Bonjour à tous!
J'ai été vraiment peu présent niveau écriture ces derniers temps... La faute aux vacances. Ce chapitre est posté en même temps que le chapitre bonus et ne vous en faites pas: dès maintenant, je reprends un rythme d'écriture plus régulier!
Pour les intéressés, la suite et fin à mon autre fanfiction Go Ahead est sortie!
Réponse aux reviews anonymes:
Adenoide: La réponse à ta question est dans ce chapitre! Merci pour ta review :)
aussidagility: Et ça par contre, ce sera dans le prochain chapitre! Merci pour ta review et bonne lecture :)
Merci à tout ceux qui suivent cette fic!
Dans le chapitre précédent:
Le cadet Weasley fut projeté hors de l'estrade et tomba sur le sol en roulant sur plusieurs mètres. Il était inconscient. L'assemblée se mit alors à applaudir comme jamais, qu'il s'agisse de Gryffondors, comme de Serpentards, de Serdaigles ou de Poufsouffles. Tous acclamaient Tracey et condamnaient Ron pour sa conduite idiote et impardonnable. Ce dernier était toujours inconscient. Avec un léger sourire, Tracey partit rejoindre ses amis.
-Le prochain duel opposera Isadora Lancaster, quatrième année Serpentard à Ariane Potter, seconde année Gryffondor! s'écria Potter père.
-Parfait! sourit méchamment Isadora. Je vais pouvoir me défouler un peu.
Et Duncan ne pouvait s'empêcher de se demander comment le seul membre de sa famille relativement normal pouvait être Anthony...
Chapitre Dix sept: En ébullition.
La salle de duel était littéralement en ébullition. La plupart des élèves échangeaient des regards surpris. D'autres, beaucoup plus cupides -et méprisables aux yeux d'Anthony- échangeaient des coupons de pari, avec des sourires. Du coin de l'œil, Anthony remarqua que la cadette Weasley s'en allait, toujours aussi pâle. Il se jura d'en parler à Severus avant d'oublier la jeune fille, captivé par le prochain duel.
Car ce match avait largement de quoi attiser l'étonnement et l'enthousiasme.
Ariane Potter, la gryffondor prodige, ayant à son actif énormément de victoires et très peu de défaites face à des élèves bien plus âgés qu'elle. La survivante, entraînée par Dumbledore en personne, dont la puissance devait largement rivaliser avec la plupart des cinquièmes années. Elle qui faisait des combats clandestins avec des élèves bien plus vieux et qui contre toute attente réussissait à gagner.
Oui. Ariane Potter était définitivement une adversaire de choix. Une opposante de qualité, bien plus puissante que ce qu'on pouvait imaginer. Certains quatrièmes années auraient plutôt décidé d'abdiquer en avance plutôt qu'encaisser une défaite humiliante -car si il y avait une chose qu'Ariane savait faire, c'était humilier son adversaire.
La plupart des quatrièmes années auraient fait ce choix. Mais pas Isadora Lancaster.
Car Isadora Lancaster était presque aussi connue qu'Ariane Potter. La serpentard talentueuse, qui venait d'une famille reconnue et qui n'avait rien à envier à personne. Le peu de fois où on l'avait vue se battre montrait qu'elle aussi était largement plus puissante que la moyenne. Elle était peut être moins puissante qu'Ariane... Mais bien plus imprévisible. Car personne ne savait jusqu'où allait son niveau. Personne ne savait si elle était surpuissante ou bien si elle était juste plus talentueuse que la moyenne. Et ça, c'était sûr qu'elle allait se servir de cet avantage.
La sœur de Dante et la sœur d'Harry se toisèrent pendant un cours instant, leur baguette en main, toutes deux sur l'estrade de combat. Le regard défiant pour l'une, déterminé pour l'autre. Serpentard face à Gryffondor. Personne, pas même Anthony ne pouvait présumer l'issue du combat.
-Je vais enfin avoir le plaisir de te vaincre, Lancaster, lança Ariane avec un sourire haineux. Je vais bien m'amuser!
