La soirée jeux de rôle est terminé. J'ai eu une grosse journée, je suis mort de fatigue. Début avril, on a sortit la moto avec Shura, et comme j'ai rien perdu des leçons d'il y a six mois, on a été voir la moto école. J'ai pas tout compris, c'était complexe, plus le jeux de rôle ce soir… Plus le sexe tout à l'heure… Je vais m'endormir pendant, c'est pas possible…
Shura part fumé et Cyril m'arrête avant que j'y aille.
- Il y a un problème Cyr?
- Non, j'ai juste un service à te demander.
- Un service? Quel genre de service?
- Je vais partir pendant 4 mois, pour le boulot, et j'ai pas le droit d'emmener mon chat là bas.
- Ton chat? Je te voyais avec un vieux chien plutôt.
- Non, un vieux chat, très grognon par contre. J'ai demandé à MJ, mais sa femme vient d'avoir des bébés.
- Ils sont allergiques ?
- Non, mais sa femme est chiante dessus, alors il ne veut pas la contrarié. Soso est allergique elle, bien qu'elle aurait aimé.
- Je suppose que Phil et Glen ne pouvait pas non plus ?
- Phil passe plus de temps à découché qu'à dormir chez lui. Et Glen je lui fait juste pas confiance.
- Ça veut dire que tu me fait confiance?
- Tu as l'air fiable, et tu as une maison à toi. C'est deux bons points.
- Je vais le garder, t'en fait pas. Tu me l'apporteras avant de partir, je te ferais visiter ma maison, ça te rassureras.
- Super, merci mec!
Il me fait un câlin, apparement il y tient à son chat. Je le laisse faire surpris et lui sourit. Je peux bien rendre service à un amis qui m'en a rendu pleins. avec le nombre de fois qu'il m'a rammener au sanctuaire...
Shura et moi rentrons, et passons la soirée ensemble, comme d'habitude après le jeu de rôle. On se voit donc tous les samedis, tous les seizes, et tous les premiers du mois. Je crois qu'on peut dire que ça n'a jamais été aussi bien. La soirée se passe divinement bien entre nous. On la finit comme toujours, Shura à sa fenêtre en train de fumer. Comme il fait chaud, j'ai décidé de le rejoindre. D'abord coller à son dos pour le câliner, ensuite sur le côté pour discuter.
- Cyril va me passer son chat quelques mois, il part pour le boulot.
- Ah oui? Et comment tu va t'occuper du chat? Tu n'es pas capable de t'occuper tout seul de toi même !
- Oh arrête c'est méchant ça !
- Oui, je sais pardon.
On rigole un peu.
- Puis c'est vrais que même sur le plan sexuel, j'ai tendance à attendre de te voir.
Il rougit un peu et tire sur sa cigarette. Je vois pas pourquoi il se sent gêner, moi ça me suffit amplement maintenant qu'on se voit aussi souvent.
Il expire de la fumé lentement et je lui pique sa cigarette pour ne pas qu'il en fume plus.
- Hey! Rend moi ça!
Je l'embrasse doucement et la lui rend. Il l'attrape avec son bras gauche pour ne plus que j'y ait accès.
- Si tu voulais un baiser, tu pouvais le demander !
- C'est vrais, mais c'était moins marrant.
Je retourne au lit et Shura revient peu après. Je me cale sur lui pour éteindre la lumière avant de revenir contre son épaule.
- Bonne nuit, Shura, je t'aime.
Il passe son bras dans mon dos avant de poser sa main sur mon épaule.
- Je sais… Bonne nuit à toi aussi.
J'ai le chat de Cyril depuis une semaine, et c'est une catastrophe ! Il ne me laisse pas l'approcher, il me crache dessus quand je m'approche. j'ai eu le malheur d'essayer de le caresser une fois, ma main griffée s'en souvient encore.
Quand il avait dit grincheux, il n'avait pas mentit. C'est même pire que ça, ce chat me déteste !
Premier Juin, j'attends la visite de Shura d'ici peu. On va faire une sortie en moto, j'ai eu mon permis, cette fois ci, c'est Shura qui monte derrière moi. Je stresse un peu. Beaucoup même. Non seulement il me prête sa moto, il me fait confiance, mais en plus c'est lui qui monte derrière, il met sa vie entre mes mains, et j'ai pas envie de lui faire peur comme je ne suis pas à l'aise.
Entre ce chat qui m'énerve et la situation stressante dans laquelle je suis… Je vais finir par m'écrouler et ne plus me relever.
J'entends toquer à la porte et me précipite pour ouvrir. Avec le sourire car je suis pressé de le voir. Le chat sur le meuble à coté prend peur et s'enfuit quand j'arrive.
J'ouvre la porte et y trouve Deathmask. Mon sourire se tarie immédiatement.
- Eh beh ! Ça te fais pas plaisir de me voir à ce que je vois!
- C'est pas toi que je m'attendais à voir, c'est tout.
Je lui sourit un peu, pour ne pas être impolie.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- J'ai plus d'oeufs.
- Ah? Tu en veux combien ?
Je part en chercher tout de suite.
- Quatre. Il m'en fallait six, j'en avait plus que deux. Puis des crêpes avec deux oeufs c'est ric rac pour quinze personnes.
- Des crêpes, toi ?
- Mes apprentis m'ont mit au défit de faire des crêpes, me demande pas pourquoi.
- Pourquoi ?!
- Ahah… Très drôle.
- Si t'es élèves t'on demandé ça c'est que tu t'es encore disputé avec.
- J'en ai remit un a sa place, et il m'a dit que j'étais très fort, mais que je devais être nul pour d'autre chose. Le défi: faire des crêpes. J'ai connus pire, ça va. J'devrais gérer
- Surtout pour le meilleur cuisinier du sanctuaire ! Je me demande quel petit imbécile t'a sorti ça, sans le savoir.
