38. La confiance règne
Dumbledore faisait les cent pas sans qu'un son n'émane de ses chaussons, en faisant bien attention à fuir les conversations en face de lui, et il s'y donnait à cœur joie. Être dans une foule et arriver à se concentrer seulement sur sa voix interne, faisait partie de ses pouvoirs préférés. Il se trouvait à l'infirmerie et tout le monde autour de lui tergiversait sur les mesures à prendre. Ludwig se tenait près d'un lit les bras croisés sur sa poitrine, il tournait sa tête au même rythme des conversations, se donnant sans le savoir le tournis. La directrice de la maison de Gryffondor était bien moins composée ou calme, quant à l'infirmière, elle s'attelait à trouver des solutions devant les six corps marqués et allongés dans ces lits inconfortables.
- Ils doivent aller à Ste Mangouste.
- Non. Déclara Dumbledore d'une voix dure faisant sursauter les personnes autour de lui.
Hagrid tentait de se faire petit malgré sa taille, passer inaperçu relevait du miracle pourtant son effacement fit presque oublier sa présence.
- Professeur Dumbledore, sauf votre respect, nous devons aussi prévenir les autorités, le ministère, la justice doit être faite. S'exclama le professeur Slughorn.
- J'ai fait partie du département de la justice assez longtemps et vu ce qui se passe actuellement dans ce monde, je comprends la réticence du professeur Dumbledore. Répondit Ludwig calmement.
- Professeur, que devons-nous faire ? Demanda Minerva.
- Ce que vous savez faire le mieux professeur. Protégez-les ici, où on peut et où on ne les mettra pas dans sous les feux de la rampe encore plus. Déclara le directeur d'école en émettant un clin d'œil à peine distinctif à l'adresse de son éternel bras droit.
La directrice de maison comprit clairement son message. Les membres du Octo étaient déjà connus par les mangemorts et par Voldemort lui-même, déclarer auprès des autorités qu'ils avaient été ciblés sous le toit de l'endroit le plus sûr de Grande-Bretagne enverrait un message qui mènerait à la perte de l'ordre du phénix. Dumbledore imaginait déjà un titre ; Voldemort et ses partisans demeuraient intarissables même sous le nez de Dumbledore. Quelques professeurs finirent par quitter l'infirmerie lorsque Poppy Pomfresh leur affirma que les six élèves étaient entre de bonnes mains et qu'ils se rétabliraient vite. Il était passé près de cinq minutes, quand l'infirmière se tourna vers le directeur et la sous-directrice.
- Vous me faites prendre des risques démesurés, vous voulez que je vous rappelle qu'Evelyne Dean a été trouvé malgré toutes nos protections, vous voulez que je vous rappelle que ce que nous faisons ici est encore plus dangereux que ce qui leur arrive.
- Comment ça ?
- Pour la simple et unique raison que je ne sais pas encore ce qu'il faut administrer comme potion pour guérir ces enfants, qu'il y'a des procédures à suivre dans certains cas, que j'ai souvent besoin de plus d'une paire de main. Albus, vous me rendrez folle avant la fin de cette guerre !
- Vous l'avez dit, nous sommes en guerre. Ils sont en danger, ici, on peut les protéger.
- Vraiment ? Intervint Minerva. Ils ont bien été attaqués dans la forêt.
- La forêt « Interdite ». Ils ont dû être piégés.
- Ces six-là sont une plaie vous le savez tout aussi bien que moi. Ils ne savent pas s'arrêter, ils n'ont pas la notion du danger, ils sont trop… Commença Minerva.
- Gryffondor ? Demanda Albus avec un demi-sourire.
- Albus, il n'y'a vraiment pas de quoi rire, je ne sais pas ce qu'ils ont. Minauda Poppy.
- Ils sont pétrifiés… Mais pas par un sort, ils sont pétrifiés par un objet magique qui a les mêmes vertus qu'un animal fantastique dangereux.
- Vous voulez dire que quelqu'un s'est amusé à calquer le pouvoir d'un animal sur un arbre ?
- Non c'est bien plus grave que cela, c'est de la magie puissante que seul un mage noir entrainé peut réussir à faire.
- Un adulte ?
- Pas forcément, mais en tout cas, je connais quelqu'un qui a déjà utilisé ce genre de magie.
- Qui ?
- Eugène Macmillan. Déclara le directeur de l'école.
- Le père d'Emily ? Demanda Pomfresh inquiète.
- Oui.
- Mais il ne peut pas avoir pénétré l'école sinon, vous et moi savons qu'il serait en miette à l'heure qu'il est.
- Minerva, cela ne veut pas dire qu'il n'aurait pas appris cette magie-là à d'autres personnes au sein même de ce château.
- Mais il n'a plus de descendant direct dans ce château.
- Je n'en suis pas aussi sûr.
- Il y'a Stew et Daisy Macmillan. Déclara Poppy.
- Je ne crois pas que Daisy ou Stew aient quelque chose à voir là-dedans, mais personne n'est à écarter et tant que je n'ai pas l'arbre généalogique d'Eugène Macmillan, je me dois de protéger ses six-là, les cacher et ne rien révéler à cette attaque.
- Mais professeur peut-être que si nous leur montrons le message écrit sur leurs fronts, nous prouverons au ministère de la justice et aux aurors qu'ils ont mal fait leur travail, que ce fameux Lautus n'est pas dissous, ça aidera peut-être à mettre les frères Macmillan derrière les barreaux cette fois. Insista la directrice de Gryffondor.
