Bonjour à toutes, bonjour à tous !

Avant toute chose, je voulais vous remercier pour votre accueil du chapitre 29. Les reviews étaient si touchantes, sans compter les ajouts en favori, j'ai passé une super semaine notamment grâce à ça ! Mais le temps avance et voilà que je poste l'avant-dernier chapitre. Dans une semaine, j'en aurai complètement fini avec Frères de cœur.

C'est marrant, car dans cette affaire je me retrouve au bout du chemin avant vous. C'est vrai quoi, il reste encore deux chapitres et deux semaines, sauf qu'en fait non. Il n'en reste qu'un et une semaine, car je dois d'ores et déjà préparer la publication de vendredi. Décider avec quels mots je vais vous dire au revoir, qui remercier, si je parle de ce que je suis en train d'écrire... J'ai quelques jours à peine, c'est étrange de ne pas arriver au bout ensemble.

Dans tous les cas tous les reviewers, même d'un chapitre, auront le droit à leur merci. Je n'oublie pas quelle reconnaissance vous m'avez offerte pendant ces trente semaines, sans vous tout ce travail aurait bien moins de saveur.

Allez, il est temps d'entamer la fin. Shoutout à Pouik et Shik-Aya-chan pour leur relecture, et bonne lecture !


Chapitre 30

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Les survivants et le juge


Albus marchait en silence, son frère derrière lui. Merlin, qu'est-ce qu'il détestait cet endroit. Il le détestait de toutes les fibres de son être. Tout était trop propre, trop aseptisé, tout le monde le regardait toujours avec un grand sourire comme s'il était trop con pour supporter qu'on le regarde avec indifférence.

— À droite, lança James d'un ton enjoué.

Il savait parfaitement qu'il devait tourner à droite. Imbécile de James, à croire qu'il devait le guider !

Albus soupira. Il était dur avec son grand frère… Il était évident qu'il allait entendre ce genre de petites phrases débiles de sa part, mais il essayait juste de le détendre… Ou de lui faire comprendre qu'il était là pour lui. C'était sympa de sa part, déjà, d'avoir accepté de l'accompagner. À dire vrai, Albus était plus heureux qu'il n'osait l'affirmer que ce fût James qui l'accompagna et non sa mère comme la plupart du temps. Une seule fois, il était venu avec son père et, bien qu'il aurait aimé que cela se produise plus souvent, il se disait que c'était mieux que rien. Harry aurait voulu être plus présent à ses côtés, mais il avait été occupé avec les aurors, les avocats et la presse.

Aujourd'hui, James lui avait proposé de l'accompagner et cela lui avait fait plaisir. Il avait tenu sa mère et surtout Lily à l'écart en évoquant l'excuse ô combien indélicate de la sortie entre hommes. C'était con, mais ça marchait. Bien sûr, en théorie rien ne les empêchait de venir à trois ou même quatre, mais cela aurait été un peu impoli.

— C'est là, conclut James en s'arrêtant devant une porte.

Bordel, il le savait bien ! Ça devait faire cinquante fois qu'il venait ici ! Albus hésita entre l'insulter et le remercier. Il opta pour une solution quelque part entre ces deux possibilités, en grommelant un truc inintelligible. Face à la porte, il prit quelques secondes avant de la pousser et ferma les yeux. Il essayait de se détendre en inspirant profondément.

— Euh… Tu veux que je te laisse, Al ? demanda James avec empathie.

— Non, non, c'est bon, souffla-t-il.

Il détestait cet endroit à tel point que venir seul le terrifiait. Sainte-Mangouste était un lieu affreux. Albus inspira une dernière fois, puis poussa la porte.

Bon, au moins c'était une belle chambre. L'avantage de s'appeler Malefoy et d'être l'héritier de l'une des plus grosses fortunes du continent, sans nul doute. L'endroit était lumineux et donnait sur une rue animée de Londres. Le lit paraissait confortable bien qu'assez sommaire, il y avait un petit bureau sur lequel reposaient les trois tomes écornés des œuvres complètes de Rimbaud, une armoire débordante de toutes les fringues qu'on avait pu emmener et une salle de bain sur le côté. Le sol était habillé d'un lino blanc facile à nettoyer et les murs étaient décorés de plantes et petits cadres. Sur le lit, Scorpius était assis, adossé à la tête, les genoux repliés contre son torse. Il portait un jean gris retroussé au niveau des mollets, un t-shirt noir simple par-dessus duquel il avait enfilé une chemise rouge. Il paraissait calme, juste là, à observer l'animation de la rue à l'extérieur. Il était pensif. En entendant arriver les deux garçons, il tourna la tête.

— Oh… Salut, James. On ne se voit pas souvent.

— C'est le mot, Scorpius. Al a insisté pour que je vienne.

Albus leva les yeux au ciel. Il retira son sweat-shirt et le déposa sur le dossier de la chaise du bureau, puis il contourna le lit et s'approcha de son petit ami.