- En tout cas c'est les autres qui sont contents, ils vont manger des crêpes à l'oeil.
- Tiens, tes oeufs. Bonne chances avec les mômes !
- Merci.
Il part et je ferme la porte. Je regarde le chat revenir s'installer.
- Regarde le chat, même lui il est plus sympathique que toi !
Je repars dans mon salon et redonne des croquettes au chat, en espérant qu'il vienne me voir et qu'il soit plus conciliant. J'entend à nouveau toquer à la porte, avec le paquet dans les mains je ne peux pas trop aller ouvrir.
- Entrez !
Shura ouvre la porte et le chat le feule.
- Eh ben ! Quel accueil !
Shura approche sa main du chat, les poils tout hérissés.
- Shura mauvaise idée !
Il tourne la tête vers moi mais ne prend pas en compte ma remarque. Il tend un doigt pour que le chat sente son odeur, et ça ne loupe pas, le chat le griffe plusieurs fois en miaulant. Shura ne bouge pas et le chat continue d'attaquer sa main jusqu'à le mordre. Je reviens voir et Shura reste parfaitement calme alors que le chat le lâche sans se barrer.
- C'est bon, t'a fini le chat?
Il ne bouge pas jusqu'à ce que le chat se remettre en position pour dormir puis il vient le caresser.
- Genre, tu peux le caresser? Ça fait une semaine qu'il m'approche pas ce chat.
- Je lui ait fait sentir mon odeur. Il m'a attaqué et quand il a vu que je me défendais pas il en a déduit que j'était pas hostile.
- C'est juste ça qu'il fallait faire? Va vraiment falloir que tu m'apprenne certaines choses, ça me seras utiles un jour…
- Ya plein de trucs que tu sais faire et que je sais pas faire. C'est comme ça.
- Ah oui ?
- Ouais, je me suis toujours demander comme tu arrivais un produire un courant électrique pour ton attaque. Je me suis toujours demander sur l'aspect théorique comment c'était possible.
Je m'adosse à ma porte.
- Je ne pensais pas que tu serais curieux sur ce genre de sujet. Je t'imaginais plus du genre " Chacun ses techniques" "chacun ses secrets"
Je prend un air bougon et fais la tête pour l'imiter.
- Non, je suis curieux, c'est tout. Pour la plupart des chevaliers ne communiquerais pas leurs techniques de peur qu'on les lui vole ou je ne sais quoi. Puis vu le cadeaux que j'ai fait à Shiryu, c'est pas comme si j'étais ultra conservateur.
- Je pensais que tu lui avais donné pour ne pas qu'elles se perde. C'était moins généreux de ce point de vue.
- La vraie raison, c'est que je voulais qu'il accomplisse ce que j'ai pas pu faire à ma place comme pour moi c'était finit. Moins classe, je sais.
- Ça reste honorable quand même.
Il arrête de caresser le chat et viens m'embrasser. Apparement je viens de lui dire un truc qui lui a plus. On part s'amuser vingts petites minutes dans ma chambre avant de partir. Tout se passe bien sur la route et Shura semble rassuré. Je suis content que tout aille bien, une fois rentré au sanctuaire, même pas le temps de prendre une douche qu'on repart déjà pour un tour de manège dans la chambre. Enfin j'ai l'air de me plaindre, mais c'est moi qui ait cherché ce coup là.
On s'embrassait avec passion quand soudain je regarde au pied du lit et sursaute. En prenant le drap comme pour me cacher. Shura me regarde sans comprendre.
- Ça va Aiolia? Je t'ai fait mal ? Comment?
- Nan, c'est pas toi, ya juste le chat qui nous regarde !
- Oui et? Tu crois qu'il va aller vendre la mèche à… Je sais même pas qui ça pourrait intéressé…
- Nan, mais j'aime pas qu'il nous regarde. Puis il était jamais monté sur le lit encore…
- Bon bah on le vire et puis voilà.
Shura sors des draps pour aller le pousser, mais je le devance et y vais.
- Aller zou ! Va t'en, moi je te fais peur ! Y'a que moi qui ait le droit de voir Shura tout nu !
Je referme la porte derrière lui et soupire. Shura me regarde, assis, le coude sur sa jambe, la tête sur son bras.
- Aiolia, t'es au courant qu'on est pas ensemble, hein? Je fais ce que je veux à coter. Ya d'autre gens qui ont le droit de me voir nu.
- Oui je sais, t'en fait pas.
Je lui sourit et reprends.
- C'est juste que comme moi je vais voir personne d'autre, ça m'était sortit de la tête que toi non. Puis je trouvais ça drôle d'être jaloux d'un chat.
Je reviens me mettre au lit et Shura me regarde étonné.
- Mais… Pas une fois ? Depuis quand ?
- Depuis la première fois je dirais, j'ai pas envie d'être déçu en allant voir quelqu'un d'autre alors que je t'ai toi, il me suffit d'attendre un peu et je serais satisfait.
Shura eu l'air pensif un instant et n'insiste pas sur le sujet.
Je me met à caresser ses abdos du bouts des doigts.
- Alors… On en était où, mon beau?
- Je sais pas, t'étais en soubrette et tu me faisais à manger.
- Nan, ça Shura c'était ton rêve.
Je rigole et retourne l'embrasser.
- Tu as faim? Que tu rêve que je sois en train de cuisiner ?
- Oui, un peu. Mais on peut coucher ensemble encore une fois, si tu veux.
- Je veux toujours ! Mais après manger, tu m'a rappelé que j'avais faim aussi.
- Oh, alors debout !
On part manger, je sens Shura moins détendu que tout à l'heure, mais j'ignore la raison qui lui a fait changer d'humeur. Soudainement, il remarque quelque chose.