-J'aimerais dire la même chose, Potter... soupira Isadora. Je crois que je devrais ressentir la même chose, mais en fait, pas vraiment... Tu n'es qu'une ombre.
L'insulte fit immédiatement tiquer Ariane qui leva un poing colérique vers Isadora.
-Moi, une ombre? Je suis la survivante! Et après ce combat, tu vas me montrer le respect qui m'est dû!
-Lamentable... murmura Isadora.
Une ombre passa sur le regard d'Ariane. C'était le moment critique de leur duel, une seconde avant que les deux opposantes se préparent à lancer le premier sort. Isadora restait sur ses gardes.
-Tu te crois supérieure à moi? demanda Ariane. Tu connais le nombre de victoires que j'ai à mon actif?
-Contrairement à toi, qui ne connait pas le mien, répliqua Isadora.
Ariane fronça les sourcils puis au dernier moment, elle envoya un violent Stupéfix. Le jet de lumière jaune fonça vers Isadora qui le fit dévier au dernier moment avec un sortilège de protection. Malheureusement pour la Serpentard, elle en fut légèrement déstabilisée et elle n'évita les deux prochains maléfices qu'avec une chance extrême.
-Pas mal... On dirait qu'au final, il y aura un peu de challenge finalement, ricana Isadora.
À son tour, Isadora passa à l'offensive en lançant un Experlliarmus qui rencontra de plein fouet un Stupefix. Les deux sorts se percutèrent de plein fouet: le rayon de lumière rouge sembla fusionner avec celui de lumière jaune. Deux couleurs, deux adversaires, qu'un seul vainqueur.
Et ce vainqueur fut Ariane. Le duel de sort fut remportée par la Gryffondor tandis qu'Isadora fut violemment projetée en arrière par le mélange du sortilège de désarmement et le sortilège de stupéfixion.
XXX
Dante était toujours seul. Les yeux clos et rougis, il fixait le plafond de la salle sur demande.
Une salle dévastée à présent. Les murs étaient fissurés par les sortilèges que le Serpentard lançait pour s'entraîner. Le sol était rempli de poussière. Les mannequins d'entraînement gisaient en charpie. Il ne savait plus combien d'heures il avait passé ici, combien d'heures il avait consacrées à cet entraînement totalement insensé.
L'amertume succedait lentement à la colère, au fur et à mesure qu'il réalisait à quel point sa vie ne rimait à rien. En fait, il avait simplement été manipulé. Toute sa vie, toute son enfance ne rimaient à rien. Tout ce qu'il avait vécu avec sa famille adoptive, tout ce qu'il avait vécu lors de sa fugue... Tout ça pour ça? Pour apprendre qu'il n'avait peut être jamais été désiré par ses vrais parents? Lui qui les idéalisait tellement...
Dante ne pouvait plus se lever et quitter cette salle. Il avait essayé à plusieurs reprises de se lever, de faire demi-tour et de s'éloigner. Il n'avait jamais réussi. Une partie de lui, de son identité, de "Dante Lancaster" venait d'avoir été tuée ce soir. Il n'y croyait pas, il n'y crois pas et il n'y croirait jamais. Mais la vérité venait d'éclater, comme une gerbe de flammes totalement incontrôlables. Celle de son cœur aurait pu s'éteindre. Au lieu de cela, elle avait littéralement tout brûlé en lui, comme un brasier surpuissant qui avait tout détruit en lui, "Dante Lancaster"... Alias Harry James Potter.
Harry James Potter.
Ce sentiment d'injustice consommait tout. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui lui resterait quand le temps serait passé. Il n'avait pas la moindre idée de comment il allait pouvoir faire face à ses parents, à ses frères, à ses amis... Peut être devait il fuir à nouveau? Repartir le plus loin possible, disparaître définitivement? Cela réussirait il à lui faire oublier sa peine? Parviendrait il à se coucher le soir et ne pas se dire qu'il aurait pu être là près d'eux, à sourire à Anthony, à taquiner Isadora, à se moquer de Duncan et à rire avec Matt? Il y était parvenu une fois et cela lui avait coûté la vie de plusieurs personnes. Voudrait il à nouveau risquer quelque chose d'aussi horrible?
