Chapitre 10

14 Août 14h31
DE : SHURA.

" Yo ! Pour le 16 prochain, tu
veux qu'on aille les choisir
ensemble tes chocolats? Tu
pourras choisir tes préférés
comme ça au moins et ça nous
fera notre sortie. "

Ça, c'est Shura qui veut simplement confirmer notre prochain rendez-vous, il me rappelle gentiment que c'est mon anniversaire et que si j'ai quelque chose de prévu il est temps que je lui dise. En même temps il s'arrange pour savoir ce qu'on va faire et ce qu'il doit m'acheter.
Je pense que je réfléchis trop.

14 Août 14h35
À : SHURA

" Les chocolats prends les en
avance, je n'ai jamais été déçu
avant, pas de raison que ça
commence. Pour la sortie vu
que j'ai eu mon code il y a une
semaine, il me semble que tu
as une petite promesse à tenir.

Et pour mon cadeau, si vraiment
tu veux me faire une surprise, tu
sais très bien dans quelle tenue
j'aime te voir pour te prendre ~3 "

14 Août 14h46
DE : SHURA.

" D'accord. On dira que la tenue
"mignonne" sera pour te
récompenser pour ton code.
On fait ça chez moi du coup?

Je vais aller repérer un petit coin
pour te former un peu à la moto.
Tu as commencé pour la
voiture ou pas du tout? "

14 Août 14h54
À : SHURA

" Oui, j'ai déjà fait 10 heures.
Va pour chez toi. Je suis déjà
pressé d'y être ! Je tiens plus
d'attendre ! "

14 Août 14h59
DE : SHURA

" Moi aussi. ;) "

Nos discussions sont courtes quand il s'agit de "logistique". Mais depuis peu, j'ai commencé à rajouter des petits mots, pour lui dire que j'étais impatient, ou glisser des petites choses tendancieuses. Il a fini par m'en envoyer aussi. Ça me fait tellement plaisir.

Pour être honnête, mes amis au bar m'ont proposé de fêter mon anniversaire, Milo aussi. Mais j'ai décliné gentiment. Prétextant Milo pour le bar, et prétextant le bar pour Milo. La réalité étant bien sûr que je voulais passer du temps avec Shura. Même si pour lui ça doit se résumer à " Je vais le sauter, il va me sauter et après voilà." Je m'en fiche. J'arrive à m'en contenter.
Là où je suis en manque, c'est qu'il ne reste jamais le matin, et que toutes les deux semaines seraient quand même plus régulières que tout les mois. Enfin, moi je préfèrerais, mais je sais pas comment il va le prendre… Ni même comment aborder le sujet.


Comme d'habitude, je suis à peine arrivée, même pas le temps de nous changer, qu'on commence déjà à se tripoter… Déjà qu'on a fait des cochonneries dans le terrain vague… Même si la clairement, c'est moi qui cherche la merde. Tout à l'heure la concentration sur le cours de motos était impossible, trop de tension sexuelle, il fallait qu'on évacue. Là on n'a plus aucune excuse.

Je le pousse jusqu'à ce qu'il se cogne contre sa table. Je détache son pantalon, pendant qu'il retire sa veste et me fait remonter pour m'embrasser.

C'est dingue, ça fait tout pile un an. Et c'est toujours la même passion, celle qui me donne tellement chaud que j'ai envie de nous foutre à poil en deux secondes. Et celle qui le pousse à me coincer la tête contre ses lèvres pour avoir un baiser toujours plus profond.

Je pousse ses bras et descends avec des baisers sur son torse avant de caresser la bosse retenue dans son pantalon.

- A... Attends... Tu veux pas prendre une douche avant?

Je ne réponds pas et baisse son pantalon. En posant des baisers sur son sexe. On n'a même pas fermé la porte… On craint un peu… C'est risqué.

- Tu penses qu'on arriverait à la douche ?
- Non.

Je souris et il m'appuie la tête doucement contre lui. Je le vois agripper la table, les bras vers l'arrière qui reviennent agripper le bois en tremblant un peu. La première descente est toujours intense, je le sais, c'est pour ça que je le prends toujours en entier dès la première fois. Parce que j'aime le voir réagir. Ses mains qui forcent et qui tremblent un peu. Son petit gémissement retenu si mignon, son expression, on dirait presque qu'il souffre tellement ça a l'air intense sur son visage.

- Hey, toi en bas…
- Hm?
- Me finis pas… J'ai besoin d'être en forme pour la suite.

Je laisse échapper son membre d'entre mes lèvres.

- Ya que moi qui ai besoin d'être en forme. Tais-toi un peu.
- Pour une fois qu'on me dit de me taire et pas l'inverse…

Il me regarde avec un petit sourire en coin, manifestement il était pas loin de la limite.
Je m'amuse un peu et viens lécher ses testicules doucement. Je le fais languir exprès. Traitez-moi de sadique si vous voulez, mais il l'a bien cherché. Pourquoi ? Parce que je l'ai décidé.
Je reviens rapidement m'occuper de lui, je l'entends soupirer de plaisir. Je le pousse à bout en un rien de temps. Je commence à être fort avec lui.

On finit par filer à la douche, je lui demande où sont mes chocolats en sortant, et il me répond simplement. " Comme d'habitude, sur la table, chez toi. "
Je souris. Me dire que tout à ça a commencé à cause d'une simple boîte de chocolats. Pas qu'une en sommes. Juste cette petite attention, avec le chocolat blanc. Une des rares fois dans ma vie où j'ai été plus malin que lui. Il me laisse dans la salle de bain et me dit de me sécher.
Ça, ça va être ma surprise ! Je jubile d'avance !
J'imagine Shura dans sa chambre après avoir mis son pull et ses lunettes en train de se demander quel délire étrange j'ai avec ça. C'est vrai que Shura est beau au naturel, plutôt sauvage, mais avec son côté dominant, j'ose plus faire grand-chose. Quand il est comme ça, je sais qu'il est déjà dans l'optique de me faire plaisir, ça m'aide et j'ose beaucoup plus. Et le fait que la tenue le rende un peu plus mignon lui donne un air accessible et plus fragile, qui me laisse espérer pouvoir prendre le dessus sur lui facilement.

Si les gens mignons, comme on me dit souvent que je suis, donnent cette impression, je comprends pourquoi je passe à la casserole soixante dix pourcent du temps avec lui.

Je finis de me sécher et sors de la salle de bain. Cherchant Shura du regard un peu partout. Et je finis par le trouver dans le couloir devant sa chambre.
J'ai une sorte de rictus frénétique, en le voyant. Pas un mot de sa part, mais je vois bien qu'il est gêné. En même temps quand lui il m'attache, je ne fanfaronne pas non plus.

- C'est plus que je n'espérais.
- Quitte à faire les choses, autant les faire bien. Ça te plait toujours?
- Oh ! Que oui !

Je me jette littéralement sur lui. Il a acheté un petit pull rose pastel pour l'occasion et des petites chaussettes montantes assorties en blanc, c'est ridiculement cliché, trop féminin pour être porter par un homme, mais j'adore ça. En soi je m'en fiche, j'adore Shura en mâle dominant… Mais, quand je me dis qu'il fait ça pour moi… Je ne peux pas m'empêcher d'être plus heureux que je ne doive l'être. Ça doit être un sacré sacrifice de son côté, moi ça me couterait de porter ça, mon égo prendrait un coup.

Après l'avoir allongé sur le lit, tout est allé assez vite. Je ne me suis même pas demandé s'il était ou non suffisamment préparé.
Je m'en fichais.
Je le voulais.
Alors je l'ai pris.


Et je suis déçu par moi même… Je n'ai pas duré aussi longtemps que je l'aurais espéré. J'aurais voulu que ça dure plus longtemps. À chaque fois c'est pareil quand il s'habille comme ça. Je garde quand même une image de cet acte dans ma tête, cette fois m'a marqué. Ce n'est pas tous les jours que je prends Shura de la sorte dans cet accoutrement.

Il s'allonge à côté de moi en soupirant.

- J'ai trop chaud putain…

En pull en plein mois d'août, je ne suis pas très gentil avec lui, il faut le dire.

- Te déshabille pas, attends !
- … Quoiiii?...
- Je voudrais prendre une photo.
- Hein? Non.
- Juste ton visage t'en fait pas.
- C'est toujours non.
- C'est pour mon téléphone, j'ai un emplacement vide sur ta vignette, alors qu'on peut mettre des images. Si tu refuses, je prends en photo une chèvre qui a l'air de mauvais poil dans un champ, je saurais que c'est toi.
- Hin hin… Très drôle...
- Si elle te plait pas: je l'efface, d'accord?
- Hm… Bon d'accord.

Je m'approche du lit et prends la photo sans lui dire.

- Hey! Mais j'étais pas prêt!
- On s'en fiche, elle est bien regarde !

Je lui montre le téléphone.

- Non… On voit le rose du pull. Ca ne va pas.
- C'est pas grave, la vignette est ronde, ça l'affichera pas. Tu vois?
- Bon, garde la, ta fichu photo !
- Merci !

Je pose un baiser sur sa joue. En fait. Cette photo, je vais la mettre sur mon fond d'écran, elle sera mieux que celle que j'ai prise de loin à la fête. Tant pis si je lui ai menti, mais c'est juste pour moi, et j'ai déjà vu la photo en entier. C'est pas grave. C'est juste pour moi. Je ne la montrerais pas.

C'est juste pour moi.

Je m'allonge devant lui.

- Tu peux tout enlever. Merci Shura.
- Me remercie pas. C'est du sexe, on est là pour ça, et l'achat constituait en sois le cadeau pour ton code.
- Merci quand même. Tu n'étais pas obligé.

Il se déshabille et me sourit puis je décide d'entamer le fameux sujet.

- Shura.
- Oui ?
- Ça va faire un an et j'ai deux requêtes à faire sur nous deux.

Il se tourne vers moi, il a l'air inquiet. Je continue…

- E… est-ce que tu veux qu'on se voie… Plus souvent…

Ne sachant pas quelle durée serait acceptable pour lui, je choisit la sécurité.

- Quelque chose comme... toutes les deux semaines ?
- J'ai cru que tu le demanderais jamais. C'est trop long un mois.

Je fit un sourire grand jusqu'à mes oreilles en entendant ça.

