait que vous buviez un verre ensemble. Non mais elle est pas bien celle-là ! » s'insurgea la brunette sous les couinements de son compagnon.
« - Angel, tes propos, s'il te plaît. »
« - Non mais c'est vrai ! Je suis pas d'accord ! Et t'as vu comment elle m'a regardée ?! Comme si je la dégoûtais ! »
« - Angel. » insista-t-il.
« - Tu lui plais, beaucoup. Moi, elle me déteste, et c'est réciproque. »
« - Mon ange… Serais-tu jalouse ? » s'amusa Mycroft en regardant sa fillette qui gonflait ses joues d'agacement.
« - Moi ? Peuh ! N'importe quoi ! Je sais que tu me préfères. » se moqua-t-elle avec un sourire sarcastique.
« - Bien sûr que je te préfère. »
Il lui fit signe de monter dans la voiture, et alors qu'elle faisait monter Bilbo, Mycroft l'observait en retenant tant bien que mal son amusement. Elle avait beau avoir grandi, mûri, elle pouvait se montrer terriblement immature quand elle s'y mettait. C'était le lot des gens surdoués, et il savait inconsciemment que Sherlock et lui ne faillaient pas à la règle. Il soupira en grimpant à son tour dans la voiture, se penchant pour ordonner le départ à son chauffeur, alors que la petite brune jouait avec son chien, en chantonnant une chanson quelconque. Il ne put s'empêcher de la détailler des yeux, déduisant tout sur sa soirée.
Elle avait les ongles peints, donc elle était allée voir son amie, Agatha. Au vu de la posture de son dos, elle avait dormi dans le canapé, avec Sherlock, sûrement. Et Bilbo, au vu des poils roux accrochés à son pull. Elle avait mangé chinois, et malgré sa douche, elle avait oublié une tâche de graisse sur le haut qu'elle n'avait pas changé. Il fronça tout à coup les sourcils, reconnaissant une odeur connue d'il y a très longtemps. Il se pencha vers Angel, inquiet, alors que la jeune surdouée reculait légèrement, plus qu'étonnée qu'il la renifle tout à coup.
« - Heu… Papa ? Tu fais quoi ? »
« - Cette odeur… Où l'as-tu récupérée ?! »
« - Laquelle…? » murmura la jeune fille, surprise de son intonation.
« - Celle qui sent la pomme. L'odeur de pomme, elle vient d'où ?! »
« - Papa, tu m'inquiètes, qu'est-ce qui se passe ? » insista l'adolescente, ses sourcils froncés d'inquiétude.
« - Angel, l'odeur ! » répéta néanmoins Mycroft.
« - Je… C'est l'odeur du shampoing d'Olympe, enfin je crois… Je l'ai utilisé ce matin, j'ai oublié le mien à la maison. Papa, explique moi ! »
« - Cette odeur… Elle appartenait à quelqu'un que j'ai connu, il y a bien longtemps. Mais cette personne est décédée, et cette odeur… Je veux dire, chaque marque de shampoing a une odeur qui lui est propre, tu comprends ? Et ce shampoing, c'est celui d'une marche française, je le sais. Où a-t-elle eu ce shampoing, tu sais ? »
« - Enfin, papa, c'est ridicule ! » s'exclama tout à coup la jeune fille. « Olympe est française, donc son shampoing est d'une marque française, logique, elle est à peine là depuis un mois. C'est le hasard, c'est tout. »
« - Angel, je ne crois pas au hasard. »
« - Papa… » souffla la petite.
« - Je n'y crois pas… » murmura-t-il à nouveau, plus pour lui-même.
La jolie brune caressa son chien, perplexe de la précédente réaction de son paternel, tandis que Mycroft regardait par la fenêtre, encore surpris.
« Que me caches-tu, Olympe… Olympe ? »
Il s'étonna lui-même de ne pas connaître son nom, et se tourna vers Angel, entrouvrant les lèvres avant de se résigner. Il chercherait de lui-même qui était cette jeune femme. Il tendit la main vers sa fille pour passer sa main sur son crâne, caressant doucement sa chevelure d'ébène, lui souriant doucement pour la rassurer, et s'excuser de son comportement. Elle accepta le geste de pardon, et reprit ses caresses sur son compagnon, avant de se laisser tomber contre l'épaule de son père, qui sourit doucement à sa fille en calant sa tête sur la sienne.
Tout allait bien.
