Bonjour à tous et bonne année 2018!

Voici le chapitre que vous attendez! Tout d'abord, je m'excuse d'avoir été si inactif ces derniers temps. Je n'ai aucune excuse et je vous remercie de me comprendre. Si j'ai été si inactif, c'est surtout car j'ai eu une fin d'année 2017 et un début d'année 2018 vraiment très difficile (entre concours et examens) ce qui m'a empêché d'écrire. J'ai du donc prendre une pause au niveau de l'écriture. Mais ce n'est en aucun cas à cause des critiques que j'ai reçu: au contraire, je vous en suis très reconnaissant car ça me permettra de rebondir et d'écrire quelque chose de mieux. N'hésitez pas à en faire! Cette fanfiction a beaucoup d'importance pour moi et je vous assure que je vais la terminer!

En ce qui concerne le prochain chapitre, je me suis déjà attelé à l'écrire. J'ai toujours le scénario de la fanfiction en tête et je vais bien sûr le terminer. J'espère qu'il vous plaira. Quand je l'aurait terminé, je vais le poster.

En tout cas, que vous soyez lecteur anonyme et assidu ou habitué aux review, je vous remercie de lire ma fanfiction et j'espère que la suite vous plaira autant!

Bonne lecture!


Dans le chapitre précédent:

-Maman, c'est quoi un bouquin érotique? demanda innocemment Elise.

-Euh... euh...

-C'est ce que notre cher Duncan lit tous les jours dans son lit quand il se croit tout seul, hein Dun'? ricana Isadora.

-Ferme la toi! dit Duncan en lui balançant le contenu de son verre de jus d'orange.

Malheureusement, le contenu toucha Anthony. Pendant quelques instants, il fixa Duncan qui balbutiait quelques excuses, avant de prendre une assiette d'œufs au plats et de la renverser sur son frère. Mais Matt qui était à côté, essuya de lourds dommages collatéraux. De colère, il prit l'équivalent d'une carafe de lait et la vida sur Dante qui ne lui avait rien fait. Soudainement, sans aucune raison, Elise prit un bout de bacon et le lança sur Drago.

En quelques instants, ce fut le chaos complet. Chacun s'arrosait mutuellement avec un aliment ou un breuvage différent. Non pas dans la colère mais plus dans l'hilarité générale.

C'était un instant simple. Et pourtant précieux. Dante sourit et en profita, heureux.


Chapitre 24: Évasion.

Manoir Potter.

Le manoir Potter était magnifique. Grand et magnifique, décoré avec un goût indéniable. C'est ce que pensait Dumbledore en s'avançant dans le hall. Il était tellement venu ici qu'il connaissait ce hall comme sa poche et aurait été capable de suivre son parcours les yeux fermés. Il s'arrêta un instant, lançant un regard aux peintures élégantes, moldues ou sorcières, appréciant la décoration typiquement anglaise, qui visait avant tout à impressionner les invités plutôt que les mettre à l'aise.

C'était une magnifique journée d'été, comme il y en avait trop peu en Angleterre. Pour une fois qu'il n'était pas entravé par les nuages, le soleil rayonnait à travers les fenêtres, mettant en valeur chacune des sculptures, des miroirs et des peintures présentes dans le hall d'entrée. C'était saisissant. Il y avait même quelques oiseaux qui chantonnaient joyeusement et si l'on tendait l'oreille, on pouvait entendre le ruissellement de l'eau brassée par quelques cygnes qui profitaient du beau temps pour naviguer sur la surface d'un minuscule lac. Si l'air extérieur avait été un peu moins chaud et qu'on avait été à Poudlard, le directeur aurait aisément pu se croire au printemps. Les étudiants, encore trop loin des examens pour s'en préoccuper, se seraient réunis dehors avec une bonne humeur due aux beaux jours, profitant de leur jeunesse, tant qu'ils le pouvaient encore. Le directeur lança un regard à travers la fenêtre, fasciné par le jardin parfaitement entretenu. Un assortiment de bougies -moldues- diffusaient un doux parfum qui embaumait la pièce d'une très douce odeur de lavande.

Esquissant un sourire, il s'installa dans un confortable fauteuil quand un elfe de maison apparut dans un pop! sonore.

-Bonjour vénérable incroyable professeur Dumbledore! s'écria la créature, ses yeux pétillants comme si elle venait de découvrir le sens de la vie. Que voudriez vous boire? Du whisky pur feu? Un verre de Bieraubeurre? Une coupe d'hydromel? Mr. le maître vous propose d'ailleurs son assortiment de ses meilleurs vins des elfes, qui n'attendent que d'être savou...

-Non merci, Torny, le coupa le professeur. Je me suis déjà désaltéré avant de venir.

-Très bien! Vous voulez voir la jeune maitresse? C'est pour la visite?

-En effet.

"La visite" était un rituel entre Ariane et Dumbledore: chaque mois, Dumbledore allait la voir pour admirer l'étendue de ses progrès. C'était son moyen de voir sur quels aspects sa protégée devait progresser ou répartir le plus d'efforts. Généralement, cela se concluait par un léger duel entre Dumbledore et la Survivante, duel tout le temps gagné par le directeur. Mais cette tradition était révolue depuis le jour où, dans un accès de rage, Dumbledore manqua de lancer à Ariane un sortilège auquel elle n'aurait certainement pas résisté.

Dumbledore suivait l'elfe de maison vers le jardin verdoyant, esquissant un sourire à chaque plante luxuriante et magnifique qu'il remarquait, toujours fasciné par la beauté des lieux. Sur son chemin, il croisa un jeune garçon d'à peine cinq ans avec de grands yeux verts et des cheveux sombres en bataille qui volait grâce à un balai-jouet, au dessus des fleurs et des arbres. Les rares moldus qui auraient eu l'opportunité de se balader ici auraient étés subjugués par cette beauté, cette verdure et ces fleurs. À côté de cerisiers luxuriants trônait un par terre de roses blanches. La seule rouge était complètement fanée et ses pétales gisaient un peu plus loin. Dumbledore espérait que ce n'était pas un présage. Même si la vie avait l'air de le favoriser par moment, il savait qu'il ne suffirait de rien pour que tout un édifice s'effondre.