- Vraiment ? Vous pensez que notre système est aussi transparent et fiable de nos jours, vous pensez que tous les membres de notre ministère de la justice sont fiables ? Que notre magenmagot ne comporte pas de sorciers qui sont des alliés de Voldemort ? Pensez-y Minerva, il les connait ! Si c'est lui qui m'envoie un message ainsi, je l'ai bien reçu et j'agirai en conséquence, mais si ce n'est pas lui mais seulement l'un de ceux qui croient en lui ou un sorcier qui fait partie du nouveau Lautus, il saura qu'il gagne du terrain… Je passerai la nuit à vous aider pour les soigner Poppy et Minerva aussi, nous trouverons la solution pour les réveiller, mais personne ne devra savoir.
Minerva regarda les six corps inertes et se demanda ce qui a bien pu se passer dans cette forêt. Elle regarda les lettres gravées sur chacun des fronts. Lily avait un L sur son front, James avait un A, Sirius un U, Rémus un T, Marlène un U et Dorcas un S. LAUTUS.
- Que Sirius et James ne partent pas en cours demain, ça ne choquera personne. Dorcas et Lily non. S'exclama Minerva.
- Ils se réveilleront avant demain.
Dumbledore, Mcgonagal et Pomfresh entrèrent dans le bureau dissimulé dans l'infirmerie. Quelques heures passèrent avant que Pomfresh ne déclare de manière solennelle qu'effectivement tout porte à croire qu'ils se réveilleront tous dans quelques heures.
- Vous pensez qu'ils se rappelleront de ce qui leur ait arrivé.
- J'espère bien, parce qu'avec toutes les possibilités que j'ai pu imaginer, je ne comprends pas qui a réussi à venir à bout de six personnes…
- Pas six personnes professeur, les six personnes les plus prometteuses…
Quelques minutes plus tard, Albus entendit un grincement de lit. Il sortit du bureau de l'infirmière et longea la pièce du regard. Dorcas tentait de s'asseoir en inspectant la pièce d'un air inquiet.
- Bienvenue parmi nous, mademoiselle Meadowes.
Elle sursauta, puis en voyant son interlocuteur s'adossa à la tête du lit. Elle fronça les sourcils quand elle vit ses amis allongés pas loin d'elle.
- Je dois conclure que vous ne vous êtes pas fait attaqué ensemble…
- Nous avons été attaqués ? Demanda la jeune préfète d'une voix cassée.
- Racontez-moi plutôt ce qui vous est arrivé, je tenterai de joindre les bouts.
- J'étais enfermée dans ma chambre à faire quelques recherches…
- … sur vos rêves… intervint Dumbledore avec calme.
- Oui… avoua la jeune fille… Certains de mes rêves me hantent et je tentais de leur trouver des explications.
Elle regarda à peine son directeur d'école attendant de lui qu'il la réprimande, mais il ne fit rien, n'eut aucune expression déchiffrable et l'invita à continuer son récit.
- J'ai entendu un bruit près de la porte, je suis partie voir, j'ai trouvé un bout de parchemin avec écrit dessus, pour Dorcas, j'ai ouvert et…
La jeune fille se rappela soudain, qu'elle avait glissé le mot dans sa poche de pantalon, elle se souleva légèrement et en sortit le parchemin tout plissé qu'elle passa à son directeur.
« Dorcas Meadowes,
Tu n'es pas la seule à avoir des problèmes de confiance en notre maison, tu n'es pas la seule à chercher des réponses, pour éviter que tu n'aies des problèmes en farfouillant dans tes rêves, seule sans succès, je te donne rendez-vous dans la forêt interdite, près de l'arbre la plus haute, ce Dimanche à vingt et une heure cinq.
Tu n'es pas la seule à chercher la taupe et si tu veux connaitre ce que j'ai comme informations, viens à ma rencontre. N'aie pas peur de l'anonymat de ma lettre ; je suis juste une personne qui a peur qu'on me surprenne et qui se protège. »
- Ensuite, j'ai ouvert la porte en essayant de voir qui se promenait dans les dortoirs, je suis descendue dans la salle commune, elle était remplie, je n'ai pas pu voir qui ça aurait pu être, alors par désespoir ou je ne sais quoi, je suis partie à la Forêt Interdite. Je sais que j'aurai dû prévenir mes amis, ou juste le dire à un des professeurs, mais cette lettre m'a bizarrement mis en confiance, j'ai pensé que ça pouvait être Bilius Thomas ou même quelqu'un que je connais qui avait aussi… peur que moi…
- Pourquoi la lettre vous a mis en confiance ?
- Il y'avait des détails que seule une personne proche de moi peut savoir, comme pour les rêves, ou la taupe, ou le fait que je travaille sur mes rêves, seule, ou juste que la personne ait dit qu'elle faisait partie de la même maison que moi.
- Pourtant vous savez pertinemment que la taupe que vous cherchez est dans votre maison.
- J'imagine que ma curiosité a dû dépasser mon bon sens…
- Ensuite ?
- Ensuite, je suis venue à la forêt et j'ai commencé à chercher l'arbre, j'avais aperçu comme une sorte de lumière émanant de ce qui m'avait paru comme un spectre, quand je l'ai suivi, j'ai trébuché sur quelque chose et je me suis retrouvée projetée sur l'arbre tête première, j'ai soulevé les yeux, je me suis relevée et le Spectre a commencé à me pourchasser, j'ai touché l'arbre et quelque chose de bizarre a dû se passer, après je… Je me suis réveillée ici.