- Oui, beaucoup trop long. Sur la fin ça ne va plus, je pense qu'au cul.
- La dernière semaine aussi, même les filles je les envisage.
- Ahah à ce point?! Enfin tu me diras je suis dans le même état.
- Et le second truc? C'est quoi?
- Il va pas te plaire. Mais, est-ce que tu pourrais rester le matin.
- Rester le matin?
- Oui. Je déteste me réveiller dans un lit vide.
- Je vais pas rester deux heures ou plus à me tourner les pouces dans un lit en attendant que monsieur daigne se lever.
- Peut-être pas, mais rester dans la maison au moins, ou venir me réveiller si tu dois partir.
- Ça va être compliqué...
- Je sais c'est beaucoup demandé. Si tu veux pas, c'est pas grave.
- Pfff…. Aller, puisque tu le demandes le jour de ton anniversaire c'est d'accord.
- C'est vrai !? Super !

Je me redresse tout content et me colle contre lui. C'est vrai qu'entre plans cul, rien que rester dormir c'est déjà pas habituel, je me rends bien compte que je demande encore un truc bizarre.

- Tu sais ce que tu peux faire pour me remercier?

Je le regarde en lui disant "Non." et il me sourit, carnassier.

- Je dois payer en nature c'est ça?
- Pourquoi pas…

Je souris et me place au-dessus de lui. Tout satisfait, il place un bras derrière sa tête et me regarde faire avec un sourire presque malsain. Je lui dois bien ça.


La nuit passe, je me sens bien, mais le lendemain matin, je ne croise personne à mon réveil dans le lit.

- Shura?

Personne ne répond. Ce n'est pas mes yeux alors, c'est qu'il n'est pas là. Le ventilateur orienté sur moi, c'est bien, mais je préfèrerais que ce soit l'homme que j'aime qui soit là. Je me lève, et ne vois personne. En revanche, j'entends l'eau coulée. Un sourire naît sur mon visage et je cours presque jusqu'à la salle de bain.
Il est toujours là.
J'entre sans un bruit dans la pièce et me glisse derrière lui dans la douche, il sursaute un tout petit peu.

- Ah!.. Salut toi.
- Salut. Bien dormi?
- Trop chaud, tu es collant, pas moyen de te faire partir, tu reviens toujours.
- Je sais. Désolé.
- Tu n'es pas du tout désolé.

Je souris et je le sens sur le point de rire aussi. Tout va bien, monsieur ronchon plaisante dès le matin.
On se tripote un peu dans la demi-heure qui suit, des petites claques sur les fesses rien de bien méchant. Shura va partir s'occuper des jeunes à l'arène et je pars en même temps que lui.

- J'ai des chocolats qui m'attendent chez moi.
- Et moi des gosses qui ne seront jamais chevaliers pour la plupart.
- Sois pas si négatif enfin ! Aller on se revoit le premier du coup?
- Va pour le premier septembre. Et je veux que tu aies passé la barre des 15 leçons en conduite !
- Tu parles, j'aurais passé celle des 20 !

Je plaisante un peu, mais je compte bien m'y mettre à fond et avoir mon permis rapidement pour passer la moto et faire des sorties avec Shura tant que la saison le permet.

Je rentre chez moi, satisfait comme jamais.
Peut-être que les 15 jours d'attente seulement m'aideront à ne plus penser à lui tout le temps. Et qu'il arrêteras de regarder le cul des filles en fin de mois. Ça serait bien. Vraiment.


Novembre.
J'ai eu mon permis (voiture ), je peux donc aller et venir en ville à ma guise. Et faire mes soirées Jeu de Rôle tranquillement sans me faire ramener.
Avec Shura tout va plus que bien. J'y pense juste tout le temps. Même si on se voit deux fois par mois à présent, ça m'obsède toujours autant voir plus. Je me dis que c'est normal si je suis amoureux de lui comme je le pense. En fait, ça me dit surtout que j'en suis sûre désormais. J'y pense plus souvent qu'à mon frère après sa mort. Ça craint un peu.

- Hey! Lia, c'est ton tour. Tu fais quoi?
- J'ai pas suivi pardon.
- Soso a décidé d'acheter une potion de magie. Et toi, tu prends quelque chose?
- Heu…

Je regarde mon argent sur ma fiche et réfléchis vite.

- Phil, tu as un sort de feu ? Pour nous éclairer?
- Je pense garder le sort de soin. On va mourir quand on entrera dans le donjon sinon.
- Alors je vais acheter une torche. J'ai déjà des soins avec mon "imposition des mains".
- Ah oui c'est vrai.
- Lia, le marchand te demande 15 pA.

Je réduis ma dose de pièces d'argent, et notre voleur fait les poches au marchand dans la foulée. Ya pas de petites économies. En plus il a fait un super jet de dés et ne s'est pas fait prendre, je n'aurais pas à le gronder.

- Bon les amis, on va s'arrêter là pour ce soir. On entrera dans le donjon samedi prochain!

Le MJ sonne la fin de partie. Je range mes fiches et sors mon téléphone.

- On est le neuf ?! Samedi prochain c'est le seize ?
- Oui.
- Ah je suis désolé, mais je ne pourrais pas venir.
- Quoi !? Non !
- Arrête de t'exciter Soso. Tu as un truc de prévu Lia?
- Oui, tout les seize et les premiers du mois je suis pris.
- Tu fais quoi?

Soso à l'air vraiment déçu, en même temps si je ne suis pas là, il n'ont aucune force de frappe et c'est son personnage qui passe à l'avant et qui prendra les dégâts.

- J'ai rendez-vous avec un ami. On fait une petite sortie et on passe la soirée ensemble… Devant la télé. Je peux vraiment pas annuler.
- Pourquoi tu l'inviterais pas? Plus on est de fou, plus on rit, pas vrais?

Je ris un peu gêner.

- Je ne crois pas trop que ce soit son truc. Pas du tout même.
- Pourquoi? Il boit d'la bière bon marché et roule en BMW en se gavant de pizza cet ami?

Je ris, c'est la description de ce qu'ils ne veulent surtout pas à leurs tables, et en même temps la description parfaite de Deathmask. Finalement l'idée me plait. Je réponds avec un sourire en coin, fier.

- Nan, Shura, il roule en CBR 1000 RR !

Mes amis me regardent sans comprendre..

- 1000 RR… Une moto ?

Soso a trouvé, et m'impressionne beaucoup là.

- Oui.
- Un motard?
- Ce n'est pas QUE un motard non plus, hein?

Cyril sourit et regarde le MJ.

- Ça se tente!
- Aller. Au pire ton ami vient tester, s'il n'aime pas on le fera mourir "par accident" dans le donjon la fois d'après.

Je ris un peu. Je n'imagine tellement pas Shura à l'aise avec mon nouvel univers. Mais bon, on peut toujours essayer, je ne pensais pas que cela me plairais non plus au départ.

- Je lui envoie un SMS pour lui demander s'il veut bien.
- Comme ça j'aurais du temps pour organiser la partie.

Me répond le MJ. Mais connaissant Shura, ses disponibilités et son dinosaure... On auras pas une réponse positive avant le prochain déluge.

- Pas sûre qu'il réponde ce soir. Au pire je te renvoie un message avec la réponse d'ici quelques jours.

09 Novembre 23h41
À : SHURA

" Bonsoir, Shura, pour la semaine
prochaine j'aimerais t'emmener
dans un endroit un peu particulier
pour la soirée. Ne t'en fais pas, je
serais d'attaque toute la nuit s'il le
faut. J'aimerais te présenter un
lieu que j'aime bien et des amis à
moi. Dis-moi si ça t'intéresse ou si
on fait comme d'habitude, que je
puisse les prévenirs.
Bisous où tu sais :p"

Je relève la tête et leurs sourit.

- Voilà! Message envoyer, plus qu'à attendre la réponse !

Je regarde mon fond d'écran, en attente d'une réponse. Alors que Soso et notre MJ sortent fumés.
Phil s'approche de moi et me colle. Je ferme mon téléphone immédiatement. Ce type est gay jusqu'au bout des ongle vernis en noir et ça m'agace qu'il me colle. Alors je n'imagine même pas s'il craque sur mon Shura en fond d'écran.

Je suis très possessif, je sais…

Il se colle à moi et me parle, j'ai pas envie de le supporter ce soir, il joue bien, mais il me tape sur les nerfs.
Ce n'est pas le fait qu'il soit homo qui m'énerve. Je serais mal placé pour le juger là dessus, clairement. Mais c'est son comportement qui m'agace. Très maniéré, qui rigole comme une pie. On dirait un peu Aphrodite...

- Ton ami qui va venir, il est bien? Je veux dire, physiquement.
- Oui, mais tu poses une main sur lui, je te la grille, si lui ne te la coupe pas avant !
- Hey! Je posais juste une question !
- Je les connais tes questions.
- T'inquiètes, je te fous la paix j'ai compris le message la dernière fois. Mais ne m'en veux pas de te poser des questions sur tes amis.
- Tu es si en manque que ça?
- Non, je cherche juste a faire de vraie rencontres pour me poser, pas toi ?
- Tu n'es pas un peu jeune?
- Mieux vaut sortir avec un parapluie même s'il ne pleut pas. On sait jamais, dès fois que ce soit pour aujourd'hui qu'il pleuve et que ce soit le bon.
- Pas touche, celui-là de parapluie il est dans mon sac.

Cyril calcule tranquillement ses prochaines stats car il a gagné un niveau en bout-de-table, mais finit par nous parler.

- Les enfants… pas trop de bruit d'accord?

Phil lui répond sur un ton condescendant.

- Oui Papa!

Je prends la parole un peu curieux.

- Cyril, t'as déjà été marié ou eu une vraie relation une fois?
- Oui.
- Et?
- On a divorcé, pas pu avoir d'enfant, deux fausses couches de suite. Ça a amené des disputes et la rupture. Pour vous expliquer en condensé.
- Ah oui ? Désolé… Et tu ne cherches personne d'autre maintenant?
- J'ai plus de quarante ans. Je suis loin d'être le type séduisant, et je passe toutes mes soirées à faire des jeux de rôles ou à jouer en ligne. C'est fini pour moi tout ça.

Phil me coupe alors que je commençais à parler, en faisant un geste du doigt tout en bougeant la tête. Qu'il m'agace !

