Dès qu'elle était arrivée et que tous les blocards s'étaient regroupés autour d'elle pour l'observer, elle n'avait pas aimé le sentiment que tous ces regards portés sur elle lui avait procuré. Principalement parce qu'elle s'était sentie mal à l'aise d'être le centre de l'attention. Comment dire que le sentiment qu'elle éprouvait à présent était le même, mais décuplé. En effet, se retrouver assise en face de la quasi-totalité des garçons vivant au bloc n'était peut-être pas la plus agréable des sensations. Newt l'avait amenée ici en lui expliquant qu'il s'agissait de la salle du conseil, et qu'elle allait être le principal sujet de celui qui allait maintenant se tenir. Elle était donc assise derrière un cercle de sièges où semblaient se réunir les personnes les plus influentes de cet endroit, attendant avec agacement que ce foutu conseil débute enfin. Finalement, un grand gaillard noir de peau se leva, faisant régner le silence sur l'assemblée. C'était le même type qui avait ordonné qu'on la jette au gnouf. Se rappelant des propos que Newt lui avait adressé en chemin, il devait s'agir d'Alby, le chef des blocards. Oui, c'était effectivement de cette manière que Newt avait désigné l'ensemble des types vivant au bloc.
-Bien.
La voix d'Alby résonna dans la salle faite de batons et de planches de bois, attirant l'attention de tout le monde.
-Le conseil se réunit aujourd'hui pour discuter du nouvel arrivant, ou plutôt de la nouvelle arrivante, reprit-il en s'adressant à la foule rassemblée sur les gradins en face de lui. Je sais que vous avez tous des questions. J'en ai pour ma part beaucoup. C'est pour cette raison que nous sommes tous là, afin d'éclaircir la situation et de balayer nos doutes.
Il attendit quelques secondes, puis se tourna vers elle.
-Le conseil peut commencer. Tout d'abord, j'aimerais que tu te lèves et que tu nous racontes tout ce dont tu te souviens.
Au milieu de cette ambiance lourde, elle se leva et sur un signe de main d'Alby, s'avança au centre du cercle.
-Hum... Je... Elle bredouilla, se sachant pas quoi dire, tout à coup intimidée. Il n'y a pas grand chose dont je me souvienne, fit-elle d'un ton plus assuré. La dernière chose que j'ai à l'esprit, c'est de m'être réveillée dans le noir, au beau milieu du labyrinthe. J'ai senti que les murs commençaient à se refermer sur moi, alors j'ai couru. Ensuite... j'ai cherché à savoir ce que je faisais ici, mais pas moyen de me rappeler de quoi que ce soit. J'ai continué à avancer sans vraiment savoir où j'allais, jusqu'à ce que je sois vraiment fatiguée et que je finisse par m'endormir contre un mur. Quelques heures après, Minho et Thomas me trouvaient.
Elle sentit un regard brûlant autre que celui d'Alby, et en chercha des yeux la cause. Assis dans l'une des chaises du cercle, Minho la fixait impassiblement. Sa tête reposait sur l'une de ses mains, sans qu'il n'ait pour autant l'air avachi. Elle détourna le regard et se re-concentra sur Alby, attendant la prochaine question. Puisqu'elle était coincée ici, autant en finir le plus vite possible.
-Minho, Thomas, vous confirmez ses propos? demanda Alby en se tournant vers le chef des coureurs, Thomas étant assis dans les gradins.
Minho se redressa dans sa chaise en un soupir.
-Je ne sais pas si ce qu'elle raconte est vrai, je peux juste attester que Thomas l'a trouvée endormie dans la section 7, et qu'il est ensuite venu me chercher.
Alby acquiesça d'un signe de tête.
-Thomas ? s'enquit-il.
-C'est bien ça. Ensuite on l'a réveillée et on est rentré aussitôt au bloc, répondit-il depuis le premier rang de l'assemblée, les avant-bras reposant sur ses cuisses.
-Vous n'avez rien trouvé de suspect dans les alentours ? interrogea Alby.
Les deux répondirent par la négative. Pendant un moment plus personne ne s'exprima, jusqu'à ce qu'une voix qu'elle ne connaissait pas encore se manifeste.
-Moi ce que je trouve suspect, c'est qu'elle n'ai rencontré aucun Griffeur.
