Et on y est ! Le fin mot de cette histoire ! J'espère que ça vous plaira, c'est très important pour moi. Ce chapitre est aussi plus long que les autres, il atteint presque les 9000 mots ! Wouuuuh ! Champagne !

C'est un final haut-en-couleurs qui vous attend, et j'espère que vous aimerez.

ChocolateGirl : Ton retard est pardonné par la longueur de ton commentaire ! Héhé ! Mycroft cache bien des choses, en effet, et tu ne vas pas tarder à découvrir tout ça... Et merci de te soucier de ma plaidoirie : c'est une réussite totale ! Wouhou !

Sur ce, on se retrouve à la fin de ce chapitre !


Mycroft était tranquillement installé dans le salon, face au piano. Ses doigts dansaient avec lourdeur puis légèreté sur le piano. Ses mains habiles connaissaient la partition et le clavier par coeur, et ses yeux n'avaient pas besoin d'être ouverts pour jouer à la perfection. La mélodie douce et ensorcelante, il bougeait délicatement ses épaules pour accompagner son morceau avec une tendre conviction. Rapidement, ses doigts filaient agilement pour suivre les doubles et les croches sans aucune hésitation malgré ses yeux clos. Il connaissait et aimait ce morceau de tout son coeur, et il l'aimait tout particulièrement au moment précis où le morceau repassait quelques mesures en majeur, comme si il apportait une touche d'espoir.

Il entendit la porte s'entrouvrir, mais préféra l'ignorer, la tendresse du morceau enveloppant la pièce et ménageant l'atmosphère paisible qui s'installait délicatement. Puis ses doigts reprirent aussitôt avec vivacité, son coeur battant la chamade. La dernière fois qu'il avait touché à ce piano était il lui semblait une éternité déjà. C'était son premier instrument, c'était celui qui lui avait apporté l'amour de la musique, à lui, puis à Eurus, Sherlock, et son Angelina bien plus tard sur un autre. Ses mains, plus agressives, partirent dans les graves, frappant le clavier puis le caressant à nouveau avec délicatesse. À nouveau, la musique se calma et il termina sur un bel accord dans une cadence parfaite.

Il resta assis, et posa ses mains sur ses cuisses, attendant l'intervention de l'intrus. Il savait que ce jour arriverait. Il allait forcément arriver. Mais ça ne l'effrayait pas. Ça le rendait triste, tout au plus. Et encore, son coeur de glace n'arrivait même pas à ressentir du chagrin. La silhouette restée à la porte la referma avec délicatesse, avant de se placer juste derrière lui, l'émotion procurée par le morceau s'envolant petit à petit pour mieux éclater comme une bulle de savon. Il redressa la tête en souriant. C'était mieux comme ça.

« - C'était la fantaisie impromptue de Chopin. Opus 66. »

« - C'est exact. J'ignorais que tu avais le sens de la musique. » répondit-il sans se séparer de son sourire.

« - Je chante, beaucoup. Depuis que je suis enfant. Vous saviez qu'il l'avait écrite pour Madame la Baronne d'Esté, une aristocrate française ? On raconte qu'il l'a aimée plus follement encore que Marie Wodziński. N'est-ce pas étonnant ? Elle ne lui a inspiré qu'une valse, et cette femme inconnue, une véritable oeuvre d'art. L'Histoire a tendance à retenir que ce qui ne l'intéresse, n'est-ce pas ? »

« - C'est vrai. » affirma Mycroft après quelques secondes de réflexion. « Mais c'est parfois une nécessité. »

« - Comme il était nécessaire de cacher le véritable travail de mes parents ? » finit par dire Olympe, la gorge nouée, alors qu'il se tournait vers elle.

Elle avait l'arme au poing, et elle tremblait de tous ses membres. Elle menaçait Mycroft sans peur, le coeur hurlant et frappant dans sa cage thoracique. Elle aimait énormément les musiques de Chopin, et avait fait d'elle-même de nombreuses recherches lorsqu'elle était plus jeune. En riant, son père affirmait que s'ils avaient vécu à la même époque, elle aurait sûrement été une amoureuse éperdue. Ça la faisait rire, et ça faisait rire sa mère. Et même Victoire, qui elle préférait de très loin Debussy et Bartok, ces deux compositeurs du XXe siècle complètement dans la démesure.

« - Tu trembles. Est-ce que tu as peur ? » s'enquit Mycroft d'une voix plus rauque que voulu.

« - Je n'ai pas peur. J'exalte. » répliqua la rouquine avec un petit sourire moqueur aux lèvres. « J'attend ce jour depuis tellement longtemps. Et vous ne réalisez pas, Mr Holmes. Vous ne réalisez pas tout ce que j'ai vécu. »

« - Tu es leur fille, n'est-ce pas ? La fille de Ruby et Justin Deschamps. » (1)

« - JUSTIN ! Il travaillait sous vos ordres, et vous n'êtes même pas capable de prononcer correctement son prénom ! » hurla-t-elle, les larmes aux yeux en jetant le dossier volé à Scotland Yard à ses pieds. « Vous n'imaginez même pas ce que j'ai vécu. Toutes ces années de mensonges, où je ne savais jamais quoi répondre quand on me demandait ce que faisaient mes parents dans la vie. Toutes ces années où je tremblais quand le téléphone sonnait, parce que j'avais peur de la voix : votre voix. J'avais tellement peur que la voix m'arrache mes parents. » Elle hocheta. « Ça me terrorisait, mais je n'ai jamais rien dit. J'aurais peut-être dû. »

« Et un jour, c'est arrivé. Mes parents sont arrivés en panique à la maison. Ma mère criait, et mon père a saisi son téléphone pour appeler quelqu'un. Maman nous a dit à Victoire et moi de nous cacher. J'ai couru dans le placard mural, entre les deux planches les plus basses. Victoire s'est effondrée sous la table basse recouverte d'une nape. Puis on a entendu la voix. « Fuyez ». C'était la seule indication, la seule aide fournie. Ma mère a commencé à pleurer, et mon père l'a entourée de ses bras pour la consoler. Et il y a eu les coups de feu. »

« Maman s'est effondrée dans les bras de papa. Il a poussé un hurlement, c'était horrible, comme si sa poitrine venait de se déchirer en même temps que maman mourait. C'était tellement atroce, je me suis mise à pleurer, Victoire aussi, j'avais mes mains sur mes oreilles. Je ne voulais pas entendre, rien entendre. Et je voyais tout, par le faible entrebâillement de la porte. » Elle renifla, et une larme dévala sa joue. Elle l'essuya rageusement, les lèvres tremblantes, ses dents s'entrechoquant au souvenir bien trop douloureux. « Puis un nouveau coup de feu a retenti, et papa est tombé à son tour. Et je pleurais, et je me mordais la langue pour ne pas faire de bruit. Victoire pleurait toutes les larmes de son corps, et je pouvais rien faire. »

« Et elle aussi, ils l'ont tuée. » Elle prit un lourde inspiration, sa respiration se faisait sifflante. Son visage baignait de larmes. « Et ils ont mis le feu. J'ai fui, j'ai couru, j'ai couru si vite. La police et les pompiers sont arrivés, mais la maison était calcinée, et on a juste retrouvé les corps de mes parents et de ma petite soeur. Et vous savez le pire dans tout ça ? C'est que je n'ai rien dit. Rien dit à la police, rien. Secrètement, je caressais le désir d'une vengeance, je rêvais de tuer la voix qui n'avait rien fait pour nous sauver. Qui avait laissé mes parents et ma soeur crever. Jamais un être ne m'avait aspiré tant de dégoût. » Dans sa voix transcendait toute la haine du monde. « Et j'ai patienté, des années et des années. Et enfin, vous voilà. Mr Holmes. »

Elle releva son arme vers lui, ignorant l'humidité sur ses joues, sa vision qui se brouillait. Elle voyait de plus en plus flou, mais qu'importait. Qu'importait, tant qu'enfin, elle avait ce qu'elle voulait. Elle s'approcha de Mycroft qui s'était relevé pendant son histoire. Il recula, et ses mains s'écrasèrent sur le clavier du piano, créant une dissonance sonore des plus déplaisantes, comme pour souligner la folie meurtrière qui s'emparait peu à peu d'Olympe.

