Je pense sincèrement qu'il s'agit de mon chapitre préféré de toute la fic, même si j'ai eu beau retourner le début plusieurs fois, il ne me plait toujours pas complètement, mais je n'aime pas écrire les disputes qui pourraient être évitées. Si vous avez une idée pour l'améliorer je suis à l'écoute.
Sinon je vous souhaite une bonne lecture de ce petit chapitre que j'affectionne tout particulièrement.
( UP ! J'ai mit à jour le chapitre dont je parle au dessus, grace à de précieux conseils je pense avoir fait mieux, pas d'inquiètude si vous reliser la fanfiction et que l'histoire à changer ^^ J'espère en mieux :) )
C'était pourtant ou journée qui démarrait plutôt bien. Je me suis levé habiller. J'ai fait la classe aux nouveaux. J'ai mangé mon plat préféré le midi. Mais c'est au moment de remettre les rapports des apprentis au Pope que ça a merdé.
Mon frère m'attendait. Tapotant du pied. Il le savait, il l'avait prévu. Nous sommes le 26 mars. Depuis le temps qu'il voulait me mettre la main dessus. J'aurais presque tenu trois mois.
J'ai essayé de trouver une excuse pour partir, prétextant le Pope et mes dossiers. Mais Aiolos savait très bien que j'avais encore trois jours pour les rendrent. J'ai essayé de mentir, pour dire que j'étais en deadline et que ça faisait déjà trois jours. Mais il avait regardé sur le tableau des assignations, et savait pertinemment que j'avais le temps… Et que je venais de lui mentir.
J'entre dans son temple, le temps menace de gronder aussi. Bien que pour mon frère, l'orage est une certitude. Je regarde une dernière fois dehors, sachant très bien que je ne sortirais pas avant un moment.
Mon frère me fait asseoir. Je n'aime pas quand il est tendu comme ça. Sa première question tombe directement.
- Est-ce que tu sors avec quelqu'un ?
Je réponds la vérité.
- Non.
- Arrête de me mentir.
- Je ne te mens pas.
- Tu ne fais que ça depuis le début.
- Je ne te mens pas là-dessus. Désolé pour tout à l'heure je ne suis pas d'humeur à avoir une conversation... comme celle-là.
Il plisse les yeux.
- Alors tu me jures sur Athéna que tu ne me mens pas?
- Je le jure sur Athéna. Je ne sors avec personne.
Je vis le regard de mon frère se faire noir puis il essaye de se calmer.
- Alors tu sortais avec quelqu'un il y a peu?
- Non…
- Alors tu es bien amoureux de quelqu'un ?
- Non plus…
Il tape sur la table.
- Ne me ment pas!
- Mais je ne te mens pas ! Qu'est-ce qui te fait croire ça ?
Il se lève et commence à marcher. Cette conversation n'a ni queue ni tête !
- Aiolia, dernière question avant le point de non-retour.
Je stresse et ne comprends rien.
- Est-ce que tu aimes les hommes ?
Je réfléchis longuement. Sa question à un double sens. Mais comme il ne veut pas que je mente, je prends sur moi et réponds avec un sourire.
- J'aime les hommes, les femmes, j'aime tout le monde !
C'en est trop pour Aiolos. Je ne sais ce qu'il me fait. Il se met à me crier dessus, comme quoi il ne peut plus avoir confiance en moi et me demande de sortir de chez lui immédiatement.
- Aiolos… Attends, qu'est-ce que tu me fais ? Quel est le problème ? On peut en parler ?
Ne comprenant pas la réaction de mon frère qui me crie dessus, je finis par m'offusquer et m'énerver aussi.
Cette discussion n'avait aucun sens. Cette dispute n'a aucun sens. Sa colère n'a aucun sens et la mienne est un débouché de tout ça.
Aiolos commence à me reprocher des choses qui se sont passées il y a plus de 15 ans, où je n'étais qu'un enfant. Dans un excès de colère, je lui lance quelque chose qui l'accuse de ne pas avoir été là et de m'avoir laissé seul comme notre père. Il m'attrape par le col et me lâche.
- Si tu n'avais pas été là, maman ne serait jamais morte ! Et moi j'aurais eu des parents!
Des mots qui blessent. J'en rajoute, mais j'ai mal. Je renchéris, car j'ai mal. Ma mère est vraiment morte d'une maladie causée par sa dernière grossesse des années après. Je ne sais même pas pourquoi on se dispute. Je sais juste que c'est arriver.
- Tu peux parler hein ?! Si ça avait été moi le premier à être né, c'est toi qui aurais fait mourir maman ! Et moi j'aurais été un grand frère au minimum présent ne serait-ce que pour finir ta formation, formation que tu as abandonnée en même temps que moi !
- Je rêve ?! Tu penses vraiment qu'Athéna se serait sauvé toute seule, elle et sa couche si JE n'avais pas été là pour elle ? Tu aurais préféré que je la laisse mourir peut-être ?! … Tu n'as pas intérêt à me dire que oui Aiolia, je te préviens…
Il dit la dernière partie de sa phrase avec le fond de sa gorge, me laissant croire un court instant qu'il aurait été prêt à me frapper.
- Tu aurais pu réfléchir… Ou tuer Saga, plutôt que de t'enfuir bêtement et de te faire passer pour un traître ! Bah ouais?! Parce que dans l'histoire, c'est moi qui ai souffert de ça ! " Le frère du traître, le frère du traître !" J'avais même plus de prénoms à force. Plus d'amis, plus de frères, plus de maîtres, plus de famille, rien, que dalle, nada, quechi !
- Parce que tu crois que ça a été une partie de plaisir pour moi ? De devoir sauver Athéna tout seul dans la panique, de voir mon petit ami essayer de me tuer de sang-froid, de ramper, mourant avec un bébé dans les bras en espérant trouver un touriste qui accepterait peut-être de prendre un bébé à charge ? Puis enfin, Lia, j'étais mort ? Tu comprends ça ? C'est pas comme si j'avais pris des vacances sur une île pour faire bronzette avec des cocktails ! Je vois même pas l'utilité de me justifier de ça !
Il n'a pas tout à fait tort, mais le feu de la colère avait été attisé en moi. On n'avait pas encore eu de vraie discussion sur le sujet depuis le grand retour. On s'était contenté de câlin fraternel et de grand sourire à la simple vu de l'autre.
- T'in ! J'ai pas l'impression que tu comprends ce que je te dis ! Je te dis que j'ai été tout seul pendant des années ! Un minimum de compassion serait le bienvenu ?! Pourtu te justifie, t'étais pas là et c'est vrai !
- Ah ben pour une fois que tu dis la vérité !
- Mais je dis "Toujours" la vérité ! Bon sang, mais qu'est-ce que tu me reproches à la fin?!
- De me mentir ! Tu me mens!
- Cesse d'être paranoïaque, le monde ne tourne pas autour des crasses qu'on peut faire à Aiolos du Sagittaire ! Pas étonnant qu'il t'arrive des pépins si tu es persuadé que les gens te mentent quand ils te parlent et que tu les agresses quand ils viennent chez toi !
Je manque de frapper sa table dans l'élan de geste pour accompagner mes paroles.
- Ah mais c'est la meilleure ! Tu sous-entends que c'est de ma faute si je me suis fait assassiner ?!
- Bah ptètre bien ouais !
- Venant de toi ça me désole d'entendre ces paroles.
Son ton était sec, incisif, me rappelant un peu Shura et son manque de tact, mais venant de mon frère, je le prends comme une agression toujours. Car ce n'est pas sa manière habituelle de faire les choses.
- Bah, tu sais quoi ? Je vais faire autre chose qui va te désoler!
Je me retourne avec des airs théâtraux, puis lui montre mon majeur, bien en évidence avec mes autres doigts repliés.
- Va te faire foutre Aiolos, toi et ta stupide paranoïa !
- Va au diable !
Je sors de son temple et claque la porte en sortant.
Je m'éloigne un petit peu, en grognant contre mon frère et ma propre bêtise.
