Salut à tous ! :)

Je suis heureuse de vous retrouver (enfin) pour ce nouveau chapitre !

Je ne suis absolument pas prête à publier de façon hebdomadaire, encore une fois, merci à ma santé mais je vais tâcher de vous donner un chapitre par mois, donc le 20.

Les personnages de la série The 100 ne m'appartient pas, seule l'histoire est à moi.

Je remercie tout particulièrement MaraCapucin d'avoir accepté d'être ma bêta et de relire chaque chapitre de cette fiction pour que la lecture vous soit plus agréable.

Je vous souhaite une bonne lecture et je vous retrouve en bas ! :)


Ne me regarde pas

Partie n° 4 : Injustice des têtes coupées

How I wish, how I wish you were here Comme j'aurais aimé, comme j'aurais aimé que tu sois là

We're just two lost souls Nous ne sommes que deux âmes perdues

Swimming in a fish bowl Nageant dans un aquarium

Year after year Année après année

Running over the same old ground Courant sur la même terre usée

What have we found ? Qu'avons-nous trouvé ?

The same old fears Les mêmes vieilles peurs

Wish you were here J'aurais aimé que tu sois là

Pink – Wish You Were Here

Chapitre 76 : Renversement

Il arrive que l'on rencontre quelqu'un et un seul regard suffit pour que votre monde mais aussi celui de tous ceux qui vous entour bascule. Parfois le chamboulement est mesurable et contrôlable, d'autre fois il est juste cataclysmique ruinant jusqu'à votre plus profonde conviction.

Pour le meilleur ou pour le pire, c'était un de ceux-là qui allait se produire sans que personne ne puisse rien y faire ou même ne puisse savoir avec certitude ce qui allait ressortir comme bouleversement quand ces deux regards si particuliers allaient finalement se croiser. Ce serait une révolution c'était une certitude, reste à savoir si des têtes allaient tomber ou si des vies par milliers allaient être sauvée. Quoi que… les deux options n'excluait pas l'autre.


Je suis agitée. Pour dire la vérité, nous sommes tous, en tout et pour tout, agités. Et ce, sans la moindre raison apparente. Il s'agit d'instinct primitif. Nous savons que quelque chose d'énorme va arriver sans savoir de quoi il s'agit et c'est entrain de perturber nos sens mais pas seulement. Comme des foutues moutons nous déambulons à l'extérieur, certain lève les yeux au ciel comme si la menace invisible allait en tomber, d'autre scrute le sol attendant je ne sais quelle réaction de sa part.

Pour ma part, j'essaye de rester le plus stoïque possible. Je suis bien droite, appuyer contre un arbre parce que oui, rester enfermer me semble impensable. Je tournerais complètement folle si je devais rester cloitrée entre quatre murs. Je suis enceinte jusqu'aux dents, je rêve d'être allongé tranquille dans mon lit et de me blottir contre ma femme mais non ! Je suis exactement comme tous les autres, je bouillonne de l'intérieur sans aucune raison apparente. Je peine à rester en place et mon instinct me hurle qui va se passer quelque chose, si ce n'est de grave d'au moins cataclysmique.

Alors j'attends comme tous les autres que ce « quelque chose » hypothétique apparaisse mais rien. Nous sommes tous dans cet état lamentable depuis des heures et… rien ! En plus de l'agitation ambiante, je sens que l'impatience et peut-être même une pincée de colère sont entrain de pointer leurs bouts de leurs nez. Nous sommes tous là à tourner en rond sans raison et Diable ce que ça m'agace, même les humains sont là à faire les cent pas et c'est un signe qui ne trompe pas si même eux sont capable de sentir que quelque chose va nous tomber sur le coin du nez c'est forcément énorme.

-Tu me stresses a resté sur place.

-Tu me stresses a passé de Clarke, à moi, puis à Raven comme un schéma récurant, je réponds sans même y réfléchir.

-Je n'arrive pas à comprendre comment tu peux tenir en place, souffle Lexa, tu ne sens pas ce… d'ailleurs, je ne sais pas ce que s'est !

-Je vois que je ne suis pas la seule à sentir que cette situation va finir par me faire imploser.

-Tu n'es pas la seule, elle confirme. Dis-moi comment tu fais pour tenir en place, par pitié. Je vais devenir folle.

-Je suis très enceinte, je réponds sarcastique, aux dires de ma fille qui vient du futur, à deux jours du terme alors je vais éviter de prématurer un accouchement qui m'enchante déjà d'avance.

-Je vois, elle parvient à sourire. Tu, elle hésite, ce n'est pourtant pas son genre, tu te sens prête ? Pas pour l'accouchement, je me doute que tu as déjà imaginer comment tuer Abby après l'épreuve passée ou même Raven, elle me fait un clin d'œil, mais pour le reste, une pause un peu plus longue se forme mais je ne dis pas un mot sachant que Lexa n'a pas fini, devenir mère.

-Honnêtement, je passe ma main sur mon ventre tellement arrondit que s'en est presque ridicule, je flippe un max.

-Anya, elle écarquille les yeux, tu ne devrais pas dire ce genre de choses, il y a un tas d'oreilles indiscrètes.

-Crois-moi, toutes les personnes qui m'entoure ont bien conscience de la situation, Rae en première ligne. De son côté, elle semble tellement persuadée qu'absolument tout va bien se passer que s'en est presque agaçant. Sérieusement, je soupire, j'ai presque dû la supplier pour agrandir notre famille, et tout ce qu'elle trouvait à dire c'est : non, non, non, et devine quoi : non ! Et maintenant, rien. Le flipomètre est à zéro. C'est incompréhensible en conséquence… je suis encore plus angoissée.

-Okay, elle laisse trainer. Tes hormones m'ont l'air encore plus instable que ces derniers jours.

-Laisse mes hormones là où elles sont, tu veux ! Tu arrives à savoir ce qui nous met tous dans cet état ?

-Non, malheureusement. Je me suis rarement sentie à ce point agitée. C'est comme si…

-Si, je reprends après un trop long temps d'attente, comme si quoi ?

-Je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens, conclut-elle. C'est… déstabilisant mais si je suis agitée, elle fronce les sourcils, je… il n'y a pas de danger. J'en mettrais ma main à couper.

-Dans ce scénario, ta main repousse ou non ?

-Sérieusement Anya ? C'est une expression, rien de plus.

-Je sais, je soupire.

-Parce que tu te sens en danger toi ?

-Pas vraiment. Mais… je n'aime pas ce sentiment, vraiment pas. D'autant plus que, je jette un rapide coup d'œil vers elle, il y en a au moins une qui semble parfaitement calme. Je vois bien qu'elle est là simplement pour ne pas faire de vague.

-Vraiment, elle s'agite dans tout les sens pour trouver cette personne si particulière, qui ?

Je ne réponds pas. Je n'en connais pas la raison. Je ne me soucis pas du fait que Lexa puisse foncer vers elle pour en savoir plus et pourtant, j'hésite. Parce qu'en vérité, c'est je crois la première fois qu'elle me parait si sereine. Je n'ai pas envie de l'arracher à cette accalmie même si c'est en total opposition avec ce que nous pouvons tous ressentir.

Elle a changé. Ou du moins, je ne m'obstine plus à la voir tel qu'il m'arrange de la percevoir pour qu'elle colle parfaitement à ce que je sais d'elle. Je pense que c'est en grande partie grâce à son rapprochement avec Melina mais aussi avec Raven que je fais tout mon possible pour la voir sous un autre angle.

D'ailleurs, elle est en ce moment même avec ma femme. Leur conversation semble apaiser Raven, je le sens dans toutes les fibres de mon corps, c'est la seconde raison qui me pousse à ne pas la donner en pâture à Lexa.

Pourtant, je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi alors que tout le monde est sur les nerfs, elle peut être aussi calme. Je ne comprends pas. A défaut de parvenir à l'aborder, j'ai pris l'habitude d'énormément l'observer. J'ai remarqué que lorsque personne ne fait attention à elle, son attitude change et ce n'est pas l'ordre du minime. Je n'arrive simplement pas à comprendre pour quelle raison elle s'acharne à porter ce masque qu'elle ne s'accorde à retirer qu'une fois qu'elle est persuadée d'être seule.

-Anya, m'appelle Lexa ce qui me fait sursauter et poser une main protectrice sur mon ventre, vas-tu me dire de qui il s'agit.

-Non, je me contente de souffler en détournant les yeux.

-Sérieusement, s'offusque ma sœur.

-Hey, je suis surprise par la rapidité d'intervention de Raven, tout va bien ? Pourquoi tous ces cris ? Vous n'haussez jamais la voix l'une contre l'autre.

-Je ne sais pas si tu as remarqué, reprend Lexa avec ironie, mais personne n'est dans son état normal aujourd'hui.

-Dois-je t'éloigner de ma femme ?

Je perçois sans mal la menace sous-jacente. Je suis toujours attendrie quand Raven cherche a me défendre, d'autant plus depuis que je suis enceinte, même mon loup accepte parfaitement cette situation. C'est assez exceptionnel pour être souligné.

-Bien sûre que non, s'offusque Lexa, je ne ferai jamais de mal à ma sœur.

-Oui mais si, Rae sourit en se rapprochant, posant sa main sur la mienne, croisant mon regard au passage, personne n'est dans son état normal, je devrais peut-être me méfier.

-Vraiment ? Mais qu'est-ce que vous avez toutes les deux ? Vous êtes très agaçante, décrète-t-elle, je vais allez voir Clarke !

Avant même que nous puissions lui répondre qu'elle peut tout aussi bien rester, elle est déjà loin. La main de Raven devis pour caresser avec beaucoup d'amour mon ventre. C'est assez étrange depuis peut-être deux semaines, la magie semble se transférer entre le petit être qui grandit en moi et sa seconde mère. La sensation est inhabituelle mais je l'apprécie. Si la manifestation de la magie de Rae a toujours été d'un rouge éclatant, celle de notre enfant à venir est plus sombre, elle tire vers le violet.