- C'est un pot de miel ?
- Oui, pourquoi ?
- Qu'est-ce qu'il fait là ? Il est énorme.
- Oui j'ai sortit quelque truc de cuisine, Deathmask avait besoin de quelque chose tout à l'heure, j'ai oublier de le ranger.
- Ow je vois. Tu as prévu de faire quelque chose avec tout ça ?
- Oui, des pâtisseries, mais c'était un projet qui date d'il y a loooongtemps, et comme tu peut le voir avec ce pot neuf, il n'a pas abouti.
Il hocha la tête et continua de manger. La soirée se passe bien, même si je sens Shura un peu ailleurs depuis la discutions de tout à l'heure dans la chambre. Je lui demande même si ça va, mais il me dit que oui. J'ai laissé coulé, pas la peine de le harceler. On se couche et comme à mon habitude je me permet un petit " je t'aime" en lui disant bonne nuit. Auquel il ne me répond toujours pas, mais le plus important c'est qu'il ne m'a toujours pas dit qu'il en avait marre.
Je le sens glisser du lit, ça m'éveil brièvement car je le serrais contre moi, je me retourne et me rendors de l'autre côté. Jusqu'à ce que j'ai à nouveau envie d'un calin nocturne et que je ne trouve pas Shura à sa place, place désormais froide. Je me redresse, inquiet. Que peut-il bien faire la nuit chez moi, tout seul ?
J'allume la lampe de chevet, met mon peignoire et essais de me réveiller du mieux que je puisse puis je me lève et vais lancer l'enquête. Je me dirige jusqu'à la cuisine, n'ayant pas trouvé Shura dans le salon. Et je le vois, debout, devant mon plat de travail, une grosse cuillère dans la bouche et le pot de miel ouvert à côté. Il me regarde avec de grand yeux et avance la tête comme pour me demander ce que je fais là.
- Shura… Qu'est-ce que tu fais à manger du miel en pleine nuit exactement ?
- Hm.
Il haussa les épaules. Je me suis réveiller parce qu'il avait envie de piquer dans mon frigo, sérieusement ? Puis je regarde le pot plus attentivement. Il était encore neuf tout à l'heure, il en manque plus de la moitié.
- Shura ferme ce pot de miel.
Il hocha la tête, finit de lécher sa cuillère, le retrempa dans le pot et referma le pot, remettant la cuillère dans la bouche aussi sec.
- Mais qu'est-ce qui te prend de liquider un demie litre de miel en pleine nuit?
Il me regarda, occupé à finir sa dernière cuillère.
- Nan mais… Pose la cuillère aussi.
Il finit en quelque seconde et la posa sur le bouchon du pot, finissant surement d'avaler ce qu'il lui restait dans la bouche.
- Excuse moi Aiolia, je pensais que tu ne comptais plus rien en faire comme tu n'a pas fais tes gâteaux. Je t'en rachèterais.
Je me frotte les yeux.
- Mais… Shu… Du miel, à minuit passé, ya que moi que ça choque ?
- Oui, c'est pas tout à fait l'heure, mais comme je dois partir tôt demain j'aurais pas eu le temps de finir le pot en me levant.
- Mais c'est quoi cette explication ?
Je soupire et lui fait signe de venir.
- Aller viens, on retourne dormir.
Je lui refais signe de venir avec moi mais il me regarde, tout penaud. Ne sachant trop quoi faire. Il finit par prendre le pot dans ses bras et l'emporter avec lui. Je le regarde, désabusé.
- Tu compte vraiment manger du miel dans le lit ?
- Oui mais…
Je viens vers lui et lui prend le pot de miel des mains. J'ai l'impression d'avoir prit Shura en faute, il est adorable et un peu à côté de la plaque en même temps. Il me regarde embêter. Puis, taquin, je lui propose quelque chose soudainement prit d'un regain d'énergie.
- Ah moins que tu ne voulais qu'on joue avec dans la chambre ? Si c'est le cas ça me va.
- Mais ça va pas non ?! On joue pas avec la nourriture ! Pas avec celle là en tout cas.
Il essais de me reprendre le pot des mains mais je le cache derrière moi et éclate de rire.
- Tu es vraiment en train d'essayer de me retirer le pot de miel des mains ?
Il me regarde embêter, presque en colère et réessais. Se rend t'il compte qu'il est ridicule à cet instant ? Je cache habillement le miel et pars avec le miel jusqu'à la chambre en trottinant avec Shura qui me poursuit. Je saute dans le lit, le miel dans mon dos. Shura a bien compris que je voulais jouer et se prend au jeu. Devant moi sur le lit, il sourit et tente de me prendre le pot en feintant sur les cotés. Finalement, il décide de passer à l'offensive et il me chatouille les flancs. Je ramène mes bras devant moi, décider à me défendre contre ses petites mains puis bien vite, je passe mes bras derrière son cou et l'embrasse tendrement. Il répond rapidement à mon baiser, les lèvres collantes et la bouche sucrée. C'est rare qu'il ait un tel goût. L'aspect collant ne devrait plus durer bien longtemps car je n'hésite pas a passer ma langue sur ses lèvres, à la recherche de plus de sensation pendant notre contact.
On finit par se laisser plus qu'emporter pendant le baiser, et j'arrive à faire oublier le pot de miel à mon amant. Tout le sucre qu'il a emmagasiné se ressent pendant l'acte qui a suivi, il est énergique alors que c'est une heure très tardive. Et malgré tout, monsieur arrive à fatiguer quand même et se rendort à mes côtés.
Le lendemain matin, je retrouve Shura dans ma cuisine, qui m'a préparé le petit déjeuner. Le pot de miel sur la table avec seulement un fond à l'intérieur. Lui a presque fini de manger et se lève pour m'embrasser avant de partir. Le petit gout du miel sur les lèvres.