Je frappe quelques arbres en sortant, je me défoule, puis je me calme, doucement, lentement à mon rythme, voulant peu à peu rentrer chez moi. La pluie commence à tomber à ce moment précis, zut. Je me cache sous les feuilles d'un arbre que je n'ai pas encore déraciné ou brûlé. Je pourrais rentré sous la pluie, mais je n'en aie pas vraiment envie aujourd'hui. Je lève les yeux au ciel. J'ai envie de pleurer. Comment mon frère, si gentil, a-t-il pu dire que c'était de ma faute? Que c'était MA faute si maman est morte ! Qu'il aurait été plus heureux si je n'avais pas été là? Et qu'il ait l'air de se ficher du calvaire que j'ai vécu pendant toutes ses années ?
Je ne m'en suis toujours pas remis de ça. Et venant de mon frère, qui m'a tant manqué, ça fait mal.
Je n'ai pas envie de rentrer chez moi.
C'est là bas que j'étais quand je souffrais de la solitude d'avoir perdu mon frère. Je n'ai pas envie de me réfugier dans ce temple que je ne supporte plus dans ce genre de moments.
Je bascule ma tête en arrière et me cogne contre l'arbre. Je le déracine dans la foulée et l'envoie dans les airs.
Je vois le temple du Capricorne d'ici. Juste au-dessus de chez mon frère, comme toujours.
Et si… Et si j'allais voir Shura?
Non, on n'est pas le 16, on n'en est même pas proche. Mais je serais tellement mieux dans ses bras. Même si je sais que sa tendresse n'existe que pour me faire plaisir en échange de ma bonne humeur.
Voudra-t-il de moi sans ma bonne humeur, sans sexe? Je peux toujours monnayer son pour plus tard. Lui offrir quelque chose qu'il désire vraiment, un fantasme inaccompli. Lui proposer de me parler de mécanique des heures durant, ou je ne sais quoi d'autre…
Je suis si mal qu'allé tenter ma chance et me faire rejeter m'est égal. Si je peux le voir un tout petit peu… Je monte les marches sous la pluie et arrive devant la porte extérieure. J'ai peur de croiser quelqu'un en passant par son temple. Alors je contourne le chemin quitte à prendre la pluie pour de bon.
Je toque à la porte. Si ça se trouve, il viendra m'ouvrir avec ses lunettes…
J'ai un léger sourire et attends que la porte s'ouvre en entendant des pas arriver. Il m'a entendu au moins.
- Aiolia? Qu'est-ce que tu fais là? Ce n'est pas aujourd'hui qu'on doit se voir, si?
- Non… Je… Enfin.
Je regarde le sol, je n'ai pas pensé à ce que je devais lui dire alors que j'aurais eu plus que le temps de le faire.
- J'ai… Eu une dure journée… Ça ne va pas. J'ai besoin de compagnie. Si tu ne veux pas ou que tu es déjà pris, ce n'est pas grave.
- Entre.
Il ferme la porte derrière moi et je reste dans l'entrée pendant qu'il s'éloigne.
- Je vais te chercher une serviette. Qu'est-ce qui s'est passé?
Il part et je commence à lui expliquer de loin.
- Bah, je sais pas trop... Aiolos voulait me parler depuis un moment. Il m'a posé des questions bizarres, j'ai répondu la vérité et à chaque fois il m'accusait de mentir. Il a fini par péter un câble, je ne sais pas pourquoi. Et je me suis énervé aussi, on s'est dit des trucs pas gentils et il m'a dit quelques choses qui étaient vraiment affreuses alors je suis sorti.
Quand je finis mes explications Shura me pose la serviette sur la tête et frotte un peu.
- C'est ça qui t'a mis dans cet état?
- Oui.
- Qu'est-ce qu'il ta dit de si grave?
- Que c'était de ma faute si notre mère était morte et qu'il aurait été plus heureux sans moi et… d'autres trucs encore, la liste est longue…
Shura siffle, très impressionné.
- Ah ouiiiiii… Quand même. C'est du lourd. Donc tu veux passer la soirée ici?
- Oui, mais je n'ai pas envie de sourire, et je n'ai pas envie de sexe. Ça te va quand même ?
- Si tu ne m'en veux pas d'avoir une érection quand même et de te tripoter gentiment, ça me va.
- Je vais faire avec alors.
J'essaye de sourire un peu, pas très concluant.
- Te force pas si t'a pas envie. Enlève tes vêtements, je te sors un pyjama sec et chaud. J'ai juste un coup de téléphone à passer.
Il me dit de filer à la chambre mettant sa main juste au-dessus de mes fesses pour m'y pousser. Je connais le chemin vers sa chambre et vais m'y déshabiller tout seul comme un grand. J'entends Shura au téléphone, ou plus exactement je tends l'oreille pour savoir à qui il parle. Je ne sais pas pourquoi, mais le doute m'est venu qu'il aurait pu appeler mon frère. Pour le disputer ou parler de notre précédente dispute…
"- T'en pis, garde ta bière au frais…. J'men fou, j'aime pas spécialement le foot moi… C'est même pas l'Espagne qui joue... ...Jm'en branle ! …
T'as qu'a appelé un autre de tes potes !...Baaah ! T'a qu'a te faire d'autres potes!... Qu'est-ce que tu veux que je te dise?
On a qu'a dire que c'est un service que je te d'mande. … Demande à Frofro de regarder ça avec toi, même s'il n'aime pas, moi je suis occupé ce soir et je n'ai pas plus envie que lui d'assister à la défaite cuisante de l'Italie!... Oui… Tu me raconteras le score, si tu veux… "
Il finit par raccrocher. Apparemment il a dû annuler quelque chose avec Deathmask. Un match surement. Il n'avait pas trop l'air d'avoir envie d'y aller, alors tant mieux. Je m'en veux moins de lui faire annuler.
Il finit par arriver dans la chambre en un profond soupir.
- Alors… Il doit être par là…
Je le vois ouvrir son placard. Je suis jaloux, tout est bien rangé et trié dedans. Rien que de voir l'état de son temple ça me fait me sentir minable.
Il me sort un pyjama. Blanc à rayures bleu, tellement cliché que je ne pensais pas qu'on pouvait encore en trouver dans ce monde.
Je m'habille et Shura s'en va.
- Boisson chaude? Café?
- Au risque de passer pour un enfant, tu as du chocolat?
- Heu… Je vais voir, mais je ne te promets rien…
Je finis de tout boutonner et sors de sa chambre. Je le rejoins dans la cuisine et hésite à me coller à lui pendant qu'il cherche.
- J'ai du chocolat en poudre, mais pas celui pour les chocolats au lait. Sinon il me reste du cappuccino.
- Va pour le cappuccino.
- Tu as de la chance, j'ai failli le jeter la semaine dernière. C'est celui qu'Aphrodite faisait traîner chez moi du temps ou son temple était en reconstruction.
- Donc je lui vole?
- Non. S'il ne l'a pas récupéré, t'en pis pour lui. Puis si tu lui dis que tu lui as volé du cappuccino, il t'accusera de plein d'autres choses que tu n'as pas faites.
Je décide finalement de le coller. Il se laisse faire bien que ça semble le gêner pour me faire mon cappuccino.
Il met l'eau à la bouilloire et me sort une tasse.
- Du sucre ?
- Trois.
Il met trois sucres et verse la poudre dans la tasse.
- Tu sais plutôt que d'attendre que ça boue tu peux aller dans le canapé.
- Hm….
- Tu sais je te rejoins dès que c'est prêt.
- Hm…..
- Toujours pas convaincu ?
- Non.
Il attrape mes bras autour de lui pour les desserrer et se tourner avant de les replacer.
- Alors on va parler un peu de ta dispute.
- Je n'ai pas envie.
- Et si je te dis que t'a pas le choix?
- Ça va servir à quoi d'en parler?
- Bah... Je sais pas, à te sentir mieux par exemple.
- Mais je me sens bien.
- Ah oui?! C'est pour ça que tu viens chez moi tremper de la tête au pied en pleurant que ton frère a été méchant, avec les yeux rouges? Il est clair que tout va parfaitement bien !
- Arrête de te moquer…
- C'est toi qui te moques de moi en me disant que tout va bien.
Je ne peux pas vraiment lui donner tort…
La bouilloire s'arrête et il verse son contenue dans ma tasse doucement.
