Bonjour à toustes !

Comme chaque fois, je vous remercie pour toutes vos reviews ! Chapitre après chapitre, cela me fait vraiment chaud au cœur.

Aujourd'hui, on retrouve Harry et Drago (mais pas que) pour la fin de l'année scolaire ! Ils en ont vécu des choses pendant ces 9 mois, n'est-ce pas ? Que vont-ils donc faire de leurs vacances ? Début de réponse aujourd'hui.

Bonne lecture !


Chapitre 27 — Des vacances bien méritées

Samedi 6 juin 2020

Harry se réveille lentement et sort du sommeil profond par étapes. Il a si bien dormi qu'il est très reposé. Il vérifie l'heure, étonné de ne pas entendre les oiseaux chanter, puis il se souvient qu'il est dans le lit de Drago, dans les cachots. Ce dernier dort encore et Harry l'observe un long moment. Son visage, qui dépasse des couvertures, est tourné vers lui. Il y a une trace d'oreiller sur sa joue, il a dû se retourner peu de temps avant. Harry a envie de caresser ce petit pli sur sa peau, pourtant il se retient, il ne veut pas écourter son sommeil. Ses longs cheveux blonds sont emmêlés et s'étalent partout autour de sa tête, une mèche tombe sur son nez. Celle-ci se soulève légèrement à chaque expiration.

Harry regarde avec tendresse ce visage anguleux, au front haut et aux pommettes un peu saillantes, ce visage qu'il détestait tant à une époque.

Sans aucun bruit, il se lève et enfile un short et un t-shirt, une paire de chaussettes, puis lace ses baskets moldues. Il quitte l'appartement discrètement et accélère une fois qu'il ne risque plus de réveiller son amoureux.

Il est assez tard et il y a déjà pas mal de monde dans les couloirs. Harry salue ses élèves et se dépêche d'aller au-dehors. Il fait frais pour début juin et le soleil est voilé par de fins nuages. Le directeur de Gryffondor s'en moque, dès qu'il commence à courir, il n'a plus froid. Il apprécie de pouvoir renouer avec cette saine habitude sans craindre de se faire assassiner. Depuis l'attaque de Pré-au-Lard, Harry n'a plus de doute sur le fait qu'il ne lui arrivera rien et il est allé courir tous les jours depuis sa sortie de Sainte Mangouste. Ce n'est pas de l'inconscience, c'est une intuition qu'il a. Non seulement il y a eu plusieurs captures, mais en plus cette tentative a été un véritable fiasco puisqu'il est toujours en vie. Depuis, plus la moindre menace, plus de parchemins revendiquant quoi que ce soit. Et Harry n'a plus repris de Sommeil sans rêves depuis un moment, ses draps ont cessé de l'étrangler lors de ses cauchemars. Le sortilège conjuré dans ses appartements a cessé de faire effet. Ce qui est logique, il a sûrement été lancé par des étudiant·es dont la puissance n'est pas encore à son maximum.

Après quarante-cinq minutes de petites foulées, il retourne vers le château. Il fait une pause quelques instants dans la Grande Salle pour piquer une pomme qu'il grignote sur le chemin des cachots. Il croise son fils cadet en descendant les marches qui mènent au couloir principal qui fait le tour complet des sous-sols.

— Bonjour Albus, bien dormi ?

— Oui, ça va. Qu'est-ce que tu fais par ici ?

— Je suis chez Drago pour le week-end, répond Harry à voix basse, ne voulant pas ameuter toutes les commères de l'école.

Albus sourit et lui souhaite une bonne journée avant de continuer sa route. Harry le regarde s'en aller, heureux de l'avoir croisé. Venir enseigner à Poudlard est la meilleure décision qu'il a prise depuis longtemps. Lui qui a toujours du mal à se décider pour ce genre de choses. Non seulement il adore donner cours aux étudiant·es, mais en plus il a retrouvé l'amour. Mieux encore, il voit ses enfants tous les jours. Et cela n'a pas de prix.