Le front d'Alby se plissa à cette dernière remarque, et toute l'attention se focalisa sur celui qui venait de parler. Grand et musclé, assis dans l'une des chaises des membres du conseil, il avait la peau blanche, les cheveux blonds foncés et courts, les yeux bleus, mais surtout, des sourcils fins et arqués. On aurait qu'il les entretenaient régulièrement à la pince à épiler.
-Un Griffeur ? C'est quoi ça ? murmura-t-elle.
-Vous voyez ? Moi je dis que quelque chose ne tourne pas rond chez cette fille, répliqua celui aux sourcils bizarres en croisant les bras.
Elle poussa un court soupir discret.
-Tu penses que juste parce que je n'ai pas vu de "Griffeur" est une raison pour décréter que quelque chose ne va pas chez moi ? Vous voyez bien que je suis perdue et que je n'ai aucune idée de la raison pour laquelle je suis ici, alors pourquoi m'accuser?
-Gally, nous savons tous ce à quoi tu penses, intervint Alby d'une voix calme. Mais si elle est vraiment avec les Créateurs, peux tu nous fournir des preuves ?
Le dénommé Gally resta sans rien dire, l'air renfrogné et fermé.
-Bien. On ne sait pas pourquoi aucun Griffeur ne lui est tombé dessus, et je pense que nous devrions passer à autre chose à présent, continua Alby. Tu te souviens de ton nom ?
Elle secoua la tête.
-Il ne devrait pas tarder à te revenir, normalement. Est-ce qu'il y a quelque chose ici qui t'évoques un souvenir familier ?
- ... pas vraiment, non, répondit-elle.
-Le labyrinthe ne t'a pas donné une impression de familiarité ?
-Non, pas du tout, frissonna-t-elle.
-Pas même un visage ?
Elle prit le temps de balayer l'assemblée du regard, s'attardant une mili-seconde de plus sur le visage du coureur en chef, qui l'observait d'un air toujours aussi impassible.
-Non. Je ne reconnais personne, finit-elle par répondre. Je ne sais même pas à quoi je ressemble !
-Tu es sûre que tu ne te rappelle vraiment de rien ? insista Alby.
-Je me rappelle... je me rappelle quel goût a le chocolat, que quatre et trois font sept, ce genre de choses... mais je n'ai pas de souvenirs, poursuivit-elle d'un ton calme.
Elle aurait bien aimé que l'on cesse de lui poser sans arrêt la même question. Lui rappeler sans cesse qu'elle ne se souvenait de rien commençait à devenir frustrant, et s'il continuait ainsi, elle était sûre que les larmes finiraient par lui monter aux yeux.
-Bon. Nous pouvons à présent procéder à un vote. Qui pense que la nouvelle devrait rester ? questionna Alby.
Petit à petit, des mains se levèrent à travers la salle. Thomas fut l'un des premiers à manifester son accord. Puis ce furent Newt, Chuck, et d'autres visages qu'elle ne connaissaient pas qui se portèrent pour qu'elle reste. Minho aussi leva le bras, et elle ne sut dire si elle s'y attendait ou non. Après un court instant, la voix puissante du premier en chef retentit à nouveau.
-Au vu de la majorité écrasante, nous te déclarons la première blocarde, déclara Alby. Au vu de l'heure, le feu de joie n'aura lieu demain soir.
Un murmure enthousiaste courra dans la salle, et elle se sentit soulagée. Que se serait-il passé si l'avis général avait été contre le fait qu'elle reste ? Tout d'un coup, le raclement brutal d'une chaise sur le sol se fit entendre, et Gally déboula hors de la pièce sans lâcher un seul mot, bousculant ceux qui se trouvaient sur son passage. Il faisait partie des rares qui n'avaient pas levé le bras.
Newt, qui s'était levé pour la rejoindre, balaya ses inquiétudes :
-T'en fais pas, il est comme ça avec tout le monde. Je t'assure qu'il est presque impossible de citer cinq choses qu'il tolère à la suite.
Elle émit un petit rire.
-Bien, vous pouvez partir maintenant ! Ce qu'il reste à discuter n'est que d'ordre pratique.