- Allez bouge, direction canapé.
J'obéis, j'ai l'impression que je vais avoir une nouvelle discussion désagréable. Je n'ai pas envie, mais ce n'est pas comme si j'arriverais à négocier quoi que ce soit avec Shura. Il récupère une couverture en passant et pose mon cappuccino sur un petit guéridon à côté de son canapé. Il s'allonge et me fait signe de venir. Je pense qu'il veut que je me mette sur le côté, mais je m'allonge directement sur lui, il a l'air étonné, mais ne me pousse pas et déplie la couverture sur nous.
- Alors Aiolia… Explique-moi ce qui ne va pas.
Il pose ses bras derrière sa tête en les posant sur l'accoudoir.
- Ben... C'est juste que je ne comprends pas pourquoi il a réagi de la sorte et m'a dit ça.
- Parce qu'il était en colère.
- Oui, mais pourquoi il était en colère?
- Qu'est-ce que j'en sais? Toi non plus tu n'as pas l'air au courant. Si tu n'as rien fait pour le mettre en colère je vois pas pourquoi ça te travaille.
- Non, je ne sais pas pourquoi. Mais c'est manifestement après moi qu'il en a.
- S'il ne te le dit pas, tu ne peux pas deviner.
Je pose ma tête sur le côté, sur son torse chaud.
- Même, je me suis énerver et je lui aie dit des choses blessantes.
- S'il t'en a dit aussi, tu n'es pas fautif pour autant.
- C'est moi qui les ai dites quand même.
- Oui, ce n'est pas totalement ta faute. Je dirais que ça l'est à 30%. Mais ça tient plus de l'erreur humaine qu'autre chose.
- Comment tu peux toujours tout rationaliser Shura? Ce n'est pas des statistiques que je te demande. Pourquoi tu me sors le pourcentage ?
- Le recul. Je suis quelqu'un d'extérieur à la dispute, je ne vois pas trop comment te déculpabiliser. Enfin, ce que tu lui as dit n'a pas pu être aussi grave que ce qu'il t'a dit.
- Je lui ai dit qu'il n'était pas mieux que notre père pour m'avoir abandonné. C'est si peu grave tu crois?!
Shura ne répond pas tout de suite en regard ailleurs, pensif.
- C'est vrai que ce n'était pas sa faute. Mais ça n'enlève rien au fait que tu as effectivement été tout seul.
Je réfléchis un peu… S'il fallait qu'il y ait un coupable de ça… Ça reviendrait à le reprocher à Shura. Je n'ai pas réfléchi jusque là avant d'en parler. Merde…
- J'ai dit ça sur le coup de la colère. Je ne le pense évidemment pas.
J'essaye de me rattraper. De toute façon Shura n'est pas responsable à mes yeux, du moins, il ne l'est plus.
- Alors, ne te torture pas sur ce que ton frère t'a dit. Tu as assez de recul pour savoir qu'il ne le pensait pas non plus.
- Même si je le sais. Ça me fait mal quand même.
Il passe ses bras autour de moi.
- Je comprends.
C'est vrai que la culpabilité, lui ça le connaît. Je me redresse un peu après pour boire un peu.
- Tu ne veux pas te mettre sur le côté?
- Tu as peur que je renverse? Je fais attention.
- Non. Je veux bien rester sage, mais si tu gigotes sur moi comme ça…
- Ah oui pardon.
Je me cale sur le côté contre lui, bien au chaud. Il passe sur le côté aussi et passe un bras sous mon pyjama, juste poser sur mon ventre, sans bouger. Je n'aurais pas du bouger sur lui après lui avoir dit que je ne voulais pas qu'il me touche, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il reste aussi calme. L'orage gronde fort dehors. J'ai toujours aimé l'orage. Le fait que dehors soit désagréable donne un sentiment de sécurité une fois à l'intérieur.
Je sens son visage s'enfouir dans mes cheveux. Je rêve qu'il y pose un baiser.
- Tes cheveux sentent le chien mouiller.
Casseur d'ambiance… Je tourne la tête, offusquer.
- Je sais que j'ai pris la flotte, mais je ne m'attendais pas à ce que tu le dises.
- J'ai le nez dessus.
- Tu veux que je me décale.
- Non, je vais faire avec. Ça me rappellera le chien que je n'ai jamais eu.
Je grogne.
- Si j'avais su en venant que tu me dirais que je puais et que t'aimais bien…
- Si t'avais été en festival avec Deathmask, tu aurais su que je suis vacciné contre les odeurs étranges et très fortes. Cette vague odeur à côté, ce n'est rien. Puis j'ai dit ça pour que t'essayes de m'attaquer et qu'on s'amuse, mais ce n'est pas encore pour tout de suite.
Je lève les yeux au ciel.
- Tu es bien le seul à faire passer un reproche pour quelque chose de profondément gentil.
- Je ne suis pas gentil. Tu es venu pour avoir du réconfort non?
- Je ne t'ai jamais demandé du réconfort. J'ai surtout besoin d'une présence.
- Donc je n'ai pas besoin de t'astiquer avec tes problèmes et d'être tout attentionné. Fallait le dire tout de suite !
Il se lève, je ne sais pas s'il fait semblant en se donnant des airs théâtraux ou s'il a vraiment décidé que ça ne servait à rien. Je me retourne et l'en empêche en l'entravant de mes bras et de mon poids.
- Non ! Toi tu restes !
- Bah tu vois que tu ne veux pas juste une présence.
- Tu m'as prouvé que tu pouvais faire plus alors pas question que tu t'arrêtes.
Il se recouche et me caresse les cheveux.
- D'accord d'accord.
On reste un petit instant comme ça et je ne desserre pas ma prise.
- Tu vois que t'es gentil. Tu n'es pas obligé, mais tu le fais quand même. Je pense que les gens altruistes sont gentils.
- Rien ne te dit que mes gestes sont désintéressés.
- Tu n'y gagnes rien. Tu ne peux même pas dire pour être dans mes bonnes grâces, tu y es déjà.
- Je pourrais toujours essayer de me servir de cette soirée pour avoir quelque chose de toi. N'importe quoi que tu pourrais un jour me refuser.
- Pourquoi chercher à tout prix à être méchant ou manipulateur? Tu ne peux simplement pas te dire que tu es gentil et puis c'est tout?
- C'est un peu comme quand on te dit que tu es mignon. Je suis parfois trop naïf, alors je n'aime pas quand on me dit que je suis gentil, même si c'est un compliment dans la bouche de mon interlocuteur.
- Je crois que je comprends. Mais j'aime bien quand tu es gentil avec moi, si tu ne l'étais pas on ne se verrait pas une fois par mois.
Je me colle contre lui et relève la tête.
- Si je n'étais pas du genre "mignon" on se verrait quand même ?
- Je ne sais pas. Mais c'est vrai que quand tu me fais les yeux doux j'ai du mal à te refuser des choses.
- Ah oui ?
Je souris un peu.
- Oui, comme une sortie en moto… Un orgasme… Une soirée chez moi, car tu arrives de manière dramatique, les yeux pleins de larmes, les vêtements trempés et ton petit visage tout rouge… C'est ça que tu voulais entendre?
- Pas tout à fait, mais j'apprécie quand même.
Je me colle encore un peut plus contre lui, sentant que je me rapproche il recommence à me caresser les cheveux. Je bascule ma tête en arrière pour sentir sa main. Je n'arrête pas d'entendre la voix de mon frère repasser en boucle dans mon esprit. Mais être contre Shura me donne l'impression que ce n'est pas vraiment arrivé, que c'est irréaliste.
Je remonte mes mains doucement et attrape l'encolure de son t-shirt pour l'embrasser. Il me regarde avec de gros yeux et répond à mon baiser de manière plutôt torride. Sa main qui me caressait appuis ma tête contre la sienne et sa main dans mon dos vient coller mon bassin contre lui. Il murmure après notre baiser dans le creux de mon oreille.
- Et comment tu veux que je fasse pour être sage…
- Je ne sais pas, débrouille-toi.
- Tu me cherches là.
- Tu ne peux pas juste te contenter d'un baiser ?
- Il y a de très nombreuses années que je n'ai pas su m'en contenter.
