Bonjour à tous!

Je reviens de l'IRL pour poster ce chapitre. Entre contrôles, bacs blancs et concours, l'écriture est vraiment difficile mais j'espère surtout que ça vous plaira.

Bonne lecture!


Dans le chapitre précédent:

-À Miss Ariane Potter, pour avoir tué le Basilic et mit fin au règne de l'héritier de Serpentard, j'accorde cent points! Ce qui signifie qu'il faut changer de décor...

Cette fois, il y eut un silence total, tandis que le noir et le blaireau de Pouffsouffle disparut pour laisser place au rouge et au lion de Gryffondor. La plupart des élèves fixaient Dante, choqués. C'était saisissant. En quelques mots, Ariane venait de voler à la fois l'exploit de Dante et la victoire de Pouffsouffle qui était première, évènement qui n'avait pas eu lieu depuis au moins quinze ans. Une fraction infime des Gryffondor applaudit de bon cœur car toute la Grande Salle fixait durement Dumbledore ou Ariane. À la table des professeurs, outre les professeurs choqués, Rogue lança un regard ironique à MacGonagall qui semblait très mal à l'aise, les parents Potter applaudissaient leur fille à tout rompre, Chourave lança un regard assassin à Dumbledore et Remus secoua la tête de mépris.

Alors Dante se leva, au milieu du silence quasi irréel. Puis il prit un verre d'eau et leva en l'air, à la manière d'un toast ironique pour Ariane. Isadora fit de même. Elle fut suivie par Anthony, puis Duncan, puis Luna, puis Tracey, puis Drago, puis Matt, puis toute la table de Serpentard, sans exception leva son verre à l'adresse d'Ariane pour lui faire ce toast ironique. Au même moment, Cedric Diggory imita Dante et fut suivi de Susan puis de toute la table des Pouffsouffles. À son tour, la table des Serdaigles se leva pour adresser ce toast ironique et enfin, une poignée infime de Gryffondors, menés par les jumeaux Weasley, Hermione et Neville se levèrent et firent ce toast. Et enfin, quelques professeurs, dont les directeurs de maisons se levèrent pour adresser ce toast à Ariane.

Au final, avec ou sans ces points, Dante s'en moquait. Il était heureux. Il connaissait désormais le château comme sa poche et pouvait presque nommer tous les résidents. Il faisait la distinction entre les professeurs avec qui on pouvait se permettre de plaisanter et ceux avec qui mieux valait se tenir à carreau. Et plus que tout, il savait qu'il lirait le respect dans les yeux de la plupart des autres élèves. Un an plus tôt, il n'avait trouvé à Poudlard que des visages anonymes, des professeurs étranges et des élèves idiots.

À présent, il se sentait chez lui.

Et c'était tout ce qui comptait.


Chapitre 23: Vacances.


Du sang.

Partout du sang.

Un liquide écarlate qui brille au clair de lune, tandis que la pluie éclabousse le sol. La jeune femme aux longs cheveux sombres et aux yeux clairs entourés de paupières légères a sa robe blanche tachetée de sang. Mais ce n'est pas le sien. Le garçon à terre, un blond à l'air altier et au visage indiscernable tente de se relever mais on dirait presque que son corps est complètement paralysé. Incapable de bouger, il ne peut que subir la profonde douleur qui déforme ses traits. À force de douloureux mouvements, il réussit à se relever et dégaine sa baguette pour la pointer droit sur la femme.

-Stu... Stupéfix!

Dante tenta de se concentrer pour réussir à discerner le visage du garçon qui se battait mais c'était impossible. Il ferma les yeux puis les rouvrit, toujours face à cette image cauchemardesque. Le sortilège de Stupéfixion ricocha contre un obstacle invisible devant la femme, une fois, deux fois puis comme si elle s'était lassée, elle lança un sortilège douloureux au jeune homme qui hurla. Des sillons sanglant entaillèrent sa peau. Il tenta de lancer cette fois un sortilège de mort qui ne se matérialisa même pas.

Nouvel échec. Payé au prix fort.

La jeune femme réajuste sa coiffure sombre avec un geste machinal, l'air déçue.

-Est ce donc tout ce que tu as à offrir? murmura-t-elle, assez fort pour que le brun l'entende. Ne peux tu donc pas faire mieux?

La pluie tombait dru désormais, tandis que le garçon peinait à se relever. Lassée, la femme s'approcha de lui.

-Bella, Rodolphus, vous pouvez vous occuper des autres et entrer au château. Je m'occupe de ce sale gamin.