Le mélange des deux est magnifique.

En arrière-plan, j'aperçois Skye près de son vampire. Je fronce les sourcils avant de reporter mon attention sur la magnifique manifestation qui se produit entre la main de ma femme et mon ventre. C'est bizarre quand j'y pense. Je n'ai jamais vu Skye utiliser la magie, d'ailleurs il ne semble y avoir que le chaos en elle pourtant je sens parfaitement le pouvoir des sorcières bouillonner dans cette petite fille qui va rapidement nous rejoindre. Je pourrai presque croire qu'elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre alors même qu'elles ne sont qu'une seule et même personne avec vingt ans d'écart.

-Tout va bien Anya, demande tout doucement Raven.

-Je suis juste un peu fatiguée, je réponds sans détoure en prenant doucement sa main dans la mienne. Je suis inquiète aussi mais pas toi et j'avoue que ça me rend perplexe.

-Tu rigoles, elle écarquille les yeux, je n'arrête pas de faire le même rêve, notre petite fille arrive enfin, Abby me tend le bébé et je suis incapable de la prendre, un coup parce qu'elle disparait, l'autre parce qu'à chaque fois que je m'approche elle s'éloigne, parfois c'est parce que l'idée, elle ressert ses doigts entre les miens, de la toucher m'est insupportable. Tu imagines, je décèle parfaitement une profonde peur dans ses yeux, quel genre de mère est-ce que ça ferait de moi, si je n'arrive pas à toucher mon enfant ?

-Rae, je souffle, je n'arrive pas à croire que j'ai pu ignorer tes doutes. Pourquoi tu n'as rien dit ?

-Parce que, cette fois c'est une forte détermination qui fait étinceler ses iris, j'ai bien l'intention de te faire passer avant tout le reste jusqu'au dernier instant, après les choses ne seront plus jamais pareil.

-Tu en as toujours peur, je comprends. Je n'arrive pas à croire que je n'ai rien vu…

-Peur n'est pas le bon mot, elle force un sourire. Mais j'ai l'intention de gâcher aucun instant qui me sera accorder de passer à tes côtés.

Raven n'en dit pas plus mais je sais. Il n'y a aucun doute possible. Nous n'avons jamais véritablement abordé le sujet et pourtant cette menace invisible plane au-dessus de nous depuis plusieurs mois. Celle de ma mort dans un avenir plus ou moins proche.

Je suis tellement en colère de savoir qu'un jour, je serai obligée de laisser cette femme si merveilleuse qui est la mienne complètement seule. C'est tellement injuste. Mais en même temps… c'est aussi pour cette raison que cette enfant est une bénédiction parce que je me suis trompée un peu plus tôt, Raven ne sera pas complètement seule, elle aura nos enfants pour la soutenir et l'aider à avancer.

-Et si, je souffle, nous nous contentions de vivre au jour le jour.

-C'est ce que je fais, elle m'assure en venant doucement m'embrasser sur les lèvres. Je profite de chaque instant. Je t'aime.

-J'aime tellement t'entendre dire ces mots, je murmure en la prenant dans mes bras.

-Je ne déteste pas non plus les entendre, me titille-t-elle joueuse.

-Evidemment que je t'aime Raven, je ferme les yeux, me délectant du calme qu'elle parvient à me faire ressentir malgré cette agitation inexplicable qui continue de frétiller dans tout mon être sans raison, je t'interdis d'en douter, ne serait-ce qu'une seconde. Et puis, je me redresse joueuse, en tapant gentiment son épaule, lui lançant un regard faussement noir, c'est moi qui devrais douter Madame : « Raven Reyes à la limite Reyes-Lucas ».

-Tu comptes me faire payer cette maladresse jusqu'à la fin de ma vie ?

-Sans le moindre remord !

Raven secoue doucement la tête de droite à gauche. Je découvre un sourire amusé qu'elle ne prend pas la peine de dissimuler. C'est après coup que je remarque qu'elle est véritablement beaucoup plus calme, non seulement de moi, mais aussi et surtout qu'un peu plus tôt. J'ai du mal à concevoir qu'elle ait véritablement pu avoir ce genre d'influence sur Raven. Si c'est le cas, je pourrai bien virer jalouse ou pire encore.

Il y a des limites à ne pas franchir et clairement, s'octroyer la réussite de faire disparaitre cette agitation que tout le monde subit depuis l'aube en est une ! Je veux bien être gentil, patiente et tout le blabla mais il ne faut pas déconner non plus ! Et je ne sur-réagit pas du tout parce que mon loup est sur les dents sans aucune raison, ce serait absurde. Ni parce que le fait que de me sentir comme une baleine empotée qui voudrait entrer dans une boutique de porcelaine. Et, j'en ai rien à foutre que normalement dans ce scénario, il s'agisse d'un éléphant ! Croyez-moi, quelque soit l'animal imposant, si celui-ci était tout comme moi, à deux jours de donner la vie, il ruinerait tout sur son passage !

-Outch, grimace Raven, qu'est-ce que j'ai fait ?

-Rien du tout, je m'empresse de répondre. Qu'est-ce qui te fait croire le contraire ?

-Tu bouillonne, elle sourit en venant doucement embrasser mon front, ta petite tête est sur le point d'imploser. Je le sens.

-D'abord, je m'écarte, ma tête n'est pas petite.

-Ah oui, elle rit, c'est à ce point ?

Pendant une seconde ou peut-être un peu plus, j'oublie absolument tout de mon ressentiment tout à fait justifier. Pour la simple et bonne raison que le rire de Raven est le plus beau son que ce monde ait créer. Et comme pour me titiller encore plus, elle apparait dans mon champ de vision et je sais que c'est grâce à elle que ma femme est en ce moment même capable de rire aussi naturellement. C'est elle qui est parvenue à l'apaiser et pas moi !

-De quoi est-ce que vous avez parlé, je demande de but en blanc.

-Alors là, Raven est véritablement perplexe, il va falloir que tu m'aiguilles. Je ne vois pas du tout de quoi tu parles.

-Avec elle.

J'exécute un geste vague vers, puisqu'il n'y a pas vraiment d'autre descriptif pour la nommer, ma mère. Raven se retourne et comprends instantanément à qui je fais référence. Mais comme depuis quelque temps, elle n'a pas du tout la réaction escompter à son égard. Depuis qu'elle est revenue, je me suis toujours sentie soutenue par Rae même quand mes réactions n'était pas tout à fait justifiée, ce n'est plus le cas. Maintenant, elle affiche un peu près toujours la même réaction soit un regard compréhensif et un regard triste.

Je ne comprends pas ce qui a changé. Je ne comprends vraiment pas. S'il y avait une véritable bonne raison pour cette évolution dans son comportement, Raven m'en aurait parlé parce que nous n'avons pas de secret l'une pour l'autre. Enfin… je crois. Nous n'en avons pas, n'est-ce pas ?

Raven lâche un soupire avant de passer lentement les doigts de sa main gauche dans ses longs cheveux. Je détail chacun de ses mouvements. Je me laisse attendrir. Foutue hormones ! Je dois rester concentrée et arrêter de penser à comment m'éclipser avec ma femme pour la faire mienne, pour un geste aussi simple que diablement sexy qu'une main dans les cheveux. Ça suffit ! Maintenant, je veux des réponses et je compte bien les obtenir !

-Raven, j'insiste plus durement, de quoi avez-vous parler ?

-Luna est vraiment très triste depuis que Moe est partie.

-Oui, je sais. Je pense que tout le monde l'a remarqué, moi compris. Mais ce n'est pas de ça dont vous parliez à l'instant. Elle était beaucoup trop sereine pour que ce soit ce sujet qui soit abordé.

-Anya, elle soupire.

-Mais quoi ?

-Nous parlions de toi.

-Vraiment ?

-Ne parait pas aussi étonnée, elle t'aime beaucoup, elle s'inquiète pour toi, elle veut s'assurer que tu ailles bien et elle m'a aussi donné quelques conseils pour l'accouchement.

-En somme, elle déborde d'attention, je vois que Raven est attrister par ce qui va suivre avant même que je le prononce, on se demande où tout ce dévouement était quand j'étais enfant.

-Les choses ne sont peut-être pas telle que tu crois, grimace ma sorcière. Tu devrais… tu laisses des secondes chances à absolument tout le monde. Pourquoi pas à Luna ?

-Je n'y arrive pas, c'est au-dessus de mes forces !

-C'est faux, elle murmure à peine mais je l'entends tout de même.

J'aimerai lui répondre qu'elle a tords, évidemment que j'adorais le faire. Seulement ce serait un mensonge. Donner une seconde chance, ou plutôt une chance à Luna puisque je ne me souviens même pas d'elle durant mon enfance, n'est pas au-dessus de mes forces. C'est seulement que… je ne suis pas prête à m'exposer. Je crois que si elle devait me faire du mal d'une façon ou d'une autre, que je serais incapable de m'en remettre.

J'ai survécu à un tas de chose et bien pire que la trahison d'une figure maternelle et pourtant, j'ai la certitude que si ça arrivait, je m'effondrerais. Je me briserai en mille morceaux et même Raven aurait beaucoup de mal à tout recoller et si par miracle elle y arrivait… je ne serais plus la même.

Et puis, j'ai Marcus ! Il est absolument parfait. Pourquoi j'aurai subitement besoin d'une autre figure parental ? C'est complètement ridicule ! Non… il ne s'agit pas de ce genre de chose, c'est plus subtil. C'est à cause de ce que j'ai ressenti le jour de son arrivé, ce n'est pas le fait que son loup et non elle ait essayé de prendre le dessus. C'est plutôt à cause de ce que mon loup a justement à décelé chez elle à ce moment précis, cette fois-là et bien d'autre fois par la suite.