Il essaye de me voler quelques baisers dans le cou, mais je me décale.
- Raconte-moi Shura.
- Non.
- Pourquoi tu ne veux pas?
- C'est personnel.
- Oui, mais j'ai envie de me changer les idées.
- Mauvaise pioche. Si je te raconte, je vais devoir parler de ton frère.
- Si c'est ton histoire, ça ne me dérange pas.
- C'est non !
- Alors je boude !
Je me retourne et lui tourne le dos.
- Si tu veux bouder, tu pourrais au moins éviter de coller tes fesses à mon bassin?
- Je boude, je t'entends pas!
Je l'entends fulminer derrière moi.
- Bon ! D'aaacord! Je vais t'en parler ! Mais promets-moi d'arrêter de tirer la gueule, de m'exciter pour rien et de faire l'enfant !
Je souris de mon côté et lui réponds.
- D'accord pour arrêter de faire l'enfant.
- Quoi ?! Juste ça? Alors que tu me demandes de te parler d'un truc très intime!
- Moi je te parle de ce que tu veux quand tu veux. C'est toi qui as un problème.
- Je déteste parler de choses personnelles.
Je l'entends soupirer.
- Tiens Aiolia, toi qui peux voir ma montre, il est quelle heure ?
Il soulève un peu son bras qui passe sous mon cou.
- Bientôt dix-sept heures.
- Super. Décale-toi.
- Me décaler, comment?
- Assied-toi, je me lève.
- Non ! Tu as dit que tu restais.
- Je vais te montrer un truc et après on va parler. C'est ce que tu voulais?
- Oui, mais..
- Je n'ai pas envie de parler de choses personnelles à quelqu'un qui semble s'endormir. Alors tu vas bouger tes fesses et te mettre debout.
Si c'est vraiment le prix à payer pour que Shura me parle de lui… Je me décale et le vois sortir du canapé énergiquement. Il part farfouiller dans une de ses étagères, je l'observe se creuser la tête devant, regardant en penchant la tête et en levant les yeux comme pour regarder par-dessus ses lunettes alors qu'il ne les a pas. Les tics ont la vie dure...
Il finit par se décider et sort une petite boîte. Je me lève et vais regarder derrière lui.
- Une cassette, c'est sérieux?
- Oui, pourquoi ?
- Je ne sais pas, passe au numérique, comme tout le monde. T'es sûre que ton antiquité fonctionne?
- Mon antiquité t'emmerde et fonctionne très bien.
- Le prend pas comme ça…
- Quand tu auras entendu ça, tu feras moins le malin avec ton numérique. Toutes mes cassettes je les ai réenregistrer à partir de vinyle. Je ne vois pas de quoi tu te plains, je n'ai pas sorti le tourne-disque.
Je le regarde bizarrement et dis tout bas.
- Non… il aurait manqué plus que ça…
Je savais que Shura avait un téléphone datant du paléolithique, mais alors là ça sort carrément du crétacé !
- Mais tu sais Shura, maintenant on a la même chose en numérique, avec des écrans tactiles haute définition et tout.
- Je m'en fiche, mon système marche très bien. Ma chaîne haute fidélité te pose un problème?
Je pleure mentalement. Dis au moins "chaine hi-fi", tu n'es pas si vieux que ça quand même! On n'a presque rien de différence en âge en plus…
- Nan. Mais je suis curieux de savoir ce que tu écoutes comme musique. Même si j'ai une appréhension bizarre.
- Je vais mettre du Santa Esmeralda. 2
- Espagnol ?
- Pas du tout. Enfin musicalement parlant ça y ressemble un peu c'est vrais. Mais il me semble qu'ils sont américains.
Il se déplace et va appuyer sur les boutons pour allumer ses enceintes. Elles sont assez grosses, mais je ne les avais jamais remarquées avant aujourd'hui.
Je suis curieux de voir à quoi ça ressemble, la musique de Shura. Je l'imagine: un truc bien vieux, avec une vieille voix d'homme qui ondule et qui fait déprimer.
Il revient devant sa chaine et monte le volume. On n'entend encore rien, car il n'a pas lancé la lecture de la cassette.
- On peut faire du bruit jusqu'à dix-huit heures trente. Après je dois faire moins de bruit pour Camus et qui rentre de la bibliothèque avec ses nouveaux livres.
- Pour que ça aille jusqu'à chez lui il faudra un sacré volume…
- Ça m'arrive de mettre la musique si fort que les murs tremblent. Mais j'ai peur d'abimer ma statue en faisant ça. Alors je n'ai jamais été plus haut.
- Tu es fou.
- Peut-être, mais toi tu ferais mieux d'enlever tes chaussons.
- Pourquoi ?
- Tu risques de glisser.
- Ah non, mais moi je danse pas. Je ne sais pas danser.
Il me regarde en levant un sourcil.
- Rien à foutre. Tu danses.
- Mais!
- J'ai personne pour le faire et j'adore ça. Même si tu sais pas faire, ce n'est pas ça qui va m'arrêter. En échange je te dis tout ce que tu veux savoir. Ça te va?
Je réfléchis, je n'aime pas être ridicule… Mais d'un certain côté, il a parlé de ses expériences passées et de mon frère… La carotte est trop grosse et je suis trop curieux.
- Vendu…
- Parfait !
Il allume la musique pendant que j'enlève mes chaussons en les posant dans l'entrée. J'entends le bourdonnement de l'enregistrement avant d'entendre quelque chose qui ressemble totalement à du flamenco… Il se fou de moi ou bien? Pas espagnol mes fesses, oui! Ce n'est pas mauvais, mais il avait dit que ce n'était pas espagnol. Ce menteur.
Je reste persuadé qu'il m'a menti jusqu'à ce que ça commence à devenir plus rythmer. J'ai un doute… Et Shura m'entraine avec lui pour danser. J'essaye de me laisser faire, mais je n'ai jamais fait ça moi…
Tous mes doutes sur l'appartenance à un genre de cette musique tombent quand j'entends de la guitare électrique se rajouter par dessus. OK je n'ai rien dit, cette musique est géniale. Il n'a pas menti, ça chante en anglais.
Shura m'attrape plus fermement à la taille.
- Laisse-toi faire. Tu résistes trop.
Je le regarde paniquer, je ne sais pas comment faire, moi. Aiolos ne m'a jamais appris !
J'essaye de suivre pour moins résister, mais dès que je pars dans un sens il repart dans un autre. C'est agaçant, j'ai l'impression de le gêner en plus de manquer de lui marcher dessus…
Puis je ne vais pas lui mettre mes pieds sur les siens comme les enfants. Je suis gêné comme jamais… Mais je commence à voir un certain motif dans ce que fait Shura. Je sais quand il va changer de direction, sans savoir où il va aller, mais j'arrive à le prévoir à force.
- T'en fais pas Aiolia, ça va finir par rentrer.
Dans un autre contexte, cette phrase aurait été très amusante. J'essaye de me concentrer pour savoir dans quelle direction il va, essayer de voir où se fait la répétition… Le problème c'est que j'ai du mal à me concentrer sur les deux à la fois. Shura m'emmène plus facilement quand je me concentre, comme quoi… Je finis par comprendre un peu comment ça fonctionne et essais aussi. J'ai quelques ratés, je ne suis pas vraiment en rythme, mais mon.. Partenaire? Ne dis rien à ce sujet. Je regarde mes pieds alors que lui ferme les yeux, détendus.
La musique finit par s'arrêter.
- Déjà ?
- Je ne sais pas ce qu'il te faut, 8 minutes c'est long.
Je n'ai pas vraiment vu le temps passé, trop concentré, mais j'arrive à m'y retrouver dans les mouvements en moins de 8 minutes. Donc je suis plutôt content de moi.
- Il faut remettre une cassette ?
- Non quand même pas. On a soixante minutes dessus.
- Dommage j'étais habitué au rythme de la première.
Il me sourit avant de me dire.
- Quand je recule, tu as tendance à t'emmêler les pieds essais d'avancer vers moi, ce n'est pas grave si tu me marches dessus. Je survivrais.
- C'est le seul conseil que tu me donnes?
- C'est le seul conseil que j'ai à donner à un débutant qui finira par s'en sortir tout seul.
