Le titre de ce chapitre est un pur clin d'œil au film « Quand Harry rencontre Sally », de 1989.
Chapitre 12
Quand Harry rencontre Drago
Comme proposé par Harry plus tôt dans la matinée, Drago et lui passèrent par la Grande Maison pour se confectionner des sandwichs. Un détail à l'intérieur de cette grande bâtisse traditionnelle rappela vaguement quelque chose au blond : la grande table au centre, les soigneurs et dresseurs tout autour se servant dans la multitude de plats.
« Ça rappelle un peu la Grande Salle, hein ? » lui fit Harry, souriant.
« Je ne m'en souviens plus…
- Oh, alors tu as vraiment oublié tout ce qui s'est passé avant… La fin de la guerre ?
- Parfois ça revient, comme une sorte de sentiment de sécurité ou de déjà-vu. Des fois, c'est comme un mauvais souvenir… Théodore m'a raconté beaucoup de choses, Blaise et Hermione aussi.
- Je sais qu'Hermione travaille souvent avec Zabini, c'est à peine surprenant de savoir qu'elle t'a aidé… Mais j'aurais aimé qu'elle me mette dans la confidence… Et qu'est-ce que tu te souviens de nous ?
- En mettant de côté ce qu'ils m'ont dit ? » fit Drago en croquant dans un petit morceau de coco. « Une salle en feu dans laquelle tu viens me chercher. »
Harry déglutit. Il se souvenait parfaitement de cet instant-là. Du corps de Drago pressé contre le sien, sa respiration contre sa nuque. Il secoua vivement la tête pour effacer ces souvenirs de son esprit. Ils finirent de prendre leur déjeuner puis Harry guida Drago jusqu'aux écuries et paddock. Le visage du blond s'illumina en apercevant les chevaux ailés. Il s'approcha de l'un d'eux, sagement contenu dans un box extérieur. C'était un grand cheval à la robe beige qui chercha immédiatement à lui chiper le casse-croûte qu'il tenait dans sa main droite. Drago rigola en lui caressant vigoureusement l'encolure.
« Théodore m'a dit qu'enfants, nous montions à cheval, » expliqua Drago, avant de prendre un air plus sérieux en se rappelant un grand carrosse tiré par des Abraxans. « Il y avait des Abraxans à Poudlard ?
- Seulement en quatrième année : ils tiraient le carrosse de l'école française.
- Je crois m'en souvenir… Et des Sombrals ! On avait des Sombrals ?
- Oui, ils tiraient nos calèches mais presque personne ne les voyait.
- Pourquoi m'emmener ici ? » questionna Drago en apercevant Harry s'approcher d'un grand enclos où chevaux ailés et hippogriffes broutaient tranquillement.
Harry passa sous la barrière, que Drago trouva parfaitement inutile puisque les animaux avaient des ailes. Puis, il lui expliqua que les hippogriffes et les chevaux ailés étaient le meilleur moyen de locomotion au sein de la Réserve. Un hippogriffe s'avançait déjà vers eux. Drago, qui allait passer la barrière, s'arrêta net en le voyant se faire caresser les plumes par Harry.
« Non, il est hors de question que je monte sur le dos de cette chose…
- Alors, comment veux-tu me suivre là où je veux t'emmener ? » demanda Harry, un peu moqueur. « Bucky est parfaitement inoffensif. »
Drago sourit en levant les yeux vers le ciel bleu, parsemé de quelques nuages. Il ne fallut que quelques minutes à Arrakis pour arriver jusqu'au village et se poser, tout en lourdeur, à côté du pré, complètement inutile, pensa Drago, pour chevaux ailés et du croisement dangereux d'un aigle et d'un équidé.
« Si tu permets, je prendrai mon dragon-taxi personnel, » s'amusa Drago en flattant le cou de son Opaloeil. « Arrakis est un véritable amour, lui aussi. »
Harry ouvrit et referma la bouche. Son regard vert passa rapidement du dragon à Drago et de Drago au dragon. Il fronça soudain les sourcils en pointant le blond du doigt.
« Attends, c'était toi le jour où j'ai failli me faire carboniser !
- Oui.
- Comment tu as fait ?
- Je lui ai juste demandé de ne pas te faire de mal, » expliqua Drago, omettant encore une fois un détail : celui de sa cape d'invisibilité.
« Tu m'as sauvé la vie…
- Tu en as fait de même, non ? On doit être quitte maintenant.