- Vous ne vous rappelez de rien d'autres ?
- Non… Il y'avait de la lumière… Ensuite, j'avais comme un vertige je crois… mais je ne sais pas si j'ai été attaquée par une personne, je ne sais pas ce que font mes amis ici… Je ne comprends pas.
- Nous avons été piégé. Déclara James Potter.
- James, tu es réveillé !
James sourit légèrement, Dorcas finissait toujours par oublier sa rancune ou sa colère quand l'un des maraudeurs se blessait. Elle lui rendit son sourire et regarda son directeur pencher la tête en regardant James Potter, il longea le regard, personne d'autres n'était réveillé.
- Vous avez votre lettre sur vous, James ? Demanda Dumbledore.
- Non, mais Sirius a une lettre.
- Donc vous êtes parti avec Sirius.
- Non, j'ai trouvé la mienne dans le vestiaire alors que lui a reçu la sienne vendredi et parce qu'il m'en avait déjà parlé quand j'ai trouvé la mienne, je suis parti le retrouver pour le lui dire sauf qu'il était introuvable ensuite je me suis dirigé vers la forêt.
- Vous êtes parti à sa recherche ou à la recherche de la personne qui vous a envoyé la lettre ?
- Non, à sa recherche, on avait, à peine, parlé de la lettre qu'il avait reçue et on voulait établir un plan pour trouver son auteur avant d'aller à sa rencontre, ou même le démasquer et ignorer son invitation, mais on n'a pas… on a manqué de temps, donc on en avait plus reparlé et je… Je m'en suis rappelé, pour tout vous dire, que quand j'ai trouvé la même dans le vestiaire du terrain d'entrainement. Quand je suis arrivé à la forêt, j'ai vite retrouvé l'arbre, parce qu'il était différent de tous les autres, j'ai appelé Sirius à plusieurs reprises, quand une espèce de Cynospectre m'a sauté dessus.
- Un Gytrash… Précisa Dumbledore
- C'est quoi ? Demanda Dorcas.
- C'est un spectre qui a l'apparence d'un chien dont on ne prend pas bien soin, ils vivent dans la forêt depuis bien plus longtemps que nous. Expliqua Dumbledore.
- Le spectre que j'ai vu ne ressemblait pas à un chien.
- Il ressemblait à quoi ?
- A Peeves, mais ne parlait pas et il était brillant…
- C'était une apparition spectrale alors et non un spectre, je vous expliquerai la différence une autre fois, James… ?
- Oui… Alors, quand il m'a sauté dessus, j'ai dégainé ma baguette et j'ai envoyé un Reducto, mais j'ai compris que ça ne servait à rien, puisque ça l'a enragé plus qu'autres choses, il m'a foncé dessus…
- Il fallait envoyer un Lumos, si c'était un Gytrash…
James s'arrêta de parler et pivota vivement, il sentit son cœur battre fort quand il entendit sa voix, il était sur le point de lui répondre avec une de leur joute moqueuse ou presque amicale qui les unissait une fois sur mille, mais la revit dans les bras de Damian. Il se contenta de hocher la tête et quitta ses yeux à contre cœur, en continuant son récit et en se faisant un point d'honneur de ne fixer que le vieux directeur en face de lui. Dumbledore écouta le récit détaillé de James, ensuite celui de Lily. Il se leva gracieusement et resta planté un moment devant les regards curieux des adolescents blessés.
- On vous a tendu un piège mais les personnes qui ont manigancé…
- Les personnes ? Demanda Dorcas inquiète.
- Penses-y, nous avoir à six, ils devaient être nombreux… Continua James.
- Donc plusieurs personnes savent beaucoup de choses personnelles sur nous comment c'est possible ?
- Pas forcément. Déclara Lily. Les horaires du rendez-vous fixés différent tous. Peut-être que la personne en question nous a demandé de venir chacun à un moment pour pouvoir nous maitriser tous justement.
- Vous devez me donner vos lettres, je dois aller à la Forêt Interdite, en attendant reposez-vous ne sortez pas d'ici sous aucun prétexte et ne parlez à personne de ce qui vient de se passer. Pas même vos parents. Pas même entre vous.
Dorcas, Lily et James se regardèrent dès que le directeur de l'école franchit la porte. Ils n'échangèrent pas leurs idées, leurs interrogations ou leurs craintes, puis finirent par s'assoupir.
Le lendemain matin, Sirius, Marlène et Rémus étaient toujours inconscients, ce qui fit peur à ceux réveillés (James et Dorcas) et sans qu'elle ne daigne le montrer cela effraya également l'infirmière.
- Pourquoi Peter et Alice n'ont pas reçu de lettres ? Demanda Dorcas
- Tu te demandes pourquoi le reste de nos amis n'ont pas été attaqués ou dupés comme nous ? Demanda James en arquant un sourcil.
- Je me demande juste pourquoi nous 6… Se défendit Dorcas.
- Peut-être parce qu'il n'y'a que 6 lettres dans le mot Lautus. Simplifia James.
- Comment ça ?
