Hello à tous !

Désolé d'avoir manqué la publication de la semaine dernière, mais j'étais malade et je vous avoue que j'ai eu beaucoup de difficulté à corriger le chapitre 17. Mais maintenant que c'est fait, je vous le poste, en espérant que vous prendrez plaisir à le lire. (désolé par avance si il reste quelques fautes, j'ai fait ça un peu rapidement pour pouvoir vous le poster aujourd'hui)

Enjoy à tous :)


Dorea se réveilla le lendemain d'une humeur maussade. La conversation qu'elle avait eue avec Dumbledore et son frère n'avait cessé de tourner en boucle dans sa tête durant la nuit.

Merope avait certainement dû utiliser un sortilège ou un philtre d'amour pour appâter ce beau moldu. Il ne pouvait en être autrement. Néanmoins, bien qu'elle demeurât la mère de Lord Voldemort, Dorea ne pouvait s'empêcher de ressentir de la pitié à l'égard de cette femme. Tom Jedusor était parti sans un mot un beau matin, la laissant seule, enceinte, avec la perspective de devoir élever son futur enfant dans la misère. Il n'y avait pas plus ignoble comme façon de faire.

Et cette bague… La bague que portait Gaunt quand il l'avait collée au nez d'Odgen. Cette même bague qui était l'héritage de la famille Peverell. Si Gaunt descendait de Salazar Serpentard, alors Serpentard descendait lui-même des Peverell, non ?

Peverell … Peverell … Il était étrange que ce nom lui signifiât quelque chose. Elle se promit d'effectuer une recherche approfondie lorsqu'elle aurait un peu de temps dans les jours suivants.

Dorea écarta les rideaux de son lit à baldaquin et vit la couche de Daphné vide de toute trace de la blonde. Elle devait certainement être dans la Grande Salle avec les autres.

Elle tenta un regard vers les autres couches et constata qu'elles étaient également vides. Souriant à elle-même, elle se recoucha dans son lit, se recouvrant de nouveau de ses draps et saisit le journal de conversation qui était posé sur la table d'appoint ainsi que d'une plume dans son tiroir.

Se mordillant les lèvres et ayant conscience qu'elle avait raté son rendez-vous quotidien avec son inconnu, elle espéra qu'il répondrait tout de même dans la matinée.

« Salut »

Dorea attendit quelques secondes, puis quelques minutes. Lorsqu'une dizaine de minutes défila sans qu'il n'y ait eu de réponse, elle soupira légèrement déçue. Elle entreprit donc de refermer le carnet, lorsqu'une phrase s'afficha dans une écriture de patte d'oie.

« Salut »

« Je suis désolé pour hier soir, j'avais oublié de te prévenir que j'avais un rendez-vous et que je ne pourrais pas être disponible ».

« Je n'ai pas pour habitude que l'on me pose des lapins. »

« Tu m'en veux ? »

« Tout dépend de ta réponse : était-ce un rendez-vous galant ? »

« Merlin non ! J'ai passé un peu de temps avec mon frère ».

Une quinzaine de secondes passa sans réponse de l'admirateur.

« Tu m'en veux toujours ? »

« On va dire que tu te rattrapes bien… Pour cette fois ».

« Si j'avais eu un rendez-vous galant, qu'est-ce qui aurait changé ?».

Plusieurs secondes passèrent de nouveau, sans réponse. Mais cette fois-ci, ce fut l'inconnu qui relança la conversation et Dorea écarquilla les yeux d'étonnement en lisant la dernière phrase qui avait été écrite.

« Je n'aurais pas supporté de t'imaginer avec un autre garçon ».

La plume de la rousse resta en suspens quelques instants puis en définitive, elle se mit à écrire :

« Pourquoi ? »

« Tu sais très bien pourquoi. Je ne t'ai pas offert ce carnet dans l'objectif de t'apprendre à faire du tricot ».