Harry dépose son trognon de pomme dans les cuisines en passant devant et poursuit jusqu'aux appartements de Drago. Il déverrouille la porte d'un informulé et referme de la même façon derrière lui. Un bruit d'eau qui coule attire immédiatement son attention et c'est avec un sourire coquin qu'il rejoint la salle de bain. Sans surprise, il y trouve Drago qui se lave. Il le parcourt du regard, s'attarde sur son dos et sa cicatrice, ses fesses, ses longues jambes. Les mains de Drago démêlent ses mèches blondes, légèrement plus foncées quand elles sont mouillées, les rendant presque dorées.

Harry se déshabille et se glisse sous la douche sans prendre la peine de rester silencieux. Il n'a pas envie de lui faire peur ou de le surprendre.

Drago entend les pas de Harry sur le carrelage de la salle de bain. Il aurait dû se douter qu'il n'attendrait pas son tour pour se laver. Drago sent Harry se couler contre lui, dans son dos. Sa peau est chaude, presque autant que l'eau brûlante qui tombe en pluie sur lui. Drago aime prendre ses douches très chaudes, pour avoir un peu l'impression que c'est le soleil qui le réchauffe de ses rayons. Soleil qu'il ne voit que peu puisqu'il vit et donne cours dans les cachots.

Les mains de Harry frôlent ses côtes puis ses bras pour les remonter jusqu'à sa nuque. Ses doigts papillonnent sur ses épaules avant d'y mettre plus de force pour masser délicatement ses trapèzes. Drago ramène ses mèches sur le côté pour dégager ses épaules. Les caresses de Harry sont agréables et le Serpentard ferme les yeux pour mieux en profiter. Le bruit de l'eau qui cascade est apaisant, tout est parfait.

Quand les mains de Harry quittent sa nuque, des lèvres s'y posent doucement et un frisson dévale le long de son dos. Sa courte barbe pique un peu, mais Drago aime bien ça. Les doigts à la peau mate courent avec légèreté à l'intérieur de son bras, là où sa peau est plus fine, passent le creux du coude puis s'attardent sur ses avant-bras. Les poils se dressent au passage, la sensation est à la limite des chatouilles et Drago soupire de plaisir. Les doigts se remettent en mouvement sur son bras gauche et Drago devine sans le voir que Harry retrace vaguement la Marque. Puis ses paumes enrobent le dessus de ses poignets avec douceur, quelques instants, avant de glisser plus bas encore et venir entrelacer leurs doigts.

Drago referme un peu ses mains sur celles de Harry, comme pour les fusionner, pour qu'elles ne fassent qu'une. Puis il relâche ses muscles pour le libérer. Les doigts de Harry repartent à l'assaut, câlinent longtemps le dos de ses mains, puis ses paumes, avant de se couler autour de lui pour l'enlacer. La douceur des caresses provoque une sorte d'impatience, c'est à la fois agréable et frustrant d'être touché de façon aussi légère. Si le but est de l'exciter, c'est plutôt réussi : Drago durcit de seconde en seconde. Les lèvres de Harry n'ont pas quitté sa nuque et l'embrassent, sa langue pointe régulièrement pour le lécher, peut-être pour faire disparaître des gouttes d'eau qui roulent sur sa peau.

La main droite de Harry descend avec lenteur sur le ventre plat de Drago. Plat, mais pas le moins du monde musclé, Harry aime bien ce ventre un peu mou. Elle passe et repasse sur sa peau, en petits cercles, légère comme une plume. Pendant que la gauche est remontée au niveau de ses pectoraux et que les ongles accrochent tout doucement ses tétons pour les titiller. Drago lâche un nouveau soupir tandis que le désir grimpe peu à peu dans son corps. Il sent aussi celui de Harry contre ses fesses. Pourtant son amoureux est bien sage pour le moment et se contente de l'émoustiller sans bouger contre lui.

La tension devient presque insupportable et Drago est à deux doigts de supplier Harry quand il décide finalement de franchir les derniers centimètres qui séparent sa main droite et son sexe.

— Ah… Par Merlin, enfin ! gémit Drago alors que les doigts de Harry s'enroulent autour de lui.

Les premières secondes sont encore plus frustrantes que tout ce qui s'est passé jusque-là, Harry bouge si lentement… Drago jurerait sentir son sourire dans sa nuque juste au moment où il lâche un grognement. Puis ce dernier accélère.

