Note d'auteur : Un très grand merci à debralovelove pour sa review ! :) Le texte suivant est centré sur Bellatrix et a été inspiré par une image de AmorFati sur DA.
Des rires d'enfants qui résonnent dans le verger, une prairie en fleurs et un soleil resplendissant. Trois petites filles qui courent dans les allées, sous les arbres aux branches lourdes de fruits. Deux petites brunes qui se ressemblent beaucoup et une petite blonde qui peine à les suivre.
— Si vous faites ne serait-ce qu'une tache sur vos robes…, les menace leur mère.
Elle est debout à l'extrémité d'une des allées, vêtue d'une robe bleue corsetée, une ombrelle à la main. Elle les surveille d'un œil sévère, à l'affut de la moindre erreur.
Les trois fillettes continuent de courir entre les troncs tordus. La robe de Bellatrix s'accroche à une branche basse. Andromeda marche sur un fruit trop mûr qui explose et tache le tissu blanc de sa jupe. Narcissa trébuche et souille la sienne de vert.
Mais elles continuent de rire, insouciantes. Qu'importe quelques salissures sur le coton blanc. Elles n'aiment pas ces robes. Elles sont trop lisses, trop pâles, trop communes. Bellatrix déteste les boutons qui remontent jusque sous son menton. Andromeda ne cesse tirer sur son col trop étroit. Narcissa est gênée par la taille serrée.
Dans leur dos, Druella pousse un cri outragé en voyant dans quel état elles se trouvent toutes les trois.
— Sortez tout de suite de ce verger !
Les filles obéissent en riant, joyeuses, et s'éparpillent dans la prairie. Elles laissent courir leurs mains sur les corolles des fleurs, les mollets chatouillés par les brins d'herbe. Leur mère crie dans leurs dos, elle les menace de sortir sa baguette. Elles ne s'arrêtent pas.
Bellatrix prend la tête. Elle se met à courir de plus en plus vite. Elle va si vite qu'elle a l'impression de voler. Elle écarte les bras et savoure le contact frais du vent sur son visage, qui emmêle ses cheveux noirs et fait voler sa robe tâchée. Le soleil lui brûle la nuque et les bras. Elle se sent si libre. Elle entend ses sœurs rire derrière elle, alors elle rit elle aussi et elle ferme les yeux.
Et soudain, un précipice. Elle tombe, elle tombe, elle tombe, le cœur plein de terreur, hurlant à pleins poumons.
Et elle se réveille en sursaut dans le lit conjugal. Sa tête résonne encore des rires, des cris, de sa mère, de ses sœurs, d'elle-même. Elle sent presque le contact du soleil sur sa peau, du vent qui lui fouette le visage, de l'odeur printanière de la prairie. Pourtant, tout ceci n'est qu'un rêve. Irréel et illusoire. Un mirage qui n'a jamais existé.
Rodolphus grogne à ses côtés et se retourne en poussant un soupir. Elle repousse ses draps d'un geste vif, quitte la chambre et descend les escaliers à toute vitesse. Ses poils se hérissent sur ses bras. Elle déteste ça. Ce genre de rêve heureux, de pseudo-souvenirs d'enfance qui font ressortir ce qu'il y a de mieux en elle. Ce n'est plus elle. Ça ne l'a jamais été.
Elle trouvera ce dont elle a besoin derrière la porte des cachots. Des gémissements étouffés accueillent son arrivée. Elle sourit. Elle est bien mieux ici. La noirceur, le froid, la terreur. Ça lui correspond bien mieux. A elle et à la Marque gravée sur son avant-bras.
Elle lève sa baguette et les premiers hurlements se font entendre. Le concert est si doux à ses oreilles. Une musique agréable qui chasse les rires des enfants et la sensation du soleil qui picote sa peau. Elle oublie la robe blanche, les fleurs, le verger. Il n'y a plus que le corps qui se tord de douleur à ses pieds et la satisfaction sauvage qu'elle ressent à cette vue.
Plus il crie, et plus Cissy, Andy et Mère s'effacent de son esprit. Sans qu'elle ne les regrette.
Note de fin : Merci pour votre lecture, comme d'habitude n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, positif comme négatif ! :) Je vous souhaite une bonne semaine et on se retrouve lundi prochain pour un petit texte sur Narcissa.
