Chapitre 11.
Combien de temps resta-t-elle là, sans bouger, sans respirer ? Elle n'en savait rien. Des minutes, des heures ? Plus rien n'existait, alors que les explosions au dehors s'étaient tues, remplacées par des hurlements.
Elle finit par s'avancer à quatre patte jusqu'au corps inerte de Snape. Le sang avait séché sur son costume d'ordinaire si impeccable.
« Severus, lui murmura-t-elle en sanglotant. »
La jeune femme passa sa main sur sa joue glacée. Elle finit par pleurer, enfin. De longs sillons coulèrent sans discontinuer.
« Tu n'es pas mort, murmura-t-elle. »
Hermione déglutit, les mains tremblantes. Elle se revoyait dans ce cimetière, à genoux sur sa tombe, ces heures passées à les fleurir, ses sarcasmes, son regard, sa voix.
Elle se revoyait, dansant avec son fantôme, avec cette volonté tenace qu'elle aurait été capable de n'importe quoi pour danser avec lui en chair et en os. Alors, elle ferma les yeux et s'imagina, sa main dans la sienne, sa main chaude.
Hermione prit la paume glacée du potionniste dans sa main. Elle ne bougeait plus, à la fois raide et molle.
« Réveille-toi, lui murmura-t-elle. Danse, danse avec moi, s'il te plait. »
Hermione ouvrit ses yeux remplis de larmes avec difficultés. Un froid glacial s'empara d'elle alors que des milliers de flocons commencèrent à tomber sur ses épaules. Lorsqu'elle leva la tête, elle vit un trou dans le plafond, et la neige, dehors.
« Tu va avoir froid, encore… »
Nul arrêté par son sang, Hermione laissa tomber sa tête sur son torse. Il ne battait plus, comme dans ses souvenirs.
Elle ne pouvait pas revivre ça. L'enterrement, le cercueil, les fleurs, le cimetière, le gardien, non…
Epouvantée, la voix chevrotante, le corps entier pris de secousses qu'elle ne parvenait à maîtriser, Hermione se releva en claquant presque des dents.
« Non, tu n'es pas mort Severus. »
C'est alors qu'elle remonta sa manche et en tourna les aiguilles de sa montre qu'elle gardait toujours au poignet. Un tour, deux tours, trois tours, peu lui importait. Ses doigts tremblaient tandis qu'elle se sentait partir de nouveau, manquant de s'évanouir. La magie qu'elle utilisait, expérimentale, semblait plus puissante à mesure qu'elle l'utilisait, et elle peinait à tenir bon tant son pouvoir semblait grand.
Alors que son premier voyage avait été si simple, le temps d'une seconde, Hermione fut cette fois tordue de douleur. Elle se plia en deux, tentée de s'accrocher au corps mort de Snape pour l'appeler à l'aide, mais était décidée à ne pas fléchir.
Il n'était pas mort. Pas encore.
xXx
Ce n'est que lorsque la jeune femme ouvrit les yeux qu'elle se rendit compte qu'ils étaient clos. Avait-elle perdu connaissance ? Sans doute, car elle se trouvait présentement allongée sur le parquet humide de l'embarcadère.
Elle se toucha la bouche, le visage et plissa des yeux fatigués vers ses doigts rendus presque bleus. Hermione se redressa alors difficilement, le corps cotonneux et si froid qu'elle se crut elle-même morte.
Quand elle baissa la tête, le corps de Snape n'était plus là.
Alors, elle se mit à fouiller l'endroit où elle avait vu son corps, le tâtant avec frénésie sans ne rien y trouver, pas même la flaque de sang.
« Severus, finit-elle par murmurer nerveusement. Tu n'es plus là, tu n'es plus là ! »
La jeune femme regarda alors tout autour d'elle, puis sortit. Il faisait nuit, mais la bataille avait cessé. Poudlard était là, au loin, intact, et ne semblant pas sur le point d'être attaqué.
Hermione avança le long du ponton et plissa les yeux vers la petite île au milieu du lac. La tombe de Dumbledore n'y était plus.
Il fallait qu'elle comprenne où elle était, à quelle époque, sous quelle conjoncture et surtout : où se trouvait Snape. Mais elle n'en eut pas le temps lorsqu'une main ferme lui agrippa la bouche et la fit s'évanouir de nouveau, sans qu'elle ne puisse rien y faire.
xXx
« Enervatum ! »
Hermione se redressa d'un bond, aspirant l'air bruyamment, choquée et perdue à la fois. Elle se rendit vite compte qu'elle se trouvait dans l'infirmerie de Poudlard, avec une magicomage qu'elle ne connaissait pas penchée sur elle.
« Elle est réveillée, lâcha-t-elle placidement.
_ Bien sûr que je suis réveillée, espèce de… malade ! »
La sorcière, une dame dans la quarantaine terriblement froide et apathique fixant son regard sans faire transpirer une quelconque compassion pour elle.
Se glissa alors derrière elle un petit groupe de professeurs qu'elle ne connaissait pas : il y avait bien Minerva, oui, ainsi que Flitwick, mais Hagrid n'était pas présent, ni le professeur Chourave. Il y avait une autre femme avec eux, assez vieille, du même âge que Minerva, un autre homme à l'allure très sévère et surtout, Snape.
« Laissez-nous, gronda ce dernier d'un air sévère.
_ Monsieur le Directeur, je suis certaine qu'il y a une raison à… prononça la vieille dame qui se fit couper par une main tendu de la part du sorcier. »
Hermione cligna des yeux.
« Monsieur le directeur » ? Alors son statut n'avait pas changé, bon point pour elle nota-t-elle intérieurement.
« Je sais m'occuper des intrus Madame Têtenjoy, merci bien.
_ Bien, marmonna la sorcière en se retirant. »
Hermione prit une inspiration méfiante. Elle remarqua que l'infirmerie était froide, et vide. Mais pire encore, c'est le corps professoral entier qui observa non pas elle, mais bien Snape d'un regard inquiet, comme si…
Comme s'ils étaient effrayé de ce qu'il allait bien pouvoir lui faire.
Lorsque la porte se ferma, la jeune femme déglutit.