- Ne dis pas des conneries, avec des yeux comme les tiens, je connais plein de mecs que ça ferait fondre !
- Je veux une gentille femme. Pas un homme. Je ne suis pas comme toi. Je me fiche qu'elle soit belle ou pas, je veux juste une femme qui ne me prenne pas la tête, et ça je ne pense pas trouver.

Cette fois-ci c'est moi qui coupe la parole à Phil.

- Si tu tombes amoureux, celle-là t'embêtera plus. Peu importe ses défauts.
- Tu as raison. Mais je n'ai pas vraiment la tête à ça.

Je ne l'embête pas plus avec mes questions indiscrètes. Je viens de remuer des souvenirs pas drôles visiblement. Je fais le lien rapidement avec Shura, lui aussi a plein de défaults, et pourtant...
Je sens soudain mon téléphone vibré et je le sors.

- Ah j'ai une réponse !

Phil se colle à moi pour lire… Mais j'essaie de lui cacher mon téléphone.

09 Novembre 23h52
De : SHURA.

" Comme tu veux, je te fais confiance,
et je me demande à quoi peuvent
ressembler tes amis pour être
honnêtes. Je suis curieux sur ce coup-là.

Je me doute qu'on aura du temps
après je ne te laisse pas partir sans
avoir eu paiement ! lol "

Phil répète la fin du message à haute voix.

- "On aura du temps après." ? Ça m'intéresse, raconte moi tout.
- Nous sommes collègues, on a parfois du boulot.

Je suis un gros menteur là… Enfin je n'ai rien dit de faux… Mais bon…

- Par contre il a quel âge ton ami. Il écrit comme un vieux. Et plus personne ne dis "lol" c'est démodé.
- Il fait ce qu'il veut. Et moi j'aime bien son petit côté vieux.

Je chuchote à l'oreille de Phil pour lui donner du grain à moudre tout seul dans sa tête.

- Ça lui donne un côté mature.

Je vois Phil sourire et se pendre à mon cou.

- Je m'en fiche, ça reste toi mon préféré !
- J'espère, lui : pas touche.

Je le pousse gentiment et vais régler mes deux boissons. Je croise notre MJ et lui explique qu'on aura un joueur en plus la semaine prochaine. Je glisse une petite pièce dans le crâne en plastique pour les pourboires et m'en vais après avoir dit au revoir à tout le monde, Cyril part en même temps et je lui fais "coucou" de la main avant de monter dans ma voiture avec mon ridicule petit "N" collé derrière qui signifie que je suis jeune conducteur.


Shura monte dans ma voiture et s'attache après un dernier baiser.

- Alors comme ça, c'est toi qui m'emmènes en ville maintenant?
- Tu as peur quand je conduis?
- Non non. J'ai plus confiance en quelqu'un qui sort de l'école qu'en quelqu'un qui a pris des mauvaises habitudes depuis des années.
- C'est gentil, mais je n'en crois pas un mot.

Il sourit et se laisse bercer par la voiture, le coude contre la portière pour tenir sa tête. Il a l'air à l'aise. Pas comme mon frère qui s'accrochait au siège comme si sa vie en dépendait.

- Du coup, on va faire quoi avec tes amis? Tu as dit qu'on allait dans un bar, on va juste boire avec eux?
- Non. Puis moi je ne bois pas, je conduis.
- Je peux conduire au retour si tu veux, je n'ai pas envie d'alcool ce soir.
- Autant rester sobre tous les deux. On va devoir se concentrer.
- Se concentrer?
- Oui… On va faire une sorte de jeux de société.
- Jeux de société?
- Oui. Tu en as déjà fait, hein ?
- Oui, je jouais souvent à la marelle petit.

Je regarde un court instant Shura… La marelle ? Un jeu de société? On est très mal parti s'il pense que c'en est un…

- Euh… Ce n'est pas un jeu de société la marelle. Plutôt comme une sorte de cluedo? Tu vois ce que c'est ?
- Les petits chevaux?
- Non plus…
- Jeux de cartes ?
- Je sais jouer au poker. Mais je ne suis pas très fort.
- Bon, dis-toi qu'on va juste faire un truc nouveau… Ça sera plus simple.

Je conduis en silence. Shura doit avoir l'impression que je me moque de lui et je sais bien que ne pas lui expliquer l'énerve. S'il est capable de comprendre, il mérite de savoir, mais je ne vois pas comment lui expliquer ça. Surtout s'il n'a aucune idée de ce qu'est un jeu de plateau.

- Shura, on va aller dans un endroit avec une décoration assez atypique. Elle fait même un peu peur.
- Je suis chevalier d'or, je ne pense pas être terrifié en entrant.
- Moi je me suis senti très mal à l'aise la première fois. Je te préviens, que tu ne sois pas trop pas surpris en arrivant.
- D'accord, merci.

On arrive assez rapidement, je me gare juste devant, j'ai eu de la chance de trouver une place. On avance devant la porte et je vole un baiser à Shura alors qu'il tendait une oreille intriguée quant au style de musique qu'on pouvait entendre à l'intérieur.

- Un pour la route.

Je souris content d'avoir accompli mon forfait.

- Fais au moins les choses correctement.

Il s'approche pour m'embrasser langoureusement. En pleine rue comme ça c'est risqué... Mais tellement bon. Heureusement qu'on est loin du centre-ville et qu'il fait nuit… Il me lâche et je vais ouvrir la porte doucement pour entrer. Shura me suis et marque une pause posant le pied à l'intérieur. Il ne dit rien, mais je vois que son expression n'est pas… rassurée.

- Ils sont en plastique les crânes.

Je le regarde prendre une position presque défensive naturellement, je repars en arrière pour le faire venir.

- Me force pas à te tenir la main quand même.
- Si tu me donnes la main, je te la lâche pas et je te fous la honte devant tes amis en punition, c'est clair?

Je souris amusé, au moins ça ferait comprendre à Phil que Shura est sur mon territoire de manière définitive.

- Si c'est le prix à payer. Je pense pas que mes amis diront quelque chose sur mon orientation sexuelle.
- Ils sont où tes amis, qu'on bouge de l'entrée ?
- Au fond, viens.

Je tends la main, mais il ne la prend pas. En fait, c'est bien lui le timide qui n'ose pas s'afficher devant mes amis.

- C'est ça le Métal ?
- Du Folk Metal oui.

On arrive à la table, et le kilt du patron n'a pas échappé à Shura, qui nous a fait une drôle de tête.

- Alors Shura, je te présente, Soso, Phil, Cyril et Benji, qu'on appel MJ. Glen n'est pas encore arrivé, il est toujours en retard.
- Enchantez, tout le monde.

Je m'assois d'entrée de jeux à la place de libre à-côté de Phil. Je sers de barrière humaine entre lui et mon amant. Je fais signe à Shura de s'asseoir et il vient à coter de moi.
Benji commence à parler en premier à Shura.

- Je suis le MJ. Lia m'a dit que tu n'avais jamais joué. Mon rôle c'est de gérer la partie. Je suis le Maître Joueur. On abrège en MJ.
- D'accord.

Shura écoute avec un calme studieux.

- Aiolia, tu l'aides à faire sa fiche pendant qu'on va prendre des boissons?
- Oui, mets-moi deux Elwing s'il te plait.
- Ok.

Je sors quelques fiches de ma pochette et les montres à Shura.

- Ça, c'est une fiche de personnage. Tous les joueurs en ont une. Il lui faut un nom, une race et une classe pour commencer.

Je sors le gros livre de Cyril et lui montre le sommaire.

- Ici, tu as la liste des races possibles et des classes dans le bouquin ici. Tu me suis?
- J'ai compris ce que tu viens de me dire même si je ne vois toujours pas la finalité.
- Ne t'en fait pas. Je ne peux pas t'expliquer comme ça, ça serait trop complexe, mais tu verras bientôt.

Il hoche la tête.

- Ici tu as des statistiques à remplir, qui se feront en fonction de ta classe avec les dés qui sont là bas.

J'attrape les dés et les lui montre.

- Ils ont des formes bizarres tes dés…
- Oui, il y a un peu de tout.

Il attrape un dé au hasard.

- Oui, il est triangulaire, c'est un dé de 4. On lit le chiffre du haut quand on le jette.

Il en prend un autre très étrange.

- Ahah, un dé de 60 celui-là. Je crois que c'est le plus gros qu'on a.
- Soixante faces, eh ben…

J'attrape un dé 20.

- C'est celui-ci mon préféré. Vingt faces.
- C'est vrai qu'il a l'air assez équilibré comparé aux deux autres que j'ai sortis.
- C'est parce qu'il est joli que je l'aime bien, et heureusement pour moi, on l'utilise assez souvent.

Je repose mon dé et les rangent tous dans le bocal.

- Alors ensuite. Il faut que tu choisisses tout ça pour le moment. Classe, Race, Sexe, Âge, Nom, Taille et autre caractéristique physique. Tu peux t'amuser, on a une petite fille elfe voleuse par exemple. Laisse ton imagination choisir, prend ce qui te plait ou te ressemble si tu n'as pas d'idée.

Je laisse Shura avec le livre. Et je le vois qui commence à lire.
Il ne me pose pas de question et se laisse guider. Je pensais qu'il aller protester, demander des explications, ou même se disperser de partout pour ne pas le faire.
J'en profite qu'il n'y ait personne autour de la table pour glisser une main sur sa cuisse.
Je le regarde se concentrer à lire avec ses lunettes. A-t-il seulement remarqué ma main? Puis ce ne serait clairement pas sympa de ma part de la bouger plus vers l'intérieur alors qu'il ne peut pas me toucher. Je l'exciterais pour rien.

Il lit avec attention et les autres membres reviennent, je retire ma main et fait semblant de sortir mon téléphone pour le mettre en silencieux.
Shura se dirige ensuite vers la liste des classes, peu après il le referme et me regarde.

- Ensuite?
- Dis-moi ce que tu as choisi, on va remplir ta fiche.
- Une humaine paladin.

C'est embêtant, je suis paladin aussi… Mince… Le MJ nous a entendus et prend la parole.

