Salut salut tout le monde ! Je suis désolée de toute cette absence, je n'ai pas eu le temps ni le courage de publier de nouveaux chapitres :( J'ai eu de très mauvais résultats au bac qui m'ont conduite aux rattrapages avec 65 points de retard, et finalement je n'en ai rattrapés que 25... Donc, je redouble. Voilà voilà. Ensuite j'ai eu un travail d'été sur un terrain de concours hippiques qui m'ont pris énormément d'énergie et de temps, je crois que je n'avais jamais été aussi fatiguée ! Mais me revoilà et je vais essayer de poster de nouvelles parties plus régulièrement maintenant que j'ai fini et que je suis plus souvent chez moi ! Donc voici la suite, j'espère qu'elle vous plaira !
Merci à Sahomi pour sa review ! Eh non je ne suis pas tombée sur Oedipe mais sur Bovary... J'étais dégoûtée ! Mais bon tant pis, on se reverra l'année prochaine... Contente que ma fiction continue de te plaire ! J'espère que ça va continuer !
Sur ce, la suite !
Spencer regardait Abigail depuis plusieurs minutes, par fractions de secondes. Elle n'était pas comme d'habitude. La lumière habituelle dans ses yeux n'était pas là, et il y avait quelque chose de différent dans la manière qu'elle avait de se tenir, un abandon qu'on retrouvait chez les personnes tristes. Même s'il ne la connaissait pas encore beaucoup, c'était trop inhabituel pour qu'il passe à côté. Après un moment passé à hésiter, il profita que les agents se dispersent pour chercher des documents et qu'elle passe devant lui en suivant Garcia pour l'interpeller.
« - Abigail, quelque chose ne va pas ?
- Si, très bien !
- Menteuse. Tes épaules tombent et tu souris sans plisser les yeux. »
Un soupir.
« - J'avais oublié qu'on ne peut rien cacher à un profiler...
- Désolé. »
Abigail hésita avant de décider de lui parler.
« - Bon... Avant de commencer à travailler dans la crèche, j'ai été – et je suis toujours – bénévole dans une association qui aide les sans-abris. Ça fait environ deux ans. J'y ai vu défiler tellement de choses, presque un univers entier. C'est un travail que j'aime faire, même s'il arrive parfois qu'il y ait des incidents, entre deux vieux rivaux par exemple, ou à cause d'impatients qui ne veulent pas attendre. C'est une sorte de boutique où on donne des soupes chaudes avec du pain. Et on y met de vrais moyens ! Pas question de leur servir de l'eau chaude avec des légumes qui surnagent, et un croûton rassi. Non, c'est de la vraie soupe faite maison, et du pain bien frais, en quantités astronomiques afin de pouvoir en donner à tout le monde. Si tu savais, Reid... j'ai vu des personnes éteintes se ranimer en mangeant quelque chose de bon, d'autres tendus comme des arcs se détendre, des coléreux qui s'apaisaient, des résignés reprendre espoir... Il en a même qui pleurent parfois parce qu'ils mangent quelque chose de chaud après des mois à faire les poubelles.
« Ça ne faisait pas longtemps que j'y aidais lorsque l'ai vu pour la première fois. Il devait avoir la cinquantaine, portait une gavroche de français, des vêtement abîmés mais à peu près propres... Ce qui m'a frappée, c'était son regard. Éteint, perdu, triste... Des yeux pleins d'une eau qui ne coulait pas. Il est resté dans la queue sans s'impatienter, il a dit merci, je lui ai souri spontanément en répondant que c'était normal, sans réfléchir... Et il a fondu en larmes. J'étais terrifiée, tu n'imagines même pas comment ! J'ai demandé à ce qu'on me laisse sortir et je l'ai rejoint dehors. Il était tellement bouleversé qu'il risquait de renverser son bol, alors je l'ai posé ailleurs. Je lui ai tendu un mouchoir et frôlé ses doigts. Par réflexe, je crois, il s'est accroché aux miens, et même si j'étais prête à crier au cas où il tenterait quelque chose, je ne l'ai pas retirée. Il a fini par se calmer. Il m'a regardée droit dans les yeux, et j'ai vu qu'ils contenaient moins d'eau.