- Ya pas moyen d'accélérer les choses ?
- Tu ne peux pas être au point en un quart d'heure. Mets-toi ça dans la tête. Je savais très bien que tu ne savais pas danser et ça ne me dérange pas de le faire quand même.
- Tu n'as pas un ordre à me donner, pour les directions où il faut tourner ?
- Non. Déjà tu ne le retiendrais pas, et tu ne vas faire que te concentrer dessus. Il faut aussi savoir profiter du moment à défaut qu'il soit parfait.
Je le regarde, c'est beau ce qu'il dit, et pas faux pour autant.
- D'accord.
- Prêt pour reprendre?
- Oui !
La musique avait déjà recommencer, mais on a fait une pause pour discuter, la seconde est plus lente, c'est plus simple.
Shura avait raison, je finis par m'habituer, et sa vieille musique est très bien. Je me rends compte que je n'entendais jamais de trompette ou autre saxophone dans les miennes. Les cuivres se perdent. C'est dommage.
J'essaye de suivre le conseil que m'a donné Shura, je regarde mes pieds et avances comme il le demandait. Je remarque qu'il fait de grande foulé, pas comme moi qui avance en plusieurs fois dès qu'on tourne. Il faut juste que j'avance plus. J'essaye de faire comme ça et ça commencent à bien fonctionner, enfin je pense…
Je n'ai pas l'impression que je vais tomber et que mon partenaire n'est là que pour me retenir de faire une terrible chute. C'est mieux d'après moi.
Shura se glisse près de mon oreille et murmure.
- Tu vois, j'avais raison. Tu t'en sors très bien sans méthodologie.
Je souris et continue un peu, maintenant que ça se fait presque naturellement. On a passer quelque musique, je n'arrive pas bien à savoir combien sont passées exactement, comme a dit Shura, je ne me suis concentré sur rien et ça a fini par fonctionner, je n'ai pas la moindre idée du temps que ça fasse.
Je me rapproche de lui et pose ma tête sur son épaule. Je le regarde du coin de l'oeil. Si j'avais su que je finirais à danser dans les bras du chevalier d'or qui m'a toujours terrifié… Je reste un instant à le regarder, si serein. Je bouge un peu et me replace devant lui en quittant son épaule. J'approche mon visage du sien, j'ai envie d'un baiser. Je pense que c'est le moment parfait. Non?
Je viens réclamer un baiser du bout des lèvres, et je l'obtiens facilement. Je sens que le rythme de la danse diminue jusqu'à presque s'arrêter complètement. Ce n'était pas facile de s'embrasser correctement en bougeant autant. Je passe une de mes mains derrière sa nuque et je sens les siennes se poser vers le bas de mon dos. On est bien ainsi… On tourne sur nous même lentement. Finalement, il sait se contenter d'un baiser tout simple.
Tout allait bien Shura restait calme en profitant simplement, mais quelqu'un qui toque à la porte avec énergie nous interrompt. Je regarde à la fenêtre en brisant notre baiser, et si quelqu'un nous avait vus ?!
Shura me regarde.
- Ça, c'est la porte intérieure. Tu crois vraiment que quelqu'un passerait par l'extérieur avec un temps pareil à part toi? … Je vais aller voir, ne bouge pas.
Shura pose un dernier baiser sur mes lèvres avant de me lâcher.
Je me dirige vers sa chaîne et baisse un peu le son. C'est déjà un miracle qu'on ait entendu toquer avec ce volume. J'hésite à me rasseoir. J'attends un peu et décide de me remettre dans le canapé. Je finis mon cappuccino désormais froid et attends un peu. Il en met du temps… Quand même… Puis qui peut bien venir nous déranger à cet instant ? Cette personne a pourtant dû entendre la musique.
Je me lève et lance en direction du couloir.
- Shura?!
- Je reviens vite, reste où tu es j'arrive !
J'entends la voix de Shura discuter un poil plus fort, mais toujours pas moyen de savoir ce qu'il se dit làs bas. Il finit par revenir.
- C'était pour quoi?
- Pour se plaindre. Mais les jérémiades et les yeux larmoyants je supporte plus de sa part.
Je lui souris. Certainement Aphrodite qui est venue se plaindre de son dernier shampoing à l'extrait de je ne sais quelle noix de macadamia… Je prends ses poignets et les poses à nouveau dans le bas de mon dos.
- On en était où exactement?
Je le traîne doucement jusqu'à me poser sur le dossier du canapé, il se laisse faire, mais je le trouve assez mou. Je le tire un coup sec et il s'écraserait presque contre moi.
- Doucement Aiolia…
- Je t'ai fait mal, pardon, je ne fais pas exprès de te trouver si séduisant.
J'essaye de plaisanter un peu, mais on dirait que sa bonne humeur vient de passer subitement. Je le sens poser sa tête contre mon épaule, je laisse faire et n'ose bouger alors qu'il reste un moment comme ça.
Au moment où j'allais me décider à bouger, en passant ma main derrière sa tête il se redresse et me regarde fixement. Il esquisse un léger sourire et m'embrasse.
- Alors! Tu as encore envie de bouger pour danser? Tu as faim? Envie de squatter mon canapé en regardant un truc débile à la télé?
Je ne pose pas de question et me force un peu à sourire en face de ce regain d'énergie soudain.
- Comme tu veux!
- C'est moi qui dois te réconforter, ne fais pas semblant pour me faire plaisir.
- C'est le seul truc que je sais faire, et un des rares que tu aimes chez moi.
- Personne n'est parfait. Aujourd'hui tu vas mal, laisse-moi faire ce qu'il faut comme n'importe quels amis le feraient.
Je ris tout doucement
- Depuis quand on est amis? Il me semble qu'on a dépassé ce stade depuis un moment.
- On dépasse ce stade très précisément une fois par mois. Le reste du temps, comme aujourd'hui nous sommes amis, pas juste collègue.
Je m'approche de lui, qui part dans sa cuisine, je ne sais pas pourquoi, mais dans ma tête le mot "amis" n'est pas assez fort. Pourtant concrètement c'est tout juste si on se parle. Puis des amis qui se roulent des pelles en dansant c'est quand même moyen pour rentrer correctement dans la catégorie…
- Alors, quel genre de traitement tes amis on le droit quand ils vont mal ?
- Tu veux le même traitement que les autres? Sachant qu'il n'y en a plus qu'un et demi autre.
- Que : un et demi?
- Deathmask, et Aphrodite un jour sur deux on va dire.
Je lève les yeux au ciel.
- Deathmask a le droit à quoi? Lui aussi il danse à reculons et t'embrasse langoureusement ?
- Non…
Shura se baisse et va tout en bas de son frigo.
- Lui il a le droit à ça !
Shura sort deux bières et les poses sur son plan de travail. Il se dépêche de les ouvrir en parlant.
- Elles sont amères, vraiment pas bonnes. Très alcoolisé et pas cher. Se boit sans verre, on ne salit pas un verre pour ça. Bref la bière de Deathmask. Personne ne l'aime, moi le premier, mais mine de rien elle a sauvé pas mal de coups durs. À la tienne.
Je prends ma bière et trinque avec lui. C'est effectivement très amer…
Il s'assoit et allume une cigarette.
- Je peux t'en faire une d'avance?
- Vas-y, tu commences à avoir le coup de main. Mais si tu en veux, ma réponse est toujours non!
- Je ne compte pas t'en piquer, mais te prendre tes occupations pour que tu me parles de ce que tu m'as promis.
Je souris, content de moi, et voit Shura un peu embêter en fumant.
- Avoue Shura, tu pensais que j'avais oublié hein?
- Je redoutais simplement le moment où tu allais t'en souvenir.
Il y a encore un petit fond musical, mais maintenant que je le tiens, je ne vais pas le lâcher.
- Alors?
- Alors quoi?
- Ton premier petit ami?
Il souffle un peu de fumée.
- Ton frère.
Je ne le savais pas ouvertement, mais je pense que je m'en suis toujours un peu douté.
- Combien de temps ça a duré?
- Quatre ou cinq ans.
Quand même… Je ne sais pas pourquoi, mais ça me dérange un peu. Ou du moins ça ne me conforte pas. En même temps, il m'avait prévenu.