« Qui êtes vous, gronda Snape en pointant sa baguette sur elle. »
Hermione ouvrit puis ferma la bouche, interdite.
Snape ignorait son existence… Etait-il possible qu'elle soit atterri dans un monde où elle n'existerait tout bonnement pas ? Ce serait bien étrange, mais pas improbable. Voilà qui n'allait pas arranger ses affaires…
« Répondez !
_ Je m'appelle Hermione Granger, et je suis élève de cette école.
_ Mensonge, gronda Snape.
_ Je viens de la maison Gryffondor, mais dans un…
_ Qui vous a parlé de cette maison ? »
Elle crut que ses yeux étaient en train de devenir dingue. Snape venait de s'approcher d'un air encore plus menaçant et Hermione réalisa lors à quel point… soudain… il était si effrayant.
Oh, pas effrayant comme du temps où il était son professeur, où tout ce qu'elle risquait était une retenue dans les cachots, dans le pire des cas, ou un retrait de points conséquent. Non, cette fois, il lui semblait qu'il pouvait être capable de beaucoup beaucoup plus de choses.
« Les Gryffondors n'existent plus, les maisons des fondateurs ne sont mentionnées nul part, et les seules personnes qui ont voulu le faire ont fini à Azkaban, finit-il par grogner comme un animal. Qui vous a parlé de cela ? Qui êtes vous, une espionne ? Et comment êtes vous parvenu à pénétrer dans le château ?
_ Je ne sais même pas quel jour nous sommes alors comment diable pourrais-je venir avoir l'outrecuidance de vous espionner, et pour le compte de qui ?! s'offusqua Hermione, totalement perdue.
_ Oh ça, c'est à vous de me le dire… A moins que ce groupuscule nommé « l'ordre » vous dise quelque chose ?
_ Non, mentit sagement la jeune femme.
_ Vous mentez encore, inspira l'homme. Mais j'ai mes méthodes pour les récalcitrantes comme vous. »
Hermione sentit ses pupilles noircies de rage. Non… non, ce Snape n'était rien de ce qu'elle avait connu, de près ou de loin.
« Endolo-
_ Non, non ! Je vous dirais tout ! »
Elle n'en revenait pas.
Son coeur pulsait dans sa poitrine à lui en faire perdre la raison. Snape… Il avait manqué de lui lancer un impardonnable. Bon sang, mais qui était-il ?!
« Je viens d'un autre temps, d'une autre réalité, révéla-t-elle d'un ton apeuré. Et dans ce monde, je suis élève à Poudlard. »
Snape plissa les yeux vers elle en reniflant de dégout.
« Je vous jure que je vous dis la vérité, supplia-t-elle, presque désespérée.
_ Je sais, lâcha-t-il, le regard fixe, la posture droite. »
Hermione déglutit.
« Légilimencie, pensa-t-elle avec effroi. »
A ce mot, Snape afficha une grimace dédaigneuse. Elle ferma alors soudain son esprit du mieux qu'elle le put, et le sorcier parut suspicieux, forçant ses barrières mentales, mais se heurtant à un mur.
« Dans mon bureau, laissa-t-il traîner. »
Hermione déglutit. Elle le suivit du regard alors qu'il se dirigea vers la seule sortie de l'infirmerie. Lorsqu'elle le suivit timidement, et qu'il ouvrit la porte, la jeune femme put entendre de la musique sortir de la Grande Salle. Mais McGonagall et cette professeur Têtenjoie étaient derrière, et manquèrent un soupir de soulagement en la voyant talonner le directeur.
Snape se contenta de les fusiller du regard avant qu'elles ne comprennent le message et s'en aille. C'est alors que le sorcier avança, traversant le hall en passant par la grande porte afin d'emprunter le chemin allant jusqu'au bureau de la plus haute tour du château.
« Qu'est-ce que c'est ? demanda Hermione en passant devant la salle de repas fermée.
_ Bal d'hiver, répondit placidement Snape sans s'arrêter. »
Alors elle n'était plus en été, ce qui expliquait pourquoi elle était présentement en train de crever de froid dans son pauvre t-shirt rose passé et accessoirement, sale. Hermione claquait des dents alors que Snape montait les escaliers en colimaçon menant vers son bureau qu'il ouvrit ensuite d'un geste fort.
Hermione observa les alentours un instant.
C'était exactement comme dans ses souvenirs, ce qui était très troublant étant donné que ce Snape était quant à lui radicalement différent. Elle le voyait à son regard sombre, ces yeux qui la scrutaient avec force et violence.
Elle sentit qu'il tentait de nouveau d'entrer dans son esprit, mais le bloqua de nouveau sans effort particulier.
« Très bien, Miss…
_ Granger, rappela la jeune femme, comprenant une bonne fois pour toute qu'elle ne faisait pas partie de sa vie dans ce monde.
_ Avec qui avez-vous appris ça ? gronda-t-il.
_ Je n'ai jamais appris, finit par souffler Hermione.
_ Impossible.
_ Ecoutez. J'ai créé un dispositif qui me permet de voyager entre les univers dans un but précis. Mais c'est… expérimental, et il semblerait que mes aller et venus accroit quelque chose dans ma magie. »
Snape plissa les yeux, puis sortit sa baguette. Hermione eut un mouvement de recul, avant que Snape ne hausse un sourcil.
« Si j'avais voulu vous tuer, vous n'auriez pas eu le temps de l'anticiper. »
Alors, d'un geste, l'homme pointa sa baguette sur le front de la jeune femme, prenant une grande inspiration… sans que rien ne se passe.
Enfin, du moins, rien de visible.
« Votre flux magique… murmura Snape. »
Hermione fronça les sourcils. De quoi parlait-il ? Un « flux magique » ? Elle avait lu quelque chose, un jour à ce propos, dans la bibliothèque de chez lui. Chaque sorcier portait une marque particulière, une aura spécifique, changeante en fonction du pouvoir acquis, de l'expérience, et de ses émotions.
« Quoi ? finit-elle par demander.
_ De quel monde venez-vous ? demanda-t-il sans répondre à sa question.
