Note de l'auteur :
Nous voilà [déjà] au chapitre 8... Waouh. Je suis toute bizarre lol !
BONE lecture !
Les jours se sont écoulés depuis ce "baiser"... Je ne savais toujours pas trop quoi en penser. Chara, elle, n'avait pas changé son comportement, c'était déjà ça. Mais je me demandais toujours pourquoi elle m'avait embrassée.
Je soupirais.
"Hum... Mademoiselle Dreemur ?
-Hein ? Oh, oui, vous disiez ?"
Je me reconcentrais sur le moment. J'étais face à l'ambassadeur français, quelqu'un d'aimable et sournois comme tout les autres ambassadeurs que j'ai rencontrés jusqu'ici, qui me parlait d'une possible alliance entre les monstres et les français. Sa proposition était très alléchante mais je n'osai pas accepter avant d'avoir eu le feu vert d'Asgore. Je l'interrompis en disant :
"Nous réfléchirons correctement à votre demande et l'Empire des Monstres vous remercie.
-O-Oui..."
Il se leva et s'en alla. Je soupirais une fois de plus. A cause de Chara, j'étais déconcentrée sur mon travail !
Le soir-même, je rentrais chez moi. Toriel me souhaita la bienvenue et je dis :
"Chara est rentrée ?
-Oui, elle est dans sa chambre. Elle m'a dit de te demander de venir la voir."
Hein ? Je me dirigeais donc vers la chambre de Chara et en ouvris la porte. Je la vis dans son lit, une feuille de papier entre ses doigts. Quand elle remarqua ma présence, elle se releva immédiatement en s'exclamant :
"Frisk ! J'ai besoin de ton aide, il faut que tu m'apprennes à lire le Wing-Ding !
-Pourquoi...? Tu ne t'es jamais intéressé aux langues anciennes !
-Je sais, mais... J'ai un proche qui la parle.
-Qui la parle ? C'est vieux de plusieurs millénaires ! A part les scientifiques qui l'utilisent pour leur rapport, et encore pas tous, personne ne sait la parler !
-Justement, c'est un scientifique ! Et... Il ne sait pas parler d'autre langues.
-Non, dis moi la vérité avant que je t'apprennes quoi que ce soit.
-Je t'en supplie, Frisk !
-"Je t'en supplie" n'est pas une vérité, Chara."
Je la regardais, attendant quelque chose de concret pour m'expliquer la situation, quelque chose que je puisse comprendre dans tout ce fatras de changements, ne serait-ce qu'une piste, une maigre lumière dans cet océan d'obscurité, mais pitié, donne-moi quelque chose de réel, Chara.
C'était ma seule pensée, ma seule idée, je sentais tout mes espoirs et toute mon attention se diriger vers ses lèvres fines en attendant qu'en sortent ces paroles libératrices. Elle tremblota légèrement avant de marmonner :
"Tu vas me prendre pour une folle, je ne peux pas t'en parler.
-Pourquoi ? Que je sache, j'ai eu une fille morte dans ma tête durant plusieurs années et j'ai pu en parler à maman, alors s'il te plaît, parle moi ! Tu sais que je suis compréhensive !
-Ce n'est pas entendre quelqu'un de mort, là. Enfin, en partie. Mais pas que. Cela révolutionne la totalité de notre réalité elle-même."
Elle m'intriguait, mais je n'en étais plus à quelques explications mystiques près. Il me fallait une justification qui tienne la route. Elle continua, sans doute encouragée par mon silence compréhensif :
"Je... Tu vois, Asriel ?
-Oui ?
-Il... Il m'a parlé. J'en suis sûre, j'ai entendu sa voix, je..."
Elle commença à faire de grands gestes, sans doute à cause de son angoisse grandissant, et à se balancer d'avant en arrière, comme si elle se retenait de tout me révéler. Elle poursuivit :
"Je l'ai... Je sais que c'était lui, j'en suis sûre, ce n'était pas un rêve, pas une hallucination, il.. Il va bien, Frisk ! Mon frère va bien !