— Salut toi, murmura Scorpius avant que leurs lèvres ne se rejoignent.

Ils se séparèrent après quelques secondes pour éviter d'être trop ostentatoires devant James.

— Vous êtes mignons ! clama-t-il haut et fort en claquant des mains et avec une voix minaude.

— Ta gueule, James, grogna Albus tandis que Scorpius éclatait de rire.

Al tiqua. Le rire de Scorpius était étrange, pas naturel. Pas clair et franc comme ceux qu'il entendait d'habitude, celui-ci avait été un rien forcé et il le perçut immédiatement.

Albus s'assit sur le lit, laissant Scorpius se blottir contre lui. James s'installa dans le grand fauteuil qui trônait dans un coin.

— Ça va ? Tu as bien dormi ? lui demanda Scorpius.

— Euh… Tu veux quelle réponse, une parfaitement honnête ou une banalité ? grommela Albus, un peu désabusé.

Scorpius sembla hésiter.

— Tu as pas un truc entre les deux ?

— Alors disons que j'ai passé de meilleures nuits.

Quarante-six jours s'étaient écoulés depuis leur enlèvement. Cette nuit, comme de nombreuses nuits auparavant, Albus avait été incapable de dormir. Au début, ses cauchemars avaient été si horribles qu'on lui avait donné de la potion de sommeil sans rêve pour apaiser ses terreurs nocturnes. Désormais, on avait arrêté son traitement pour ne pas créer de dépendance, soi-disant qu'il avait suffisamment récupéré pour que le sommeil soit supportable. Il n'était pas du tout de cet avis !

Presque une nuit sur deux, il faisait ce cauchemar horrible où il revoyait la gorge tranchée de Scorpius et le cadavre de leur ravisseur ; où il entendait à nouveau les cris, la douleur, les écorchures… Après quoi il s'éveillait en sursaut et en nage, les larmes aux yeux et la boule au ventre à l'idée de retourner dormir. Dans ces moments, il regrettait tellement de ne pas pouvoir venir se blottir contre le corps chaud de Scorpius, de ne pas sentir sa respiration lente et relaxée, de ne pas pouvoir avoir son bras rassurant autour de ses épaules…

Parfois, sa mère l'entendait pleurer dans son sommeil et était là à son réveil. Une fois ce fut même James qui s'occupa de lui faire reprendre ses esprits. Mais jamais Scorpius. Le seul être capable de l'apaiser parfaitement ne pouvait le faire. Et pour cause !

Quarante-six jours ! De retour au Terrier, Albus ne se souvenait que d'un tourbillon d'images. Scorpius avait été emmené à Sainte-Mangouste, tandis que des dizaines d'aurors arrivaient au Terrier. Albus avait dû répondre à tout un tas de questions affreuses et raconter en détail cette scène qu'il voulait par-dessus tout s'empêcher de revivre. Mais le plus difficile, ce fut de voir son ami emporté par les guérisseurs aux côtés de Monsieur Malefoy, mort d'inquiétude. Se retrouver ainsi séparés fut comme une déchirure pour lui. Scorpius s'en alla à l'hôpital, toutefois il n'y resta que vingt-quatre heures. Il fut autorisé à sortir dès le lendemain, après que les médicomages se soient assurés qu'il n'aurait aucune complication physique liée au Doloris. Scorpius était d'abord revenu au Terrier, où on lui avait posé mille questions, on l'avait embrassé, câliné, harcelé, il avait fallu repousser des journalistes et le garder à l'abri le temps que la horde ne s'en aille. Avec l'accord de Neville, ni lui ni Scorpius n'avaient été renvoyés à Poudlard. Al était resté au Terrier entouré de sa famille, mais Monsieur Malefoy avait tenu à ce que Scorpius rentre se reposer au manoir, tout en promettant qu'ils pourraient se voir souvent.

Seulement voilà, si physiquement il n'y avait pas de séquelles, les deux garçons avaient été atteints par l'épreuve qu'ils avaient vécue. Pire, les cauchemars d'Albus n'étaient rien face à ce qu'endurait Scorpius. En trois jours, il était de retour à Sainte-Mangouste, au service psychiatrique. Il ne mangeait plus, était incapable de dormir, était devenu phobique du noir et refusait même de toucher à sa baguette, craignant ce qu'elle était capable de lui faire. Cela faisait six semaines. Avec l'aide des médicomages, il avait peu à peu retrouvé un sommeil normal, bien qu'entrecoupé de cauchemars ; ainsi qu'un appétit raisonnable. Albus lui rendait visite tous les jours, mais il n'avait jamais été autorisé à rester plus longtemps que quelques heures.

— Et toi ? Bien dormi ? demanda à son tour Albus.

Scorpius hocha la tête avec un petit sourire.