« - Mes parents étaient agents au service du MI-6. Et leur supérieur, Mycroft Holmes, les a laissés mourir comme des chiens. » crachait-elle, ses yeux fous de rage, sa voix brûlante de colère.

Il ne lui répondit rien, lui souriant simplement avec tristesse. Que pouvait-il répondre à ça ? Ce qu'elle avait dit était la vérité. Justin l'avait appelé à l'aide, et il ne lui avait dit que de fuir avant de raccrocher aussi rapidement que possible, pour ne pas prendre le risque que la ligne soit triangulée. Il avait pensé d'abord à lui, et avait été horrifié en apprenant ce qu'il s'était passé. Il avait laissé mourir deux de ses meilleurs agents, et une de leurs filles avait également été tuée. Et cela, parce qu'il avait préféré se cacher derrière le confort de sa position.

« - Je peux te poser une question ? » osa-t-il cependant.

« - Dépêchez-vous » chuchota-t-elle sans cesser de trembler.

« - Où es-tu allée les sept premières années ? Je t'ai cherchée. »

« - Vous m'avez cherchée ? » répéta-t-elle.

« - Bien sûr. J'étais inquiet pour toi. »

« - Ne soyez pas ridicule ! Vous avez laissé mourir mes parents, pourquoi vous seriez-vous inquiéter de moi ?! » cria-t-elle.

« - Parce que je n'ai justement rien fait pour tes parents. » admit-il, la voix pleine de regret.

« - Je ne vous le dirai pas. » affirma-t-elle à voix basse. « Jamais. Et jamais je ne vous pardonnerai. »

« - Je comprend. »

« - Dans ce cas… » Elle releva son pistolet vers lui, pointant l'arme vers son front. « Adieu, Mr Holmes. »

Elle prit une lourde inspiration, et une larme dévala lentement sa joue. Son coeur dansait un tango en elle, et elle n'entendait plus ce qu'il se passait autour d'elle. Juste leurs respirations respectives. Mycroft sentit son coeur se serrer. Angelina n'allait jamais lui pardonner. Mais enfin, enfin… Après des années… Il allait retrouver Jane. Et après tout, Sherlock serait là pour prendre soin de sa petite fille. De son ange. Il releva fièrement la tête, demandant d'une voix rauque d'éviter son cerveau, et de viser son coeur. Et alors qu'elle baissait le nez de l'arme contre son coeur, une porte claqua, les sortant de leur torpeur, et une voix trancha la tension de la pièce.

« - NON ! »


Angelina était en train de courir. Elle qui était pourtant une bonne coureuse n'arrivait plus à respirer correctement. Son souffle était chaotique, elle avait envie d'hurler. Elle courait comme si ses jambes allaient se briser. Elle courait, et courait, et courait encore dans son labyrinthe mental. Où, un endroit commun à Olympe et son père, un endroit qui les reliait, un endroit calme, sans témoins. Un endroit où ils seraient seuls. Et si il l'endroit n'avait pas de liens entre eux…? Et ses yeux se rouvrirent, horrifiés.

« - Seigneur. Je sais où ils sont. »

C'était tout ce qu'elle avait trouvé à dire, et Sherlock se tourna vers elle, interloqué. Les lèvres tremblantes, la petite brune se tourna vers son oncle, articulant silencieusement l'adresse, une larme se formant dans ses yeux. Comment Olympe avait-elle pu avoir connaissance de cet endroit ? C'était impossible, elle n'y était jamais allée, n'en avait normalement jamais entendu parlé. Elle n'avait jamais posé la question, mais il n'y avait qu'à cet endroit que c'était possible. La bouche du détective s'entrouvrit alors que les deux autres hommes attendaient la suite.

La larme qui s'était précédemment formée finit par tomber suite à un mouvement de cils, et elle coula lentement sur sa joue, mouillant les tâches de rousseur qui parsemaient ses joues, avant de mieux descendre le long de son menton, le caressant, avant d'enfin chuter vers le sol pour s'y écraser avec lourdeur, la gravité l'ayant rappelée à elle. Angel prit une inspiration tremblotante qui lui arracha une nouvelle larme. Elle ne voulait pas. Elle ne voulait surtout pas.

Mais Sherlock poussa un cri de colère, donnant un coup de pied dans la chaise de bureau de Mycroft, presque hystérique. C'était tout bonnement impensable que la française ait eut toutes ces informations seule, mais il n'avait pas le temps d'y penser. Après s'être appuyé sur le bureau pour reprendre son sang froid sous les yeux horrifiés de John et Greg, il attrapa sa nièce par le poignet, hurlant qu'ils n'avaient plus le temps, que Mycroft était en danger. Parce qu'enfin, il venait de comprendre le lien entre son frère, Olympe, et ses parents. Il comprenait toute l'ampleur que cela avait.

« - JOHN, DÉPÊCHE TOI ! JE PREND LE VOLANT ! ET ANGEL, POUR L'AMOUR DU CIEL, CALME TOI ! » scandait-il d'une voix un peu trop aiguë laissant entrapercevoir le choc qu'il avait reçu en lisant le nom de l'endroit sur les lèvres de sa filleule.

Surpris, les deux autres suivirent les Holmes montant dans la voiture, étonnés que ce soit le détective consultant qui soit à la conduite. Angel monta à ses côtés, main crispée sur la vitre. Elle déglutit avec difficulté, pas rassurée de voir que Sherlock était dans le même état de nervosité qu'elle.

Ils quittèrent Londres pour rentrer dans la campagne alentours. John eut beau insister, il ne put rien tirer de ses deux anciens colocataires, alors que Greg blêmissait au fil de la route, commençant à reconnaître les lieux. Il les reconnaissait pour y être allé de nuit, un an auparavant, lors d'une enquête qui avait été tout simplement horrible. Une enquête qu'il aurait préféré oublié, notamment à cause de l'état dans lequel il avait retrouvé Angel, et où Mycroft et John avaient failli perdre la vie.

John écarquilla tout à coup les yeux, comprenant à son tour.

« - Mon Dieu… Ici ? Vous êtes sûrs ?! »

« - Ça ne peut pas être autrement ! » s'écria Angel en étranglant un violent sanglot qui lui brûlait la gorge.