_ Ce serait difficile à expliquer, j'ai quelques théories. Disons qu'à chaque action se détache un présent propre à chacun, et qu'un choix différent conduit à un monde différent. Cette théorie n'est pas si incontestable dans la physique quantique connue des moldus, je ne vois pas pourquoi cela différerait chez la communauté des sorciers.
_ Vous osez comparer le savoir moldu et sorcier et y trouver une équivalence ? gronda-t-il. »
Hermione ferma la bouche en prenant une forte inspiration.
Les moldus semblaient être un sujet bien trop sensible dans ce présent si particulier. Alors, elle le nota dans un coin de sa tête et décida de ne plus l'aborder.
« Ecoutez, de ce que j'ai appris, tout ce que je dois trouver est le point de convergence.
_ Pardon ?
_ Le point de convergence, répéta Hermione, comme d'une évidence. L'élément qui a bousculé la réalité en la scindant en deux, l'épisode qui explique la différence entre ce monde, le mien et tous les autres. Cela m'est essentiel afin d'éviter…
_ Eviter quoi ? cracha Snape.
_ Quelque chose qu'il faut à tout prix empêcher. C'est pour cette raison que je suis là. Je n'ai juste pas encore trouvé comment, mais sachez que si vous voulez rester en vie, il va falloir me faire confiance. »
Snape plissa les yeux vers la jeune femme d'un air suspicieux.
Il aurait mieux fait de l'oubliéter, de l'envoyer à Azkaban ou encore, de la tuer. L'expérience lui avait appris que ce genre d'événement impromptu rimait avec « calamité en perspective ».
Mais deux choses l'empêchaient d'agir. L'une, était que si qui que ce soit, le seigneur des ténèbres en particulier, apprenait qu'une sombre inconnue était parvenue à pénétrer le château, cela finirait fatalement par lui retomber dessus. Et de deux, la résistance de cette jeune femme à son pouvoir légilimentique l'intriguait plus que de raison.
Personne n'y s'était encore opposé avec tant de force, pas même Voldemort en personne. Avec le temps, il en avait fait sa spécialité. Severus Snape était connu dans le monde entier pour être un homme, un sorcier dont on ne peut rien cacher. Alors, il était intrigué par cette jeune femme… mais il la prenait tout de même pour une dingue.
« Ecoutez, je sais que ce que je vous raconte peut vous paraître aberrant…
_ Ça l'est, mais si cela s'avère vrai, c'est d'autant plus dangereux.
_ Je ne vois pas quel danger je représente, finit-elle par s'agacer.
_ Est-ce que le terme « bombe à retardement » vous dit quelque chose ? siffla-t-il. »
Hermione plissa les yeux avant de secouer la tête, un peu agacée. Elle n'aimait guère le ton qu'utilisait cette version de lui.
« Si vous continuez vos petites expériences Miss… Granger, je crains que vous ne finissiez par vous autodétruire, dans le meilleur des cas.
_ Et dans le pire ?
_ Le pire ? Emporter des gens dans votre suicide programmé. »
« Suicide programmé », enfin, il y allait un peu fort tout de même. Hermione leva les yeux au ciel, bien décidée à ne pas suivre un traitre mot de ce contre quoi il la mettait en garde.
Ce Severus Snape ne savait rien d'elle, et encore moins de son expérience.
« J'ignore de quoi vous voulez parler, mais je ne m'arrêterai pas tant que je n'aurais pas résolu mon problème, qui est en réalité, notre problème, précisa-t-elle.
_ Je n'en avais aucun avant que vous arriviez, alors je vous conseillerais fortement de vous en aller avant que vous ne finissiez par tuer quelqu'un.
_ Désolée, mais c'est impossible.
_ Bien, dans ce cas… »
Snape sortit sa baguette en toute discrétion, mais Hermione le remarqua et érigea un bouclier magique devant elle, impénétrable et assez puissant pour renvoyer tout sort, quel qu'il soit.
Le sorcier grogna, avant de serrer sa baguette avec force.
« Il faut que je comprenne ce qu'il s'est passé ici.
_ Vous êtes toujours aussi bornée ?!
_ Oh dans toutes les autres réalités, vous m'appelez la petite « Miss Je Sais Tout » donc je suppose que oui. »
Ce surnom sembla créer un espace d'électrochoc dans la tête de Snape. Hermione le remarqua, à son regard ébahi et son teint rendu blême.
« Quoi ? demanda-t-elle sans baisser sa garde pour autant.
_ La dernière fois que j'ai entendu ce surnom, c'était par… »
Snape ne parvint à terminer sa phrase, la gorge serrée.
« Vous n'allez pas me dire que ça a encore un lien avec Lily ?
_ Potter ? demanda Snape. Pourquoi diable cette pimbêche aurait un lien avec votre situation ?
_ Elle n'en a pas… mais dans ma réalité, vous êtes loin de l'insulter de « pimbêche ».
_ Cela m'étonnerait pourtant qu'elle ne soit pas aussi casse-pied avec son fils, ici ou ailleurs, murmura-t-il. »
Hermione cligna des yeux, avant de baisser son bouclier. Elle… avait une drôle d'intuition, tout à coup.
« Dites-moi, dans votre réalité, enfin, ici, Lily est bien… morte, n'est-ce pas ?
_ Morte ? demanda soudain Snape. Pourquoi diable le serait-elle ? »
Hermione manqua alors de s'évanouir. Elle ramena à elle une chaise à la place de s'écrouler sur le sol.
Lily Potter n'était jamais morte. Ce qui voulait dire que Severus Snape n'avait jamais eu à faire de pacte avec Albus Dumbledore. Ce qui signifiait également qu'il devait sans doute encore être… un mangemort.
« Je crois que cette fois, c'est un peu trop… alambiquée pour moi, rit-elle jaune.
_ Oh quelle coïncidence, voyez-vous, je commence à penser la même chose !
_ Mais, si Lily n'est pas morte, alors où est Harry ?
_ Vous parlez de Potter ? Cet incapable doit être en train de se pavaner comme son abruti de père quelque part dans le château.
_ Et Ron ? s'exclama Hermione.