— Mais tu me manques, compléta-t-il. Je suis sûr que si je pouvais sortir d'ici, tout irait mieux.

Albus ne put retenir un petit gémissement. Il se prit le visage dans les mains.

— Tu me manques aussi, Scorp, bordel, tu me manques trop…

Il avait dit ça sur un ton triste, abattu. L'ambiance dans la chambre s'alourdit aussitôt. Albus n'était pas du genre à exprimer aussi clairement ce qu'il ressentait lorsqu'ils n'étaient pas entre eux et cela surprit tant son frère que Scorpius. Quelques secondes s'écoulèrent, puis les larmes percèrent entre ses doigts. Albus était épuisé, son corps était secoué de sanglots silencieux dont il ne connaissait même pas l'origine. Il ne savait qu'une seule chose : Scorpius lui manquait. Sa voix, sa chaleur, son contact, lui ! Bref, tout Scorpius lui manquait. Il n'en pouvait plus de ne le voir que quelques heures chaque jour, de ne pas le sentir dans son esprit, de ne pas pouvoir le toucher, l'embrasser ou se réfugier dans ses bras quand il le voulait. Et Merlin, qu'est-ce qu'il le voulait souvent, ces temps-ci !

Alors, sans dire un seul mot, Scorpius s'étendit de tout son long puis le força à en faire de même. Après quoi il vint se blottir tout contre lui. Albus sentit les cheveux de Scorpius se perdre entre son épaule et son cou, et sa main venir l'attraper et le serrer contre lui. C'était chaud, c'était paisible… Merlin, c'était tout ce dont il avait besoin en cet instant. Cela lui prit plusieurs minutes, mais il finit par se calmer, bercé par la respiration douce de son petit ami. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était en paix. Exactement là où il devait être. Et contre la peau fine de son cou, il sentait le souffle de Scorpius, pour lequel il ressentait à cet instant une affection sans limite. Il vint placer sa main dans le creux de son dos et le maintint ainsi contre lui.

James avait observé toute la scène, accablé par l'état dans lequel était son petit frère. Cela faisait bientôt deux mois qu'il avait été enlevé avec Scorpius et il était encore loin d'aller bien. Au fond de lui, il regrettait presque que le coupable de tout cela fût déjà dans l'au-delà. Il aurait apprécié pouvoir s'occuper lui-même de ce démon qui s'en était pris à son frère.

Tous les Fils du Phénix présents dans la maison avaient été arrêtés, mais on n'avait jamais retrouvé le cadavre de McKinsey. Lorsque les adultes arrivèrent dans la maison, Drago, en furie, fut le premier à monter à l'étage. Quand les autres le rejoignirent, il affirma ne jamais avoir trouvé de corps. Harry n'avait pas manqué de noter les nombreux bouts de chair qui étaient éparpillés un peu partout dans la pièce comme si elle avait servi d'arrière-boutique à une boucherie. Il préféra cependant ne rien dire. Sans doute étaient-ce là les restes d'un équarrissage après une chasse.

Quelques minutes passèrent encore avant que Scorpius n'ose briser le doux silence qui s'était installé.

— Au fait, reprit Scorpius. Mon père est là, il est juste parti quelques minutes. Il devait transmettre un message à votre père.

— Oh, d'accord… articula Albus d'une voix faible. Quel message ?

Scorpius ne lui répondit pas, il lui envoya juste un regard avec un petit sourire énigmatique. Albus haussa les épaules. Ils restèrent ainsi en silence pendant quelques instants, jusqu'à ce que Scorpius ne le brise à nouveau :

— D'ailleurs, James, que me vaut l'honneur ?

Celui-ci sembla pris au dépourvu par la question. Il balbutia :

— Euh, tu sais… Moi comme je t'ai dit je suis venu pour faire plaisir à Albus…

— Menteur ! grogna Albus avec un brin d'amusement.

Il était en train de reprendre des couleurs et Scorpius s'en félicitait.

— Ben t'as un peu demandé, quand même ! protesta James.

— Et toi aussi !

— Hmm. Mouais. En fait je voulais profiter de l'occasion pour te voir, Scorpius. On s'est peut-être croisé dans la chambre la dernière fois, mais il y avait ma sœur et mes cousins… Bref, j'ai des questions à te poser depuis que tu as commencé à sortir avec mon petit frère.

— Je vois.

— Alors raconte-moi, un peu, fit James avec une voix de conspirateur. Comment tu as fait pour le rendre gay ?

— James ! s'exclama Albus. Bordel, t'es con !

— Tu veux vraiment que je te raconte, Potter ? Tu n'as pas peur d'entendre des histoires où ton « petit frère » est nu et terriblement sexy ?

Albus s'extirpa de l'étreinte de Scorpius, puis sauta sur ses pieds en s'écriant, outré et écarlate :

— Scorp ! Merlin mais je vous déteste tous les deux, en fait !