- On nous a gravé le front pour former le mot LAUTUS, tu n'as pas remarqué ? Mcgonagal et Poppy ont bien dû effacer ça mais je l'ai quand même repéré, une cicatrice sur le front c'est tout de même impossible à rater…
Dorcas se dirigea vers un endroit où son reflet pouvait donner raison ou tort à James, mais elle ne trouva pas facilement de miroir. Elle haussa les épaules, quand James lui proposa de regarder son reflet dans l'armoire à glace floutée. Elle ne vit rien de prime abord, puis tâtonna avec ses doigts fins sur son front jusqu'à ce qu'elle sente une courbe, elle fronça les sourcils puis se retourna vers James.
- U ?
- Moi, j'ai un A. Avant que tu te réveilles ce matin, j'ai examiné tout le monde et j'ai remarqué la cicatrice d'abord sur Evans, étant la plus blanche de peau, j'ai ensuite vérifié toutes les lettres et effectivement le mot LAUTUS est le premier qui m'est venu à l'esprit.
Dorcas toucha les fronts de tous ses amis encore endormis. Effectivement, James avait vu juste.
- C'est un message.
- Je sais.
- Pour Dumbledore. Conclut Dorcas.
James hocha la tête.
- Les autres doivent se réveiller, on doit aller en cours et faire comme si de rien n'était.
- Je sais.
Elle s'attela à réveiller Marlène, mais en vain, puis passa aux autres et laissa Lily vers la fin. Malgré les efforts combinés de tout le monde seul trois personnes ouvrirent leurs yeux ce Lundi matin. Ils reçurent l'ordre d'aller en cours et de nier en bloc savoir où se trouvaient les autres. La tâche fut particulièrement difficile pour James qui devait mentir à Peter en attendant au moins le réveil de ses deux autres meilleurs amis. Alice quant à elle, elle ne se rendit compte de rien ou du moins c'est ce qu'elle tenta de montrer. James et Dorcas ne parlèrent pas des cicatrices à Lily, et les secrets s'agrandirent.
Dumbledore avait passé tout ce temps à délibérer avec son grand esprit ; riposter ? Ignorer ? Recruter ? Il passa ses longs doigts témoins de bien des horreurs sur un parchemin contenant les noms de ces 7 prodiges… Il s'était estimé heureux d'avoir dégoté 7 talents complémentaires qui n'avaient quasiment aucune idée de la grandeur de leur plein potentiel, il s'était senti chanceux d'avoir réussi à en trouver pas 2 ou 3 comme à l'époque d'Emmeline et les Prewett, mais 7 personnes c'était au-delà de ce que lui, Minerva ou Maugrey auraient espéré. Il fixa le parchemin à nouveau en voyant les missions et les tests inconscients que subissaient les membres d'Octo, réussiraient-ils tous à aider cette grande cause ou mènera-t-il à leur perte ? Dumbledore contourna son large bureau puis revint à son parchemin magique. Alice Fawley avait manqué à l'appel de cette attaque. Elle aurait été épargnée pour avoir laissé tomber la cause ? Ou aurait-elle complétement changé de cap ? Avait-elle ignoré sa lettre ?
Il avait misé gros sur la fille de Jensen Fawley et Dorothy Prewett. Il avait choisi d'accorder sa confiance à Alice en vue des changements qu'il avait remarqués ; Lily Evans avait inconsciemment fait d'elle une fille décente qui avait plus de moralité que de moquerie et Frank Londubat l'avait encouragé à se voir plus que la fille frivole issue d'une famille riche et puissante. L'apprenti auror lui avait montré qu'elle pouvait être plus qu'une fille qui s'intéressait qu'à la mode et à la célébrité seulement, qu'elle avait plus de potentiel en elle qu'elle ne daignait se l'accorder, et elle avait cru Frank et Lily qui avait fait d'elle une meilleure fille. Au fil des années, Dumbledore avait vu en elle le feu qui existait en Jensen pour le bien… Cet homme bon et fort qui avait intégré l'ordre une année plus tôt offrant son soutien pleinement, mais ne montrant son visage à personne, il avait sa propre entreprise de production de fourniture de maison magique, et ne lésinait pas sur les moyens mis à disposition de l'ordre, il avait fait don d'une somme colossale afin de permettre aux membres de l'ordre d'avoir des hangars pour leurs entrainements, des uniformes et robes de sorciers avec des rembourrages facilitant ces mêmes entrainements, il avait aussi sciemment recruté dans une succursale fantôme de son entreprise des aspirants mangemorts qu'il espionnait à longueur de journée. Le père de la jeune fille jouait un rôle majeur dans l'ordre, il avait été recruté par feu Tristan Londubat et depuis l'homme en question faisait tout ce qui était en son pouvoir pour être à la hauteur de son ancien ami tué par le mage noir lui-même. Dumbledore avait aussi vu en elle des aptitudes innées passées par sa mère Dorothy. Cette dernière venait d'intégrer l'ordre cette année-même, Dorothy qui était dans la bridage des interventions des accidents magiques, était la plus jeune femme recrutée dans un poste sur le terrain au sein du ministère. C'est une femme dont les expressions impénétrables laissaient montrer quelqu'un de dure et pourtant son cœur de Gryffondor vaillant restait sa plus grande force. Dumbledore se rendit compte que ses pensées l'avaient porté vers un chemin qu'il n'avait pas pensé prendre et ainsi il se retrouva à penser surveiller de près Alice Fawley, la nouvelle Alice qui avait été épargnée par l'attaque ou seulement qui l'avait ignorée. Il relut son parchemin à nouveau.
