Je suis de retour ! (... pour vous jouer un mauvais tour)

Vous l'aurez compris, le thème de ce quatrième chapitre est la Saint Valentin. Désolé pour ceux qui m'avaient demandé le nouvel an et l'épiphanie, mais c'était très rapproché de Noël et je ne voulais pas faire quelque chose de bâclé.

Sur ce, bonne lecture !


Thor s'ennuyait ferme. Cela faisait des semaines qu'il ne se passait rien. Comme engourdis par l'hiver, les super-vilains n'attaquaient plus. Il y a quelques mois il aurait profité de cette accalmie pour aller voir sa petite-amie, mais pour le moment ils avaient décidé de faire « une pause ».

Depuis des jours, le dieu du tonnerre tournait en rond, ne sachant quoi faire pour s'occuper. Sur Asgard il avait toujours des choses à faire, mais ici à part être un Avengers, il n'avait aucune responsabilité. Sans surprise, Loki avait catégoriquement refusé toutes ses propositions de sorties entre frères, et pour une raison qui lui échappait le reste de ses amis semblait ne pas avoir de mal à trouver comment s'occuper. Tony et Bruce s'enfermaient des heures dans l'atelier ou le laboratoire d'où sortaient des bruits souvent inquiétants. Clint allait voir sa famille ou faisait des missions seul pour le SHIELD. Natasha disparaissait littéralement, ne faisait que des apparitions en coup de vent à la Tour. Quant à Steve il s'entraînait ou sortait avec son ami Sam qui tentait de l'aider à s'adapter à la vie moderne.

Les premiers temps, Thor s'était amusé à se balader en ville, mais la horde de fan qui finissait toujours par se former autour de lui avait fini par le décourager. Il avait ensuite passé plusieurs jours à essayer de comprendre le fonctionnement d'un « téléfone portable » mais ce stupide machin était tout bonnement trop compliqué. Lorsqu'il avait cassé son 5e dans la même journée, Tony avait perdu patience et déclaré que finalement il n'avait pas besoin de téléphone. Thor n'avait pu s'empêcher de lui signaler que c'est ce qu'il lui avait dit dès le début.

Depuis, l'Asgardien s'essayait à découvrir les films et la télévision Midgardienne. Tony avait été trop heureux de lui faire une liste de tout ce qu'il devait « absooolument » voir pour ne plus être totalement inculte. Par chance, le génie semblait avoir le même genre de goûts que lui car la plupart des films qu'il lui avait fait voir lui avait beaucoup plus. Cependant ces derniers jours, Thor avait commencé à s'intéresser à la télévision. Ce matin, il regardait avec une certaine fascination le journal, ne comprenant pas pourquoi tout comme hier, ils en consacraient une partie au froid. En hiver, le froid n'était pas une chose très surprenante. Quel intérêt de revenir dessus tous les jours ? Ça le dépassait.

Il s'apprêtait à zapper sur une autre chaîne quand quelque chose d'étrange se produisit. Le petit reportage sur la température venait juste de se terminer. Le visage de la journaliste en duplex réapparu sur l'écran tandis que le présentateur la remerciait. Au lieu de sourire et de rendre l'antenne, la jeune femme eut un moment de flottement et déclara :

— Bob, je vous déteste. Vous êtes un sale con. Tout le monde sait que vous m'avez pris le poste de présentatrice juste parce que vous couchez avec la patronne. Voir votre sale tronche tous les jours me donne des envies de meurtre !

Il y eu un long silence sur le plateau. Le présentateur avait la bouche grande ouverte, trop choqué pour répondre. Au bout de quelques secondes, la journaliste sembla se réveiller. Réalisant ce qu'elle venait de dire, un air horrifié apparu sur son visage.

— Mon dieu, je… je ne voulais pas… C'est sorti tout seul…

Reprenant ses esprits, le présentateur colla son sourire hypocrite sur ses lèvres et tenta de rattraper le coup, coincé par la diffusion en direct de l'émission.

— Ecoutez Katty… Moi aussi je vous déteste espèce de salope arrogante ! J'étais sûr que vous n'étiez qu'une petite arriviste !

— Quoi ?! Non mais vous vous entendez ? Moi au moins je n'ai pas couché pour réussir !

— Qui voudrait coucher avec vous ?!

— Vous vous êtes vus ?!