L'ambiance de la chambre avait changé du tout au tout, ce qui rendit à Scorpius un sourire éclatant.

— Euh, ouais, t'as raison, Scorpius, je m'avoue vaincu. Ne me redis plus jamais cette phrase s'il te plaît, ou je devrais me lancer le sortilège d'amnésie.

— Bonjour Messieurs, annonça à la cantonade le père de Scorpius en entrant dans la pièce. Ah, tiens, James Potter.

— Bonjour Monsieur Malefoy, répondit-il poliment.

Le nouvel arrivant balaya la pièce d'un regard et s'étonna :

— Curieux. Je m'attendais à trouver une ambiance plus festive, ici. Tu ne leur as rien dit, Scorpius ?

Celui-ci secoua la tête.

— Dit quoi ? s'enquit Albus en se relevant, inquiet. Dit quoi ?

— Rien de grave, rien de grave, l'apaisa Scorpius en lui attrapant la main. Juste qu'on a eu un rendez-vous avec le guérisseur Felt, ce matin.

Le guérisseur Nathan Felt était le psychomage qui avait suivi Scorpius depuis son internement.

— Oh ? Et alors ? demanda Albus qui ne put à nouveau s'empêcher d'être inquiet.

— Alors il dit que vu nos dernières séances, mes nuits, mon appétit et le fait que j'arrive à refaire de la magie, il n'a plus besoin de me garder, expliqua Scorpius avec un sourire complice.

— Ah, ouf, j'avais cru que… Attends, quoi ?

Albus comprit avec retard ce que lui avait annoncé Scorpius. Il fixa son petit ami, qui l'observait avec un grand sourire et deux yeux rieurs qui se moquaient de son air ahuri.

— TU PEUX SORTIR ? explosa Albus d'un seul coup.

— Demain matin ! compléta Scorpius, amusé par la réaction de l'autre.

— OH PUTAIN SCORP !

Albus se jeta sur lui. Il sauta sur le lit et attrapa le jeune homme par les épaules pour le serrer contre lui aussi fort qu'il le put. Scorpius riait de bon cœur tant Albus était incapable de contenir sa joie.

— Oh vieux, tu peux… Tu peux pas savoir comment j'ai attendu ça ! souffla Albus, les yeux brillants et la voix chargée d'émotion. Bordel, quelle journée !

— Ce n'est pas tout, Monsieur Potter, annonça Monsieur Malefoy d'un ton théâtral, en prenant sa voix de professeur.

Albus se tourna vers Scorpius, qui fronçait les sourcils.

— C'est confirmé ? Ils peuvent ? demanda-t-il à son père.

Monsieur Malefoy opina du chef.

— Confirmé quoi, Scorp ? répéta Albus, sur le point d'exploser à nouveau. Pouvoir quoi ?

Scorpius le fixa avec un nouveau sourire.

— C'était ça le message. Vous venez tous passer vos vacances au manoir ! Enfin, un mois en tout cas, mais si toi tu veux rester plus, tu peux !

Albus sentit son cœur chavirer. Il était toujours à moitié avachi sur Scorpius, mais cela ne l'empêcha pas de le regarder, éberlué.

— C'est une blague ? bafouilla-t-il.

— Pas du tout, rit à nouveau Scorpius.

— C'est pas une blague ?

— Mais évidemment que non !

— Tu étais au courant ? demanda-t-il à son frère.

James se passa la main dans la nuque.

— Euh… C'est pas impossible qu'on me l'ait mentionné… J'ai dû oublier…

— OUBLIER ?

Albus se mit à frapper frénétiquement du poing sur le torse de Scorpius.

— Bordel de merde… Oublier ! Putain, vous êtes les meilleurs ! J'vous déteste tous ! Et surtout toi, Scorp ! Surtout toi, t'es celui que je déteste le plus !

— Ah oui ? À ce point ?

— Ouais !

Sa joie explosait et se répandait dans la pièce comme une ondée à la surface d'un étang. Tous riaient franchement à présent, l'ambiance lourde du début de la visite était oubliée. Quiconque entrerait dans la chambre à cet instant n'aurait pu deviner l'épreuve et le traumatisme qu'avaient endurés ces deux adolescents.

— Bon les enfants, je dois aller signer quelques papiers pour la sortie de Scorpius. Je vous retrouve dans un petit moment.

— À toute Papa !

— Pour la postérité, je vous déteste aussi, Monsieur Malefoy !

Le professeur eut un léger rire puis referma la porte derrière lui. À bout de souffle d'avoir tant ri, Albus se releva et épousseta un peu son t-shirt.

— La classe, j'ai fait rire ton père ! siffla Albus, admiratif.

— Ça j'avoue, là tu as fait fort.

— C'était notre grand jeu, d'essayer de le faire rire, à l'époque, se rappela James, nostalgique.