Non, bien sûr que non.
C'était évident dans un sens. Mais il ne voulait plus envisager d'avenir. Quel avenir au fond? Il ne se voyait pas fréquenter les Lancaster en souriant bien qu'il savait la vérité désormais. Il ne voulait pas non plus retourner chez les Potter. Il voulait juste rester allongé dans cette salle, pour l'éternité. Au moins, dans cette salle, il n'aurait pas besoin de feindre la joie. Au moins dans cette salle, personne ne pourrait l'atteindre. Oui... En définitive, rester ici n'était pas vraiment la pire des solutions, maintenant qu'il savait tout. En définitive, ce serait certainement le meilleur des remèdes...
Non.
Le regard perdu dans le vide, il se releva très difficilement. Ce fut encore plus difficile de se lancer un Récurvite maintenant que sa magie était largement épuisée par ce défoulement complètement idiot. Il ne réussit à faire disparaître la poussière qu'au troisième essai. Puis, marchant lentement comme pour empêcher la fatigue de l'emporter, il s'avança vers la sortie. Il ouvrit la porte, laissant le vent du couloir lui balayer le visage. Puis commença à marcher lentement, le regard et l'esprit embrumé.
Il marchait seul désormais. Les bruits de pas lorsqu'il marchait étaient assez bruyants mais il s'en moquait un peu en définitive. Il emprunta un escalier en colimaçon pour soudainement arriver dans une salle... Étrange.
Vraiment étrange.
La salle était spacieuse, comme une salle de classe abandonnée. Mais il n'y avait aucune chaise et aucune table. Le regard perdu, il remarqua alors au milieu un grand miroir imposant. Un peu curieux, il s'avança vers le miroir, en lisant l'inscription.
Risèd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej.
Sans comprendre l'inscription, il observa alors son reflet... Et haussa les sourcils en regardant ce que montrait le miroir.
Il était avec Sirius, Remus et Severus mais aussi avec la famille Lancaster au complet. Tous semblaient un peu plus vieux mais tous souriaient jusqu'aux oreilles, le regard pétillant. À leurs côtés, Drago, Luna, Tracey et tant d'autres souriaient eux aussi. Au milieu, Dante trônait, un large sourire insouciant qu'il n'avait pas vu sur son visage depuis longtemps. Comme si tout allait bien, tout irait bien et rien ne serait jamais dangereux. Mais ce n'était pas cela qui retint le plus son attention.
Non.
Parmis eux, un garçon grand et blond, âgé d'une quinzaine d'année le regardait de ses grands yeux gris, incapable de masquer son émotion. Il était grand, beau et avait une carrure imposante. À ses côtés, une jeune fille d'une dizaine d'années semblait bien plus menue et incapable de se défendre. Elle semblait elle aussi paisible et lui souriait aussi, comme si elle était heureuse de le voir, portant un uniforme repassé à la perfection de Beauxbâtons. Enfin, un petit garçon au visage quelconque mais aux cheveux sombres qui lui tombaient sur le visage le regardait lui aussi. Ses yeux noisette montraient toute sa candeur et sa naïveté. Ses mains tendues vers Dante étaient un signe de sa joie. Et il semblait jouer avec un jeune elfe de maison qui le regardait, des étoiles dans ses yeux à la taille de balle de tennis. Malgré lui, les yeux du serpentard commencèrent à le piquer et il ne put s'empêcher de vouloir pleurer. Cela faisait une éternité qu'il ne les avait pas vus...
Et ils étaient devant lui. Enfin.
Non. C'était très probablement faux. Lorsque le jeune homme leva la tête vers l'inscription, il comprit alors.
Risèd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej.
Je ne montre pas ton visage mais de ton cœur le désir.