- Oui, ça me va. Balle au centre, » fit Harry en grimpant sur le dos de son hippogriffe.
Drago se hissa sur les écailles d'Arrakis et observa la créature mi-cheval mi-aigle prendre son élan et s'envoler. Le dragon attendit un peu avant de l'imiter. Arrakis prit un malin plaisir à se placer au-dessus de Bucky. L'ombre gigantesque du dragon semblait rendre nerveux l'hippogriffe qui s'agita pour prendre un peu plus d'altitude et se placer à une distance raisonnable du dragon. Cela amusa Drago qui caressa le cou d'Arrakis en lui demandant d'être sage, celui-ci feula. Les deux créatures volèrent durant de longues minutes. Ils passèrent d'abord au-dessus de la Grande Prairie, là où Harry fut fier d'annoncer à Drago qu'il travaillait chaque jour. Puis ils volèrent par-dessus une vaste forêt et un lac immense que Drago trouva sublime. De grands troncs d'arbres blancs se dressaient hors des eaux.
« Ça, c'est la « Forêt noyée », » cria Harry pour se faire entendre. « C'est un lac artificiel que les sorciers ont créé pour la Réserve, les arbres qui y vivaient autrefois sont fait de bois imputrescible. C'est pour ça que leurs troncs morts sont encore debout.
- C'est magnifique !
- Encore plus lorsque tu y navigues en pirogue ! »
En remontant vers le nord, ils passèrent près d'une montagne que Drago trouva fascinante : un de ses flancs était entièrement recouvert d'une forêt digne d'une jungle alors que l'autre était ensevelie sous une neige épaisse. L'hippogriffe de Harry se rapprocha d'Arrakis pour permettre au brun d'expliquer à Drago qu'en passant ici ils étaient à la frontière de la zone des Neiges Eternelles, où la Réserve était fière d'y abriter un couple de Yétis et une importante colonie de Salamandres des glaces. Drago acquiesça en ayant le sentiment qu'il appréciait la neige et le froid. Puis, ils retournèrent vers le Sud et survolèrent une longue rivière qui alimentait le lac et la Forêt noyée. Rapidement, la rivière paisible s'agita un peu plus et se transforma en succession de rapides et de cascades. L'hippogriffe d'Harry se mit alors à descendre lentement. Ils se posèrent en contre-bas d'une magnifique cascade, dont les flots venaient s'écraser contre des rochers noirs qui contrastaient avec la terre rouge sur la rive et la teinte bleue intense du bassin. Drago glissa sur le flanc d'Arrakis puis celui-ci s'avança dans l'eau et s'immergea à moitié.
« J'ignorais que les Opaloeils aimaient l'eau, » s'amusa Harry.
« Je l'ai déjà vu nager dans le lagon, plus rien ne m'étonne avec lui.
- Alors, tu voles souvent avec Arrakis ?
- La nuit, oui. C'était comme une échappatoire pour moi, » fit Drago en s'asseyant sur un rocher. « La Réserve de jour n'a rien à voir avec celle que j'ai vu la nuit.
- Chacun de ses recoins regorge de trésors, » confirma Harry en venant près de lui. « C'est fou : on vient de passer la matinée sans s'insulter…
- On était si terrible que ça ? » questionna Drago, curieux.
- J'ai failli te tuer, une fois… » avoua dans un chuchotement le brun. « Heureusement que Rogue est intervenu. J'ignorais que le sort que je te lançais ferait ça…
- Que s'est-il passé ?
- Je te soupçonnais de manigancer quelque chose pour Voldemort. Un jour je t'ai suivi jusque dans des toilettes, sans faire attention au fait que tu étais dans un grand état de détresse psychologique. On s'est battu en duel et je t'ai lancé un sort qui t'a tailladé tout le corps. Tu te vidais littéralement de ton sang… » Harry baissa la tête, honteux. Tout en écoutant le brun, Drago eut une sensation étrange sur son torse, là où une vieille la cicatrice zébrait sa peau pâle.
- Alors c'était un accident, rien de plus, » finit par trancher Drago pour chasser ce mauvais souvenir de leurs esprits. « Théodore a dit que je t'en voulais énormément d'avoir refusé mon amitié en première année. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi j'ai été si rancunier…
- Je crois que tu as dû vivre ça comme une humiliation. Le célèbre Harry Potter qui refuse l'amitié de l'homme le plus riche d'Angleterre pour devenir l'ami d'un traitre à son sang qui n'a pas un rond… Ca a dû mettre ton père en rogne.