-N-Non! Je ne vais pas vous laisser faire! s'écria le jeune homme.

La voix était horriblement familière. Comme une chanson dont on aurait oublié les paroles. Dante se concentra pour savoir qui parlait. Cette voix... Il la connaissait, il en était certain! Il devait se concentrer pour savoir à qui elle appartenait...

-Pourtant, on dirait que c'est la fin pour toi, constata simplement la femme. Dommage. J'aurais espéré que tu tiennes un peu plus longtemps mais on dirait bien que tu es comme les autres humains. Pathétique, inutile et faible.

Dante comprit à cet instant qu'il connaissait cette femme. Il avait déjà entendu ce refrain quelque part... Il en était certain!

Mais impuissant, il ne put que voir la jeune femme saisir les cheveux du blond qui avait cessé de se débattre désormais. Dante n'arrivait pas à discerner leurs visages, pourtant il eut un sursaut d'empathie fraternelle complètement incohérente en assistant en tant que témoin impuissant à cette scène de cauchemar. -Incapable d'en voir plus, il détourna le regard.

-Avada...


Un crac sonore qui résonna violemment contre sa fenêtre réveilla Dante en sursaut. Il maudit intérieurement celui qui avait osé le réveiller au beau milieu de ce cauchemar, brisant cet instant où il était sur le point de reconnaître les deux protagonistes de cette scène hideuse. Le jeune homme passa la main sur son front, où sa cicatrice était effroyablement douloureuse, avant de grimacer. Jamais il n'aurait pu penser que ce serait un crac, une saleté de petit crac de malheur qui gâcherait tout. Et surtout, il était étonné de faire un tel rêve. Pourtant, ce n'était pas la première fois qu'il faisait un cauchemar. A vrai dire, il ne pensait tout simplement pas que quelque chose puisse venir le réveiller et le ramener à la réalité : tout ceci n'avait été qu'un rêve. Un maudit cauchemar. Encore un.

Le jeune homme se leva, toujours en nage, sur son lit. Il était dans le manoir Lancaster, où il passait ses vacances. Un simple coup d'œil vers sa table de chevet le fit voir trois cadres de photographie. Le premier cadre le représentait lui et ses parents ainsi que ses frères et sœurs, ainsi que tout ses oncles. Il devait avoir neuf ou dix ans et il arborait encore une horrible coupe de cheveux trop longs. Son père, Almerick Lancaster regardait la photo avec un léger sourire solennel. Sa mère, Ginger Lancaster le serrait dans ses bras et regardait l'appareil en souriant paisiblement. Son frère Anthony souriait de manière respectueuse, sa sœur Isadora faisait un geste grossier de la main à la caméra, Duncan lisait un livre au lieu de voir le photographe, Matt regardait ailleurs au lieu de regarder dans la même direction que les autres, et sa petite sœur Elise suçait son pouce d'un air distrait, tandis que le plus jeune de la famille, Benjamin était porté dans les bras de son parrain. Parrain qui était Remus Lupin, qui souriait paisiblement, malgré les cicatrices qui labouraient son visage. Severus Rogue, le parrain d'Isadora semblait s'être étranglé en remarquant le geste de sa filleule et la fusillait du regard. Enfin, Sirius Black, son propre parrain, s'était tout simplement métamorphosé en un grand chien noir qui donnait la patte à Anthony.

Le second cadre représentait une photographie bien plus sobre mais pas moins importante. Dante avait cette fois ci pas plus de huit ans et souriait jusqu'aux oreilles, les yeux brillants de joie. À ses côtés se tenaient un grand jeune homme blond d'une quinzaine d'année au regard solennel et au sourire aussi rare que beau. À côté de lui se tenait une fille brune d'une dizaine d'année, qui souriait paisiblement en regardant le photographe et dont les yeux clairs pétillaient de joie. Et enfin, un garçon au cheveux sombres et à l'air candide, presque un peu bête souriait jusqu'aux oreilles. Tout semblait parfait dans cette photographie. Et enfin, le dernier cadre représentait Dante ainsi que ses deux meilleurs amis, devant le Poudlard Express: Tracey Davis et Drago Malfoy.