- Toi, tu as encore bâfré mon pot.
- Désolé. J'adore ça, je m'en ferais péter le bide.
- Pourquoi n'en achètes-tu pas ?
- Si je commence à en acheter, je passerais ma vie à en manger.
- Je sais quoi t'acheter à ton anniversaire.
- Ne commence pas avec le miel, ou je vais être insupportable.
Il m'embrassa sur le front une dernière fois, câlina mon chat et me fit un signe de main avant de foncer aux arènes.
6 Juin 09h45
DE: SHURA 3.
"Tu as prévu quelque chose pour
la semaine prochaine ? Et aussi,
tu aimes voyager ? "
6 Juin 09h54
A: SHURA 3.
" Non, rien de prévu… Par contre
ça dépend pour aller où, et
combien de temps, j'ai un chat
chez moi."
6 Juin 10h00
DE: SHURA 3.
" Je pensais à la Turquie.
Une journée ou deux pas plus. "
6 Juin 10h03
A: SHURA 3.
" Mais qu'est-ce qu'on va aller faire
en turquie ?! J'ai du mal avec le
bateau ou l'avion… Tu pense que
c'est faisable en train ?"
6 Juin 10h08
DE: SHURA 3.
" J'hésite à prendre deux places pour
le championnat de SBK, si tu ne veux
pas venir je comprendrais, j'emmènerais
DM ou j'irais seul. Le train, ça se fait,
mais c'est plus long et plus cher."
6 Juin 10h10
À: SHURA 3.
" Le championnat de SBK ? Celui
qu'on regarde à la télé?! "
6 Juin 10h08
DE: SHURA 3.
" Ben… Oui, y'en a pas cent cinquante.
On va arriver avec deux heures d'avance,
puisqu'ils commencent toujours en retard,
regarder des motos faire 4 tours de
circuit, on les verra environ 30 secondes
en tout puis on va rentrer. Sachant qu'il
y a une chance sur deux que ce soit
annulé à cause de la pluie. Mais sinon
c'est cool, tu verras"
6 Juin 10h10
À: SHURA 3.
" N'invite personne d'autre, je serais
ravie de venir. Même si je dois prendre
l'avion, je ravalerais mon vomi. "
6 Juin 10h12
DE: SHURA 3.
"Très séduisant… On peut prendre
l'avion à l'aller et le retour en train.
Ça me semble être un bon compromis."
6 Juin 10h15
À: SHURA 3.
" Parfait. Je dois réserver quelque chose ? "
6 Juin 10h18
DE: SHURA 3.
" Juste ta journée, je m'occupe du reste.
Et merci de venir. Ça me fait plaisir."
Et c'est ainsi que le mardi matin de la semaine suivante j'embarquais dans un avion à côté de Shura. Sans trop savoir dans quoi je m'embarquais. On est arrivé encore plus en avance qu'à l'accoutumée, aéroport oblige, Shura est un peu trop prévoyant, mais en voyant sa tête très pâle une fois dans l'avion, j'ai compris que le trajet serait bien plus long que prévu pour lui. Une fois le décollage fait, je m'absente un instant pour aller aux toilettes.
- Tu as suffisamment dormi ? Je te trouve un peu blanc.
- Nan, ce n'est pas le sommeil… Mais… Je crois que j'ai un peu la nausée...
Je m'assois à coter de lui et mets ma ceinture, bien que ça ne serve plus à grand-chose.
- Tu n'as rien mangé de suspicieux ?
- Non… Mes céréales comme tous les matins
- Tu veux que j'aille te chercher un sac ?
- Ça va aller. Si je dois rendre je le sentirais venir, t'en fais pas pour moi.
- Même ça m'inquiète. J'aime pas te voir comme ça.
Il me sourit avec son air malade.
- Ça va. Je te dis. Moi non plus je n'aime pas l'avion.
- Alors pourquoi on n'a pas pris le train deux fois ?
Il manque de me dire quelque chose, mais se retient. Étrange ça, je décide de plaisanter un peu quitte à être un peu lourd.
- Avoue ! C'était parce que t'avais honte de reconnaître que tu avais peur de l'avion !
Il détourne la tête et se gratte la racine des cheveux. Je comprends et insiste, maintenant sûre de moi.
- Tu as honte de reconnaître que tu as peur de l'avion.
- Ah ça va ! T'as gagné ! Fiche moi la paix avec ça.
Je souris, regarde autour de nous et l'embrasse comme je suis sûre que personne ne nous voit.
- On est deux comme ça, au moins.
Je n'ajoute rien de plus et reste sur ma dernière phrase, je soulève l'accoudoir entre nous pour qu'on soit côte à côte et pose ma tête sur son épaule, baissant en même temps mon masque de repos sur mes yeux. Il me cède son bras que je serre contre moi et je sens sa tête lourde se poser sur la mienne. Je souris et me prépare à dormir.
Je me réveil lorsqu'on atterrit, finalement ça a été plutôt rapide bien que j'ai affreusement mal au cou. Cette position était mignonne et a beaucoup plus plu à la partie de moi qui est amoureuse de Shura qu'a la partie qui voulait bien dormir, partie à présent contrariée.
Pendant le débarquement je remarque que Shura aussi a mal à la nuque puisqu'il se la fait craquer plusieurs fois.
- Finalement tu n'as pas été trop malade ?
- Non, j'ai pu dormir un peu. J'ai oublié ma nausée.
On récupère nos bagages, je n'aime pas l'aéroport, on passe toujours des heures à attendre et il y a beaucoup trop de contrôles de sécurités. On devrait avoir des badges, nous les chevaliers d'Athéna pour voyager plus rapidement.