_ Ces deux-là sont toujours comme cul et chemise, mais je ne vois pas en quoi ils peuvent être impliqués dans quoi que ce soit.
_ Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda Hermione en déglutissant.
_ Ces garçons sont comme les autres élèves, à savoir deux pauvres crétins, discrets, médiocres et abrutis. »
Dieu merci, Snape avait gardé son sarcasme.
Néanmoins, les rouages du cerveau d'Hermione tournèrent à plein régime. Pour quelle raison Lily n'était-elle pas morte ? Etait-il possible que dans cette réalité, Voldemort ait choisi de prendre en compte les supplications de Snape pour l'épargner ? Ou qu'Albus l'ait fait ? A moins que ce ne soit la prophétie qui n'ait jamais été ébruité, ni parvenu aux oreilles de Snape.
Soudain, Hermione se rappela… le contenu de cette prophétie ne concernait pas que Harry.
« Et Neville ? Qu'en est-il de lui ?
_ Oh, ce pauvre garçon… Disons qu'il est toujours une véritable calamité, et qu'en sus, sa réputation le suit de près.
_ Quelle réputation ?
_ Hé bien qu'il porte malheur pardi. »
Hermione fronça les sourcils, affichant une mine à la fois outrée et effarée.
« Ce garçon est connu dans le monde sorcier tout entier pour avoir été l'objet d'une attaque de Voldemort en personne qui a rendu le seigneur des ténèbres plus puissant encore. Au vu de votre tête, ce n'est pas le cas partout visiblement. »
Oh ça non.
Seigneur…
Hermione réalisa ainsi que Voldemort s'était attaqué à Neville à la place de Harry et que, sans l'intervention de sa mère et cet incident, sa tentative d'assassinat, au lieu de presque le tuer, n'avait fait qu'accroître son pouvoir. Quelle horreur !
Alors, cela signifiait donc que depuis toutes ces années, le sorcier sévissait encore. Quel était ce monde terrible dans lequel elle avait bien pu atterrir ?!
Hermione déglutit. Elle jeta un regard vers Snape, et dirigea lentement sa main vers sa montre. Elle en tourna les rouages… mais rien ne se passa.
Alors, son teint devint plus blême encore.
Pourquoi cela ne marchait-il pas par tous les saints ?!
« Maintenant, c'est à moi de poser les questions, gronda Snape. Pour quelle raison exacte êtes vous ici et quelle est la catastrophe que vous souhaitez éviter ?
_ Je ne vous le dirais pas, lâcha Hermione en lâchant sa montre qu'elle cacha du mieux qu'elle put, bien consciente de la dangerosité de ce monde.
_ Ecoutez-moi bien espèce de sale petite peste, siffla Snape en se rapprochant si près qu'elle en sentit son souffle se mélanger au sien. Que vous risquiez votre vie, cela vous regarde, mais il est hors de question que vous veniez foutre le bazar dans mon monde, c'est clair ? Je maîtrise la situation, je n'ai pas besoin de vous dans mes pattes.
_ Oh, vraiment ? Vous maîtrisez la situation, mais quelle situation ? Je suis certaine que c'est Voldemort en personne qui vous a fichu sur ce siège.
_ Bien sûr que c'est lui, il est au coeur de chaque instance.
_ Vous appelez ça une maîtrise ? demanda Hermione en un lever de sourcil.
_ Qui a dit que c'était un problème ? »
La jeune femme ouvrit la bouche, puis plissa les yeux.
« Vous ne pensez parce que vous dites, rit-elle faussement.
_ Depuis que le ménage a été fait, il n'y a plus de maisons, plus de compétitions idiotes, plus de barrières, plus de médiocrité ni de dangers potentiels au sein de cette institution et de toutes les autres d'ailleurs. L'ordre est établi, les règles fonctionnelles. Du temps de ce malade de Dumbledore, tout ici n'était qu'un foutoir sans nom. »
De rage, Hermione sortit sa baguette, et la pointa sur le sorcier en guise d'alerte. Son ton ne lui plaisait guère, et elle le connaissait bien assez, lui et son impulsivité pour s'en prendre à elle, surtout sur ce genre de conflit.
Snape quant à lui, ne bougea pas devant sa menace. Il ne plierait pas. Cette gamine ne lui faisait pas peur.
« Peut-être, mais il n'y avait aucune discrimination, gronda-t-elle.
_ Est-ce que l'égalité doit aller à un point où il est admissible d'intégrer un loup garou au sein d'un établissement scolaire ? Est-ce que ce genre de folie doit être accepté, quitte à conduire des tas d'étudiants vers une menace mortelle pour n'en accepter qu'un seul ?! cria le sorcier.
_ Si vous parlez de Remus Lupin, il est un excellent sorcier, il ne mérite pas d'être interdit d'instruction sous prétexte de sa nature, siffla-t-elle entre ses dents serrées.
_ Ce genre de pensées mènent vers un monde de déchéance, et de risques démesurées !
_ Vous n'êtes en rien le Severus Snape que je connais et que je n'ai jamais connu !
_ Et si je l'avais été, mmmh ? »
Hermione le fusilla du regard, pleine de rage.
« Quoiqu'il ait pu se passé dans d'autres passés que celui-ci, rien ne change mon parcours depuis mon enfance Miss Granger, et donc, rien ne change ce qui a pu se dérouler ni ma nature.
_ Vous avez changé.
_ Grand bien m'en fasse, car me concernant, je suis toujours resté le même, lâcha-t-il en se redressant d'un air méprisant.
_ Je refuse de le croire, souffla-t-elle. »
Snape souffla par les narines un trop plein d'air, comme un taureau sur le point de charger. Puis, il s'éloigna d'elle, le regard défiant.
« Vous avez votre point de convergence en la personne de Lily Potter. Maintenant, déguerpissez, et ne dites pas un mot de votre aventure à qui que ce soit.
_ Je pensais que vous aviez changé car c'était dans votre nature, mais c'est pour elle et que pour elle que vous aviez fait tout ça dans mon monde, gronda-t-elle, folle de colère, mais aussi d'une jalousie certaine.