Au moment où il allait répondre, l'image se coupa brutalement. Lentement, le présentateur se tourna vers la caméra. Il avait l'air de vouloir disparaître sous terre. Le sourire plus crispé que jamais, il marmonna entre ses dents :

— Tout de suite une petite page de pub.

Perplexe, Thor éteignit la télévision. Il n'était pas très familier des journaux télévisés, mais il était à peu près certain que les journalistes n'étaient pas supposés s'insulter. Tout ça ne lui paraissait pas très naturel.

Dans le doute, il décida d'aller se renseigner auprès des autres. Exceptionnellement, tout le monde était réuni à la Tour en vue de la réunion qu'ils avaient de prévue le lendemain.

Il se rendit à la salle d'entraînement où il était sûr de trouver au moins Steve. En réalité en arrivant il découvrit que Natasha et Clint s'y trouvaient également.

— Mes amis, je crois qu'il se pass…

Il s'arrêta dans sa phrase en réalisant que les autres ne lui prêtaient aucune attention. L'archer et l'espionne se fixaient réciproquement avec un air choqué pendant que Steve les observait avec perplexité.

— J'interrompt quelque chose, peut-être ?

Retrouvant leurs esprits, Natasha et Clint lancèrent un franc « Non ! » tandis que le Capitaine répondait « oui ». Cela lui valut des regards assassins de la part des autres. La rousse tenta de rattraper le coup en changeant de sujet.

— Qu'est-ce que tu voulais nous dire Thor ?

— Ce n'est peut-être rien mais je viens de voir des gens s'insulter en direct à la télévision et j'ai eu sentiment que ce n'était pas… normal. Ce n'est pas dans vos coutumes, si ?

— Ça dépend, tu regardais quoi ?

— Les informations.

— Dans ce cas en effet, ce n'est pas normal, confirma l'espionne.

Thor était rassuré de savoir que pour une fois ce n'était pas juste lui qui ne comprenait rien aux us Midgardiens.

— Qu'est-ce qu'il se sont dit exactement ? Demanda Steve qui semblait soudain très intéressé.

— Je ne sais plus trop. Il me semble qu'ils se sont tous les deux avoués ne pas pouvoir se supporter, et ensuite les choses ont dégénérées.

— C'est très étrange, la même chose vient d'arriver à nos deux amis ici présents.

— Comment ça ?

Furieux, Clint et Natasha poussèrent des exclamations de protestation. Ils semblaient n'avoir aucune envie que le Capitaine raconte ce qu'ils s'étaient dit. A bien y regarder, leurs visages étaient particulièrement rouges et leurs regards très fuyants. Ce devait être sacrément gênant pour qu'ils réagissent ainsi. Ignorant leurs récrimination, Steve révéla à l'Asgardien :

— Dans les grandes lignes, ils se sont avoué leur amour l'un pour l'autre.

— Oh… Je croyais que Clint était marié ?

— Amour amical ! Précisa l'intéressé, rouge écrevisse.

Thor acquiesça sans faire de commentaire. Ses amis semblaient déjà avoir envie de disparaître sous terre, il était inutile d'en rajouter.

Cela étant ce que venait de lui rapporter Steve ne faisait que confirmer son pressentiment. Il se tramait quelque chose d'anormal. Les gens ne se mettaient pas à faire de telles révélations contre leur gré sans raison. Malheureusement, il ne voyait qu'une cause possible à ce mystère.

— Quel jour sommes-nous ? Demanda-t-il aux autres.

— Mercredi, pourquoi ?

— Non, la date. Est-ce qu'elle a une signification particulière ?

A l'instant où ils réalisèrent, Thor pu voir les yeux de ses interlocuteurs s'éclairer. Manifestement, il avait touché juste. Aujourd'hui était un jour spécial.

— C'est la Saint Valentin aujourd'hui, la fête des amoureux, expliqua Steve. Traditionnellement, c'est un jour où les gens s'avouent leurs sentiments…

— Je crois qu'on a tous compris ce que ça veut dire, soupira Clint.

— Loki fait encore des siennes.

— On aurait dû s'en douter. Une fête pareille, c'était évident qu'il ne pourrait pas résister…

— Je suis sincèrement désolé, s'excusa Thor. Il m'avait pourtant promis d'arrêter.

Personne ne fit de commentaire, mais il put voir à la tête des autres qu'ils n'avaient aucune confiance en la parole de son frère. Ils n'avaient manifestement pas tort.

