Note d'auteur : Un très grand merci à debralovelove pour sa review ! *hug*

Voici un petit texte écrit lors de la Nuit d'avril 2017, inspiré d'une image de BenHeine sur DA. En espérant que ça vous plaise. :)


Le parc était noyé sous une épaisse vague de brume. De là où elle se trouvait, debout à côté du petit lac recouvert de nénuphars, Narcissa apercevait à peine le manoir. Elle pressentait seulement sa présence vaguement menaçante. Et sa peau la picotait, comme si les fenêtres aveugles qu'elle ne voyait presque pas l'observaient, silencieuses mais inquiétantes.

Elle tourna le dos à la bâtisse vide, abandonnée depuis longtemps, et contourna le lac pour s'enfoncer dans le parc silencieux. L'herbe mouillée trempait le bas de sa robe blanche, mais elle ne prit pas la peine de la relever. L'humidité finit par s'infiltrer dans ses souliers vernis, imbibant ses chaussettes et produisant un bruit spongieux à chaque pas. Elle ne s'arrêta pas pour autant.

Lorsqu'elle arriva sous le couvert des arbres, elle ôta lentement son chapeau noir. Ses cheveux coulèrent en vagues douces dans son dos, jusqu'à sa taille dont la finesse était marquée par une coupe ingénieuse. Elle serpenta entre les troncs, ses doigts effleurant l'écorce rugueuse, évitant agilement les racines. Ses pieds semblaient se rappeler où aller. Malgré toutes ces années, elle n'avait pas oublié.

Une dizaine de mètres supplémentaires et elle sortait du petit bois silencieux. Elle déposa son chapeau au pied d'un arbre et s'approcha de l'énorme chêne qui avait poussé à l'écart des autres. Des doigts de brume s'enroulaient autour de son tronc, jusqu'à son feuillage touffu et à sa cime invisible.

Et accrochée à une de ses branches, une balançoire de fortune, pendue là des années auparavant.

Narcissa s'approcha, le souffle court. Elle leva une main pâle et effleura les cordes usées qui maintenaient la planche de bois. Elle avait l'impression que si elle les empoignait franchement, tout tomberait en poussière entre ses doigts.

La balançoire bougeait encore faiblement. Comme si l'une d'elles venaient tout juste de l'utiliser et s'était sauvée en riant à l'approche d'un de leurs parents.

Ses sœurs et elle adoraient venir ici lorsqu'elles étaient plus jeunes. Elles étaient suffisamment loin pour être hors de vue du manoir et rire sans être entendue. C'était leur sanctuaire, leur lieu d'évasion, leur endroit à elles.

Mais elles n'étaient plus venues ici depuis des années. Aucune d'elles. Poudlard avait initié leur éloignement, le départ d'Andy et la Marque de Bella les avaient brisées. Elles n'étaient plus trois sœurs unies lors de la guerre, juste trois âmes esseulées et solitaires.

Et à présent, Narcissa était seule. Bella était morte. Andy refusait de la voir ou de lui parler. Leurs parents étaient partis des années auparavant. Elle-même était à présent considérée comme une paria, malgré tous les efforts de Potter pour faire en sorte du contraire. Son existence s'était effritée sous ses doigts sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle avait pensé que venir ici lui ferait du bien. Mais c'était plutôt l'inverse. Cet endroit lui rappelait ses sœurs et la renvoyait à sa propre solitude.

Elle ferma les yeux, un goût d'amertume dans la bouche, et ses joues se couvrirent de larmes salées. La corde rêche qu'elle serrait dans sa main droite était le seul élément qui le maintenait debout. Elle sentait ses jambes faiblir, sa volonté et sa force flancher. Elle ne savait pas si elle pouvait traverser tout ça sans ses sœurs.

Si elle se concentrait un peu, elle arrivait à percevoir les bruits du passé. Des enfants qui riaient, des cris de joie ravis.

Des fantômes qui accrochèrent un pâle sourire sur son visage. Et lui donnèrent l'illusion, pendant un bref instant, qu'elle allait bien.


Note de fin : Merci beaucoup pour votre lecture ! *hug*

Ceci était le dernier texte que j'avais en stock sur les soeurs Black, mais la prochaine Nuit arrive ce week-end, donc peut-être qu'il y aura quand même un nouveau chapitre lundi prochain. :) N'hésitez pas en tout cas à me dire ce que vous avez pensé de celui-ci, ça fait toujours super plaisir !