- Ta première fois était avec lui?
- Tu es sûre de vouloir savoir ça ?
- Tu as promis de répondre.
- Oui.
Je vais lui épargner les questions sur les positions… Ça ne me regarde pas, quand bien même je peux justifier ça par la curiosité. Je lui lance avec un petit sourire encourageant.
- Vous vous êtes séparé pourquoi ?
Il me répond en me regardant, étonné que je pose la question.
- Il est mort.
Ha oui… Je suis un peu à côté de la plaque. C'était indélicat de ma part, surtout que je sais très bien que c'est lui qui l'a tué et qu'il doit encore s'en vouloir.
- Heu… Ensuite, ton copain ou ton amant d'après?
- Amant. Un chevalier d'argent.
- Ah oui ? Lequel?
- Lézard. Copie quasi conforme d'Aphrodite. J'en avais marre qu'il me fasse du gringue, alors je voulais lui montrer que c'était lui qui m'horripilait alors j'ai pris un de ces rivaux.
- Ah bon? Ça m'étonne de toi.
- Au final j'ai fait une belle connerie. Non seulement Aphrodite a continué de me harceler, mais en plus le silver s'y est mise aussi. Ils ont fini par se battre et je prétextais que l'un était là quand l'autre me réclamait.
- C'est un peu… lâche… Non?
- Totalement. Mais pour ma défense on fait tous des erreurs, et j'ai été clair et correct avec le silver. Je n'aurais pas eu besoin de me cacher derrière un mensonge s'il avait respecté que je ne veuille plus le revoir.
- Amant suivant?
- Heu….. Celui-là, vraiment pas envie d'en parler.
- Dis-moi.
- Un de mes assassinats. Il m'a fait des avances, je n'ai pas résisté. Je lui ai dit que je devais le tuer juste après, il m'a ri au nez. Ça m'a énervé et je l'ai tué directement. Satisfait ?
- Non. Là tu viens de me mentir.
- Ça se voyait tant que ça?
- Quand tu parles d'un truc qui t'importe, tu as tendance à trembler un peu en tenant ta cigarette.
- Là c'est toi qui me mens pour voir si je vais te croire.
Je lui souris.
- Et si tu commençais par me dire la vérité?
- En fait, je lui ai dit, justement car je venais de lui faire des trucs un peu intimes, du coup je lui aie proposé un vrai combat à la loyale, que j'ai emporté.
- Je me doute que tu as gagné, sinon tu ne serais pas là.
- Je l'ai blessé. Mais pas tuer. Avec sa blessure il était inoffensif. Le sanctuaire n'avait plus rien à craindre. Il aurait pu se passer la même chose dans l'autre sens.
Il me raconte encore quelques aventures dont il n'est pas fier. Avant de me poser le fatidique.
- C'est bon? Pas d'autres questions ? J'en ai marre.
- J'en ai encore deux petites.
- Accouche.
- Je n'ai pas osé les dire avant, mais je veux être sûre que tu sois franc, c'est d'accord.
- Okay.
- Nah ! Promets-le !
Il hésite et s'énerve un peu, il a un sourcil qui fait des cacous. Je me doute bien que ça l'énerve de devoir répondre la vérité sans savoir sur quoi. Bien que je ne comprenne pas pourquoi il a besoin de me cacher des choses.
- Bon ça va ! Je te le promets!
Je lui souris.
- Est-ce que tu as vraiment aimé mon frère, quand vous sortiez ensemble?
Il me regarde et redevient sérieux et rougis affreusement.
-Je n'aime pas parler de ça…
- Répond moi juste : oui ou non. Est-ce que tu l'as sincèrement aimé?
- À quoi ça t'avance de savoir ça?
- J'aimerais savoir si le connard prétentieux que j'ai détesté toute mon enfance est capable d'éprouver des sentiments maintenant que je sais qu'il n'est pas ce que je pensais.
Je sais que j'ai été un peu loin en disant ça de la sorte, mais d'un certain côté, c'est la vision que j'en avais petit…
- Tu l'as aimé?
- … O...Oui…
Il est à moitié pivoine, c'est trop drôle. Et il n'a pas l'air d'aimer que je rigole, pas du tout. Mais comment ne pas rire à ça. Un chevalier d'or rouge juste parce qu'il avoue un truc tout mignon.
- Bon ! T'es content tu as ta réponse, on peut retourner devant la télé maintenant?!
- Hey.. J'ai une seconde question.
Il se rassoit et bouderait presque en croisant les bras.
- Elle ne parle pas de sentiment celle là, t'en fais pas.
- Balance qu'on en finisse…
- Est-ce qu'on se voit parce que je ressemble à mon frère sans être lui ?
Cette fois-ci c'est lui qui éclate de rire.
- Shura ! C'est pas drôle ! C'est une vraie question !
- Attends, tu uses ta seconde question pour ça? Tu as vraiment l'impression que je ne te vois qu'à travers ton frère ?
Je rougis et croise les bras.
- Oui?! C'est si saugrenu peut-être ?!
- Si tu veux une vraie réponse, d'accord. Pourquoi tu penses que c'est ça?
- Parce qu'on se ressemble.
- Non. Vous êtes loin de vous ressembler.
- Ah ouais? Cite-moi des différences, vas-y j'attends !
Je le regarde en le défiant, je ne sais pas pourquoi, mais ça m'énerve il reste détendu et plutôt doux. Espérons qu'il ne m'énerve pas davantage.
- Le caractère. Déjà. Vous êtes très différent sur ce point. Là où il serait moralisateur, toi tu vas t'en ficher. Là où il analyserait une situation, tu fonceras tête baissée. Tu t'énerves beaucoup plus que lui et pas pour les mêmes raisons. Il est extrêmement rancunier, toi aussi, mais vous n'exprimez pas votre colère de la même façon. Enfin toutes ces choses-là, je n'ai pas envie de passer la soirée a les cités et à vous comparer.
- Oui, mais physiquement, toi qui dis que c'est parce que je suis mignon que je t'ai attiré.
- Là encore… Tu es plus petit, ton sourire et plus franc, tu as les cheveux plus clairs, tu es plus musclé, tu n'as pas les mêmes yeux, ta façon de te tenir est aussi très différente et il est clair qu'il n'a pas ton cul.
Je rougis sur la fin.
- Je n'irais pas plus loin en m'aventurant sur le côté sexuel de vos différences. Mais met toi dans la tête que si tu ne veux pas qu'on te voie à travers lui il faut cesser de tout le temps te comparer à lui.
Il vient et s'assoit sur mes genoux.
- Aiolia, à force de faire ça, tu incites les autres à le faire aussi. Et il n'en résultera rien de sain. Tu es toi, et personne d'autre.
Il colle son front au mien.
- Encore une chose. Tu embrasses mille fois mieux que lui.
Il me sourit et viens m'embrasser. Je ne sais pas vraiment si me lister les choses que j'ai en différence était judicieux, mais la fin me réconforte plus que tout le reste. Il a raison, je dois arrêter de tout le temps me comparer à mon frère. On est différent, c'est tout, je ne suis pas moins bien, car sur quelques points je suis plus mauvais. Et mon frère n'est plus un exemple à suivre.
On s'embrasse enfin comme on aurait dû reprendre tout à l'heure.
- Quand on dansait, tu as oublié de penser à ta dispute, pas vraie?
- Quand tu m'embrasses, je n'y pense plus non plus.
- Serait-ce une demande?
- À ton avis?
J'attrape ses joues et lui colle la bouche contre la mienne. Mais malgré ça il essaye encore de partir. Je grogne et le laisse s'en aller. N'aurons-nous jamais notre séance de baiser comme il faut?!
Je le suis alors qu'il repart dans le salon, il change sa cassette.
- Passe je vais la ranger.
- D'accord, fais gaffe à l'ordre.
L'ordre? J'arrive devant son étagère. Tout est trié par ordre alphabétique.
- On ne t'a jamais dit qu'être maniaque avait des limites? Là ça devient maladif, tu t'en rends compte ?