— Tu sais où il est ?

— Non, je ne l'ai pas vu aujourd'hui. Je ne crois pas qu'il soit à la Tour.

— Super…

— Demandons à Tony, il saura peut-être.

Leur petit groupe quitta la salle d'entraînement pour se diriger vers l'atelier de l'ingénieur, bien décidés à lui demander où se cachait son insupportable petit-ami. En chemin ils croisèrent le docteur Banner, planté au milieu du couloir, l'air désorienté.

— Tout va bien Bruce ?

— Je… Non, pas vraiment.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Je crois que je viens de me parler à moi-même… Enfin non, plutôt à l'Autre. Je ne comprends pas du tout ce qui m'a pris.

Et une victime de plus ! Quel que soit le sort qu'il ait jeté, il était puissant.

Compatissante, Natasha expliqua à Bruce qu'ils venaient de vivre une expérience similaire et en avait conclu qu'une mauvaise blague de Loki était à l'origine de tout ça. Ils allaient reprendre le chemin de l'atelier, mais un bruit retint l'attention de Steve :

— Thor, tu as encore laissé la télévision allumée ?

— Non ! J'ai utilisé la télé-machin comme tu m'as montré. L'écran était noir quand je suis parti.

— Pourquoi j'entends des voix alors ?

— Je ne sais pas, mais ce n'est pas de ma faute !

C'est vrai que les premiers temps il avait eu tendance à quitter la pièce en laissant tout allumé derrière lui, mais après que ses amis lui en aient plusieurs fois fait le reproche, il avait fait un effort pour penser à éteindre. Ce n'était quand même pas de sa faute si la télé s'était rallumée toute seule !

— Cessez donc de l'importuner Capitaine Rogers, c'est moi qui regarde la télé ! Lança une voix narquoise depuis l'autre pièce.

— Loki !

Il n'était caché bien loin finalement…

Son frère leur lança un grand sourire lorsqu'ils pénétrèrent dans la pièce. Il avait allumé la télé sur une chaîne qui rediffusait la scène surréaliste à laquelle Thor avait assisté quelques minutes plus tôt. Les journalistes tentaient de comprendre ce qui avait pu pousser leurs confrères à dérailler brusquement, échafaudant des hypothèses toutes plus improbables les unes que les autres.

— C'est ton œuvre, n'est-ce pas ? Soupira l'Asgardien en désignant l'écran.

— Je crois que la question se passe de réponse Thor, signala Bruce devant l'hilarité du jötun.

— Cela vous plaît ?

— Non ! S'écrièrent Clint et Natasha en chœur.

Surpris, Loki se tourna vers eux. Il ne lui fallut pas plus de quelques secondes pour comprendre. Un sourire goguenard se dessina sur ses lèvres.

— Oh… Ne me dites pas que…

— La ferme ! Qu'est-ce que tu nous as fait ?

Le dieu haussa les épaules avec un air faussement innocent. Furieux, Clint se planta devant lui, les mains sur les hanches, bien décidé à obtenir une réponse. Avec un soupir, l'autre se décida à admettre :

— Disons que j'ai voulu donner un coup de pouce pour la Saint-Valentin.

— En quoi pousser les gens à s'insulter est censé aider ?

— En rien. Ce n'était pas le but.

— Je ne comprends pas…

Loki secoua la tête et le regarda comme s'il était complètement stupide. Il était très fort à ce jeu-là. Thor ne comptait plus les fois où il avait eu droit à ce regard. C'était particulièrement horripilant.

— J'aurai pu limiter mon sort à l'amour, mais cela aurait été d'un ennui… J'ai préféré en faire profiter tout le monde !

— Il fait quoi exactement ce sort ? Demanda Natasha qui ne trouvait pas la blague très drôle.

— A votre avis ?

— Je n'ai pas envie de jouer aux devinettes !

— Rabat-joie… Marmonna-t-il, vexé.

Croisant les bras, Thor pris son air de grand frère désapprobateur. Son cadet leva les yeux au ciel et capitula.

— Mon sort pousse les gens à révéler leurs sentiments inavoués lorsqu'ils parlent avec la personne concernée. Cela marche quels que soient les sentiments en question, évidemment.

— Evidemment…

C'était donc ça ! Les deux journalistes se détestaient mais s'efforçaient de le cacher, Clint et Natasha n'étaient pas du genre à se dire à quel point l'autre comptait, quant à Bruce il n'avait jamais vraiment l'occasion de parler avec « l'Autre ».