Aux derniers mots d'Alby, les blocards commencèrent à quitter la salle du conseil. Alby se rapprocha ensuite d'elle.
-Tout le monde ici dort dans un hamac, excepté pour les matons, les chefs de chaque travail, qui ont une chambre à l'étage dans la grange. Chuck t'installera un hamac pour toi aussi. Je vais te faire faire le tour du bloc et t'expliquer nos règles, et on pourra ensuite aller manger.
Elle hocha la tête et ils sortirent à leur tour du lieu de réunion. Newt et les autres matons vaquèrent à leurs diverses activités tandis qu'Alby lui détaillait l'emplacement et la fonction de chacun des bâtiments qu'ils observaient en marchant. Il lui apprit qu'au cours des prochains jours, elle devrait essayer chacun des travails avant que les matons lui administrent celui pour lequel elle était le plus douée. Ainsi, elle passerait un ou plusieurs jours chez les bâtisseurs, dirigés par Gally, ensuite chez les sarcleurs de Zart, puis chez les medjacks de Clint, ou encore chez les torcheurs dont Chuck faisait partie ou chez les cuistos de Frypan.
-Nous avons trois règles, fit Alby tout en continuant à avancer. Première règle, tu fais ton boulot sans broncher. On ne peut pas tenir si chacun n'y met pas du sien. Deuxième règle, ne frappe jamais un autre blocard. On a besoin d'ordre ici. Troisième règle, ne va jamais derrière ces murs, conclut-il en s'arrêtant devant les portes du labyrinthe. Tu es la seule à avoir survécu une nuit dans le labyrinthe, et on ne sait pas pourquoi. Personne d'autre ne s'en est jamais sorti, déclara-t-il d'un ton lugubre. Bon, j'ai assez parlé pour aujourd'hui ! s'exclama-t-il. Si tu as des questions, sent toi libre de les poser à Newt, Thomas, n'importe qui. Minho répondra peut-être à côté histoire de t'effrayer, mais je pense que tu ne te laisseras pas marcher sur les pieds, j'ai raison ? rigola-t-il.
-Je pense que je m'en sortirais, c'est gentil, rétorqua-t-elle, le sourire aux lèvres. Elle avait la sensation qu'Alby l'avait prise sous son aile tout comme Thomas, ce qui lui plaisait. Il fallait bien quelqu'un pour contrebalancer l'attitude de Gally.
-Allez, je te raccompagne jusqu'à Chuck, sourit-il, une main sur son épaule.
Ce dernier était déjà en train de lui installer son hamac. Content de la voir arriver, il s'exclama aussitôt :
-Ah la nouvelle, tu es là ! Regarde, viens m'aider à finir d'installer ton hamac !
Désireuse de ne pas le laisser finir le travail tout seul, elle s'appliqua à nouer les deux bouts d'une corde au poteau juste à côté pour suspendre son futur lit. Une fois cela finit, elle vit que Chuck s'était déjà chargé d'apporter un sac de couchage qu'elle utiliserait si besoin en plus du hamac.
-Voilà, on a terminé, déclara-t-il. Tu vois le hamac juste à côté ? C'est celui de Thomas, c'était le nouveau avant que t'arrives. Et celui encore à côté, c'est le mien. Je suis bien content de ne plus être le p'tit nouveau, tu sais. C'est pénible de s'entendre appeler "le débutant" ou "le nouveau" à longueur de journée. Déjà qu'être torcheur c'est pas la joie, je te raconte pas !
Chuck la fit sourire. Il n'en finissait plus de déblatérer ! Il semblait être le plus jeune ici, et elle se demanda qui avait bien pu enfermer dans cet endroit des personnes de cet âge-là. Qu'avaient-ils donc tous fait pour mériter un sort pareil ?
-On devrait manger dans une demi heure environ, tu vas voir, la cuisine de Fryan est à tomber par terre. Je m'en lécherais les doigts ! continuait Chuck.
-Chuck ? l'interrompit-elle. Est-ce que tu sais où est-ce que je pourrais prendre une douche ? Je pense que j'en ai vraiment besoin, grimaça-t-elle, ce qui fit rigoler son interlocuteur.
-Oui, bouge pas, je vais chercher Newt pour qu'il t'accompagne. Il faut que je finisse de nettoyer le réfectoire avant le repas...
