- Serpentards !
Une seule soirée pouvait changer l'avenir du monde. Le Survivant, Harry Potter, avait été envoyé dans la maison des verts-et-argents, à la surprise générale. Celui que tous voyaient déjà comme une vulgaire copie de ses parents venait de les tromper de l'une des manières les plus belles qui soit. Et durant les trois années qui avaient suivi, il n'avait jamais cessé de s'éloigner de ce que James et Lily Potter avaient été. Se montrant aussi discret qu'il le pouvait, il avait appris à manoeuvrer son entourage à sa guise pour obtenir ce qu'il voulait sans n'avoir jamais besoin de se mouiller personnellement. Comme un vrai Serpentard. Il avait commencé par s'entraîner sur ses camarades, qui pour la plupart n'étaient pas ses amis. Du moins exception faite de deux petites brunettes, les jumelles Carrow, ainsi que de la jeune Ginevra Weasley. Il les avait trouvées particulièrement intéressantes lorsqu'il les avait rencontrées.
- Une nouvelle année commence, chantonnait joyeusement la rousse dans le Poudlard Express
- Espérons qu'elle soit plus calme que la précédente, lui avait répondu Hestia
Harry, lui, doutait très fortement que cela soit le cas. Les trois premières avaient été particulièrement peu reposantes et chargées en émotions fortes. Et cela malgré le fait qu'il avait essayé d'éviter les ennuis autant que possible. Personne n'était au courant en dehors de son petit groupe et de quelques professeurs au sujet de la pierre philosophale, de même qu'au sujet de ses implications dans le mort du basilic en deuxième année et dans la libération de Sirius Black quelques mois auparavant. Il les avait soigneusement dissimulées afin de ne pas être inquiété par qui que ce soit ou quoi que ce soit. Mais il y avait de fortes chances que le professeur Dumbledore, lui, se doute de quelque chose. Seulement … sans preuve le vieux sorcier ne pouvait rien faire.
- On s'est bien amusés pourtant l'année dernière, je trouve.
- Ta définition des jeux est quelque chose que je ne comprendrais jamais Gin'.
D'elles trois, Hestia était à la fois la plus prudente mais aussi celle qui se mettait le plus facilement en avant. Flora, elle, bien que beaucoup plus prompte à aider son prochain et à foncer tête baissée dans la première distraction comme un Gryffondor, se montrait bien plus timide et renfermée sur elle-même que ne l'était sa jumelles. Et puis il y avait Ginny, qui avait développée suite à leur rencontre et à sa possession par le journal de Tom Jedusor, un grain de folie et de sadisme. Mais paradoxalement, la rousse était aussi la seule de leur groupe à avoir encore un caractère un temps soit peu innocent. Eux trois … la vie leur avait déjà tout pris.
Et finalement, leur quatrième année n'eut absolument rien de reposant. Harry avait été le champion surprise du tournoi des trois sorciers, une compétition qui devait opposer des sorciers très puissants pour une importante somme d'argent ainsi qu'une gloire éternelle. La première tâche, ainsi que la seconde, avaient été des calvaires pour le brun, qui avait été obligé de dévoiler la majeure partie de son jeu. Et il n'aimait pas cela, malgré les avantages qu'il avait put en retirer, dont l'un était leur nouveau professeur de défense contre les forces du mal.
Désormais ses ennemis avaient conscience de ce qu'il était capable de faire, et perdre l'effet de surprise dans une guerre était quelque chose qui pouvait se révéler fatal aux meilleurs stratèges qui soient.
- Potter, je suis surpris de vous voir toujours ici.
- Jouons cartes sur table, monsieur, du moins si vous vous appelez bien Alastor Maugrey.
- Qu'est-ce que tu sous-entends là, gamin ?
Bien, il avait réussi à avoir son attention. Au fur et à mesure que les mois défilaient, le Serpentard avait repéré un certain nombre de choses au sujet de son enseignant, qu'il avait mis en relation, grâce aux jumelles, avec tout ce qu'il se passait au Ministère de la Magie depuis l'évasion de son parrain. Plus particulièrement au sujet des Croupton, qui semblaient ne jamais s'être totalement remis du scandale qui avait éclaboussé leur famille lors des procès qui avaient suivi la première guerre contre Voldemort. La politique et les divisions du camp Fudge étaient un autre point dont il pourrait tirer avantage à l'avenir, mais chaque chose en son temps.
- Votre vrai nom est Barty Croupton Jr., le fils officiellement décédé à Azkaban du directeur Croupton de la coopération magique internationale. Vous retenez probablement le vrai Alastor Maugrey quelque part, afin de lui prélever des cheveux pour votre polynectar, que vous volez par ailleurs dans la réserve du professeur Rogue.
L'usurpateur avait dégainé sa baguette, mais pas assez vite pour le brun. Harry s'était entraîné sérieusement en vue du tournoi des trois sorciers, y compris en duel.
- Bien joué gamin. Tu sais tout ce que j'ai fais, je suppose. Pour le Seigneur des Ténèbres.
- Je les devine dans le pire des cas, Bartemius. Mais je ne suis pas là pour ce vieil auror sénile et paranoïaque, ni pour les mensonges que vous nous avez raconté durant l'année.
- Alors que veux-tu ? lui demanda le mangemort
Harry sourit. Il savait manœuvrer les adultes aussi bien que ses camarades de classe.
- Je veux le pouvoir et tout ce qui va avec.
Le tournoi des trois sorciers s'acheva par l'échec de la résurrection du seigneur des ténèbres, qui déstabilisa aussi bien ses plus fanatiques fidèles que ses opposants. Il y avait eu une trahison, parmi les plus fidèles des mangemorts, au tout dernier moment, et qui avait eu des conséquences pour le moins surprenantes. La résurrection avait échoué, mais c'était le moindre des maux qui avaient frappé les sang-purs, car le cimetière avait été opportunément investi par les aurors. Ces derniers avaient sauvé Harry Potter de la mort et arrêté la majeure partie du premier cercle, à commencer par Lucius Malefoy en personne.
- Ce plan a été une véritable réussite mon petit garçon, félicitation.
- Grâce à vous, Barty. Sans votre intervention je serais mort là-bas, mais cela vous le savez déjà.
Une nouvelle guerre allait bientôt commencer, dans laquelle le Ministère et Dumbledore seraient impliqués. Mais sans les mangemorts, qui pour ceux encore en liberté devaient être complètement isolés et perdus, sans personne pour les guider, elle allait prendre une tournure bien différente