On se déplace tranquillement jusqu'au circuit, facile d'accès depuis l'aéroport heureusement. Shura a dit qu'on serait forcément en avance. Mais bon, je ne parle pas un mot de turc et lui non plus. Je pense que ce n'est pas la première fois qu'il vient voir le championnat ici. Si seulement on avait un circuit en Grèce… Un des rares pays à ne pas avoir de circuit, il fallait que ce soit le mien. Une fois arrivé sous le soleil de plomb du début d'après-midi, sur les marches du circuit, je commence à comprendre pourquoi cela va être si long. Il y a du retard, énormément de retard, si c'est si habituel, pourquoi ne le prévoient-ils pas ?!
Shura et moi attendons dans des gradins alors que les motos sont révisées et les pilotes en train de s'équiper.
- C'est bien plus grand en vrai.
- En même temps vu la taille de ma télé… C'est forcément plus grand.
- J'imaginais pas à ce point là.
- C'est vrai que c'est la première fois que tu viens en voir une de courses toi ?
- À part ceux qu'il nous est arrivé de regarder d'une oreille distraite devant la télé, non jamais. C'est ma première.
- En même temps, si on arrêtait de se sauter mutuellement dessus à chaque fois qu'on se voyait on pourrait peut-être suivre un programme en entier sans interruption.
- Le jour où on arrive à faire ça, je le note quelque part, elles sont rares les journées comme ça.
- On a pas dû en avoir plus de deux où on a rien fait du tout depuis qu'on se fréquente.
- Ah ouais… Quand même…
J'ai manqué d'ajouter qu'il faudrait qu'on freine un peu sur le sexe, mais c'est une mauvaise idée. On ne se voit que pour ça à la base, si on enlève le sexe, il ne voudra plus me voir. Je ne sais pas si parce que c'est la seule chose qu'il souhaite, ou si c'est parce qu'il a besoin d'une excuse pour passer du temps avec moi.
- Tu es pour qu'une moto ou qu'un pilote gagne en particulier ?
- Non, pas vraiment, juste pour regarder des engins qui coûtent aussi cher qu'une armure d'or ronronner gentiment sur du bitume. Rien de plus.
- Je vois.
- Enfin, j'exagère un peu… Elles sont chères, mais pas à ce point-là.
- Ben oui, surtout qu'il me semble que tu en as une de superbike.
- Oui, la CBR, il y en a même sûrement une ou deux comme la mienne qu'on va voir rouler aujourd'hui. Des plus récentes, c'est tout.
- Je vois. Et même, tu n'es pas pour que celles-ci gagnent ?
- Non… Je m'en fiche. Puis la CBR de chez Honda n'est pas ma préférée.
- Ah non ?
- Non, je t'en avais déjà parlé au magasin, souviens-toi.
- Ah oui, la Suzuki ?
- Oui la GSXR 1000, elle est légendaire cette moto. Dois-y en avoir au moins une qui roule aujourd'hui aussi.
Je regarde les quelques motos sur le circuit et en pointe une.
- Celle là, la bleu ?
- Ouaip'.
- Et qu'est -ce que tu lui trouves ?
- Je sais pas, elle est belle, elle a de la gueule, puis c'est une moto de vitesse, même si à ce niveau de compétition, la plupart des moteurs se ressemblent tous un peu. On ne peut pas dire qu'une moto est meilleure qu'une autre. Mais pour avoir testé une GSXR une fois, je trouve qu'on est mieux dessus.
- Tu ne l'as pas acheté ?
- Je n'avais pas les moyens à l'époque.
Je regarde les motos sur la piste qui commencent à s'installer à leurs positions.
- J'aime bien celle-ci. La noire à côté de la Yamaha.
- Je crois que t'as trouvé la plus chère de la piste !
J'ouvre de grands yeux et essais de me souvenir de la marque, difficilement, certes.
- Ah ?! C'est la BMW?
- Oui !
Shura rigole, ça me fait du bien de le voir rire un peu.
- Mais avoue, elle a de la gueule !
- J'avoue qu'elle est classe, puis ça seras toujours plus jolie que l'Hayabusa !
Cette moto, cette Hayabusa, est vraiment laide, elle a des partisans, mais par Athéna, que Shura et moi aimons la charrier. Depuis qu'il me la montrer et que j'avais fait une drôle de tête, on se moque d'elle tout le temps, car on est d'accord. C'est notre blague à nous, notre tête de Turc, si je puis me permettre de penser à cette expression dans ce pays. On rit ensemble de bon coeur, nous fichant éperdument de déranger les gens autour de nous.
J'arrête doucement de rire et regarde le capricorne qui me tient compagnie. Je ne regrette pas d'être venu.
Je lance, un peu comme ça, pour parler, alors que presque toutes les motos étaient prêtes à partir.
- Aller ! Je suis pour la Kawasaki !
- Laquelle ?
- Celle qui commence le plus vers l'avant. C'est handicapant de commencer vers la fin.
Shura me sourit.
- Oui, mais commencer en pole position n'est pas toujours une bonne chose non plus. C'est stressant, je pense.
- En pole position ?
- La première place si tu veux. Comme c'est celle à côté du poteau, on appelle ça la "pole position".
- D'accord.
J'apprends des choses, c'est agréable.
- Pourquoi la Kawa?
- Parce qu'elles sont toujours vertes les Kawa.
- Et ?
- Le vert, c'est un peu ta couleur. Comme moi le bleu.
Il me sourit.
- Alors dans ce cas je me range derrière ma Suzuki, car elle est bleue. Tu es content ?
- Oui, merci d'en avoir choisi une.
Un bruit retentit.
Je m'échauffe.
Un coup de sifflet est donné.
Je retiens mon souffle.
Les motos partent.
Je suis comme un dingue, mais je déchante vite.