- Pourquoi un Paladin ?
- "Quelles que soient leurs origines et leurs missions, les paladins sont unis par leur serment de s'opposer aux forces du mal. Qu'il fût prononcé au pied de l'autel d'un dieu en présence d'un prêtre (...) ou bien lors d'un moment de désespoir et de colère avec la mort comme seul témoin, le serment d'un paladin est un lien très puissant. Il est la source d'un pouvoir qui transforme un guerrier dévoué en un champion bénit." Aiolia m'a conseillé de prendre quelque chose qui me ressemblait pour débuter.
- Il a eu raison, le problème, c'est qu'un second Paladin ne sera pas vraiment bénéfique au groupe, encore moins en bas niveau. Après tu sembles avoir des affinités avec cette classe, on peut toujours essayer quand même, mais ce serait compliqué.

Phil me glisse à l'oreille. Alors que je restais bouche bée devant Shura qui avait retenu le passage par coeur.

- Ton pote est prêtre ou ça se passe comment?
- C'est compliqué a expliquer, comme ça…
- Témoin de Jéhovah alors?
- Arrête de dire des bêtises!

Shura discute sérieusement avec le maître joueur.

- Ça ne me dérange pas de changer, je ne sais pas comment ça va se passer, si je peux être un minimum utile ça sera pas mal. De quoi le groupe a-t-il besoin?
- Je ne suis pas censé te le dire en tant que MJ, mais..
- Entendu. Je vais faire un autre choix. Si je fais à nouveau doublon, je changerais.

J'aimerais dire à Shura qu'on a besoin de soin et de protection, mais s'il a décidé de respecter les règles quitte à couper le MJ dans sa phrase je ne vais rien lui dire.
Shura arrête à nouveau son choix sur une classe.

- Je vais prendre un Clerc. Est-ce que ça convient à tout le monde ?
- Oui !

Soso sauterait presque sur place. Elle n'a pas beaucoup de vie et passe son temps à rater ses jets de chances. Moi je souris en pensant intérieurement. Il a voulu prendre un guerrier avec des tendances de soigneur, il n'a pas pu, alors il a choisi un soigneur avec des tendances de guerrier… Tout en gardant l'appartenance à une divinité. Shura reste Shura, la boucle est bouclée, il ne changeras jamais vraiment.

- Oui, ça convient. Dans la liste des sorts mineurs, tu peux en choisir 3.
- Je vois pas trop à quoi tout correspond, mais entendu.
- Tu verras une fois en jeu.

Shura se décide rapidement.

- Ensuite?
- On va tirer tes statistiques. Il faut que tu lances dix fois les dés, notes tes jets, ensuite tu retires les deux plus mauvais jets et tu peux les répartir dans tes statistiques selon ce que tu veux.
- D'accord.

Il fait des lancers plutôt pas mal. Shura semble être chanceux. Je lui fais tout finir et le MJ, d'humeur joviale lui donne des armes un peu meilleures que pour débuter. Surement pour ne pas qu'il se fasse tuer dès qu'il entre dans le donjon…

Glen se décide enfin à arriver.

- Pile en même temps que l'arrivée des boissons! Il n'était pas trop tôt !
- Je les ai sentis, c'est pour ça ! Oh! Bonjour !
- Enchanter, Shura.
- Glen de même.

Tout se passe bien, et on commence la partie. Shura suit comme il peut sans être un poids, ce qui est rare quand on débute. Il m'aide même avec Soso quand on a perdu de la vie. Ce n'est pas grand-chose, il est niveau 1 Soso et moi sommes respectivement à neuf et cinq.
Shura joue prudemment, comme s'il était vraiment dans un donjon, c'est mignon à voir autant de sérieux, alors que nous on prenait ça à la rigolade.
Je le vois mal prendre quelque chose à la rigolade de base, mais c'est vrai qu'un nouveau se permet rarement ce genre de comportement. Shura est vraiment bien. Et son personnage est charismatique, une grande fille avec des cheveux blonds, prudente mais peur de personne.

Si Shura revient et joue avec ce perso, il va finir par devenir le chef du groupe. En même temps, dans la vraie vie, il est meneur de troupes, alors ce n'est pas vraiment étonnant.
Je suis moi aussi meneur, mais j'ai un autre caractère à coter moi. Je tire mentalement la langue à Shura qui reste le plus concentré possible en buvant sa boisson de temps en temps. J'ai déjà fini la mienne depuis un moment et je sens qu'on ne va pas tarder a re commander.

J'avais raison, tout le monde repart au comptoir et dehors pour fumer pour certains. Je reste avec Shura qui étend son dos à la banquette.

- Tu ne vas pas fumer?
- Pas envie.
- Pas envie de boire, pas envie de fumer. Toi ça va pas non ?
- Un peu fatiguer ces temps-ci, mais ça va t'en fais pas.

Je souris et pose ma main sur sa cuisse. Je touche sa main par accident, ça semble l'étonner.

- C'est la cuisse que je voulais.
- Si c'est la cuisse que tu veux, dis-moi où sont les toilettes.

Je ris un peu et glisse ma main vers l'intérieur de la cuisse évoquée précédement.

- Tu es vraiment sérieux? C'est pas très poli pour mes amis.
- On n'a pas le temps de faire grand-chose. Mais juste un peu, ça nous préparera pour tout à l'heure.
- Je pars devant, tu me suis après. Phil à un détecteur sur ça.

Je pars aux toilettes, heureusement visible depuis la table, mais pas du comptoir. J'entre et ne ferme pas à clé pour qu'il entre. Si quelqu'un vient pendant qu'on le fait, on prétextait que je suis paraplégique pour sortir à deux. Une ancienne conquête m'avait raconté qu'ils avaient fait comme ça un jour. Même si franchement, je ne pensais pas que je ferais ça dans les toilettes d'un lieu public… Enfin… J'ai tellement envie que Shura me touche que ça m'est égal.

Je détache ma chemise puis je le vois entrer et fermer à clé derrière lui. Je me jette sur lui, quitte à le plaquer à la porte et je l'embrasse avec fougue. Il m'attrape sous les jambes et se décale sur le côté. Je lui ai enfoncé la poignée dans le bas du dos, oups…
Je passe mes bras autour de son cou et coincent mes jambes derrières lui.

Je l'embrasse avec fièvre. Pour rien au monde je ne le laisserais à quelqu'un d'autre. Et ça me rendrait malade si un jour, avant de le faire, il me disait qu'il fallait mettre une capote. Car ça voudrait dire qu'il a été voir quelqu'un d'autre. Même si ça ne l'empêche pas d'avoir des rapports protégés ailleurs, mais je n'en ai pas de preuves au moins.

Je m'accroche assez fermement pour que Shura puisse me lâcher. Ses mains remontent lentement dans mon dos pour se glisser sous ma chemise détachée. Venant caresser mes omoplates avec ses mains chaudes. Il fait un peu frais et je suis bouillant quand lui et moi on se touche, c'est agréable de le sentir contre moi.

Il passe ses mains sous mes fesses et me remonte un peu brusquement pour me dévorer la gorge. Je murmure son prénom tandis que mon érection s'amplifie à mesure qu'il me touche avec ses lèvres. On a pas le temps d'aller jusqu'au coït, on va ressortir dans un état d'excitation maximale sans rien avoir pu faire. On est pas très malin sur ce coup-là, on sait qu'on va être frustré, mais on préfère quand même se toucher avant.

Je sens son bassin se coller au mien alors je me repose au sol, Shura enlève sa main pour me laisser faire puis je défais nos braguettes, commençant par la sienne. Je colle mon bassin contre le sien.

- Dis, ta queue, je peux la sortir?
- Que si tu m'autorises des suçons.
- Pas visible.
- Je croyais que tes amis étaient ouverts d'esprit ?
- Si des suçons pouvaient éviter d'apparaître le temps de leurs clopes.
- Entendu.

Je glisse ma main dans son boxer et commence à caresser son membre. Au même moment je sens les dents de Shura me mordre l'épaule avant d'y laisser un suçon à mon avis bien violet et rouge.
Je fais pareil avec mon autre main qu'avec la première et sors mon membre. Je le colle à celui de Shura et les caresses ensemble. Rapidement je viens m'occuper de ses oreilles avec ma langue. Comme je ne le laisse plus jouer avec les endroits que je lui autorise, il descend sa main entre nous et décide de s'occuper de moi.

- Shura..?
- Hm…
- Juste avec la main, tu pourrais ?
- Oui je pense.
- Alors on le tente.

Je l'entends pouffer, souriant, je sais bien qu'il ne se moque pas. Il cache juste sa gêne comme ça. Au bout de presque un an et demi, je commence à le connaître un peu, ça me rassure quant au fait que je n'aime pas un inconnu.

J'accélère presque tout de suite après en soulevant de mon autre main le polo à Shura pour toucher son ventre, puis ses pectoraux… Ya rien à faire, les chevaliers, c'est sexy…
Je me mords la lèvre et cette fois-ci c'est Shura qui décide d'accélérer. C'est drôle de faire ça de cette manière. Quand il aura envie de plus il bougera machinalement la main plus vite, je saurais alors que je devrais y aller plus vite. Ça peut-être moi qui feras les frais de cet étrange phénomène finalement très logique. À voir seulement lequel des deux aura le plus envie en premier.

Il s'avère assez vite que c'est moi qui aie du mal à contenir mes gémissements et le rythme de sa main en premier. Vient très vite le tour de mon amant que je viens embrasser au dernier moment. Il manque de me la prendre des mains pour le faire lui même, par purs réflexes. Mais qu'il le fasse n'aurait rien changé à son éjaculation.
Respiration reprise. Shura me pousse un peu pour prendre du papier et nous essuyer. Il nous essuie tout les deux en commentant la déco.

- Sérieusement… Même le dérouleur de PQ a des piques en métal et en cuir…
- Est-ce vraiment hygiénique le cuir dans cette pièce.
- Ils ont dû mettre du faux, ça ne ressemble pas à une vraie bestiole.
- Charmant… Tu sais ça comment que c'est du vrai?
- Souvenir.
- Raconte !

Shura se contente de lever les yeux aux ciels.

- Aller file à la table, je te rejoins juste après.
- Non vas-y en premier, quitte à être là…
- Et tu disais que mes connaissances en peaux de bêtes n'étaient pas charmantes.
- C'est pas comme si t'avais jamais pissé de ta vie non plus.
- Encore heureux.

