Yoooo tout le monde :D Voici la nouvelle partie de We could be stars, we could be rose gold. D'ailleurs si jamais vous ne savez pas d'où est issu le titre, c'est une lyric de la chanson Rose Gold des Pentatonix qui est un groupe que j'aime énormément. Je vous conseille d'aller l'écouter, je la trouve vraiment belle, à écouter comme à lire, les paroles sont parlantes, du moins pour moi. Voilà !

Sur ce, je vous laisse avec ce chapitre-là, qui est divisé en plusieurs parties comme le précédent, j'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture !

Abigail n'était pas membre de l'équipe, mais les agents avaient accepté qu'elle vienne pour cette fois. Rien ne la retenait à Quantico, pas même ses élèves qui étaient en vacances. Elle avait donc rempli sa valise et les avait rejoints pour prendre leur jet privé au soir afin de partir dans la Californie à cause d'un meurtre assez morbide. Plus que l'affaire, c'était l'idée de pouvoir partir ailleurs qui la ravissait. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas eu cette occasion.

Elle redoutait cependant le voyage en avion. La jeune femme détestait le prendre, non seulement par claustrophobie, mais parce qu'elle considérait ce véhicule comme un cercueil volant. Elle ne l'avait pris qu'une fois, et considérait ce souvenir comme l'un des pires. Elle n'avait pas le choix, mais espérait secrètement que l'avion ne pourrait pas décoller.

Une fois les bagages mis en soute, elle les suiit jusqu'à l'escalier grimpant vers la porte. Abigail tint à entrer la dernière et hésita à poser le pied sur la première marche, jusqu'à ce qu'elle entende Emily l'appeler d'une voix agacée. La brune entra rapidement comme une enfant prise en faute, et s'assit à côté de sa cousine, en face de Reid, qui remarqua son malaise mais ne fit pas de commentaire.

L'avion se mit à rouler, et l'expression d'Abigail se défit au fur et à mesure qu'il accélérait, puis elle se recroquevilla lorsqu'il décolla. Comment les agents pouvaient-ils rester aussi calmes alors qu'il pouvaient mourir à tout moment ? Ses yeux bleus papillonnaient. Elle réussit rependant à se calmer pendant la première heure, jusqu'à ce que l'avion tressaute brutalement. Elle écarquilla les yeux et s'agrippa au bras d'Emily.

« - Qu'est-ce que c'est ?! »

Emily, a moitié endormie, fit un bond et cligna des yeux.

« - Juste une turbulence, Aby... Rien de grave. »

Reid, un sourire amusé aux lèvres, tenta gentiment de la rassurer.

« Tu sais, Abigail, d'après les statistiques...

- Épargne-moi tes statistiques, Spencer. »

Son ton sec lui fit prendre un air déconfit, malgré le trouble qu'elle produisait chez lui à chaque fois qu'elle prononçait son prénom. Il croisa les bras, contrarié, et elle s'en voulut d'avoir répondu de cette façon. Mais plus moyen de croiser son regard, camouflé par ses cheveux trop longs. Coupable, elle se tut pendant le reste du trajet, même lorsqu'il y eut de nouveau un trou d'air. Elle se contenta de serrer les dents et d'empêcher les larmes de lui monter aux yeux tout en s'accrochant aux accoudoirs. Le jeune scientifique vit tout cela, mais se garda bien de réagir.

Lorsqu'ils atterrirent, ce fut tout juste si Abigail ne sauta pas hors de l'avion. Morgan sortit derrière elle, plus calmement, un air moqueur sur le visage.

« - Eh ben crevette, on n'aime pas prendre l'avion ? »

Il lui ébouriffa les cheveux en la dominant de sa haute taille, mais elle se dégagea, mi-rieuse mi-agacée.

« - Rappelle-moi qui a flippé coincé dans cet ascenceur avec Reid ? »

Amusé, il frotta une dernière fois sa tignasse avant de s'éloigner pour récupérer ses bagages. Abigail attendit que Spencer descende pour pouvoir s'excuser, mais il la dépassa sans lui accorder un regard, en pleine conversation avec JJ. Son cœur se serra. Il lui en voulait vraiment. Elle suivit l'équipe en traînant des pieds.

Une fois sur les lieux du crime, une maison en plein milieu d'un quartier aisé, dont les voisins avaient été alertés par une détonation, elle se sentit moins à l'aise. L y avait des voitures de police, des rubans pour bloquer la circulation et l'accès au public, des policiers qui circulaient, des voisins aux airs choqués... Tout cela produisait un sacré boucan, et pourtant chaque son semblait étouffé, assourdi, chaque mouvement ralenti. JJ s'avança à côté d'elle.

« - Ça va ? »

La brune cligna des yeux.

« - Oui. C'est juste... Ça paraît irréel.

- Tu n'es pas obligée de voir la scène de crime.

- De toute manière, sans badge, ils ne me laisseront pas entrer.

- Tu peux aussi l'avoir laissé dans ta valise ! »

Aby la regarda, stupéfaite. Lui proposait-elle d'enfreindre les règles ? Boostée par cette idée, elle la suivit en imitant son air sérieux.

« - Agents Jareau et Wild. Nous sommes du FBI. »

La jolie blonde présenta son badge, puis lança un regard éloquent à Abigail.