Je ne vois pas vraiment l'esprit de compétition dans le départ lui-même, je m'attendais à entendre des moteurs crier et des motos se dépasser.
- C'est plus moue qu'à la télé… Ou c'est moi?
Shura sourit se moquant presque de moi.
- Mais nan. C'est le tour de chauffe ça Lia ! Le but ce n'est pas de se doubler pour l'instant. Il le diffuse pas celui-là à la télé.
Je me sens un peu bête de m'être préparé à de l'action pour rien. En plus Shura se moque, je n'ai pas l'air du compagnon de route idéale d'un coup… Ce n'est pas ma faute si je manque d'expérience. Il faut que je me rattrape.
- Ah, mais oui, on m'en avait parlé à la motoécole. Ils chauffent le moteur c'est ça ?
- Oui, et les pneus et les freins aussi. C'est dangereux de faire la course avec des pneus et des freins froids, le moteur c'est pour les performances plutôt que ça peut être gênant.
- Puis ça va leur permettre de savoir à quoi ressemble le circuit.
- Oui aussi.
- Les premiers le connaissaient déjà.
- Ah oui ?
- Oui, ils se sont tous placés à droite d'entrée de jeu, le premier virage est à gauche.
- Finement observer Lia.
Je souris, j'espère avoir un peu rattrapé ma situation glissante. On attend que le tour de chauffe se termine. Puis les motos partent pour de vrai dans la course. Halleluja, je n'y croyais plus !
La Yamaha officielle de cette année à quitter le circuit avant, il y a dû y avoir un problème.
Dès le premier tour, pas mal de motos tombent, au moins 5. Ça fait beaucoup. D'autres abandonnent aussi, on ne sait trop pourquoi.
Je regarde Shura, je l'ai rarement vu dans un état comme celui-ci. Il semble heureux, détendu, et exciter à la fois. Et quand il me regarde aujourd'hui, il sourit, sans que j'aie besoin de le faire pour qu'il me rende la banane dentaire en retour. Je passe plus de temps à regarder mon amant, en quasi-béatitude, que la course qui se déroule sous mes yeux avec des bolides qui s'élancent à plus de deux cents kilomètres-heure dans des bruits atroces.
Ça doit être grisant d'être sur la piste…
Je prends la main de Shura en plein milieu de la course, alors que les trois premiers luttent comme des fous pour la première place, les autres loin derrière. Les tours s'enchainent, il n'y en a que 3, ça ira vite. C'est très tendu, et alors que tout le monde hésite à regarder le premier se battre ou le reste de la course, moi j'ai de plus en plus envie d'embrasser Shura.
Les trois premiers passent la ligne d'arrivée. Plus grisant que la course sur une moto, meilleur qu'une première place à ladite course sur une piste pareille, je ne vois qu'une chose… Ses lèvres.
L'envie d'un baiser me brûle les lèvres de plus en plus, et je cède.
Embrassant avec passion Shura qui aurait peut-être voulu regarder la fin de la course, je suppose. Personne ne risque de nous voir avec ce qu'il se passe devant nous. Personne ne nous remarquera. Juste nous deux, et ce baiser. Baiser que Shura me rend volontiers, avec plus de passion encore que je n'avais mis au début.
J'oublis la chaleur ambiante, j'oublis les motos plus basses, j'oublis les gens autour, j'oublis le commentateur turc qui hurle dans son micro. Et seul compte Shura contre mes lèvres et sa main dans mon cou.
Je suis épuisé, et dans le train.
On est assis à une petite table avec les quatre sièges vides, mais il n'y a que nous deux d'assis, le wagon presque désert d'ailleurs. Nous sommes vannés.
Shura avait apporté deux sandwichs je n'ai même l'énergie de manger le mien. Je ne comprends pas. On n'a rien fait à part regarder des motos tourner en rond et attendre. Peut-être l'air du pays, ou le soleil du plomb qui a tapé sur ma tête pendant des heures… Je ne sais pas. Enfin, ce n'est pas comme si je n'avais pas l'habitude avec le soleil grec. Shura aussi à l'air KO. Il a sorti les sandwichs, mais il n'a pas non plus touché le sien. Je soulève l'accoudoir qui nous sépare et prend son bras pour le mettre autour de mes épaules. Il me regarde et esquisse un léger sourire.
- La Kawasaki m'a fait peur quand elle freinait.
- Oui. Sa roue patinait, j'ai bien cru qu'il allait tomber plusieurs fois.
- Pourquoi ça faisait ça ?
- Sa moto devait avoir pas mal de reprises, et dans les virages il ne devait pas rétrograder comme les autres, du coup il devait freiner avec les freins des roues, et mal gérer la répartition. Nous, civils, sur la route on rétrograde et on se sert du frein moteur.
- Oui, mais je pensais que des pilotes de ce niveau géraient mieux le freinage quoi. Je comprend pas pourquoi il a fait comme ça.
- Il freine trop à l'avant, et pas assez à l'arrière. Du coup le pneu arrière patine, car il va plus vite qu'à l'avant. Problème qu'on n'a pas quand on réduit le couple. Enfin, pour sa défense, c'est sûrement, car il ne devait pas avoir le temps d'apprendre à connaître la moto. Il a dû se faire peur sur le circuit.
Je souris quand il parle de couple. Le nom me fera toujours rire et penser au sens premier de ce mot. Je le regarde prêt à faire une blague.
- J'ai pas envie de réduire le couple moi.
- Oui, mais ça va patiner, comme avec la Kawa, sans compter que c'est dangereux.
Comme je ne réponds pas, Shura finit par me regarder.
- Ah c'était une blague que j'ai pas comprise c'est ça ?
- Oui…
- Pardon je suis fatigué.
- T'inquiète, c'était même pas si drôle.