Shura rit un peu, se rhabille et quitte la pièce. Je ferme à clé derrière lui et le rejoins plus tard à la table et lui dit en arrivant.

- Finalement on a été plutôt rapide, ils ne sont pas revenus encore.
- Oui, où ils sont particulièrement longs.
- Je ne sais pas. Sinon la soirée te plait, ça va?
- Ça va, je comprends au fur et à mesure. En même temps je fais le lien avec ce que tu me racontais les autres fois.
- Tu m'écoutes vraiment?
- Bah oui.
- J'ai l'impression de parler dans le vide personnellement.
- C'est pas parce que je réponds pas que je t'écoute pas. Je n'ai rien à dire, alors je dis rien.
- Parler pour rien c'est agréable pourtant.
- Tu ne parles pas pour rien, puisque je t'écoute.

Shura a l'air d'une humeur plus aguicheuse et détendue que tout à l'heure. Il joue même un peu avec son verre. Quant à moi, j'aime l'entendre dire qu'il aime quand je lui parle, même si je ne dis rien de très intéressant.

- Au fait c'est quoi cette boisson?
- Un des cocktails sans alcool. Je l'aime bien, j'aime la plupart des fruits dedans.
- On dirait qu'ils ont mis de l'orgeat dedans.
- Ce n'est pas le truc où tu es allergique quand même ?
- Non, juste l'arachide moi. L'orgeat c'est de l'amande. Comment tu sais que je suis allergique à ça?
- Dans un des premiers textos que tu m'avais envoyé. Tu m'avais demandé de faire des sandwichs, je crois. Tu m'avais dit de ne pas en mettre.
- Tu as retenu? Bravo, moi ça m'était sorti de la tête.
- Comme toi, tu retiens des trucs comme le nombre de tours du moteur de l'Hayabusa, moi des messages que j'ai reçus.
- Qu'est-ce qu'elle est moche cette moto…
- Oui… Mais ne change pas de sujet quand on commence à parler de toi.
- Tu me connais trop bien, faut qu'on arrête de se voir, je crois…

Je me lève presque.

- Non ! Surtout pas !
- Calme-toi enfin, je plaisante.

Shura me regarde étonner.

- Eh ben, tu as tant envie de sexe que ça?! Je suis flatté !

Je pose mon coude sur la table et ma tête dans ma main. J'ai certes, envie de sexe, mais ce que je veux avant tout c'est le voir et passer du temps avec lui. S'il y avait que le sexe, ça irait mieux… Et je ne penserais pas autant à lui tout le temps…

- Ce soir, je pourrais te prendre?
- Oui, bien sûr, pas de problème. Du moment que j'ai le droit de te le faire aussi.
- Je peux en rentrant? Et pas en dernier comme d'habitude?
- Pourquoi, ça t'ennuie que ce toi qui y passe en dernier la plupart du temps?
- Nan, c'est pas pour tuer l'habitude. C'est juste que j'ai envie de ça depuis un moment. J'ai pas envie d'attendre.
- J'ai pas envie d'attendre non plus, mais pas de soucis. Je peux pas résister à une jolie demande comme ça.
- Une jolie demande?
- Tu t'y prends à l'avance, et tu demandes pour quelque chose qui me semble naturel de te donner. Donc oui. Pas moyen de te dire non. Comme d'habitude.

Je lui souris, j'ai envie de l'embrasser. Mais pas moyen, ya trop de gens autour, et je vois déjà Soso revenir. Je ne dis plus rien et me contente de sourire à Shura qui joue avec son ombrelle en papier, volée à sa boisson.

- Tu sais Lia, même si tu m'avais demandé à ce que ce soit ton tour toute la soirée… Je crois que j'aurais dit oui quand même.

Je regarde Shura qui joue toujours, en rougissant un peu. S'il savait à quel point sa phrase m'a fait plaisir… Puis Soso qui est revenue reprend.

- Vous parler de la partie ?
- Non, d'un autre de nos jeux.

Shura, le coude sur la table et la tête sur sa main me regardent avec un petit sourire. Je ne saurais dire si c'est l'envie de moi que je lis dans ses yeux… Ou autre chose…

Tout le monde revient et on reprend la partie jusque tard. On arrête à une heure du matin. Phil tombe de fatigue sur sa fiche d'inventaire et Glen n'arrête pas de faire des "Bon !" comme s'il voulait partir. On n'a pas été aussi loin que le MJ le voulait. Il n'avait pas prévu que ce durerai aussi longtemps et avait complètement oublié qu'un joueur en plus allongerait la partie autant.
Une fois tout rangé, je récupère mon amant, pressé d'aller au lit, malgré qu'il semble fatigué.

Je lui dis que je conduis comme ça il pourra se reposer dans la voiture. À peine on démarre et on roule quelque mètre que je vois sa tête tomber sur le côté à un feu rouge. Il n'y a personne derrière alors je retire ma veste pour la poser contre la ceinture de sécurité de Shura. Je le penche un peu pour qu'il prenne appui dessus puis j'attends patiemment que le feu repasse au vert pour rentrer.
Il n'a pas menti. Dès qu'il arrête de faire quelque chose, il s'éteint et dort profondément.

Je gare la voiture au parking du sanctuaire. Je détache ma ceinture et le regarde dormir un instant.
Je suis content de moi, Phil n'a pas essayé de le draguer, j'ai dû lui faire assez peur. Même si, je regretterais presque. J'aurais bien aimé voir Shura le repousser pour se coller à moi ensuite.

- Tant pis.

Je m'avance vers lui et l'embrasse.

- Shura… Ouvre les yeux… Nous sommes arrivés.

Je le vois émerger doucement, il a la fermeture de ma veste imprimée sur sa tempe. Je cache mon sourire amusé pour lui parler doucement et défaire sa ceinture.

- Encore assez d'énergie pour aller chez toi ?
- Assez d'énergie pour faire des choses pas catholiques avec toi, mais monté dix étages non merci. On fait ça chez toi.
- Deux fois de suite chez moi ? Entendu. Les deux prochaines seront chez toi alors.
- Mh.

Il se redresse et je me pousse, sortant de la voiture. Il me rejoint vite, ma veste à la main et me la repose sur les épaules.

- Mi-novembre, tu va choper froid sans.

Je souris et serre ma veste contre moi.

- Dis Shura, tu te souviens en début d'année, quand j'étais malade?
- Oui.
- Tu m'avais proposé de passer me faire un câlin, et je m'étais endormi avant d'écrire la réponse. Tu étais passé du coup?
- Pourquoi cette question, soudainement, au bout d'un an ?
- Pour savoir si je retombe malade ou pas aujourd'hui.
- Que je sois venu ou pas, ça change quelque chose? Puisque de toute évidence tu ne t'en souviens pas.
- Biensure que ça change quelque chose.
- Ça change quoi?
- La discussion si tu es quelqu'un de gentil ou si tu fais semblant d'être méchant.
- Quoi que je réponde, tu me prendras pour quelqu'un de gentil, ou quelqu'un de gentil qui ment.
- Je te demande juste de me dire. Par curiosité aussi.
- Alors moi non plus je ne m'en souviens plus.

Je grogne un peu. Pourquoi s'obstiner à ne pas répondre? Si c'est pour m'embêter, ça marche drôlement bien ! Il sort son paquet de cigarettes, depuis que je lui en tube quelques une d'avance, il en a toujours des prêtes sur lui. Je le vois qui cherche dans toutes ses poches.

- Tu as perdu ton briquet?
- Je crois bien… Ça m'énerve, je perds jamais rien.

Je le vois ranger sa cigarette.

- Nan. Attends.

Je lui prends des mains et la lui glisse entre les lèvres, il me regarde un peu ahuri en essayant de la tenir du bout des lèvres.
Je claque des doigts devant sa cigarette pour faire un petit éclair pour l'allumer. Je le regarde content de moi.

- Oh, merci.

Il retire sa cigarette et la regarde puis il m'attrape le bras pour m'embrasser avant que je ne reprenne ma route.
Comment voulez-vous que je ne tombe pas amoureux de lui quand il agit comme ça. Je réponds à son baiser puis y mets fin. En rougissant.

- Et si quelqu'un nous voit?
- On est presque chez toi, et je connais assez bien ton voisin, s'il faut monnayer l'info, pas de problème. J'ai de la bière à la maison.

Je ne réponds rien et on reprend la marche, Shura fumant tranquillement avec sa cigarette allumée par un brin de foudre.

- Tu peux vraiment monnayer l'info?
- Oui.
- D'accord.

Je glisse ma main dans son pantalon et la pose sur ses fesses. Shura rit un peu et passe son bras autour de mon épaule avant de me lancer.

- Tout ça pour faire cinquante mètres?
- Oui.

Une fois arriver devant chez moi j'ouvre ma porte alors que Shura a déjà posé ses mains sur mes hanches en commençant à me dévorer le cou de petits baisers.

- Bon tu l'ouvres ta porte-oui?
- Je n'arrive pas à me concentrer quand tu fais ça.

Il se retire, ce n'était pas le but de ma phrase, mais bon temps pis. J'ouvre ma porte et dépose ma veste sur le porte manteau, Shura fait de même.

- Ça parait déplacé si je vais sous ta douche me laver un peu?
- Tu es un habitué maintenant, la maison te fait crédit d'une dizaine de minutes d'eau chaude.
- Trop aimable.
- Tu te sens sale? Tu sentais bon tout à l'heure.
- C'est surtout pour me réveiller un peu.
- Alors non. Pas de douche. Je vais te réveiller moi, tu vas voir !

Il me regarde et me souris, taquin.

- Ah oui?
- Tu me laisses faire, hein?

Je m'approche de lui et détache mes boutons de chemise.

- Oui.
- Et comme je veux. Tu t'arranges toujours pour être au-dessus quand c'est moi qui te prends.
- Ah bon?
- Tu ne t'en rends même pas compte?
- Non.

Je le regarde, il ne s'en rend vraiment pas compte ou il fait semblant là? Je regarde son expression, il a l'air pensif.

- À chaque fois quasiment, c'est toi qui grimpes sur moi.
- Oui, maintenant que tu le dis, j'avais juste jamais fait gaffe…
- Alors tu veux bien te laisser faire, pas d'opposition?
- Ce que tu veux.