-Mais tu l'as inventé. Ce n'est pas ton frère.
-C'est là que ça change tout ! C'est mon frère ! Il... C'est juste qu'à sa mort, il est allé dans un endroit, là, le... Le Vide. Du coup, tout le monde l'a oublié ! Il a aussi un ami avec lui, Gaster, l'ancien scientifique royal ! J'ai pas pu l'inventer, lui !"
Je restais figée, à l'écouter s'étaler en justifications, tentant de me prouver pas A B que non, elle n'était pas folle. J'avais sincèrement envie de la croire, mais... Deux gars coincés dans le "Vide" qui ne peuvent pas en sortir qu'on aurait tous oubliés qui se disent soudainement que parler avec Chara serait peut-être une bonne idée... J'avais une théorie beaucoup plus plausible : hallucinations passagères avec pour cause un surmenage ou une anxiété chronique, sans doute à cause de ses études.
Mais d'un autre côté, comment aurait-elle pu me marquer ces phrases en Wing Ding ? Comment aurait-elle pu avoir cette précision ? Et, surtout, quelle était la meilleure attitude à adopter ?
Décidant de privilégier la vérité, je dis :
"Ecoute Chara, tu peux comprendre que c'est dur à encaisser, tout ça pour moi. Est-ce que je peux, moi, entrer en contact avec Asriel ou l'inverse ?
-Hum... Je ne sais pas, c'est toujours eux qui entrent en contact avec moi d'abord.
-Qu'est-ce qu'ils te disent ?
-Asriel me parle surtout de ses espoirs de revenir ici et de sa joie de pouvoir m'observer -joie qui parfois n'est pas partagée surtout dans des moments que j'espérais intimes...- et Gaster aborde principalement des sujets techniques comme l'humeur d'Asriel ou bien l'heure à laquelle ils pourront me contacter.
-Vous avez prévu un rendez-vous téléphonique prochainement ?
-Le prochain de sûr, c'est dans une heure normalement. Tu... Tu me crois, Frisk ?"
Je la regardais, ma voix ne pouvant prononcer un mensonge. J'étais tiraillée entre mon envie de la croire et ma raison qui m'hurlait de ne pas la croire. Lui laissant le bénéfice du doute, je dis :
"Il me faut juste une preuve. Et là, je te croirais jusqu'au bout du monde.
-D'accord.
-Et sinon, c'était cette histoire qui te perturbait en ce moment ?
-Oui..."
Elle s'immobilisa quelques instants, ses yeux marrons virant à une teinte rougeâtre, signe d'une frustration ou bien de sa concentration. Elle marmonna :
"Un crayon. VITE."
Son ton avait sonné comme un ordre mais l'étrangeté de la situation me fit obéir sans discuter. Je lui passais une feuille en même temps. Elle se mit à griffoner tout en marmonnant :
"Il connaît pas le fait d'articuler, ce gars ?!"
J'observais les symboles qu'elle écrivait et je lus tout en m'exprimant à voix haute :
"Bonjour Chara, le Prince et moi avons écouté votre échange et nous te suggérons..."
Je me figeais, ne pouvant continuer à lire. Les mots qui suivaient étaient trop... Les mots qui suivaient étaient : nous te suggérons d'abandonner tout espoirs, ta détermination est insuffisante pour un apprentissage correct, abandonne et meurt de la seule façon digne pour un humain dans ton genre : le suicide.
Je tremblais. Chara ne comprenait pas le Wing Ding, ou du moins elle ne le savait pas. Et là, j'ai deux "possibilités" :
1. Chara ne connaît pas le Wing Ding et un idiot de scientifique vient de lui conseiller le suicide.
2. Chara connaît le Wing Ding et viens de me faire comprendre qu'elle avait des idées suicidaires.
Dans les deux cas, je crois que mon amie méritait un peu si ce n'est beaucoup de réconfort.