Drago attrape la main gauche de Harry, toujours installée sur sa poitrine, et la recouvre pour entrecroiser leurs doigts. Il s'y accroche. Drago n'adore rien de plus que d'avoir le plus possible Harry contre lui, surtout quand ils font l'amour. Il n'a rien contre certaines positions, mais plus Harry est proche de lui, meilleur c'est.

Harry est d'ailleurs de moins en moins sage derrière lui et se frotte sans aucune pudeur contre ses fesses, il glisse contre lui, dur. L'excitation monte d'un cran et Drago a soudainement envie de plus. Un instant plus tôt, il se serait contenté de jouir avec les mains de Harry, mais il a changé d'avis. Il s'appuie contre le mur devant lui, s'incline en avant et écarte les jambes. Juste assez pour que Harry n'ait pas trop de difficulté, puisque Drago est plus grand que lui.

Harry comprend immédiatement ce que Drago demande. Il commence par glisser avec douceur un doigt en lui. Un soupir accueille cette intrusion et Harry sourit, il adore le rendre fou et il va s'y appliquer. Il se penche pour embrasser le dos de Drago et bouge son doigt, le caresse à l'intérieur et écoute ses réactions. La façon dont il respire, les halètements qu'il laisse échapper, les gémissements étouffés juste derrière… Il le regarde aussi. Les frissons qui le parcourent, la chair de poule qui le recouvre, les frémissements de ses muscles. L'abandon qui le gagne quand sa tête tombe vers l'avant. Harry sait sans avoir besoin de vérifier qu'il doit avoir les yeux fermés, le front légèrement plissé sous les assauts de plaisir et la bouche un peu ouverte. Harry le trouve si beau lorsqu'il est comme ça.

Quand il estime qu'il l'a assez fait attendre, Harry se redresse, pose la main droite sur la hanche de Drago et pousse en douceur pour le pénétrer. Lentement, très lentement : un peu de frustration supplémentaire ne peut pas faire de mal. Sa main gauche caresse maintenant le bas du dos et joue avec les petites fossettes juste au-dessus des fesses. Drago frissonne et laisse échapper un rire.

— Arrête, ça chatouille !

— Pardon. Est-ce que ça va ? s'enquiert Harry en déplaçant ses doigts plus haut sur le dos.

— Ça va. Commence tranquillement, d'accord ?

— Promis.

Alors Harry bouge tout doucement. Pendant ce qui lui semble un temps infini, il se retient de ne pas accélérer. Enserré, au chaud, il n'a qu'une envie : laisser libre cours à ses désirs, mais il respecte les limites de Drago. Le plaisir monte vite malgré tout et quand Drago change sa façon de se mouvoir pour accompagner ses va-et-vient, Harry sait qu'il peut se laisser aller.

L'eau brûlante cascade toujours du pommeau de douche et dévale le dos de Drago. Elle les éclabousse, mais ni l'un ni l'autre ne s'en préoccupe.

Drago se sent bien, à sa place, tandis que son amoureux le pénètre. Les vagues d'excitation s'élèvent peu à peu. Il est partagé entre le fait que ça continue sans fin et que ça grimpe au plus haut au plus vite. Il laisse la chaleur grandir en lui, le plaisir le dévorer de plus en plus. Il n'y a rien d'autre qui compte en ce moment que ce qu'il ressent : les doigts de Harry qui serrent ses hanches, sa bouche qui se pose par intermittence sur son dos et surtout sa queue qui le remplit délicieusement. Jusqu'à ce que ce soit insupportable d'attendre plus longtemps.

Harry devine que la fin est proche quand Drago détache l'une de ses mains du mur puis se prend en main pour se caresser. Les gémissements de son amoureux augmentent ensuite très vite en intensité. Il adore entendre sa voix, il le lui dit souvent, alors Drago ne retient jamais ses cris. Cette fois ne fait pas exception et Harry entend et ressent le moment de rupture. Ce moment où le plaisir dévaste tout, où le monde pourrait s'écrouler littéralement sur eux qu'ils ne s'en rendraient même pas compte. Harry se retrouve enserré et les contractions des muscles de Drago le font gémir sourdement. Il accompagne sa jouissance en quelques mouvements lents puis se retire avec délicatesse pour le laisser reprendre ses esprits. Le souffle court de Drago est une musique douce à ses oreilles. Il se couche un peu sur lui, pose sa joue contre son dos, écoute et sent sa respiration toujours chaotique. Sa main gauche glisse jusqu'à sa nuque qu'il enserre légèrement, comme une caresse, puis il se masturbe rapidement. L'orgasme explose bientôt en lui et il se laisse emporter avec délice par cet assaut de plaisir.