Le vieil homme s'avançait lentement derrière l'elfe, regardant autour de lui, savourant ce moment de tranquillité. Il était tellement venu ici qu'il pourrait se balader les yeux fermés si cela lui chantait: pourtant, ses yeux clairs balayaient du regard ce jardin, ses oreilles enregistraient le thuc-tchuc-tchuc de l'arroseur automatique moldu mêlé au doux chant des oiseaux autour de lui, tandis que son nez captait l'odeur de la verdure autour de lui. Si un voyageur se baladait ici les yeux bandés, il pourrait se croire dans un coin de campagne du Kent ou du Suffolk: pourtant, la localisation exacte du manoir Potter par voie moldue était plus ou moins inconnue. Grâce au Fidelitas qui régnait -dont James Potter était le gardien du secret-, si une voiture moldue se baladait non loin d'ici, ses occupants ne verraient qu'une forêt épaisse, et si par hasard ils tentaient de se frayer un chemin à l'intérieur, ils se heurteraient à un furieux sortilège repousse moldu qui leur rappellerait un rendez vous urgent mais inexistant. Dumbledore avait protesté mais avait sous estimé l'impact de la visite du Seigneur des Ténèbres chez James et Lily Potter, douze ans plus tôt: ils étaient devenus beaucoup plus prudents et nettement moins désinvoltes. Dumbledore poussa un soupir fatigué. Bien sûr, ils devaient s'entêter à tout compliquer mais ce n'était pas vraiment grave. Il faisait partie des gens en qui les Potter avaient une confiance aveugle...

-Nous sommes arrivés à destination, fit la voix fluette de l'elfe sortant Dumbledore de ses pensées.

-M-Merci Torny.

La "destination" en question était une sorte de salle d'entraînement à ciel ouvert. C'était une partie du jardin du manoir Potter complètement vide, sans fleurs: seulement quelques arbres qui souffraient du continuel entraînement acharné de la jeune survivante. Si il y avait une qualité que Dumbledore aurait pu déceler chez elle -qui ferait presque oublier son arrogance, son antipathie et sa fierté sans bornes-, c'était sa persévérance. Ariane était une battante qui s'entraînait beaucoup plus qu'elle ne se reposait sur ses acquis et Dumbledore respectait cela. Il le savait car il suivait de près ses performances dans les duels clandestins de Poudlard -duels qu'il ne tentait même plus d'endiguer puisque c'était une des traditions de l'école. Et le moins qu'il pouvait dire, c'était qu'il jugeait ces performances totalement honorables pour une enfant de son âge. Pourtant, là où il s'attendait à une survivante presque héroïne qui aidait ses camarades à se surpasser, il savait qu'Ariane était une arrogante imbue de sa personne qui préférait de loin humilier ses adversaires pour faire valoir sa supériorité et écraser ses opposants. C'était ce qui le décevait le plus chez elle: cette désinvolture et ce mépris de ses adversaires.

En ce moment même, Ariane s'entraînait avec son père dans la salle d'entraînement à ciel ouvert. James et Ariane se livraient un combat acharné, bien que James se retenait beaucoup: les sorts de la jeune fille étaient parés ou esquivés avant même d'atteindre leur cible et ses réflexes étaient beaucoup moins réactifs, du fait de sa fatigue. Pourtant, elle se battait avec un acharnement exemplaire, comme si elle se refusait d'abandonner: Stupefix sur Experlliarmus, la survivante tentait de vaincre son père, même si ce dernier était loin d'être fatigué ou effrayé.

-Prends ça! Stupéfix! lança Ariane.

James n'eut qu'à se baisser pour que le sortilège ne rencontre que le vide et se perde loin. Pourtant, Ariane ne s'avouait pas vaincue: avec une assiduité incroyable, elle mitraillait son père de sorts. Les sorts avaient beau rater leur cible sans même s'en approcher, cela restait une performance plus qu'honorable pour une élève de treize ans.

-Tu t'améliores, Ariane, dit James avec un sourire fier. Tes mouvements et tes sorts sont plus tranchants et précis qu'au début de l'été.

Dumbledore esquissa un sourire en assistant à la scène: Ariane avait progressé, c'est vrai. Pourtant, le duel ne se résumait qu'à des sorts ratés ou au mieux parés. Il nota mentalement qu'il devrait travailler avec elle sa précision et sa puissance de frappe, qui étaient franchement ses défauts.

Au même moment, Ariane pointa sa baguette vers son père et lança un sortilège de répulsion, qui manqua à nouveau sa cible. Mais au même moment, James sembla trébucher, à cause d'un pas de côté qu'il avait mal exécuté.

Ariane profita de l'opportunité pour envoyer un sortilège cuisant vers son père, qui toucha ce dernier pile à la main. La main droite de James gonfla et il lâcha sa baguette sur le sol. Lorsqu'il se baissa pour la ramasser, il fut projeté en arrière par un sortilège de répulsion à bout portant. L'ex Auror roula sur le sol, puis se releva difficilement. À l'instant même où Ariane se prépara à mettre fin au combat d'un sortilège de stupéfixion, avec un crac! sonore, James disparut de la trajectoire du Stupéfix, qui ne rencontra que le vide et se perdit lamentablement. Une fraction de seconde plus tard, l'ancien Gryffondor réapparut derrière elle.

Dumbledore souffla du nez et réajusta ses lunettes. Du transplanage... Il ne regrettait pas d'être venu. Le fait que sa protégée face autant preuve d'initiative et d'ingéniosité le contentait énormément, presque autant que le fait qu'elle soit capable de forcer son père à rentrer dans ses derniers retranchements. C'était plus que satisfaisant.

À l'instant précis où James était sur le point de mettre fin au combat d'un sortilège d'entrave, sa fille se baissa et laissa le rayon de lumière ne rencontra que le vide, avant de frapper le sol dans un bruit sonore. Saisi dans son action, James écarquilla les yeux, avant de les cligner avec un air un peu bête. Au même moment, Ariane répliqua par un sortilège de désarmement, dont le rayon fut paré d'extrême justesse par un mur de protection. Ariane ferma les yeux et serra les dents pour ajouter un maximum de puissance dans son sort mais cela n'eut aucune incidence: le sort de protection protégeait largement James et le rayon généré par la baguette d'Ariane s'amenuisait de plus en plus, jusqu'à disparaître.

Pendant quelques instants, père et fille se dévisagèrent: l'un avec fierté, l'autre avec acharnement. James abaissa sa baguette, au même moment qu'Ariane.