Je me jetais sur elle, l'enlaçant, dans un élan de compassion et de fraternité. Elle reposa doucement le crayon et la feuille à côté d'elle puis, maladroitement, me rendit mon étreinte en demandant :
"Pourquoi ?
-Réponds moi sincèrement. Est-ce que tu sais écrire le Wing Ding ?
-Non.
-Certaine ?
-Oui.
-Dans ce cas, je ne sais pas comment tu communiques avec le gars qui parle cette langue...
-Gaster.
-Oui, Gaster. Je ne sais pas comment tu parles avec lui, mais dis lui que c'est un gros connard et qu'il aille se faire foutre !
-Euh... Il t'entend.
-Tant mieux !"
On resta ainsi durant d'interminables secondes puis Chara marmonna :
"Euh... Frisk ? Espace vital.
-Ah, désolée.
-Asriel a hurlé de joie en m'expliquant à quel point il était heureux.
-Pourquoi ?
-Gaster t'a piégée. Il voulait déterminer si tu étais "digne de confiance". D'ailleurs, il va prendre contact avec toi."
J'attendis, impatiente de savoir si Chara avait raison et ma logique tort. Le souffle court, figée, j'attendais le moindre signe qui pourrait indiquer que.
Ce fut à cet instant que j'entendis une voix.
C'était du Wing Ding et je pus ainsi comprendre facilement :
"Bonjour, humaine. Pardonnez moi de vous avoir testée plus tôt, mais il était nécessaire que je m'assure de votre attachement à la princesse.
-Ah, c'est vous le connard qui doit aller se faire foutre ?
-Oui, j'ai beaucoup apprécié votre language des plus... fleuris.
-Eh eh...
-Bref. J'aimerais que vous preniez soin de Chara. Elle n'est pas folle, mais elle est dans une passe difficile. Asriel est réel, elle ne l'a pas inventée et de ce fait elle sait que les souffrances qu'elle lui a infligé sont réelles. Imaginez pousser votre frère jusqu'au suicide, ce n'est pas rien.
-Ce n'est pas...
-C'est comme ça qu'elle le voit. Chara est une adolescente dans un état émotionnel fragile et vous devez l'accompagner.
-Des gens plus compétents sont là pour elle.
-Non. A ma connaissance, seule une seule autre personne pourrait la comprendre, Sans.
-Ah. Problème en effet.
-Oui, j'étais sûr que vous comprendriez. Bref. Vous êtes la seule vers qui Chara peut se tourner. La seule. Prenez-vous conscience de la responsabilité que je pose sur vous épaules ?
-Ce n'est pas vraiment une responsabilité importante, par rapport à mon boulot d'ambassadrice, je...
-Si vous la faites pleurer, mieux, si vous ne l'aidez pas, je vous promets que je ferais de votre vie un Enfer.
-Et pourquoi ? Vous ne la connaissez même pas ! Elle m'a fait souffrir, elle aussi !
-Euh, Frisk...? demanda Chara
-Deux secondes, s'il te plaît. Donc, Gaster ?
-Je me FOUS de si oui ou non elle vous a fait souffrir, résultat, dans les faits, vous teniez le couteau, vous avez utilisé le RESET à maintes reprises, je vous ai vue, transperçant le corps de chacun de mes amis, tuant ma propre famille, décimant petit à petit la totalité des personnes que j'ai connues pour enfin terminer par mon propre fils ! Considérez moi comme extrêmement altruiste de ne pas vous tuer sur place !
-Vous ne pouvez pas.
-Si, en augmentant le nombre de données que je vous envoie. Si je crie dans une autre langue qui prends plus de place, vous mourrez. Et pas de RESET cette fois. Juste la mort."
Je sentais que ce Gaster n'allait pas me plaire à l'avenir, mais soit. Je me retournais vers Chara en marmonnant :
"D'accord.
-Bien, je vous laisse."
Celle-ci attendit que j'ai fini ma conversation pour me dire :
"Je... t'ai fait du mal ?
-Bie... Non, c'est moi.
-Hmm... Dans tout les cas, tu me crois maintenant ?"