Je me cale un peu mieux contre lui et soupire, même si je suis fatigué j'ai passer une bonne journée et je ne peux pas m'empêcher de sourire. La main de Shura bouge doucement sur mon épaule. Le train est désert, heureusement.
- Lia.
- hm?
- Merci d'être venu.
Je marque une pause, souris et lui réponds.
- Bah, ça m'a fait plaisir de venir. En plus j'étais curieux.
- Mais même, j'y ai toujours été tout seul à ces trucs là. Même Deathmask sous chantage ne voulait pas m'accompagner.
Je relève la tête et le regarde, il a un petit sourire. Je le trouve adorable.
- Arrête tu va me faire rougir. J'te dis que je voulais venir. Et puis, je ne suis pas Deathmask, je ne veux pas juste être ton ami. Je veux être le meilleur que t'as jamais eu. Lui, il s'en moque pas mal de toi, du moment que quand il a besoin de toi tu es là.
J'entends Shura soupirer un peu. Il sait bien que j'ai raison. Mais c'est bien parce que Deathmask s'en fiche de lui qu'il le considère comme son ami. Au moins, il ne s'attend à rien de lui, donc il ne sera jamais déçu. Mais il me fait un peu de peine.
- Pourquoi veux-tu être le meilleur pote que j'ai jamais eu ?
Je soulève les sourcils et lui réponds l'évidence même.
- Bah… Parce que je t'aime. Tu m'as bien fait comprendre que je resterais qu'un ami pour toi. Alors dans ce cas je veux être le meilleur.
Shura bascula la tête en arrière en se tenant le front.
- Aioliaaa… Tu réfléchis trop. J'arrive pas à te suivre là…
Je fais un sourire et tapote sur torse.
- C'est pas grave. Puis même en dehors de ça, je voulais vraiment venir faire cette sortie avec toi.
Il redresse la tête et me dédie un petit sourire, sur lequel de viens pêcher un dernier baiser. Il me regarde ensuite avec douceur et murmure encore plus doucement encore.
- Merci vraiment d'être venu. Ça compte beaucoup pour moi.
Je sens mes pommettes se colorer toutes seules et mon coeur raté un battement. Oh ça non je ne regrette pas d'être venus, jamais je ne pourrais regretter, rien que pour ses quelques mots tout bas. Je l'embrasse à nouveau pour qu'il ne me voie pas rougissant à ce point. Une fois le long baiser fait je pose ma tête sur le sac à côté de lui nonchalamment étendue sur les sièges. Une main que je préfère entre milles me gratouillant la tête jusqu'à endormissement total de son possesseur.
En plein été, je me retrouve à ne même plus avoir le courage de coucher avec Shura ni lui de coucher avec moi. On est tous les deux sur son canapé. La ventilation braquée sur moi qui suis assis et Shura allonger la tête sur mes cuisses. J'ai eu le courage de garder mon pantalon, pas lui qui a carrément décidé de l'enlever aussi et qui se retrouve en caleçon.
- Vivement le mois prochain…
- Aiolia, le mois prochain… C'est août… Il fera tout aussi chaud…
- Pfff…
- Ah, tu disais peut-être ça... pour... ton anniversaire?
- Non… Même pas… Je pensais réellement qu'il ferait plus frais.
- Ça serait bien… Du frais…
- Avec le petit vent frais d'octobre, les pluies. ohhh même la grêle…
- Tais-toi… Je vais avoir une érection si tu dis des trucs comme ça… Et pas question de faire du sport pour m'en défaire... Trop chaud...
Je ris un peu. À la télé la météo passe et annonce qu'il fera encore plus chaud. Shura prend son t-shirt qui traînait par terre, et il le jette sur la télé, j'ai mauvaise influence sur lui.
- Tais-toi conasse ! Et dis-nous que demain il fait - 40…
- C'est pas sa faute…
- Je sais, mais ça fait du bien de râler un peu…
- Salade ce soir ?
- Oui… J'ai pas la fois de faire un plat en sauce au four.
- Tu as pas besoin d'allumer ton four… Laisse-le au soleil… Il cuira très bien…
- Je mange pas chaud… Pas aujourd'hui.
- J'ai même pas le courage d'aller dans ta cuisine…
- Moi non plus… Oh si allez.
Shura se lève, par je ne sais quel miracle. Je me dis qu'on n'a pas besoin de coucher pour passer du temps ensemble, finalement. Je le rejoins à la cuisine. On mange un peu…
- Shura? Douche fraîche?
- Oh putain ouais...
On part sous la douche avec plus de motivation qu'on en a eu dans toute la journée. Shura allume l'eau… Du tiède et pas du chaud… Ça fait du bien…
- Shura, tu peux mettre plus froid s'il te plait?
- Je ne peux pas, je suis déjà au plus frais…
- Mais c'est tiède?
- Le ballon d'eau a dû chauffer lui aussi…
Je me colle à lui, décidé à être positif.
- Le tiède c'est bien aussi…
- Ouais…
Shura fait passer l'eau dans ses cheveux et je le serre contre moi.
- T'as vu Shura, je peux te toucher sans nous brûler au second degré...
- C'est cool…
Je me baisse et passe une main entre les jambes de Shura pour fermer l'écoulement de l'eau. Je vais me mettre au bout de la baignoire.
- Je tiens plus sur mes jambes.
- Moi non plus
Shura oriente le jet vers moi et vient s'asseoir devant moi, contre mon torse. Je rabats mes bras et les laissent pendre devant lui.
- Même s'il fait plus frais tard dans la nuit, je ne tiendrais pas jusque là, même pour du sexe avec toi.
- Je crois que moi non plus de toute manière.
- J'ai eu entrainement des jeunes ce matin, c'était affreux sous cette chaleur.
- J'imagine qu'eux devaient être sacrément morts aussi ?