-C'était excellent Ariane! s'exclama son père. Tu t'es vraiment bien battue!

-Merci Papa. Mais j'ai pas besoin de tes compliments.

C'était Ariane tout craché, pensa Dumbledore. Là où il s'attendait à ce qu'elle mesure l'étendue de ses progrès, elle râlait sans vergogne. Dumbledore poussa un soupir las, à l'instant même où père et fille recommencèrent un combat encore plus acharné.

-Comment trouvez vous ses progrès, Professeur Dumbledore? fit une voix féminine derrière.

L'honorable directeur se tourna vers sa direction et croisa le regard de Lily Potter, qui semblait être arrivée pile à ce moment là. Il répondit avec un sourire:

-Elle est beaucoup plus à fond que d'habitude. Ses sorts sont plus précis, plus puissants. Franchement, je trouve ses performances honorables.

-Elle s'entraîne beaucoup, dit Lily avec un sourire fier. Je suis très fière d'elle, vu l'étendue de ses progrès. Lorsqu'elle va arriver à Poudlard, elle va faire des étincelles!

-Quelque chose ne va pas? demanda Dumbledore. C'est dans son genre de s'entraîner sans relâche, mais je ne l'ai jamais vue à ce point déterminée.

-Ça doit être à cause de ce sale Lancaster, siffla Lily. Elle a vraiment envie de rattraper son niveau, voir même de le surpasser.

-Hum...

Dumbledore observa Ariane qui combattait avec une ardeur renouvelée. La jeune fille avait les yeux brillants de détermination, comme si elle était en transe.

-Elle finira par le surpasser, ajouta Lily avec un air fier. Voir même à vous surpasser!

-Hum... Vraiment? demanda Albus avec un sourire amusé en se tournant vers Lily.

-Elle s'entraîne vraiment beaucoup, répliqua Lily. Ses efforts paieront forcément.

Albus se tut puis observa le violent combat qui opposait père et fille. Son sourire cachait totalement ses pensées: il fallait qu'il mesure l'étendue du pouvoir d'Ariane, histoire de la tester. Lily parlait beaucoup et le vieillard voulait voir si ses paroles étaient à la hauteur de la réalité.

-Hé, Ariane! lança Dumbledore.

La jeune fille cessa son duel avec son père. Tout deux se tournèrent vers l'honorable directeur.

-Professeur Dumbledore? demandèrent Ariane et James dans une parfaite simultanéité.

Dumbledore s'avança vers eux, avec un sourire.

-Je constate que tu as fait beaucoup de progrès, Ariane.

La jeune fille ne rayonna même pas face au compliment, gardant un visage neutre. C'était insupportable: Albus aurait au moins voulu voir un simple sourire.

-Oui, et? demanda la jeune fille avec un air insolent.

-Je me demandais s'il n'était pas temps que nous fassions à nouveau un duel entre nous. Pour te tester.

-Q-Quoi? Un duel entre nous? répéta Ariane, étonnée.

-Oui, c'est ça, confirma Albus.

James se tourna vers sa fille, rayonnant.

-Tu devrais accepter Ariane. C'est un bon moyen pour toi pour progresser.

Ariane garda le silence quelques secondes.

-Très bien. J'accepte.

Aussitôt, le directeur et l'élève se mirent en position. Ariane s'inclina, puis elle dégaina sa baguette. Dumbledore fit de même, avec un sourire.

-Ça fait quelques années que nous avons pas combattu... commença Dumbledore avec un sourire engageant.

-J'ai progressé depuis, le coupa Ariane, pince sans rire.

Au même moment, elle déploya un violent sortilège d'entrave qui fonça vers Dumbledore. Le sort fonça vers le vieil homme, traversant en quelques secondes les quelques mètres qui éloignaient Dumbledore à Ariane. Le directeur n'eut même pas à murmurer une parole pour que le sort s'écrase littéralement contre un mur magique de protection. L'impact fit trembler Ariane.

-Je vois... dit Dumbledore. Tu as effectivement bien progressé, Ariane. L'impact était surpuissant.

Le vieil homme lança un regard à sa baguette.

-Ma main et ma baguette en tremblent presque.

Au même instant, le directeur pointa sa baguette sur la jeune fille.

-Mais est ce que ce sera suffisant? Repulso!

Le sortilège de répulsion projeta Ariane quelques mètres en arrière. La jeune fille pivota sur elle même, puis concentra toute sa puissance sur un superbe Stupéfix. À bout portant, le sortilège fonça vers le directeur en quelques secondes: en effet, le sortilège de la jeune fille, puissant mais aussi très rapide, dévora en un rien de temps la quinzaine de mètres la séparant du vieux directeur. Celui-ci, toujours souriant, attendit patiemment de pouvoir contrer la meilleure attaque de cette gosse : d'un seul geste de baguette, il arrêta net le rayon de lumière. Puis d'un mouvement sec et ample de son bras vers le haut, il fit dévier le sortilège, qui se retrouva en l'air vers le ciel.

Ariane choisit cet instant précis pour courir vers son professeur et lancer un sortilège d'entrave, qui toucha sa cible pour cette fois. Le vieil homme haussa les sourcils et encaissa le sort. Saisissant l'opportunité, Ariane tenta un sortilège de désarmement, mais avec une vigueur peu commune pour un homme de son âge, Dumbledore pivota sur lui même et lui lança un nouveau sortilège de répulsion, qui la fit rouler sur le sol.

-Déjà fini? C'était étonnamment rapide, dit James à Lily.

Ariane se releva, époussetant ses vêtements qui avaient souffert du choc. La jeune fille lança un regard noir au directeur, puis elle ferma les yeux, comme si elle se concentrait. Lorsqu'elle les rouvrit, elle pointa sa baguette vers le ciel.

-Sol Lumos!

La boule de lumière enfla et fonça vers Dumbledore. D'un geste de baguette, il la fit exploser, ce qui l'aveugla l'espace de quelques secondes. Désorienté et furieux, Albus lança un sortilège de désarmement pour mettre fin à ce duel absurde, mais à sa surprise, Ariane parvint à l'éviter. Avec agilité, elle roula sur le sol et fit apparaître des cordes qui furent sur le point d'encercler Albus si il ne les fit pas disparaître d'un geste agacé. Le vieil homme pointa sa baguette vers Ariane et lança un nouveau sort de répulsion. Au même moment, Ariane érigea un sortilège de protection qui parvint par un pur coup de chance à parer quelques secondes le sortilège, avant de se briser. Elle roula sur le sol pour esquiver les restes du sort et répliqua par un Rictusempra qui n'eut aucun effet.