Le plan venait d'être mis en place. Olympe avait appelé son client via son numéro de téléphone prépayé, et elle lui avait donné l'adresse de Baker Street. Elle s'était donc cachée dans la salle de bain, entre Sherlock et Greg, tandis qu'Angelina s'était cachée dans les toilettes. John attendait donc, seul, le fameux James Smith. Il faisait les cent pas dans le salon, stressé. Quelle idée stupide ! Pourquoi il fallait TOUJOURS qu'il ait les rôles les plus pourris ? Hein ? Alors qu'il maudissait silencieusement les Holmes et la détective privée, la porte s'ouvrit discrètement au rez-de-chaussée, mais pas assez discrètement pour son oreille militairement entraînée. Il se crispa aussitôt, et prit une lourde inspiration.
La porte de l'étage s'ouvrit, et John sentit son coeur faire un looping dans sa poitrine. L'homme était tel qu'Olympe l'avait décrit : un pauvre gars de trente ans avec des cheveux mi-longs, une barbe mal rasée et des yeux bleus débordant de tristesse et de solitude. Le médecin ébouriffa ses cheveux blonds cendrés, et prit un air surpris avant de peindre un sourire gentil sur ses lèvres. Inconsciemment, il fit craquer ses épaules, puis s'approcha près de l'autre homme.
« - Bonjour ! Vous devez être Mr Smith. Miss Deschamps m'a prévenu que vous passeriez. C'est à quel sujet…? »
« - Tu te souviens de moi, Thomas ? » demanda l'homme en réponse, sa voix rauque arrachant un frisson au médecin.
« - Je devrais ? »
« - Je n'ai pas vraiment dit la vérité à Miss Deschamps. Mon nom est Middleston. Tommy, Middleston. Tes souvenirs te reviennent, maintenant ? » chuchota-t-il d'une voix bien plus agressive.
« - Middleston… Mais… »
« - Ah, je vois que tu te souviens. Te souviens-tu également de Sarah ? Tu sais, celle que tu as tué ! »
« - Tommy, tu fais erreur, je n'ai pas fait de mal à Sarah ! » s'écria John, priant intérieurement pour que cesse rapidement cette mascarade et pour que Sherlock et les autres viennent l'aider. « C'était un accident ! »
« - Tu mens ! Tu n'es qu'un lâche ! » hurla finalement Tommy en sortant une hache de son large sac à dos.
« - ATTEND ! » hurla le blond à son tour, à présent totalement paniqué. « SHERLOCK ! »
Il fit demi-tour pour se précipiter vers le couloir alors que le jeune homme soulevait sa hache au-dessus de sa tête, ses bras forts la soulevant sans problème. À ce moment, la porte de la salle de bain s'ouvrit, laissant apparaître Greg et Sherlock qui pointaient leurs armes respectives en direction du meurtrier.
« - TOMMY MIDDLESTON ! VOUS ÊTES EN ÉTAT D'ARRESTATION PAR LA POLICE DE SCOTLAND YARD ! » cria Greg sans cesser de le menacer avec son pistolet.
« - Quoi… Mais… » balbutia Tommy en laissant sa hache retomber sur le sol, sous le choc.
Olympe sortit à son tour, ainsi que Angelina tandis que le DI attachait le trentenaire à l'aide de menottes, et ce dernier poussa un cri de rage en apercevant le visage de la rouquine, ayant un mouvement brusque pour s'approcher d'elle, mais il se fit plaquer au sol par Lestrade.
« - Vous…! Vous avez prévenu la police ! »
« - Pardonnez moi, Mr Middleston. Mais je ne pouvais décemment pas vous laisser porter atteinte à la vie de quelqu'un. De plus », renchérit-elle, « celui que vous avez attaqué se nomme John Watson. Vous vous apprêtiez à tuer un innocent. »
« - Vous ne comprenez rien, hein. » finit par ricaner le prisonnier après être resté muet quelques secondes. Sa voix était rauque, et ses yeux, emplis de larmes. « Vous ne comprenez rien. »
« - Alors expliquez-nous. » exigea Angel en s'accroupissant devant lui. « Nous sommes tout ouïe. »
« - … J'ai erré. Des années, et des années. Je… Je n'avais aucun souvenir antérieur à mes dix ans. Juste les flammes. Les flammes, la chaleur… » Il ferma les yeux. « La peur. Celle qui vous bouffe les entrailles et vous détruit de l'intérieur. »
Olympe frissonna, sans réaliser que les quatre autres l'imitaient. Oui. Eux aussi, ils la connaissaient cette peur. Que ce soit Olympe, Angelina, Sherlock, John, ou même Gregory. Ils savaient tous ce que c'était que se réveiller en sursaut parce que de vieux démons revenaient vous hanter sans prendre en compte votre faiblesse. La petite brune serra les poings, mais ne recula pas. Tommy reprit.