- Alice Fawley : Aptitude en Occlumancie et Legilimancie
= Certaines lacunes en Legilimancie
= Test d'allégeance en échec
- Dorcas Meadowes : Sensoria
= Lacune à dépasser : Paranoïa des visions
= Emotions ternissent les jugements
= Test d'allégeance en échec
- Sirius Black : Aptitude en métamorphoses et stratégies.
= Excellent stratège
= Succès en mission « Espion Black »
= Test d'allégeance réussi
- Lily Evans : Prodige en potion et duelliste hors pair.
= Formatrice excellente
= Test d'allégeance réussi
= Attentes pour la potion Super mémoire
- James Potter : Meilleur élève en métamorphose depuis Minerva, excellence en sortilège.
= Test d'allégeance réussi grâce à la clé Potter du Savoir de l'Ordre qui ne l'a pas blessé
= Leadership plus mature
- Marlène Mckinnon : Fort sens de la justice, excellence en sortilège.
= Test d'allégeance réussi
= Amélioration en cours de Métamorphose et droit magique
- Rémus Lupin : Excellent en défense contre les forces du mal
= Test d'allégeance en cours
= Secret atout majeur pour allier futur
Dumbledore dirigea sa baguette sur le parchemin et les noms de Sirius, Lily, Marlène et James furent rayés de la liste. Il n'avait plus besoin de tester leur allégeance, il n'avait plus besoin de tester leurs atouts majeurs également. Sirius faisait déjà parti de l'ordre et d'ici la fin de cette année, il était convaincu que les trois autres le suivraient, voire se proposeraient eux-mêmes. Le grand sorcier fit le tour de son bureau à nouveau, ignora les ronflements de certains tableaux, ignora l'heure affichée sur son pendule et se dirigea vers la fenêtre en ajustant ses lunettes. Il envoya un hibou et quelques minutes plus tard, la directrice de Gryffondor entrait dans son bureau.
- Evans, Potter, Black et McKinnon que nous faut-il de plus pour les recruter ?
- Vous réalisez professeur qu'ils viennent d'être blessés. Nous devrons les recruter à leur majorité. Si je me permets, je suis entièrement contre le fait de les mettre encore plus en danger. Si la ou les personnes qui les ont piégés ce soir envoyaient des messages pour vous, ils sont en plus grand danger qu'on ne le croyait… On ne contrôle pas un arbre aussi immense en y implantant des maléfices sans connaître quelques sorts de magie noire quant au non être qui a fait diversion je ne connais qu'une personne capable de manipuler des non être et cette personne manque affreusement d'âme, c'est vous-savez-qui-en-personne.
- Vous croyez que Voldemort en personne était à Poudlard ?
- Non, je pense qu'il est le seul à avoir un pouvoir aussi maléfique et puissant, il aurait pu les contrôler avant, mais cela voudrait dire que ses partisans sont parmi nous et j'aimerai que vous m'accordiez l'autorisation de rentrer dans toutes les salles communes à n'importe quelle heure et d'interroger qui bon me le semble dès qu'un doute s'immisce.
- Vous pouvez. Avisez Flitwick, Slughorn et Chourave. Parlez-en à Mckinnon et Fawley ils savent beaucoup plus qu'ils ne laissent paraitre.
- Fawley ?
- Elle enquête sur l'arbre généalogique des Macmillan ou du moins elle enquêtait et je suis certain qu'avec un peu de volonté, elle pourra nous donner des informations qui nous échappent encore. Et n'oubliez pas de récupérer les lettres de tous les blessés, après tout si c'est un élève nous trouveront les similitudes avec l'écriture.
Le Mardi matin, les six blessés reprirent leurs cours comme si de rien n'était, ils avaient des consignes précises, continuer de vivre normalement, sans attirer l'attention.
- C'est la consigne la plus débile. J'attire toujours l'attention, c'est ça ma routine. Lança Sirius à Rémus au cours de leur déjeuner.
James sourit à cette remarque et se gratta le front inconsciemment. Il inspira profondément et décida de ne penser qu'au Quidditch.
- Bonjour.
Les trois maraudeurs levèrent la tête croyant que Lily Evans les saluait, mais elle s'assit près de Marlène et Ronald Radnard.
- Lily qui se réveille en retard. On aura tout vu.
Elle se gratta les yeux en souriant faiblement à Ronald.
- On dirait que tu as fait juste une sieste. Remarqua Marlène.
- C'est exactement ça. Répondit-elle en prenant la gazette de chez Ronald. Où est Ayni ?
- Alors là, aucune idée. Elle est nulle part ce matin.
Marlène releva la tête brusquement, puis la secoua vivement.
- Je te fais une proposition et ne me dis pas non. Déclara Lily avec un sourire en coin.
- Ton sourire ne me dit rien qui vaille.
- Une semaine. On essaie juste une semaine où on fait des choses de gens de notre âge. Pas d'enquête, pas de taupe, pas de… Murmura-t-elle à son amie. On doit se reposer et j'ai tellement de questions sur ce qui s'est passé que je ne sais pas comment suivre la consigne, comment vivre comme si rien ne s'était passé. Alors faut qu'on s'aide, il faut que chacune de…
- Marché conclu. Interrompit Marlène. Mes neurones chauffent tellement qu'on pourrait y préparer une potion.