« - Musgrave… » murmura John d'une voix rauque, les souvenirs de ce puit se remplissant d'eau lui revenant en mémoire aussi violemment qu'une tempête.

Ils descendirent de la voiture en face des fausses tombes, et s'arrêtèrent un instant face à l'immense demeure. Angelina sentit une vague de tristesse l'envelopper. C'était la première fois qu'elle voyait la maison à proprement parler. Elle n'avait vu que le hêtre auquel Eurus l'avait attachée. Elle sentit une épine se planter dans sa poitrine, et elle ferma les yeux en reprenant une lourde inspiration.

« - Où était la chambre de papa ? »

« - À l'étage, derrière porte au fond à droite. La mienne était à gauche, et celle de nos parents au milieu. » Il se tourna vers Lestrade et Watson. « Prenez vos armes. »

Il monta le premier, rapidement suivi d'Angelina et des deux autres qui sortaient leurs armes respectives. Alors qu'ils étaient face à l'escalier, Gregory stoppa son ami aux boucles brunes pour lui demander en quoi les armes étaient nécessaires : Olympe était leur amie, elle ne leur ferait jamais de mal. Sherlock se tourna vers lui avec un visage profondément agacé, mais se força néanmoins à se montrer plus ou moins aimable en croisant le regard menaçant de son meilleur ami.

« - Elle n'est pas dans son état normal. Et je ne crois pas qu'elle soit seule dans toute cette affaire. Maintenant », reprit-il sans cacher plus son énervement, « montons ! »

Il grimpa les escaliers quatre à quatre tandis qu'Angelina sentait une douleur sourde monter en elle, alors que la panique frappait comme des vagues, plus ou moins forte. Ils arrivèrent devant la porte, et entendirent la voix d'Olympe souhaiter adieu à Mycroft, et sans réfléchir davantage, la petite brune poussa brutalement la porte, et sa voix déchira l'espace avec désespoir, suppliante, presque enfantine.

« - NON ! »

À ce mot, Olympe se tourna brutalement vers l'adolescente, la menaçant à son tour de son arme, alors que Mycroft écarquillait les yeux d'horreur. La rouquine commença à trembler, si fort qu'elle n'arrivait plus à pointer quelque chose de son pistolet, si fort que les larmes lui montèrent aux yeux. Elle aperçut ensuite Sherlock qui la fixait sans ciller, puis John qui se précipitait vers Mycroft pour vérifier qu'il n'était pas blessé, et enfin Greg, qui la regardait avec froideur, presque. Son coeur se brisa. Une larme, puis une seconde, et des dizaines finirent par couler sur ses joues alors qu'elle se tournait à nouveau dans la direction de l'aîné des Holmes, la colère continuant à prendre le pas sur sa conscience.

« - NON ! » hurla à nouveau Angel, en détresse. « Ne lui fais pas de mal ! »

« - Je suis désolée, Angel. Je n'ai pas le choix. »

« - … Tes parents travaillaient pour Mycroft. » annonça platement le brun qui n'avait pas bougé de l'entrée. « Et il n'a rien fait pour les sauver quand un de leurs adversaires vous a attaqués. C'est pour ça que tu le hais. Et je comprend ta haine. On la comprend, tous. » insista-t-il. « Mais calme toi, et regarde nous à nouveau. Retourne toi et regarde Angel. »

Elle ne réagit pas, déterminée, la poigne plus ferme à nouveau, prête à tirer. Puis ce fut sa voix à lui se fit entendre.

« - Olympe. Tu es orpheline. Tu n'as rien à perdre. Mais regarde Angel. Est-ce que tu serais capable de lui faire vivre le même cauchemar que toi ? » demanda Greg d'une voix adoucie. « Tu serais capable de lui arracher son père ? »

Doucement, elle se retourna en baissant son arme, son coeur tout simplement serré à l'extrême. Et elle vit les yeux d'Angelina. Le même regard que Victoire quand elle s'était tournée vers elle après que leur père ne se soit effondré au sol. Un regard de douleur, de détresse. Le regard de celle qui a tout perdu. Et elle eut mal au coeur, tellement mal que ses doigts s'ouvrirent presque malgré eux et son arme tomba sur le tapis, ses mains rendues indépendantes par la simple vue de ceux qu'elle aurait aimé avoir comme amis.

« J'ai échoué… J'ai échoué. »

Elle éclata en lourds sanglots, alors qu'Angelina s'accroupissait pour ramasser l'arme et la serrer contre sa poitrine avant de passer à côté de la rouquine sans un regard pour elle, se jetant contre son père qui l'entoura de ses bras. Olympe hocheta, pleurant de plus belle, le visage dans ses mains. Elle était si faible, si nulle, si… Si… Une main se posa doucement sur son bras, et elle croisa le regard inquiet du DI, qui la regardait avec tendresse, comme si il ne s'était rien passé. Et elle se jeta dans ses bras pour étancher ses sanglots, et malgré sa surprise, il l'y accueilli naturellement, comme si ça avait toujours été sa place.

Tout à coup, Sherlock s'approcha, et lâcha à voix haute :

« - Je ne comprend cependant toujours pas pourquoi tu nous a caché l'existence de ta soeur. Victoire Deschamps. Pourquoi tu n'as rien dit d'elle ? »

Gardant son nez caché dans le cou de l'inspecteur, elle n'osa relever la tête alors que John se plaçait aux côtés du brun pour écouter la réponse de la jeune femme. Elle finit par reprendre courage, et releva délicatement le nez, alors que le policier gardait ses bras autour d'elle, et ils se détachèrent légèrement l'un de l'autre. Elle eut un sourire amer, et ses yeux recommencèrent à briller de chagrin.

« - Parce que je l'ai tuée. »


C'était le chaos total. Olympe avait les mains sur les oreilles, ses joues baignaient de larmes, sa tête lui semblait sur le point d'exploser. Comme une enclume sur laquelle frappait lourdement un marteau. Ça lui faisait mal, elle avait l'impression de mourir. Elle voyait du rouge, du rouge partout, le sang, encore et encore. Et elle aurait voulu crier, oh ! comme elle aurait voulu. Mais elle entendait les pas, les cris, les coups de feu qui saccageaient tout ce qu'elle avait toujours connu. Et elle croisa les yeux de sa petite soeur, qui pleurait.

Soudain, alors qu'elle s'apprêtait à lui faire signe de mieux se cacher, on entra dans la pièce, et elle s'enfonça un peu plus dans le fond de son placard, les yeux exorbités d'horreur. Victoire se replia sur elle-même en pleurant aussi silencieusement que possible, et tout à coup, une main saisie la petite rouquine par la cheville. Elle écarquilla les yeux, surprise et apeurée, et tendit la main pour s'accrocher au pied de la table basse, en vain. Et la peur se fit omniprésente dans les yeux d'enfant, et les larmes recommencèrent à rouler sur ses joues.