La serpentard s'esclaffa et se mordilla de nouveau la lèvre.

« Dois-je en conclure que nos conversations vont être différentes à partir de maintenant ? ».

« Peut-être bien, c'est à toi de décider ».

Dorea avala avec difficulté sa salive, sa bouche se desséchant subitement. Elle pouvait percevoir l'excitation tordre son estomac. Que devait-elle faire ?

L'image de Drago Malefoy picorant de baiser le cou de la jeune Greengrass s'imposa à elle. Et les paroles qu'avait eues Théo plus tôt dans la semaine résonnèrent dans son esprit : « Tu devrais peut-être profiter de cette attention et explorer quelque chose de nouveau, si tu vois ce que je veux dire. »

Dans le même temps, elle ne savait pas à qui elle avait à faire. Et ce genre de conversations, si elles tombaient entre de mauvaises mains pourraient avoir de mauvaises répercutions sur sa réputation qui avait déjà assez en pâtit jusque-là.

- On se réveille marmotte ! se récria Daphné qui rentra en trombe dans la chambre.

La blonde pila sur place en constatant l'état de sa meilleure amie.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? questionna l'aîné Greengrass.

C'est donc avec empressement que Dorea dissimula le journal sous son oreiller.

- Rien, fit-elle, recouvrant une expression stoïque tout en se levant de son lit. Je traînais un peu, voilà tout.

- Eh bien, sois-en bas dans dix minutes, on aimerait aller faire un tour au Parc pour profiter des derniers rayons de soleil de septembre.

- D'accord, j'y serais, mais je dois passer à la volière expédier des lettres à ma grand-mère et à ma tante.

- Ça marche ! fit Daphné en ressortant du dortoir.

Lorsque la porte se referma, Dorea saisit son carnet sous l'oreiller et relut la dernière phrase de l'admirateur secret. Sans plus tergiverser, l'exaltation se mélangeant à la peur de l'inconnu, elle reprit sa plume et écrivit :

« Je vais sous la douche, mais j'espère approfondir cette conversation plus tard. »

Une réponse vint aussitôt.

« Je l'espère aussi Dorea Artwood ».

Un sourire désinvolte fleuri sur les lèvres de cette dernière tandis qu'elle referma le petit journal qu'elle posa sur sa table de chevet, la plume dessus.

La semaine défila à une allure effrénée. Les incantations informulées ne furent plus seulement demandées durant le cours de Défense contre les forces du Mal, mais également en Sortilège et Métamorphose. Les devoirs qu'ils devaient rendre étaient bien plus conséquents que l'année précédente. Dorea passait son temps libre entre les cours, soit à la bibliothèque avec Harry, Ron ou Hermione ou dans sa salle commune avec Daphné, Blaise ou Théo, à rédiger des dissertations longues de quarante centimètres ou bien effectuer des recherches approfondies dans les grimoires de la réserve. Et le soir, après sa retenue avec Rogue, elle le passait avec son mystérieux correspondant, blottie dans son lit. Les conversations étaient restées sages jusque-là, mais elle sentait bien son inconnue légèrement sur la retenue. Néanmoins, il avait le don de la sortir de ses soucis quotidiens, et en particulier un : Drago Malefoy.

Elle ignorait toujours autant le jeune homme, mais remarquait ses absences régulières en-dehors de leur cours communs. Le dîner aussitôt englouti, il disparaissait et revenait, selon les dires de Blaise et Théo, à des heures indues. Et lorsque Dorea avait le malheur de devoir se retrouver en sa compagnie, il était indubitablement collé à Astoria Greengras. Il se faisait un plaisir de l'embrasser avec ferveur lorsqu'elle se retrouvait systématiquement dans les parages. Elle percevait bien ses œillades en coin, ou bien quelques fois, il la regardait si fixement et avec une telle intensité qu'elle se mettait à rougir aussitôt, bien trop mal à l'aise.