Il me fait craquer quand il dit des choses comme ça. Comme quand il dit qu'il ne peut rien me refuser.
Je lui retire son polo et le pose sur la commode dans l'entrée. Puis je retire ma chemise qui n'a plus qu'a emprunter le même chemin que le haut de Shura.
Je me colle à lui, passe mes mains dans son dos et ma tête sur son épaule.

- Toujours plus de câlins.
- Oui. Même si on se voit plus souvent, ça me manque toujours autant.
- Tu as une idée du nombre de câlins qu'il te faut par jours?
- Non. Faire un compte sur une heure me parait plus raisonnable. On ne dépassera pas les dix chiffres au moins.
- Dix chiffres?
- Oui, sur le nombre total de la journée.
- Tu es bête ! Mais j'aime bien ton humour.

Je glisse mes mains dans son pantalon et murmure à son oreille.

- Ah oui?
- Le tien est léger. C'est pas l'humour lourd et potache de Deathmask, ou sophistiqué qui prend la tête comme celui de Camus.

Je souris et ne réponds pas. Je n'ai pas envie de causer, enfin, si, mais j'ai plus envie que ce soit une conversation charnelle.
Shura le comprend très vite et j'ai droit à ses mains dans le creux de ma taille. Je tire ses cheveux pour avoir l'endroit que je désire et murmure à nouveau près de son oreille.

- Je te veux nu, dans mon lit, dans les dix prochaines secondes.
- Compris.

Je le relâche et le vois partir, je ne perds pas une miette et le rejoins après avoir attendu un peu. J'arrive dans ma chambre et vois pile ce que j'attendais. Allongé dans mon lit, un bras derrière la tête, et son regard qui me dévisage avec envie.
J'avance doucement vers le lit, voyant qu'il est au spectacle, j'en profite et lui donne plus que ce qu'il attend.
J'avance, séducteur et défait ma braguette dévoilant mon érection à travers mon boxer rouge. Choisi tout spécialement pour les goûts de Shura ce matin.
Quand Shura comprend qu'il va avoir le droit à une petite séance de striptease gratuite, je l'entends rire en faisant de petits "hohoho…"
Je retire mon pantalon et remonte sur mon lit à quatre pattes, avant de me mettre à genoux, jambes écartées au-dessus de Shura. Je joue un petit peu à enlever mon boxer partiellement avant de remarquer que Shura vient de céder à l'envie de me toucher. Je prends ses mains et les places sur mon torse pour qu'il me caresse. J'ondule un peu et le fais redescendre sur mon sexe. Il me regarde dans les yeux en souriant, alors que je bascule ma tête en avant en l'appuyant contre mon bas ventre.

- Si tu aimes ça à ce point, sors-la et avance vers moi.

Comment résister à sa proposition ? Comment dire non à une pipe, encore plus de sa part ? Je fais ce qu'il demande, sans poser de question et profite de sa langue qui s'enroule autour de moi.
Je pose ma main à l'arrière de sa tête et le fais aller un peu plus profond. Je n'ose pas le regarder quand on fait ça généralement, son regard est braqué sur moi, et je me sentirais plus mal à l'aise si j'ouvrais les yeux. Je le regarde quand même un instant, ça ne m'a pas manqué, je me sens observé et je fuis son regard, sans compter que cette vue m'a limite fait jouir. Je mets mon pouce dans sa bouche et ressors. On va s'arrêter là pour la fellation. Shura s'amuse et fait semblant de me mordiller le pouce. Je recule mes jambes et m'allongerais presque sur lui. Je viens l'embrasser à pleine bouche avant de le délaisser pour m'occuper de son cou, puis de son torse, passant par son ventre, m'attardant sur ses tétons. Je finis ma course à son bas ventre, ou du moins c'est ce que je lui laisse croire. Je caresse ses cuisses et lèche un peu son membre avant de lui demander gentiment.

- Tu veux bien te retourner?

Il me regarde et se résigne avant de se retourner comme une crêpe géante. Je masse doucement le bas de son dos, ses cuisses et ses fesses. Je les admire.

- J'aimerais bien avoir les mêmes que toi.
- Pourquoi ? Tu n'aimes pas les tiennes ?
- Je préfère la forme qu'on les tienne.
- Avec le creux du muscle, ce n'est pas très beau. Enfin, si je préfère les tiennes et toi les miennes, on peut dire qu'on s'est bien trouvé.

Je ris un peu et acquiesce. C'est le moment de le préparer comme il faut, lui qui bâcle toujours cette étape quand c'est pour lui. Je vais lui montrer comment ont fait ! Et comment c'est mieux quand c'est fait correctement.
Je vois sa tête se retourner pour voir ce que je prépare, la seule chose qu'il doit voir c'est mon front et mon nez ainsi qu'une touffe de cheveux.
Je pose ma langue doucement sur son intimité, je le vois enfoncer sa tête dans l'oreiller. Je ne comprendrais jamais certaines de ses réactions. S'il déteste ça à ce point, pourquoi m'avoir dit oui ? Et si c'était de la gêne qui le poussait à se cacher le visage dans l'oreiller, ça n'a pas lieu d'être vu le nombre de fois qu'on a fait ça. Il ne devrait plus être si honteux. Je prends soin de faire les choses correctement, donc avant d'enfoncer un doigt en lui, j'essaye de l'aider à se détendre.
J'ai envie de lui, mais comme d'habitude, je ne dois rien précipiter sinon je risque de lui faire mal. Je me demande comment il a la patience de faire ça correctement à chaque fois. Moi qui suis pourtant amoureux j'ai très envie de tout plaquer et de le prendre comme ça.

Je l'embête un peu avec mon pouce et ma langue puis j'insère mon index. Il n'a pas l'air d'avoir mal, de trembler ou même de trouver ça désagréable. Rapidement après vient le majeur. Sa jambe droite bouge sous mon bras. Un nerf ou de la douleur? Je bouge un petit peu mes doigts à l'intérieur et de temps en temps sa jambe remue.
C'est amusant, mais je ne vais pas jouer avec, Shura ne va pas apprécier.
J'écarte un peu mes doigts et finit par demander à Shura.

- Tu peux attraper le lubrifiant ?

Je le vois se décaler un peu pour ouvrir la table de nuit et me lancer la bouteille. Je passe encore un dernier coup de langue sur lui avant de mettre du lubrifiant dessus, je m'allonge au-dessus de lui et je le vois immédiatement essayer de se tourner.

- Non, Shura. Tu es bien sur le ventre. Pas vrais?
- Ce serait pas plus pratique si je me retournais ?
- Non. J'ai envie de le faire comme ça.
- Oui, mais~
- Mais quoi? Tu m'as dit que je pourrais choisir, et j'ai choisi comme ça.

Je l'entends grogner avant d'ajouter.

- Alors à quatre pattes?
- Shura! Je veux comme ça ! En quoi ça te dérange cette position?
- Bah… Je saurais pas expliquer…
- Si ya le moindre problème tu peux me le dire. Tu le sais, on changera s'il faut. Tu as peur d'avoir mal ?
- Non… J'aime juste pas me sentir coincé. Je pense...
- Attends. Tu as peur de moi, que je te bloque, que je te serre et que je te viol ou que sais-je encore ?
- Non !
- Tu n'as pas confiance?
- Non plus.
- Alors où est le problème ? Si quelque chose ne va pas, on arrête tout, c'est promis. Attends…

Je m'allonge sur lui avec tout mon poids.

- Je ne peux pas te bloquer plus. Tu peux toujours me pousser là ?
- Oui.
- Et si je te prends les bras, tu sauras très bien me dégager aussi, tu as la menace ultime avec excalibur si je ne retire pas mes bras.

Au même moment je glisse mes mains le long de ces bras, puis mes doigts entrent les siens, avant de venir l'encercler. Ses bras croisés contre lui, retenus par les miens.

- Tu peux toujours te libérer, même comme ça.
- Je sais, c'est juste… J'ai jamais dit que c'était rationnel…
- Bon si ça t'angoisse tant, c'est pas grave, j'abandonne.

Je me recule et Shura me retient le bras.

- Non c'est bon… Je vais faire un effort. Je suis là pour assouvir tes désirs, non ?

Je souris et l'embrasse.

- Alors c'est bon, je peux y aller?
- Oui.
- Avec ou sans?

La fameuse phrase que je redoute toujours autant sur l'utilisation du préservatif ou non.

- Sans.

Shura allume la lampe de chevet et lance son pantalon sur l'interrupteur de la lumière à l'entrée de ma chambre, ce qui l'éteint.

- Bien visé !
- Merci !

Il a eu raison, l'ambiance est bien meilleure maintenant. Je caresse son dos et ses épaules d'une main en m'allongeant sur lui, remontant son bassin avec l'autre main. J'enfonce mon gland d'abord, collant mon visage à la nuque de Shura.
Que c'est bon…
Je ne lui demande pas si ça va et m'enfonce un petit peu plus en lui. Je l'entends soupirer et retenir un petit "ah". Je bouge un tout petit peu, sur la distance entre mon gland et ce que j'ai déjà enfoncé en lui. Doucement je vais de plus en plus profond et je le sens trembler un peu. J'ai l'impression qu'il a froid et machinalement que le serre contre moi en continuant. J'arrête mes aller-retour, et enfonce en une fois tout ce qu'il restait comme distance jusqu'à la base de mon sexe. Il se cambre sous moi, sa main agrippant mon drap, je reste enfoncer un instant sans bouger.

- … Ça va?
- … Ouais...
- J'ai envie de toi… Je.. Je peux y aller franchement?

Il tourne la tête et me regarde durement.

- T'as intérêt à t'amuser comme tu en as envie maintenant que tu m'as mis dans cette position. Compris?

Je lui souris, et pose un baiser sur sa pommette.

- Merci Shura...

Il me sourit un petit peu, mais son sourire se tarit quand je donne un puissant coup de reins en lui. Je passe une main sous lui et la remonte en dessous pour l'accrocher à son épaule. Je commence fort, je sais, mais j'ai tellement envie de le lui. J'ai envie de l'entendre crier mon nom même si je sais que ce n'est pas près d'arriver. J'ai envie qu'il réagisse si je lui fais du bien, ou même du mal.