Un caillou manquant de briser la fenêtre l'arracha à sa rêverie et le décida enfin à se lever. Visiblement, c'était important… Sinon pourquoi insister à cette heure-ci de la nuit ? Dante lança furtivement un regard au réveil matin sur sa table de chevet. Deux heures et demi du matin. Aucun doute possible : ce n'était probablement que quelqu'un qui s'était perdu quelque part. Jamais un de ses frères (à part peut être Anthony) n'aurait eu le courage de se lever si tôt. Ce n'était pas non-plus un de ses amis : Susan était en Espagne avec sa tante Amélia, Luna était à la recherche du Ronflak Cornu, Tracey était en voyage avec son père en Russie et son parrain Sirius était avec Remus puisque la pleine Lune était pour ce soir. Mais Drago n'avait-il pas un repas organisé entre Sang-Purs ce soir chez lui? C'est ce que Mr Lancaster lui avait dit quand il avait poliment décliné l'invitation.

D'un geste plus ou moins assuré, la tête toujours douloureuse et la cicatrice brûlante, Dante ouvrit lentement la fenêtre après avoir écarté les rideaux. L'air frais de la nuit lui fit du bien. Il ferma les yeux et savoura cet air vivifiant, esquissant un léger sourire. C'était étrange, mais il avait l'impression que la nuit était son élément. Parfaitement à l'aise malgré l'obscurité, vivifié par le vent nocturne, c'était comme si la nuit et lui ne faisaient qu'un. Il baissa la tête vers le jardin et un sourire éclaira son visage.

Il aurait reconnu la silhouette qui l'attendait dehors entre mille, et si il était de mauvaise humeur en se réveillant, cela disparut aussitôt. Il avait certes été réveillé, mais il pardonnait toujours tout à son meilleur ami Drago. Même si ils s'étaient fâchés l'année dernière, ils étaient redevenus amis et Dante savait qu'il pourrait toujours compter sur son ami. C'était tout simplement une amitié indestructible entre lui et le jeune Malfoy. Les deux étaient à Serpentard, les deux aimaient le Quidditch, les deux riaient souvent ensemble. Et même si Drago avait des opinions plutôt reculées sur les nés moldus, du moment qu'il ne les étalait pas devant l'héritier Lancaster, Dante s'en moquait royalement. Et depuis, ils étaient inséparables. Deux garçons très différents l'un de l'autre et pourtant partageant plus ou moins les mêmes idées, liés par une amitié qualifiée d'indestructible. Dante Lancaster et Drago Malfoy. C'était peut-être ça que Dante aimait le plus dans leur amitié : ils pouvaient toujours compter l'un sur l'autre, et si l'un d'eux était en mauvaise situation, l'autre était toujours là pour tenter de le tirer d'affaire et lui éviter la retenue. Ou bien pour aller en retenue avec lui. Et sachant que Lily Potter appréciait particulièrement l'envoyer en retenue... Dante ne comptait plus le nombre titanesque que Drago avait purgé avec lui après son combat face au Basilic.

-Dante, espèce de tête de troll, viens m'ouvrir au lieu de réfléchir à je ne sais quelle blague! marmonna Drago, tout de même assez fort pour que son ami puisse l'entendre du haut de sa chambre. C'est pas que je m'ennuie mais il fait super froid dehors!

-Tête de troll? répéta Dante avec un air amusé. Mon petit Malfoy, fais gaffe à ce que tu dis, sinon je te laisse dehors!

Il y eut un léger silence seulement troublé par les ronflements sonores de Matthew, l'un des frères de Dante, qui dormait dans la chambre adjacente. Dante hocha la tête, Dante ouvrit la porte de sa chambre et descendit les marches de l'escalier quatre à quatre, avant d'ouvrir la porte. Il vit que Drago l'attendait là, les yeux pétillants de joie et la bouche étirée en un large sourire. Le jeune homme posa sa valise et se tourna vers son elfe de maison avant de s'adresser à lui d'une voix un peu moins chaleureuse.

-C'est bon Dobby, tu peux retourner au Manoir. Pas un mot à Papa...

-Promis monsieur Malfoy! dit la petite créature en hochant la tête très vite. Dobby promet qu'il ne trahira jamais le jeune maître en annonçant à son père qu'il est parti chez son ami! Au revoir jeune maître, j'espère vous revoir bientôt! Enfin, pas vraiment parce que ça voudrait dire que le maître vous a retrouvé et...

Après quelques instants de babillage intérieur, l'elfe se retourna vers son jeune maître puis hocha la tête, ignorant complètement Dante.

-Au revoir monsieur!

Et avec un nouveau crac sonore, l'elfe disparut. Drago se tourna vers son ami.

-Nom de Merlin, Dante, tu m'as manqué !

-Toi aussi tu m'as manqué ! avoua Dante, heureux de retrouver son meilleur ami. Mais merde, il est vraiment super tôt! Qu'est-ce qui t'amène ici de si bonne heure ?