Lily pouffa de rire et retourna à son petit-déjeuner non sans avoir jeté un coup d'œil à Potter. Elle avait l'impression que la nuit de leur retenue avait eu lieu un autre mois, elle ne put s'empêcher cependant de le sentir fuyant encore une fois. Elle soupira en y pensant puis décida d'écouter son propre conseil.
- Les ados de notre âge parlent pendant des heures de leurs problèmes de cœur, par vrai ?
- Toi, tu es des problèmes de cœur ? demanda Marlène un peu trop fort.
Les maraudeurs entendirent au même moment où Lily se frappait la tête.
- Viens je vais t'apprendre un truc magique. Commença Lily.
- Hein quoi ?
- Tiens écoute… comme ça… ça s'appelle parler à voix basse. Murmura Lily.
Marlène éclata de son rire tonitruant contre toute attente, ce qui eut pour effet de faire rire Sirius Black.
- Un rire toujours aussi doux Mckinnon. Lança ce dernier.
Marlène le dévisagea perplexe, la dernière fois qu'ils avaient eu ce genre de relation, ils n'avaient encore jamais couché ensemble. Elle ne sut que répondre alors il lui offrit un sourire désolé et détourna le visage quand elle lança.
- C'est vrai que comparé à ton aboiement, c'est doux.
Ils se sourirent pour la première fois avec complicité puis chacun reprit part à la conversation de leurs amis.
- En parlant d'histoire de cœur, tu as rompu avec Clagg ? Demanda Sirius.
- Non. Pourquoi ?
Rémus et Sirius le regardèrent avec un air goguenard.
- Il me fatigue. Tu t'en charges. Lança Sirius à Rémus en faisant des signes de la main exagérée.
- Pas envie d'en parler. Coupa James.
Au même moment, la concernée passa près de James et Lily décida que son petit-déjeuner était fini. Elle tira sa meilleure amie par le bras et se levèrent en même temps puis se dirigèrent vers leur salle de cours.
- Alors tu vas cracher le morceau ?
- Je ne sais pas comment me comporter. Entre on doit faire semblant qu'on a pas été piégé et peut-être même qu'ils ont essayé de nous tuer ensemble, faire semblant que je ne suis pas inquiète pour les autres, faire semblant qu'Alice ne me fait pas de la peine et surtout faire semblant que je déteste Potter, je ne sais pas comment être normale.
- T'inquiètes moi aussi, je ne sais pas comment je dois faire semblant de ne pas fouiner et surtout je meurs d'envie de savoir comment Rémus a été piégé et pourquoi Alice et Peter étaient épargné… Qui a fait ça ? Quelles sont les théories de Dumby ?
- Mademoiselle McKinnon, si vous voulez bien me suivre je vous dirai peut-être pourquoi « Dumby » vous demande de rester discrets…
- Oh me…
- Mademoiselle McKinnon ! Hurla Minerva.
Marlène et Alice se retrouvèrent assises dans le bureau de leur directrice chacune regardant dans une direction opposée.
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Vous devez me donner tous les renseignements de votre enquête sur la taupe ou les membres du Lautus.
Alice fronça les sourcils.
- Je ne cherche plus. Répondit-elle du tac au tac.
- Je ne dirai rien en sa présence. Débita Marlène.
- Tu es sérieuse ? S'exclama Alice.
- On ne peut plus sérieuse !
Minerva qui a toujours cru qu'elles étaient meilleures amies fronça légèrement les sourcils et leva une main au ciel.
- Donc au moment où il se passe plusieurs choses inexplicables et où vous voyez les choses et les gens se décimer devant vous, vous avez décidé de vous chamailler et de vous éloigner de vos amis ? Demanda la directrice de leur maison avec un ton lourd de reproche.
Les deux filles ne surent que répondre. Et chacune d'elle haussa ses épaules. Minerva leva les yeux au ciel et fut tenté de les expédier quand elle se rappela du parchemin… Elles étaient importantes, elles ne le savaient pas encore… Mais elles étaient importantes.
- Vous avez dix minutes. Je ne suis pas votre professeur, je ne suis pas votre directrice de maison, je vais vous aider à arranger ce qui peut être arrangeable. Fawley, commencez.
- Je…
Prise au dépourvu, Alice sentit la moutarde lui monter au nez.
- Je…
- Ce n'est pas nécessaire professeur. Déclara Marlène. C'est question de perception, nous n'avons pas la même vision de la vie.
- Ou de la mort. Se moqua Alice.
- Tu crois que je n'ai pas peur moi ? Tu crois que Lily n'a pas peur ? Pourquoi tu penses que tu es la seule à devoir tout foutre en l'air
- Votre langage !
- Désolée professeur. Tu n'es pas la seule, mais tu veux t'isoler ok. On a compris. Continua Marlène.
- Je ne pense pas qu'Alice veuille s'isoler à part si elle pense ne pas être comprise.
- Exactement.
- Alors parle. Beugla Marlène.
- Venez me voir à la pause déjeuner. Interrompit leur directrice en regardant sa montre. Vous devez aller en cours à présent, mais revenez à mon bureau dès la fin de vos cours, j'ai des choses à vous montrer.
Minerva regarda les deux jeunes filles partir et se demanda si elle n'était pas en train de devenir un peu trop maternelle avec ce groupe-là. Elle ouvrit la porte de son tiroir et ouvrit quelques boites contenant des correspondances de parents, elle chercha ceux concernant McKinnon et Fawley et décida de les aider autant qu'elle pourrait pour atténuer leurs peurs et solitudes. Elle savait que Dumbledore se chargeait de les tester, mais elle veillerait aussi à les préparer émotionnellement.