Pour finir, Vaisey avait pris l'habitude de l'accoster dans les couloirs ou bien dans la salle commune à la moindre occasion. Et Dorea devait reconnaître qu'elle appréciait de plus en plus leurs échanges.

C'est donc avec une certaine légèreté qu'elle se dirigeait vers le terrain de Quidditch en cette matinée, le samedi suivant. Les essais de son équipe étaient sur le point de commencer et elle n'avait qu'une hâte : remonter sur un balai de course.

Lorsqu'elle arriva dans les vestiaires de Quidditch, seul Malefoy, était présent. Installé sur le banc au centre, il avait déjà revêtu son uniforme. Dorea ne pouvait s'empêcher de remarquer comme le pull à l'effigie de l'équipe de Serpentard saillait parfaitement son torse musculeux. Il était en train de polir le manche de son Nimbus 2001 lorsqu'elle referma la porte dans un claquement léger.

Il leva brièvement les yeux pour les abaisser aussitôt vers son balai. Dorea ressentit une certaine frustration face à l'indifférence du blond. Un sentiment qui devenait pourtant coutumier au fil des jours qui passaient. Et le plus malheureux dans cela, c'est qu'elle commençait à s'y habituer. Cette frustration continuelle était comme un compagnon de route qui avait pris pour routine de se rappeler à son bon souvenir lorsqu'elle vivait ces instants incommodants.

Elle toussota pour se redonner bonne contenance et chemina vers son propre casier, ne remarquant pas le jeune homme la contempler du coin de l'œil.

La jeune Lady ouvrit le casier et découvrit avec un certain soulagement que son Éclair de Feu avait bien été déposé le long des étagères. Un sourire fleurit sur ses lèvres rosées et elle saisit sa tenue dans le but de se réfugier dans la salle d'eau pour se changer.

- Eh bien, on joue la pudique dorénavant ? ricana Drago sans lever son regard orageux vers elle.

Dorea se retourna vers lui, les sourcils froncés.

- Je te demande pardon ?

Le blond soupira et déposa son balai en équilibre contre le pilier qui maintenait le banc au plafond.

- Tu es pathétique Artwood, cracha-t-il, le ton suintant cette véhémence particulière qu'il lui réservait chaque fois qu'il s'adressait à elle.

Dorea savait bien que le blond cherchait simplement à la provoquer ou même à se jouer d'elle. Et elle n'avait aucune envie de rentrer dans son jeu malsain.

- Laisse-moi en paix, Malefoy.

- Si je le veux, rétorqua-t-il mauvais.

Dorea soupira de lassitude et secoua le chef de dépit avant de partir dans la salle d'eau et refermer la porte sèchement sous l'œil mauvais du blond.

Drago obstrua ses prunelles et expira sa nervosité. Cela avait été plus fort que lui, il n'avait pas pu s'en empêcher. La voir tous les jours était un supplice pour lui et ça en devenait presque une obsession, telle, qu'il ne pouvait pas se concentrer sur sa mission. Et ça faisait seulement deux semaines qu'ils étaient de retour à Poudlard.

Il tentait bien de libérer cette frustration avec Astoria, mais à chaque fois, ça lui laissait un goût amer comme s'il avait l'impression de « tromper ».

Quelques minutes plus tard Dorea ressortie vêtue de son uniforme, déposa sa robe de sorcière dans son casier et saisi son balai pour se diriger vers la sortie qui menait directement au terrain. Et tout ceci sans même lui décocher un regard.

D'un mouvement nonchalant, Drago se leva à son tour, prit son balai et emprunta le même chemin. Lorsqu'il fut dehors, il la vit alors s'engager dans un footing. Il la contempla quelques instants, ne pouvant s'empêcher d'admirer sa silhouette. Les larmes lui vinrent subitement aux yeux, une immense douleur vive perçant sa poitrine.

- Tout va bien Drago ?