-Pas mal! lança Albus. Tu t'es bien améliorée, Ariane.

Ariane ne répondit rien, continuant à mitrailler le directeur de sortilèges, que le vieil homme parait avec une aisance remarquable. À nouveau, il pointa sa baguette vers la jeune fille pour la désarmer mais elle esquiva et lui lança un jet d'eau. Dumbledore haussa un sourcil. D'un simple geste de baguette, il fit évaporer le jet d'eau. La vapeur le cacha quelques secondes... Jusqu'à l'instant où un sortilège de désarmement manqua de toucher le directeur. Il l'évita quand, au même moment, un maléfice cuisant l'atteignit en plein visage.

-Ha! Je vous ai eu! lança Ariane, triomphante.

Dumbledore fronça les sourcils, avec un air furieux. Il s'était beaucoup trop retenu, si bien qu'Ariane devait avoir l'impression d'avoir le dessus. Ariane se rendit compte qu'elle aurait peut être dû abandonner.

-Ne sois pas si présomptueuse, Ariane.

Le ton était glacial, presque polaire. Ariane fit quelques pas en arrière mais ne put éviter un violent stupéfix qui la cloua sur le sol. Avec un air épuisé, Dumbledore s'approcha d'elle et lui lança un Enervatum. La jeune fille cligna des yeux et se réveilla, avant de se relever, épuisée.

-C'était pas si mal, dit Dumbledore, soucieux de remonter le moral de son élève. Tu as énormément progressé par rapport à avant.

-Ce n'est toujours pas assez, répliqua la jeune fille.

-Tu peux encore progresser. Il y a un énorme fossé entre toi et moi, crois moi. Mais je pense que tu commence à le combler.

-C'est ça, répliqua Ariane. Vous n'avez que ça à dire, des phrases mielleuses et des conseils idiots? Je retourne m'entraîner.

La jeune fille se releva et tourna les talons, tandis que Dumbledore bouillonnait sur place. Comment osait elle le remettre vertement à sa place? Avait elle seulement une idée du niveau qu'il possédait? À quel point il s'était retenu contre elle?

Mais plus que tout, comment était ce possible? Comment la survivante pouvait se pavaner ainsi? Dumbledore n'était pas idiot. Il savait très bien que même si Ariane était très puissante, elle était loin d'être l'héroïne qu'il imaginait. Courageuse, déterminée, respectueuse, altruiste... Si elle possédait les deux premières qualités, les deux dernières lui faisaient clairement défaut.

Au final, Dumbledore se demandait si Harry Potter n'aurait pas été meilleur qu'elle. Lorsqu'il avait choisi Ariane, c'était parce qu'il était évident pour tous que c'était sur elle que le sortilège avait ricoché. Le vieil homme poussa un soupir.

Il se demandait sérieusement où était Harry Potter. Mort? Chez les moldus? Chez les sorciers? Il allait devoir faire ses recherches.

Une chose était sûre: il ne laisserait pas l'arrogance d'Ariane mettre à mal ses plans.

-Vous allez bien, professeur Dumbledore? demanda la voix de Lily. Ariane ne vous a pas trop blessé?

Le vieil homme fut passablement irrité par la question. Que croyait-elle? Qu'Ariane pourrait le heurter?

-Non, Lily... Mais j'ai quelque chose de la plus haute importance à vous révéler à James et toi.

-Pardon?

Le visage d'ange de la rousse se décomposa, par la peur. Albus aimait ça. Il savait qu'à présent, elle allait l'écouter.

-Qu'est ce qui se passe Albus?

-Il va falloir que vous quittez votre manoir... Vous, Ariane et votre plus jeune fils... Il faut immédiatement aller à Poudlard.

-Pourquoi?

-Fudge n'a pas encore rendu la nouvelle publique mais...


C'était la dernière semaine de ces merveilleuses vacances. Dante avait l'impression que quelqu'un, là-haut dans le ciel, avait entendu sa prière : sur tous les après-midis qu'il avait pu passer avec sa famille et son ami Drago, jamais il n'avait eu l'impression qu'il se sentait mal ou déprimé. Comme si les évènements de fin d'année de l'année dernière n'étaient jamais arrivés. Il se sentait simplement heureux de passer du temps avec ses amis. Sirius et Remus vinrent, en même temps que Severus: l'ambiance fut explosive entre les trois hommes, tandis que Dante prenait des notes sur les piques de son austère professeur de potions, désireux de les utiliser plus tard. Drago devint très rapidement intégré à la famille, partageant très vite chaque délire entre la fratrie. C'était très vite des vacances géniales, sans aucune animosité entre chaque personne. Et Dante adorait ça: il adorait pouvoir insulter Isadora en sachant pertinemment qu'elle ne s'en sentirait pas offensée, il adorait jouer avec ses frères et avec Drago, il adorait faire des courses de balai. Chacun avait su rester le même et profiter de ces moments géniaux.

Dante n'aurait pu que très difficilement imaginer de meilleures vacances. Tout ce qu'il avait vécu avec sa famille resterait inoubliable. Ensemble, ils avaient réussi à lui faire oublier tous ses soucis… Il en venait presque à regretter son retour à Poudlard. Avec eux, il avait oublié qu'il avait frôlé de très près la mort, qu'il n'était rien d'autre que le frère non désiré de la survivante... Il n'avait même pas pensé aux Potter.

-Bon alors, comment on fait ? lança Isadora, en bonne grincheuse du groupe. Si on continue comme ça, demain on n'aura toujours pas fait notre match… Et puis c'est bientôt la rentrée. Si ça se trouve, on ne le fera même pas.

Comme prévu, c'était aujourd'hui leur match de Quidditch. Dante s'en sentait étrangement excité et il savait que Drago ressentait pareil. Après tout, ils n'avaient presque pas fait de match l'an passé. Il avait hâte de débuter ce match pour le gagner, non pas par vanité mais juste par envie d'être le meilleur.

-On peut faire les vieux contre les jeunes. Dante, Drago et moi contre vous trois, proposa Matthew en se grattant la tête.