Je le mords fortement au trapèze. Allez Shura, cris pour moi, s'il te plait… Je l'entends endurer ça entre le grognement et le gémissement. Bien que ma morsure n'en soit à mon avis pas la cause première. J'y vais encore plus fort, plus je le prends plus j'ai envie de le prendre… peut-être que ça serait moins douloureux pour moi si je lui disais ce que je ressens. Il sera content, il comprendra qu'il peut me faire confiance, il ne sera plus angoissé.
Mais j'ai peur qu'il veuille tout arrêter si je lui dis. Après tout. On ne se voyait que pour le sexe à la base, et rien que pour ça. Il avait été clair… Pas de place pour les sentiments entre nous. Mais ça remonte à notre première fois. Ça fait si longtemps, et on ne devait le faire qu'une fois à cette époque. Quelles closes du contraste ait-je le droit d'enfreindre?

Je fronce les sourcils contre son dos. Je tends une main pour attraper la sienne et la plaquer encore plus contre le matelas. Ma main sur son épaule remonte encore et je force l'entrée de la bouche à Shura avec deux de mes doigts. Une fois dedans, il ne me mord pas pour que je parte et les suce. Encore et toujours plus que je n'espérais… Il se resserre sur moi à ce moment-là. Ça l'excite? Apparemment.

Je lui mords l'oreille doucement et je retire ma main de sa bouche pour lui griffer le flanc gauche. Je l'entends soupirer, moi je suis pas loin de la délivrance… Je lèche sa nuque et y pose un suçon à l'arrière et remonte ma main pour entourer ses épaules, et mon autre main ramène celle de Shura plus vers le haut pour m'appuyer et soulever mon bassin pour le prendre plus fort.

- Shu.. Shura…
- Pour.. Bientôt ?

Je fais oui de la tête contre son cou et le serre plus que fort contre moi. Je murmure son prénom quelques fois encore jusqu'à jouir en lui.

- MMMhhh~...

Shura gémit une dernière fois pendant mon dernier coup de reins. Je me laisse tomber sur lui et sors naturellement, sans faire attention, ces quelques mots…

- Ahhh… Je t'aime Shura….

Je souris, heureux, quelques secondes contre son dos, je suis si bien, avant de me sentir volé hors du lit. Sans rien comprendre, je me retrouve sur le bord du lit, l'épaule contre l'angle de ma table de nuit, la tête sur mon réveil.
J'ai mal et me décale sur mon matelas… L'angle du meuble ne fait pas du bien… Je cherche Shura du regard, une fois mes yeux sur lui, je vois une expression paniqué qui a envahit son visage.

- Shura, qu'est-ce qui te prend?

Je le regarde sans avoir compris. Bon, je l'ai dit, temps pis, mais de là à me jeter au sens propre… Je ne comprends pas.

- Ce qui me prend?! Tu te fiches de moi là ?
- Fallait pas que je jouisse dedans ?
- Non, pas ça, abruti !

Shura est clairement en train de prendre le ton de l'engueulade en récupérant ses affaires au sol.

- À cause de ce que j'ai dit?!
- Oui ! C'était bien pourtant ! Mais ya fallut que tu gâches tout, tu fais chier !

Il remet son boxer et commence à retourner son pantalon. Comment ça que je gâche tout ?

- Je comprend pas pourquoi tu t'énerves !
- Parce que maintenant c'est fini !
- Pourquoi ça serait fini ?
- Parce que tu as eu la bêtise de dire ça !

Il enfile son pantalon et dès que j'ai compris qu'il voulait partir je file devant la porte pour ne pas qu'il parte, encore nu… et sale.

- Oui et ? Je l'ai dit, c'est si grave? Pourquoi on arrêterait de se voir pour ça ?

Il arrive devant moi et me regarde avec les mêmes yeux que je craignais étant enfant, ces yeux noirs, larges et perçants.

- Parce que tu vas vouloir plus, et je ne te donnerais rien. Pousse-toi, je m'en vais.
- Et qu'est-ce que je te demande? Je n'attends rien de plus de ta part. Pas plus que ce qu'on a là, ça me convient très bien.

Je continue de lui barrer le passage et le regarde dans les yeux même si c'est difficile avec son regard.

- Toi tu dis ça, comme ça ! Et puis à moi de deviner ce que tu veux quand tu me feras la gueule parce que je ne l'ais pas fais ?!
- J'ai pensé que le moment était propice. ( gros mensonge )
- Il n'y a pas de moment propice dans une relation comme celle-là.

Il m'attrape par la taille et me lance violement sur mon lit. Je me redresse immédiatement et vais le retenir en lui attrapant le poignet.

- J'allais pas le cacher éternellement !
- A parce que ça fait un moment en plus ! Ça fait combien de temps ?! Puis non réponds pas, je m'en fiche en fait.

Sa phrase me poignarde, ça fait mal d'entendre qu'il s'en fiche.

- Je n'attends pas de réponse, rien du tout de ta part. On peut continuer de se voir toutes les deux semaines. Pour l'aspect sexuel, câlins, et bonne humeur. Ça marchait bien jusqu'à présent.
- Maintenant que tu m'aimes, tu vas vouloir plus, même sans me le demander, et tu seras frustré de ne pas avoir ce que tu veux et de ne même pas pouvoir le réclamer. Et maintenant que je le sais, c'est moi le salopard qui profite des sentiments de l'autre.

Je le regarde et dis calmement bien que j'ai envie de pleurer.

- Pourquoi ne voir que le négatif Shura. Tu peux me demander tout ce que tu veux, je te l'offrirais. Tu peux avoir confiance en moi peut importe ce qu'on fait. Si un jour c'est trop, dure pour moi, et bien on arrêtera à ce moment-là. En attendant, ça fait des mois que je m'en suis rendu compte, et où le sexe me convenait amplement. Pour moi ça veut dire qu'on peut continuer puisque sa marchait avant.

Il récupère sa main d'un coup sec.

- Écoute-moi bien Aiolia. Si on continue. N'y vois aucun signe d'amour de ma part. C'est purement physique. Je ne veux pas que tu espères secrètement que je tomberais amoureux de toi. J'ai déjà donné. Ça n'arrivera pas, pas la peine d'espérer.

Je baisse les yeux puis le regarde, me forçant un peu à sourire, bien que des larmes menacent de se former. Donc, si je dis oui, je sauve cette espèce de relation étrange que l'ont a, mais je me condamne à ne rester que ça pour toujours.

- Je ne suis pas un enfant. Je sais faire la part des choses. Continuons comme cela.

- Parfait.

- Juste une chose.

- Quoi ?

- J'ai le droit de te le dire de temps en temps, que je t'aime?

Il ne faut pas que je laisse les larmes venir… Pas maintenant…

Shura soupire, même si on lit encore la panique et la colère sur son visage.

- Oui… Tu peux. De temps en temps. Je ne peux rien te refuser quand tu demandes comme ça, tu sais bien…

- Merci.

Je me mords la lèvre inférieure et fais un dernier effort pour sourire essayant de calmer la crise que j'ai désamorcé comme je peux.

- Du coup, tu veux toujours la prendre ta douche?
- Oui.

Je lui fais le signe d'aller à la salle de bain et pars dans ma cuisine pour faire du café tant que Shura n'est pas dans la salle de bain. Dès que j'entends l'eau couler, je m'assois à table et souffle un coup. Les coudes sur la table, les mains qui tremblent etqui masse sommairement mon visage pendant que mon souffle est panteler à cause de la conversation stressante que je viens d'avoir.

J'ai eu si peur de le perdre que j'ai dit pas mal de conneries. Je ne serais jamais insensible au point que le voir ne me fasse rien. Il a raison, j'aurais envie de plus, de la tendresse, d'affection, de sentir qu'on me rend l'amour que je lui donnerais. Même sans faire exprès, j'aurais des attentions pour lui qui ne me seront jamais rendues, et ça me frustreras.

Je verse quelques larmes, le stress redescend... Et le pincement au coeur que j'ai n'aide en rien. Certains de ses mots retentissent encore dans ma tête.

" Je m'en fiche en fait."
"Je ne veux pas que tu espères secrètement que je tomberais amoureux de toi."
"Ça n'arrivera pas"

Comment peut-il dire des horreurs pareilles à quelqu'un qui vient de lui avouer son amour ? Je veux bien qu'il soit parfois maladroit quand il parle, mais là, je ne peux pas y mettre sur le compte de la maladresse.

J'ai envie de lui dire de partir, et d'aller le voir pour être consolé à la fois… Il s'est refermé comme une huître. Je n'ai pas l'impression d'avoir parlé à la même personne à l'instant et la fois où j'ai été le voir après ma dispute avec mon frère…

Mon frère… Je devrais peut-être aller lui en parler… Et mettre Shura dehors pour ce soir.
Je ne sais pas quoi faire…
Aller Aiolia! Mets-le dehors et va en parler à tête reposée avec ton frère et ses précieux conseils. Tu seras capable de prendre une vraie décision plus tard !

Je me lève et vais à la salle de bain avant que ma motivation ne retombe. Je lui dis juste que je préfèrerais qu'il s'en aille pour ce soir et ce sera bon.

J'entre dans la pièce et referme la porte derrière moi. Shura à remarquer que j'étais entré, et vu le bruit ambiant de la douche je vais aller lui dire de plus prèspour qu'il entende.
À peine entré sous la douche, je perds toute motivation de le foutre à la porte. Je vois ma griffure, mes morsures, mes suçons, et sur tout son corps… Et quel corps...
Tant pis… J'ai envie d'un câlin, mais comme d'habitude je vais maquiller ça avec du sexe, puisque c'est ce qu'il veut… Je m'approche de son dos et me colle contre lui, laissant ma main jouer sur son bas ventre, il me lance direct. Je suis faible face à mon amour.

- Déjà envie?
- Oui. C'est pas une discussion sérieuse qui va m'arrêter.
- Content d'entendre ça.
- Puis ça fait longtemps qu'on ne l'a pas fait sous la douche.
- Au moins... deux semaines !

Il dit ça avec humour, sachant que deux semaines et le minimum possible entre deux fois, et se retourne.

- Cette fois-ci, c'est moi qui te prends ?

Je prends sa main et la pose entre mes fesses, je le regarde avec un sourire, il fait de même.

- Oui !
- J'entends retentir un "prépare-moi et tais-toi" muet. Je me trompe?
- Probablement ! Je n'ai rien entendu de tel !