-On en parlera plus tard, dit Drago en hochant la tête. Pour le moment il faut que je trouve quelque part ou dormir. Tu crois que…

Il se tut et afficha une mine désolée. Dante comprit cependant où il voulait en venir.

-Que tu peux rester ici ? demanda-t-il. Bien sûr ! Matt n'arrête pas de parler de toi à mes parents et de toutes façons, tu les as vu l'autre fois à notre retour de Poudlard, hein? C'est cool, hein ?

-Mouais... De toutes façons, c'est pas comme si j'avais autre part où aller! Luna et Tracey ne sont pas en Angleterre, donc...

-Donc question réglée! conclut joyeusement Dante. Donne ta valise, on monte dans ma chambre. Demain matin, on demandera à mes parents si ils sont d'accord, mais crois moi, ils le seront. Après tout, il peuvent rien me refuser!

-Alors je peux rester ? demanda Drago avec un espoir si fort que sa voix en vibra presque.

-Bien sû...

Dante voulut répondre que oui mais à cet instant précis, il y eut un nouveau craquement sonore et une silhouette se matérialisa alors devant Dante et Drago. Le blond échangea un regard avec son ami qui hocha la tête avec un léger sourire. Avec la démarche lente et assurée de la silhouette, Dante comprit alors que c'était son père, Mr Lancaster, qui s'approchait d'eux.

-Bonsoir, vous deux! lança Mr Lancaster à l'adresse des deux Serpentards. Il est un peu tard, non?

Il venait d'apparaître devant la grande porte et souriait largement. Intérieurement, Dante se dit que c'était bon signe. Si voir Drago avait gêné ou contrarié son père, Dante savait très bien que Mr Lancaster n'aurait pas ce sourire. Non. À la place, il aurait eu cet air dur et froid qui le caractérisait lorsqu'il était en colère ou déçu. C'était cet air que Dante ainsi que toute sa famille détestait par dessus tout, surtout quand il lui était destiné. Son père ne perdait jamais son sang-froid, et pourtant, même s'il ne levait jamais la main sur ses enfants, chacun d'eux avait toujours l'impression de recevoir une gifle quand Mr Lancaster leur adressait ce genre de regards. Affronter cet air dur était pour eux la pire des punitions, et ils en avaient eu, des punitions ! Peut être seul Anthony pourrait se vanter d'être un élève et un fils modèle... En même temps, entre Isadora qui traitait tout le monde plus bas que terre, Duncan qui préférait les livres aux autres mammifères humains, Matthew qui ne savait même pas encore faire ses lacets tout seul, lui même qui était un modèle d'insolence et Elise et Benjamin qui venaient de sortir du bas âge pour attaquer l'enfance... Oui, Anthony n'avait définitivement pas beaucoup de concurrence pour être un fils modèle.

Déprimant.

-Bonsoir, Mr Lancaster, salua très poliment Drago. Excusez-moi de vous déranger à cette heure-ci mais… enfin, j'ai un problème chez moi et il faudrait que je trouve un endroit où dormir ce soir… Dante a dit que vous seriez peut être d'accord...

-Tu es ici chez toi, assura Mr Lancaster en hochant la tête et en passant la main sur les cheveux de son fils adoptif. Reste tout le temps que tu veux.

-Vous êtes certain? demanda Drago en écarquillant les yeux. En théorie, je devrais aller passer mes vacances avec la famille de ce déb... hum, de Vincent Crabbe mais honnêtement...

-Je comprends parfaitement, Draco... commença Mr Lancaster.

-Drago, corrigea machinalement Dante.

-C'est ce que j'ai dit, dit Mr Lancaster en se tournant vers son fils adoptif et en fronçant les sourcils.

-Non, pas du tout, ricana Dante.

-Peu importe, sourit Mr Lancaster en soufflant du nez avant de se tourner vers Drago. Reste ici si ça te fait plaisir. Tu es ici chez toi, répéta-t-il.

Drago esquissa un vrai sourire. Dante l'imita, son regard s'éclairant.

-Bon, le problème est réglé ! s'exclama-t-il gaiement. Drago, tu dors avec moi et demain tu choisiras une chambre. Mais au fait, Papa, pourquoi est ce que tu rentre du travail que maintenant, au beau milieu de la nuit ?

-Bonne question, fils. Mais est ce que tu veux connaître la réponse? répliqua son père.