_ J'ignore quel être faible j'ai pu être avec vous, mais soyez sure d'une chose : cette sang de bourbe est la pire rencontre que je n'ai jamais pu faire dans ma vie. »
Hermione émit une grimace de dégoût.
Il était tout ce qu'elle exécrait.
« Comment osez-vous… Vous qui l'avez tant aimé, murmura-t-elle, peu sure d'elle.
_ L'amour, c'est comme la soupe : les premières cuillères sont trop chaudes, les dernières trop froides. Je n'ai pas besoin de votre jugement, alors je vous le dis pour la dernière fois : partez, avant que je vous y contraigne.
_ Vous ne l'avez pas réellement connu pour affirmer ce genre de grossièreté, continua Hermione sans tenir compte de ses ordres.
_ Je l'ai connu plus qu'il n'en faut, vous pensez savoir tout de ma vie ? Vous n'êtes qu'une ignorante. Et croyez-moi que si vous n'aviez pas cette facilité déconcertante à vous protéger, je vous aurais déjà fait taire.
_ Et comment ? lâcha-t-elle avec condescendance. »
Après ces paroles, le sorcier attrapa la gorge d'Hermione sans aucune délicatesse, et elle afficha soudain un regard horrifié.
Elle tint avec force les doigts agrippés du sorcier, déglutissant avec difficulté.
« Il n'y a pas que la magie qui permet d'anéantir les importuns, Miss Granger, lui glissa-t-il au creux de l'oreille.
_ Vous savez, dans d'autres circonstances, vous auriez aussi remonté mes jambes sur vos épaules, lui balança-t-elle d'une voix étranglée. »
Pourquoi avait-elle dit ça ?
Pourquoi diable lui avait-elle dit ça, se questionna-t-elle en boucle. Avait-elle perdu l'esprit ? Elle allait le faire fuir. C'était toujours comme ça. Déjà qu'à la moindre allusion juste éloigné, Snape se sauvait en courant, alors avec quelque chose d'aussi explicite, il allait l'enterrer vivante.
Snape était intense, mais digne aussi, et ça n'avait jamais été ainsi entre eux. Jamais.
Pourtant, elle le vit lever un sourcil, surpris il était certain par sa phrase.
Elle sentit son intrusion dans sa tête, et décida de céder, de lui montrer des bribes de souvenirs pourtant intenses, mais sans contexte. Ses jouissances, sa façon de gémir son prénom, ses muscles contractés sur elle, sa façon de prendre possession de son corps tout entier.
Elle voulait qu'il soit troublé, et sous le choc, assez pour la lâcher.
« Je vois, souffla-t-il.
_ Nous, vous ne voyez rien, lui glissa-t-elle, la voix toujours aussi gênée par sa poigne. Lâchez-moi.
_ Je croyais que vous vouliez tout le contraire. »
Hermione déglutit, et Snape le sentit. Alors, il relâcha un peu sa prise, juste assez pour la maîtriser, pas assez pour qu'elle s'échappe. Il descendit son regard sur elle sans pour autant la jauger, sans juger son physique comme n'importe quel homme le ferait, juste afin de constater la position de leurs deux corps, comme si une formule de mathématique était en train de se jouer dans sa tête.
« Je n'ai jamais su si je vous plaisais, laissa-t-elle échapper. »
Quitte à dire des choses inappropriées, autant aller jusqu'au bout. Qu'avait-elle à perdre ? Il était déjà mort deux fois sous ses yeux, avait-elle besoin de plus encore pour investiguer ?
« Plaire ? »
Hermione acquiesça de la tête.
« Je trouve cela limitant. »
Qu'est-ce que cela voulait dire ? Elle l'ignorait, et se demanda combien de vies il lui faudrait encore pour percer son mystère. Hermione prit une profonde inspiration, et remarqua que Snape continuait de la jauger, comme s'il pouvait la mettre à jour en un regard. Mais depuis, elle avait appris à conjuguer avec ce genre de choses.
« Vous vous demandez si j'en vaux la peine ? demanda soudain Hermione.
_ Je ne fais pas ça.
_ Et c'est quoi exactement, « ça » ?
_ Me jeter sur quelqu'un pour autre chose que lui demander des comptes ou obéir aux ordres. »
Hermione rit.
Pourquoi riait-elle ? Peut-être parce que c'était tellement… lui.
Snape sentit son éclat sur sa poigne, et il glissa ses doigts contre sa mâchoire, son index tout près de sa bouche.
« Je ne vous fais pas peur ?
_ Je devrais ? demanda Hermione en levant un sourcil moqueur.
_ J'ai une réputation. Et des rumeurs courent.
_ Sont-elles fondées ?
_ Oui.
_ Je vois. »
Elle les avait déjà entendu. Oh, pas ces bruits sur sa nature prétendument penchée du côté des vampires, cette rumeur-ci était ridicule. Non, il y avait tous ses murmures, sur des histoires sombres de tortures psychologiques, tortures physiques, enlèvement, séquestration et un tas d'autres choses sur un esprit dérangé envahissant un esprit sain, rendant l'autre fou uniquement en un regard, son regard, et des sorts…. pire que les impardonnables.
Il ne disait pas ça pour l'effrayer, ni pour la mettre en garde, elle le connaissait bien assez pour cela, même si cette réalité n'était pas la sienne.
Il voulait simplement qu'elle soit informée.
« N'allez pas penser que je suis folle ou une espèce de perverse, qui glissa-t-elle. J'ai du respect pour vous.
_ Oh, ça se voit, ironisa-t-il.
_ Je ne me justifierais pas, gronda-t-elle. »
Snape déglutit, et Hermione réalisa alors le renflement bien présent dans son pantalon.
« Un problème ? demanda-t-il, nullement gêné.
_ Vous… vous, balbutia Hermione en désignant, rouge d'embarras, la partie la plus basse de son anatomie.
_ Vous me montrez des images de moi en train de vous baiser, qu'espérez-vous ? »
On ne baisait pas, eut-elle envie de rétorquer.
Mais elle se retint de justesse.
Que cela faisait-il, de se faire baiser par Severus Snape ?