Elle… Luna est brisée. Pas qu'un peu, plus que je ne l'ai jamais été, plus que chacun d'entre nous. Et c'est ce point en particulier qui m'effraie.

Je n'arrête pas de me demander : et si… et si c'était ma faute. Je sais que c'est ridicule pourtant c'est plus fort que moi. Tout ce mal être… il n'y a que quelque chose d'énorme qui a pu le faire naitre. A ma connaissance, je suis le seul événement tragique qui ait implosé dans sa vie. Aux dires de tous, avant ma naissance, elle allait parfaitement bien.

-Anya, reprend doucement Raven, il y a quelque chose dont je dois te parler mais j'hésite.

-Pourquoi ? Nous nous disons tout ! Parle-moi.

-Il s'agit d'un secret et il ne m'appartient pas.

-Rae…

-Je ne suis pas certaine que le mot « secret » soit le bon.

-Raven, je grogne, contente-toi de me dire ce qu'il en est. Si c'est vraiment trop compliqué fait comme pour enlever un pansement, arrache-le d'un coup sec. Je vais encaisser !

Le regard de Raven est bien plus sérieux que celui auquel je m'attendais et la tristesse que je devine dans le fond de ses iris n'engage rien de bon. Mais qu'est-ce qui se passe bordel de merde ?

-Non, elle secoue doucement la tête, ce n'est pas le bon moment, ses yeux me paraisse encore plus abattu, tu n'es pas prête.

-Mais enfin, tu ne crois pas que c'est à moi de le décider ?

-Anya, elle se met pile en face de moi pour venir encadrer avec beaucoup d'amour mon visage de ses mains, je suis la personne qui te connais le plus dans ce monde de fous, n'est-ce pas ?

-Tu es l'amour de ma vie, je confirme.

-Ce n'est pas ce que je t'ai demandé.

-Et, tu es sans nulle doute la personne qui me connais le plus. C'est vrai. Mais…

-Il n'y a pas de « mais » Anya, je crois déceler des larmes noyer son regard, mais elle ferme rapidement les paupières avant d'apposer tout doucement son front contre le miens, si je te dis que tu n'es pas prête à l'entendre c'est que je sais que tu n'es pas prête. Tu me fais confiance, n'est-ce pas ?

-Avec toutes les fibres de mon corps.

-Alors sois patiente mon amour.

-Mais, j'hésite, elle va bien ?

-Luna, souffle Raven. Tu peux l'appeler par son prénom tu sais.

-Tu ne réponds pas à ma question, je souligne.

-La réponse, elle inspire profondément, s'éloigne et expire par le nez, est non, désolée Anya. Mais non. Luna ne va pas bien. Et, Luna ne va pas bien depuis très longtemps.

-Pourquoi tu me dis ça, je panique complètement, m'éloigne de trois pas très exactement tout en me demandant comment lui venir en aide. Tu ne peux pas me dire ce genre de chose et…

-… parce que nous ne nous mentons pas, elle me sourit en me tendant la main. C'est une règle entre nous, je prends sa main dans la miens, tout comme l'interdiction de suivre un « je t'aime » par un « mais ».

-Mais il y a quelque chose que tu ne me dis pas.

-L'omission est vraiment un mensonge ?

-Carrément ! Sans la moindre hésitation !

-Tu aurais raison si c'était mon omission mais ce n'est pas le cas. Je te l'ai dit : ce secret ne m'appartient pas. Tout ce que je peux te dire, elle se rapproche de mon oreille pour y murmurer tout doucement, c'est que tu as été aimé, bien avant de me rencontrer.

Mince. Je ne m'attendais pas du tout à entendre ce genre de chose. Je ne suis pas certaine de savoir ce que je ressens après une telle révélation. D'aussi loin que je m'en souviens, je me suis persuadée qu'elle ne m'aimait pas, même avec les faux souvenirs que m'a implanté Morgane, il y avait quelque chose qui clochait. Je n'arrivais pas à comprendre qu'elle puisse me préférer Lyssa. Après tout, elle m'a complètement isolée pour garder mon ainée à ses côtés, non ?

Ou alors tout ce que je crois savoir n'est qu'un vaste mensonge. Mais pourquoi ? Elle m'aimait… elle m'aime ? Je n'arrive pas à y croire, pas même un peu. Et pourtant Raven ne me confirait jamais quelque chose de pareil si elle n'en était pas certaine. Alors je dois la croire. Je pense même qu'il va être temps que j'ai cette discussion avec elle que je ne cesse de repousser. Il faut que je comprenne.

Je vois la barrière autour de l'île vaciller. J'interroge immédiatement Raven d'un regard mais je n'obtiens aucune réponse. Elle se contente d'analyser cette réaction en fronçant les sourcils. Fait encore plus étrange, absolument tout le monde s'agglutine, nous sommes tous coller ou presque les uns aux autres. Je ne trouve pas que ce soit très futé si nous devons réellement affronter une menace.

Et puis, je suis comme frapper non pas par une mais deux énormes puissances. C'est gargantuesque. Je ne sais pas ce qui approche mais nous sommes ridicules en comparaison, tout ce que nous en sommes. Mon loup s'impose, il ne cherche pas à prendre ma place mais a analyser la situation et pour la première fois de ma vie, nous ne cherchons pas un moyen de nous défendre mais de fuir. C'est déstabilisant.

-Raven, je murmure à peine.

-Je le sens aussi.

Cette confirmation ne me rend pas du tout à l'aise face à la situation. Je manque un battement puis deux avant de chercher dans le pouvoir de la meute où se trouve chaque membre de notre famille atypique. Je suis soulagée en les trouvant tous à proximité mais je leurs demande de se rapprocher. Je ne veux pas les savoir éloigné si cette situation quel qu'elle soit doit tourner au vinaigre.

Mince… même lors de l'attaque des Dieux et des toutes les plus grandes puissances de espèces du monde paranormal nous ont attaqué, je n'ai rien ressentie de semblable.

Et puis, tout vient s'apaiser comme une brise du nord alors que nous sommes en plein cagnard depuis des heures. Ce sentiment est terriblement apaisant. C'est semblable à une appartenance, un peu comme une mélodie toute douce qui nous attire. Tout s'apaise, absolument tout, il n'y a plus aucun signe d'agitation, juste une accalmie qui semble infinie.

-Anya, m'appelle Lexa, tu le sens toi aussi ?

-Je crois que oui, je murmure.

C'est vraiment très déstabilisant. Je sens ma meute mais d'une tout autre manière, c'est… elle est bien plus grande et forte mais surtout, il n'y a plus aucune peur. Je ne me suis jamais sentie aussi sereine. Je suis capable d'en voir chaque membre d'une façon unique. Et puis, le sentiment s'éloigne doucement mais continue de planer comme un souvenir flou. C'est à ce moment là que je perçois la présence d'un alpha, bien plus grand que tout ce que je n'ai jamais connu, pas forcément par la grandeur de sa meute mais pas son pouvoir.

Normalement, mon loup devrait se sentir menacer par l'apparition de ce rival sauf que pas du tout. Je crois même qu'il se sent parfaitement à sa place. Lui qui a toujours chercher à s'imposer, serait près à complètement s'effacer, à courber l'échine devant cet alpha dont nous sentons la présence sans être capable de le voir.

Nous sommes tous et pas seulement les loups figés sur place, complètement estomaqué. Tous sauf encore une fois, elle. Alors que je suis incapable de bouger ou même de penser à vouloir faire ne serait-ce qu'un pas, elle s'avance doucement vers deux silhouettes qui apparaissent pile en face du soleil. Je la vois secouer doucement la tête et des larmes couler sur ses joues, je suis presque sûre qu'elles sont là pour marquer sa joie et non sa tristesse. Et pourtant, elle ne fait plus un seul mouvement et c'est finalement la voix de Skye qui fini par rompre le charme :

-Leith ?

C'est presque instantané, un mot ou plutôt ce que je suppose être un prénom et tous les sentiments qui m'ont envahi disparaisse. Pourtant je sais pertinemment ce que j'ai ressentie. Alors pourquoi je parviens à l'oublier aussi facilement, comme si c'était simplement anecdotique alors qu'il y a moins d'une seconde, j'avais la sensation de me prendre la plus grosse gifle de toute ma vie.

-Salut Skye, répond le jeune homme avec un certain détachement. Je dirais bien que je suis heureux de te revoir mais, il sourit et juste comme ça, je reconnais Raven en lui, ce serait un mensonge.

-Mais qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je suis tellement heureuse de vous revoir tous les deux, intervint-elle en se rapprochant rapidement. Leith, elle prononce avec une telle douceur avant de poser affectueusement sa main droite sur sa joue, tu as tellement grandi depuis la dernière fois, elle sourit, c'était il y a trop longtemps.

-Je suis d'accord Luna.

-Lyria, elle prononce avec encore plus de délicatesse, un peu comme si elle avait peur que la jeune femme disparaisse en prononçant son prénom, qu'il est bon de t'appeler enfin par ton prénom. Lyria, elle souffle à nouveau, en ouvrant ses bras, je… je ne sais même pas quoi dire.

-Ne dis rien, murmure sa vis-à-vis avant de la prendre dans ses bras. Tu m'as tellement manquée. Tu… étais morte.

-Je suis désolée, répond-elle, je suis tellement désolée que tu ais dû affronter un deuil de plus. Mais je ne m'éloignerais plus, elle embrasse son front et je ressens d'étrange picotement dans le bas de mon ventre, de la jalousie, je te le promets.

-Tu étais morte avant même de trépasser, la jeune femme baisse les yeux, et je l'ai tué pour ça, elle arrête son regard sur Baetan-ihm, lui, son regard devis jusqu'au père de Raven, et tous les autres.

-Impossible, peine à prononcer l'ancien Dieu de la guerre avec une telle terreur dans sa voix qu'elle est complètement déformée.