Avec un soupir, Dante secoua la tête. Le Serpentard savait parfaitement que quand son père à une question par une autre question, c'était tout simplement pour ne pas y répondre, et il valait mieux tout simplement ne pas insister. Il devait sûrement travailler dans son bureau des Aurors, avec Scrimgeour. Ou bien il revenait de l'île d'Azkaban pour voir si aucun Mangemort n'allait fuir. Toute la famille Lancaster savait que leur père avait énormément de travail, ces temps-ci. En temps que l'un des meilleurs aurors du pays, il estimait qu'il était de son devoir de tout faire pour empêcher les Mangemors de gagner en pouvoir. Mais cela ne voulait pas dire que la fratrie approuvait ce comportement autodestructeur. Bien au contraire, Dante savait que son père travaillait trop. Cela faisait des mois qu'Anthony n'avait pas discuté avec son père pendant plus d'un quart d'heure. Des mois qu'Isadora ne s'était pas entraînée avec lui. Des mois que Duncan n'avait pas étudié avec lui ou que Matt avait tout simplement joué avec lui.

Et les enfants Lancaster s'inquiétaient pour leur père. Il ne dormait presque plus, et quand il dormait, son sommeil était agité et peuplé de mages noirs qui venaient le narguer dans des rêves se terminant toujours mal. Son visage si séduisant se fanait un peu plus de jour en jour, et de profondes cernes venaient souligner ses yeux clairs mais vifs. Pour rien au monde il ne l'aurait avoué, mais Dante avait peur pour son père. Pas qu'il ne lui faisait pas confiance, bien au contraire : les Lancaster n'étaient pas renommés pour rien et ils se battaient comme s'ils étaient nés pour ça. Mais Dante avait peur que dans son acharnement au travail, au devoir où à il ne savait quel autre principe auquel son père tenait tant, il oublie qu'il avait une famille à aimer. Des enfants à éduquer.

Il savait qu'il devrait être fier de son père. Et au fond de lui, il l'était. Mais plus que tout, il voulait que Mr Lancaster passe plus de temps à la maison, ne serait-ce que pour quelques heures. Comme avant, où tout était plus simple, où il pensait qu'il était véritablement le fils de son père... Et qu'il n'était pas Harry James Potter, le frangin de la survivante.

-Hey Dante, ici la Terre! Tu es toujours avec nous?

Et c'était son père justement qui le tira de ses réflexions. Drago s'était tourné vers lui et fronçait légèrement les sourcils même s'il souriait toujours.

-Euh... Désolé, vous parliez de quoi? s'excusa Dante en se passant la main sur les cheveux.

-Ton ami était entrain de nous... ou plutôt, de me raconter pourquoi il est là, expliqua Mr Lancaster.

-Mais t'avais la tête ailleurs, ricana Drago. Pas grave, je vais t'expliquer tout ça dans ta chambre, en haut, ajouta le blond, avant de se tourner vers Mr Lancaster. Merci de m'héberger. Viens, Dante, on monte.

Le brun hocha la tête et les deux Serpentard montèrent une par une les marches de l'escalier, sous les yeux amusés de Mr Lancaster.

-Eh, Papa ! s'exclama Dante alors qu'il allait atteindre la dernière marche.

Au même moment, son père se tourna vers lui. Leurs yeux clairs s'entrecroisèrent l'espace de quelques secondes.

-Un problème, mon fils ?

Dante eut un petit sourire triste puis leva le pouce vers son père.

-Fais gaffe à toi et va te reposer un peu…

Comprenant ce qui préoccupait son fils, Mr Lancaster lui adressa un clin d'œil et leva à son tour son pouce.

-C'est promis, Dante.

Mais Dante fut loin d'être rassuré pour autant car au lieu d'aller se coucher, son père attendit qu'ils atteignent sa chambre, puis au moment où il estimait qu'ils ne s'en apercevraient pas, il appela son elfe de maison personnel qui lui apporta une pile de documents et de parchemins avant de transplaner dans un crac sonore vers une destination inconnue.

-Il retourne bosser ? s'étonna Drago en entendant le crac sonore caractéristique résonner dans la nuit.

Dante leva les yeux au ciel.

-Ouais, comme tous les soirs en somme, soupira Dante. Allez, viens.

Il emmena son ami au bout du couloir et poussa la porte en bois de chêne de sa chambre. La chambre voisine, occupée par son frère Matt faisait entendre des ronflements sonores. Il s'écarta pour laisser entrer son ami, refusant plus ou moins poliment les biscuits que lui proposait Balt, l'elfe de maison familial puis entra à son tour, refermant la porte derrière lui en lâchant un long bâillement.