Le blond se tourna vers son ami, Blaise Zabini qui venait d'arriver à sa hauteur, balai en main.

- Oui, ça va, fit-il sèchement.

Puis il s'avança vers le terrain, posa son Nimbus près du balai de la rousse et entreprit de s'échauffer à son tour.

Bientôt, les membres de l'équipe ainsi que les candidats qui postulaient aux postes de batteurs et de gardien se retrouvèrent au centre du terrain, autour du nouveau capitaine : Colin Warrington. Tandis que Dorea écoutait attentivement les instructions de son nouveau capitaine, elle vit Daphné et Théo s'installer dans les gradins, affichant une expression affligée, parlementer et secouer la tête de droite à gauche de temps à autre. Elle grigna le front, devinant qu'il avait certainement dû se passer quelque chose. Quoi ? Elle le saurait bien plus tard, en attendant, elle devait se reconcentrer sur son capitaine qui donna le coup d'envoi des essais.

Alors que les candidats se mettaient en place pour la traditionnelle course autour du terrain, Dorea, Blaise et Drago restèrent auprès de Colin, tâchant d'observer et de conseiller ce dernier dans ses choix.

Colin porta le sifflet à ses lèvres et la course démarra aussitôt.

- Tu sais que Vaisey t'est très reconnaissant pour l'entrainement de la semaine dernière, Dott', dit Colin.

- Je n'ai pas fait grand-chose, répondit la jeune Artwood. Il n'a pas été encore sélectionné.

- Je crois qu'il a surtout apprécié passer du temps avec toi, dit Colin en lui adressant un clin d'œil complice.

Drago lança une œillade furibonde à son capitaine ce que Dorea, tout comme Blaise, ne manqua pas de remarquer.

- Tu devrais lui laisser une chance, ajouta le septième année.

- Je n'en sais rien, Colin, répondit Dorea avec hésitation.

- Aidan est plutôt pas mal, mais il ne restera pas éternellement célibataire. Et je pense que ça pourrait matcher entre…

- Elle a dit qu'elle n'était pas intéressée, interrompit Drago froidement.

Tous se tournèrent vers lui, chacun surpris par sa prise de position.

- On n'en a rien à foutre des histoires de cul d'Artwood, cracha-t-il irascible. On peut se concentrer sur ces scroutts qui ne savent même pas mettre un pied devant l'autre, rajouta-t-il en désignant les candidats qui étaient déjà essoufflés durant leur course.

Colin redevint silencieux tout comme Drago et tous deux reportèrent leur attention sur les serpentards qui s'engageaient dans leur troisième tour de terrain. Dorea et Blaise échangèrent un coup d'œil déconcerté.

Les essais se passèrent relativement bien et ils finirent par un match amical, plaçant les candidats à différents postes.

Ils se retrouvèrent deux heures plus tard dans les vestiaires, les quatre équipiers parlementant entre eux.

- Je pense que ce serait une erreur de reprendre Crabbe au poste de batteurs, dit Dorea. Il ne sait même pas faire la différence entre sa tête et un cognard, chuchota-t-elle.

- Tu dis ça parce que tu le détestes, contra Drago à voix basse. On n'a pas besoin qu'il fasse la différence entre quoi que ce soit. Il a de la force et c'est tout ce qui compte.

- Et Vaisey ? Et Higgs ? demanda Colin.

- Vaisey est rapide et très agile, parfait pour le poste de gardien, murmura Dorea.

Drago étouffa un ricanement hautain.

- Qu'est-ce qu'il y a encore Malefoy ? s'exaspéra Dorea toujours à voix basse.

- Je me rends simplement compte que tu as le cœur entre les jambes.

Dorea plissa les yeux et serra les dents, tout en croisant les bras devant elle.

- Ce que tu peux être vulgaire Malefoy, grimaça Dorea.

- Si mes souvenirs sont bons, ça te plaisait avant, non ?