— J'ai trop hâte, si tu savais ! s'exclama Albus à toute allure. Ça va être tellement cool d'être tous au manoir ! Tu vas voir, James, c'est une baraque de fou ! Il y a une piscine à l'étage ! À quel point c'est ridicule, ça, une piscine à l'étage ? Oh j'espère que Papa a pas trop fait chier, lui qui ne voulait pas que je vienne à peine six mois plus tôt… Et on dort ensemble, hein, Scorp ? T'essayes pas encore de me refourguer dans une chambre à l'autre bout du machin, hein ?

— Il n'y a pas de risque, le rassura Scorpius en riant.

— Putain j'ai hâte !

— Tu jures beaucoup, ces derniers temps, remarqua James. Tu jures plus qu'avant !

— Tu trouves ? s'étonna Albus. J'ai pas l'impression.

— Je crains que vous n'exerciez une mauvaise influence sur lui, Monsieur Malefoy, accusa James.

— Moi ? Mais je ne jure presque jamais, moi ! se plaignit Scorpius avec un rire.

— Certes, mais toujours est-il… Votre histoire avec Monsieur mon petit frère ici présent, est-elle faite pour durer ?

— Euh…

Ni Scorpius, ni Albus ne savaient si James était sérieux. Les deux garçons se regardèrent, perdus.

— Euh, je… je crois, oui, bafouilla Scorpius.

— Alors vous devez être accueilli dignement dans la famille Potter, Monsieur Malefoy. Et pour vous laisser continuer à fréquenter mon petit frère, il faut en être digne.

— Oh, mais je crois en être digne, Monsieur Potter, répéta Scorpius en rentrant dans le jeu de James.

— C'est ce que nous verrons !

Albus n'avait aucune idée de ce que son frère tramait et, vu sa confusion, Scorpius non plus. Mais l'ambiance était légère et il était curieux : il avait envie de voir ce que James avait en tête. Le plus grand déplaça le fauteuil de la pièce d'un coup de baguette magique et fit signe à Albus de s'y asseoir. Il s'exécuta.

— Vous, debout ! ordonna-t-il en pointant Scorpius.

Celui-ci fixa Albus, qui lui fit signe qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il se passait, mais il l'encouragea tout de même à se plier aux ordres de son frère. Scorpius s'extirpa du lit et se tint sur le côté, les bras ballants.

— Bien ! Je suis donc le juge James et, afin de décider si oui ou non vous pouvez continuer à fréquenter mon petit frère Albus, je vais vous poser trois questions. Répondez-moi sincèrement et vous passerez l'épreuve. Attention, pas de mensonge !

— Cela me convient, monsieur le Juge, approuva Scorpius avec un sourire.

— Bien ! Alors nous pouvons commencer. Première question ! Il est au-delà des forces de cette cour de comprendre ce que diable vous trouvez au maigrichon râleur et insupportable qui me sert de petit frère.

— Hé ! J't'emmerde, James ! s'écria Albus en faisant éclater Scorpius de rire.

— Silence dans la salle ! gronda James. Puisque nous ne comprenons pas, je vous prie d'expliquer à la cour ce que vous trouvez à ce garçon quand même un peu imbécile, il faut le dire.

— James ! protesta encore Albus, outré.

Scorpius fixa Albus avec un sourire bourré d'affection.

— Eh bien… Par où commencer, Monsieur le Juge ? J'aimerai pouvoir vous prêter mes yeux l'espace d'un instant, que vous voyiez vous-même ce que je vois quand je regarde Albus Potter.

— Oh la vache, c'est si bien dit ! s'exclama James en sortant de son personnage, impressionné.

— C'est pas non plus du Rimbaud, mais pour ton niveau James c'est élevé ! Tu devrais noter pour ta prochaine copine ! se moqua Albus.

James reporta bien vite son attention sur Scorpius, qu'ils avaient interrompu. Albus avait déjà le cœur prêt à éclater et il sentait que ce qui allait suivre n'allait pas arranger son cas.

— Je disais donc, reprit Scorpius avec ce même sourire, qu'Albus est tout ce que je ne suis pas. Lorsque je l'ai rencontré, il était un garçon rayonnant et moi un gamin terne. Chaque jour, il a su trouver les mots justes pour que je sourisse, que je m'ouvre à lui, au monde, que je sois le meilleur moi-même. Notre vie à Poudlard n'a pas été aussi resplendissante que la vôtre, votre Honneur, mais si elle fut supportable, je ne le dois qu'à l'amitié et l'amour de ce garçon que j'aime aussi. À cause de tout cela, je suis incapable d'utiliser les mots que vous employez. Ce que vous appelez insupportable, j'appelle touchant, drôle et charmeur. Ce que vous appelez râleur, j'appelle fier et protecteur. Ce que vous appelez maigrichon, enfin, j'appelle bandant à souhait !

Il y eut un gémissement. Albus se cachait le visage dans ses mains, écarlate.