- Théo a dit qu'il avait été furieux… Mais j'étais si odieux que ça ? »
Harry ne répondit pas tout de suite. Il chercha ses mots et tenta de se souvenir avec précision de ce qu'il avait ressenti les premières fois, en observant et en écoutant le petit Drago. Il soupira.
« Tu as été le premier enfant sorcier à qui j'ai parlé. Ce jour-là, Hagrid m'avait emmené faire mes achats pour la rentrée, je découvrais tout du monde des sorciers.
- Tu n'y vivais pas ?
- Non, j'ai été élevé par la famille moldue de ma mère. En une journée, j'ai découvert que j'étais à la fois un sorcier, riche et célèbre. C'était quelque chose de vraiment dingue. Et j'ai fini par croiser ta route. On était seuls chez une couturière pour nos robes d'étudiants.
- Et je me suis montré odieux tout de suite…
- Au contraire, je t'ai trouvé cool, » avoua Harry. « J'ai tout de suite voulu te connaître, en savoir davantage. Mais tu as fini par te moquer de la personne qui m'accompagnait. Ça m'a un peu refroidi.
- Je comprends.
- Et puis Ron a été le second enfant-sorcier avec qui j'ai fait connaissance. Il était sympa, il ne se prenait pas la tête. Il y a tout de suite eu le feeling entre nous. Finalement, tu as refait une apparition et tu t'es une nouvelle fois montré arrogant et insultant. J'ai refusé la main que tu m'as tendue. Je ne voulais pas te ressembler ou devenir comme toi.
- Parfois, je n'arrive pas à comprendre mon ancien moi. Je devais vraiment être con… »
A côté de lui, Harry se mit à rire. C'était un rire sincère, amical et chaleureux, véritablement amusé. Le brun essuya une larme au coin de son œil, tout en s'excusant.
« Je crois que « con » est la définition même des adolescents, non ?
- Les ados riches et pourris gâtés doivent être les pires.
- Ah si seulement Ron t'entendait, » s'amusa Harry.
Drago sourit en se tournant franchement vers lui. Un instant calme et silencieux s'installa entre eux. Un courant d'air fit bouger les cheveux fins de Drago et déplaça une mèche devant son visage. Sans réfléchir, Harry leva une main et fit glisser cette mèche derrière son oreille. L'ancien Gryffondor remarqua alors la cicatrice qui marquait l'œil du blond. Lentement son pouce se posa sur celle-ci et glissa doucement tout du long.
« Je suis vraiment désolé pour ce qu'il t'est arrivé…
- Tu l'as déjà dit plusieurs fois.
- Qui t'a fait ça ?
- Un autre prisonnier, pour un bout de pain je crois… Laissons le passé derrière nous, Harry. Il y a des choses dont je ne veux pas me souvenir, » avoua Drago.
Harry acquiesça avant de retirer sa main et de la tendre vers Drago.
« Salut, je m'appelle Harry, » fit-il avec un grand sourire.
« Moi, c'est Drago, » rigola le blond en lui serrant la main.
Drago rentra à la clinique le sourire aux lèvres. Il venait de passer une excellente journée, avait apprécié de découvrir la Réserve en pleine journée sans se cacher et surtout, il était heureux d'être désormais ami avec Harry. Le brun l'avait raccompagné jusqu'au petit jardin devant la maison coloniale et lui avait fait un signe de la main puis s'était éloigné rapidement en direction du cœur du village. Drago monta prestement les quelques marches du perron avant de sursauter en remarquant une silhouette dans l'ombre d'une colonne de la terrasse. Ayden s'avança et lui lança un regard amusé, tout en applaudissant.
« Je dois dire que je suis interloqué : tu as tenu cinq minutes sans insulter ni menacer Harry Potter. Chapeau, l'ami !
- Moque-toi donc, mais cela a duré bien plus de cinq minutes, » affirma Drago.
« Oh ?
- J'ai passé la journée avec lui.
- Et aucun meurtre à l'horizon ? » se moqua le magizoologiste. « Mon pauvre Drago, qu'ont-ils fait de toi ?
- Je repars seulement de zéro, Ayden. Mais dis-moi : que fais-tu ici ?