-Toi aussi t'as l'air crevé, mon vieux, ricana Drago.

-Ça doit être de famille... sourit Dante en s'asseyant sur son lit.

-Tu sais qu'on devrait peut être juste dormir, hein? Mais en fait, c'est vraiment le bordel dans ta chambre...

-Si tu le dis…

Dante se laissa tomber mollement sur son lit défait et invita son ami à en faire de même. Il réalisa alors à quel point il disait vrai: sa chambre était en désordre complet. Si l'on excluait la bibliothèque remplie de livres à en craquer qui étaient en bon état, son poster à l'effigie d'AC/DC, le groupe de rock préféré d'Isadora, pendait misérablement vers le sol. Une guitare moldue gisait sur le sol, à côté d'un Nimbus 2000 (acheté d'occasion) et d'une planche de skate board bourrée d'autocollants à l'effigie de Bart Simpson. Son bureau était envahi de vieux morceaux de parchemins ou de papiers froissés, de livres magiques comme moldus et de plumes de hiboux tandis que sur le sol jonchaient des vêtements qui auraient dû être lavés depuis au moins une semaine. Même la poubelle était pleine à craquer, tandis que la fenêtre laissait passer une douce brise.

-Bon alors, raconte-moi tout, dit soudain le jeune homme pour éviter de trop penser à tout le rangement qui l'attendait. Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu décide de te barrer de chez toi ?

Drago soupira, comme s'il cherchait ses mots. En dépit de cause, le blond s'allongea de tout son long sur le lit de son ami.

-Longue histoire, mon pote. Longue et pas forcément intéressante.

-Balance.

-Mes parents voulaient m'envoyer chez Crabbe et Goyle.

Dante ouvrit de grands yeux ronds et ouvrit la bouche avec un air assez bête.

-Peut être que tu le sais déjà même si je ne crois pas te l'avoir dit mais on avait un repas mondain, ce soir. Normalement, tu aurais dû venir mais ton père a décliné l'invitation -je te raconte pas la colère du mien quand il l'a su. Du coup, c'était une sorte de rassemblement de gentils petits hypocrites: déjà, tu avais ce débile mental de Goyle qui passait son temps à ricaner. Ensuite, tu avais ce taré de James Roflus -un langue de plomb du ministère- qui racontait des trucs qui semblent confidentiels à mon père... Et aussi Barty Croupton.

Dante fit la grimace avant d'écarquiller les yeux.

-Le grand Barty Croupton? répéta Dante. C'est pas le type anti mages noirs par excellence dont le fils est mort récemment?

Drago hocha la tête.

-Mais qu'est ce qu'il fait chez toi?

-Il s'entretenait avec mon père. Ils parlaient d'Azkaban.

-Azkaban?

A nouveau, Drago acquiesça. Il y eut un léger silence, troublé uniquement par les ronflements de Matt.

-C'est louche tout ça, conclut Dante en fronçant les sourcils.

-Oh que oui, confirma Drago. Ton père en penserait quoi?

-J'en sais rien...

En vrai, Dante en avait une idée assez précise de ce que son père en penserait.

-Bref, comme tu dis… approuva Drago. Comme d'habitude, chacun a joué l'hypocrite avec les autres : ma mère a fait semblant de s'intéresser aux affaires de mon oncle Gabriel, sachant parfaitement que ce type se faisait plein d'argent parce qu'il traitait principalement avec des moldus comme elle les déteste. Mon père a fait semblant d'être ami avec Crabbe Senior alors qu'il ne peut pas le supporter depuis qu'il lui a fichu la honte devant le Magenmagot un jour. Nott Senior parlait avec Lord Greengrass par rapport au fait qu'il voulait que son fils épouse Daphné. Pas parce que son fils trouve Daphné à son goût, juste pour l'or qu'i la clé, hein. Et pendant presque une heure, ils ont continué comme ça, comme si de rien n'était alors qu'ils passent leur temps à se poignarder dans le dos quand ils sont seuls chez eux. C'était un vrai festival de "qui a le mieux réussi sa vie" en fait. Entre celui qui est plein aux as, celui qui est super influent, celui qui est là parce qu'il s'est incrusté... C'était juste le cracmol qui se fiche du moldu au final.

Dante leva les yeux au plafond. Il ne connaissait pas vraiment la famille de Drago mais il avait une idée assez précise de la nature de ces gens là. Bien sûr, il savait penser par lui même et il attendrait de les voir pour pouvoir avoir une idée précise de ces gens là. Mais dans un sens, il savait qu'il ne serait pas surpris d'avoir affaire à des gens imbus de leur personnalité.