- Oui oui…
Il ne m'écoute pas…
Je range la cassette bien à sa place comme il faut. Je regarde l'appartement de Shura pour constater les dégâts de son perfectionnisme. Je me rends compte que je commence à me sentir à l'aise chez lui. C'est toujours aussi sombre et peu accueillant, mais je n'ai que des bons souvenirs ici.
Je reviens vers Shura et me colle à son dos en le serrant contre moi.
- Qu'est-ce que tu fais?
- J'ai envie de bisous !
- T'avais pas promis que tu arrêtais de faire l'enfant tout à l'heure ?
- Les bisous que je te demande ne sont pas des bisous qu'un enfant a le droit de demander.
- Je comprends, mais si tu ne veux pas que je te tripote il va falloir te calmer.
- Même pas pour des tout petits bisous tout chastes?
- Je pense avec mon pénis quand tu te colles à moi, ok ?! Je ne sais pas si c'est clair ou si je dois y mettre moins de formes?!
Je ris un peu.
- Ah si c'est vraiment ça qui te dérange, je pense que je suis un peu plus d'humeur, puis si c'est le prix à payer pour avoir des baisers très langoureux. Tu vas bien réussir à m'exciter, pour toi ça ne devrait pas être trop difficile.
Je crois que c'était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, car sans trop comprendre ce qui m'arrivait je me retrouve sur son épaule. Direction: la chambre. Il me pose, mi doucement, mi brusquement. Juste ce qu'il faut pour que ça reste agréable et excitant. En même temps vu ce que je viens de lui sortir… Je n'y suis pas allé de main morte, mais lui non plus. Les compliments il a l'air d'aimer. En tout cas ceux qui flattent son ego fonctionnent bien.
Il grimpe sur moi rapidement et glisse ses mains dans les miennes.
- Toi, il ne faut pas de te dire deux fois hein?
- Si tu veux le répéter, je ne te retiens pas.
Tu parles, il dit ça, mais il m'embrasse avant que j'aie le temps de dire un mot. Il glisse sa main vers le bas, remonte sous ma chemise de pyjama. Je la déboutonne avec la main qu'il a libérée. Pourquoi s'embêter à passer dessous alors que je suis d'accord pour qu'il me l'enlève? Je le sens sourire contre moi.
Il me caresse avec passion, comme si on ne s'était pas touché depuis des mois. Même si c'est toujours l'impression que ça me donne, je suis sûre que le jour où ça arrivera vraiment ça sera beaucoup plus expéditif que juste des caresses douces comme ça. J'imagine ça bien plus… Brutal.
Il descend des baisers dans mon cou, et sa main dans mon pantalon.
- Hein..? T'as gardé ton boxer?
- Heu, oui, il était sec.
Je vois Shura me faire une drôle de moue, un peu déçu, je présume.
- La prochaine fois: Interdit, pas de sous-vêtement !
- Pourquoi ? Ce n'est pas confortable sans, tu sais.
- Je sais, mais c'est drôlement plus excitant.
- Ce n'est pas comme si sa présence changeait quelque chose.
- C'est vrai, mais… Je te le demande.
- C'est d'accord. Mais avec ou sans, tu ne perdras pas plus de temps pour me l'enlever.
- C'est vrai que la dernière fois, je t'ai baissé le pantalon et le boxer avec…
- Mais tu penses que ça ira si on fait une sortie en moto ?
- Même si les "beaux jours" sont revenus, on n'est pas obligé de prendre la moto non plus. Ça m'embêterait un peu, car tu es le seul qui semble aimer que je l'emmène. Perdre une journée est bête.
- Au pire, j'ai une bonne idée de compromis.
Il descend sur mon corps avec sa bouche, voyant qu'on commence à parler et qu'il a toujours envie.
- Quel genre de compromis ?
- Du genre sexy et pratique.
- Alors je te fais confiance.
- Tu fais bien… ahhh...!
Je me penche pour le voir, je ne m'en étais même pas rendu compte, trop concentré à me demander où j'avais vu ce dont je lui aie brièvement parlé. Je le vois finir de lécher mon sexe, qui commence déjà à se tendre.
- Aucune douleur pour aujourd'hui. C'est mon objectif.
- Aucune douleur?
- Oui. Même si on le fait avec précaution la plupart du temps, je ne crois pas qu'on ait déjà passé une soirée au lit sans que tu aies eu mal à un moment.
- Tu sais, ça ne me dérange pas d'avoir mal, vu tout le bien que ça me fait.
Il ne me répond plus et se contente de me sucer doucement. Je sens qu'il fait en sorte de ne pas me faire mal, sa bouche est ouverte plus que d'habitude, il ne doit pas vouloir me faire mal avec ses dents. Même si j'aime bien d'habitude quand elles frottent doucement sur moi.
Je jette ma tête en arrière et passe mes mains dans les cheveux de Shura. Les siens sont doux, et ne sentent surement pas le chien mouillé. J'entends des petits bruits de salive, c'est excitant. C'est si chaud. Je n'ai plus froid du tout. Nulle part. Et je me sens venir très vite.
- Tu veux que j'avale?
- Oui, s'il te plait.
- D'accord.
Il pose un baiser sur mon gland et reprend jusqu'à ma délivrance.
Je le remercie en soupirant encore alors qu'il en profite pour me rhabiller et revenir ensuite à mon niveau.
- Alors, Aiolia, comment vont tes problèmes?
- Des troubles de l'érection pendant encore dix minutes, pourquoi?
- Idiot, je te parle pas de ce genre de problème là…
- Je sais… Je détournais… la conversation…
Je sens que je m'endors, mais il ne faut pas.
- Tu t'en sens vraiment le besoin avec moi?
- Pourquoi tu serais différent ?
- Parce que je suis totalement neutre.
- Toi neutre? Alors que tu es au lit avec moi.
- Oui, s'il y a une guerre entre deux clans, ou deux frères. J'ai le droit d'aller secourir les blessés non?
- Vu comme ça…
Il me regarde et me caresse les cheveux.
- Dis, tu ne serais pas un peu fatigué?
- Non.
- Et sans mensonge, ça donne?
- J'ai pas le droit d'être fatigué, tu dois encore avoir envie.
- Hey! Tu n'es pas une machine. Tu as le droit à une pause. Et puis tu m'as dit en venant que tu n'avais pas envie de sexe.
-Oui, alors pourquoi c'est moi qui n'en avais pas envie originellement qui y a eu le droit ? Alors que toi tu en avais envie et que tu n'as rien eu.
- Pour être honnête. Je pensais juste à te faire plaisir. Je n'attendais pas de contrepartie.
Je lui souris et m'assoupis.
- En fait si.. Tu es différent.
- Hein?
- Si je m'endors, tu me promets de rester ici, de ne pas sortir de chez toi?
- Promis, sauf cas d'incident majeur. Style déesse en danger, ect…
- Toi et ta déesse… Enfin, c'est ce qui fait ton charme.
- Promis, je ne bouge pas d'ici. Je suis là si tu as besoin.
- Merci Shura.
Je m'endors alors qu'il me regarde assis à coter. J'aime savoir sa présence à coter. Et il faut vraiment qu'il arrête de me faire jouir comme ça, après la fatigue tombe direct, je ne peux pas lutter.
Je me réveille. Me retourne.
Je ne suis pas tout seul, c'est Shura.
Ah oui, je me souviens. Je me suis disputé avec Aiolos, et je suis allé chez lui.
Je me colle contre Shura et regarde l'heure. Deux heures du matin? Voyons si je ne peux pas plutôt me rendormir plutôt que de me lever.
J'attends longuement, mais le sommeil ne vient pas. Je regarde l'homme qui dort à côté de moi. Je n'aime pas quand il me tourne le dos. Mais c'est vrai que j'ai une vue plutôt agréable.
Est-ce que monsieur dort nu?
Je passe mes mains sur lui pour vérifier.
C'est de la triche, il dort en caleçon !
En même temps, moi je suis en pyjama complet… Je ne peux pas vraiment me plaindre…
Je me cale tout contre lui. C'est dingue, quand il dort on dirait qu'il est mort. Je ne l'entends même pas respirer, et de dos, il ne bouge presque pas. Heureusement que je sens son ventre se soulever sinon j'aurais vérifié son pouls.