— Pour résumer, votre Honneur, Albus est un garçon qui est sans cesse dix fois plus valeureux que moi. Mais chaque jour, il me tend la main pour m'aider à monter plus haut, m'élever jusqu'à lui. C'était mon ami avant d'être mon petit ami et tous ceux qui peuvent l'appeler ami sont les chanceux parmi les chanceux. Je n'ai jamais été aussi heureux qu'avec lui. Voilà ce que je lui trouve.

Scorpius eut un regard pour Albus, qui l'observait comme s'il était la plus belle chose du monde. Quoiqu'un peu rouge, tout de même.

— Fort bien, reprit James en se secouant. La cour vous estime sincère.

Il fit une petite pause, le temps de reprendre sa voix de stentor.

— Question numéro deux, Monsieur Malefoy. J'ai cru entendre il y a quelques mois que vous étiez encore en couple avec une damoiselle. Or il ne vous a pas échappé que Monsieur mon petit frère manque de certains atours dont on fait les plus belles demoiselles…

— Ça, je peux même vous le confirmer ! lança Scorpius d'un ton enjoué.

— Ah non hein ! gronda Albus.

— Ben quoi ?

— On ne parle pas de cul devant mon frère ! s'écria Albus, ce qui fit éclater de rire James, qui sortit une fois de plus de son personnage.

Il lui fallut quelques secondes pour retrouver sa contenance.

— Silence dans la salle ! réclama-t-il en riant encore à moitié. Monsieur Malefoy, un peu de sérieux, c'est un tribunal sérieux ici, voyons.

— Je n'en doute pas, votre Honneur.

— Fort bien. Voici la question : depuis quand savez-vous que vous aimez les garçons ?

— Facile, votre Honneur. Je crois que je le sais depuis l'instant où Monsieur votre petit frère m'a avoué qu'il m'aimait, dans l'infirmerie après la… Euh… Les événements du mois de février.

James grinça des dents. Leur faire reparler des événements traumatisants de l'année n'était pas le but, il devait l'éviter à tout prix. Il ne s'était pas attendu à ce que cette révélation ne suive l'agression dont ils avaient été victimes dans leur dortoir, à Poudlard… Heureusement, le bafouillage de Scorpius ne ruina pas l'ambiance qui s'était installée.

— Attendez, vous décrivez un instant très soudain, Monsieur Malefoy !

— Oh, c'est que vous m'avez demandé le moment où je l'ai compris et je vous ai répondu. Il est évident que si j'avais fait preuve d'un peu plus d'ouverture d'esprit et que j'avais été plus courageux, je m'en serais rendu compte bien avant… Il y avait de multiples signes ! Je matais Monsieur votre petit frère depuis des mois, voire des années. Je crois même que j'ai commencé à mater Albus Potter dès que j'ai été en âge d'être attiré par quiconque… Mais voyez-vous, il était mon ami, alors je me suis contenté de croire qu'il était normal d'apprécier détailler le torse d'un ami qui sort de la douche, ou de vouloir le serrer contre soi… Enfin, bref : j'ai préféré refouler mes sentiments. Je me suis rendu compte depuis que ma lâcheté l'a fait souffrir, beaucoup. Je m'en suis déjà excusé auprès de lui, votre Honneur, et je m'en excuse également auprès de vous.

— Monsieur mon petit frère ! Acceptez-vous ces excuses ?

— Oh oui, votre Honneur. Je les ai acceptées il y a longtemps. Scorpius occulte les nombreuses erreurs que j'ai commises afin de se faire passer pour le pire de nous deux, mais il oublie de mentionner quel horrible ami j'ai été.

— La cour vous déclare donc sincère, Monsieur Malefoy. Voici la dernière question.

— Je suis prêt, envoyez.

— Ce n'est même pas une question, à vrai dire. La cour souhaite simplement connaître le moment où les choses ont basculées pour vous.

— Euh, pardonnez-moi votre Honneur. Je ne suis pas sûr de comprendre…

— Le moment où tout a basculé avec Albus. Peu importe quelle est votre définition, je veux l'entendre.

— Oh… Alors... Cela demande un peu de réflexion…

Il se passa quelques secondes, pendant lesquelles Scorpius réfléchit dans sa barbe, avant de choisir ce qu'il voulait raconter.

— Je crois qu'il y en a eu plusieurs. Chaque instant que j'ai passé dans les bras de ce garçon, votre Honneur, fut exceptionnel. Je pourrais vous citer toutes les premières fois, du premier baiser aux premières fois plus… électriques.

— Je vous remercie de me les épargner.

— Voilà, oui.

— Je sais ce que tu vas raconter, envoya Albus, amusé.

— Tu crois ?

— La fois dans la clairière ? Au nouvel an ?

— Ah ! Eh bien non. Je suis persuadé que c'est le moment où, pour toi, tout a basculé car tu t'es rendu compte que tu étais amoureux… Mais pour moi, ce n'est pas le premier domino. Il y en a un avant.