-Pas mal du tout comme idée, fit remarquer Anthony.

-Ouais, t'es pas complètement irrécupérable, Matt, ricana Duncan.

-Ouais, comme ça on se fait directement massacrer, corrigea Drago.

-Eh, on peut gagner Dray, ricana Dante. Entre Isa la folle, 'Tony le fiston modèle et Duncan le rat de bibliothèque, on a largement nos chances.

Les concernés ne se gênèrent pas pour montrer leur scepticisme, irrités par l'insulte de leur petit frère.

-C'est ça, dit Isadora en soufflant du nez. Allez y, mais ne pleurez pas quand on aura gagné.

-Et l'équipe perdante aura un gage! intervint Matthew. Comme ça, ça ajoute un peu de piment au jeu.

-Pas mal l'idée, ricana Anthony. C'est fou, Matt, tu commence enfin à devenir intelligent pour aujourd'hui.

-Merci du compliment, grand frère! répondit Matthew avec un grand sourire béat.

Il y eut un léger silence qui suivit le soupir général.

-Wow. C'est vraiment... Incroyable, murmura Isadora en écarquillant les yeux avec un air complètement stupéfait.

-Un problème, grande sœur? demanda innocemment Matthew en haussant les sourcils.

-Rien, Matt. Juste... Une conséquence directe de la démonstration ahurissante de pure stupidité qui vient d'arriver sous mes yeux, répondit sa grande sœur en clignant des yeux.

-Ah... Je savais pas que tu étais aussi stupide, frangine.

Il y eut un nouveau silence tandis que Isadora semblait vouloir s'arracher les cheveux d'exaspération, qu'Anthony regardait Matthew avec un air affligé, que Duncan se pinçait le nez pour ne pas éclater de rire et que Dante et Drago échangeaient un regard stupéfait.

-Bon, on commence? demanda Matthew en fronçant les sourcils avec un air impatient. C'est dingue, on dirait que le ciel vous est tombé sur la tête. Vous voulez qu'on reporte le match?

-Non non, on commence..! dit précipitamment Isadora avec un petit rire nerveux. Prenez vos balais et en position. Mais venez pas vous plaindre quand vous allez vous faire massacrer, les gamins.

-C'est ça. À part Anthony, votre équipe ne vaut rien, ricana Dante.

Ils se mirent tous en position. Dante désigna Matt comme gardien, Drago comme poursuiveur et lui même comme attrapeur. Il laissèrent filer un vieux vif d'or (offert lors d'un match) et une balle de basket qui servirait de souaffle. Du coin de l'œil, Dante vit qu'Isadora avait opté pour être poursuiveuse, Duncan attrapeur et Anthony gardien.

-Prêt? À trois. Un... Deux... Tr...

Isadora n'attendit même pas le "trois" pour directement débuter les hostilités. Avec une vigueur impressionnante, elle s'empara du souaffle avant de contourner Dante et Drago et se précipita vers le but. Dante la poursuivit mais sans grande conviction car il savait clairement qu'il avait un temps de retard sur sa sœur au moment où elle tira. Néanmoins, elle ne marqua pas car Matthew se servit d'une technique peu orthodoxe pour bloquer la balle rouge sans grande difficulté: il se contenta de donner un violent coup de tête à la balle qui fonça et atterrit dans les bras de Drago, qui se tourna vers Isadora et la nargua avec un regard narquois.

-Raté ma vieille, ricana le blond.

Et sans prévenir, il fonça vers les buts adverses pour tenter de marquer. Il contourna aisément Duncan qui n'opposa qu'une légère résistance et réussit à tenter une feinte sur Anthony qui ne put arrêter le jeune blond dans son élan. Drago lança la balle et inscrivit un but chanceux.

-Gagné! Dix à zéro!

-Sale petit... marmonna Isadora entre ses dents.

Le match se poursuivit et fut très serré. Le vif d'or semblait inexistant mais Dante savait qu'il suffisait juste de le chercher un peu. Quand aux autres joueurs, la chance semblait avoir fait long feu du côté de son équipe: Isadora avait inscrit cinq buts en moins d'un quart d'heure, Drago avait du mal à reprendre le souaffle et ses tirs rataient vraiment souvent et Matthew se révéla être un gardien qui avait encore des progrès à faire, là où Anthony semblait être un vrai mur. Les vieux menaient au final soixante dix à quarante et Dante faisait de son mieux pour trouver la petite balle dorée.

Et soudainement, un minuscule éclair de lumière jaune passa à quelques mètres. Dante vit du coin de l'œil que Duncan l'avait remarqué aussi. Aussitôt, il se précipita vers le vif d'or, déployant toute la vitesse de son balai. La balle fonça sur le sol et n'était plus qu'à quelques mètres du sol. Il était sur le point de l'attraper quand...

Soudainement, le vif d'or effectua une violente remontée en chandelle. Saisi, Dante réussit au dernier moment à relever le manche de son balai mais ce ne fut pas le cas de Duncan qui s'écrasa proprement sur le sol. Sans retenue, Isadora et Matthew éclatèrent de rire tandis qu'Anthony se précipita au chevet de son frère.

-Ça va? murmura le grand blond.

-La honte, marmonna piteusement Duncan.

-Qu'est-ce qui se passe, ici ?

C'était Almerick Lancaster qui venait de surgir d'entre les arbres avec un air soucieux, beaucoup plus tôt que prévu. Dante n'attendait pas son père avant au moins vingt-deux heures ou minuit, comme à l'ordinaire. L'homme s'avança lentement, avec un air étonné en voyant un de ses fils au sol.

-Duncan a voulu faire le beau en attrapant le vif d'or et il s'est complètement foiré, résuma Isadora avec un détachement redoutable.

-Du pourrais être plus zympa... marmonna Duncan dans sa barbe. Che grois gue j'ai le dez cazzé. Et guelgues dents auzzi.

Isadora ricana tandis que le père de famille poussa un soupir et lança un simple Episkey qui remit en place le nez.

-Par contre, pour les dents, il va falloir prendre du Poussos, ricana Almerick.

-Zainte bère de Berlin, marmonna Duncan en écarquillant les yeux. Za beut addendre la vin du badche?

Mr Lancaster sembla assez étonné pendant quelques instants.