- Ta gueule Malefoy. Vaisey serait un atout pour l'équipe. Ça n'a rien à voir avec moi.

- Tu veux le recruter pour ses compétences physiques et non sportive.

- Jaloux Malefoy ? s'amusa Dorea.

- Bon, ça suffit tous les deux, coupa Colin sèchement.

- Je vous propose de reprendre Crabbe au poste de batteurs avec Higgs, dit Blaise dans un murmure. Et Vaisey en gardien ?

Tous échangèrent un regard, puis finalement, Colin hocha le chef, acceptant la proposition de Blaise. L'équipe se tourna alors vers le reste des serpentards patientant sur les bancs au fond du vestiaire.

- Bien, nous avons pris notre décision, annonça Warrington d'une voix forte. Dorea, fit-il en se tournant vers elle.

- Vincent reprend son poste de batteur, poursuivit-elle d'une voix franche et rude. Higgs avec, et Vaisey au poste de gardien. Merci à tous.

Certains se levèrent la mine affligée tandis que Vaisey et Higgs sourirent franchement et Crabbe les contemplaient de son habituelle expression déphasée.

- Vient Crabbe, j'ai besoin de toi et de Goyle pour un truc, dit Malefoy en se dirigeant vers la sortie, non sans fusiller la rousse de ses orbes métalliques.

Blaise, puis Higgs, et enfin Colin sortirent de la pièce alors que Dorea entreprit de ranger les balais de l'école, prêtés à certains candidats, dans le placard prévu à cet effet.

- Euh… tu veux que je t'aide ? demanda une voix hésitante dans son dos.

Elle se retourna et vit que Vaisey était toujours présent.

- Oh, Aidan ! fit-elle surprise. Je croyais que tu étais parti. Oui, je veux bien. Si tu peux remettre le coffre dans le bureau de Madame Bibine, ce serait merveilleux.

Aidan hocha la tête, chemina vers le bureau de Colin où était posé le coffre puis referma le couvercle et attrapa les anses, jouant de sa force pour porter la malle.

Tandis qu'il sortit du vestiaire, Dorea ferma le placard et saisit son Éclair de Feu, posé sur un banc pour se diriger vers son casier et ranger de même son balai de course. Aidan revint à cet instant, alors qu'elle cadenassé le placard.

- Tu as fait une très bonne sélection, le félicita Dorea.

- Je te remercie, sourit Aidan. C'est en partie grâce à toi, tu sais ?

- Je n'ai rien fait à part te donner quelques tuyaux.

Ils sortirent ensemble du vestiaire, se dirigeant tout deux vers le vestiaire.

- J'ai pu remarquer que c'était légèrement tendu entre Drago et toi ? fit Aidan.

Dorea sentit une tension s'instaurer subitement entre eux et la jeune femme comprit que le septième année venait de poser la question à laquelle il voulait certainement des réponses.

Du coin de l'œil, elle lui lança un regard alors qu'ils atteignaient les serres.

- Légèrement tendu est un euphémisme, répondit-elle dans un soupir.

- Donc… il n'y a plus rien ? Entre vous, je veux dire ? demanda-t-il hésitant.

Dorea sentait bien qu'à cet instant, le jeune Vaisey marchait sur des œufs.

- Ses démonstrations de bécotage avec Astoria Greengrass devraient te fournir une réponse suffisante, rétorqua la jeune Artwood un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu.

- Mmmmh, fit pensivement le jeune homme.

À peine le silence se fut installé entre eux, que Vaisey reprit la parole.

- Je trouve qu'il s'est comporté en véritable connard avec toi, murmura-t-il. Je comprends que tu ne veuille plus lui adresser la parole, c'est vraiment…

- Aidan, on peut arrêter de parler de lui, coupa Dorea, son ton claquant dorénavant l'air.

Ils étaient à présent arrivés dans le hall d'entrée et ils s'arrêtèrent devant l'entrée de la Grande Salle, l'un revêtant une expression quelque peu surprise, l'autre fixant son congénère avec mépris.