— Le massage ?

— Oui, le massage. Voyez-vous, votre Honneur, à l'époque où je m'entrainais avec Monsieur votre père, je rentrais fourbu après les séances passées à soulever des poids. Un jour, Monsieur votre petit frère m'a proposé un massage, que je n'ai évidemment pas refusé. Comme je le disais, sans le savoir, j'étais déjà attiré par lui et toutes ses bizarreries, et l'avoir sur mon dos, les mains contre moi, dans un moment rien que pour nous deux, c'était le paradis ! Cela a commencé aussi normalement qu'une telle chose pouvait l'être, avec moi allongé et mon meilleur ami qui refusait obstinément de s'asseoir sur moi.

— Tu l'as remarqué ? souffla Albus.

— Évidemment, patate ! Tu crois que ta position bizarre, là, avait quoi que ce soit de naturel ?

— Beuh, grommela Albus avec éloquence.

— Au premier instant où j'ai entendu Monsieur votre petit frère se plaindre à demi-mots que j'étais trop habillé, je n'ai pas hésité et j'ai retiré ma chemise de pyjama. J'aurais beaucoup donné pour pouvoir voir sa tête à cet instant, je dois dire.

— Rouge ! s'exclama Albus.

— Je n'en doute pas. À la faveur d'un geste un peu plus maladroit que les autres, je sentais, euh… Comment dire… L'état de Monsieur Potter. À l'époque, je mis cela sur le compte du réveil matinal d'un adolescent, rien d'anormal. Mais je dois dire que le contact ne me laissa pas de marbre, et, tandis qu'il prenait sa douche, je ne résistais pas à me laisser aller à certains plaisirs solitaires…

— Que… Quoi ? Mais ! Salaud ! Avec Kyle qui dormait même pas !

— Certes. Tu comprends désormais pourquoi j'étais à fleur de peau et pourquoi ce que tu as dit en sortant m'a vexé !

— Je comprends.

— Et pourquoi ce moment est-il celui où tout a basculé, Monsieur Malefoy ?

— Votre Honneur, ce moment est celui qui fit chuter le premier domino d'une chaîne que cinq années d'amitié intense avaient formée. Nous l'avons poussé à deux, sans savoir le chaos qui allait s'ensuivre. J'ai douté, pleuré, tempêté, mais aujourd'hui, les chemins de tous ces dominos se sont rejoints. Et j'aime où ils se dirigent. Cela a l'air d'être un endroit heureux et paisible. Je m'y rends avec plaisir, parce que je sais que je serai avec Al. Parce que je l'aime.

Albus sauta sur ses pieds et vint embrasser Scorpius sans lui laisser le temps d'ajouter le moindre mot. Il ignorait d'où James était allé chercher cette idée de tribunal, mais entendre Scorpius parler ainsi de lui avait fait fondre tout son être et son cœur était prêt à éclater. Il avait besoin de laisser sortir ce trop-plein d'affection, à présent.

— Du calme ! De la tenue dans la salle ! Monsieur mon petit frère, regagnez votre place, je vous prie. Vous motoculterez Monsieur Malefoy plus tard.

— Motoculterez ? répéta Albus, abasourdi.

— Monsieur Malefoy ! interpella James en l'ignorant.

— Votre Honneur ?

— La cour a statué. Vous avez en l'espace de dix minutes raconté tant de mièvreries que je suis surpris de ne pas vous voir éternuer des arcs-en-ciel. Je proclame votre cœur pur et vos intentions dénuées de malice ! Vous êtes le très bienvenu dans la famille Potter !

— J'en suis très touché !

Immédiatement après cette phrase, James se prit un oreiller en pleine tête.

— Ça c'est pour ta capacité à fomenter des plans machiavéliques destinés à me coller la honte de la décennie ! gronda Albus.

— Eh bien, l'ambiance n'est pas retombée ici, s'amusa Monsieur Malefoy en entrant.

— Oh, Papa ! Tout est bon ? demanda Scorpius en se souvenant soudainement de la présence de son père.

— Tout est en ordre. Demain, je viens te chercher à neuf heures et on file au manoir. Les Potter nous rejoindront dans la journée.

— Merci encore, Monsieur Malefoy ! s'extasia Albus. Vous ne savez pas à quel point cela me fait un bien fou.

— Justement, Albus, mon garçon, puis-je te parler ?

Albus tourna la tête, curieux. Il acquiesça.

— Je te laisse rassembler tes affaires, Scorpius ! annonça Monsieur Malefoy avant de l'entraîner à sa suite.

Confus, Albus suivit son professeur hors de la chambre. Celui-ci l'entraîna jusqu'à la cafétéria de l'hôpital. Il commanda un café pour lui et Albus accepta de bon cœur un simple thé, puis ils s'installèrent sur une table haute.

