Je vous poste cette partie dans la foulée, elle est un peu courte mais j'espère que vous l'aimerez quand même.
Emily part 1
Abigail courait. Non pas pour sa vie, mais pour celle de sa cousine. Emily avait été poignardée par un de ses anciens amants, qu'elle avait fréquenté sous couverture. C'était Spencer qui l'avait appelée pour la prévenir, et la jeune femme avait immédiatement sauté dans ses Dr Martens pour arriver à l'hôpital à peine un quart d'heure plus tard. Tous les agents étaient rassemblés dans le couloir des urgences, non loin du bloc où les médecins faisaient l'impossible pour tirer Emily des ténèbres. Spencer la vit en premier et se dirigea vers elle.
« Spencer ! »
Elle le fixa de son regard rempli d'espoir, mais son visage aux traits tirés lui fit comprendre qu'il n'avait rien de nouveau à lui annoncer par rapport à tout à l'heure, lorsqu'il l'avait appelée et qu'elle s'était sentie devenir molle à l'intérieur, glacée jusqu'aux os en apprenant la nouvelle. Elle rejoignit les collègues de sa cousine, en remarquant un espace vide là où elle se trouvait d'habitude. Abigail ne resta pas longtemps au milieu d'eux. Même si elle les fréquentait régulièrement depuis environ six mois, la jeune femme sentait toujours une séparation entre eux et elle. L'assistante maternelle n'était pas de leur monde, même si elle avait pu en avoir un aperçu. Il était sans pitié, sans choix possible ou presque. Les agents risquaient chaque jour leur vie, et elle le réalisait vraiment pour la première fois, alors que sa cousine était entre la vie et la mort. Elle s'éloigna pour rester plus loin dans le couloir, des souvenirs revenant par flashes dans sa tête. « Aby ! Viens jouer, j'ai dessiné une marelle ! » « Regarde comme ma poupée est belle coiffée comme ça ! » « T'as trouvé tes vêtements dans une friperie des 80's ou quoi ? » « Mets plutôt ce fard-là, ça va mieux avec tes yeux. » « Chiche que je le drague en premier. » « Attends, je vais te dire si tu as ton diplôme ! Oh... Désolée de te le dire mais... TU L'AS ! » « Fais attention avec ce mec, Aby, je le sens pas... » « Il t'a quittée ? Entre et raconte-moi tout, j'ai de la glace au frais si tu veux. » « Aby, faut que je te parle de mes collègues profilers ! » « Quoi, tu veux les rencontrer ? Mais... » « Bon, d'accord, je t'y emmène demain. »
Perdue dans ses pensées, elle revint à elle lorsque Jennifer revint, le visage neutre. Abigail se précipita vers le groupe soudé qu'ils formaient, une boule au ventre.
« - Alors ? »
Jennifer ne répondit pas, et se contenta de les regarder tour à tour, les yeux rougis, et tous les agents comprirent. Penelope émit un hoquet bouleversé.
« Non... »
Spencer, les yeux prêts à déborder, tenta de dépasser Jennifer, mais elle l'intercepta.
« - Spence...
- Je n'ai même pas pu lui dire au revoir... »
Abigail n'aurait souhaité pour rien au monde le voir un jour dans cet état. Elle avait l'impression d'être déconnectée du monde, le cerveau enveloppé de coton. Elle fit quelques pas vacillants avant de prendre conscience de ce que Jennifer venait de dire. Sa cousine était morte. La jeune femme eut l'impression d'être poignardée en plein ventre. Ses yeux se remplirent de larmes et un rugissement lui emplit la tête, alors qu'elle cherchait son souffle, coupé par la douleur. Elle se rua sur le côté droit de Jennifer qui ne put l'arrêter, et zigzagua pour retrouver le couloir où se trouvait sa cousine, ignorant les cris dans son dos. Elle bouscula des infirmiers et un adolescent en béquilles avant qu'on ne lui attrape le poignet et qu'on la tire en arrière pour l'arrêter. Elle tournoya sans savoir où elle allait avant de percuter une masse osseuse, qu'elle ne distinguait qu'en ombres à cause de sa vue brouillée de larmes. Elle reconnut l'odeur douce de Spencer et tenta de se débattre. Il grogna lorsqu'elle lui écrasa le pied, mais ne relâcha pas sa prise.
« - Laisse moi ! Je veux la voir ! »
Il plaqua une main entre ses omoplates et passa son autre bras sur ses reins pour réduire ses mouvements, et bientôt, elle s'accrocha à lui plus qu'elle ne le repoussa, appuyant sa tête contre son torse, où elle se surprit à penser qu'elle n'avait jamais senti de battements de cœur aussi puissants, avant que cette pensée ne s'efface. Elle se laissa glisser au sol en sanglotant comme un cœur brisé, les yeux fermés. Spencer la garda serrée contre lui, resserrant même sa prise comme s'il voulait empêcher son corps de voler en éclat sous la souffrance. Les visiteurs les contemplaient d'un air ébahi, cet étrange couple en proie à la même douleur, qui ne pouvaient que s'accrocher l'un à l'autre pour tenter de ne pas perdre pied, presque violemment.
Je ne pouvais pas ne pas écrire quelque chose sur ce passage d'Esprits Criminels... Surtout en sachant qu'Emily et Abigail sont cousines ! C'était un peu court mais je ne voulais pas partir dans une description larmoyante. Su ce, à une prochaine fois !