Ce genre de blague était définitivement le genre de Loki. Il adorait semer la zizanie puis s'installer confortablement pour observer le résultat de son œuvre.

— Mais enfin, vous ne pouvez pas forcer les gens à avouer leurs sentiments ! Protesta Steve, outré. C'est quelque chose de trop personnel !

— Vous avez peur des confessions indésirées Capitaine ?

— Non ! Je trouve simplement que c'est déloyal.

— Les non-dits font toujours plus de mal que de bien, demandez donc à Thor.

Le blond garda le silence, conscient que son cadet avait raison. Clairement, s'ils s'étaient parlé plus tôt, cela leur aurait évité bien des problèmes. Mais bon, ce qui était fait était fait.

— Ce n'est pas une raison !

Loki fit la moue et se réinstalla confortablement dans le canapé, signifiant qu'à ses yeux la conversation était close. Steve et Bruce tentèrent en vain d'argumenter pour le convaincre de rompre le sort et de laisser les pauvres New-Yorkais tranquilles, mais il ne voulut rien entendre. Thor refusa de prendre part à la discussion, certain que rien ne ferait changer son petit-frère d'avis. En désespoir de cause, Natasha décida d'aller chercher Tony. Il était le seul capable de le faire revenir à la raison, à condition bien sûr qu'il ne trouve pas la blague hilarante, ce qui n'était pas gagné.

— Je suis sûr que tu exagères ! Lança le génie à son amie en pénétrant dans la pièce.

— Tu crois ? Demande-lui par toi-même, tu verras il s'est surpassé cette fois !

Comprenant qu'ils étaient allés chercher son amant pour tenter de le convaincre, Loki ne put retenir un rire sarcastique. Certes, l'intéressé avait plus tendance à le soutenir dans ses farces que l'inverse, mais un miracle était toujours possible. Riant pratiquement par anticipation, Tony consenti à lui demander :

— Qu'est-ce que tu as encore trouvé pour les mettre en rogne ? Je croyais que la Saint-Valentin ne t'inspirait pas ?

Loki prit son air « oups, j'ai menti » et lui sourit à pleines dents. Plus amusé qu'énervé, Tony soupira.

— Je voul… Commença le jötun, avant de s'interrompre brutalement.

Son sourire disparut et le plus sérieusement du monde, il déclara :

— Antony, je t'aime.

— Quoi ?!

Tous les occupants de la pièce furent frappés de stupeur. Celui qui semblait le plus interloqué était en réalité celui-là même qui avait prononcé les trois mots fatidiques. Une véritable panique traversa les yeux de Loki. Il ouvrit et referma plusieurs fois la bouche, cherchant quelque chose à dire. C'était bien la première fois qu'ils le voyaient sans voix. Finalement il fit la seule chose susceptible de tirer de cette situation : il se téléporta dans un éclair de magie verte.

— Est-ce que je suis le seul à l'avoir entendu me dire qu'il m'aimait ? Vérifia le milliardaire, incertain.

— Non…

— Oh.

Sous le choc, Thor tenta d'enregistrer ce qui venait de se passer. Pourquoi est-ce que Tony avait eu droit à un « je t'aime » et pas lui ?!

- Cinq minutes plus tôt -

Nirvana à fond dans son casque, Tony esquissa quelques pas de danse. Fermant les yeux il tendit le bras dans la direction générale des cibles qu'il avait disposé dans l'atelier et lança la commande de tir. Cinq rayons partirent de sa main. Il rouvrit les yeux et eut le plaisir de constater que les cibles étaient toutes détruites en plein centre. Son système de visée automatique était enfin au point. Depuis le temps qu'il travaillait dessus !

« …ARK ! »

Il lui sembla percevoir une voix dans son dos. Coupant la musique, il se retourna et tomba nez à nez avec Natasha. Celle-ci paraissait plutôt mécontente, ce qui signifiait probablement qu'elle s'époumonait depuis un petit moment déjà.

— Désolé, j'avais ma musique, s'excusa-t-il en retirant son casque et son gantelet. Tu voulais quelque chose ?

— Oui, que tu viennes avec moi.

— Ça ne peut pas attendre ? Il faut que je reconfigure toutes mes…

— C'est Loki, se contenta-t-elle de rétorquer, coupant court à toute contestation.