Ainsi c'était donc ça le plus grand désir de son cœur? Revoir ces personnes qui avaient eu le malheur de croiser son chemin et de créer des liens avec lui lors de sa fugue? Le jeune homme eut soudainement envie de briser ce miroir et de s'en aller. Il dégaina sa baguette, la pointant sur le miroir, la pointant sur toutes les personnes qui le regardaient avec amour et insouciance... Et ne put s'empêcher de pointer inutilement le sol de sa baguette, incapable de murmurer la formule du sortilège d'explosion.
-Tu fais bien.
Dante pivota sur lui même. Et il croisa le regard de son professeur de potions. Severus Rogue le regardait, le visage fermé, les mains dans les poches, tandis que ses yeux sombres se posèrent quelques secondes sur le miroir. Puis il tourna la tête vers Dante avec un air visiblement las.
-Qu'est ce que tu fais ici? demanda "l'impartial" professeur de potions. Tu n'as pas de devoir à rendre?
-Qu'est ce que tu fais ici? répliqua "le respecteux" élève. Tu n'as pas de copies à corriger? Ou bien de duels à superviser?
Ils se dévisagèrent mutuellement tout les deux pendant quelques instants. Puis le visage de Severus se fendit d'un léger sourire.
-Voir des élèves qui en affrontent d'autre ne m'attire pas plus que ça. Et j'ai terminé de corriger mes copies, si tu veux tout savoir. Je t'ai mis un "Effort exceptionnel" alors que Matt a ramené un "Acceptable". Ce qui est toujours mieux que Sainte Potter qui a ramené un "Piètre".
À l'évocation d'Ariane, le visage de Dante se ferma et il se remit à fixer son reflet. Le regard perdu dans le vide, il contemplait à nouveau les visages souriants. Et Severus comprit alors que Dante savait. Il poussa un soupir puis s'approcha de lui.
-Tu sais qu'elle est ta sœur, hein?
-Oui.
-Et qu'est ce que tu en penses?
-Que ça ne te concerne pas.
-Sale gosse.
-Vieux débile.
Une discussion normale avec un adulte normal. Dante continuait à fixer le miroir, dévisageant les personnes qui le regardait, qui lui souriait. Comme si il était innocent.
-Tu t'attends à quoi en voulant m'en parler? demanda Dante avec un air légèrement ironique. Qu'une fois qu'on aura terminé cette discussion, je vais me sentir incroyablement mieux? Que je vais quitter cette pièce en étant un homme nouveau? Ramener des "Optimal" à mes BUSEs et à mes ASPICs? Devenir plus tard un médicomage ou bien un auror, tout ça grâce aux bons vieux conseils de mon bon vieux oncle Sev?
-Ce sera toujours mieux qu'être dans ton état actuel, répliqua Severus.
-Super. Maintenant, considérons qu'on a fait cette superbe discussion, enrichissante, profonde et tout. Notre relation s'est beaucoup améliorée et quand je sortirais, tu pourras envoyer une lettre à Papa et à Mam... aux parents d'Anthony pour leur dire tout ça. Ils seront super contents et tu te sentiras fier et satisfait d'avoir fait ta bonne action de l'année. D'accord?
-Même si c'est plutôt tentant, je n'ai pas spécialement envie de procéder comme ça, Dante, répondit l'austère professeur. Tu vas mal.
-J'irais mieux. Comme ça, ça fera une fin heureuse.
-C'est ce que tu pense.
-Et ce qui va arriver.
Dante posa alors à nouveau son regard vert émeraude sur le miroir pour observer son reflet, et ignorer par la même occasion Rogue. Le directeur de Serpentard posa sa main sur l'épaule du jeune homme.
-Arrête de regarder ce miroir, ordonna Severus.
-Je fais ce que je veux, rétorqua Dante.
-Tu sais très bien que ça ne va pas t'aider à aller mieux, fit remarquer sagement Severus.
-Tu n'en sais rien, riposta férocement Dante.
-Au contraire, j'en sais beaucoup, dit le professeur de potion en secouant la tête.
-Qu'est ce que tu vois en voyant à travers ce miroir? demanda Dante.
Il y eut une légère pause. Un léger silence où personne ne parla.