« - Olympe ! » hurla-t-elle, paniquée. « Olympe, aide moi ! Olympe ! »

Et elle ne pouvait que rester sur place, elle n'arrivait pas à bouger. Elle restait cantonnée dans ce placard, sans bouger, continuant à se boucher les oreilles. Elle croisa les yeux verrons de sa petite soeur qui tendait la main vers elle alors qu'on la tirait en arrière, hurlant, gémissant, suppliant qu'on lui laisse la vie sauve, et criant le nom de sa grande soeur, priant pour qu'elle vienne la sauver, pour qu'elle l'aide. Elle poussait des cris suraigües, et Olympe sentait les larmes qui roulaient sur ses joues, sans qu'elle ne bouge.

Figée par la peur, elle était comme une statue de sel, immobile, silencieuse, pour un peu effrayante. Elle observait la scène en spectatrice, comme si elle était à mille lieux de là, comme si tout ce qu'il était en train de se passer ne la concernait pas. Et ses yeux restaient plongés dans ceux de Victoire qui l'appelait au secours, ne comprenant pas pourquoi son aînée ne bougeait pas. Pourquoi elle ne faisait rien. Et le coeur noyé par la peur, Olympe ne bougeait toujours pas. Elle ne bougeait pas, elle regardait, comme on regarde un film. Et elle pleurait, elle pleurait en même temps.

Un homme tira violemment Victoire vers l'arrière, s'empoignant à ses cheveux comme si il allait les lui arracher, la relevant du sol. Elle cria de douleur, et à nouveau, ce fut le prénom de sa soeur qui échappa à ses lèvres. Et en désespoir de cause, elle commença à appeler ses parents. Elle criait maman, elle criait papa, parce que c'était tout ce qu'il lui restait. Parce que Olympe ne bougeait toujours pas. Elle cria, hurla, se débattit, priant pour sa vie un Dieu auquel elle ne croyait même pas. Elle hurla, encore et encore.

Et après, rouge. Le sang, partout. Sur la nappe blanche, sur le tapis, sur le canapé, sur les meubles alentours, sur les vêtements de Victoire, sur tout son crâne, ses yeux restés exorbités. Olympe ferma les yeux, mais elle eut beau fermer ses paupières de toutes ses forces, elle voyait toujours le rouge, et elle entendait ce maudit coup de feu, comme une boucle infernale. Elle recommença à pleurer, et par la petite ouverture, elle vit le corps s'effondrer, laissé tombé au sol comme si elle n'était qu'une vulgaire poupée de chiffon. Elle gémit de désespoir, et vit tout à coup des jambes s'arrêter devant l'ouverture.

Elle crut que tout était fini.

« - LES GARS ! LES FLICS ARRIVENT, ON SE BARRE ! »

Et ils partirent en courant, laissant le carnage derrière eux. Et elle sentit la fumée, elle sentit la chaleur des flammes, elle sentit la peur qui serrait son coeur. Alors elle se leva de sa cachette à quatre pattes, encore tremblante. Elle caressa la joue de l'enfant de dix ans, et ferma ses yeux en lui demandant pardon. Une larme s'écrasa sur son visage, se mélangea au sang, puis coula sur le tapis, le tâchant plus que nécessaire. Elle se traîna jusqu'à ses parents, hurlante de douleur, le coeur brisé. Elle les embrassa une dernière fois, puis elle se leva, tremblotante, et elle commença à courir. Hésitante, d'abord, puis plus sûre d'elle, courant alors que le feu ravageait ce qui restait de la maison et de ceux qu'elle aimait.

Des mètres et des mètres plus loin, elle se laissa tomber à genoux, au milieu de la foule londonienne qui observait cette jeune fille couverte de sang sans comprendre. Et elle poussa un hurlement, tellement fort qu'elle sentit sa tête bourdonner, sa gorge la brûler. Mais tout ça, ce n'était rien. Elle avait tout perdu. Tout. Et ça faisait tellement mal, elle ne voulait pas. Elle voulait tout oublier. Elle ne se souvenait plus de la suite, juste des mains qui la relevaient, des questions des policiers et des pompiers, du vide dans son coeur. Et de la voix, de la voix du téléphone.

« Fuyez. »

Elle voulait sa mort. Le reste n'avait plus d'importance.

« - Ce n'était pas ta faute, Olympe. » finit tout à coup par dire John, brisant le silence lourd qui s'était installé. « Ce n'était pas ta faute. C'est ton instinct de survie qui a prévalu, ce n'était pas ta faute. »

« - Tu plaisantes, John ? » demanda la rouquine malgré sa gorge sèche de douleur. « Je l'ai laissée mourir. » Elle se tourna vers Mycroft, qui tenait toujours Angelina contre lui. Gregory ne l'avait pas non plus lâchée, mais elle se dégagea de son emprise. « Au fond je ne vaux pas mieux que vous, Mr Holmes. »

Mycroft ne répondit pas, mais Angel se redressa légèrement, frottant ses yeux clairs, gorge nouée.

« - La peur est le plus viscéral des sentiments. » déblatéra-t-elle à voix basse. « C'est ce qui a stoppé papa quand tes parents l'ont appelé. C'est ce qui t'a stoppée quand ta soeur t'as appelée à l'aide. Ce n'est la faute de personne. » affirma-t-elle finalement d'une voix douce.

Surprise, Olympe se tourna vers elle, et elle fut surprise du sourire qui ornait le visage de la petite brune. Elle échappa un rire amer.

« - Pourquoi souris-tu ? J'allais tuer ton père. » dit-elle avec acidité.

« - Mais tu ne l'as pas fait. Je suis contente que tu ailles bien. » assura-t-elle sans se déparer de son sourire.

Sans oser répondre, elle laissa Greg passer ses bras autour d'elle dans un geste tendre. Elle sentait son souffle chaud dans son oreille, et un vague de chaleur la traversa de part en part. Elle ferma les yeux pour oublier la vague de folie qui l'avait précédemment emportée, et elle sentit tout à coup la détresse prendre sa place. Il allait être furieux. Il lui avait donné les outils pour tuer Mycroft, et elle avait échoué. Il allait tous les tuer. Un frisson remonta dans toute sa colonne vertébrale, et le DI ne manqua pas de le remarquer.

« - Olympe ? Que se passe-t-il ? »

« - Je suis désolée. » hocheta-t-elle. « Pardonnez-moi. »

« - Olympe », chuchota-t-il doucement, « tout va bien, tu n'as rien fait de mal. »

« - Oh, Gregory… Il va venir… J'avais promis de tuer Mycroft… Il va tous nous tuer. » geignit-elle en s'accrochant à lui.

« - Qui ? Mais de quoi tu parles, Olympe ? »

« - J'avais raison. » souligna Sherlock à voix haute. « Tu as reçu de l'aide. »

Elle hocha la tête en reniflant, s'enfonçant un peu plus entre les bras de l'inspecteur qui échangea un regard perplexe avec John. Ce dernier fronça les sourcils, ne comprenant pas qui pourrait lui avoir donné l'adresse de Musgrave si ce n'était pas Eurus elle-même -cette dernière étant plongée dans un mutisme certain depuis un an-. Il se tourna vers Sherlock, dont le cerveau tournait à plein régime. Il ne trouvait pas, ne comprenait pas. Ça le faisait enrager. Mycroft fronça les sourcils, se demandant lui aussi qui aurait pu avoir accès à ce genre d'informations. Et lui non plus, ne comprenait pas. Angelina sentait la tension monter, monter aussi vite qu'une explosion volcanique.