« Il est revenu presque tous les jours. Au début, et il mangeait en silence et je restais à côté de lui, parce qu'il me le demandait, mais toujours poliment, sans avoir l'air de l'espérer même si je voyais qu'il avait peur que je le rejette. Peu à peu, il s'est mis à me raconter comment il avait pu atterrir là. Il s'exprimait bien, ne sentait jamais l'alcool, il avait un léger accent que je n'ai jamais su identifier. Il avait une histoire comme tant d'autres, licencié par réduction de personnel, puis la descente aux Enfers... À son âge, il ne pouvait plus réellement espérer être embauché quelque part. Sans travail, il ne pouvait pas non plus espérer garder son appartement. Il l'a perdu, en gardant juste un gros sac de randonnée avec des vêtements et quelques produits d'hygiène. Il n'avait personne pour se soucier de ce qu'il devenait. Divorcé, sans enfant, brouillé avec ce qu'il lui restait de famille... Il pouvait disparaître sans que cela creuse de vide derrière lui. Il a pu se passer de faire la manche pendant quelques temps grâce à ses espèces, jusqu'à ce qu'un autre lui vole. Ça faisait plusieurs mois qu'il faisait les poubelles quand je l'ai rencontré.
Je me suis prise d'affection pour lui. Au bout de quelques temps, je lui ai ramené de quoi se laver aux douches publiques, parfois de l'argent, une couverture quand il faisait froid la nuit... il disait qu'il détestait être dépendant d'une fille de mon âge, mais je voyais bien qu'il était très touché. Je me rappelle qu'il m'a dit qu'il avait pleuré à notre rencontre parce que je lui avais dit spontanément que c'était normal, or j'étais la première à dire ça sincèrement, en le regardant dans les yeux et avec un sourire naturel. Il m'a dit que bien souvent, dans les associations, les gens ne répondent pas aux remerciements, comme si c'était un dû. Alors à chaque fois qu'il me remerciait, je faisais de mon mieux pour lui faire comprends que je pensais sincèrement trouver ça normal de l'aider. Et chaque fois, je voyais qu'il était ému.
Petit à petit, je me suis aussi ouverte à lui. Je lui ai raconté mes peines de cœur, mes coups de gueule, mes journées. On échangeait, et nous nous sommes rapprochés. Il est devenu un peu comme mon second père, et j'ai pris la figure de la fille qu'il n'aurait jamais.
Il me disait sans cesse que j'en faisais déjà suffisamment lorsque je disais que je lui ramènerais quelque chose en plus, mais je voulais toujours en faire davantage pour lui. C'est vrai qu'il avait moins cette allure de vaincu, il se tenait plus droit et plus ferme. J'aurais aimé pouvoir l'héberger, mais mon copain de l'époque ne voulait pas, comme quoi ça pouvait être dangereux, et de toute manière il avait trop de fierté pour accepter, alors même que l'hiver allait arriver. Nous avons eu beaucoup de discussions plus ou moins houleuses à ce sujet.
Et puis je suis tombée malade. Une grippe carabinée, je ne te raconte même pas ! J'ai été clouée au lit pendant une semaine. Lorsque j'ai été remise et que j'ai repris mon travail et mon bénévolat, il n'était plus là. Je l'ai cherché partout où j'avais l'habitude de le voir, j'en ai parlé aux bénévoles... Je n'étais même pas sûre de connaître son prénom, je ne pouvais pas appeler d'associations où il aurait pu se réfugier avec l'arrivée de l'hiver ! Il avait dû croire que je m'étais lassée de lui venir en aide et s'était effacé... ça va faire un an, et c'est pour ça que cette période ne m'est pas très... »
La jeune femme s'interrompit. Des larmes faisaient scintiller ses yeux. Spencer, désolé, se demanda s'il devait dire quelque chose ou faire un geste, mais il n'osa pas. Il pouvait juste être heureux de voir qu'elle lui faisait assez confiance pour s'ouvrir autant à lui. Il parvint finalement à lui frôler l'épaule du bout des doigts, brièvement, et elle lui adressa un sourire un peu tremblant qui ressemblait à un remerciement pour le geste.
« - Merci de m'avoir écoutée. »
Elle s'éloigna, les épaules encore plus voûtées, pour aller vers les toilettes et sûrement y lâcher l'eau salée qu'il avait vue dans ses yeux. Après s'être isolé dans ses pensées pendant un moment comme il savait si bien le faire, Spencer se leva et chercha ce qu'on lui avait demandé, sans que la discussion ne cesse de passer et repasser dans sa tête.
Et voilà ! J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à me le dire en review, et aussi si vous avez des idées de shots à me proposer, je vous invite à me le dire aussi, même si j'en ai fait quelques-uns d'avance et me trouve avec une quinzaine en tout, et encore des idées à mettre en forme et écrire, je redoute de me retrouver à court donc... Proposez ! :D
À la prochaine ! :)