- Je suis venu voir un collègue, son état a empiré et Théo l'a hospitalisé. Ne t'en fais pas, j'allais rentrer dans mon humble case.
- Pourquoi ne restes-tu pas pour dîner ? » proposa Drago.
« Je ne suis pas totalement sûr que notre guérisseur adoré soit ravi de m'avoir à sa table…
- Qu'importe ce qu'il avait contre toi, ce n'est rien comparé à Harry.
- Ah ? Tu piques ma curiosité.
- Théo a maudit Harry, » fit le blond.
« Finalement, je prendrai deux fois du dessert, » plaisanta Ayden, en se décalant pour laisser Drago ouvrir la porte qui menait au logement.
A peine entré, le blond appela son meilleur ami et ajouta qu'ils avaient de la compagnie pour la soirée. Intrigué, Théodore sortit du salon et fronça les sourcils en remarquant la présence d'Ayden. Mais il finit par hausser les épaules en disant qu'il allait prévenir Tahia de mettre un couvert supplémentaire. Drago sourit en invitant Ayden à venir s'installer dans le salon. Le magizoologiste siffla en découvrant le confort de la maison qui était bien plus luxueuse que les cases mises à disposition des dresseurs et des soigneurs. Théodore revint avec une bouteille de Whisky pur feu. Ayden accepta le verre qu'il lui tendit et exprima sa surprise de ne pas voir le jeune médicomage boire avec lui.
« Je ne bois pas, » expliqua Théo. « Ça serait gâcher de ne pas servir ce whisky à notre premier invité.
- J'espère être invité plus souvent. Ça me changera de mon confort rudimentaire.
- Comment c'est, là où tu travailles ? » demanda Drago.
« Dangereux, les créatures que nous surveillons ne sont pas commodes. Certaines, même, sont particulièrement agressives envers les humains.
- Et il y a quoi comme animaux là-bas ?
- Manticores, chimères, dragons totalement sauvages dont quelques spécimens très rares. Nous avons même un basilic enfermé dans une grotte, de quoi rappeler de bons souvenirs ! »
Théodore leva les yeux au ciel, exaspéré par la remarque d'Ayden. L'ouverture de la Chambre des Secrets n'avait pas été si bien vécue que cela par les Serpentards. Elle avait même été à l'origine de nouveaux problèmes pour eux. Drago, qui ne s'en souvenait pas, demanda qu'on lui raconte ce qu'il s'était passé et but les paroles de ses deux amis. Quand ils passèrent à table, le blond sembla songeur avant de demander si Poudlard était vraiment un endroit sûr pour accueillir des enfants. Ayden en rigola alors que Théodore dressa la liste de tous les dangers qui avaient rôdés dans le domaine du château : un Troll dans les toilettes, un Basilic dans les tuyaux, des Détraqueurs et un Loup-Garou comme professeur, un tournoi mortel, une enseignante psychopathe qui adorait torturer certains élèves et, enfin, des Mangemorts… Non, Poudlard était, avec le recul, un endroit complètement inadapté pour des adolescents !
Le dîner se passa tranquillement et Ayden finit par repartir, non sans avoir repris une autre part de gâteau tahitien merveilleusement réalisé par l'elfe de maison. Drago le raccompagna jusqu'au perron et, après l'avoir salué une dernière fois, referma la porte. Théodore s'approcha alors de lui et ébouriffa ses cheveux.
« Je suis heureux que tu te sois fait un ami, même si vous l'étiez avant.
- En parlant d'amis, » commença Drago. « Ce n'est pas le seul que je me suis fait aujourd'hui.
- Oh ? Tu as rencontré d'autres dresseurs ?
- J'ai passé la journée avec Harry Potter.
- Et ?
- Il m'a proposé son amitié, » avoua Drago. « J'espère que tu n'es pas en colère…
- Pourquoi le serais-je ? » demanda Théo. « J'ai bien compris qu'il se sentait coupable de ce qu'il t'est arrivé. Tant qu'il ne te fait pas de mal, tu fais ce que tu veux.
- C'est vrai ?
- Et puis, même s'il dit fuir sa notoriété : ça sera toujours bon d'être ses amis si par malheur le Ministère de la Magie revient à la charge, pour une quelconque raison. »
Drago acquiesça, Théodore était bien fidèle à lui-même : toujours aussi pragmatique. Le blond finit par bâiller et le médicomage lui conseilla d'aller directement au lit. La journée en extérieur avait épuisé Drago.