« - J'ai vécu dans les rues de Londres, faisant des petits boulots par-ci, par-là pour survivre. Je suis devenu un gamin de la rue. Et puis, il y a quelques semaines… Je suis tombé sur ce vieux journal. Il parlait de l'anniversaire de la disparition de deux enfants. Et j'ai reconnu mon nom… Et celui de Sarah. Et je me suis souvenu. » Une larme dévala sa joue. « Je me suis rappelé d'elle. C'était mon amie. Et elle était morte. » Sa mâchoire se crispa, avant qu'il ne pousse un hurlement. « ELLE EST MORTE PARCE QUE CES CONNARDS L'ONT FORCÉE ! ILS L'ONT FORCÉE À ALLUMER CE FEU ! ET ELLE EST MORTE ! ET POURTANT, MOI… Moi… »
Il s'arrêta de crier, sa gorge trop nouée, et il commença à pleurer. Angel se releva.
« - Moi je l'aimais, Sarah… Je l'aimais, putain. Et ils l'ont tuée. J'ai voulu l'arrêter, mais on avait tellement peur d'eux… Elle a allumé cette allumette, juste à côté du gaz. On a été soufflés par l'explosion. Je… Mes souvenirs sont tellement flous… Je crois que j'ai pris un coup sur la tête. Sarah a brûlé vivante. Je me souviens de ses hurlements de douleur. Et moi… Moi j'ai perdu connaissance quelques secondes, et quand je me suis réveillé c'était trop tard pour elle. Et j'ai eu peur. Je me suis levé, et j'ai couru, loin, très loin. Et j'ai tout oublié. »
Sherlock ne disait rien, muet comme une carpe, et son visage vide d'émotions était indescriptible. Angelina tremblait, quelques sueurs froides coulant sur sa nuque tandis que John tapotait légèrement du pied en signe de nervosité. Olympe avait commencé à se ronger les ongles, un bras replié sur sa poitrine, et Greg se releva pour redresser son prisonnier, l'aidant à se lever sans un mot. Même dans un tel moment, il restait professionnel. Il prit un gant en latex et saisit la hache qui était toujours au sol, puis fit un signe de tête aux quatre autres personnes, annonçant platement qu'il amenait cet homme jusqu'à Scotland Yard.
Ils regardèrent l'inspecteur disparaître par la porte, et Angelina eut un petit hochet avant qu'une larme ne dévale sa joue avec une lenteur exorbitante. Tous étaient sous le choc de l'histoire, et la violence dans le choix des mots, de la haine dans sa voix, de la douleur dans ses yeux, du chagrin dans ses larmes. John passa un bras rassurant autour des épaules de la petite brune qui continuait à fixer le vide sans rien dire, pleurant en silence. Olympe tremblait violemment, et elle colla son dos au mur avant de se laisser glisser sur le sol pour reprendre son souffle. John était un soldat, alors il ne tremblait pas, mais dans sa tête, c'était le big bang. Complet.
Et Sherlock était toujours silencieux. Il connaissait la peur, mais jamais, JAMAIS, il n'avait été opposé à une telle farandole de sentiments. Même lui, face à Eurus, n'avait pas vécu ça. Et ça le perturbait, parce qu'il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas, alors il alla dans le salon, saisit son manteau, et sortit sans un mot. Et même John n'eut pas le coeur à le rattraper, aidant simplement la rouquine à se relever avant de guider les deux femmes dans le salon. Il les y laissa, et alla préparer du thé, le sang battant dans ses tempes. Finalement, ce fut Angel qui brisa le silence, ayant séché ses larmes.
« - C'était… violent. Je ne m'attendais pas à ça. »
« - Moi non plus… » admit Olympe avec embarras. « Mais il a dit qu'ils avaient peur d'eux… Il n'a pas donné de nom. Il ne se souvient pas de ses tortionnaires, c'est pour ça qu'il frappait au hasard. » renchérit-elle, toujours logique. Elle reprenait son sang-froid. « Il en avait peur, et c'est pour ça qu'il a attendu que tu lui tournes le dos, John. Il avait peur de ton regard. »
« - Ça n'en était pas moins très… surprenant. » affirma le médecin en revenant, plateau en main. « J'espère que Sherlock va bien. »
« - Il va bien. » le coupa Angel. « Il doit réfléchir, mais il va bien. »
Il hocha la tête, et à nouveau, le silence se fit roi de la pièce. Ils prirent chacun leur tasse de thé, et Angelina se redressa quand 17h sonnèrent.