-L'anomalie doit mourir, poursuit Misaël avec encore plus de peur présente dans son intonation, nous sommes d'accord Bae.

-Mais, poursuit le père adoptif de Melina, si tu es là, il hésite, qui est avec Ænkhou ?

-Sérieusement, reprend le jeune homme, même maintenant que nous sommes tous les deux devant vous et en sachant qu'elle est là, elle aussi, vous ne parvenez pas à vous souvenir ?

-Je te l'avais dit, la fille se détache d'elle en la plaçant même en sécurité derrière son dos, le MalentoMemoris est extrêmement puissant. Alors même que je me suis révélée une fois, quand je suis redevenue anhseubnida, ils sont incapables de se souvenir.

-Anhseu, je commence à prononcer avant d'abandonner l'idée, c'est toi, Moëilla ?

Les deux nouveaux individus tout comme Luna grimace à la fin de ma question. Le jeune homme, Leith si je ne me trompe pas, nous quitte des yeux pour accorder à celle que je soupçonne d'être Moe tout son attention. Une grande tristesse accompagne son regard sans que je n'en comprenne la raison. Parce qu'il s'agit bien d'elle, n'est-ce pas ?

Je veux dire, absolument tout est différent, de son physique, en passant par sa voix, sans oublier son prénom mais c'est elle. J'en suis certaine. Je le sais et pas seulement à cause de cet étrange mot. Je la reconnais ou plutôt mon loup est capable d'assimiler tous ce qui faisait d'elles une seule et même personne.

Il me faut du temps, vraiment beaucoup de temps pour comprendre que Misaël va s'en prendre à elle et pourtant, il me bouscule en passant trop près de moi. Tout ce qui se déroule, se passe au ralentit, il fonce tête baisser vers celle qu'il pense être une anomalie. Il n'a pas de bonne intention. Il ne veut pas lui faire mal mais pire. J'écarquille les yeux quand comme lors du départ de Moëilla, un dôme de protection se forme autour d'elle mais aussi du jeune homme et de Luna. Je détourne mon attention, à peine une poignée de seconde vers Raven pour comprendre comment sa magie a pu agir aussi vite mais un seul coup d'œil me permet de savoir qu'elle n'a rien contrôler du tout, c'était purement instinctif.

Et, je comprends parce que mon loup s'écrase violement contre les parois de mon corps. Il ne demande qu'une chose : les protéger. Pas seulement, les nouveaux arrivant mais tous les trois. Qu'un seul d'entre eux puisse être en danger le rend complètement fou. Alors parce que c'est plus fort que moi je fais un pas. Je ne sais pas exactement ce que je peux faire contre un ancien Dieu en colère alors que je suis enceinte jusqu'au bout des ongles mais rester à ne rien faire est inenvisageable.

Un autre pas et alors que je réfléchis à toute vitesse pour trouver un moyen de raisonner Misaël, ce dernier se fige. Il se pétrifie complètement comme tétanisé. Je fronce les sourcils ne comprenant pas se changement de cape tout en continuant de m'avancer. Je vois son ombre qui est devant lui alors qu'en face du soleil, elle devrait être en arrière, grandir. Raven, même sans la voir, je sais qu'il s'agit d'elle, agrippe mon poignet et m'empêche d'avancer plus. Je suppose qu'elle aussi a sentit le danger. Cette chose qui s'est formé aux pieds de son père est tout sauf inoffensif.

D'ailleurs, la silhouette parfaite qui s'est formé à contre sens du soleil se déforme. Une succession d'images défilent à la place, toujours formés de contour obscure. Si en premier lieu, je suis incapable de comprendre ce qu'il se déroule pourtant sous mes yeux, je suis comme hypotonisée par ce spectacle d'ombre chinoise. La violence qui s'en découle me rend mal à l'aise mais c'était avant de sentir la peur, la vrai de celle qui vous écrase complètement, qui vous empêche de sortir de votre lit, qui vous maintient dans le cauchemar, qui vous empêche de faire un seul mouvement ou encore qui pourrait vous faire trépasser sur place ne s'immisce dans chaque pore du père de Raven. Je peux sentir ses angoisses les plus profonde resurgir, faire bouillonner son sang, achevé de le statufier, aussi surement que si c'étaient mes craintes qui ressurgissaient une à une, de la plus insignifiante à la plus renversante.

L'effroi. Il n'y a plus que cette émotion qui fait frissonner tout le corps, qui nous implore de prendre ses jambes à son cou et qui pourtant nous enracine sur place, tout le reste n'est plus que néant. Je ne suis pas inquiète par cette ascension de la peur comme si elle avait pris vie mais épouvantée, complètement paniquée. Je commence même à avoir du mal à me souvenir de faire quelque chose d'absolument simple et complètement mécanique comme respirer.

La panique me grignote de l'intérieur sans me laisser la moindre chance de lui échapper, même la main de Raven toujours attachée à mon poignet ne parvient pas à m'arracher de cet affolement qui ne fait que grandir à chaque seconde. Je me souviens assez vaguement de ce qui m'est arrivée quand j'ai été frappé par les trois M, pourtant je peux certifiée que ce n'était rien comparé à ce que je ressens en ce moment. C'est en me souvenant de ce maléfice de malheur qu'une alarme sourde raisonne dans tout mon être : Raven ! Elle a besoin de moi ! Je ne peux pas m'écraser face à mes plus grandes phobies comme cette fois-là, je ne peux pas l'abandonner et risque de la perdre. Hors de question ! Je dois reprendre le dessus, passé au-dessus de toute cette appréhension.

J'ai à peine le temps de reprendre un infime contrôle de mon corps et de mes pensés que l'ombre aux pieds de l'ancien Dieu du Chaos se dresse comme s'il s'agissait d'un homme. L'appréhension devient plus grande encore. J'écarquille les yeux alors qu'absolument toutes les constantes vitales de Misaël accélèrent dans des proportions indescriptibles. Je… je crois qu'un être façonner de terreur à l'état pure se forme sous nos yeux et que son apparition va tuer le père de Raven. Il va mourir, c'est une certitude. Il va trépasser à cause de la peur. Et aucun de nous ne pourra rien faire puisse que nous sommes tous dans un état lamentable, encore bien loin du sien mais tout de même assez déroutant pour nous empêche de ne serait-ce avoir la force de lever le petit doigt.

Et puis alors que les choses me semblaient irréparable, j'entends :

-K. ça suffit !

Alors plus rien. Tout ce qui me semblait à ce point insurmontable il y a encore une fraction de seconde disparait. Je me détourne pour m'assurer que Raven se porte bien, nos regards se croisent et je sais que malgré qu'elle ait vécu comme moi cette expérience plus que désagréable, elle va parvenir à la surmonter.

-Upami anjeunna caket anjeun deui, kuring bakal maéhan anjeunna.

C'est quoi ça encore ? Je me reconcentre instantanément pour voir la fille, Lyria selon les dire de Luna et Moe d'après moi en face à face avec la créature. Elle devrait être terrifiée mais non, elle se contente de sourire en acquiesçant.

-J'ai compris, elle s'adresse à cette chose, si Misik'ilik'ili, elle détourne son regard vers lui, se contente encore une fois de m'approcher avec, son sourire est terrifiant, de mauvaises intentions : tu le tue.

-Anjeun moal tiasa ngalakukeun naon-naon pikeun ngeureunkeun kuring.

-Evidemment, son regard envers Misaël devient terrifiant, s'il recommence, je ne pourrai rien faire pour t'en empêcher. Mais, elle reporte son attention sur cette étrange chose en face d'elle, ça ne se reproduira pas. Reviens, s'il te plait. Nous ne sommes pas des tueurs comme eux. Reviens, souffle-t-elle.

L'apparition semble hésitante et bien qu'elle n'ait pas de visage, elle se retourne tout de même comme pour observer le père de Raven qui a été rejoint par Morgane terriblement inquiète pour lui.

-Naha urang nyéépkeun anjeunna ?

-Pourquoi l'avons-nous épargné, semble-t-elle répéter.

-Je me pose la même question, assure le jeune homme, en apposant sa main sur l'épaule de Lyria ou Moe, à ta place, j'aurai laissé K. en finir avec lui. Et, dans le futur, ce n'est pas toi qui as tué mon grand-père mais moi. Alors s'il n'a ne serait-ce qu'un regard qui ne me plait pas à ton égard, je me ferai un plaisir de recommencer.

-Misik'ilik'ili est important pour Morgane, qui elle-même à une importance capitale pour Luna, Leith et la créature se retourne vers elle, c'est assez pour mériter une seconde chance mais, de nouveau ce regard assassin, pas une de plus. K., la chose reporte son attention vers elle, reviens, s'il te plait.

Il ne dit pas un mot mais en une fraction de seconde, sa forme humanoïde se volatilise et tous les bras d'obscurité viennent fusionner avec le corps de Lyria. La violence avec laquelle il se glisse sur sa peau pour y entrer m'aurait fait parier qu'elle vacillerait mais rien du tout. Elle doit avoir plus que l'habitude. Je me demande comment leur cohabitation fonctionne mais aussi évidement ce qu'elle peut être pour parvenir à vivre avec un parasite aussi puissant et déroutante.

Quand le tourbillon autour de son corps s'arrête, Leith murmure à son oreille des mots qui me reste imperceptible. Ils échangent un regard puis un sourire. Je reconnais dans leur comportement un grand respect et au-dessus de ce dernier, un amour inconditionnel pour l'autre.

-Leith, Skye se précipite vers lui, tu devrais t'éloigner de cette femme, de toute évidence, elle est très dangereuse. Je…

-Moi, je, moi, je, répond-il en se détournant plaçant Moe ou Lyria, je n'en sais toujours pas plus sur ce point en sécurité derrière son dos, je ne sais pas si c'est rassurant ou affligeant de constater que tu en est toujours exactement au moment point.

-Mais qu'est-ce qui te prends de me parler ainsi.