-Parce que moi, je vous vois, ajouta Dante. Je vous vois vous... Et je les vois eux. William, Tara, Colin et Rydo. Je les vois. Vivants.
-Ça ne m'étonne pas spécialement, tu sais. C'est normal que tu les vois.
-Pourquoi ce miroir est ici? Tous les élèves peuvent devenir accro à ce qu'ils voient très facilement.
-Il était caché dans le couloir du troisième étage, répondit Severus. C'était la clé pour réussir à avoir la pierre philosophale. Pour avoir la pierre philosophale, il fallait vouloir la trouver et non pas vouloir s'en servir. Hors, c'est en ça que le miroir du Rised intervient: il donne la pierre à celui qui souhaite la trouver, pas à celui qui souhaite s'en servir.
-Et maintenant?
-Maintenant? Quirell avait réussi à s'emparer de la pierre quand je suis arrivé. Je crois qu'il a compris la clé. Il voulait la trouver pour l'offrir à son maître, pas la trouver pour s'en servir. On s'est battus mais il me dominait largement et si Londubat, Granger et Potter n'étaient pas venus... Le Seigneur des ténèbres serait peut être revenu à la vie.
-Potter... En quoi l'intervention de ces trois élèves t'a sauvé?
-Eh bien... Quand Potter est venue, ça a créé une légère diversion. J'en ai profité pour attaquer Quirell d'un Sectumsempra. Il avait été tellement étonné qu'il en est mort sur le coup, et la pierre est tombée au sol. Dumbledore l'a détruite depuis le temps.
-Cacher un objet de cette importance dans une école... Alors que des élèves de première année auraient pu tomber dessus... Sérieusement? demanda Dante en soufflant du nez.
-Dumbledore avait ses raisons.
-Tout comme les Potter lorsqu'ils m'ont abandonné.
Il y eut à nouveau ce silence mal à l'aise. Ni Dante, ni Severus n'osa le troubler.
-Je suis désolé, Dante.
-Désolé que mes parents m'aient abandonné?
-Non. Désolé que tu l'ai su de cette manière.
Dante tourna la tête vers Severus, l'air interrogateur. Avec un soupir, d'un simple mouvement de baguette, Severus fit apparaître deux chaises en bois et invita Dante à s'assoir.
-Tes parents biologiques sont des idiots finis pour avoir commis un acte aussi horrible que de t'abandonner. Tu le sais très bien. Tu es un garçon farceur et chaleureux par moments, et froid et méprisant avec ceux qui t'énervent. Pourtant... Tu te rappelle de tout ce que tu as traversé lors de ton enfance? Pas seulement avec tes frères et sœur... Mais aussi avec William et les autres. Avec Sirius. Remus. Avec moi aussi...
Severus posa alors son regard sombre sur le miroir.
-Quand Ginger m'a dit qu'elle t'avait adopté, ça m'avait mis dans une colère noire. Elle détestait Potter père quand elle et moi étions à Poudlard. À l'époque, Ginger était à Serdaigle et avait un an de plus que moi. J'étais à Serpentard. Et Lily était à Gryffondor. On était incroyablement amis. On nous surnommait le "trio des couleurs"! Lily était rouge, moi vert et Ginger bleue. À cause de nos maisons. Notre amitié était connue de tous et personne n'aurait pu croire qu'on risquait de ne plus être amis. Et quand Lily m'a tourné le dos car je l'ai traitée de sang de bourbe après avoir été humilié par Potter, Ginger était restée à mes côtés. Quand Potter et Black venaient m'humilier, c'était elle qui venait me protéger en leur lançant des sorts qui les calmaient tout de suite. Au fil du temps, j'étais passé de protecteur à quelqu'un qui avait besoin de protection... Et elle m'a pardonné quand elle a compris que je ne voulais plus me battre aux côtés du Seigneur des Ténèbres.
Dante écoutait ce que Severus disait, son regard vert émeraude posé sur le professeur de potions. Severus lui était plongé dans ses souvenirs, et baissa soudainement les yeux vers le sol, triste tout d'un coup.