— Je… Je peux faire quelque chose pour vous, Monsieur Malefoy ? demanda Albus une fois qu'ils furent servis, avec un brin d'appréhension dans la voix.

— Oui, enfin… C'est un peu délicat. Voilà : je sais que la route est encore longue avant que tout ne redevienne comme avant. Pour toi comme pour Scorpius, n'est-ce pas ?

Albus perdit son sourire. Il hocha lentement la tête. Drago reprit :

— Le guérisseur Felt a fait des miracles, mais Scorpius reste fragile. Il est encore passablement terrifié par le noir, a des nuits très agitées, est devenu pudique à l'extrême… À tel point qu'il refuse même d'enlever son pull devant moi ! J'ai bon espoir que ce séjour au manoir lui fasse le plus grand bien, mais je… je voulais…

Albus n'avait jamais vu le père de Scorpius à la recherche de ses mots. Il en fut presque désarçonné, que pouvait bien brûler de lui demander son professeur ?

— Écoute, voilà. Je n'ai aucun droit de te demander ça, mais Scorpius est tout ce qu'il me reste. Si tu savais… la nuit où il a… Où vous avez disparu, j'ai cru… J'ai voulu… Je… Fais attention à lui, tu veux bien ?

— Comment cela, Monsieur ?

— Il… Promets-moi de ne jamais lui faire du mal, Albus. Si tu savais comme il me parle de toi, comme il a parlé de toi à son guérisseur… Tu comptes plus que tout pour lui à présent et si les choses venaient à mal se passer entre vous alors qu'il est encore fragile, je… je…

— Excusez-moi, Monsieur Malefoy, mais… Pourquoi me dites-vous cela ?

Son professeur soupira.

— Pendant qu'il était là, seul, tu étais sa bouée, Albus. Je le sais, car le guérisseur Felt m'en a parlé. Il m'a dit que sans toi, sans le souvenir de toi auquel se raccrocher, il aurait sans doute été brisé au-delà des mots par ce qui s'est passé. On aurait pu craindre le pire. Je sais que ça a été dur pour toi de ne pas le voir et, crois-moi, ce fut dur pour moi de ne pas l'avoir à la maison… Alors maintenant que je le sens reprendre pied, je… Je sais que c'est un peu bête, mais j'ai besoin que tu me promettes, Albus.

— Mais évidemment que je vous le promets ! Et puis, vous avez tous les droits de me demander ça… Scorpius c'est… C'est une part de moi, aujourd'hui. Sans compter que j'ai aussi ma dose d'insomnies et autres conneries et rien que d'imaginer ne plus être avec Scorpius, c'est… je… Enfin, voilà quoi.

— Je suis désolé de t'avoir posé cette question, Albus. J'avais besoin de l'entendre de ta bouche… Il faut me comprendre, quand vous avez été enlevés, quand Scorpius a disparu, j'ai… J'ai cru…

Drago secoua la tête.

— Un amour comme celui que vous avez à votre âge, c'est si rare… que je ne pensais même pas que ça pouvait exister. Je sais que vous avez le lien pour vous, mais voilà, je voulais en être sûr. Pardonne à un vieux père, veux-tu ?

— C'est tout pardonné.

Albus finit son thé. Monsieur Malefoy se leva et commença à retourner vers la chambre.

— Monsieur ?

— Oui Albus ?

— Je vous promets de tout faire pour l'aider à aller mieux. Je suis sûr que ça m'aidera moi aussi à aller mieux. Il a besoin de moi, et je serai toujours là pour lui.

Monsieur Malefoy lui sourit, hocha la tête et le guida vers l'ascenseur en lui serrant l'épaule.


Merci de m'avoir lu ! J'espère que ça vous a plu.

Tout est plus compliqué, après qu'ils aient été si durement marqués. Mais ils ont eu l'un pour l'autre et ça les a aidés, comme cet été ensemble au manoir devrait les aider.

Je n'ai plus tant de questions auxquelles apporter des réponses dans le prochain chapitre, il s'agira juste de refermer l'histoire d'une belle manière. En montrant comme ils s'aiment ! Donc on se retrouve le vendredi 27 janvier pour le chapitre 31 qui s'appelle Aube. Et oui, c'est une évidente référence au poème éponyme de Rimbaud. Ainsi que la promesse d'un nouveau jour, le début d'une nouvelle histoire, le soleil qui se lève sur un futur qui n'appartient qu'à eux, bref je vais pas détailler la métaphore, vous l'aviez bien comprise dès que j'ai dit "Aube", pas vrai ?

N'hésitez pas à venir me faire un coucou en review pour me dire à quel point cette histoire va vous manquer, ou pour que je ne vous oublie pas dans les remerciements de la semaine prochaine si vous avez lu jusque là sans jamais vous montrer, c'est le moment !

Passez une bonne semaine, et à vendredi prochain !