« - Je dois rentrer à la maison. »
« - Attend, mon ange. » la stoppa John d'une voix douce avant de se tourner vers Olympe. « Moi aussi, je vais te laisser, je dois aller récupérer Rosie. Ça va aller ? » insista-t-il face au silence de la jeune femme.
« - Oui, ne t'en fais pas. File retrouver Rosie. »
« - Tu veux que je te dépose, Angel ? » s'enquit le médecin en posant à nouveau ses yeux sur la jeune Holmes.
« - Oui, je veux bien. »
Elle dit au revoir à Olympe, et John fit de même avant qu'il ne parte tous les deux. La française soupira avant de s'affaler à nouveau dans le fauteuil de John. Elle passa ses mains sur son visage, avant d'ouvrir les yeux pour fixer le plafond. Son téléphone sonna dans sa poche, et elle fronça les sourcils en reconnaissant le nom. Elle décrocha, attendant que l'autre parle.
« - Je te félicite, Olympe. Sebastian m'a dit que tu avais réussi à trouver une enquête qui les détournerait de notre réseau, et à la vue de Sherlock Holmes fuyant son propre appartement, je pense qu'il n'y pensera plus pendant un certain moment. »
« - Vous avez sûrement raison… »
« - Tout va bien ? » s'enquit la voix, mais la rouquine eut un rire jaune.
« - Ne faites pas semblant de vous inquiéter. Je vais bien. Et cessez de m'envoyer Sebastian. Il me rend les choses plus difficiles. Je ne veux pas qu'ils comprennent. »
« - Très bien. Toujours un plaisir de t'entendre, ma chère. »
Il raccrocha, et elle garda malgré tout le téléphone à son oreille, écoutant la tonalité, avant de finalement baisser la main, et de raccrocher, toujours absente. Elle se recroquevilla sur le fauteuil. Elle comprenait Middleston. Elle le comprenait même très bien.
« Mais moi, je serais capable de tuer quelqu'un…? »
Elle ferma les yeux, la gorge nouée.
Elle se réveilla en sursaut, se sentant observée. Sherlock était face à elle, et tenait un objet dans sa main qu'elle reconnut en un instant.
« - Mon téléphone ! » s'insurgea-t-elle.
« - Qui est… « tonton » ? » demanda-t-il sans lui rendre l'objet.
« - Le surnom est assez équivoque. » se moqua-t-elle. « C'est mon oncle. »
« - Je croyais que tu n'avais plus de famille. » demanda-t-il avec suspicion.
« - J'ai dit que j'avais perdu mes parents. » répondit-elle sur le même ton.
« - C'est vrai. »
Il lui jeta son téléphone.
« - Lestrade t'a appelée. Je crois qu'il a vraiment hâte de prendre un verre avec toi. »
Elle soupira.
« - C'est pas vrai, tu vas pas t'y mettre non plus ? »
« - Non. » railla-t-il. « Mais rappelle le donc, je vois que tu en meurs d'envie. »
Elle le fusilla du regard, et se dirigea dans sa chambre en rappelant le DI. Ce dernier décrocha presque aussitôt, et elle sentit un sourire fleurir sur ses lèvres dans la seconde qui suivit.
« - Olympe ? »
« - Gregory. »
« - Oh, je suis soulagé. » avoua-t-il à mi-voix. « Je craignais que ce ne soit encore Sherlock. »
« - Non, excuse moi pour ça. Je m'étais endormie. »
« - Ne t'en fais pas. »
« - J'espère que l'invitation vaut toujours…? »
« - Bien sûr. Quand es-tu disponible ? »
« - Ce soir ? » suggéra-t-elle. « Je ne travaille pas. »
« - Oh. Très bien. Je passe te prendre à 20h. »
Elle confirma et raccrocha, tentant tant bien que mal d'effacer l'air béa de son visage. Elle ouvrit en grand son armoire, et enfila une robe bleue marine mi-longue qui mettait ses formes en valeur. Décolletée, mais pas trop ; épaules nues, mais pas trop ; juste parfaite. Elle se maquilla légèrement, et enfila une veste en cuir noir par-dessus pour ne pas faire trop habillée, et elle tournoya sur elle-même en gloussant. Elle ressemblait complètement à une gamine qui avait son premier rendez-vous galant. Elle se fustigea mentalement. Elle qui voulait absolument éviter toute interaction nouvelle avec le policier… Bah c'était raté.