Quand Drago se redresse, Harry n'a pas encore retrouvé son souffle, il l'entend. Il prend garde à ne pas déraper sur le carrelage et se retourne avant de le prendre dans ses bras. Avec le corps chaud de Harry contre lui et la douche qui déverse toujours son eau brûlante sur sa peau, Drago se sent bien. Il est détendu, apaisé, heureux.

Drago est particulièrement content d'avoir Harry avec lui ce week-end. Il aspirait à de la tranquillité et du repos pour la dernière ligne droite de l'année, mais sa présence lui fait du bien. Il a l'impression qu'il l'aide à recharger un peu son énergie pour tenir jusqu'au bout. C'est tout à fait ce qu'il lui fallait.

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Samedi 27 juin 2020

Les températures sont plutôt fraîches pour la saison, des nuages gris rendent la luminosité faiblarde et triste. Mais rien ne peut entamer le moral de Poudlard, il pourrait bien y avoir une tempête à faire arracher le Saule Cogneur que personne n'en serait perturbé. Aujourd'hui, les vacances d'été commencent. Synonymes de fin des cours, fin des devoirs, fin des examens et fin des exigences professorales pour les élèves. Les enseignant·es ne sont pas moins enthousiastes à l'idée de quitter enfin le château pour deux mois, ou presque.

Pendant cette longue période, Poudlard ne sera habité que par des concierges remplaçant·es et par Hagrid, qui vit là à l'année. Et Neville, en tant que nouveau directeur officiel depuis la veille, y passera plusieurs fois pour préparer la rentrée.

La cour est envahie par les étudiant·es, chargé·es des cages de leurs animaux familiers. Les groupes se forment et se défont tandis que tout le monde circule vers Pré-au-Lard et le Poudlard Express. Les malles et les valises sont bouclées et attendent aux pieds des lits : les elfes de maison sont désignés pour les déplacer par magie jusqu'au train. Une formalité pour elleux.

Joyeusement, le clan Potter-Weasley rejoint les quais en un grand rassemblement bruyant et particulièrement repérable. La dominance rousse de leurs tignasses ne passe pas inaperçue et le brun des garçons Potter est noyé dans la masse. Scorpius et ses cheveux blonds sont plus visibles, eux. Cette année est heureuse pour cette petite troupe : pas de départ. Mais l'an prochain sera le dernier de Dominique et Molly.

Albus, Scorpius et Rose s'installent dans un compartiment de tête, avec James et Emily. Albus regarde par la fenêtre jusqu'au moment où le train démarre, il est un peu mélancolique. Parce que certaines choses ont changé cette année pour lui, il a la sensation d'avoir vieilli d'un coup. Au début de l'année, il se sentait encore petit parmi tous les grand·es de sa famille. Plus maintenant, alors qu'il n'a que quatorze ans.

Rose et Scorpius commencent une partie d'échecs à peine le train ébranlé. Albus les observe distraitement puis finit par se prendre au jeu. Il étudie l'échiquier en essayant de deviner quels seront les prochains coups et qui va gagner. Sans surprise c'est Scorpius qui l'emporte, comme souvent face à Rose. Elle est très intelligente, Rose, et son père lui a appris à jouer aux échecs très tôt, mais Scorpius est redoutable également. Après deux autres parties, durant lesquelles Scorpius cède la victoire une fois, iels décident de changer de jeu pour inclure Albus.

James propose une bataille explosive et les cris joyeux des enfants résonnent dans le compartiment pendant une bonne heure. L'excitation colore leurs joues, leurs rires leur crispent le ventre et les font pleurer.

Après le passage du chariot de gourmandises, le petit groupe s'empiffre des friandises qu'il a achetées. Cela laisse du temps à Scorpius pour réfléchir, la bouche pleine de chocogrenouilles. Les vacances d'été ont souvent un goût doux-amer pour lui.