A l'autre bout de l'école, Evelyne Dean mis un pied dans le couloir de l'école pour la première fois depuis une éternité et contrairement à son retour après les attaques du Lautus, cette fois-ci, plusieurs personnes venaient la voir en lui souhaitant la bienvenue. Elle sourit faiblement à tout le monde et se rendit à la salle commune de Gryffondor en priant qu'on ne lui pose pas encore une fois un million de question. Elle resta assise sur un fauteuil attendant l'arrivée de deux personnes en particulier.
- Oh mon dieu Evelyne !
Ronald se jeta sur sa nouvelle « amie » en l'enlaçant fortement. Elle se laissa aller et déposa son cou sur son épaule puis finit par se rasseoir en lui demandant des nouvelles de Poudlard. Quelques heures plus tard, James et Lily arrivèrent avec un intervalle de quelques minutes seulement.
- James, Lily !
Les deux jeunes adolescents se retournèrent en même temps et se dirigèrent simultanément vers elle chacun quittant son groupe d'ami sans jamais se regarder.
- Enfin !
Lily s'avança et tendit sa main à Evelyne qui la prit et l'attira vers elle.
- Je peux faire un câlin quand même à ceux qui m'ont sauvé la vie pour la deuxième fois.
- Je t'avais pourtant demandé de ne pas te faire tuer en début d'année. Déclara James en l'étreignant à son tour.
- Je ne sais pas comment vous remercier vous deux. Attends, je crois que je sais, vous allez vouloir me poser des questions sûrement. Alors, je vous raconte ce que je sais.
Evelyne leur demanda de la suivre dans le fond de la salle près des escaliers ou personne ne se trouvait.
- Je n'ai vu personne m'empoisonner et je n'ai pas essayé de me suicider.
- Ça aurait été complétement maso de ta part, cette plante est horrible et puis c'est le moyen le plus débile pour se suicider je pense. Déclara Lily.
Evelyne ricana tout en hochant la tête en signe d'affirmation.
- J'ai reçu la lettre de la mère de Greg, mais en parlant à Dumbledore, je commence à me dire que je ne l'ai pas réellement reçu.
James et Lily froncèrent les sourcils en même temps.
- Je ne l'ai pas reçu via hibou, je l'ai trouvé dans mes affaires et j'ai pensé l'avoir récupéré avec mon courrier du matin, mais c'est pas possible parce que j'ai changé de sac justement et pourtant je la trouve chez moi, bref… Il est peu probable que…
- Tu as encore la lettre ? Coupa Lily.
- Non elle est chez Dumbledore.
- Tu peux la récupérer ?
- Euh… Je crois… Pourquoi ?
- Je voudrai vérifier quelque chose mais dès que j'en sais plus je te dis promets.
- Oui… ok.
- Est-ce que tu es tiré d'affaire ? Demanda James.
- Oui, complètement.
Lily croisa accidentellement le regard de James. Ils pensaient à la même chose. Emily viendrait la tuer même si elle devait le faire elle-même. Ils se turent un instant.
- Je pense que tu devrais demander à être dans le dortoir de la préfète en chef.
- Fawley ne veut toujours pas de moi ? Demanda Evelyne innocemment.
- Non, non, mais… Commença Lily.
- Mais nous pensons que tu as été empoisonné donc quelqu'un te veut du mal, quelqu'un ici est encore en train de venger Emily, on a aucun indice, et le moyen le plus sûr c'est de n'être avec aucune filles dans les dortoirs, en tout cas pas les dortoirs communs.
- Exactement.
- J'avoue que je ne me sens pas complétement à l'aise ici. C'est à en devenir parano. A mon réveil, j'ai tout ressassé depuis l'anniversaire de Sirius, en pensant avec qui j'étais, ce que j'ai bu, mais la seule personne avec qui j'ai mangé et de qui j'ai douté, c'était Maisy au diner, mais on m'a dit que la plante est passé bien après, si c'était au diner, je ne serai pas là… Donc ce n'est pas elle.
- L'eau. Il y'avait de l'eau à côté de toi. Lança un James pensif.
- C'était la mienne. Corrigea Lily.
- Mais oui ! Maintenant que tu le dis, j'ai bu de l'eau quand je suis descendue à la salle commune.
- Tu as trouvé un verre et tu l'as bu ?
- Non, en réalité, il y'avait un chat je ne sais plus à qui il était qui rodait dans la salle commune, j'ai joué avec, ensuite j'ai trouvé une jolie tasse à fleur, j'ai jeté un Aguamenti et après j'ai sorti mes parchemins de mon sac…
- Un dimanche à l'aube après une soirée tu descends à la salle commune avec un sac plein de parchemins ? S'indigna presque James.
- Oui, je ne dors jamais longtemps, toujours stressée, et je voulais écrire à Greg encore une fois et là j'ai trouvé la lettre.
- ELLE ETAIT LA ! la personne qui cherchait à t'empoisonnait était là tout près de toi. S'énerva Lily.
- Le chat qui fait diversion, la tasse qui apparait avec une fleur en plus… Evans a raison.
- Vous… comment ça le chat qui fait diversion ?
- Tu dis que tu avais changé de sac, donc la lettre n'était pas dans ton sac de cours où il y'avait tes courriers… et soudain un chat qui rode dans la salle commune…
- Il y'a toujours des animaux que les gens oublient ou qui se promènent dans la salle commune… Déclara Evelyne.