Harry rentra rapidement à la case qu'il partageait avec Charlie. En arrivant devant le jardin de la clinique il avait vu la silhouette d'Ayden et, même s'il voulait encore passer du temps avec Drago, il préférait fuir la présence de Macfusty. Le dragonologiste des Hébrides était respecté mais très craint par ceux qui vivaient sur l'île principale. Le sorcier était de ceux qui ne vivaient que pour la protection des créatures magiques, qu'importe que cela soit au détriment des humains. Harry se souvenait encore de la colère noire d'Ayden lorsqu'ils avaient dû abattre l'éruptif qui avait causé le décès prématuré de la fille de l'ancien médicomage. Harry lui avait peu parlé depuis son arrivée à la Réserve mais très franchement, Ayden lui faisait suffisamment froid dans le dos pour le faire rebrousser chemin…
Lorsque Harry entra dans sa case, Charlie s'y trouvait déjà. Le dragonnier se massait un pied en grimaçant. Harry sourit en comprenant que son ami avait sûrement marché plusieurs kilomètres dans la montagne. Les pentes abruptes, les sentiers glissants et les cailloux coupants donnaient toujours du fil à retordre aux équipes affectées dans les montagnes. Harry préférait la plaine plus calme et paisible. Le brun alla s'asseoir sur la chaise vide près de son ami et lui demanda comment s'était passée sa journée. Charlie rigola en abandonnant son pied meurtri.
« C'est plutôt à toi que je dois demander ça ! Il paraît que tu étais en bonne compagnie ce midi ?
- Je ne vois pas de quoi tu parles, » mentit faussement Harry.
« Oh, un joli minois aux cheveux blonds. Ah, et qui vole sur le dos d'un Opaloeil qui a failli faire de toi son menu. Ça, ceux des paddocks l'ont vu ! Non, ça ne te dit rien ? » questionna Charlie. Harry sourit.
« Drago avait besoin qu'on l'aide pour ses tâches quotidiennes et que quelqu'un lui fasse visiter l'île…
- Oh, tu me joues la carte de la princesse en détresse, là ?
- Il n'a pas de baguette, comment veux-tu qu'il fasse les mêmes corvées que nous ?
- J'ignorais qu'il n'avait pas de baguette… En même temps, c'est assez logique : le Ministère n'a pas dû le laisser en reprendre une… Mais donc, tu as passé la matinée avec lui ? Sans que vous vous entre-tuiez ?
- Pire que ça, mon brave ami : nous avons passé la journée ensemble ! Et c'était cool.
- Oh…
- Quoi ?
- Vous êtes amis ? » demanda Charlie, d'un ton plus sérieux.
« On repart sur de bonnes bases, » rectifia Harry. « Mais oui, nous sommes bien partis pour être amis.
- Tu ne peux pas faire ça, Harry. Tu vas encore te faire du mal.
- Mais non !
- Oh, par Merlin, pitié ! Tu vas obtenir son amitié alors qu'on sait tous les deux que tu veux plus que ça.
- Je me contenterai de son amitié, » affirma Harry, en se levant pour aller vers son armoire.
« Tu sais que ça ne fonctionne pas comme ça, Harry. Tu étais fou de lui et je crois que tu es vraiment encore amoureux de lui. Son amitié ne sera pas suffisante parce qu'elle va te blesser. Elle nourrira un espoir qui te rendra triste. Drago est le premier gars dont tu es tombé amoureux. Et quand tu as compris que tu étais dingue de lui, complètement accro : c'était trop tard. Cet amour t'a rongé durant des années. Je te répète : son amitié ne te suffira pas. C'est sûrement l'amour de ta vie, ce type !
- Oh parce que tu sais, toi, ce qu'est l'amour d'une vie ? » questionna Harry, sur un ton moqueur.
Charlie ouvrit et referma la bouche. La pique du brun le surprenait et, étrangement, le blessait légèrement. Le rouquin était un célibataire endurci, tout le monde le savait ici. Il avait des coups d'un soir de temps en temps, quelques amis-amants lorsque le professeur l'envoyait de force prendre des vacances en Australie ou en Nouvelle Zélande, mais jamais rien de sérieux. Beaucoup pensaient, ici, et même sa famille, qu'il était plus amoureux des dragons que des humains. Pourtant, ces derniers temps, ses pensées étaient tournées vers une personne en particulier…
« Je ne suis pas doué avec les autres, nuances ! » rectifia Charlie, surtout pour soigner son égo. « Les dîners aux chandelles sur le bord de plage, ce n'est pas ma tasse de thé.