D'une part, il sait qu'il va passer de longues semaines chez son papy Elliott et sa mamy Agatha, et il a hâte de retourner aux États-Unis. Il est toujours très heureux de les voir, iels le gâtent beaucoup et il peut faire plein d'activités sympas. Il va aussi être beaucoup avec son père et il apprécie d'être avec lui : il l'emmène voler, manger des glaces et visiter des châteaux moldus. Scorpius a développé une fascination pour ces endroits depuis qu'il les a découverts pour la première fois dans un livre quand il avait cinq ans. Il ira sûrement quelque temps chez sa grand-mère Narcissa, mais il n'a pas très envie, étant donné la façon dont ça s'est passé la dernière fois qu'ils y étaient. Il ne veut pas entendre des réflexions désagréables sur les choix de son père. D'autant plus qu'il se sentira mal pour Albus si sa grand-mère a des mots désobligeants.

Mais d'autre part, il est loin de ses ami·es tout l'été. Étant enfant unique, il n'y a pas d'autres enfants pour jouer avec lui quand il n'est pas à Poudlard. Occasionnellement, il voit Albus, à l'occasion d'une sortie sur le Chemin de Traverse, mais c'est rare. Leurs pères n'ont jamais envisagé de les autoriser à dormir chez l'autre par exemple, mais ils toléraient qu'ils se retrouvent pour la journée, dans des lieux publics, en les surveillant du coin de l'œil.

Maintenant que leurs pères sont devenus proches, Scorpius espère qu'ils leur laisseront plus de libertés pour ces choses là. Mais le jeune garçon ne sait pas si Albus voudra encore faire ça. Il n'a pas osé aborder le sujet cette année. Il a bien vu que son ami était un peu plus distant qu'habituellement, depuis cette lettre aux dernières vacances et leur discussion. Pourtant, les choses n'ont pas changé pour Scorpius, il aime toujours autant son meilleur ami et rien ne viendra modifier cela. Il ne veut pas le brusquer, il sait qu'il est en partie responsable de son malaise, à cause du bisou qu'il lui a fait. Alors qu'il n'aurait pas dû.

Ainsi, Scorpius va passer l'essentiel de son temps avec des grandes personnes et même s'il les adore, il sait qu'il va s'ennuyer d'Albus, de Rose et des autres membres de ce petit clan Potter-Weasley. Mais son père lui a parlé de surprises, il se demande ce que cela va être. Ce voyage en train est la première d'entre elles : Scorpius ne prend jamais le Poudlard Express puisque leur appartement est à Pré-au-Lard. Il ne lui a pas dit pourquoi. Mais Scorpius espère que cette fois il verra Albus pendant les vacances.

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Plus loin dans un autre compartiment, l'ambiance est beaucoup moins enjouée. John et Jessica se sont isolé·es des camarades de leur année, avec qui iels passent régulièrement du temps. Il est vrai que le petit groupe, qui comprend d'habitude Mike, est assez peu sociable avec sa promotion. La plupart du temps, iels ne sont que toustes les trois. Cette amitié a démarré dès la première année, parce qu'iels se sont retrouvés dans le même groupe pour les cours. Par un heureux hasard, iels n'ont jamais été séparé·es pendant les cinq premières années et cela a solidifié leurs liens, d'autant plus qu'iels ne sont pas dans les mêmes maisons. Ensuite, avec les options pour les ASPIC, les choses ont un peu changé, mais leur relation était déjà très forte et rien ne les a éloigné·es. Jusqu'à cette année.

John regrette depuis cette première réunion clandestine avec les adultes des Partisans Noirs. Il s'est retrouvé embarqué dans une histoire qui ne lui plaît pas, mais pour laquelle il ne peut rien dire, la faute au parchemin qu'il a signé. Il se sent bête de l'avoir fait. Il se sent bête d'avoir eu peur de perdre ses deux seul·es ami·es s'il refusait de prendre part à tout ça. Son unique soulagement, c'est de les avoir dénoncé·es pour l'effraction des appartements du professeur Potter et d'avoir essayé de parler du reste. Et puis, au final, iels sont séparés maintenant et rien ne pourra recoller les morceaux avec Mike. Mike, qu'il pensait être son ami, qui a menti aux Aurors pour l'attaque de Pré-au-Lard. John a refusé de s'y rendre et Mike le lui a reproché. John se demande aussi s'il n'a pas deviné qu'il est celui qui a dénoncé l'effraction. Il n'a rien dit à Jessica jusqu'à présent, mais il n'est pas trop tard. Une fois le train à Londres, John sait qu'il n'aura plus aucune chance de lui faire entendre raison. C'est maintenant ou jamais. Il n'a plus rien à perdre de toute façon.