Je la regardais, une centaine d'idées en tête quand je me penchais vers elle, déposant délicatement mes lèvres sur les siennes en marmonnant :
"Jusqu'au bout du monde."
Chara me fixa des yeux puis, rougissant légèrement, marmonna :
"Tu... m'as embrassée ?
-C'est pas ce que tu m'as fait la dernière fois ?
-C'était un stratagème pour que tu ne poses pas de questions !
-Juste ça, tu es sûre ?
-CERTAINE !"
Je la fixais, à moitié amusée, à moitié inquiète de l'avoir embêtée. Elle grogna :
"Mais toi par contre, tu l'as pas fait pour que je la ferme.
-Non, c'est ridicule de penser ça.
-Hmm. Du coup, on fait quoi maintenant ?"
Je commençais à éclater de rire avant de réaliser que... moi non plus je n'en avais aucune idée. Je marmonnais :
"Euh... Je sais pas, tu veux dire là maintenant en termes d'actions ou bien sur notre relation...?
-Les deux tant qu'à faire.
-E-Euh... P-P-P-Pour n-n-n-n-n-n-n-notre relation... O-On... Peut dire qu'on... e-est ensembles...?
-Non.
-Pourquoi ?!
-C'est de l'inceste, Frisk."
Je restais figée. C'est vrai ça. Chara est légalement ma soeur. Je la regardais du coin de l'oeil avant de marmonner :
"Bon... ben... Dans ce cas... On fait quoi ?
-Tout dépend de ce que l'on est prêtes à faire et à supporter pour notre relation. Es-tu prête à te faire insulter ? Es-tu prête à perdre plusieurs de tes amis ? Es-tu prête à subir des préjugés durant le restant de notre relation ? Es-tu prête à la réaction colérique de Maman ? Es-tu prête à éventuellement te faire éjecter de la maison ?
-J-Je...
-Es-tu prête à supporter les remarques homophobes que les gens vont forcément nous lancer ? Es-tu prête à essuyer publiquement des commentaires blessants sur nous deux ? Es-tu prête à entendre des gens qui vont soit te considérer en victime que je violente soit l'inverse ? Es-tu prête à retrouver des lettres de haine chaque matins dans ta boîte aux lettres ?
-Chara, je...
-Es-tu prête à avoir des gens qui te traitent de malsaine ou de folle ? Es-tu prête à entendre la condition des monstres rabaissée à cause du comportement considéré comme immature de leur ambassadrice ? Es-tu prête à voir des gens te siffler dans la rue ? Es-tu prête à voir les monstres eux-mêmes être révulsés par ton comportement ?
-Chara !
-Quoi ?
-Je suis prête à vivre tout ça ! Mais... Et toi ?
-Moi...? Ecoute, on m'a traité de démon, alors si on me traite de malsaine... Ca va avec le titre si j'ai envie de dire !"
Elle m'offrit ce qui, pour moi, fut le plus beau des sourires. Je dis :
"Et du coup... Par rapport à ce qu'on fait maintenant ?
-Oh, je sais pas, je suis fatiguée quand même...
-Ah, dans ce cas je te laisse dormir..."
Je me levais en partant quand j'entendis la voix de Chara clamer :
"HEY ! Tu dors avec moi !
-Hein ?!
-Ben oui ! Allez, illico presto !"
Je la rejoignais sous la couette, me sentant comme étrangère à ses côtés : tout s'est décidé si vite, je n'ai même pas mis au clair mes propres sentiments ! Je sentais mes sentiments instables, en concurrence avec ma haine. Mais quand elle m'enlaça, tout fut clair : Chara était ma raison de vivre.
Note de l'auteur :
Si c'est pas beau ça ? Hein ? Moi, je suis contente de moi, là ! YOUHOU!!!!! YES !!!! Je remercie une fois de plus tout ceux qui suivent, ont mis en favoris, commentent et bien sûr lisent l'histoire ! Laissez moi un petit commentaire, même si c'est juste trois mots, c'est de l'or pour nous les écrivains.
