Le séjour prit finalement fin. John était un peu triste de quitter cette belle région, car il redoutait le retour à la ville, à la réalité. Peut-être qu'une fois à Londres Sherlock se désintéresserait de lui. Le blond essaya de penser à autre chose et sursauta quand Sherlock lui demanda:
«-Il y a un problème?
-Euh… non non tout va bien.
-Je vois bien que tu es préoccupé.
-Disons que je me demande si ça sera pareil entre nous quand nous serons de retour à Londres.
-Je ne vois pas pourquoi ça changerait voyons! Mais je comprend tes craintes, j'y ai aussi beaucoup réfléchit cette nuit. Tout se passera bien, je te le promet.»
John retrouva le sourire avec un peu d'espoir. Le blond regarda par la fenêtre et sourit, il avait confiance en Sherlock.
Quelques heures plus tard ils arrivèrent enfin à Londres. Sherlock se gara au pied de l'immeuble de John et descendit. Il prit les valises et ils montèrent dans l'appartement de fonction de John. Le docteur se racla la gorge avec embarras:
«-Hum… ce n'est pas très grand mais j'espère que ça te suffira pour quand tu me rendra visite…
-Bien sûr que ça suffira. Une boite à chaussures suffirait tant que nous sommes tous les deux.»
Sherlock prit doucement le visage de John dans ses mains et l'embrassa. Le baiser était doux, apaisant et disait silencieusement de grandes paroles. John comprenait le message que voulait lui transmettre le brun par ce simple baiser. Il y disait tout son amour, tout son respect et l'espoir que leur histoire serait belle.
Lentement Sherlock fit glisser ses mains le long du corps de son amant. Il passa ses mains dans les courts cheveux blonds et mêla leurs langues. John avait l'impression de se liquéfier littéralement tant ce baiser était bon. Il retira le manteau de Sherlock et le laissa tomber sur le sol. Le brun sourit contre ses lèvres, il aimait quand John était entreprenant de la sorte. Toutefois les deux hommes furent coupés par le téléphone de Sherlock qui se mit à sonner. Le brun grogna et recula pour attraper son téléphone:
«-C'est mon frère, il faut vraiment que je réponde désolé.»
Sherlock s'écarta et répondit à l'appel car il savait que si il ne décrochait pas maintenant, alors son frère allait le harceler jusqu'à ce qu'il réponde enfin. John se passa une main sur le visage et s'assit sur son lit, c'était peut-être mieux qu'ils se calment un peu. Après tout, ils n'avaient plus 20 ans, ils ne tiendraient pas le rythme si ils continuaient ainsi. John posa la veste de Sherlock sur le bord de son bureau et se mit à écrire.
John se concentra sur son écriture au point qu'il n'entendait même plus Sherlock parler légèrement à l'écart. Il sentait que son livre était presque fini, il avait quasiment tout raconté maintenant. Les passages les plus difficiles avaient été écrit, maintenant il écrivait son retour au pays, son retour à la vie civile.
John était en train d'écrire son dernier paragraphe quand le brun déposa un baiser sur sa nuque. John sursauta et tourna la tête:
«-Ah tu es là.
-Oui, mon frère veut que je rentre au plus vite à la maison d'édition. Sinon je vais prendre trop de retard dans le boulot.
-Je comprend, alors à bientôt j'imagine.
-Plutôt deux fois qu'une beau gosse. Je t'appelle dans la soirée si je ne fini pas trop tard, j'espère qu'on pourra dîner ensemble.
-Je l'espère aussi. J'ai bientôt fini mon livre.
-Ah bien, tant mieux bébé.»
Les deux hommes s'embrassèrent longuement, puis Sherlock attrapa son manteau avant de partir. John regarda la porte un instant puis termina son livre. Le point final lui procura une délicieuse sensation de travail accompli. Il enregistra son travail et relu ce qu'il avait fait aujourd'hui. Le lendemain il l'apporterait à Sherlock, il voulait que son brun soit fier de lui.
Sherlock s'installa derrière son bureau et lu les manuscrits qui commençaient à s'entasser. Miss Hudson lui apporta du thé et lui sourit:
«-Alors comment était cette semaine?