Forcément, s'il s'agissait de son petit-ami il était obligé de la suivre. Vu le visage courroucé de l'espionne, l'humour du dieu avait encore frappé. Tony n'était pas vraiment surpris. C'était la saint-valentin aujourd'hui, et même si Loki avait prétendu que pour une fois il s'abstiendrait de se mêler des traditions Midgardiennes, le milliardaire aurait été bien idiot de le croire. Son amant n'était pas du genre romantique, il lui avait d'ailleurs interdit de prévoir quoi que soit en rapport avec cette fête, mais comment le dieu de la malice aurait-il pu résister à mettre son grain de sel dans la fête des amoureux ?

— Il a encore fait une mauvaise blague, c'est ça ? Demanda-t-il en montant les escaliers pour rejoindre les autres.

— Pire ! D'habitude c'est juste de mauvais goût, mais là c'est vraiment n'importe quoi ! Il faut que tu le convainques de lever son sort.

Ça, ça restait à voir. Jusqu'à présent Tony avait toujours trouvé les blagues de Loki très drôles. Ce serait donc idiot de lui demander d'arrêter quant à la place il pouvait avoir un bon fou-rire.

— Je suis sûr que tu exagères !

— Tu crois ? Demande-lui par toi-même, tu verras il s'est surpassé cette fois ! Soupira Natasha, en entrant dans le salon.

Tout le monde était réuni autour du canapé où était assis Loki. Celui-ci toisait Bruce et Steve qui essayaient apparemment de lui faire rompre son sortilège. Tony était décidemment de plus en plus impatient de savoir ce que son petit-ami avait préparé.

— Qu'est-ce que tu as encore trouvé pour les mettre en rogne ? Je croyais que la Saint-Valentin ne t'inspirait pas ?

Pendant deux secondes, le dieu fit semblant d'être désolé, mais incapable de rester sérieux, il ne tarda pas à se fendre d'un grand sourire.

Il commença à lui répondre, mais s'arrêta net pour lui déclarer droit dans les yeux.

— Antony, je t'aime.

— Quoi ?!

Le cerveau de Tony beugua. Soit il était en train d'avoir une grosse hallucination, soit Loki venait de lui dire 'je t'aime'. C'était triste à dire mais la première option lui paraissait la plus probable.

Pourtant, l'air horrifié de son amant lui laissait à penser qu'il avait réellement dit ce qu'il avait cru entendre. Réalisant qu'il fallait qu'il réponde quelque chose, il ouvrit la bouche, mais l'autre se téléporta avant qu'il puisse parler.

Voulant vérifier qu'il n'avait vraiment pas rêvé, Tony vérifia auprès des autres :

— Est-ce que je suis le seul à l'avoir entendu me dire qu'il m'aimait ?

— Non… Lui confirma Bruce.

— Oh.

C'était une bonne nouvelle. C'est sûr qu'il se serait plus réjoui si Loki ne s'était enfui immédiatement après sa déclaration mais on ne pouvait pas tout avoir !

— Si un jour on m'avait dit que j'entendrai Loki dire « je t'aime » à quelqu'un… Marmonna Clint, qui n'en revenait toujours pas.

— Manifestement il est moins insensible qu'il voudrait nous faire croire.

— Je devrais aller le rejoindre, non ? Demanda le milliardaire, plus pour Thor que pour les autres.

Il n'obtint aucune réaction de l'Asgardien qui n'écoutait même pas. Perdu dans ses pensées, le blond paraissait moins surpris que triste. Tony eut cependant la réponse qu'il attendait, mais à son grand étonnement, ce fut qui Steve qui la lui donna.

— A ta place, je ne ferais pas ça.

— Pourquoi ? Il ne m'a même pas laissé le temps de lui répondre !

— Il n'en avait pas besoin.

Depuis quand Steve était-il devenu expert pour décrypter Loki ?

— Comment ça ?

— Pour la Saint-Valentin, il a lancé un sort qui pousse les gens à révéler leurs sentiments cachés quand ils parlent à la personne concernée.

— C'est pour ça ! Je me disais bien aussi que ce n'était pas son genre de faire ce type de déclaration, et encore moins devant tout le monde !