Tout à coup, les oreilles sensibles des Holmes et de John relevèrent le bruit d'un hélicoptère, lointain, à l'arrière de la maison -arrière dont on n'avait aucune vue depuis la chambre de Mycroft-, et Olympe, l'entendant à son tour, écarquilla les yeux d'horreur. Elle leur redemanda pardon, et finalement, Gregory posa la question qui leur brûlait à tous les lèvres.

« - Qui, Olympe ? De qui tu parles ?! »

« - De mon… Mon oncle. » expliqua-t-elle en se passant une main sur son visage.

« - Tu n'as pas d'oncle. » rappela Angel avec inquiétude, s'accrochant très fort à l'arme que la rouquine avait abandonné quelques temps plus tôt.

« - Non. Mais il m'a dit de vous le présenter comme tel. Il… » elle prit une lourde inspiration. « Il savait que vous trouveriez l'endroit. Mais il n'était pas censé me voir moi, et voir Mycroft en vie. Nous allons tous mourir. » répéta-t-elle. « Je suis désolée, de vous avoir menti, de… de vous avoir caché tout ça… Pardon. »

Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Ils n'étaient que deux, et c'étaient tous deux des hommes. Un pas assuré, froid. L'autre plus militaire, mais tout aussi sûr de lui. Olympe ferma les yeux en gémissant de détresse, se détachant de Gregory pour aller coller son dos au mur. Elle ne voulait pas les voir mourir. Elle s'en fichait, au fond, de mourir. Mais pas ses amis. Eux, elle ne voulait pas qu'ils meurent. Elle vit Angel cacher son arme à l'arrière de son jean, les mains moites, et elle mit ses mains sur son visage pour ne pas voir l'horreur qui approchait.

Et la porte s'entrouvrit.

« Did you miss me ? »


Il était là, en chaires et en os, devant eux. Sherlock poussa un cri en reculant de plusieurs pas loin de la porte alors qu'Angelina se figeait sur place. John remonta son arme vers lui par instinct, mais il se stoppa en sentant un pistolet sur sa tempe, celui de l'autre homme, et il dut la laisser tomber sur le sol. Mycroft tendit la main vers son parapluie, mais un seul cri de l'autre homme le rappela à l'ordre. Gregory écarquilla les yeux de surprise, alors qu'une larme roulait sur la joue d'Olympe.

« Pardon. »

« - TOI ?! » hurla Sherlock, stupéfait. « Tu es mort ! Je t'ai vu mourir ! »

« - Moi aussi, je te signale. » se moqua Moriarty avec un grand sourire sur les lèvres.

Il était là, impeccable, dans un costume couleur taupe, ses cheveux coiffés à la perfection, ses yeux marrons toujours allumés de cette folie meurtrière. Il observait tous ces gens qui le dévisageaient avec stupeur, et un sourire narquois envahit ses lèvres. À quoi s'attendaient-ils ? Ils pensaient réellement qu'il ne prévoirait pas que Sherlock simulerait sa mort ? Il n'était pas assez bête pour ne pas faire de même. La mort avait un côté sexy, mais quand c'était lui qui la donnait, et certainement pas à lui-même. Il se tourna vers Angel, qui observait avec horreur non pas la némésis de son oncle, mais bien l'homme aux yeux verts qui menaçait John.

« - Hé bien, Sebastian ? Tu ne dis pas bonjour à Angie ? »

L'homme grogna, fusillant son patron du regard avant de darder ses yeux verts sur la belle rouquine qui était recroquevillé sur elle-même. Angelina se retenait de pleurer. Cette scène, elle en avait cauchemardé pendant des mois et des mois, trois ans auparavant. Elle pensait qu'il lui suffirait d'enterrer ce souvenir tout au fond de son labyrinthe végétal, mais il fallait croire que ce n'était pas suffisant. Son coeur cognait dans sa poitrine. Elle avait peur. Tellement peur qu'elle avait du mal à respirer.

« - C'était vous… » réussit-elle à articuler au prix de lourds efforts. « C'était vous, ce jour là… »

L'autre haussa ses épaules, pas intéressé le moins du monde par l'enfant qui lui faisait face. Elle avait grandi depuis leur dernière rencontre. En trois ans, c'était fou ce qu'une gamine pré-pubère pouvait changer. Elle avait pris des formes, perdu des joues. Mais ça ne lui faisait ni chaud ni froid, la peur qu'il lui inspirait. Contrairement à Jim, lui, c'était pas son délire. Faire peur, ok, le reste, il s'en foutait. La brune fit un pas en avant sous les yeux effarés des quatre hommes sous le choc, menaçante malgré ses yeux paniqués.

« - Vous avez tenté de me tuer sur ordre de Moriarty. C'était vous. C'était vous quand ils étaient à la piscine. » affirma-t-elle, et un frisson trahit la peur enfantine qui grandissait dans son estomac.

« - Et alors ? »

La froideur de sa voix la fit sursauter, et elle recula aussitôt, une larme se frayant un chemin sur son nez. Elle se colla à Mycroft, ignorant le combat de regard entre Sherlock et Jim. Parce que ça avait toujours été eux, au final. Toujours. Olympe tremblait de tous ses membres, attendant le moment où il recommencerait à parler. Ça ne tarda pas. Tout comme le détective consultant, Moriarty était une putain de drama queen.

« - Mais dis moi, Olympe. N'avions-nous pas un marché ? Je te donnais toutes les informations nécessaires pour retrouver celui qui avait tué tes parents, et toi, tu conduisais Sherlock à moi après avoir tué Mycroft. Alors pourquoi est-il toujours en VIE ?! »

Il avait hurlé sur le dernier mot, et Olympe avait sursauté violemment, rêvant une seconde de pouvoir fusionner avec le mur. Il avait posé ses yeux sur elle, et Gregory s'était rapproché d'elle dans une volonté de la protéger. Le criminel consultant ricana devant la bêtise de l'agent de Scotland Yard, et Sebastian serra la mâchoire, resserrant son emprise sur le médecin qui avait tenté de se dégager.

« - Oh, n'est-ce pas trop mignon ? » s'exclama-t-il joyeusement comme une adolescente devant un shojo japonais. « Malgré tous tes mensonges, il veut quand même te protéger ! Oh… Mais ne me dis pas que tu as eu pitié de Mycroft Holmes ? »

Elle secoua négativement la tête, en panique, alors que Greg, son arme devant lui, menaçait Moriarty. Sebastian éleva aussitôt la voix.

« - Pose ton arme ou je déglingue la cervelle du médecin. DÉPÊCHE. »

Obéissant, le policier jeta son arme plus loin, tremblant de rage, et il se mit aux côtés de la française, qui frissonnait. Moriarty s'approcha d'elle en repoussant Lestrade sans lui jeter un regard, et il saisit violemment Olympe par la mâchoire en la collant violemment au mur. Elle ferma les yeux, apeurée, et ne dit pas un mot alors qu'il passait sa langue sur tout le long de sa joue.

« - Donc tu n'as pas eu pitié de lui… Alors pourquoi il n'est pas mort ?! »

Elle n'osa pas répondre, et entrouvrit les yeux, laissant apercevoir des larmes qui commençaient à se former.