- Ouais… Les motivés quand il fait bon, ça va à peu près, mais les motiver quand suis même on l'est pas… C'est loin d'être évident.
L'eau se remplit peu à peu et j'en prends dans mes mains pour la verser sur la tête de Shura. Il parle en essayant de ne pas en avaler.
- C'est gentil de me rafraich… Ir, mais si tu pouvais ne pas m'en mettre sur le visage tu serais gentil.
- Qui te dit que c'est pour te rafraîchir?
- Alors c'est pourquoi ?
- Tu pourrais pas comprendre…
- C'est pour m'embêter c'est ça !?
- Loin de moi cette idée.
Je dis ça avec un sourire alors que Shura fait semblant d'être un peu paranoïaque.
- C'est pour m'embêter. Tu vas voir !
Shura se retourne et m'envoie de l'eau dessus en me chatouillant.
- Ok ok! Stop! J'arrête je me rends !
- Non, ma vengeance sera terrible !
Il me laisse vite tranquille après quelques chatouilles.
- Tu sais, c'était pas pour t'embêter.
Il me regarde interrogateur.
- Ah bon ?
- Tu ne peux pas voir Shura, mais ça te fait une drôle de tête quand tes cheveux retombent sur ton visage.
Il a le haut de la tête qui est tout rond et une frange trop longue devant ses yeux. Ça fait une pointe au centre. C'est spécial, mais je trouve ça mignon au possible.
- Attends c'est pour ça?
Il essaie de remettre ses cheveux vers l'arrière.
- Mais non arrêtes ! C'était mignon !
Je le regarde et fais semblant de bouder. Avec les cheveux en arrière c'est encore autre chose. D'assez sexy plus que mignon, mais je ne lui dis pas, au contraire.
- Là on dirait que tu as la coupe à Deathmask, en mieux, j'aime bien aussi, mais là c'est pas mignon.
Il me tourne le dos.
- Pourquoi tu réagis comme ça ? Tu peux pas me faire plaisir et me laisser te regarder ?
- Non, c'est gênant, j'aime pas.
Je grogne un peu et le fais revenir devant moi. Je passe une main dans ses cheveux pour les "brosser" en arrière. Je refais le geste sans cesse et doucement il bascule la tête en arrière. Il a l'air d'aimer ça. Même si je ne le vois pas de face et que l'angle est particulier, je le regarde. Et j'aime ce que je vois.
Le bain se remplit bien, Shura coupe l'eau et je commence à m'endormir doucement. J'arrête de brosser les cheveux de Shura qui se décale et qui m'embrasse.
- Au lit. Tu commences à t'endormir.
- Ah oui, pardon.
- Tu as pas à t'excuser, il était tard quand on est entré dans le bain. Il doit être l'heure de dormir.
Shura débouche la baignoire et me sort une serviette en m'attendant dehors. Je me lève et il me pose la serviette sur les cheveux, frictionnant un peu avant de la poser autour de mon cou.
Je souris un peu. Shura commence à avoir des attentions comme ça envers moi à force que je lui en fasse. C'est… Vraiment bien... Je le suis jusqu'au lit, il se couche direct.
- Pas de cigarette?
- Non je suis fatigué aussi.
Je souris faiblement et me couche contre lui. Il éteint la lumière et je sombre doucement. Je sens son bras qui me secoue doucement, comme pour me réveiller, mais pas assez ostensiblement pour que ce soit fait dans cette intention.
- Ya un problème Shura?
- Tu as pas oublié un truc?
- Oublier quoi ?
- Tu ne m'as pas dit que tu m'aimais ce soir.
- Oh, pardon.
Je me rapproche de ses lèvres et l'embrasse doucement.
- Bonne nuit, Shura, fais de beaux rêves, pleins chèvres de motos, d'épées… Et je t'aime.
Il me sourit doucement et pose sa tête sur son oreiller. Il a l'air rassuré. Je trouve ça craquant qu'il s'inquiète de mon amour pour lui et qu'il me rappelle de lui dire.
Je glisse vers le bas doucement, je suis pas hyper réveiller, mais je devrais pouvoir tenir assez longtemps pour ça. Quand il se comporte de cette manière, je me sens encore plus amoureux, c'est affreux, ça n'en finira jamais.
- Aiolia, tu fais quoi ?
- Tais-toi un peu, pour une fois que tu parles trop.
J'arrive à son bassin, il est encore tout humide à cause du bain. C'est frais, ça fait du bien. Quand il comprend que je vais le sucer, il bascule sa tête en arrière et soupire d'avance de plaisir. Je suis plutôt adroit sur cette tâche et il le sait très bien. J'enroule doucement ma langue autour de ses testicules avant de faire ce à quoi il s'attendait le plus. Je lui fais un peu sentir mes dents sur son gland, je sais qu'il aime ça. Je fais attention à ne pas lui faire mal tout de même. Une main descend à ma rencontre pour me caresser la tête. Il n'a pas besoin de poser sa main pour me guider, je sais exactement quoi faire, je sais exactement ce qu'il aime. Je le connais trop bien. Sa main vient plus m'encourager qu'autre chose, elle me caresse les cheveux. J'ai beau prendre mon temps et le faire languir, il semblait avoir très envie, et ne dura pas aussi longtemps que je l'aurais espéré. J'avale tout, ça aussi je sais qu'il aime ça, il n'a pas besoin de me le dire, je pense que quasi tout le monde trouve ça bandant qu'on avale.
Je remonte et colle mon dos à son torse.
- Maintenant dodo…
- Oui, tu l'as bien mérité Lia. Merci. Demain je te rendrais la monnaie pour ce soir.
Il pose un baiser dans mes cheveux et son bras sur mon ventre. Encore une nuit dans les bras du paradis