Si ce que son ami lui disait était vrai, cela signifiait que Loki était sincère. Tony en était ravi, même s'il aurait préféré que son petit-ami lui fasse cette confession de son plein gré et pas sous l'effet d'un sort. Ça expliquait au moins pourquoi il avait eu l'air aussi surpris, et pourquoi il s'était téléporté tout de suite après. Il ne devait pas s'attendre à ce que sa blague se retourne contre lui.

— Je crois que tu n'as pas saisi le problème Tony, intervint Bruce, mal à l'aise.

— Quel problème ?

— Tu lui as parlé le premier, et tu n'as rien dit à propos de ce que tu ressentais pour lui… A moins que tu l'aies déjà fait ?

— Ça m'étonnerait, marmonna Natasha, s'attirant un regard noir.

Elle n'avait malheureusement pas tort. Tony n'avait jamais abordé sa question de ses sentiments avec Loki, de peur que ça le fasse fuir.

Cela voulait dire qu'ils avaient effectivement un problème. Puisqu'il n'avait rien dit, Loki allait croire que ses sentiments n'étaient pas réciproques. C'était faux ! Tony aussi l'aimait.

— Peut-être que le sort a un temps de latence avant de s'activer ? Proposa-t-il.

— Pour lui ça a marché immédiatement…

Ça n'avait pas de sens ! Pourquoi est-ce que ça n'avait pas marché sur lui ?

— Ah ! Je savais que tu n'étais pas assez bien pour mon frère ! S'exclama Thor, enfin remis de ses émotions.

— C'est ridicule ! Je l'aime ! Le sort aurait dû marcher sur moi !

Ses amis échangèrent un regard surpris. Tony était sûr de lui, il aimait Loki. Il le savait depuis un moment maintenant mais l'avait gardé pour lui afin ne pas l'effrayer. C'était un concept avec lequel son amant n'était pas très à l'aise.

— Peut être que tu l'apprécies beaucoup, mais pas à ce point ? Proposa Bruce dont l'esprit scientifique ne pouvait s'empêcher de chercher une explication logique.

— Je suis pas con, je sais reconnaître quand je suis amoureux !

— Peut-être, mais le sort n'a pas marché sur toi… Insista Thor.

— Alors le sort est raté ! Je vous dis que je l'aime ! Ce n'est quand même pas un stupide sort qui va me dire ce que je ressens !

Les autres restaient septiques, Tony pouvait le sentir. C'était normal, les sorts de Loki marchaient toujours parfaitement d'habitude.

Il ne savait pas encore pourquoi, mais aujourd'hui ce n'était pas le cas. Il aurait voulu les en convaincre, mais il ne voyait pas comment leur prouver qu'il l'aimait. Il n'allait quand même pas leur faire une liste !


Pourquoi j'aime Loki (par Tony Stark) :

.

Raison n°1 : Il est drôle

L'une des premières choses que Tony avait compris, avant même de se rapprocher de lui, c'est que Loki aimait rire. Il faisait beaucoup d'efforts pour mériter son titre de dieu de la malice, ce qui, tout le monde s'accordait à le dire, était un franc succès. Tony avait le sentiment qu'il n'avait jamais autant ri que depuis qu'ils se voyaient.

L'humour du jötun ne plaisait pas à tout le monde, mais quand on avait la chance de ne pas être la cible de sa blague, on pouvait être certain qu'on allait bien rigoler. Le génie n'avait même pas à remonter plus loin que la semaine précédente pour se rappeler de la dernière fois qu'il l'avait fait rire aux larmes.

.

LOKIIIII ! Hurla Clint en débaroulant comme un fou furieux par les escaliers.

Pas la peine de crier, je ne suis pas sourd, signala l'intéressé qui ne daigna même pas relever les yeux de son livre.

Le dieu avait fait apparaître un fauteuil dans l'atelier de Tony et avait passé la matinée à y lire pendant que le propriétaire des lieux réparait son armure. Clint, Natasha et Steve étaient parti quelques heures plus tôt pour attraper un criminel qui donnait du fil à retordre à la police et venaient tout juste de rentrer. Dans ces conditions, le génie voyait mal pourquoi l'archer semblait si en colère contre son amant. Cela dit, avec Loki on était jamais sûr de rien.

Que tu passes ton temps à la Tour alors que t'es tout sauf un Avengers, passe encore. C'est chez Tony après tout, il fait ce qu'il veut. Que tu te paies ma tête dès que tu me vois, je peux le supporter. Mais ça ! Hors de question que je laisse passer !