- Euh… je suis désolé, je ne voulais pas te contrarier.

- Eh bien, c'est fait à présent. Si tu veux bien m'excuser, je vais rejoindre mon frère. Ce sera plus productif que de parler avec toi, dit Dorea froidement.

Sans attendre de réponse, elle fit volte-face et se dirigea vers la table des Gryffondors sous le regard navré du jeune Vaisey.

Dorea rejoignit donc directement son frère, déjà en tenue à son instar bien qu'il soit tout de rouge et or vêtu. Elle prit place près de lui et sans autre forme de procès, se saisit de l'assiette de Ron face à elle, dont il était en train de dévorer une cuisse de poulet.

- Hééée ! protesta-t-il.

- Tu dois être léger sur un balai Weasley, tu me remercieras lorsque tu auras réussi le recrutement, fit-elle en se resservant de pomme de terre. J'ai hâte de voir les essais de Gryffondor ! poursuivit-elle avec un enthousiasme feint.

Harry, Ron et Hermione s'échangèrent un regard bref et perplexe.

- Tu comptes regarder les essais de l'équipe de Gryffondor cet après-midi ? interrogea son frère les sourcils froncés.

- Eh bien oui, répondit la verte et argent en haussant des épaules. Tu es le nouveau capitaine de l'équipe, je veux te soutenir.

- Sans te vexer sœurette, je pense que c'est une mauvaise idée.

- Pourquoi ?

Harry détailla de haut en bas sa tenue de Quidditch.

- Et alors ?

- Je ne veux pas donner à Warrington un coup d'avance.

- Je ne dirais rien ! insista Dorea.

- Tu sais, je t'aime Dott', dit Harry en posant tendrement une main sur son épaule. Mais dans le Quidditch, il n'y a plus de lien filial qui tienne. Je veux écraser Serpentard cette année, déclara-t-il avec détermination.

Sans attendre de réponse de sa part, Harry l'embrassa sur la tempe et se leva, accompagné de Ron et Hermione qui lui lancèrent un regard désolé et tous trois sortirent de la Grande Salle sous les yeux exorbités de la serpentard.

Elle finit son repas assez rapidement quelque peu déçu et descendit dans sa salle commune pour rejoindre son dortoir. Elle rencontra Théo, Blaise et Daphné installés dans l'un des canapés non loin de la cheminée, discutant à voix basse.

- Salut, dit-elle d'un ton enjoué.

Elle s'affala sur le canapé, à côté de Daphné et c'est à ce moment qu'elle prit conscience des mines abattues de ses amis.

- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle.

La blonde soupira et lui tendit le journal qu'elle tenait entre les mains.

- Lis, lui indiqua-t-elle.

Dorea tout en fronçant les sourcils, observa sa meilleure amie, dubitative puis porta son attention sur l'édition de la Gazette du sorcier du jour même.

- Stanley Rocade, lut-elle à voix haute, contrôleur du Magicobus, ce moyen de transport très apprécié des…

- Non, sixième page, interrompit Théo. On s'en fiche de ce miséreux qui se fait passer pour un Mangemort.

Dorea tourna les pages du journal et ses yeux accrochèrent la photo d'un manoir majestueux, dont le toit découpait le ciel de ses hautes toitures cylindrées. Le cliché avait été pris à travers un portail de fer, les lances pointant le ciel de leur bout tranchant. Un « M » divisait le centre de la grille.

Cette deuxième perquisition au domicile du Mangemort, Lucius Malefoy, ne semble pas avoir donné de résultat. Arthur Weasley, du Bureau de détection et de confiscation des faux sortilèges de défense et objets de protection, n'a déclaré que son équipe agie sur la foi d'un renseignement fourni par une source confidentielle.

Dorea releva lentement la tête et observa ses amis.