Elle acquiesça et s'assit en attendant dans son hamac. Ce dernier était situé tout au bord du toit qui les recouvrait tous, si bien qu'en se penchant un peu, elle pouvait apercevoir le ciel sans avoir à se lever. La nuit n'était pas encore tombée, mais on pouvait déjà apercevoir la Lune. Mais quand même, si seulement elle pouvait avoir une meilleur vue... Elle se pencha un peu plus en arrière.
-Hé bien, déjà la tête dans les étoiles la nouvelle !
Elle sursauta, et tomba en arrière. Newt éclata de rire, avant de venir lui prêter main forte.
-T'as peut-être pas ton pareil pour te débattre comme une enragée, mais il faut avouer que tu te laisse facilement distraire, la taquina-t-il. Allez viens, Chuck m'a signalé que tu avais besoin de prendre une douche.
Sur ce, il l'emmena dans un lieu assez reculé du bloc, près de la forêt. Elle aperçu effectivement une grande cabane faite de planches de bois.
-Tu peux y aller, je t'attendrais, fit-il d'un signe de tête.
Elle le remercia d'un sourire chaleureux avant d'entrer dans les douches. Celles-ci s'alignaient au nombre de six contre le mur, séparées par les cloisons de bois. En face se trouvaient trois grands lavabos. Elle referma la porte du bâtiment vide derrière elle, bien gardée par Newt. Ensuite, elle entra dans l'une des cabines du milieu et tira le loquet. Elle se déshabilla et fila promptement sous le jet d'eau qui se réchauffa rapidement. Passant les doigts à plusieurs reprises dans les cheveux pour les démêler, elle jeta un coup d'œil à l'étagère qui se trouvait à la hauteur de sa poitrine. Elle y trouva divers gels douches, qu'elle utilisa pour se débarrasser de toute la crasse accumulée. Farfouillant à la recherche d'un shampoing pour ses cheveux mouillés, elle mit la main sur un récipient qui indiquait shampoing beurre de karité - noix de macadamia. Pour des cheveux brillants et resplendissants. Pouffant de rire devant cette appellation, elle ouvrit la bouteille et huma le contenu. Une délicieuse odeur veloutée s'en échappa, douce et légère, avec une pointe de noisette. Elle s'en versa aussitôt dans la main et prit soin de bien faire pénétrer le produit dans ses cheveux, tout en y passant la main pour éliminer les nœuds au maximum.
Une fois son corps tout entier parfaitement propre, elle commença alors à nettoyer ses affaires. Elle s'arrêta soudain au beau milieu de ce qu'elle était en train de faire et se frappa le front du dos de la main. Elle venait de se rendre compte qu'à part ses sous vêtements, elle n'avait désormais plus rien de sec à mettre.
-Bravo, maugréa-t-elle à voix basse. Bien joué ! Je fais quoi maintenant moi ? Me balader juste dans une serviette autour du bloc ? Mais oui, quelle bonne idée avec une cinquantaine de mecs tout autour !
Il ne restait plus qu'une solution. En soupirant, elle sortit de sa cabine, entrebâilla la porte d'entrée, ne laissant dépasser sa tête par l'ouverture. Newt leva les yeux en entendant la porte grincer.
-Newwt, fit-elle en grimaçant.
-Oui ? répondit-il, l'air tout à fait amusé.
-J'aurais besoin que tu me rendes un service...
-Dis moi, répondit-il aussitôt, préoccupé.
-Eh bien, j'ai voulu laver mes affaires... et maintenant je n'ai plus rien à me mettre.
Il éclata de rire, son sourire s'élargissant jusqu'à ses oreilles.
-Je vois, s'esclaffa-t-il, je reviens tout de suite.
Il s'en alla aussitôt vers la ferme, en rigolant à moitié tout le long du chemin. Elle profita de ce temps pour se sécher les cheveux à l'aide d'une autre serviette, et se mit en quête d'une brosse ou d'un peigne pour avoir l'air plus présentable. Elle se rappela en avoir repéré une sur la même étagère où elle avait déniché le shampoing, et retourna de ce pas dans la cabine pour s'en emparer. Une fois ses cheveux démêlés, et savoura le plaisir de se sentir la tête légère, et de pouvoir toucher ses cheveux sans sentir un sac de nœuds à chaque centimètre carré.