Hermione rougit plus encore à cette pensée intrusive. Elle se mordit la lèvre inférieure, et soupira, plongeant son regard dans le sien. Snape serra un peu plus son cou, puis se colla à elle.
Il semblait soudain pétri de désir pour elle.
Bon sang, mais cela ne faisait qu'une heure qu'ils s'étaient rencontré, techniquement pour la première fois dans ce monde. Une heure.
Ce Severus Snape semblait atroce, n'ayant eu droit à aucune rédemption, vraisemblablement toujours un mangemort, abominable, férue de torture en tout genre et excitée à l'idée de l'étrangler. Le souffle de la jeune femme se coupa alors qu'elle sentit le bord du bureau du directeur derrière ses fesses. Elle s'y accrocha avec les mains, le défiant presque de ses pupilles fixées dans les siennes.
Elle ne sourcillait pas, il en était hors de question. Et de toute façon, Snape ne ferait jamais ça.
S'ils avaient dérapé, si des sentiments étaient apparus en elle, s'ils avaient entamé une relation plus qu'inconvenante dans son monde et le précédent, ce n'était que par pur… accident. Il ne l'avait jamais vraiment voulu, n'est-ce pas ? Appelons ça, la force des choses.
Seulement, Snape se jeta sur elle, lui dévorant soudain la bouche. Il n'y avait aucune douceur, juste du désir à l'état brut, un espèce d'impatience érotique. Hermione sentait un peu contre sa volonté, son intimité se réchauffer, et sa culotte s'humidifier.
Impossible, se répétait-elle en boucle.
Snape grogna comme un animal lorsqu'elle entrouvrit la bouche et assura son assaut avec une passion qu'elle ne se connaissait presque pas.
L'homme déjà à moitié sur elle gronda plus encore et la poussa contre le bureau. Il l'y posa d'un geste brutal, et renversa tout ce qu'il s'y trouvait pour l'y allonger, sans cérémonie, sans aucune délicatesse, pétrissant ses rondeurs et frottant déjà son membre coincé dans son pantalon entre ses jambes écartées.
Et pourtant, Hermione ne cessait de se le répétait. C'était impossible, impossible ! Ils ne se connaissaient même pas ! Elle l'irritait, et jamais au grand, jamais il n'avait montré un quelconque attrait purement physique pour elle. Snape et elle, ce n'était qu'émotionnel, non ? Un simple respect mutuel, combiné à une série d'incidents fâcheux.
Mais ce qu'il se passait là, ça n'avait en rien l'air d'un accident.
« Retire ton pantalon, grogna-t-il en interrompant brutalement son baiser. Je vais tellement te défoncer que tu ne pourras plus marcher. »
Doux Jesus.
Pourquoi était-elle excitée par ça, pourquoi ? Hermione ne se reconnaissait plus elle-même, ni elle, ni les réactions que son corps lui envoyait, son sexe pulsant dangereusement entre ses jambes.
Elle n'était pas comme ça, non. Elle n'était animée que par l'amour, que par la délicatesse, le soucis de l'autre, la courtoisie, la réserve dirait-elle même. Ce qu'elle aimait, c'était les héros, les hommes qui avaient bon fond, les gentils.
« Un peu d'amour-propre, Hermione ! tenta-t-elle de se raisonner. »
« Je le savais, finit-il par lâcher en se détachant d'elle soudainement, avec cette grimace de fierté mal placée. »
Hermione, toujours allongée sur ce bureau, tremblait de toute part, le regard fixé sur le plafond. Puis, elle cligna des yeux, n'osant le regarder en face.
Avait-il toujours été comme ça ? Etait-ce là sa part d'ombre qu'il laissait en sommeil ? Les mains flageolantes, Hermione ne parvint à se redresser, à se redonner un peu de pudeur.
Elle ignorait pourquoi il s'était éloigné de la sorte. Pensait-il peut-être lui donner une leçon ? C'était raté. Du moins, le résultat n'était sans doute pas celui attendu. Il venait de la faire sentir… sexy. Il venait de la faire sentir irrémédiablement désirable, en tout lieu de cette femme démodée et barbante, aussi intelligente que désuète.
Elle se sentait séduisante et excitante, et le fait qu'il soit attiré à ce point par elle sans la connaître ni d'Adam ni d'Eve la confortait dans le fait qu'elle lui plaisait sous plus de plan qu'elle ne l'avait imaginé. Elle n'avait pas envie de l'interroger, elle n'avait pas envie d'en savoir plus, de creuser, de comprendre, elle avait juste envie de lui.
Hermione entendit un bruit de tissu froissé. Lorsqu'elle se redressa un peu, elle vit qu'il venait de retirer sa cape avec précipitation, et elle aspira l'air, baissant elle-même son jean avec tout autant d'emportement.
Tout ce qu'ils semblaient ressentir était un besoin urgent. Rien d'autre n'avait d'importance, là, tout de suite.
Il était resté un mangemort ? Voldemort avait gagné ? Il était de ce côté de la barrière ? Elle n'en avait bel et bien rien à foutre.
Il restait Snape, quoiqu'il ait pu arrivé. Il avait toujours été ainsi, toutes ses facettes de sa personnalité, elle apprenait à les connaître tout en sachant qu'il restait ce même seul et unique sorcier. Et peut-être avait-elle eu besoin de ce voyage pour connaître celle-ci.
« Viens ici, gronda-t-il. »
Elle sentit alors qu'il agrippait ses hanches en la ramenant au bord de ce bureau, avec tant de précipitation qu'elle en émit un couinement de surprise.
« S'il vous plait, souffla-t-elle en se laissant tomber.
_ S'il vous plait quoi princesse ? Qu'est-ce que tu veux, que je continue de te toucher, tu veux ma main autour de ta gorge, plus vite, plus doucement ? Dis-le. »
Oh il semblait si précipité, si envieux d'elle, il aurait pu obéir à n'importe quoi, elle le voyait dans son regard qu'elle peinait presque à soutenir. Jamais elle ne l'avait senti si passionnée entre ses jambes, jamais aussi animal, et peut-être était-ce parce qu'il refrénait cette sombre partie de lui. Au diable les freins, elle n'avait jamais été aussi impatiente.