C'est dingue comme je suis triste, mais que j'oublie tout quand il se colle à moi. Il me masse un peu avec ses doigts fins, puis rapidement je me retourne et m'appuie contre le mur.

- Maintenant !
- C'est trop tôt, tu n'es pas prêt.
- J'ai pas envie d'attendre. Prends-moi maintenant.

Je prends une pose plus que provocatrice, et je vois toute la volonté de perfectionniste de Shura se briser en morceaux.
Prends-moi comme ça, s'il te plait. Ça me donnera une bonne raison à tes yeux pour pouvoir pleurer.
Il ne se fait pas prier et s'enfonce directement en moi.

Cette fois-ci a été rude à surmonter, je sais que je l'ai bien cherché. Mais j'ai l'impression que je dois prouver à Shura que le sexe brut et pur, je peux encore le supporter sans problème. Et on peut dire qu'il n'a rien fait pour contrarier ma théorie. J'ai eu super mal, et j'ai dû me toucher pour jouir. Si je n'avais pas réussi, ça aurait peut-être paru faux.

On se sèche et on retourne au lit. Cette fois-ci, on recommence, mais ça ressemblait davantage à ce qu'on faisait d'habitude. Comme à chaque fois, Shura part fumer sa cigarette à la fenêtre, cigarette que j'ai tubée, et allumée, comme le briquet de Shura a disparut.

Il revient un peu plus tard alors que je mets mon téléphone à charger.

- Quelle heure?
- Tard.
- Très ?
- Ho oui… Tu t'accordes une grasse matinée demain? Enfin, tout à l'heure. Il est presque quatre heures.
- Ouais, je vais peut-être grappiller quelques heures en plus… Ça explique mon état de fatigue avancé.
- Et le mien… Tu imagines, ça te ferait une heure de sommeil.
- J'ai déjà fait moins, mais si je peux faire plus…

Je me colle contre lui. Comme je le faisais d'habitude. Même s'il me regarde bizarrement un court instant avant de passer ses bras autour de moi.

- Dis Aiolia, tu as des allergies?
- Non. Pourquoi cette question maintenant ?
- Tu avais les yeux rouges sous la douche.

Ah, merde…

- Oui, vu qu'on y est allé un peu fort, j'ai pleuré un peu.
- Nan, c'était avant qu'on commence.

Je colle mon visage encore plus contre lui.

- Aiolia, j'ai pas envie d'être un salopard. Si ça te fait du mal, on arrête. Je préfère te garder en ami que de risquer un clash plus tard et qu'on se parle plus du tout.
- Ne t'en fait pas, ça va.
- J'ai été un peu dure tout à l'heure, je regrette, j'étais en colère. Ça ne veut pas dire que je retire mes paroles, juste que j'aurais pu le dire autrement. Pareil pour t'avoir poussé contre le meuble.
- Merci de t'excuser.
- C'est à cause de ça que tu as pleuré?

Je ne réponds pas. J'ai honte. Shura reprend.

- Je suis désolé.

Ça a l'air tellement sincère, que j'ai l'impression qu'il s'excuse de ne pas m'aimer. Je sais que ce n'est pas sa faute. Il me frotte un peu l'épaule et s'étire pour éteindre la lampe de chevet, je murmure.

- Bonne nuit, Shura, je t'aime.

Il marque une pause avant de murmurer à son tour.

- Bonne nuit le lion.

Je pense que le " Bonne nuit Aiolia" ressemblait trop à ma formulation, et qu'il allait manquer quelque chose derrière. Je précise quand même.

- Ce n'est pas grave si tu m'aimes pas, hein?
- Pas eu envie de retourner le couteau dans la plaie.
- Il n'y a pas de plaie. Je n'attends rien de toi à part ce que tu me donnes déjà.

Ça, c'est la conversation qu'on aurait dû avoir tout à l'heure. Calme et douce. Je sens un baiser sur mon front et son bras qui me frotte à nouveau l'épaule.

- D'accord Aiolia.

Je souris contre lui. Je pensais que j'allais passer ma nuit à me morfondre, mais non. Tout va bien. Dans ses bras je suis en paix, et je m'endors toujours sans la moindre difficulté.


Je me réveille doucement, passe comme à mon habitude un bras sur la place libre à côté de moi sans trouver personne.
Je regarde mon réveil… Onze heures du matin… J'ai beaucoup trop dormi.
Je me lève, m'habille. Mes vêtements pliés au pied du lit. Ça veut dire que Shura est passé par là, avec sa manie de tout ranger. Je sors de la chambre, encore fatiguée. Et je trouve Shura debout en train de cuisiner. Le voir toujours là après une nuit me fait toujours autant plaisir. Et depuis qu'il reste, ma maison n'a jamais été aussi propre et rangée. Je me colle à son dos.

- Bonjour…
- Bonjour, bien dormi?
- Pas assez, mais la nuit était bonne.
- Si tu parles de la nuit au sens théorique, oui, c'était bon, vu les galipettes qu'on a faites.

- On en fait toujours, c'est pas vraiment nouveau ça.
- C'est vrai.
- Qu'est-ce que tu prépares ?
- Tout ce qui était en limite de date dans ton frigo.
- Maniaque !
- Bordélique !

Je ris un peu et pose un baiser derrière son oreille avant de partir aux toilettes.

- Dis Shura?
- Oui ?
- Tu voudras revenir samedi soir prochain?
- Pour votre soirée jeux de rôle?
- Oui.
- Je ne sais pas il faut regarder dans mon agenda.
- Ah, il est chez toi?
- Non, je l'ai emmené avec moi hier. Il est dans mon sac.

Je ressors des toilettes, me lave les mains et regarde Shura.

- Tu ne vas pas voir ton agenda maintenant?
- Non, j'attends que l'eau bouille.

Je le regarde, c'est vrai que depuis tout à l'heure il reste devant sa casserole sans rien faire.

- Et ça t'empêche d'y aller?
- Ben, si l'eau déborde et que je ne suis pas là, c'est embêtant pour ta gazinière.
- Alors j'y vais pour toi, ça ne te dérange pas?
- Non non.

Je pars fouiller dans son sac, étonné que Shura soit du genre à attendre dix minutes que l'eau bout sans rien faire d'autre qu'attendre.
Je farfouille.

- Le carnet vert foncé?
- Oui.

J'ouvre le carnet retenu par un élastique, il y a un stylo glissé dans la spirale qui tient les feuilles entre elles. C'est drôle de me dire que j'ai toute la vie de Shura dans les mains. Enfin, toute cette année au moins.

Je l'ouvre. Tout est écrit très petit, en espèce de mini majuscule, je ne pensais pas qu'il écrivait en bâton. Je me pose carrément sur le canapé pour lire. On doit facilement les repérer les rapports de Shura dans les archives officiels.
Je feuillète un peu. Les tâches ménagères et les heures y sont consignées des mois à l'avance. Les jours où Shura et moi nous voyons ont simplement mon nom écrit dans la marge de la journée. Sur les deux jours de noël il est inscrit "Teodorico" C'est un prénom ça ?

- Shura, c'est qui Teodorico?
- "Téodorrico."

Il me reprend avec l'accent, en train de verser des pâtes fraîches dans la casserole.

- Pourquoi tu veux savoir ça? T'es jaloux?
- Non curieux. Je me demande pour qui tu réserves Noël.
- Teodorico c'est mon maître. Je vais le voir, mais comme il habite loin, je prends deux jours. Et à Noël, car cette fête est importante pour lui.
- Ton maître?
- Je ne suis pas née dans un chou avec mon armure d'or, tu sais?
- Oui je sais, mais comme tu n'en parles jamais je pensais qu'il était.. Enfin..
- Je vois ce que tu veux dire. Mais tu es bien placé pour savoir que je ne parle jamais de rien. Pour ça que personne n'en entend jamais parler.
- Il est comment?
- C'est un vieux monsieur grincheux et très bavard, mais il n'est pas bien méchant.
- Tu t'entends bien avec lui, sinon tu n'irais pas le voir.
- Oui et non. C'est mon maître, je suis son élève. Il n'y a pas d'entente à proprement parler, c'est comme ça et c'est tout. Si on se dispute, il aura forcément raison. Et si je le boude, je pourrais difficilement aller le voir moins souvent que deux jours par ans.
- Je vois.

Je range son agenda et le rejoins. Plaçant mes bras autour de ses épaules.

- Tu n'as rien pour samedi soir prochain. Tu veux venir alors?
- Oui, pourquoi pas.
- Super ! Je l'ai rajouté dans ton carnet.

Je souris et commence à me coller à lui assez aguicheur. Je l'embrasse dans le cou.

- Hm… Shura..? Ça te dis on part un petit quart d'heure dans la chambre encore?
- On est plus le seize… et je suis en train de faire le repas…
- Oh… Alors tant pis…

Je dis ça en passant mes mains sous son t-shirt en remontant sur son torse. Remontant également mes baisers vers son oreille.

- C'est comme tu veux Shura…

Je vois sa tête partir en arrière et l'entends soupirer, m'abandonnant son corps. Je passe ma main sur sa joue pour qu'il vienne m'embrasser. Doucement, avec la langue, et quand il se décide à s'y mettre aussi, je suce un peu sa langue avant de la laisser partir. Il baisse la gazinière et me pousse contre ma table de cuisine. Je m'y assois moi même et je ne tarde pas à m'y retrouver allongé par le poids de Shura. Je me prépare alors qu'il se déshabille en m'embrassant toujours.

Plus ça va, plus je me dis qu'on passe notre temps à baiser… Les autres moments ensemble, on dort ensemble, il cuisine pour moi, range ma maison, je lui parle de tout et de rien, le chatouille parfois pour le faire rire… Toutes ces petites choses, c'est l'idée que je me faisais d'un couple. C'est pourquoi ça me convient autant. Le problème, c'est que deux jours par mois, c'est trop peu.

Ce n'est vraiment pas assez.

Dès qu'il s'en va, il me manque. Avec les soirées jeux de rôles, j'espère grappiller plus de temps. Même si passer de deux jours à six me parait osé. Enfin, on verra bien si ça marche…
S'il veut arrêter pour les samedis, on arrêtera… Mais je ne lâcherais jamais le premier et le seize du moi. Jamais. Et si je dois annuler le JDR pour ça, tant pis ! J'aime plus Shura que le jeu de rôle.