-Ce qui me prendre, il ne hurle pas mais c'est tout comme, une colère d'une grande violence transparait et tout le monde le perçois, sauf Skye, tu nous as abandonné, maman, Ethan et moi !

-Je n'avais pas le choix, il fallait que…

-Tu avais le choix, tranche-t-il sans lui laisser l'opportunité de poursuivre, tout le monde t'a affirmé qu'il n'y avait rien à faire pour aider Jessica, je t'ai dit qu'elle ne voulait pas d'aide et qui d'autre que moi est mieux placer pour savoir ce qui se trame dans son esprit que moi ? Mais tu n'as pas écouté et tu nous as abandonné… comme toujours.

-Leith, murmure Lyria.

-Pire, il assène, tu as mis la femme que j'aime en danger en la conduisant jusqu'aux Normes alors qu'elle t'avait assuré que les rencontrer ne t'aiderait pas et quelle réponse as-tu encore obtenu ? Je te le donne dans le mille Skye : Jessica ne veut pas être sauvé !

-Je ne sais même pas qui elle, Skye pointe avec véhémence la jeune femme dont j'en suis certaine est Moëilla, est !

-Elle m'a pris pour Jessica, soupire-t-elle en réponse en roulant des yeux.

-Sérieusement, je vois presque le jeune homme blêmir à cette idée.

-Clairement cette idée ne me plaisait pas, si j'étais Jessica, je serais ta sœur et notre relation serait, elle grimace, c'est déjà assez bizarre que j'ai été élevé par tes grands-parents alors, n'en rajoutons pas !

-Tu es Moëilla, répond sceptique Skye.

-Je l'ai été… par obligation mais Moëilla n'a jamais été celle que je suis.

-En effet, intervient avec calme mais aussi avec une certaine crainte Bae, tu es Man-Wol.

Lyria, Moëilla ou Man-Wol, je suis perdue, se retourne vers lui en même temps que Leith. Elle n'a pas du tout le même regard sur lui que sur Misaël. C'est plutôt rassurant, je suppose qu'il n'est pas en danger, du moins tant qu'il ne cherchera pas à attenter à sa vie.

-Man-Wol, ce sourire, il est vicieux, terrifiant, n'est pas qui je suis mais ce que Yamakou-anami-atos m'a obligé à devenir. Je suis Lyria, juste Lyria. Personne d'autre.

-Alors si tu es là, qui est avec Ænkhou en ce moment ?

-Si numéro onze, Leith pointe « juste Lyria » du doigt, est ici et que numéro treize, cette fois il se désigne, aussi. Qui reste-t-il d'assez puissant pour faire croire qu'elle est Man-Wol ?

-Les Treize, murmure à peine le père adoptif de Melina.

-Nous n'avons jamais été Treize, s'insurge Misaël.

-Ce MalentoMemorie est vraiment très puissant, soupire Leith avec dépit.

-Je te l'avais dit, lui répond sa compagne d'un air défaitiste, ce truc est une calamité. Il n'y a rien à faire. C'est pour cette raison que Moëilla avait atteint ses limites. Mais maintenant que je suis entièrement moi, elle se retourne pour sourire à Luna, je vais enfin pouvoir atteindre Rheen. Une promesse est une promesse Luna, je vais te le ramener.

-Mais pas tout de suite et j'en suis désolé, poursuit Leith. Nous devons d'abord gérer le Haut Conseil et ramener Lyssa.

-Evidemment, Lyria regarde sa montre, il nous reste encore quelques heures avant qu'ils n'arrivent. Nous avons largement le temps, tu t'occupe d'expliquer notre plan à tous le monde et moi… de faire mon truc.

-En somme, il sourit, d'être une Pyria !

-Plus personne ne sait ce que ça veut dire que d'être une Pyria, pas même eux, elle pointe vaguement les anciens Dieux de son indexe, après tout, c'est bien pour nous oublier que vous nous avez exterminé, non ?

-Tu ne perds rien pour attendre, aboie Misaël, je trouverai un moyen de te détruire, si nous avons pris la décision de vous anéantir, ce n'était pas pour rien.

-Vous vouliez, elle agrippe son pull au niveau de son cœur, récupérer K., qu'il devienne votre chose, un des vôtre. Pas de chance, il est incapable de vivre sans hôte alors, vous avez dû vous contenter de moi, la dernière des Pyria.

-C'est l'ombre de l'un d'entre nous, révèle Bae, exactement comme ce que j'étais devenu. Cette chose est dangereuse, tu ne devrais pas la garder dans ton corps. Je ne dis pas cela pour être de son côté, il fait un signe vers l'autre Dieu, mais parce que vivre avec cette anomalie va finir par te tuer.

-0,08%, répond Leith, c'est le pourcentage de Pyria qui vivent au-delà de leurs 25 ans et ceci avant que vous ne les massacriez quand elles étaient encore des centaines et des centaines à maintenir K. dans leurs corps. Lyria sait pertinemment ce qu'il en est de son espérance de vie.

-En soit, j'ai déjà vécu bien plus longtemps que la plupart des Pyria avec K. dans mon corps étant donné qu'à cause de vous, je suis la seule à le contenir depuis mes 3 ans, ce qui d'ailleurs n'était jamais arrivé : une seule personne à le contenir, en étant aussi jeune et pendant aussi longtemps, jamais.

-Oui et à cause de vous, elle refuse de m'épouser.

-Sérieusement ? Tu viens vraiment de mettre ça sur le tapi.

-C'est vrai. La seule raison pour laquelle tu refuses de m'épouser c'est parce que tu as toutes les chances de mourir avant tes 25 ans. Donc c'est leur faute si tu refuses de m'épouser.

-Toutes les Pyria risque de mourir avant leurs 25 ans pour le coup, ils n'y sont pour rien.

-Et mince, il soupire, je pensais enfin avoir trouvé une raison à ta réponse négative.

-Et le fait que nous aillons que dix-neuf ans et que nous soyons beaucoup trop jeunes pour penser à ce genre de chose ne t'a pas effleuré l'esprit. Je n'ai absolument aucune envie de me marier !

-On dirait nous, souffle Raven à mon oreille, s'en est presque flippant.

Je me retourne vivement vers ma femme en voulant hurler haut et fort qu'elle a complètement tord mais après un minuscule moment de réflexion, je suis bien obligée d'avouer qu'elle a raison. Je les observe alors plus attentivement sans vraiment les écouter et c'est vrai, dans leurs gestuels, leurs regards et leurs sourires, ils nous ressemblent tous les deux.

De toute évidence, ils sont comme nous, deux être que rien n'aurait dû rapprocher mais l'amour les a mis sur le même chemin et ils n'ont rien pu faire pour lutter.

-Lyria et Leith ne vous ressemble pas tant d'ordinaire, intervient à ma plus grand surprise Luna, normalement, ils sont beaucoup plus calmes et s'ils se titillent énormément, ils ne se disputent jamais vraiment.

-Rae et moi ne nous disputons jamais, je grogne.

-Là où je veux en venir c'est que malgré les apparences, s'ils agissent ainsi c'est que la situation doit-être bien plus grave que ce qu'il parait.

-Comment pourrais-tu le savoir, j'interroge Luna.

-Je les connais très bien, tous les deux.

-Et on peut savoir comment ?

-Leith venait souvent sur Rheen, répond-elle tout en passant nerveuse ses doigts sur la longueur de l'intérieur de son bras, et Lyria, elle sourit attendrit, c'est différent.

-Fait attention Luna, intervient Raven avec douceur, tu recommences. Je ne voudrais pas que tu te fasses du mal.

-Luna ne va pas se faire de mal, intervient Leith en apparaissant de nul par avec un grand sourire, n'est-ce pas, il embrasse sa joue, pas alors que nous touchions au but.

-Où est partie Lyria ?

-Tenter quelque chose de stupide, répond-il, comme bien souvent…

-… mais, complète Luna, comme bien souvent ce quelque chose de stupide pourra nous « sauver les fesses » ?

-C'est très probable, il plisse le nez en accrochant son bras aux épaules de Luna, maintenant que tout est plus calme, il nous regard avec un franc sourire, salut maman, ama.

-Est-ce que nous sommes obligées de rencontrer nos enfants avant qu'ils ne soient nées ou pire conçu ?

-Je suis désolée ama, il répond tout doucement en baisant les yeux. S'il y avait eu une autre solution, je l'aurais choisi. Je déteste l'idée de te faire du mal.

-Je ne…

Je ne trouve rien à redire. Je suis surprise par sa franchise mais surtout par la grande gentillesse qui transparait de lui. Et c'est sans parler de son humilité, tout comme du respect inconditionnel qu'il m'accorde alors que je sens parfaitement que d'un son loup est plus puissant que moi, de deux il est devenu l'alpha de ma meute.

Il ne ressemble en rien à tous les autres alphas mâles que j'ai pu rencontrer. N'importe qui d'autre bomberait le torse et chercherait à prendre le dessus.

-Je ne suis pas n'importe qui, il relève les yeux, ses cheveux blond tombent légèrement devant m'empêchant pour le moment de déterminer avec précision de quelle couleur sont ses iris, je suis ton fils, quand tu as compris que c'était le loup qui dominait chez moi, tu m'as élevé a la perfection pour que je devienne un grand alpha et surtout pas un, son regard déborde de malice, « de ces gros crétins sans cervelle », il s'approche de Raven, c'est la version la moins hard, parce qu'évidement ama n'a jamais été aussi poli en parlant des mâle alpha, il conclu avec un clin d'œil.

-Est-ce que tu as… lu dans mes pensées ou quelque chose du genre ?

-Rien à voir, il élude, c'est le lien de meute. Il a toujours été particulièrement fort entre nous. C'est plus comme un instinct vraiment très fort.