« - Laissez-moi, s'il vous plaît » supplia-t-elle dans sa langue paternelle.

« - Oh ? Quand tu as peur, tu parles en français ? » nota-t-il d'un air curieux. « Comme c'est intéressant. Je te fais peur, Olympe ? »

Elle secoua à nouveau la tête pour faire non, mais une larme traîtresse dévala sa joue. Elle se mordit la lèvre jusqu'au sang pour retenir de nouvelles larmes, et elle darda finalement fièrement son regard dans celui du criminel. Quitte à mourir, autant que ce soit la tête haute. De toute façon, elle n'avait plus rien à perdre. Ses amis -mais l'avaient-ils vraiment été ?- n'auraient dans tous les cas plus jamais confiance en elle. Gregory l'oublierait, et c'était mieux comme ça. Elle était d'accord de mourir. Et autant le faire sans les voir souffrir davantage.

Jim sentit un sourire cruel étirer ses lèvres. Alors sa peur venait de s'envoler ? Elle était prête à accepter la mort ? L'être humain était décidément fascinant de par sa bêtise. Ses yeux sombres se perdaient dans les yeux verrons de la jeune femme. Une couleur claire, noisette, rappelant un éclat de luminosité. Une couleur sombre, marine, rappelant les sombres abysses. Elle était étonnamment curieuse. Mais il était déçu. Il pensait qu'elle aurait été capable de tuer Mycroft. Tant pis.

« - C'est chez toi qu'elle a disparu pendant sept ans. »

Étonné d'entendre que sa némésis venait de retrouver l'usage de la parole, Moriarty recula, lâchant Olympe qui s'effondra dans les bras de Greg, et celui qu'on avait cru mort pendant si longtemps se tourna vers le détective consultant, un petit sourire en coin. Il attendait que le grand Sherlock Holmes fasse part de sa démonstration, et ça ne manqua pas. Alors qu'Angelina faisait une bataille de regard avec Sebastian, que John peinait à respirer correctement, que Mycroft maudissait sa faiblesse, qu'Olympe devenait froide, que Lestrade tentait de protéger la rouquine, Sherlock prit la parole.

« - Elle n'avait pas de famille, pas d'amis chez qui aller. Et pourtant, elle n'est pas allée dans un orphelinat. La question est donc : où était-elle passée ? Et que fait une gamine qui a perdu foi en le système ? Elle se tourne vers la criminalité. N'est-ce pas, Olympe ? »

Elle hocha la tête pour confirmer ses dires, alors que Moriarty peignait un sourire fou sur ses lèvres.

« - Elle a réussi à passer chacun de mes gardes grâce à sa grande intelligence. Elle a piqué ma curiosité, alors j'ai décidé de l'aider. Sur le long terme. Mais au final, ce n'est qu'une gamine tout juste capable de chouiner. Une véritable déception. » cracha-t-il en pesant ses mots. « Et tout juste bonne à se faire sauter par Sebastian. »

Le susnommé grogna sans quitter la brune des yeux alors que la concernée relevait la tête, une lueur froide dans les yeux et pourtant haineuse au possible. Greg se tendit près d'elle, mais ne dit rien. Angelina crispa ses petits poings, et se reprit doucement. Elle avait repris quelques couleurs, et maintenant, se tenait très droite, ses yeux intelligents continuant à fixer Sebastian.

« - On s'en fout de tout ça. C'est du passé. Olympe est une bonne personne. Contrairement à vous. » siffla-t-elle en fusillant de ses yeux clairs les yeux verts du subordonné de Moriarty. « Vous êtes une pourriture avec un petit chien-chien prêt à s'en prendre à plus faible que soit. »

« - Chaque conte de fée a son méchant, Angie ! » répliqua joyeusement Moriarty, un temps soit peu vexé qu'elle ne le regarde pas. « Sherlock m'a moi. Tu as Sebastian. Oh ! Olympe aussi, tu as un méchant. Et contrairement à ce que tu penses, ce n'est pas Mycroft. » Il se tourna vers elle alors qu'elle fronçait les sourcils, sans comprendre. « Puisque tu ne sembles pas décidée à le tuer, je peux bien te le dire, maintenant. La personne sur qui tes parents enquêtaient : c'était moi. »

Les yeux d'Olympe s'écarquillèrent d'horreur alors qu'elle échappait un petit « non » terrifié. Cette fois-ci, les larmes dévalèrent ses joues pâles, et elle se laissa tomber à genoux malgré les bras de celui qu'elle aimait -parce que oui, elle en était sûre maintenant- et qui tentait de la retenir. Elle commença à trembler avec violence comme une droguée en manque. Elle gémit d'horreur, alors que Jim continuait joyeusement son histoire.

« - Jeune criminel de 21 ans, je commençais déjà à titiller l'attention des hauts-placés. Avec mon cher ami d'enfance Sebastian, d'un an mon cadet, nous faisions les quatre cents coups ! Alors Mycroft Holmes a mis sur la piste ses deux meilleurs enquêteurs : le couple Deschamps. Donc j'ai naturellement envoyé quelques tueurs à gage sur leur trace. Ça a été presque facile de les tuer. » affirma avec un sourire délirant, avant d'éclater d'un rire totalement fou.

Miroir de son esprit malade.

Olympe tremblait non plus seulement de détresse, mais à présent, de rage aussi. La colère venait d'embraser son coeur d'une flamme froide comme les ténèbres, et elle se jeta sur Moriarty, ivre de rage. Les regards d'Angelina et Sebastian se séparèrent brutalement dans un seul mouvement, et l'homme aux yeux verts hésita sur la marche à suivre alors que Mycroft se précipitait sur son parapluie pour le démonter, menaçant l'homme de son pistolet. Greg s'était jeté pour ramasser son arme lui aussi, et menacer également Sebastian. Olympe frappait, hurlait sur Moriarty qui riait à n'en plus finir. Et alors qu'il riait, un coup de feu retentit brutalement.

Sortie de sa torpeur, Angelina avait récupéré l'arme cachée dans son pantalon, et elle s'était approchée par-dessus l'épaule d'Olympe pour tirer dans le front du criminel consultant. Stupéfaite, la rouquine se redressa d'un seul coup, laissant involontairement la place à la petite brune, qui observait le visage à présent sans vie -réellement sans vie- de Moriarty. Le sang s'écoulait de sa plaie au milieu de son front, et Sebastian, sous le choc, baissa son arme. Il reçut en récompense le coude de John dans le nez, et il s'effondra sur le sol. Le militaire récupéra l'arme, et le pointa sur sa nuque presque aussitôt. Sebastian resta allongé. Jim était mort. Ils étaient vaincus.

Mycroft observait sa fille avec stupeur. Elle tremblait, les yeux exorbités, et elle continuait à pointer son arme sur le brun qui l'avait tant faite cauchemarder. Et dans une sorte de sursaut, elle tira. Et tira. Et tira. Et tira. Même le chargeur vidé, elle continua à appuyer sur la détente sans qu'aucun autre bruit que le cliquetis de la gâchette ne la stoppe. Puis Mycroft échappa son arme et l'attrapa contre lui, tandis que Sherlock arrachait l'arme des mains de sa filleule, caressant doucement sa joue. Ses yeux ne dérivaient pas du criminel consultant, et une larme, rien qu'une, roula sur sa joue en caressant la peau de Sherlock.