-Magique, je ne vois pas d'autre mot approprié.
-Ah oui?
-Oui, je suis amoureux.
-Merveilleux! John n'est-ce pas?
-Tout à fait.»
Il sourit et reprit sa lecture.
Lorsque Sherlock releva la tête, il était déjà 21h. Il attrapa son téléphone et composa le numéro de John. Le blond décrocha aussitôt:
«-Oui?
-Je viens de finir pour aujourd'hui, tu as envie qu'on mange un morceau tout les deux?
-Avec plaisir. On se rejoint quelque part?
-Tu viens à la maison?
-Euh… oui si tu veux.
-Comme ça j'achète de quoi manger en chemin chez un restaurant que je connais très bien.
-Ok ça me va. À quelle heure tu veux que je vienne?
-On se retrouve chez moi dans 45 minutes?
-D'accord, à tout à l'heure mon amour.
-A tout à l'heure bébé.»
Ils raccrochèrent et Sherlock partit chercher un vrai festin. Il aimait les surnoms qu'ils se donnaient avec John. Le blond semblait avoir bien accepté le fait d'être amoureux d'un homme finalement.
John prit une douche et choisit sa plus belle chemise. Il s'habilla, passa un coup de peigne dans ses courts cheveux blonds et partit. Il avait appelé un taxi un peu avant, qui par chance était déjà en bas. John monta et donna l'adresse de Sherlock, il avait hâte de le retrouver. Il repensa en souriant au soir où il l'avait vu à travers sa fenêtre, à quel point il avait été gêné alors que maintenant ça lui semblait la chose la plus banale au monde. Plusieurs fois durant leur séjour Sherlock s'était promené totalement nu dans la suite.
Le taxi se gara devant chez Sherlock et sourit en voyant le brun qui attendait devant la porte. Le brun arriva à grandes enjambées et l'enlaça. Ils s'embrassèrent et John souleva son amant pour le porter à l'intérieur. Sherlock posa son front contre la joue de John et sourit:
«-Que j'aime que tu me porte comme ça!
-Je le sais bien, j'adore que tu sois comme ça dépendant. Tu sais c'est… j'ai vraiment l'impression d'être utile et aimé.
-Mais tu l'es. À la fois aimé et utile.
-Tant mieux, au fait chéri j'ai fini mon livre.
-Bien, mais on en parlera demain au bureau d'accord? Pour ce soir on est juste deux amoureux qui vont dîner, sûrement faire l'amour et dormir.
-D'accord, j'aime ce programme.»
Tout en discutant ils étaient arrivés dans le salon. John allongea Sherlock sur le canapé et l'embrassa langoureusement. Le brun se mit presque à ronronner de plaisir, il adorait les baisers de Sherlock. Le brun aimait le côté viril de John.
Les deux hommes mangèrent et firent follement l'amour avant de s'endormir dans le grand lit à baldaquin de Sherlock. C'était un lit deux places avec des draps en soie, des oreillers moelleux et des couvertures bien chaudes. Sherlock était nu, collé à John, tandis que le blond avait remit son caleçon. Sherlock était pire qu'une pieuvre quand il voulait garder quelqu'un sous son emprise, il avait réussi à emmêlé ses jambes et ses bras autour de John à un tel point que le blond pouvait à peine bouger si il le voulait.
Le lendemain matin les deux hommes se réveillèrent en début de matinée. Ils prirent un bon petit-déjeuner et partirent pour la maison d'édition. Sherlock sourit et caressa la joue de John en le regardant boire son café:
«-Tu es tellement beau, le soleil du matin donne une magnifique teinte à tes cheveux. J'ai très envie de te renverser sur la table et de te prendre sauvagement.»
John manqua de s'étouffer avec son thé en gloussant, le brun était vraiment direct quand il le voulait. Il se leva, s'approcha lentement de Sherlock et plongea son regard dans le sien. John tira doucement sur les boucles brunes et renversa la tête de Sherlock en arrière. Il prit ses lèvres dans un violent baiser, lui mordant même les lèvres pour lui montrer qu'il était à lui. Sherlock gémit sous cet acte, il aimait l'idée d'être soumis à John, il se foutait totalement d'être un « objet » appartenant à John. Le brun sentit son sexe durcir douloureusement sous les assauts de la langue de John.