-Pouvons-nous au moins savoir pour quelle raison vous êtes là, intervient Lexa, je n'avais même pas remarqué qu'elle c'était rapprochée, où vous allez vous la jouer mystérieux comme tous les autres voyageurs ?

Leith fronce les sourcils et pendant une fraction de seconde, j'oublie tout de l'importance de sa réponse, du moins s'il ne répond pas le devenu habituel : moins vous en savez, mieux c'est. J'ai compris. Je sais exactement pour quelle raison j'ai ou plutôt nous avons choisi le prénom Leith pour lui. Je cherche frénétiquement Marcus du regard. Il ne doit pas être loin, plus le terme se rapproche, plus il joue les pots de colle comme le papa poule qu'il a toujours été. Je ne m'en plains pas et il sait être discret quand c'est nécessaire. En d'autres termes, il est bien moins envahissant que Morgane !

-Marcus, je l'appelle en l'apercevant.

Il me sourit en entendant ma voix. Je m'excuse à peine en m'éloignant. Je sens tous les regards suivre mon avancée, jusqu'à mon père. Je crois que si je n'avais pas peur des représailles, je courrais pour le rejoindre plus vite.

-Doucement, il sourit de toutes ses dents quand je suis à sa hauteur, qu'est-ce qui t'arrives ?

-Je… nous, je fais un geste vague en arrière pour désigner le jeune homme venu du futur, avons appeler notre fils Leith.

-Je sais, il répond avec une grande tendresse dans la voix, dès que j'ai entendu le prénom, j'ai su qu'il ne pouvait qu'être lié à toi.

-Il y a une histoire, demande tout doucement Abby en se rapprochant, glissant sa main dans celle de mon père. Je ne crois t'avoir déjà entendu évoquer ce prénom.

-Une histoire triste, confirme Marcus, que je n'ai confié qu'à une seule personne, il me sourit avec beaucoup d'amour. Je suis plus qu'heureux que tu ais choisi ce prénom en particulier pour l'un de tes enfants.

-Et moi, je sursaute légèrement en percevant la voix de Leith, très honoré de le porter. J'essaye de lui faire honneur chaque jour même si, il plisse le nez, certaine personne ont tendance à mal le prononcer.

-Si je dois valider ce prénom, intervient Raven en se glissant dans mon dos, il va falloir que j'en sache plus.

-Plus tard, décrète avec une grande douceur le voyageur du temps, nous devons parler des évènements qui vont subvenir dans les prochaines heures. Il y a beaucoup à faire.

-Moëilla, il se tourne vivement vers Clarke quand elle prononce ce prénom, la blonde grimace, pardon : Lyria ne devrait pas être là aussi pour nous l'expliquer ?

-Je suis entièrement d'accord, la soutiens Lexa.

-Si nous avions plus de temps, elle serait là. Mais si nous avions eu plus de temps, les choses auraient très mal tourné. Croyez-moi, nous avons tous calculer à la milliseconde, il y a très peu de place pour l'erreur.

-Je sens pointer le « mais », grimace Luna.

-Plus un : « cependant ».

-Tout ou presque dépend de ce qu'est partie faire Lyria, n'est pas ?

-En grande partie oui. Venez, il fait un vague geste de la tête vers notre grande maison, je vais vous expliquer les grandes lignes.

Alors que je m'attendais à avoir peu de détails sur les raisons de leur présence dans le passé et sur ce qu'ils comptent faire. Je me rends compte que je me suis lourdement trompée après une demi-heure de présentation, très détaillé et même schématisé. Je ne comprends pas la moitié des termes qu'il emploie et encore moins le système de cause à effet qu'il tente de nous faire intégrer pour nous expliquer la raison pour laquelle avec Lyria, ils sont certains que le Haut Conseil va contre-attaquer aujourd'hui.

Je comprends que je ne suis loin d'être la seule à l'ouest quand je réalise que seules, Raven, Morgane, Melina ou Jaliha intervienne. Je suppose donc qu'il faut des neurones de sorcière pour avoir de la répartie au milieu de ce charabia.

Moi, tout ce que je me demande, c'est si nous savons qu'ils vont s'en prendre à nous dans ce cas : pourquoi ne pas les prendre à leur propre jeu en les devançant ? Ce serait beaucoup plus simple et je n'aurai pas la sensation de perdre mon temps.

Alors que je suis sur le point de véritablement abandonner, en me disant que je vais m'éclipser dans la cuisine pour m'empiffrer, un énorme fracas qui provient de l'étage nous fait tous lever les yeux vers le plafond. Je soupçonne Blue, évidemment. Mais lorsque je me souviens qu'il est sur mes genoux et que je le caresse, tout mes sens se réveille et sont en alerte maximal. Lexa s'avance prudemment vers le hall qui donne sur l'escalier et avant qu'elle ne puisse poser un pied sur la première marche, j'entends une personne se précipiter pour descendre en marmonnant un charabiât incompréhensible.

-Lee, je vois Lyria bousculer Lexa, s'excuser rapidement et foncer vers le blond, je n'y arrive pas, je remarque instantanément qu'elle ne porte pas les mêmes habits qu'un peu plus tôt, d'ailleurs ils sont en lambeaux, remontre-moi le plan, il lui tend le carnet qu'il tente de nous expliquer sans dire un mot. Je n'arrive même pas à dépasser la troisième ligne. Je ne peux pas continuer de perdre du temps, elle fait claquer le cahier sur la table du salon en faisant rapidement défiler les pages, nous avons besoin d'elle. Il faut absolument que je parviens à l'atteindre, elle arrête son doigt au milieu des hiéroglyphes, là, elle se tourne de nouveau vers Leith et c'est seulement à ce moment que je remarque qu'elle a une énorme plaie sur le font, c'est là que ça bloque, elle montre sa trouvaille à la seule personne capable de la comprendre, tu vois quelque chose qui m'échappe ?

-Il y a une autre solution, il semble lui rappeler, sa voix est plus dure certainement marqué par l'inquiétude.

-Hors de question.

-Tu es blessée, reprend-il plus calmement, en apposant sa main à quelques centimètres de sa plaie, et ce n'est pas beau.

-C'est trop dangereux, je ne suis pas prête à prendre ce risque.

-Je pourrai venir avec toi, cette requête récolte un rire suivi d'un silence presque gênant.

-Parce que tu étais sérieux ?

-Evidement !

-Plutôt mourir ! Je ne t'emmènerai jamais là-bas. Jamais !

-Lyria…

-Non Lee, c'est catégorique et définitif.

-Et moi, l'intervention de Luna me fait presque sursauter, je pourrai venir ?

-Très bien que les choses soit clair, aucune des personnes que j'aime ne viendra avec moi, c'est beaucoup trop dangereux !

-Combien de fois as-tu échouée, veut-savoir ma mère. Parce que même toi, tu as tes limites.

-Réponds-lui, insiste Leith, ne m'oblige pas à poser la question à K.

-La magie, elle explose subitement sans raison, évidement, elle poursuit en regardant de nouveau le charabia inscrit sur la page trouvé un peu plus tôt, comment j'ai fait pour ne pas le voir ? Raven, elle se tourne vers ma femme, j'ai besoin de ton Sira.

-Lyria, laisse trainer Leith sur la longueur, désespéré, non… s'il te plait, pas de magie.

-Mais si ! Regarde, elle lui colle presque le cahier au visage, c'est tellement évident ! Comment ça a pu nous échapper, il éloigne les pages et semble les analyser mais reste très peu convaincu, j'essaye de traverser les lignes mais je pourrai les contourner.

-Arriver par derrière ?

-C'est ça.

-La magie est vraiment indispensable ?

-Leith !

-Quoi ? Je suis un loup, pas un sorcier. Je n'aime pas la magie.

-Tu es un sorcier, à un quart, elle souligne avec un sourire joueur, presque narquois.

-Ce qui est toujours plus que ce que tu es, blablabla, je le connais par cœur ton discours. Mais pourquoi c'est moi qui dois utiliser de la magie ? Tu pourrais le faire !

-Je ne suis pas une sorcière mais une Pyria.

-Evidemment, je le sais. Utilise la magie de maman !

-Inenvisageable.

-Quoi ? Pourquoi ? Je suis sûre qu'elle est d'accord, hein maman ?

-Personne ne touche à la magie de Rae, je grogne.

-Un point pour Anya, rit Lyria, et si je devais utiliser la magie de Raven, ce ne serait pas celle qui se trouve dans ce temps, je ne violerais pas la magie de ta mère sans la prévenir. Il ne reste que toi.

-Et celle de Skye ?

-Je te gifle maintenant ou plus tard ?

-D'accord, il lève les mains en signe de paix, je n'ai rien dit. Désolé. Mais la magie, il souffle défaitiste, ça craint. Tu n'as pas une meilleure idée ?

-Ma meilleure idée jusque-là, c'était ça, elle pointe son front ensanglanté.

-Très bien, il soupire, changement de plan, j'entends parfaitement son inquiétude dans sa voix, maman, nous avons besoin de ton Sira.

Ils attendent et je dois avouer moi aussi une réponse de Raven qui ne vient pas. Je me tourne alors vers elle mais même là, je ne comprends pas son silence. Elle est juste debout, complètement absorbé par les incompréhensions inscrites sur non pas un mais quatre tableaux blancs qui continent les annotations et autre chose incompréhensible du plan des deux voyageurs. Je pourrai croire qu'elle est songeuse mais je la connais trop bien pour être bernée. Non. C'est autre chose, elle a compris. Raven est parvenue à déchiffrer ce charabia.

Je m'approche doucement pour ne pas l'effrayer. Pendant un instant j'essaye de m'intéresser aux inscriptions mais je n'y entends rien du tout. Alors, je m'apprête à intervenir au moment même où elle s'avance, prend le Velléda rouge pour compléter la partie du plan sur lequel Leith s'est arrêté à l'apparition de Lyria. Elle poursuit un long moment avant de recapuchonner le stylo et de se retourner.