Elle pouffa, et sortit rapidement en tirant la langue à Sherlock qui s'apprêtait à faire une remarque. Mais celui-ci, trop surpris par la tenue de la belle femme et le comportement complètement enfantin qui décalait avec ses vêtements, resta muet juste le temps qu'elle ne disparaisse. Elle sourit en voyant qu'il était en avance, et grimpa à côté de lui avec un grand sourire.
« - Salut. »
Greg rougit en la dévisageant, lui ayant simplement enfilé une chemise blanche et un pantalon propre.
« - Salut. Tu es très jolie. »
« - Merci. »
Ils se sourirent, et Gregory démarra. Une très belle soirée s'annonçait. Il l'amena à un petit café juste à côté du quartier français, et Olympe sourit de l'attention. Ils s'installèrent près de la fenêtre, dans un coin au calme, et commandèrent chacun une boisson. Ils discutèrent de tout et de rien, et finalement, l'inspecteur posa son coude sur la table afin d'appuyer sa tête sur sa main pour la regarder avec douceur.
« - Maintenant que je sais que tu sais absolument tout de moi… Dis moi ce que moi je ne peux pas déduire de toi. »
« - Qu'est-ce que tu veux dire ? » fit mine de s'interroger la jeune femme.
« - Tu as très bien compris. Parle moi de toi. » expliqua-t-il néanmoins.
« - Oh… Il n'y a pas grand chose à dire sur moi. » dit-elle en haussant les épaules, ses pommettes rougissantes.
« - Olympe… Tu es à moitié française, c'est ça ? De quel côté ? »
« - Mon père. C'est mon père qui était français. » Elle sourit tendrement à son souvenir, et le coeur du DI rata un battement. « C'est de lui que je tiens mon amour de la chanson française. Ma mère était plutôt rock. Les Beatles, David Bowie… »
« - Et ils faisaient quoi, dans la vie ? »
« - … Je ne sais pas. » admit la rouquine après quelques secondes de silence. « Je n'ai jamais su. Ils ne voulaient pas nous le dire. Je les soupçonnais d'être agents secrets, mais ça ne devait être qu'une lubie de petite fille. Sûrement des scientifiques qui ne voulaient pas que s'ébruitent leurs travaux. »
Un silence s'installa entre eux, et Olympe fit tourner en rond le liquide qui se trouvait dans son verre. Ses yeux brillaient, et Greg respecta son chagrin, et posa son verre. Il hésita, puis étendit son bras pour poser sa paume sur le dos de la main de la jolie rouquine. Elle releva la tête en rougissant, et il l'imita rapidement, sans détourner son regard malgré tout. Elle brisa le contact visuel pour fixer le verre qu'elle reposait.
« - Tu es quelqu'un de gentil, Gregory. »
« - Tu l'es aussi, Olympe… »
« J'aimerais tellement te croire… »
Elle ne répondit pas, lui faisant un petit sourire triste. Il se leva de sa chaise, s'attirant un regard surpris de la détective, et il contourna la table avant de s'accroupir face à elle, prenant délicatement ses mains dans les siennes.
« - Tu l'es, Olympe. » insista Greg. « Tu l'es. Tu as sauvé des vies, en alertant Sherlock, et en m'alertant moi, tu as également évité un scandale qui aurait pu briser des vies. »
« - Gregory… » sa voix se brisa dans sa gorge.
« - Les parents de Middleston sont venus le voir. Grâce à toi, ils n'ont pas appris que leur fils disparu était un meurtrier par les journaux. Tu es une personne exceptionnelle. »
Elle se mordit la lèvre, et hocha doucement la tête en espérant retenir ses larmes, mais l'une d'elle roula le long de sa joue. Le DI se releva pour écraser la larme de son pouce, avant de la serrer dans ses bras. Elle se releva pour lui faciliter la tâche, et elle répondit à son étreinte, fermant les yeux. Il passa doucement une main sur sa nuque pour la calmer, et il ferma lui aussi les yeux, inconsciemment. Parce que c'était tellement bon, de respirer son odeur, de la serrer contre lui. Et les souvenirs de leur rencontre lui revinrent.