-Là où Lily, ta mère biologique se rapprochait de plus en plus de Potter père, en m'ignorant de plus en plus... Ginger, ta mère adoptive, était toujours à mes côtés. Elle m'écoutait quand je lui disait à quel point voir Potter père et Lily ensemble me rendait triste. Elle m'écoutait quand je lui disais que je regrettait tout ce qui s'est passé. Elle m'écoutait quand je lui demandait si j'avais le droit à une seconde chance. Et elle hochait la tête pour me répondre "oui" à cette question. Là où Lily m'en voulait pour mes choix, Ginger préférait me pardonner. Et m'aider à aller mieux.
Severus eut un geste de la main, un peu de dépit. Comme si il était désormais fatigué.
-Puis, après la chute du Seigneur des Ténèbres, Ginger m'a contacté pour me parler de toi. J'étais en colère quand j'ai compris qu'elle avait accepté la demande de ce clébard de Black et de cet hybride de Lupin pour t'adopter. Mais j'étais encore plus en colère en sachant que Lily, la femme que j'aime... Et que j'aimais avait décidé d'abandonner son propre enfant. J'étais dégoûté. Et je crois que c'est ce dégoût qui m'a permis de t'apprécier et de ne pas te mettre dans la même catégorie que ton vantard de père. Même si au début, je n'étais pas vraiment tendre avec toi... Et encore moins avec Sirius ou Remus...
Le professeur de potion marqua une pause. Puis il planta son regard sombre en Dante. Mais ce regard n'exprimait pas de la haine, de l'indifférence. Non. Au contraire, ce regard exprimait une fierté sincère. Dante n'osait plus parler, de peur de troubler ce regard.
-J'ai appris à te connaître et peu à peu, "Harry Potter" est mort pour devenir "Dante Lancaster". Discrètement, je te regardais admirer Anthony, te disputer avec Isadora, apprendre avec Duncan, rire avec Matt, protéger Elise et jouer avec Benjamin. Je t'ai vu grandir dans une famille qui t'aimait, sauf dans le cas d'Isadora à l'époque. Je t'ai aidé à préparer ta première potion Tue Loup que tu as offert à Remus. J'ai ri en te voyant chevaucher Sirius lorsqu'il se transformait en ce grand chien noir pour courir autour du manoir. J'ai consolé une Ginger inconsolable quand tu as fugué avec Rydo sans laisser de traces. Et j'ai aidé de toutes mes forces Almerick déterminé à te retrouver. Et quand je t'ai revu, blessé, en larmes... Là je me suis rendu compte que malgré le fait que tu sois le fils biologique du type que je hais le plus au monde et de la femme que j'ai un jour aimé... Je me suis rendu compte que je tenais à toi. Que je t'aimais, comme j'aimais les autres enfants de Ginger. Comme j'aimais ma filleule Isadora. Comme j'aurais aimé mon fils.
Les yeux de Severus étaient brillants. Jamais Dante n'aurait imaginé voir un tel regard dans les yeux de son oncle.
-Sev... Je sais pas vraiment quoi te dire...
-Tu n'as pas besoin de dire quoi que ce soit Dante. Mais c'est le cas de toute la famille Lancaster. De tes amis. De ton parrain. Personne ne te voit comme étant Harry Potter, l'enfant abandonné. Non, tu es Dante Lancaster, l'enfant retrouvé.
Le professeur de potion se leva, puis masqua ses émotions, tel le parfait occlumens qu'il était. Mais Dante savait que c'en était rien. Par respect, il ne fit aucune remarque et se leva à son tour. Il s'apprêtait presque à dire quelque chose lorsque soudain une horrible voix lui déchira ses tympans.
"Oh oui… Une proie… N'ai donc pas peur, ose t'approcher de moi… Offre moi le prétexte dont j'ai besoin... Pour que je puisse te briser… Te déchirer… T'écorcher…"
-Oh non... murmura Dante, le regard alarmé.
-Qu'est ce qui se passe? demanda Severus, tout aussi effrayé.