C'est seulement à ce moment que je remarque la réaction de Morgane. Elle est impressionnée. Je le souligne en grande partie parce que cette réaction ne risque pas de se reproduire avant un long moment. Puis, Raven déclare d'une voix impressionnée :

-Je n'arrive pas à savoir si vous êtes des génies ou si vous êtes tout simplement complètement fous.

-L'un n'exclut pas forcément l'autre, lui répond Lyria.

-Il reste des variantes, souligne ma femme, beaucoup de variantes. C'est inquiétant. Vous ne trouvez pas.

-Ça, Lyria s'avance, prend le crayon vert, c'est parce que tu te contente de regarder seulement ce qui se trouve devant tes yeux. Il te faut une vue d'ensemble, elle efface quelques annotations, pour en inscrire de nouvelles et pas seulement pour remplacer les écritures de Raven mais aussi celles de Leith, le temps est en perpétuel mouvement et comme je vous évertue à vous le dire, il n'est pas linéaire, j'écarquille les yeux quand je la vois poursuivre ses explication écrite sur la fenêtre, il faut voir plus grand, vraiment beaucoup plus grand, elle dessine un signe étrange qui pourrait ressembler à une flamme, voilà, maintenant les variations sont beaucoup moins présentes.

-C'est, voilà le seul mot qui sort de la bouche de ma sorcière après cette explication.

-… totalement insensé, complète ma mère, voilà ce que c'est !

-Pas si, Lyria reprend en dessinant juste à côté un autre sigle tout aussi biscornu, par un hasard insensé mais bien réel, nous nous retrouvons à divaguer exactement sur la même ligne de temps. Vous savez quelle sont les chances ?

-Infime, je suppose, répond Melina qui semble tout autant impressionné.

-Tous les deux vous, commence Raven avant de secouer la tête en reprenant, vous avez conscience que si vous faites ça vous n'aurez aucune chance de retrouver votre futur, il sera purement et simplement effacé. Vous vous retrouverez dans un monde qui aura tout oublié de ce qu'il était, personne ne se souviendra sauf vous.

-Si dans ce monde, répond Leith, ama est en vie, je m'en contenterais. Il n'y a pas d'hésitation à avoir.

-D'accord, tranche Raven, je comprends pourquoi tu es près à faire un tel sacrifice mais elle… pourquoi ?

-C'est aussi ma famille, répond sans la moindre hésitation. Et, elle recommence à écrire et je vois rouge quand alors qu'elle n'a pas assez de place, elle poursuit cette fois sur le mur blanc, tu n'as pas pris en compte cette variation.

-Sérieusement, je grogne sur les nerfs, tu es obligée d'écrire sur les murs ? Et, je serre les poings, elle continue en plus !

Je fais un grand pas pour la rejoindre mais je suis vite arrêtée par la stature imposante du second voyageur du temps. Il me sourit avec amusement. Je le vois se retourner pour détailler Lyria alors la joie est remplacée par une grande tendresse. Ils s'aiment tous les deux, ça crève les yeux. Et puis sans prévenir, il se penche vers moi. Il me détail aussi avec beaucoup d'amour avant de se pencher.

-La réponse est oui, murmure-t-il à mon oreille.

-Pardon ?

-Lyria est obligée d'écrire ses pensées, elle possède des centaines et des centaines de cahier, parfois elle se réveille en pleine nuit avec une idée et elle est obligé de l'inscrire sinon elle ne peut pas dormir, notre chambre est remplie de ce genre de gribouille, toute notre maison est d'ailleurs dans cet état, il souligne avec une grimace, mais je m'y suis habitué.

-Pourquoi ? C'est très agaçant !

-D'un, il sourit avec une grande tendresse, parce que je l'aime à en mourir. De deux, parce que je l'ai toujours connu comme ça, demande donc à Luna à quoi ressemblait leur maison quand ils vivaient tous les trois, je ressens une étrange sensation en entendant cette partie. Et de trois, parce que si elle ne le fait pas, c'est son corps qui serait recouvert d'écritures, les tatouages sur ses mains, ils peuvent s'étendre, beaucoup, jusqu'à recouvrir toutes sa peau. C'est comme un surchauffage. Quand ça arrive parce que oui, il prononce avec une grande tristesse, c'est déjà arrivée, elle s'efface, tout comme la personnalité de K., il ne reste plus que le monstre, du même attrait que Baetan-ihm quand son ombre le contrôlait. Un titan de peur incontrôlable.

-Leith, je murmure à peine.

-Ne te demande pas si tu peux lui faire confiance ama. Tu dois lui faire confiance.

-Je ne suis pas certaine que…

-Ama, il me coupe avec fermeté et pourtant la douceur est toujours présente, s'il n'y a qu'une personne, il lève l'indexe de sa main droite entre nous, qui doit te sauver, c'est elle. Lyria n'a aucune raison de le faire pour elle, elle ne te connait pas. Elle pourrait le faire pour moi évidemment mais je ne suis pas la raison qui la pousse à se démener pour t'empêcher de tomber malade.

-C'est Luna, je comprends.

-Luna est tout son monde, il confirme, encore plus que moi par moment. Elles se sont littéralement sauvées mutuellement. As-tu la moindre idée d'à quel point Luna a souffert ?

-A vrai dire, je baisse les yeux, j'essaye de ne pas trop y penser.

-Je comprends.

Il m'assure pourtant ses yeux me disent le contraire. J'ai remarqué qu'il avait une attitude très protectrice envers Luna. J'ai dû mal à comprendre quel peut être leur lien. Ils n'ont tous les deux aucune concordance de temps. Luna a vécu il y a très longtemps dans le passé alors que lui sa vie s'écoule dans un futur plus ou moins, parions sur moins parce que je ne suis pas pressée de me retrouver de nouveau aussi grosse qu'une baleine, proche.

-Si nous réussissons, reprend-il pensif, vous tous… vous aurez une vie bien plus belle.

-Je ne me sens pas malheureuse.

-Tu ne mourras pas pour commencer.

-Il est vrai que ce serait appréciable.

-Tu dois lui faire confiance, c'est important.

-J'ai le Sira, Raven débarque, je n'avais même pas remarqué qu'elle était partie du salon, tien, elle le tend à Leith.

-Qu'est-ce que tu veux que j'en fasse ?

-Pour utiliser la magie. Lyria a bien insisté pour que j'ailles le cherché, non ?

-Oui, confirme le jeune homme, pour elle, pas pour moi. Je n'utilise pas la magie.

Un étrange silence s'écrase sur nous. Autant Raven semble étrangement perplexe, autant Leith de son côté ne comprendre pas la réaction de sa seconde mère. Je vois d'ailleurs Rae lui tendre un peu plus le Sira, certainement sans vraiment s'en rendre compte alors que notre fils tout droit venu du futur, s'éloigne. J'avoue que moi aussi je suis maintenant intriguée. S'il ne peut ou plutôt ne veut pas utiliser la magie, le Sira est inexploitable. Enfin je crois.

-Je ne comprends pas, fini par reprendre ma femme. Le Sira a été conçu pour accentuer ma magie, il n'est pas étonnant qu'il puisse agir sur un membre de ma famille puisse que l'essence même de notre pouvoir est le même. Alors elle, Lyria, elle reprend doucement comme pour ne pas le froisser, ne peut pas l'utiliser, toi si.

-Je préférai éviter, il baisse les yeux, la magie a toujours eu une réaction étrange sur moi.

-Oh super, Lyria débarquer habiller avec de nouveau vêtement, comme quand elle était Moëilla tout de noir vêtu, hormis pour ses basquette qui sont orange claire, tu l'as retrouvé Raven et moi qui pensait que tu l'avais sciemment oublié dans le fond d'un tiroir. Je peux ?

-Je veux bien, elle lui tend, mais comme je l'ai expliqué à Leith, le Sira ne fonctionnera qu'avec une personne qui partage ma magie ou mon sang. C'est, elle se stop net en voyant le médaillon fusionner avec la paume de la main de Lyria, okay, elle souffle, ça n'a pas l'air de posé de problème. Pourquoi ça ne te pose pas de problème ?

-Je suis une Pyria, dit-elle comme si cette évidence pouvait tout expliquer.

-Et tu as lié le Sira à la meute, Lyria fait partie de la meute.

J'ai un léger moment d'absence en apprenant cette nouvelle. Je comprends alors parfaitement les réactions instinctives qui ont pu m'habiter vis-à-vis de Moëilla. Mais ce qui est étrange c'est que Raven ait pu le sentir avant moi et même agir en conséquence. Pourtant, elle aussi semble prise au dépourvu par cette annonce et je ne suis pas certaine d'en comprendre la raison.

Je sens un petit coup de pied qui m'éloigne de ma réflexion. Je passe doucement ma main sur mon ventre. Je peux presque sentir la magie crépitée entre nous. C'est alors que deux points me sautent aux yeux comme de véritable incohérence. Qu'importe que Lyria fasse partie de la meute, elle ne peut tout simplement pas utiliser la magie et le Sira si elle n'est pas une sorcière. Enfin, je crois. Et… ne vient-elle pas de dire que Leith était un sorcier à un quart ? Sauf erreur de ma part, la magie devrait faire partie de lui à un tiers.

Ou alors, il me manque une information capitale et pas une petite. Je fixe alors Luna avec un peu plus d'intensité. J'essaye de trouver des réponses à des questions que je n'oserai certainement pas lui poser de vive voix. J'ignore pour quelle raison, je suis à ce point frileuse à l'idée de m'impliquer dans cette relation. Je suis loin d'être stupide, je vois qu'elle fait des efforts et qu'elle est bien plus ouverte que Morgane pourtant j'hésite. C'est plus fort que moi.