Il se rappela la soirée au bar, puis chez lui. Il se rappela des lèvres brûlantes de la jeune femme contre sa peau, ses mains fines qui arrachaient sa chemise, sa peau de velours qui coulissait contre son corps, ses cheveux qui chatouillaient son nez, et sa voix. Sa voix qui gémissait, sa voix qui l'hypnotisait, sa voix qui lui nouait les entrailles. Sa voix parfois rauque, puis aiguë sous d'autres caresses. Sa voix magique, virevoltante. Et ses yeux. Ces deux puits profonds qui l'avaient lié à elle sans même se préoccuper de son coeur, et de ses sentiments.
Il eut envie de l'embrasser.
Il se recula légèrement, et ses lèvres se déposèrent dans son cou. Il remonta vers son lobe d'oreille, et il sentait sa respiration qui s'était stoppée, comme si elle n'attendait que lui. Le temps semblait s'être arrêté, et il posa une main sur sa hanche, le coeur battant. Il embrassa délicatement sa tempe, puis le coin de son oeil, et sa joue. Et il se rapprochait de ses lèvres, doucement, trop doucement. Il déposa ses lèvres juste au coin de la bouche, et alors qu'il s'apprêtait à l'embrasser, ses yeux se plongèrent dans ceux d'Olympe. Elle avait les larmes aux yeux.
Elle posa soudainement ses deux mains sur ses épaules et le repoussa violemment, retenant difficilement ses larmes.
« - Pardon, Gregory… Je peux pas ! »
Elle s'enfuit du petit café, n'arrivant pas à taire ses pleurs. Elle l'entendit l'appeler, mais elle ne se retourna pas, et se stoppa seulement quelques rues plus loin. Elle pleurait, elle avait du mal à respirer, elle se détestait. Elle n'arrivait pas à tarir ses larmes, elle faisait du bruit, elle était pathétique. Elle gémit de détresse tout en continuant à pleurer, et elle passa une main sur son visage ignorant son maquillage qui coulait.
« - Gregory… Pardon… »
Elle se laissa tomber sur le sol, seule. Il faisait nuit. Et l'obscurité ne tarderait pas à lui rappeler ses craintes les plus noires. Elle se roula en boule, ses sanglots raisonnant dans la nuit sombre. Elle poussa un petit cri de douleur, et attendit, sur le sol, que quelqu'un vienne la sauver. Une voiture s'arrêta près d'elle, et elle croisa ses yeux sombres qui la fixaient par la fenêtre ouverte. Il resta silencieux quelques secondes, avant d'ouvrir la porte et de se pencher vers elle en lui tendant la main.
Elle renifla, et posa sa main dans la sienne, se laissant tirer. L'autre posa délicatement une main dans son dos et l'autre dans sa chevelure rousse après être sorti de la voiture.
« - Tu peux pleurer. Ce n'est pas grave de pleurer. »
Elle ne répondit pas, continuant à pleurer dans ses bras, et la silhouette attendit patiemment. Lorsqu'elle se calma, il reprit la parole en chuchotant à son oreille.
« - Nous n'allons plus tarder à entrer en scène. Prépare toi. »
« - … Oui. »
« - Dis moi, tu en es complètement mordue, de cet inspecteur. »
« - Fermez la. » ordonna Olympe sans bouger son nez de son cou.
Il ricana.
« - C'est Sebastian qui va être déçu. »
« - J'en ai rien à foutre de lui. »
« - Je vois ça. » se moqua la voix.
« - Je ne veux pas rentrer à Baker Street. Je peux rester avec vous ? »
« - Tu peux. Monte. »
Elle obéit, grimpant à l'arrière de la limousine, et se collant à la fenêtre. Ses yeux étaient gonflés, et elle ne ressemblait à rien, avec tout son mascara qui glissait sur ses joues. Mais elle s'en fichait. Gregory avait dit qu'elle était gentille, et ça lui avait vraiment fait plaisir. Il avait même dit qu'elle était exceptionnelle, et elle avait momentanément oublié de respirer quand il l'avait serrée dans ses bras. Puis elle s'était rappelée que tout ça n'était qu'une illusion, et qu'elle n'était pas quelqu'un de gentil.
Et ça lui faisait mal.
Et voilà !
Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez de la relation Greg/Olympe ?
Et qu'est-ce que vous pensez de ce gros secret qu'elle semble cacher ?
N'hésitez pas à me donner vos théories, ça m'intéresse au plus haut point !
Sur ce, des bisous, et à jeudi prochain !