-Eh, la nouvelle ? entendit-elle.
Elle ouvrit tout de suite la porte sur un Newt tenant dans sa main des vêtements nettement pliés.
-J'ai pris ce que j'avais de plus petit, l'informa-t-il. Je me doute que ça sera toujours trop grand mais tu devrais t'en sortir, se moqua-t-il avec un sourire en coin.
-Merci, s'exclama-t-elle. Je ne tenais pas vraiment à défiler à moitié nue au repas de ce soir, rit-elle. Heureusement que tu m'as accompagné, et pas Gally ou Chuck. J'aurais eu l'air vraiment bizarre dans les vêtements de Chuck !
-Bon allez, arrête de déblatérer et enfile moi ça, rigola-t-il en lui fourrant les vêtements dans les bras.
Elle le remerciant encore d'un sourire, et retourna s'enfermer pour s'habiller. Elle enfila ses sous-vêtements qu'elle portait déjà la veille, et passa le short kaki et le tee-shirt blanc que Newt lui avait procuré. Elle parvint à faire tenir le short sur ses hanches, et fit un nœud au bas du tee-shirt pour qu'il ne tombe pas jusqu'au milieu des cuisses. Le tout était un peu grand, mais cela lui convenait parfaitement pour l'instant. Elle reviendrait chercher ses affaires en train de sécher plus tard. Elle rejoignit Newt, qui s'esclaffa de nouveau en l'apercevant. C'est ainsi, en plaisantant et riant, que les deux se dirigèrent vers le réfectoire où le repas se tiendrait d'une minute à l'autre. Ils croisèrent au passage un groupe de coureurs qui firent signe de la tête à Newt. Certains la reluquèrent même de haut en bas, puis de bas en haut. Arquant un sourcil en direction ce ceux qui l'avaient regardé de la sorte, elle passa son chemin, Newt sur ses pas. Ils allèrent prendre une assiette, qu'ils tendirent à Frypan pour qu'il la remplisse. Une fois ceci fait, Newt la conduisit vers une table du fond sur la gauche, où il semblait avoir l'habitude de s'asseoir. Au fur et à mesure qu'ils commençaient à manger, Thomas les rejoint, accompagné de Minho et de Winston. Thomas prit place en face d'elle, Winston à côté de lui, et Minho à la droite de Newt.
-Alors la nouvelle, contente de ton premier jour ? s'enquit le maton des trancheurs. Oh excuse moi, je suis Winston, lui sourit-il.
-Alby me l'a dit, lui sourit-elle en retour. Et quant à ce premier jour, je pense que demain sera meilleur, termina-t-elle en générant quelques rires autour de la table.
Ils continuèrent à discuter légèrement entre eux, jusqu'à ce qu'elle décide d'aller débarrasser son assiette. Elle se leva donc, et passa derrière Newt et Minho. Soudain, une main lui agrippa brusquement le bras, manquant de lui faire tomber tout ce qu'elle avait entre les mains. Elle se retourna vivement, interloquée, pour trouver Minho debout, le visage très près du sien. Écarquillant les yeux, elle le vit lâcher son bras pour saisir délicatement une mèche de ses cheveux presque secs à présent. Il porta les cheveux jusqu'à son visage, semblant en respirer l'odeur. Trop stupéfiée pour réagir, elle resta plantée devant lui sans rien faire.
-Je rêve ou tu as utilisé mon shampoing ? s'enquit-il, la voix grave.
Elle rougit d'un seul coup.
-Je suis désolée, répondit-elle en sentant tous les yeux sur elle une fois de plus.
Ses yeux marrons clairs étaient plongés dans les siens, et elle se sentait presque hypnotisée. Un petit sourire en coin apparut ensuite au bord de ses lèvres à elle, et elle continua :
-Je demanderais la permission la prochaine fois.
Des rires éclatèrent au quatre coins de la salle, et Newt faillit s'étouffer en l'entendant. Elle s'éloigna d'un pas tranquille, laissant en plan le coureur derrière elle. Les pommettes rouges, les dents serrées, il ne semblait pas apprécier de se faire rembarrer aussi facilement par la seule fille.