Mais si Leith porte quatre parts en lui : la malédiction du loup, la magie du sorcier et le chaos. Quel est le dernier point ? Est-il possible que je le porte aussi en moi ? Parce que comme toujours, un plus un fait deux alors cette particularité qui joue les inconnues avec moi, appartient forcément à mon père biologique. Je ne suis pas certaine d'avoir envie d'approfondir ce point mais en même temps, je suis fortement intriguée et c'est normal. Après tout, il s'agit de mon identité.

-J'y retourne, décrète Lyria ce qui encore fois me détache de mes réflexions. Sois prudent, demande-t-elle à Leith, ils ne devraient plus tarder.

-Toi aussi, il murmure, laisse K. te protéger au besoin.

-Parce que tu crois qu'il me laisserait le choix, elle rit doucement. Un indice, la réponse commence par un « N » ou un « I ».

-Non et Inenvisageable, il devine.

-Exactement, elle passe sa main droite dans ses cheveux. Promets-moi de rester calme.

-Seulement si tu reviens en un seul morceau.

-Deal, elle souffle avant de l'embrasser sur les lèvres et de se volatiliser instantanément.

Leith ferme les yeux, peut-être pour garder le souvenir du baiser un peu plus longtemps. Il inspire profondément tout en réouvrant ses paupières. Son regard s'arrête sur moi, il jette un rapide coup d'œil à sa montre avant de reprendre :

-Lyria a raison, nous allons manquer de temps.

-Tu crois vraiment que…

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que je me sens être happée en arrière, comme si je tombais. La sensation ne dure pas plus d'une seconde ou deux, à peine le temps d'une expiration alors quand je prends une forte inspiration, je reste étourdie mais plus rien ne bouge. Je sens une violente nausée me tordre l'estomac. Je me penche légèrement en avant, ce qui après coup se révèle être une très mauvaise idée. La sensation empire.

J'appelle Raven mais rien du tout, elle ne se précipite pas pour s'assurer de mon bien être. C'est le premier point qui m'indique que quelque chose ne va pas. Le second me rend perplexe mais pas seulement. Je suis autant en colère, qu'effrayer en découvrant à mes pieds non pas le parquet rassurant de notre salon mais de l'herbe, légèrement jaunit par endroit parsemé de feuille au couleur automnal.

Je me redresse prudemment. Je tente d'analyser la situation. Pour commencer, je ne sais pas du tout où je me trouve, je ne reconnais rien. J'aimerai avoir le temps de me demander quel genre de maléfice à pu me faire sortir de l'île. Je ne peux pas croire que les protections de Raven aient pu toutes être balayer aussi facilement. Quelque chose ne colle pas mais je ne peux pas approfondir ce sentiment puisqu'une autre personne apparait près de moi : Luna.

Je comprends rapidement que comme moi, elle a été attirée ici contre sa volonté. Elle n'a absolument rien à voir avec cette situation. C'est alors que je les vois apparaitre, comme s'ils sortaient d'un épais brouillard, les cinq membres du Haut Conseil que j'ai eu le déplaisir de rencontrer la dernière fois. Luna fait un pas en arrière, c'est à peine perceptible mais personnellement, je le vois parfaitement bien. Je tente un regard vers elle. J'ai déjà remarqué la dernière fois que ces hommes la rendaient mal à l'aise. Je ne comprends seulement pas pourquoi. De mon point de vue, son loup seul est bien plus puissant que les cinq qui se dresse devant nous à cet instant.

Je veux leurs demander ce qu'ils leurs permet de nous traiter ainsi. Ils n'ont aucun le droit de nous arracher à nos vies de la sorte. Mais je perds tout mes mots quand je les vois balancer à terre le corps meurtrit de Lyssa. Je ne pensais pas un jour pouvoir ressentir de la pitié pour elle et pourtant… elle lève les yeux vers nous, son regard nous implore de la sortir de cette situation. Son corps ne porte aucune marque mais je sais, nous savons, mon loup et moi qu'elle a été torturée.

Je n'aurai pas pu imaginer qu'ils auraient osés la traiter de cette façon. Si je l'avais su, jamais et je dis bien : jamais je n'aurai cautionné qu'ils s'emparent d'elle. Je serre mes poings. Je ne sais pas ce que présage cet enlèvement et cette rencontrer mais je ne le sens pas. Le pire, c'est que je ne parviens pas à savoir pour qui je suis le plus inquiète : pour moi, pour mon enfant, pour Luna ou… pour ce monstre qui me sert de sœur. Je n'avais aucun moyen de pouvoir supposé qu'un jour elle deviendrait plus que cette petite chose qui gît à leurs pieds.

-Lève-toi, ordonne celui que je reconnais comme étant Olsen, elle s'exécute difficilement, bien, un sourire narquois étire ses lèvres, très bien. Maintenant, il fait un signe de tête vers nous, tues-les !

Le regard de Lyssa passe des membres du Haut Conseil vers nous, quand il est sur eux, elle semble demander confirmation alors que lorsqu'il s'arrête sur nous, elle nous supplie de ne pas la laisser faire. Je ne comprends pas bien d'où provient ce changement de cap.

-Je suis presque sûre que vous n'avez pas le droit de mener cette action, je tente.

-Nous en prenons le droit !

Le sourire narquois et sure de lui que m'adresse cet Olsen ne me plait pas du tout. C'est alors que dans la brume je vois apparaitre trois silhouettes. Je n'ai pas besoin de plus pour les reconnaitre, il s'agit des anciens Dieux de la Mort, de l'Amour et la mystérieuse Man-Wol.

-Il y a un problème de taille, vous êtes toutes les trois des alphas de la même meute, il ne peut en rester qu'une, reprend un des Russes. Alors ce sera un combat à mort.

-Ma meute, je grogne, n'a absolument rien à voir avec la sienne, je pointe Luna du doigt, et elle, j'envoie un coup de menton vers Lyssa, n'a même pas de meute !

-Les choses sont telle que nous décidons qu'elles sont, décrète avec une pincée de folie Olsen. J'espère, son regard envieux me donne encore plus la nausée, que tu gagneras Luna. Tu es bien silencieuse, je suppose que tu as hâte de rentrer, ne t'en fais pas ça arrivera dès que tu auras éliminé la concurrence.

-Il ne peut demeurer qu'une Lucas, décrète le plus calme, Haas si je ne me trompe, vous ne pourrez pas y échapper. Cette fois, même la petite ne peut rien pour vois.

-Et bien, je me retourne vivement vers la voix qui transperce aussi l'épaisse brume mais cette fois dans notre dos, laissant apparaitre Leith aux côtés de Skye, je n'en serai pas si sûre à votre place. Moëilla a toujours eu et aura toujours des dizaines de coups d'avance sur vous.

-C'est impossible, s'insurge Olsen, qui que vous soyez, vous ne pouvez pas être là !

-Hum, mon fils venu du futur fait mine de réfléchir, laissez-moi résumer les règles de ce piège, il fait un cercle autour de sa tête et je comprends que nous sommes enfermés dans une sorte de sphère, hormis vous, seuls les Lucas peuvent entrer dans cette prison, c'est pour cette raison que Raven est les autres sont bloqués à l'extérieur. Vous avez trop peur de vous confronter à tous le monde. En sommes, il sourit de la même façon que ma femme, sa mère, avec beaucoup d'arrogance, vous trichez. Il est légitime que nous en fassions de même. Nous sommes des Lucas, il se tourne légèrement vers son ainée, tous les deux.

-Non, hurle une voix féminine, non !

Je fais un pas en arrière quand je vois apparaitre Man-Wol entre nos deux groupes. Elle agit comme une véritable aliénée, répétant inlassablement cette négation, encore, encore et encore. Elle s'approche, tendant son bras droit vers nous, je recule jusqu'à sentir dans mon dos un autre corps : Leith. Lui, ne semble pas du tout effrayé.

-Je ne suis pas d'accord, s'égosille-t-elle vers les deux anciens Dieux. Pas lui, elle nous montre du doigt mais je suppose qu'elle parle de Leith, tout le monde sauf lui !

-Une connaissance, je demande tout bas.

-En quelque sorte.

-C'est elle, s'informe Luna, n'est-ce pas ?

-Je ne serai pas contre une explication, intervient Skye et pour une fois, je dois avouer que je suis entièrement d'accord avec elle.

-Reviens à ta place, tonne la vois d'Ænkhou, arrête immédiatement de te donner en spectacle. Nous avons dit au Haut Conseil que les têtes des Lucas tomberaient, elles tomberont.

-La tiennes aussi tomberas, le prévient avec calme Leith. Attends encore un peu et elle tombera.

-A qui crois-tu t'adresser, s'agace Jeda en se précipitant vers cet étrange brouillard mais il la rejette. Je ne comprends pas, elle se tourne vers le père de Melina, comment Man-Wol est-elle passé ?

-Presque tous les Lucas sont réunis, souligne Leith, en apposant une main forte sur mon épaule, je me sens aussitôt profondément soulagé et parfaitement en sécurité, vous avez eu ce que vous vouliez mais vous devriez douter, parce que dans notre famille nous ne nous entretuions pas. Aucun de nous ne mourra aujourd'hui. Je ne peux pas en dire autant de vous.

-Non, souffle Skye, je ne peux pas le croire, des larmes dévalent son visage, Jessica ?


Un nouveau chapitre se termine. J'espère qu'il vous a inspiré et qu'il vous a plu ! Des suppositions pour la suite ? J'ai hâte de connaître vos réactions. Les choses ont bien bougé dans ce chapitre, Leith et Lyria sont arrivés du futur. Leur plan est en route. Et oui, la confrontation avec le Haut Conseil était bel et bien prévue. Une idée de comment ils vont s'en sortir ? Tous les Lucas sont piégés et n'ont en théorie qu'un seul moyen de s'en sortir : s'entre-tuer. Pour rien arranger… le terme d'Anya arrive a grand pas. Autant dire que Lyria ne doit pas être en retard !

En espérant vous retrouver pour le prochain chapitre !

GeekGirlG