Et dire que son ami subissait ça quotidiennement...

-Mais bref, ça c'est comme d'habitude, reprit Drago. On parle, on parle, et après on passe à table. Au moins, nos elfes se sont surpassés, mais la bouffe était à la fois délicieuse et insipide. C'était comme manger du carton parfumé en fait. C'était froid et tout le monde discutait. Puis à un moment, mon père s'est levé pour nous faire un toast et tu as une idée de ce qu'il a dit?

Intéressé, Dante fit non de la tête.

-Bah il dit tout simplement, dans le plus grand des calmes...

-Abrège! ordonna Dante.

Drago ricana, avant de reprendre.

-Bref, il dit que je vais aller passer le reste des vacances chez ce débile de Crabbe. Alors qu'il ne peut pas saquer ce pauvre type, ni lui, ni son débile mental de père. En fait, je je sais très bien que c'est pour mieux se faire voir. Il voulait juste se servir de moi comme un pion en fait.

Dante ouvrit la bouche de béatitude.

-Tu es sérieux?

Drago sortit une réponse pleine de rhétorique et de sagesse:

-Hm.

-Et du coup?

-Eh bien en allant chez les Crabbe, à peine j'entre chez eux que je sens que je vais devenir barge. Crois moi, j'ai vraiment eu l'impression de voir ma raison vaciller. Au bout d'un moment, j'appelle Dobby et je lui dit de m'emmener chez toi. Je lui donne une lettre qu'il va donner à mon père dans deux ou trois jours pour lui dire que tout se passe super bien et que je m'éclate comme un fou chez Crabbe. Et en parallèle, j'ai laissé une lettre chez Crabbe où il y avait marqué qu'à cause d'un souci de santé de ma mère, mon elfe de maison devait m'emmener chez moi. Mais vu que j'avais personne chez qui aller...

Drago haussa les épaules et soupira une nouvelle fois. Dante comprenait parfaitement ce qu'il ressentait. À sa place, il aurait fait pareil.

Car dans un sens, il avait déjà fait pareil.

-Tu comptes rester combien de temps ici ? demanda-t-il.

Drago eut l'air gêné et détourna le regard.

-C'est-à-dire que… Je n'ai pas l'intention d'y retourner…

-Dans ce cas prépare-toi à un été tel que tu n'en as jamais vécu, mon vieux Mal-foi! s'exclama Dante, soucieux de remonter le moral de son meilleur ami. On va imposer les règles dès maintenant. Premièrement, il t'est interdit d'effectuer la moindre tâche ménagère. Deuxièmement, tu fais ce que tu veux, tu manges ce que tu veux, tu bois ce que tu veux. Et troisièmement, tu ne fais que t'amuser!

À nouveau, Drago esquissa un sourire, qui cette fois ne sonnait pas faux du tout.

-Dante, t'es vraiment génial!

-Ouais, je sais. Elles me le disent toutes, plaisanta le brun.

Pour toute réponse, il reçut un oreiller en pleine face. Puis au bout d'un moment, il finit par s'endormir, tandis qu'un elfe de maison apporta une couchette à Drago pour qu'il s'endorme.


Le réveil fut assez tardif. Le réveil matin de Dante sonna violemment, tandis que le brun le balança purement et simplement en dehors de la fenêtre. Quand à Dante, quand il ouvrit les yeux, il mit du temps à se rappeler que Drago était arrivé. Puis il se tourna vers le blond et esquissa un sourire. Au bout de quelques minutes, il entreprit de ranger sa chambre. Quelques instants plus tard, Drago remua dans son lit et finit par ouvrir les yeux. Dante le regarda s'étirer paresseusement avant de se décider à aller ouvrir les rideaux. Le jour avait de toute manière tellement envahi la pièce que la différente ne fut pas vraiment flagrante.

-Il est quelle heure? Midi? marmonna lentement Drago d'une voix ensommeillée en se cachant les yeux de son bras avant de s'exclamer d'un ton courroucé. Mais ferme ces rideaux!

-Dix heures moins vingt, répondit Dante. Le petit-déjeuner doit être prêt depuis le temps. Tu descends ?

Drago fit oui de la tête et se leva lentement.

-Les lettres de Poudlard sont sans doute arrivées, fit remarquer James. On ira acheter les fournitures cet après-midi, ça te va ? Je me demande si on croisera du monde… Luna par exemple.