-Quelqu'un se fait agresser en ce moment même! dit Dante en courant vers la porte.
Severus dégaina sa baguette avant de suivre son neveu, le cœur battant. Baguette en main, ils ouvrirent la porte puis se dirigèrent vers le couloir. La voix était de plus en plus forte... jamais elle n'avait été aussi sifflante, aussi marquante, aussi malsaine.
"Tu tentes de fuir? Tu as peur? Une baguette... Tu viens de sceller ton destin, jeune homme!"
Il y eut un hurlement déchirant. Dante et Severus s'avancèrent. La boule au ventre, l'ex Potter n'osait pas regarder vers où il s'avançait. Il ne savait pas si il serait capable de le supporter.
Un corps gisait, face contre terre, dans une mare de sang. C'était un élève. Il ne bougeait plus du tout. Dante crut mourir lorsqu'il reconnut ces cheveux blonds, cet uniforme caractéristique, cette montre à gousset brisée... Et il ne put s'empêcher d'hurler lorsqu'il reconnut la personne qui avait été agressée.
XXX
Cela faisait dix minutes désormais qu'Isadora et Ariane livraient un combat plus qu'acharné. Personne n'aurait pu imaginer voir un duel pareil. Les sortilège de désarmement s'était progressivement transformés en sortilège de stupéfixion... Et à présent, il s'agissait de sortilèges de fracturation qui jaillissaient des baguettes des deux élèves.
Anthony regardait sa sœur, désapprobateur. Il savait qu'elle aurait dû mettre fin au duel dès le début pour en finir rapidement. Mais les élèves ne voulaient pas un duel. Les élèves voulaient un spectacle. Anthony regardait sa sœur esquiver gracieusement les jets de lumière jaillissant de la baguette d'Ariane. Et il la regardait répliquer en lançant un maléfice cuisant. L'effet de coup de poing projeta en arrière Ariane quelques mètres, qui se releva aisément, la lèvre fendue.
-Tu es très forte, Lancaster, dit la gryffondor.
-Je te retourne le compliment, répondit Isadora. Là où je voyais une survivante en carton se cache en fait une vraie combattante, on dirait.
-Et là où je vois une duelliste de talent se cache une perdante! répliqua Ariane avec un sourire en coin.
Les deux ennemies se jetèrent à nouveau mutuellement un maléfice cuisant qui touchèrent tout les deux leur cible. Ariane qui était épuisée et dont les réflexes étaient nettement moins vifs en eut le nez presque cassé tandis qu'Isadora tituba, fatiguée, du sang coulant de sa lèvre inférieure. Elle savait qu'elle devrait tout de suite attaquer de toutes ses forces Ariane pour la mettre directement hors d'état de nuire. Elle savait cela mais elle s'en moquait: elle voulait avant tout s'amuser. Elle avait clairement sous estimé Ariane mais depuis quelques minutes de duel, elle savait comment en finir vite et bien.
Les deux filles se dévisagèrent, baguette en main. Les deux savaient. Les deux savaient que le prochain sort serait le dernier, serait le sort qui mettrait une fin définitive à ce duel insensé. Au moment où Isadora fendit l'air de sa baguette pour lancer un Glacius et Ariane décrivit un arc de cercle de sa baguette pour stupéfixer la quatrième année, Minerva MacGonagall entra en trombe dans la salle de duel.
-Arrêtez tout! lança Minerva, les yeux brillants de peur. Que tout les élèves retournent à leurs dortoirs tout de suite!
Elle tourna la tête vers Remus et Lockhart, le regard brillant d'effarement.
-Drago Malfoy a été retrouvé pétrifié dans un état critique!
Et voilà tout pour ce chapitre. Je l'avais écrit à la base du point de vue d'Isa en me centrant bien plus sur son duel avec Ariane en laissant de côté la discussion entre Sev et Dante, mais ce résultat final me plaît bien plus. J'espère que ce chapitre vous aura plu! La suite arrivera probablement la semaine prochaine car je suis toujours en vacances. Sur ce, à bientôt et n'oubliez pas les reviews.