— Jess, tu as eu des nouvelles de Mike ?

— Ses parents m'ont répondu hier. Il est toujours en taule au Ministère, réplique amèrement Jessica.

La jeune fille fait la tête depuis l'arrestation de celui dont elle est amoureuse. Ce n'est pas réciproque, John le sait, mais malgré l'évidence, elle s'entête à essayer de lui plaire.

— Est-ce que tu as été convoqué au Bureau des Aurors toi aussi ?

— Pourquoi est-ce que je l'aurais été ? s'étonne Jessica.

— Tu étais à Pré-au-Lard, non ? Le jour de l'attaque.

— Bah oui, comme tout le monde. Pourquoi tu me demandes ça ?

John réfléchit un peu, il est temps que son amie arrête de se bercer d'illusions.

— Je n'y étais pas moi. Nous savions ce qui allait se passer et j'ai pas voulu participer. Mike le savait. Pourtant, il a dit aux Aurors que j'étais du côté des attaquants. Ils m'ont interrogé pendant des heures, deux fois, c'était horrible !

— Ils t'ont donné du veritaserum ?

— Non… Mais je crois que j'aurai préféré… J'aurais enfin pu dire tout ce qu'on cache depuis des mois !

Jessica a une expression horrifiée, les mains plaquées sur la bouche.

— C'est mal ce qu'on a fait, Jess ! Et tu le sais aussi bien que moi.

— Mike ne serait pas d'accord avec toi, réfute-t-elle.

— Et il a tort ! C'est sa haine pour le professeur Potter qui l'aveugle, c'est pas bien. Pas bien du tout.

— Ce n'est pas si grave…

Mais le ton de Jessica n'est plus aussi assuré qu'au début de la conversation.

— C'est grave. Imagine s'il avait été blessé sérieusement ‽ Ou s'il était mort ! Tu voulais vraiment risquer de te faire attraper et de finir ta vie à Azkaban ?

— Mais on s'est pas fait attraper !

— L'enquête n'est visiblement pas terminée. Ils m'ont posé des questions sur ce que tu sais la deuxième fois.

— Tu n'as rien dit j'espère ‽ s'effraie Jessica.

— Le parchemin m'en empêche de toute façon… Mais il faut que tu arrêtes de suivre Mike comme s'il était le centre du monde, Jessica. Ce n'est pas quelqu'un de bien et il ne t'aime pas, lui.

— John… Il compte sur moi !

La voix de Jessica tremble un peu. John devine qu'elle doute.

— Non, il se fiche de toi. Quand a-t-il montré un peu de reconnaissance envers toi ? Il sait que tu es amoureuse de lui depuis des années et il s'en moque, il en profite ! Je suis désolé, Jess, il faut que tu tournes la page. On aura les résultats des ASPIC bientôt et tu pourras aller faire ta vie. Et lui finira sûrement en prison.

Jessica le regarde avec des yeux pleins de larmes contenues. Il est navré de lui faire de la peine, mais il n'a pas envie que son amie attende Mike pendant des années, et rate sa vie, pour ne rien avoir au final. Leur trio était une belle amitié, pendant longtemps. Les choses ont mal tourné l'été passé, quand Mike a fait la rencontre de cette organisation un peu marginale en allant sur l'internet moldu.

C'est John qui lui a expliqué comment marchent les ordinateurs et à quoi ça peut servir. Mike est issu d'une famille Sang-Pur, l'une des Vingt-Huit Sacrées, il ne connaissait rien à tout ça. Le jeune Serpentard regrette tellement de l'avoir ouvert à cette technologie, il n'en serait pas là aujourd'hui : lié à ce groupe dérangé et revanchard à cause d'un parchemin magique. Il leur a parlé des Partisans Noirs avec tant d'enthousiasme que John et Jessica ont suivi, iels ne pensaient pas à mal.