« - Là, je te défie de revenir d'entre les morts. » chuchota-t-elle, la voix saccadée.

Et sans un mot de plus elle se retourna, se jetant dans les bras de son père, alors que John maintenait Sebastian sur le sol. Il releva les yeux vers Olympe, qui ne fixait pas la scène, qui ne disait plus rien. Elle le regarda droit dans les yeux, la gorge nouée.

« - Tu savais ? »

Il baissa la tête. Les mots n'étaient pas nécessaires. Bien sûr qu'il savait. Elle échappa un ricanement moqueur en secouant la tête. Qu'elle avait été crédule. Mais maintenant, tout était fini. Tout était fini, et elle était perdue. Elle n'avait rien à quoi se raccrocher. Rien du tout. Alors elle commença tout à coup à courir, arrachant un petit cri à Sherlock puis à Greg, qui la poursuivirent tous deux en courant. Elle monta sur le toit, se plaçant juste au bord du vide. Les deux hommes la suivirent, et alors qu'ils allaient s'approcher, elle cria.

« - NON ! Ne me rejoignez pas ! Je vais sauter ! »

« - Ne sois pas ridicule, Olympe. » répondit aussitôt Sherlock. « Tu n'as aucune raison de sauter ! »

« - Ça te va bien de dire ça. » rétorqua-t-elle dans un rire jaune. « Mais moi, j'ai pas envie de revenir comme tu l'as fait. Moi, j'ai plus de raison de vivre. Plus de famille… Plus d'amis… Et ceux en qui je croyais m'ont trompée pendant des années. Alors non, je n'ai plus envie de vivre. Plus du tout. Je n'ai plus rien à faire de ma vie. Même ma vengeance, je l'ai ratée. Je n'ai plus qu'à mourir. »

« - Ne dis pas ça, Olympe ! » s'écria Greg en faisant un pas vers elle, mais elle hurla à nouveau.

« - JE T'AI DIT DE NE PAS T'APPROCHER ! »

« - Olympe, écoute moi… Tu es une personne merveilleuse. Ça fait plus d'un mois qu'on te connaît. Pour moi, ça fait plus, c'est sûr. Tu nous l'a montré, à bien des occasions. Tu es merveilleuse, tu es géniale, tu es parfaite. Tu es aussi belle à l'intérieur qu'à l'extérieur. Tu as toute la vie devant toi. Alors ne meurs pas. » murmura tendrement le DI.

« - Tu mens ! JE VEUX MOURIR ! »

Et alors qu'elle criait ça, son pied ripa sur le bord, et elle commença à chuter. Elle ferma les yeux après un dernier hochet. C'était terminé. Elle allait finalement avoir la paix. Mais alors qu'elle allait tomber, une main l'attrapa au vol par le poignet. Elle rouvrit les yeux avec surprise. Sherlock s'était jeté sur le bord, et l'avait rattrapée de justesse. Elle l'observa, sous le choc, ne comprenant pas, puis reprit l'air le plus froid qu'elle avait en réserve.

« - … Lâche moi, Sherlock. »

« - Non. Je ne te lâcherai que si c'est vraiment ce que tu souhaites. Mais je lis dans tes yeux que tu veux vivre. J'ai lu la peur dans tes yeux quand tu es tombée. Tu es tellement vivante. Tu n'as même pas quarante ans. Tu as encore toute une vie devant toi. Tu as passé la première moitié de ta vie à ruminer une vengeance. Pourquoi ne pas faire d'une autre moitié quelque chose de beau ? »

Elle ne répondit pas, les yeux écarquillés. Il lui faisait quoi, là ? En bas, elle entrapercevait Angel qui s'accrochait à son père, les yeux grands ouverts de peur, alors que Mycroft ne disait rien, serrant simplement sa fille. Elle vit aussi John, bouche entrouverte et yeux écarquillés, qui continuait à menacer Sebastian, qui lui la fixait avec tristesse. Elle se re-concentra à nouveau sur celui aux boucles brunes.

« - Tu peux refaire ta vie. On sera là pour t'aider. Mais si je te lâche, comprend bien qu'il n'y a rien pour te rattraper en bas. Mais dis moi que t'as envie de vivre, et je te remontrai. Dis moi que tu veux tenter ta chance, et on fera tout pour t'aider. Mais si tu désires vraiment mourir, alors je te lâcherai. »

Les larmes aux yeux, Olympe hocheta, et commença à pleurer. Elle hocha bêtement la tête sans parler, la gorge nouée. Alors elle avait droit à l'espoir ? La vie lui offrait une nouvelle chance ? Elle pourrait aimer quelqu'un, avoir confiance, avoir des amis ? Elle avait le droit ? Elle renifla. Son bras la lançait. Elle flottait, littéralement, comme si le temps était suspendu. Elle entendait son coeur qui battait très fort dans sa poitrine, et qui remontait jusque dans ses tempes. Et enfin, elle retrouva l'usage de la parole. Oui. Elle était prête. Elle était d'accord. Les larmes aux yeux, elle tenta un sourire qui se changea en légère grimace.

« - Je… J'ai envie de vivre. »

« - Je t'ai pas entendue. » la piqua Sherlock. « Plus fort. »

« - Je veux vivre ! »

« - Plus fort ! »

« - JE VEUX VIVRE, SHERLOCK ! REMONTE MOI, JE VEUX VIVRE ! JE VEUX VIVRE ! »

« - Parfait. Gerard, viens m'aider. » ordonna le détective sans faire attention à l'erreur de prénom. Réflexe. « Elle pèse quand même son poids. »

À ces mots, deux bras puissants l'agrippèrent à leur tour, et la remontèrent. Elle se retrouva nez à nez face à ces deux hommes qui avaient changé sa vie. Elle éclata en sanglots, et se jeta dans les bras de Gregory qui passa ses bras autour d'elle. Il enfouit ses lèvres dans ses mèches rousses, alors que des pas se précipitaient sur le toit, et une nouvelle paire de bras l'enlaça, alors que des larmes coulaient dans son cou.

« - Olympe ! » pleurait Angel. « Ne meurs pas, jamais, s'il te plaît ! Je ne veux plus perdre les gens que j'aime ! »

« - Oui… » hocheta la française. « Oui, pardon. Je ne te ferai plus pleurer, plus jamais. »

Et elle pleura de plus belle, soulagée de savoir qu'enfin, après des années de solitude et de faux-semblants, on l'aimait.


Sebastian avait été enfermé à Penton Ville. Moriarty avait été jeté dans une fosse commune, et on n'avait jamais dit l'endroit pour que des criminels ne viennent pas se recueillir sur les lieux. Et Olympe boucla sa valise, jetant un dernier regard à cette chambre dans laquelle elle avait vécu quelques mois merveilleux. Elle sourit tristement, déjà nostalgique, puis fit demi-tour, emportant ses affaires avec elle en refermant la porte.