-Non, Duncan, répondit le père de famille fermement. Sauf si tu veux garder ce joli sourire édenté. Isadora, raccompagne ton frère -arrête de me regarder comme ça, Isa-, Drago et Matt, rangez tout ce matériel. Anthony, Dante. Je dois m'entretenir avec vous.

Dante échangea un regard étonné avec son grand frère.

-Là, maintenant?

-Oui, là maintenant.

-Ça ne peut pas attendre?

-Pas du tout.

Le ton de son père était ferme et n'admettait pas la moindre réplique. Dante s'empêcha de déglutir péniblement. Comme une bonne majorité des adolescents, il n'appréciait pas quand son père était sec et ferme, comme ça. Avait-il fait quelque chose de mal? Les Potter avaient il envoyé une vilaine lettre à son père? Qu'est ce qui se passait?

-Severus nous attend, Dante. C'est très important, fils… s'impatienta Mr Lancaster. J'ai à te parler avant que tu ne partes, et comme je ne suis pas certain de te voir la prochaine semaine…

-Euh... D'accord. On vous rejoint tout à l'heure pour reprendre le match, dit Anthony en se tournant vers les autres.

-Pas la peine, trancha Almerick. Ça risque de nous prendre du temps pour faire cette petite discussion. Vous reprendrez votre match demain ou après demain, je m'en fiche. Maintenant, vous deux, venez.

Dépité, Dante suivit son père et son frère. Son frère était redevenu droit et fort, ressemblant plus à l'adulte qu'il sera plutôt qu'à l'enfant qu'il était: il marchait avec une assurance manifeste, talonnant l'allure rapide de son père, qui avançait vite et le jeune homme dût presque courir pour les rattraper.

-Papa, 'Thony, attendez moi! s'écria Dante.

Les deux hommes se tournèrent vers lui, avec une expression étonnée et impatiente.

-Qu'est ce qui se passe, Papa? demanda Dante.

-Quelque chose de très grave, fils, répondit Mr Lancaster. Maintenant, suis moi. On sera plus à l'aise pour en parler dans mon bureau.

Le chemin de retour vers le manoir lui parut beaucoup plus long qu'à l'aller, contrairement à d'habitude. Peut être parce que ni son frère, ni son père ne parlait. D'ailleurs, ce silence entre son père, Anthony et lui le mettait vraiment mal à l'aise. Mais insensible à ses doutes et à sa gêne, son père continuait à marcher avec un air déterminé que Dante lui connaissait bien.

-Au fait, qui gagnait le match? demanda Almerick, juste avant d'arriver.

-C'était nous, répondit sobrement Anthony.

-Soixante dix à quarante, ajouta Dante.

-Ah oui, quand même, constata le père de famille.

-Mais on a pas encore attrapé le vif d'Or.

-Ah... Donc vous avez encore une chance.

D'un simple geste de baguette, Almerick ouvrit la porte et laissa ses deux fils entrer. Ils saluèrent tout deux Severus qui était présent, assis sur une chaise. Dante se demandait depuis combien de temps il les attendait... Le connaissant, cela ne pouvait pas faire des minutes comme des heures: de plus, la cheminée était encore fumante de flammes et cendres émeraude, signe de l'arrivée de l'austère professeur de potions.

-Asseyez vous, les garçons, murmura Mr Lancaster.

C'est à ce moment là que Dante sentit que son père était vraiment fatigué et las. Il s'installa devant lui, constatant son air épuisé, ses cernes et visiblement son irritation. Dante s'installa sur un fauteuil en cuir écarlate, à côté de Severus. Il lança un regard critique au bureau, à la fois bien rangé et surchargé, rempli de rapports en tout genres, de parchemins épais et aussi de quelques photos. Le Serpentard souffla du nez lorsqu'il se vit, plus jeune, aux côtés de ses frères après un week end de pêche...

Il ne s'était pratiquement jamais aventuré dans cette pièce de la maison, et pourtant elle était littéralement au rez de chaussée. Déjà car la porte était frappée d'un sortilège d'impassibilité, de protection totale et d'égide qui la rendait insensible à des sorts de destruction comme des sorts de déverrouillage. De plus, à l'inverse de certains sang purs, Almerick avait fait appel à bon nombres d'ingénieurs moldus pour la rendre totalement inaccessible: les murs étaient renforcés et incassables, la vitre était blindée et ne laissait passer aucun son à l'intérieur ou à l'extérieur et parfois, son père disait que même si la maison s'effondrait, cette pièce resterait toujours debout. Une fois payés en monnaie moldue, les ingénieurs eux mêmes recevaient un sortilège d'oubliette et ne se souvenaient même pas s'être aventurés ici. Mais si Dante n'avait jamais osé braver cet interdiction d'entrée, c'est tout simplement parce qu'il savait qu'Almerick n'aimait pas qu'il vienne fouiner dans ses affaires. Il y avait sûrement trop de rapports importants, ou des choses comme ça, qu'il avait peur de voir abîmées ou pire, volées. Dante comprenait parfaitement cela: peut être que ces tiroirs comportaient des secrets de la plus haute importance: des codes, des livrets de comptes... Il serait même prêt à parier que ce coffre fort moldu était rempli à raz-bord d'argent moldu ou sorcier, grâce à un sortilège d'emplissage. Le jeune homme regarda tout autour de lui et il savait pertinemment qu'il n'oserait jamais voler quoi que ce soit à son père. Même si cependant, il devait avouer que se retrouver là, devant toutes les affaires secrètes que son père possédait ne le laissait pas indifférent. Au contraire, il en était même excité. Qu'avait-il à cacher, pour interdire à son fils d'entrer dans son bureau sans sa permission? Que pouvait bien renfermer le secrétaire tout en haut de l'étagère, à droite, verrouillé à la fois magiquement et avec l'aide d'un cadenas à une combinaison possédant plusieurs chiffres? Et ce tiroir en dessous de l'étagère, que cachait il?