Après la rentrée scolaire et l'arrivée du professeur Potter, l'attitude de Mike a totalement changé et John n'a plus reconnu son ami. Jessica, aveuglée par ses sentiments, n'a jamais voulu écouter John. Pourtant, les faits sont là : Mike les a poussé·es à participer à blesser leur professeur, par rancœur, pour se venger. Et John craint pour son futur maintenant qu'il est embourbé là-dedans.

Le voyage en train se termine en silence, John espère que son amie va prendre conscience de la réalité. Avec un peu de chance, leurs études supérieures vont leur permettre de rester proches et John pourra finir par la convaincre. Vraiment, il espère beaucoup pour l'avenir.

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Samedi 4 juillet 2020

Drago, Théodore, Blaise et Pansy sirotent un apéritif en attendant que le déjeuner soit prêt. Un vin léger aux arômes de violette. Nya s'amuse un peu plus loin avec un mini jeu de Quidditch qu'elle vient de recevoir en cadeau. La petite fille a fêté son anniversaire la veille et ses parents ont invité Drago et Théodore pour marquer le coup. C'est aussi l'occasion de célébrer réellement celui du professeur de potions et de lui offrir un présent. Il a grimacé devant les paquets, comme tous les ans, mais il est heureux que l'on pense à lui. Cette année plus que les autres. Blaise et Pansy ont opté pour une montre à gousset – qu'il collectionne – et Théodore pour un lot de perles magiques en or, pour ses cheveux. Drago est ravi, il aime bien essayer de nouveaux accessoires pour se coiffer et il manquait d'idées ces derniers temps.

— Tu es venu seul à ce que je vois, Drago, taquine Pansy.

— Je ne suis plus avec lui, élude Drago, mal à l'aise.

Pansy fait semblant d'être peinée, mais Drago voit bien que c'est faux. Il s'en moque de toute manière. Son amie s'apprête à le cuisiner, il le devine, mais l'apparition de l'elfe de maison – POP ! – le sauve de sa curiosité.

— Monsieur Harry Potter attend dans le vestibule.

— Que fait Potter ici ? s'étonne Blaise.

— Il affirme qu'il a été invité, insiste l'elfe.

— C'est moi qui l'ai invité. Vous me questionnez depuis des mois à propos de Potter, si on a arrêté de se bagarrer comme des ados et s'il va rester professeur. J'en ai assez d'y répondre alors je me suis dit que vous pourriez assouvir votre curiosité directement à la source, déclare Drago.

Pansy éclate d'un rire aigu qui vrille les tympans de tout le monde.

— Fais-le entrer, Toby, demande-t-elle à son elfe de maison.

Harry les rejoint quelques instants plus tard, habillé d'un pantalon léger en lin et d'un t-shirt moldu à motifs totalement obscurs pour les quatre Serpentard.

— Merci de m'avoir invité, annonce Harry en tendant une bouteille de Whisky pur-feu et une plante grasse à ses hôtes.

— Tu peux remercier Drago, nous n'y sommes pour rien, réfute Blaise avec un large sourire.

Blaise ne peut pas décemment être fâché après quelqu'un qui arrive les mains pleines chez lui. Il a toujours trouvé Potter source de curiosité à Poudlard et il a hâte de mieux le connaître.

— Mais j'y compte bien.

Sous les yeux ébahis de Blaise, Pansy et Théodore, Harry se dirige vers Drago, qui s'est levé de son fauteuil, et l'embrasse chastement sur les lèvres, une main posée dans le dos. Les deux hommes ont prévu cette mise en scène avant même de venir chez les Serpentard et Drago prend sur lui pour camoufler sa gêne d'être le centre de l'attention. Il n'aime toujours pas les marques d'affection en public, mais il essaie de s'y habituer, il a conscience que ce genre de petit baiser est courant pour la plupart des couples. Et il voulait les surprendre.

— Merci, Drago, chuchote Harry avec un sourire.

Pansy hoquette de surprise et s'étouffe avec sa gorgée de vin. Blaise laisse échapper un rire sonore qui emplit tout le salon et fait sursauter Nya qui joue un peu plus loin. Théodore n'est pas étonné, il sait déjà qu'ils sont ensemble. Et Pansy ne rate pas ce détail.

— Tu le savais ! accuse-t-elle son discret ami.