- Oui, j'avoue mais la coïncidence est trop grande.
- De quelle couleur était le verre ? Demanda Lily.
- C'était une tasse marron avec une jolie plante verte.
- La jolie plante verte que tu as avalée !
- Mais non Lily, ce n'est pas…
Evelyne se tut.
- Tu as raison... Donc la lettre ne vient pas de chez la mère de Greg.
- J'en doute. Comment s'appelle la mère de Greg ? Demanda James.
- Laura.
- Tu la connais ?
- Oui, on s'était vu à Kings Cross, il m'avait présenté en tant qu'amie.
- Donc elle sait que tu connais son prénom, alors pourquoi signer sa lettre : la mère de Gregory. La personne qui a écrit cette lettre je ne pense pas qu'elle connaisse son prénom. Continua James.
Lily se mit à le fixer. Jusqu'à maintenant ils avaient encore une fois récolté des informations de chez quelqu'un sans se concerter et pourtant ils étaient sur la même longueur d'onde. Ils avaient cette espèce de chorégraphie de compléter les idées de l'autre comme si tout découlait d'une seule et même page, ce lien était irréel, presque magique. Sans omettre le fait que remarquer ce détail du « nom de Gregory » l'impressionnait d'autant plus. Ce jeune était très loin de l'idiot qu'elle pensait qu'il était.
- Mais tu as raison. Lily c'est pour ça que tu veux la lettre ? Tu as des doutes sur quelqu'un tu veux la comparer avec une autre lettre ?
- Oui un truc comme ça. Je n'ai pas de doute sur quelqu'un parce que moi aussi j'ai reçu la lettre en anonyme.
- Lautus existe encore… Conclut Evelyne en fixant le sol.
- Désolée de te plomber l'ambiance avec ça, alors que tu viens d'arriver. S'excusa Lily en faisant une moue.
La jeune fille haussa les épaules et tourna la tête de gauche à droite.
- Je ne suis pas tirée d'affaire James. Finit par dire Evelyne en répondant à la première question du jeune homme.
- Ne t'inquiète pas, aucun de nous l'est, mais on y travaille.
- Ce n'est pas rassurant. Lança-t-elle. Il faut que je cherche ce satané chat. C'est une piste, son propriétaire peut être la personne qui m'a piégé.
James et Lily hochèrent la tête en même temps.
- Si je me rappelle de quelque chose d'autre ou je trouve quelque chose je vous en informe. Et encore une fois, merci d'avoir pris ces risques pour moi, je vous suis redevable pour la vie.
Ils lui sourirent et Lily lui tapota l'épaule. Evelyne rebroussa chemin avant Lily et James les laissant pour la première fois, seuls depuis leur retenue. Ils ne dirent pas un mot chacun fixant un endroit quand James s'avança sans plus un regard vers elle. Elle sentit sa gorge se bloquer et un sentiment d'incompréhension l'envahir.
- Potter.
Il l'entendit et elle le savait puisque ses épaules se soulevèrent comme si un poids les écrasait. Il ne s'arrêta cependant pas de marcher alors elle ne réitéra pas et monta les escaliers.
- Attends.
Elle pivota dans la cage étroite d'escalier et se retrouva à une plus grande hauteur que lui. Il ne dit rien mais elle vit un combat prendre place au fond de lui. Il voulait lui dire quelque chose puis se reprenait. Elle continuait de le regarder sans broncher, elle ne savait pas si le fait d'avoir à moitié avoué à sa meilleure amie son attirance y était pour beaucoup, mais elle ne pouvait pas le cacher, elle avait le sentiment qu'il pouvait voir clair en elle.
- Tu n'arrives pas à te décider.
James avala de travers.
- Qu… Quoi ?
- Tu n'arrives pas à te décider est-ce que tu veux être cordial avec moi, ou bien ça en vaut pas la peine, trop de règles, trop lunatique, trop d'hystérie, pas trop fun, trop de drame. Déclara Lily en balayant l'air de sa main d'un geste voulu désinvolte.
- De quoi tu parles ?
- Tu crois que je suis un danger pour tes amis et donc tu m'as tenu à l'écart et m'en a voulu pour ce qui s'est passé à sainte-mangouste, ensuite on a eu un moment où on s'est pas entretué en retenue, et bien sûr il a fallu que tout le monde se fasse attaquer le jour de mon anniversaire et maintenant tu ne sais plus quoi décider, est-ce que tu m'en veux ou est-ce que tu t'en fous…
James émit un petit rire. Il avait envie de rétorquer : « tu es sûre tu es aussi intelligente qu'on le prétend ! » Il se passa la main dans les cheveux et se pinça les lèvres, il avait envie de tout lui dire, il avait envie de la secouer et lui dire pourquoi Damian ou Benjy, il avait envie de lui avouer, mais sa langue était bloquée. Combien de danger devra-t-elle courir encore avant qu'il n'ait le courage de se battre pour elle ? La réalisation le rendit encore plus muet.
- bon, bonsoir.
- NON ! Attends !
Il se racla la gorge, elle continua de regarder son manège un pied sur une marche, un autre pied sur une autre. Quel combat son esprit était-il entrain de mener ? Qu'elle était cette chose qui semblait le torturer mais qu'il n'arrivait pas à avouer ?
- Tu as tort.