Cela devait bien faire plusieurs années qu'il n'était pas entré dans cette petite pièce, et elle n'avait pas changé. Chaque manoir Lancaster en possédait une et elles se ressemblaient toutes parfaitement. De la disposition des meubles aux photos de famille décorant et ornant les murs, tout était resté exactement comme la dernière fois qu'il était venu il y a bien longtemps. La photographie qui représentait ses deux parents lors de leur mariage il y avait des années était toujours posée sur le bureau, dans le cadre en bois de cerisier qui lui avait été offert par Sirius, il y avait très longtemps. James se sentit tout drôle en revoyant le visage juvénile de ceux qu'il pensait être ses parents, qui se tenaient la main et souriaient jusqu'aux oreilles, sans même savoir qu'un jour, ils seraient trop occupés par des mages noirs pour continuer à être aussi soudés. Sans même savoir qu'un jour, ils seraient tellement en danger qu'il en aurait peur pour eux…

-Dante..?

Il leva la tête vers son père.

-Oui papa?

-Tu semblais ailleurs, fit remarquer Anthony.

-Ah...

-Tu as écouté tout ce qu'on a dit, au moins? demanda Severus.

-Euh...

-Alm, je t'ai toujours dit que ton fils fréquente beaucoup trop ce cabot de Black pour son propre bien, renifla Rogue.

-Oh ça va...

Almerick soupira.

-Dante. Cette année sera très dangereuse pour toi, à Poudlard.

-Pour changer, ricana le garçon.

-Cette fois... Plus que d'habitude. Il y a eu une évasion massive d'Azkaban.

Dante écarquilla les yeux.

-Q-Quoi...?

-Peter Petigrow, Rodolphus et Rabastan Lestrange, Bellatrix Black, Augustus Rockwood, Aubrey Bertram, Aubrey Johnson, Anthonin Dolohov... Pour ne citer qu'eux. Énormément de Mangemorts se sont évadés.

-Comment ça? Explique!

-On ne l'a su qu'hier. Un membre du ministère a désactivé la protection animangus sur la cellule de Petigrow qui a pu s'échapper. Une fois dehors, il a attendu son heure, le temps qu'un gardien ne vienne. Dès que le gardien a reconnu le rat, il l'a neutralisé et a tenté d'aller sonner l'alarme. Mais Petigrow a été plus malin...

Severus prit la parole, un air pincé et dégoûté sur le visage.

-Ce misérable rat s'est retransformé en humain et a réussi à prendre la baguette du gardien. Il lui a lancé un maléfice du saucisson et l'a abandonné aux Détraqueurs, avant d'aller au poste de garde et de voler les clés spéciales de l'étage de Haute Sécurité et a désactivé les protections anti-détraqueurs qui se sont tous librement baladés dans l'île, en attaquant les gardiens et certains prisonniers dans les étages moins important. Il a libéré ses petits amis Mangemorts avec une facilité déconcertante et a créé un Portoloin. Ils ont tous disparu dans la nature le soir même.

-Mais... C'est...

-Fudge m'a appelé en pleine nuit pour me prévenir, reprit Almerick. Seul un seul membre du ministère en dehors du ministre a suffisamment de pouvoir pour réussir à désactiver cette protection: il s'agit de Thunder Barett, le directeur de la prison. L'ennui, c'est qu'après enquête, Scrimgeour et moi avons trouvé que Thunder avait été assassiné chez lui depuis plusieurs semaines. Son cadavre était dans une sorte de malle dans son bureau. Sa baguette personnelle n'émet plus de magie depuis deux mois et nous avons trouvé une quantité importante de Polynectar dans un tiroir de son bureau, qui donne bien son apparence. Le hic, c'est que ce Polynectar semble périmé. C'est peut être une fausse piste. Le type qui se faisait passer pour lui était peut être un faux sous polynectar ou bien un mangemort métamorphomage qui a pris son apparence. Mais il ne peut pas avoir été soumis à l'Imperium: il était mort.

Il y eut un léger silence.

-Très bien, dit Dante. Mais en quoi ça concerne Poudlard?

Severus releva sa manche. Dante put voir gravée au fer rouge la célèbre marque des ténèbres sur son avant bras. Elle semblait plus sombre.

-Elle a commencé à devenir plus sombre ce matin. Or ça ne veut dire qu'une seule chose...

-Tu sais qui est de retour? proposa Anthony.

-En tout cas, il est en chemin pour ça, dit Almerick. Trop de choses coïncident. Cette évasion et cette marque...

-Mais s'il était de retour, la marque serait beaucoup plus impressionnante, non? demanda Dante.

-En effet, acquiesça Rogue. Là, elle semble... Stable. Mais je l'ai sentie. Le Seigneur des Ténèbres reprend ses forces.

-Mais... En quoi ça concerne Poudlard? demanda Dante.

Son père souffla du nez.

-On sait que Voldemort veut revenir à la vie. Et il veut se venger de la survivante. Il sait peut être pour toi, Dante. Tu es potentiellement en danger, là bas.

-Comment il pourrait...

-Crois moi, dit Severus, il en est capable. Il peut déployer des trésors d'ingéniosité pour ce genre de choses.

-Et Ariane? Elle va faire quoi?

-Pour l'instant, reprit Severus, Dumbledore est allé chez les Potter. Eux quatre vont emménager définitivement à Poudlard. Potter sénior, Lily, Ariane et leur plus jeune fils...

-Ils ont un fils? demanda Dante, incrédule.

-Là n'est pas la question, dit durement Almerick. Dante... Tu as beau venir de chez eux, tu es et tu resteras mon fils. On se moque d'eux.

Le père de famille poussa un soupir.

-Mais Voldemort est dangereux. Il peut se servir de toi pour ficher leur vie en l'air. Il peut tenter de te corrompre... Il y a des dizaines de choses qu'il peut faire contre toi, Dante. Il ne reculera devant rien pour revenir à la vie. Reste loin des ennuis cette année. Compris?

-Compris...

-Et quand à toi, Anthony... Je veux que Severus et toi entraînez Matt.

-Matt? répéta Anthony. Attends, tu parle de Matthew Andrew Lancaster? Ton fils et accessoirement mon frère? C'est quoi cette arnaque?

-'Thony...

-C'est mon frère et je l'adore mais il a une cervelle de troll, papa. Il n'écoute pas et s'entraîne pas.

-C'est là que tu rentre en jeu. Severus va le former pour les potions, toi pour les sorts de défense. Apparement, Severus connaît une salle plutôt utile pour votre entraînement. Et puis, c'est ton frère avant tout. Si il tombe face à un mangemort alors qu'il ne connaissait pas certains sorts qui auraient potentiellement pu lui sauver la vie car tu as eu la flemme de les lui apprendre, tu te sentirais comment?

