Note d'auteur : Un très grand merci à debralovelove et Zofra pour leurs reviews ! *hug*
Ce texte a été écrit lors de la Nuit de juin 2017 et a été inspiré par une image de stengchen sur DA. J'espère qu'il vous plaira. :)
Elle fait tache Andromeda, dans cet environnement noir de suie. Elle paraît si propre comparée à la saleté qui l'entoure.
Elle s'est bien habillé aujourd'hui. Une capeline ornée d'un ruban de soie, une sage robe lie-de-vin, des gants blancs, des chaussures bien cirées. C'est idiot pourtant. Parce que ça ne peut pas juger les fantômes. Ceux de ses souvenirs en tout cas. Personne n'est là pour la voir. Mais elle n'a pas pu s'empêcher de soigner sa toilette. Les vieilles habitudes ont la vie dure.
Elle quitte le vestibule à pas lents, presque craintifs. Elle ne sait pas trop ce qu'elle va trouver ici. Les autorités lui ont dit que tout était sécurisé. Mais ce n'est pas ça qui lui fait peur. Ce sont les réminiscences de sa mémoire, les illusions et hallucinations du passé. Tout ce qu'elle a abandonné derrière elle lors de sa fuite.
Andromeda remonte le couloir aux murs noircis jusqu'à l'endroit où se tenait autrefois le salon. Il est bien plus lumineux à présent qu'il ne l'a jamais été. Le feu a dévoré le versant ouest, qui s'est écroulé sous le rugissement des flammes. Le soleil couchant illumine les murs aux papiers peints déchiquetés, l'âtre de la cheminée au manteau de marbre érodé, le sol couvert de cendres et de poussière.
Sa gorge se serre sous l'émotion. Elle ne reconnaît plus rien. Tout est parti en fumée. Il ne reste rien d'autre que des débris méconnaissables.
Il lui faut beaucoup d'imagination pour se souvenir. Ici, c'était le fauteuil où Père s'asseyait pour lire son courrier. Là, la causeuse où Mère trônait quand elle recevait ses amies mondaines pour le thé. Au plafond, il y avait eu ce lustre magnifique et impressionnant que Bella avait fait tomber quand elle était petite, un jour où la colère lui avait fait perdre le contrôle de sa magie. Et au mur, le cadre maintenant vide et noirci qui contenait auparavant le portrait de Cissy, plus jolie et délicate que jamais.
Andromeda a presque la sensation qu'ils sont encore tous là, à l'observer, à épier ses moindres mouvements. Que Mère critique les faux plis de sa jupe, que Père la jauge d'un regard à la fois sévère et fier, que Bella la contemple avec froideur et que Cissy lui sourit avec la douceur languide de sa jeunesse révolue.
Elle ne pensait pas que ce serait aussi dur. Revoir sa maison d'enfance détruite, profanée, brûlée jusqu'à l'os. Elle ne savait même pas que Cissy l'avait gardée. Elle pensait qu'elle s'en était débarrassée. Après la mort de leurs parents.
D'un autre côté, Andromeda se sent incapable de blâmer les auteurs de cet incendie criminel. Ce manoir froid et sombre ne renfermait que noirceur et perfidie. Il n'était que le symbole d'une enfance malheureuse, disparue en fumée. Elle devrait se sentir soulagée.
Mais ce n'est pas le cas. Parce qu'ici, c'est là qu'elle a grandi, qu'elle a appris à rire et à parler en compagnie de ses sœurs. Avant qu'elles ne soient séparées les unes des autres par leurs décisions. Par la vie et ses aléas.
Ses doigts effleurent la cheminée recouverte de cendres.
Elle fait tache Andromeda, dans cet environnement noir de suie. Pourtant, elle s'y sent étrangement à sa place.
Note de fin : Bon je dois dire que je n'en suis pas très satisfaite, il est assez court et la fin est loin de me satisfaire, mais c'est le jeu des Nuits, j'ai eu du mal à boucler le texte en une heure à cause d'un manque d'inspiration alors je le laisse tel quel. J'espère quand même qu'il vous a plu. :)
Je n'ai malheureusement pas écrit d'autres textes la nuit dernière, j'espère être plus productive à celle de juillet ! Merci à vous d'avoir lu et à bientôt j'espère. *hug*