« - Où est le tien ? »

L'incriminée tâta ses poches et prit un air piteux.

« - Je crois que je l'ai laissé avec mes bagages... »

JJ leva les yeux au ciel.

« - Un jour, c'est ta tête que tu oublieras ! Bon, viens. »

La brune la suivit en se mordant la langue pour ne pas sourire. Une fois entrées, elles se dirigèrent vers le salon d'où venaient les voix des autres. Hotch n'était pas entré dans la pièce. Il haussa un sourcil en voyant Abigail qui se sentit rougir, mais ne dit rien. Reid sortit de la salle, et la jeune femme lui trouva l'air hagard, les yeux flous. Le meurtre était-il si horrible pour qu'il ait l'air aussi affecté ? Elle se décala pour voir l'intérieur de la pièce, et Reid la remarqua.

« - Abigail ! Sors, tu n'as pas à voir ça. »

Ses yeux s'étaient voilés. JJ le regarda, consciente que quelque chose clochait.

« - Reid, elle en est capable.

- Ce n'est pas un film d'horreur ou des photos. Là, c'est réel. »

Il la prenait pour une idiote.

« - Laisse-moi tranquille. »

Elle le dépassa et entra dans la pièce. L'odeur du sang, lourde et cuivrée, était écoeurante. Une mare de celui-ci s'étendait sur la plus gros partie du plancher. Au milieu se trouvaient deux corps, livides, figées, avec une expression à la fois sereine et terrifiée. Posititionnés l'un à côté de l'autre, tous les deux féminins. Cette scène lui en rappela une autre qu'on lui avait racontée. Elle lança un regard à Jennifer qui hocha la tête, l'air hagard elle aussi. Elles avaient toutes les deux compris l'état de Spencer. Abigail le chercha des yeux, mais il fixait une feuille sur laquelle il faisait des annotations, les sourcils froncés. Elle n'osa pas aller le voir alors qu'il travaillait, mais l'observa. Ses mains tremblaient, il pâlissait à vue d'oeil et son regard ne restait pas en place, passant de la feuille à partout dans la pièce, sauf les deux corps. Soudain, il sembla s'animer comme un diable sortant de sa boîte et fila hors de la pièce. Abigail hésita à le suivre pendant un instant, avant de se dire qu'elle n'était pas utile ici. Elle sortit à son tour et le vit s'éloigner jusqu'à sortir du petit jardin et s'asseoir au bord du trottoir. Elle le rejoignit sans faire de bruit et hésita à manifester sa présence ou rester là sans bouger. Elle finit par s'agenouiller à côté de lui. Il redressa la tête et leurs regards se croisèrent, l'un timide et l'autre au bord des larmes.

« - Qu'est-ce que tu veux ?

- Euh... ne pas te laisser tout seul ? »

Il soupira et rejeta la tête en arrière pour contempler le vague.

« - Tu n'étais même pas là quand ça s'est passé.

- Non. Je n'ai jamais connu le Spencer d'avant.

- Ce n'est peut-être pas plus mal.

- Je m'accomode de celui-ci. »

Il sourit un instant.

« - Elle est morte sous mes yeux. »

Elle ne répondit pas. Qu'est-ce qu'elle aurait pu dire ?

« - Je ne brandissais pas l'arme mais c'est à cause de moi qu'elle est morte. »

Abigail grimaça et contempla ses pieds. Elle ne voyait pas ce qu'elle pouvait faire, mis à part le laisser vider son sac.

« - Celle qui l'a tuée était une narcissique. Maeve avait refusé sa thèse, et elle l'a pris comme une attaque personnelle. Elle s'est donc mise à vouloir lui voler sa vie, lui prendre son copain, elle l'a harcelée et l'a même enlevée et séquestrée. J'ai essayé de lui faire croire que je n'aimais pas Maeve et que je la préférais, mais elle ne m'a pas crue... Quand elle s'est rendue compte qu'elle n'avait pas d'échappatoire, elle a préféré se suicider en l'emportant avec elle. »

La voix de Reid s'étrangla et il se tut quelques secondes.

« - C'était la première fois que je voyais Maeve. On a correspondu d'abord par lettres pendant dix mois. Dans ce court laps de temps, je suis tombé encore plus amoureux d'elle, puis je lui ai dit bien en face que je ne l'aimais pas, et peu après elle est morte. »

La gorge d'Abigail se serra. La vulnérabilité du scientifique l'attristait mais elle ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Elle finit par s'appuyer légèrement contre son épaule. Il se raidait à son contact mais ne bougea pas.

« - Tu ne l'oublieras jamais. Un jour peut-être, tu arriveras à tourner la page et laisser cette souffrance derrière toi. »

Il se raidit de nouveau et la regarda bien en face.

« - Ma souffrance est toujours là, mais la page est tournée. »

Il la fixa suffisamment longtemps pour qu'elle sente son esprit s'égarer et son cœur s'emballer. Il se leva finalement et la laissa là, alors que ses joues devenaient écarlates.

Et voilà ! J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à me le dire en commentaire et à vous abonner si vous voulez lire la suite dès qu'elle sort, ou à me suggérer des idées pour des chapitres futurs.

Bisous à tous :D