Anthony marmonna quelque chose dans sa barbe.

-Au moins, personne n'est mort, soupira Dante.

-Pourquoi est-ce que tu vas tout de suite t'imaginer le pire, Dante? demanda Almerick, soudainement irrité. On dirait que c'est que ça qui t'obsède depuis l'an passé! Je peux te parler en privé dans mon bureau sans que ce soit la fin du monde, tu ne penses pas?

-Pourquoi? Pourquoi? Parce que tu n'es jamais là, voilà pourquoi! répliqua Dante, en colère. Que Sev, Sirius et toi, vous êtes entrain de vous fourrer dans des problèmes qui ne vous concernent pas, voilà ce qu'il y a !

-Dante, tu ne dois pas t'inquiéter. Et en ce qui concerne ces problèmes, il s'agit de mes resp...

-Non! Je ne veux pas ton sacro-saint discours sur tes responsabilités, Papa! C'est beau de se battre corps et âme pour ses convictions et ses responsabilités, mais Maman, les autres et moi, on en est pas une? Tu viens de m'annoncer dans le plus grand des calmes que des mangemorts se sont évadés! Quand ils vont t'attraper, tu crois qu'il vont te faire quoi?

Son père pâlit mais ne répondit pas.

-Là, tu viens d'ordonner à Anthony d'entraîner ton plus jeune fils pour qu'il soit capable de se défendre et je dois pas m'inquiéter? Tu me prends pour un idiot ou quoi?

-Tu ne comprends rien...

-Si. Si je crois que j'ai très bien compris. Si la situation n'était pas aussi catastrophique, tu m'aurais dit tout ça peut être?

-Non, répondit Mr Lancaster.

La réponse de son père arriva comme une violente gifle en plein dans le visage de Dante. Il haussa les sourcils, tandis qu'il se sentait transpirer alors qu'il avait froid. Ses oreilles bourdonnèrent.

-Non? répéta le jeune homme.

-Non.

Ce n'était pas ce qu'il s'était attendu à entendre. Il avait pensé que son père aurait la décence -ou la lâcheté- de trouver une excuse plausible pour justifier la vérité, et qu'il lui assurerait qu'il avait l'intention de tout lui dire un jour, mais non, rien. Son père ne lui aurait rien dit. Jamais.

-Pas par manque de confiance, assura Almerick comme s'il avait instantanément compris ce que son fils pensait.

-Ouais, ouais, c'est ça, prends moi pour un con…

-Dante… soupira l'auror d'élite. Dante, regarde-moi…

Mais Dante garda résolument les yeux fixés sur ses genoux. Il entendit Severus et Anthony ouvrir la porte et s'en aller discrètement. Il ne leur en voulait pas.

Pas à eux...

-Fiston, s'il te plait…

Mr Lancaster se leva brusquement: Dante entendit le craquement de son siège sur le plancher qui composait le sol qui grinça légèrement à chaque pas de son père. Il croisa obstinément les bras sur sa poitrine pour lui montrer que c'était trop tard : le mal était fait.

La main de son père vint se poser doucement contre son épaule et il ne put que relever la tête vers son père. Car il connaissait ce geste: son père l'avait fait des centaines de fois quand il était petit, pour le rassurer. Le visage de Mr Lancaster était paisible et dégageait un incroyable calme. James réalisa comme il avait su rester le même. Son père aimant était toujours là: il avait juste été occulté par l'auror d'élite pendant quelques temps. Ces mêmes yeux clairs le regardaient de la même façon, à la seule différence près qu'ils étaient désormais entourés de quelques rides et de cernes profondes.

-Dante... Ce n'est pas par manque de confiance en toi, que je n'avais pas l'intention de t'en parler, crois-moi…

-C'est pour quoi, alors?

-Je ne veux pas que tu sois mêlé à ça.

Dante haussa un sourcil.

-Comment ça?

-Je ne veux pas que tu ailles de ton propre chef te battre contre Voldemort. Je te connais. Tu veux aider les autres, même quand il s'agit de ces crétins de Potter. Mais je ne supporterait pas de te perdre, fils. Tu es mon fils, adoptif ou non.

-Mais...

-Je te connais mieux que n'importe qui, Dante. Il ne suffit que d'un mot pour que tu te jettes dans la bataille, pour que tu protège tes frères. Rappelle toi de l'année dernière, quand tu as voulu passer Noël à Poudlard pour rester avec ton ami Drago. Même s'il était pétrifié. Tu es quelqu'un de bien, Dante.

-Tellement bien que tu me mens...

-Parce que ce que tu ne comprends pas, c'est que je ne supporterais pas que tu meurs. Ni que n'importe qui d'entre vous meurt. C'est pour ça que je suis ici. Pour empêcher Voldemort de revenir. Pour l'empêcher de s'en prendre à toi. Car il aimerait vraiment finir le travail en achevant la lignée Potter.

Machinalement, la main de son père passa sur son front et releva quelque mèches pour toucher sa cicatrice en forme d'éclair.

-Protège les tous, Dante. Tes frères et sœur. Tes amis. Et ta famille. Et quand je parle de ta famille, je parle aussi d'Ariane et ses parents. Et son petit frère. Garde un œil sur eux. Ce sont des cibles de Voldemort.

-Ouais...

-J'ai ta parole?

Pendant un instant, Dante fut tenté de lui dire non. Non, il ne jouerait pas ce rôle. Non, il n'était pas la nounou des Potter. Il était prêt à se battre, oui, mais pour sa propre famille. Pour ses propres amis. Pour ses propres rêves.

Mais il ne pouvait dire non à ce regard clair, qui plaçait tellement d'espoir en lui. Qui le touchait juste, en faisant ressortir de lui ce qu'il y avait de plus lumineux. Dont chaque nuance était une nuance de fierté et de force. Qui lui donnait de l'espoir et de la force.

De la foi. Qui lui donnait foi en l'avenir. Et seul son père pouvait lui faire ressentir un tel optimisme. Malgré Voldemort, malgré Dumbledore, malgré Potter, Dante se sentait confiant. Et motivé. Et plein d'espoir.

-Tu as ma parole, Papa.

Et voilà, chapitre fini! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. Après ces longues vacances, je suis de retour et j'espère que ça vous plaira! En attendant, je vous dit à bientôt et laissez moi une petite review!