- Un renseignement fourni par une source confidentielle ? répéta-t-elle. Qui ça peut bien être ?

- Oh, plein de monde, dit Théo. Ce qui est étrange, c'est que le Manoir a été fouillé de fond en comble juste après l'arrestation de Lucius. Pourquoi refaire une perquisition ? Qu'est-ce qu'ils croient ? Que les Malefoy cachent encore des objets dangereux sous le tapis de leur salon ?

Tous regardèrent Théo fixement.

- Ouai, en fait, c'est tout à fait probable.

- De toute manière, il ne faut surtout pas en parler à Drago, dit Blaise. Habituellement, il ne lit pas la Gazette et personne dans l'école n'osera lui en parler – il se leva et prit le journal entre les mains de Dorea puis le jeta dans les flammes de la cheminée et se tourna vers ses amis – je suis d'avis à ce qu'on le préserve de tout ça ?

- On le préserve, fit Daphné.

- On le préserve, dit Théo.

- Dott' ?

- Bien que je le déteste et qu'il me déteste, je pense qu'il n'a pas besoin de ça. Alors… on le préserve.

0o0

- Ah la voilà, je la cherchais partout ! s'exclama Slughorn alors que Dorea venait de sortir de la salle commune pour aller dîner, accompagné de ses amis.

- Monsieur ? dit-elle poliment.

- Je donne un repas dans mes appartements ce soir. Nous aurons le plaisir d'accueillir la charmante Melinda Bobbin. Monsieur Zabini, vous êtes également le bienvenu, fit le professeur en se tournant vers Blaise.

- Ce serait avec grand plaisir Monsieur, répondit Blaise en souriant de ses dents.

Dorea lui jeta une œillade discrète, la mine écœurée.

- Et vous Dorea ? Puis-je compter sur votre présence ?

- Malheureusement, Monsieur, j'ai ma retenue avec le professeur Rogue, répondit-elle sur un ton d'excuse.

- Quel dommage ! s'exclama-t-il. J'aurais aimé que vous soyez présente, mais je ne souhaite pas me mettre à dos le professeur Rogue, vous comprenez.

- Euh…

- J'ai proposé à votre frère également dans l'après-midi, poursuivit le maître des potions, mais le professeur Rogue a refusé de lui donner sa soirée, expliqua-t-il. C'est terriblement dommage de ne pas pouvoir vous compter parmi nous ce soir, mais enfin, ce n'est que partie remise, fit-il avec un peu plus d'engouement.

- Oui, effectivement, murmura Dorea.

- Bien alors, Blaise, nous nous retrouvons à huit heures dans mes appartements ?

- C'est entendu.

- Et Dorea, j'espère que la prochaine fois, sera la bonne.

Le professeur Slughorn s'en alla en direction de ses appartements qui se trouvaient non loin de leur salle commune.

- J'imagine que tu préfères aller en retenue avec Rogue que te coltiner un dîner avec Slughorn et ses favoris ? demanda Théo.

- Tu imagines bien ! soupira Dorea avec soulagement.

Ils atteignirent le Hall d'Entrée et virent Vaisey discuter avec ses amis alors que lui-même sortait de la Grande Salle. Il la salua timidement, mais la jeune femme l'ignora superbement. Elle avait loin d'oublier la conversation du matin même. Pourquoi fallait-il que les gens autour d'elle ramènent tout à Drago Malefoy ?

Néanmoins, son geste ne passa pas inaperçu auprès de ses amis.

- Pourquoi tu n'as pas salué Aidan ? questionna Blaise alors qu'ils s'installaient à leur place autour de la table des verts et argent.

- Il m'a énervé ce matin, répondit la rousse simplement.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? interrogea Daphné qui se saisissait du plat de purée de pois chiche.

- Passe-moi le poulet Théo, je meurs de faim, éluda Dorea.

Le jeune Nott s'exécuta et haussa les épaules à l'adresse de ses amis devant leur mine interloquée.