— Je m'en doutais, nuance, ment-il.

— Dis-nous en plus, demande Blaise dont l'hilarité s'est apaisée.

Théodore et Drago échangent un regard. Drago lui fait un signe de tête encourageant. Théodore a un éclat de peur dans les yeux, Drago comprend son angoisse et décide de le tirer de ce mauvais pas.

— Théodore a été une oreille attentive quand c'est devenu une nécessité. Disons que le début de ma relation avec Harry a été un peu chaotique et que j'ai eu besoin d'en parler.

— Si je comprends bien tu nous mens depuis un moment déjà ?

— Ne fais pas semblant d'être offusquée, Pansy !

— Tu as intérêt à te rattraper en détails croustillants, mon cher. Alors, ça fait combien de temps ?

— Depuis mi-février, réplique Harry, et nous ne répondrons à aucune question sur notre vie privée, Parkinson !

Pansy se renfrogne un peu, mais Drago la voit sourire discrètement dans son verre. Il est rassuré, elle n'est pas vraiment fâchée.

— Ta mère est au courant ?

— Oui, Blaise, elle l'est. Et elle n'est pas ravie, tu t'en doutes. Il y a eu plusieurs clashs ces derniers mois, elle n'accepte pas qui je suis et avec qui je partage ma vie. Mais elle voudrait avoir un peu Scorpius pendant les vacances, s'il est d'accord je ne peux pas m'y opposer.

Les visages des ami·es de Drago sont sombres. Iels savent à quel point leurs parents peuvent être durs quand il s'agit de différence : iels ont eu une éducation dans les principes Sang-Purs, comme Drago. Mais comme Drago, iels s'en sont affranchis avec les années.

— Scorpius est chez Narcissa aujourd'hui ? demande finalement Théodore.

— Non, il passe la semaine avec les enfants de Harry et son ex-femme. Depuis le temps que Scorpius me tanne pour partir en vacances avec eux…

Harry confirme d'un hochement de tête. Albus était d'ailleurs embêté que Scorpius reste la semaine entière avec lui et James. Il a confié à son père qu'il souhaitait profiter de l'été pour s'éloigner un peu de son meilleur ami et laisser ses sentiments s'en aller, pour que les choses reviennent comme avant. Harry n'a pas voulu détromper son cadet et ne lui a pas dit que parfois deux mois ne sont pas suffisants pour ça. Il espère simplement que son petit dernier va retrouver un peu de tranquillité d'esprit pendant les congés scolaires. Le directeur de Gryffondor voit bien que son fils est plus morose que d'habitude depuis qu'il a compris ses préférences. Au final, Albus a accepté la présence de Scorpius parce que l'idée d'être en vacances ensemble a été plus forte que tout le reste.

L'elfe de maison, Toby, interrompt les pensées de Harry en prévenant que la table est prête. Le petit groupe se rend dans la salle à manger et Harry s'assoit d'office à côté de Drago.

Le déjeuner se passe étonnamment bien, Harry est presque surpris. Hermione lui a pourtant raconté ses entrevues avec Pansy depuis qu'elles travaillent ensemble sur le projet de loi. Le Gryffondor découvre avec un certain plaisir l'humour de Blaise qui l'a assailli de questions et l'a vanné tout le repas, ainsi que les sarcasmes de Pansy qui cachent surtout un attachement très fort à Drago et son envie de le protéger. Théodore, quant à lui, est aussi discret qu'il s'en souvient, mais bien plus avenant qu'il le pensait. Ces trois-là sont ami·es avec Drago depuis l'école et iels ont évolué ensemble. Harry apprend au cours de la discussion que son amoureux a été hébergé chez eux après Azkaban et à son retour des USA et cela le touche. Ce sont de précieuxes ami·es c'est certain. Tout aussi important·es pour Drago que Ron et Hermione le sont pour Harry. Alors ce dernier est vraiment content d'enfin les connaître. Les pages du passé continuent de se tourner et de laisser la place à de nouvelles feuilles vierges pour écrire leur avenir.


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On se retrouve dans deux semaines, le 3 février 2023 avec le chapitre 28 : « Un terrain d'entente », pour la suite des vacances de Harry, Drago et leurs enfants.

En attendant, portez vous bien !