Hermione serra le poignet de Snape qui grogna avant de lentement glisser sur elle, passant sur son ventre, puis sa poitrine. Elle retint sa respiration, figée par l'excitation jusqu'à ce que sa poigne vienne entourer sa gorge.
« Respire, lui ordonna-t-il. Continue de me regarder. »
Hermione obéit, aveuglément, sans réfléchir. C'était difficile de soutenir ce regard ci sans renverser sa tête dans le vide, si dur de rester concentrer alors que la musique tonnait, alors que des élèves faisaient la fête en bas.
Hermione aspira l'air avant d'écarter les jambes et qu'il ne s'y glisse, avant de sentir son sexe entrer en contact avec le sien. C'était si évident, si parfait. Mais se fut encore plus dur de le fixer lorsqu'il entra en elle, avec une lenteur torturante.
Hermione laissa échapper un long gémissement, jusqu'à ce qu'il aille jusqu'au bout, pantelant, ses prunelles dilatées de passion plongées dans les siennes.
« Merde, haleta-t-il, la gorge nouée. »
Elle ne put que serrer ses doigts autour de sa gorge, juste pleinement offerte à lui, appuyant son dos contre le bureau, écartant les jambes, n'étant guère plus qu'un pantin entre ses mains. Elle avait un peu honte, mais c'était tout ce qu'elle voulait, tout ce dont elle avait besoin.
Ce Snape ne s'embarrassait d'aucune cérémonie, et c'était tant mieux, car elle avait envie de lui, elle crevait d'envie de cette baise. Alors, Snape commença ses allers et venus, cognant chaque minute un peu plus le fond de son con avec une telle pression que le bureau lui-même grinçait, semblant sur le point de s'effondrer si les gémissements de la jeune femme ne couvrait pas tout ce bruit.
Ce n'étaient là que les seuls sons qui s'échappaient de sa gorge alors qu'elle se retrouvait incapable de parler.
« Regarde-toi, appuya-t-il en articulant chaque syllabe avec un coup de rein, trop timide pour oser me dire ce que tu veux. Tu es si belle. »
Hermione laissa un hurlement de plaisir s'échapper alors qu'il se figea en elle, plaquant rudement ses mains autour de son visage.
« Les mots, Miss. Utilise les, par Merlin. J'ai oublié ton prénom tellement tu es… finit-il par prononcer.
_ Her-Hermione, articula-t-elle en déglutissant de sentir encore sa bite en elle.
_ Hermione, qu'est-ce que tu veux, dis-le, seigneur tu la veut ?
_ Oui, gémit-elle.
_ Bien, souffla-t-il en un sourire heureux, Fais-moi une faveur, tu peux m'en faire une n'est-ce pas.
_ Tout ce que vous voulez.
_ Je veux que chaque gémissement, murmura-t-il, chaque cri, chaque son qui franchit la barrière de cette merveilleuse petite bouche pour aller titiller mes oreilles soient pour moi. Tu me laisserais tout te faire, n'est-ce pas ? »
Pourquoi diable lui faisait-elle confiance ? Il était un mangemort, un dangereux sorcier, si sombre.
« Oui, souffla-t-elle.
_ Tu ne veux être qu'une poupée à baiser ? »
Snape se pencha alors vers son oreille en la faisait frissonner.
« Mon jouet ? »
Hermione ferma les paupières de délice.
Depuis quand lui parlait-il ainsi ? Peu importe. Peu importe, elle tuerait pour qu'il continue. Elle sentit alors toute sa mouille couler entre ses jambes, autour de son membre encore si dur et sa poigne qui serrait sa gorge, encore.
« Aw, regardez-là, agrippant sa petite main autour de mes doigts. Quelle merveilleuse salope tu es. »
Pouvait-elle jouir avec juste le pouvoir d'une voix ? Car elle en était bel et bien au bord, et s'il ne bougeait pas en elle, elle finirait par l'en supplier pour de bon. Elle en serait capable, elle le sentait, elle pourrait se mettre à genoux pour ça.
Snape se redressa, quittant sa poigne pour mieux se tenir au dessus d'elle, son regard de braise sur le point de la consommer toute entière alors qu'elle reprenait une large inspiration.
« Dis moi, à quel point tu es besoin de ma bite en toi, Hermione, répéta-t-il.
_ Oh mon… aspira-t-elle tandis qu'il se mit à la baiser sans discontinuer.
_ Ne jure pas, ce serait si… grossier venant d'une bouche aussi magnifique que la tienne. »
Hermione pressa sa paume contre sa bouche avant qu'un son étouffé n'en sorte. Elle se cambra, tentant de contenir ses assauts en glissant ensuite ses mains en arrières, retenant ainsi sa tête de se balancer dans le vide tant il la poussait encore et encore, finissant par monter lui aussi sur le bureau.
Elle le voulait, follement, rudement, elle voulait qu'il la force à faire n'importe quoi jusqu'à jouir encore et encore, elle voulait qu'il joue avec elle, quand il le souhaitait, où, à n'importe quel instant qu'il soit. Elle aimait autant lorsqu'il lui faisait l'amour que cette baise sauvage. Alors qu'elle le serve, qu'il aille au bout d'elle, qu'il l'use jusqu'à ce qu'il n'en reste rien.
« Merlin, j'aime tellement ça, souffla-t-elle, comme pour expulser d'elle tout ce qu'il lui faisait faire.
_ Oui, murmura-t-il en souriant, agrippant ses fesses pour mieux s'enfoncer en elle, s'élançant, se collant à sa corps tout entier avec ce sentiment qu'elle lui appartenait. »
Hermione sentit sa poitrine se secouer de spasmes tandis que des larmes perlèrent sur ses joues, que ses dents mordirent sa lèvre à sang. Alors elle s'excusa, pour dieu sait quelle raison.
Elle s'excusa d'aimer ça à ce point, si désespérée par tout ce désir qu'elle en pleura, si excitée que les gémissements ne suffisaient plus. Il se retira d'elle brutalement afin de la retourner, et elle couina en se retrouvant ventre contre bois, sa nudité lui apparaissant encore plus clairement, rougissante de s'offrir avec tant de facilité, honteuse d'en réclamer plus encore.