Au bout de quelques minutes John se redressa, il avait fait follement l'amour à Sherlock sur la table du salon, avant qu'ils n'inversent les rôles et que Sherlock ne le prenne jusqu'à ce qu'ils viennent tous les deux. Il n'avait pas pu résister aux paroles plus que provocantes de l'éditeur. Le blond sourit et embrassa Sherlock, lui léchant paresseusement la lèvre supérieure:
«-Aller mon amour il faut se lever.
-Pourquoi? Je veux rester coucher avec toi toute la journée!
-Je sais mais on a du boulot.
-D'accord… comme tu veux. Mais c'est dommage.»
Ils s'habillèrent et partirent pour les maisons d'éditions Holmes.
Une fois dans le bureau l'ambiance changea. À présent ils étaient auteur et éditeur, plus amants. Sherlock s'installa sur son fauteuil et invita John à prendre place d'un geste. Le blond s'installa et sortit sa clé USB de sa poche:
«-Voilà, il y a tout mon livre ici.
-Très bien, je vais l'envoyer à un correcteur. Je sais déjà que ce sera parfait.
-D'accord, merci de votre confiance monsieur Holmes.»
Sherlock se mordit la lèvre en entendant son nom sortir de la bouche de John. Il ferma les yeux un instant pour se ressaisir. Miss Hudson offrit un bon répit en apportant du thé. Elle sourit à John de son air maternel habituel:
«-Vous formez un très beau couple.
-Merci madame Hudson, vous êtres trop aimable.»
Il sourit et la vieille femme retourna à son bureau. Au même moment le frère de Sherlock entra dans le bureau:
«-Bonjour mon cher frère, alors comment était ton voyage?
-Très bien merci.»
Mycroft regarda tour à tour Sherlock et John avant d'avoir une espèce de rictus ressemblant à un sourire:
«-Je vois que tu as fait bien plus que de profiter du salon là-bas…
-Mycroft s'il te plaît reste correct! Ce que je fais de ma vie privée ne te regarde pas!
-En effet, mais ce n'est jamais bien d'avoir une relation personnelle avec un collaborateur. Sans vouloir vous offensez, précisa-t-il à l'attention de John.
-Pas de problème, mais il est vrai que ça ne vous regarde pas ce qui se passe entre nous.
-En effet, mais je ne veux pas que mon frère se laisse emporter par ses lubies et que de ce fait il créé des problèmes à la maison d'édition.
-Il n'y aura pas de problèmes, je tiens moi-même à ce qu'il travaille correctement. Par exemple ce matin j'ai dû le traîner hors du lit sinon il y serait resté.
-D'accord… j'espère que ce que vous dites est vrai. Cette maison d'édition était la fierté de nos parents, et j'aimerai qu'elle le reste.
-Je comprend monsieur et croyez bien que je ferai tout mon possible pour que ça continue.»
Ils soutinrent le regard de l'autre pendant de longues minutes, aucun ne voulant baisser les yeux. Finalement Mycroft regarda son frère:
«-En tout cas fait au mieux mon frère, ne me fait pas regretter la confiance que j'ai en toi.
-Tu es ridicule, maintenant sors de mon bureau.»
Mycroft commença à se diriger vers la sortie quand le brun l'apostropha:
«-Au fait Mycroft, la prochaine fois que tu parles comme ça à John, tu auras des problèmes. Personne ne manque de respect à l'homme que j'aime.
-D'accord je le note dans un coin de mon esprit.»
Mycroft partit, jouant avec son parapluie comme toujours. Sherlock se pencha par-dessus son bureau et embrassa John:
«-Je me fout des règles, même si je suis ton éditeur je t'aime et je t'embrasse quand je veux.»
John lui caressa la joue en souriant:
«-Quel rebelle dis donc. Aller au travail chéri.»
Après un dernier baiser furtif Sherlock se remit au travail et John rentra chez lui, il fallait que le brun soit seul pour travailler correctement. John de son côté devait trouver un emploi à présent, il voulait prendre sa vie en main.