- Alors, c'est quoi ta tasse de thé ?
- Un gars qui parle pas beaucoup mais qui a un fort caractère, qui aime le sexe et qui casse pas la tête.
- Un mec asocial et accro au cul, » synthétisa Harry en plaisantant. « Nott est asocial mais je ne connais pas sa sexualité. Il répondrait à cinquante pour cent de tes critères…
- A ce que je sais, il aime le cul, » chuchota Charlie. Harry eut un mouvement de surprise.
« Mais non…
- Si tu savais !
- Ah non ! » fit le brun en fermant les yeux et en se bouchant les oreilles. « Je ne veux rien savoir ! C'est horrible ! Toi et Nott ? Eurk !
- Notre première fois, c'était…
- Tralalalalal tralalalala ! » cria Harry pour couvrir la voix de Charlie.
La nuit était tombée depuis deux heures. Mahina descendit de son cheval ailé. Elle lui caressa l'encolure tout en lui donnant un morceau de carotte. Il hennît en grattant la terre de son sabot. Il n'aimait pas l'endroit où sa cavalière l'avait emmené, le cœur de la forêt rouge abritait un démon, il le sentait. Pourtant, Mahina l'attacha à un arbre et continua son chemin à pied. Après quelques minutes, elle arriva dans une clairière où une maison en bois avait été construite. Elle s'avança lentement, l'homme qui vivait là avait sûrement entendu son arrivée depuis qu'elle avait commencé à survoler les premiers arbres. Elle passa devant plusieurs totems aux visages menaçants. Elle s'arrêta devant le chambranle de la maison et attendit un court instant. Une voix masculine, rauque et puissante, l'invita à entrer. Elle déglutit avant de s'avancer à l'intérieur, les membres de son peuple ne venaient qu'une seule fois dans leur vie ici, uniquement pour recevoir leur baguette.
Assis au milieu de la pièce, se tenait un homme d'une grande stature et pâle de peau. Devant lui, des plumes de griffons et d'hippogriffes, des crins de chevaux ailés et des écailles de dragons étaient soigneusement installés. Il leva ses yeux rouges vers Mahina et lui fit un signe discret pour l'inciter à s'asseoir. À peine fut elle installée sur la natte placée sur le sol qu'elle entendit la voix de l'homme dans son esprit.
« Mahina, fille du chef de la tribu du Lagon, héritière de Malia la divinatrice. Baguette en bois de Flamboyant, cœur d'écaille de dragon. Que me vaut ta venue ?
- Nous avons de nouveaux habitants au village des dresseurs. L'un d'eux dit avoir vu un phénix. Un phénix dont le plumage serait bleu. Se peut-il qu'il soit de retour ?
- Lono a quitté nos rivages et nos terres depuis des décennies, » fit la voix de l'homme sans même que ses lèvres ne s'ouvrent. « Parle-moi de ce garçon.
« Drago vient d'Angleterre, dans son sang coule la magie pure. Il a été enfermé durant dix ans dans une prison gardée par des créatures monstrueuses qui se nourrissent de la joie et de l'espoir et qui peuvent aspirer l'âme d'une personne.
- Lono ne se montre qu'aux personnes méritantes et dignes. Trouve un moyen, mais amène-le ici. Son sang me dira s'il est une menace ou une bénédiction.
- Je ferai comme tu le demandes, gardien. »
L'homme inclina la tête avant de lui faire signe de partir. Mahina posa alors le sac qu'elle avait pris avec elle puis se releva.
« Un présent de la part de notre clan. Puisses-tu veiller sur notre peuple pour les siècles à venir. »
Elle quitta la maison sans un regard en arrière.
Hello, it's me
Encore une nouveau chapitre, qui je l'espère va vous plaire
Ah ! pour une fois que je ne fais pas de Bashing, de retournement de situation à la con, que personne ne pleure dans les chaumières !
Cette fanfiction me change un peu des précédentes et je suis vraiment ravie du petit succès qu'elle obtient !
Surtout que je ne sais toujours pas jusqu'où je vais avec elle
Allez, si tu aimes : tu laisses un commentaire !
Tata bisous