« Lâche-toi, montre moi.
_ Severus, gémit-elle en sentant qu'il la prenait de nouveau, sans préparation, que son bassin claquait avec rudesse dans le bureau et que ce bruit si fort commençait à raisonner dans toute la pièce. »
Elle sentit son bras entourer sa taille, et sa main migrer vers ses lèvres, d'où il glissa son index jusqu'à atteindre son clitoris.
« C'est ce que tu voulais depuis le départ.
_ Oui, affirma-t-elle en un souffle. »
Elle avait pourtant envie de lui dire tellement plus, mais elle enfouit son visage dans ses bras, fermant les yeux autant que les poings. Elle n'arrivait plus à réfléchir.
« C'est tout ce que tu voulais quand tu es venue, tout ce que tu recherchais, tout ce pour quoi tu es là, je le sais.
_ Oui, continua-t-elle, incapable de penser.
_ Si tu veux plus, alors je te donnerais plus mais, supplie-moi. »
De nouveau, Snape la retourna, et balança ses deux jambes autour de ses hanches, le regard fou. Puis, il la prit de nouveau, changeant l'angle, cognant juste là où il le fallait, les yeux plongés dans les siens.
« Severus, murmura-t-elle en souriant pleinement, les yeux fermés.
_ Supplie-moi de te mordre pendant que je grogne, marmonna-t-il en plantant ses dents dans son cou alors qu'elle serrait ses cheveux pour qu'il ne la quitte pas. »
Il garda ainsi son visage sur elle, portant ses lèvres tout près de son oreille, s'enfonçant plus que de raison dans sa chatte alors qu'elle était pleine de sueurs, si chaude qu'elle en fondait sur place et qu'elle avait soif, si soif. Il humait ainsi son parfum, perdue quelque part au creux de sa nuque.
Elle était si douce, si sucrée, si à lui, étrangement.
« Supplie moi pendant que je m'enracine en toi comme un putain d'animal en chaleur, supplie-moi de ne pas m'arrêter, de te rassasier, de te faire jouir encore et encore et encore, appuya-t-il en s'enfonçant plus profondément à mesure que ses mots défilaient dans sa bouche, sa voix si sombre s'enrayant tandis que ses doigts s'enfonçaient dans sa chair.
_ Je ne peux plus, gémit-elle à bout de souffle tandis qu'une vague de plaisir envahit son être tout entier. Continue, encore, s'il te plait, je t'en prie, n'arrête pas, encore, Severus. »
Il était pétrie par l'envie qu'elle jouisse enfin et à répétition, jusqu'à ce qu'elle en devienne incapable de penser, entendre de nouveau son prénom de sa voix.
Il ne la connaissait même pas.
Dieu, il ne la connaissait même pas ! pensa-t-il avec effroi. Mais jamais il n'avait voulu une femme à ce point, jamais il n'avait fait une chose pareille, jamais il n'aurait pu ! Qui en avait la chance ?
C'était si soudain ! Cela ne la rendait que meilleure quelque part.
Et il le sentait, il savait qu'elle le voulait, lui, et personne d'autre. Ou alors, cette jeune femme était passée maîtresse dans l'art du mensonge.
Un doux, et merveilleux mensonge dans ce cas. Et plus rien d'autre ne comptait que cela. Elle et lui, cet amas de chairs conduit par une seule envie commune, ce besoin irrépressible de l'autre, si animal qu'ils n'avaient même pas pris la peine de se parler plus d'une heure avant de se sauter dessus.
Faire connaissance, parler était devenu désuet, cela lui semblait tant futile à cet instant. Elle n'en avait pas besoin et lui non plus. C'était plus fort que lui, il la sentait. Il n'y avait en cet instant aucune autre urgence au monde que de baiser. Il aurait pu se passer une catastrophe qu'ils n'auraient pas arrêté. Quiconque serait rentré qu'il ne se serait pas stoppé, pour rien au monde !
« Je te baiserais plus fort que quiconque n'a jamais osé, si c'est ce que tu cherche.
_ S'il te plait, n'arrête pas je veux jouir, se mit-elle enfin à supplier. »
C'était tout ce qu'il voulait, tout ce qu'il cherchait, tout ce qui l'excitait au plus haut point. Tenir entre les mains cette chose si précieuse qu'une femme le suppliait de la lui offrir, et lui, s'attelant à le faire comme un homme de peine.
« Vas-y, continue, montre-moi, encore, gémit-il.
_ C'est trop, je ne peux pas, je ne peux plus, arrête, s'il te plait, supplia-t-elle avec contradiction.
_ Si tu pleure pour que j'arrête, alors cela ne me fera qu'y aller plus fort encore, grogna-t-il.
_ Non, non Severus ! S'il te plait ! »
Hermione s'accrocha soudain à lui, se frottant, juste assez, mais avec tant de force, y mettant plus d'intensité encore, comme si elle en avait cruellement besoin, comme s'il était une question de vie ou de mort pour elle en cet instant et elle implosa, son clitoris rudement plaqué contre le pubis de son amant de fortune, et si serrée autour de lui qu'il craqua à son tour en un cri de puissance. Elle se trouva inondée de tout, de ce mélange d'elle, de lui, comme une sorte d'accomplissement, de félicité ultime qui lui fit voir les étoiles, rester dans un monde onirique un instant. Plus rien n'existait, ni la mort, ni la vie, ni le temps, il n'y avait que lui, qu'elle le faisant jouir à son tour et leurs plaisirs qui comptaient.
Pas le reste, plus le reste, juste eux. Et c'était assez. Hermione reprenait ainsi son souffle, se rendant compte qu'elle serrait Severus contre elle comme s'il était une sorte de bouée de sauvetage. Mais il n'eut pas l'air de s'en plaindre.
Lui aussi, se remettait de ses émotions les yeux clos, la respiration encore rapide et son oreille collée contre cette poitrine moite de sueur, d'or on pouvait entendre ce boum régulier et presque rapide.
« Qui êtes-vous par Merlin, murmura-t-il, les paupières closes, la serrant plus fort encore contre lui. »