Dans le salon, elle sourit aux deux Holmes, à Mrs Hudson, Molly et aux deux Watson. Rosie babillait des « papa » à tout va, fière de commencer à dire quelques mots. Olympe sourit tendrement à la vue de ceux qu'elle aimait, et elle serra chacun d'eux dans ses bras. Même Sherlock. Molly et elle échangèrent un long regard. Elles s'étaient rapprochées après l'incident, et étaient devenus comme les deux doigts d'une main, l'âge proche aidant. Si elles avaient eu l'âge d'Angel ou l'immaturité de Sherlock, peut-être auraient-elles eut le culot de se définir comme meilleures amies.

« - Alors c'est décidé ? » chuchota la légiste. « Tu pars ? »

« - Oui. Je… Je crois que je dois repartir sur de nouvelles bases. Vous avez fait énormément pour moi, tous. Et je vous aime beaucoup. » assura-t-elle dans un sourire. « Mais… Je n'arrive pas à me pardonner le mal que je vous ai fait. »

« - Olympe, ça veut rien dire, tout ça ! » s'écria Angelina en se tapant complètement l'incruste dans la conversation. « Nous on t'aime, ça nous rend triste que tu partes ! »

« - Je suis désolée, Angel. Je crois que j'en ai besoin. »

« - Au fait », s'écria tout à coup Sherlock, « le réseau de prostitution… C'était lui ? » s'enquit-il en plongeant ses yeux dans ceux de la détective privée.

« - Oui. » Elle soupira. « C'était à Moriarty. C'est Sebastian qui me l'a dit. Pardon pour ça aussi. Il a été démantelé ? » s'inquiéta-t-elle néanmoins.

« - Oui, ne t'en fais pas. » intervint John. « On s'est occupé de tout. »

« - Vous êtes géniaux. » affirma-t-elle avec un petit sourire.

Un silence s'installa dans le petit salon de Baker Steet, et elle finit par soulever son sac, le balançant sur son épaule avant d'attraper la poignée de sa valise, prête à la traîner derrière elle. Elle remercia encore Mrs Hudson pour son accueil, et déposa un dernier baiser sur le front d'Angel, qui continuait à se plaindre, Bilbo hurlant à la mort, rapidement imité par Rosamund qui éclata en sanglots en comprenant que la rouquine partait. Déjà, la petite fille était aussi intelligente que sa mère. Elle leur fit un geste de la main, et disparut tout aussi simplement qu'elle avait poussé la porte de cet appartement la première fois qu'elle était venue.

Elle héla un taxi. Elle avait un dernier endroit à voir.

Arrivée devant l'immeuble où Greg habitait, elle hésita de longues secondes avant de sonner. Ils avaient continué à se voir, bien sûr, mais ils n'étaient pas allés au-delà de l'amitié, alors elle ne savait pas trop comment réagir. Ce qu'elle savait, en revanche, c'est qu'elle voulait le voir une dernière fois. Alors qu'elle se décidait enfin à sonner, une voix s'éleva derrière elle, la faisant violemment sursauter et se retourner.

« - Olympe ? »

« - Gregory ! » s'exclama-t-elle, main sur le coeur. « Tu m'as fait peur. »

« - Excuse moi. … C'est quoi tous ces sacs ? Tu pars ? » demanda-t-il, les yeux luisants de tristesse.

« - Hé bien… Oui. » admit-elle avec tristesse. « Vous m'avez beaucoup aidée, mais je crois que c'est le moment de découvrir de nouveaux horizons pour moi. Et puis, je vous ai fait tellement de mal… » regretta-t-elle une nouvelle fois.

Gregory ferma les yeux, et prit une lourde inspiration. Il posa ses mains sur ses épaules, puis plongea ses yeux dans les siens.

« - De un, tu ne nous as pas fait de mal, parce que tu as su réagir au bon moment. De deux, nous t'avons tous pardonnée depuis longtemps. Et de trois, je ne te laisserai pas partir. »

« - Quoi…? » réussit-elle à balbutier.

« - Parce qu'il y a un quatre à t'avouer, et je vais sûrement le regretter, mais il faut que je le fasse. De quatre, je ne te laisserai pas partir, parce que je t'aime. »

Et à peine avait-il dit ça qu'il écrasait sa bouche contre la sienne, et elle resta estomaquée quelques secondes avant de répondre à son étreinte en échappant ses sacs, passant ses mains dans son cou, l'embrassant encore et encore. Il descendit ses mains sur ses hanches pour la coller plus encore à lui, et ils se reculèrent l'un de l'autre quelques secondes.

« - Je t'aime. » répéta-t-il, le coeur battant.

« - Moi aussi. » répondit-elle dans un murmure, et son estomac se noua. « Mais il faut que je te dise quelque chose avant que ça aille plus loin… »

« - Je t'écoute. »

« - Je veux pas d'enfants. » échappa-t-elle rapidement. « J'ai trop peur de renouveler la même erreur qu'avec Victoire. » avoua-t-elle, la gorge nouée.

« - Moi aussi, je dois te dire quelque chose. » Sa voix ne fut plus qu'un murmure. « Je suis stérile. »

« - Gregory… »

« - Ne me dis pas que tu es désolée. Ce n'est pas grave. On sera heureux à deux. »

« - … Tu m'aimes ? »

« - Bien sûr que je t'aime ! » s'insurgea-t-il, vexé qu'elle ait déjà oublié.

« - Alors tais toi et embrasse moi. » ordonna-t-elle, les yeux brillants d'amour.

Il s'exécuta aussitôt, les yeux pétillants, alors que dans une voiture sportive rouge, plus loin, s'entassaient cinq personnes et un bébé. Tous sourire aux lèvres, ils observaient les amoureux. L'un grimaçait de dégoût, l'autre lui donnant un coup de coude, sourire niais sur les lèvres et bébé babillant dans les bras. L'une souriait avec émotion en disant que ça lui rappelait sa jeunesse, une autre affirma qu'ils étaient mignons, et la dernière souriait avec malice, ses cheveux bruns dansant dans le vent.

« - Bon, finalement, je crois qu'elle n'est pas prête de repartir… »


(1) : Bah rebelote, Mycroft prononce le prénom à l'anglaise, mais Olympe le rappelle bien vite à l'ordre... Pour la petite anecdote, le père de celle-ci s'en fichait pas mal, et c'est pour cela qu'il ne corrigeait jamais notre cher Gouvernement Britannique !

Wow, je... heu... Je sais pas trop quoi dire. Toujours ce petit pincement au coeur quand je finis d'écrire une fic. Ouiiii, je saaaaaais y'a encore l'épilogue mais c'est pas pareil.

J'espère que vous aurez aimé le personnage d'Olympe, ainsi que sa relation avec notre cher inspecteur. J'espère que vous aurez aimé cette enquête. Et j'espère que vous aurez été content(e)s de retrouver notre cher Moriarty ! Aaaaaaaah, criminel consultant de mon coeur... Cette fois, je t'ai bel et bien tué. Snif. Pardonne moi.

Alors oui, je suis intimement persuadée que Moriarty n'est pas mort, et qu'il aurait fait son comeback dans une probable saison cinq. Mais qui sait ? Nous verrons bien un jour... Sur ce, à tout de suite sur l'épilogue !