Je ferme les yeux et essais d'attendre qu'il soit l'heure pour Shura de se lever. Je m'endors partiellement puis je suis éveillé par des grognements.
Je le regarde un peu. Un cauchemar?
Ça m'en a tout l'air, et pas des moindres… Il se met à transpirer beaucoup, bouge un peu et son visage fait carrément peur. J'essaye de le serrer contre moi, mais il ne semble pas se calmer. Je passe au-dessus de lui doucement, et inconsciemment, il récupère l'espace que j'ai libéré en se mettant sur le dos.
Lui quand il cauchemarde il ne fait pas semblant.
Je me pose sur lui et essais de murmurer doucement pour ne pas le réveiller. Il essaye de me pousser un peu dans un premier temps avant d'abandonner. Je sais que je fais mon poids, et je sais aussi qu'il peut très bien dormir avec. Je repasse sa frange en arrière doucement en continuant de faire le geste.
Il finit par se calmer
Eh beh… À son réveil il faudrait que je lui demande de quoi il a rêvé. Je me demande ce qui peut bien effrayer un homme pareil.
Je reste sur lui, et attends patiemment qu'il se réveille. Je pense m'être assoupi un peu, bien que je n'en ai pas souvenir.
Je me réveil quand je sens ses bras me pousser un peu sur le côté. Je souris et pose mon menton sur lui.
- Bonjour.
- Salut toi. Qu'est-ce que tu fais réveiller.
- Je dors en gruyère depuis environ deux heures du matin.
- Ow… En gruyère ?
- Façon de dire que je n'arrête pas de me réveiller.
- Je dois être trop peu réveillé pour comprendre tes métaphores…
- Et moi je ne dois pas être assez éveillé pour en faire des compréhensibles.
- Possible aussi.
Il commence à s'étirer et à bâiller.
- C'est la première fois que je te vois au saut du lit.
- Je ne suis même pas encore sorti du lit.
Je souris et le regarde curieux. Il passe la main sur sa table de nuit et attrape sa montre, l'attachant au-dessus de ma tête comme je ne suis toujours pas descendu de mon perchoir.
- Bien dormit Aiolia? À part le gruyère.
- Oui assez.
- T'a pas trop ruminé hier?
- Nan, ça va.
- Tant mieux alors.
- Et toi? Bien dormi ?
- Pas mieux que d'habitude
- Ah oui…
- Tu as l'air déçu. Je ne dors pas mieux avec quelqu'un à côté. Faut pas le prendre mal.
Je ne le prends pas mal. Je suis juste déçu qu'il ne me parle pas de son cauchemar. Je suis curieux, il n'a pas parlé durant son sommeil.
- Bon tu bouges. Que je puisse me lever?
- Non.
- Comment ça non?
- Non. Je n'ai pas envie.
- Hey je suis chez moi laisse-moi faire comme je veux.
- Ha oui? Et qu'est-ce que tu veux?
Je dis ça sur un ton assez salace qui se veut évocateur sur mes intentions.
- Ce que je veux ? Je ne pensais pas que tu me proposerais ça, comme ça, au réveil.
- Eh bien oui. Mais ça ne répond pas à ma question.
- Tu penses vraiment supporter mes envies de bon matin? Ce ne serait pas plus sage d'écouter les tiennes?
- Dit toujours.
Je dis ma phrase en souriant et il vient me chuchoter quelques mots obscènes auxquels je souris en levant les yeux au ciel.
- Toi alors…
- Ta réponse?
Il dit ça d'un air suffisant et je m'approche et l'ambrasse.
- Oui..!
Il retire sa montre et on repart pour un tour de manège fort amusant, bien qu'un peu douloureux en sommes. Même après ça, je ne le laisse pas partir et viens le coller toute la matinée. Il va finir par me mettre un coup de pied pour que je dégage un jour. Mais temps que ce n'est pas arrivé, je continuerais.
- Je me doutais que j'arriverais à te donner envie de bon matin.
- Comme si c'était un effort surhumain. J'ai toujours envie.
- Ah oui?
- Oui, et là j'ai très envie d'aller prendre une douche et d'aller déjeuner. Alors tu me suis, ou, tu restes là, je m'en fiche, mais laisse-moi partir.
Je grogne et peu et lui fait des bisous dans le cou avant de le laisser s'en aller.
Allongé dans le lit, je finis par me motiver et le suivre dans la douche. Me collant contre son dos, l'empêchant certainement de se laver comme il le souhaite. Je sais bien que les câlins, ça ne se fait pas spécialement entre mecs, en tout cas, entre plans cul. Et je sais aussi que ce n'est pas le genre de truc que Shura aime. Mais tant qu'il le supportera, je continuerais. J'adore trop ça pour m'en passer.
D'un autre côté, je ne lui ai jamais dit non pour la moindre envie sexuelle qu'il avait. Ça ne me déplaît pas, attention, mais ça doit jouer dans la balance de dire oui à tous, sans condition.
Pas de répit pour lui pendant sa douche. Il semble se donner pas mal d'efforts pour éviter de succomber à mes baisers dans sa nuque, et je m'amuse énormément à essayer de le faire craquer.
On sort de la douche et il me rend mes anciens vêtements, lavés et séchés.
- Homme organisé.
Je dis ça à haute voix et il lève les yeux au ciel en souriant. Il part ensuite habiller dans sa cuisine et me demande ce que je veux manger ce matin. Je finis avec un cappuccino encore et des céréales qui n'ont clairement pas l'air bonnes… En même temps, l'alimentation saine de Shura ne fait pas rêver… Il met tout sur un plateau et me lance une couverture dessus.
- Pourquoi la couverture?
- Il fait froid dehors, la petite nature que tu es risque de prendre froid.
Je fais semblant de protester pour rire puis je suis le maître des lieux qui va dehors et sors une table et deux chaises pliables. L'une des deux servant régulièrement en vue de la peinture écaillée, et la seconde comme neuve. J'ai rien contre mangé dehors, mais il fait froid et nuit…
Mon amant met une veste et prend son plateau pour le poser dehors, sur ladite table.
- Manger dehors ne me dérange pas… mais il fait nuit.
- Plus pour longtemps… C'est un des petits plaisirs qu'on peut avoir quand on se lève tôt. Allez viens t'asseoir.
Je plie mes jambes et m'assois sur la petite chaise. On n'y voit pas grand-chose. Mais si Shura dit vrai, ça va être magnifique.
- On est plein Est?
- Oui. Pour ça que c'est légèrement sur le côté de mon temple que je m'installe.
Je bois mon cappuccino et mes céréales (qui n'ont toujours rien de gourmand), bien emmitouflé dans ma couverture. Les genoux devant moi pour poser ma tête. Silencieusement, on déjeune, et je profite de l'air frais du matin, assez rare en Grèce. Je ne me souviens pas m'être déjà levé aussi tôt intentionnellement. Je regarde au loin et vois le soleil commence à pointer, le ciel se teintant de jolies couleurs. Mon amant ouvre son paquet de cigarettes tranquillement. Pour un fumeur il fume assez rarement, ou peut-être qu'il fait attention parce que je suis là. Je regarde l'horizon. Un lever de soleil est presque aussi romantique que le coucher. On en avait vu un la toute première fois, il me semble.
Je profite longuement de ce moment avec Shura. On discute amicalement avant que je ne reparte chez moi. Je viens chercher un dernier baiser qu'il me donne avant de soupirer.
- Tous les prétextes sont bons, hein?
Je lui souris et il me dit "au 16 avril" un petit sourire aux lèvres. Je file chez moi. Et passe la matinée à écrire une longue lettre à mon frère. Lui expliquant calmement que je n'ai pas compris sa colère. Que je ne lui aie pas menti. Et que je regrettais toutes les choses horribles que je lui aie dites par la suite.
J'ai le recul nécessaire pour prendre l'initiative d'aller lui parler en premier et de ne plus être en colère inutilement. Surement grâce à Shura qui m'a fait oublier tous mes ressentiments et qui m'a fait comprendre que c'est l'emportement qui a parlé et non-moi et mon frère. Une fois la colère passée vient les regrets. Et après cette lettre, je n'en aurais plus aucun.
J'espère que vous avez aimer, et je vous dit au premier décembre prochain ^^