-Oui, par exemple ! ricana Drago, qui parut soudain beaucoup plus réveillé. Elle va nous raconter qu'elle a rencontré un Ronflak Cornu et qu'il se baladait avec une armée d'Héliopathes de feu.

À peine arrivés à la salle à manger qu'ils croisèrent le regard de toute la fratrie Lancaster. Avec un pincement au cœur, Dante remarqua que son père n'était pas là.

Comme d'habitude.

-Bonjour Drago. Comment vas tu? dit Anthony avec un ton respectueux, tandis qu'il prenait une bouchée de porridge.

-Hey Boucles d'Or! La forme? ricana Isadora sur un ton tout sauf respectueux, en balançant une cuillère de porridge sur Matt.

-'Lut Drago. Bien dormi? demanda Duncan avec un air absent en lisant un livre.

-Ça va Drago? Ça te dis une course en balai? demanda Matt avant de se tourner vers sa grande sœur. Isa, espèce de grosse truie, va bien te faire...

-C'est qui ce type? demanda Elise en pointant Drago du doigt.

Les deux amis s'installèrent, tandis que tout le monde parlait dans un joyeux brouhaha. Isadora se tourna vers Dante et ils commencèrent à échanger des plaisanteries quand Ginger Lancaster, la mère de Dante, revint avec une pile de lettres. Le courrier était bel et bien arrivé, et Dante nota avec satisfaction qu'en plus des lettres de l'école, deux autres lettres lui étaient destinées.

-Tes amis t'ont écrit, mon chéri, annonça inutilement Ginger Lancaster.

Dante avait déjà reconnu l'écriture désordonnée de Luna et l'écriture soignée de Tracey.

-Sale chouchou, marmonna Isadora en lui faisant un doigt d'honneur.

-Ferme la, sale animal, répliqua le brun.

-Drago, tu as bien tout ce qu'il te faut ? s'enquit Ginger en ignorant la querelle naissante.

-Cha va, merchii !

-Sinon, n'hésite pas à demander, hein ! assura la mère de famille. Tu es ici chez toi !

-Tiens, Tracey dit qu'elle va partir pour deux semaines de plus en Irlande à son retour, s'exclama Dante qui avait commencé la lecture de la première lettre. Elle va visiter le château de...

-On s'en fout, le coupa Isadora.

-Non, on s'en fout pas! dit Duncan en fronçant les sourcils.

Il y eut un silence, tandis que Duncan rougit. Isadora lâcha un ricanement sonore.

-Duncan est amoureux! Tu le vis bien, frangin?

-Duncan est amoureux? répéta Anthony en haussant les sourcils.

-N'imp... N'importe quoi! Arrête de dire des conneries, Isa! dit Duncan en rougissant de plus belle.

-Au moins il a pas craqué pour Mrs Pince la bibliothécaire, dit Dante en haussant les sourcils.

-Ou bien sur la vieille MacGo, ajoutèrent Drago et Matt dans une parfaite synchronisation.

-Ou bien sur un bouquin érotique, ricana Isadora.

-Isadora! Surveille ton langage! rugit Mrs Lancaster.

-Maman, c'est quoi un bouquin érotique? demanda innocemment Elise.

-Euh... euh...

-C'est ce que notre cher Duncan lit tous les jours dans son lit quand il se croit tout seul, hein Dun'? ricana Isadora.

-Ferme la toi! dit Duncan en lui balançant le contenu de son verre de jus d'orange.

Malheureusement, le contenu toucha Anthony. Pendant quelques instants, il fixa Duncan qui balbutiait quelques excuses, avant de prendre une assiette d'œufs au plats et de la renverser sur son frère. Mais Matt qui était à côté, essuya de lourds dommages collatéraux. De colère, il prit l'équivalent d'une carafe de lait et la vida sur Dante qui ne lui avait rien fait. Soudainement, sans aucune raison, Elise prit un bout de bacon et le lança sur Drago.

En quelques instants, ce fut le chaos complet. Chacun s'arrosait mutuellement avec un aliment ou un breuvage différent. Non pas dans la colère mais plus dans l'hilarité générale.

C'était un instant simple. Et pourtant précieux. Dante sourit et en profita, heureux.


J'espère que ça vous aura plu! Le prochain chapitre sera plus centré sur les vacances d'Ariane qu'elle aura passé au manoir Potter. Je vous donne rendez vous dans deux ou trois semaines (Bacs blancs et concours obligent) et je vous remercie d'avoir lu! Et n'hésitez pas à me donner votre avis via Review/PM!