Qu'est-ce qu'il a fait ? Soupira Tony, résigné.

Une tentative de meurtre !

Absolument pas ! Protesta Loki, réagissant enfin. Une blague inoffensive !

Outré, Clint poussa un cri d'indignation. Vu sa tête, il était clair que la blague n'était pas si « inoffensive » que ça.

Si j'avais eu besoin de me battre, j'aurai pu y rester !

Vous êtes un agent du SHIELD, vous savez vous défendre. En plus vous n'étiez pas seul.

Mais j'aurai pu l'être !

Le dieu roula des yeux, exaspéré, ce qui énerva encore plus l'archer. A ce rythme-là, dans deux minutes ils se tapaient dessus. Il était temps d'intervenir.

Ok, calme-toi mon pote. Crois-moi t'as pas envie de te battre contre lui.

Il mériterait que je lui colle mon poing dans la tronche…

C'est toi qui te ferais mal si t'essayais. Fais-moi confiance, je parle par expérience... Si tu m'expliquais plutôt ce qui s'est passé ?

Oh mais c'est très simple ! Ton petit-ami à la con a remplacé toutes mes flèches par ça !

Joignant le geste à la parole, Clint attrapa une des flèches qui dépassait de son carquois et la lui brandit sous le nez. Tout était normal, mis à part la pointe qui avait été remplacée par une ventouse. Tony savait qu'il ne devait pas rire. Il se mordit la lèvre et mit une main devant sa bouche pour cacher son hilarité grandissante. Un air satisfait apparu sur le visage de Loki.

Tu t'en es rendu compte en voulant tirer sur quelqu'un j'imagine ?

Sur notre cible, pour l'intimider. Au lieu de ça il s'est mis à rire tellement fort que Steve a pu l'immobiliser. Je me suis tapé la honte de ma vie !

Tony regrettait tellement de ne pas avoir vu ça ! Il aurait payé cher pour avoir l'occasion d'assister à un spectacle pareil. Rien que d'imaginer la scène l'empêchait de se retenir de pouffer.

Je t'interdit de te marrer ! Ce n'est pas drôle ! Ça aurait pu mettre la mission en danger.

L'autre avait raison, bien sûr, mais la seule chose à laquelle Tony parvenait à penser, c'est la tête qu'ils avaient tous dû faire en le voyant tirer avec ses flèches à ventouse. Ne pouvant se contenir plus longtemps, il éclata de rire. Sous le regard furieux du pauvre Clint, il hoqueta en guise d'excuses :

Désolé mec, mais… des ventouses ?! C'est génial !

Désespéré, l'archer sorti en trombe, les traitant tous les deux de gamins irresponsables et complétement idiots. Trop occupé à rire, Tony ne s'en formalisa même pas. Lorsqu'il parvint enfin à s'arrêter, ses abdos lui faisaient un mal de chien.

Tu es toujours un bon public Antony, c'est agréable.

Il faut dire que t'es sacrément doué ! D'où tu sors toutes ces idées ?

Des siècles d'entraînement, très cher !

Vu comme ça…

Tony plaignait sincèrement Thor. Le pauvre avait dû être le cobaye d'une grande partie des farces de son petit frère. Cela expliquait sûrement la tolérance élevée qu'il avait à l'humour du dieu de la malice. Ce n'était cependant pas le cas de tout le monde…

Tu ne crois pas que tu devrais ralentir un peu sur Clint ? Il va finir par se mettre vraiment en colère.

Ça dépend, tu préfères redevenir ma cible ?

— … tu peux rester sur Clint.

Il ne compatissait quand même pas à ce point !

.

Raison n°2 : Il est intelligent.

Outre le fait qu'en un millénaire il avait eu le temps de voir et d'apprendre beaucoup de choses, Loki était réellement très intelligent. Peut-être même plus que Tony, même s'il ne l'admettrait jamais. Le dieu adorait apprendre de nouvelles choses. Il avait compris tout seul comment se servir d'un téléphone portable, d'un ordinateur et de la technologie en général, choses que Thor avait encore du mal à faire. Il trouvait internet merveilleux et pouvait s'y perdre des heures à lire tout et n'importe quoi. Une fois, il avait passé toute sa nuit à apprendre les différents types d'animaux marins qui existaient sur terre, juste parce qu'ils avaient mangé du poisson au dîner.

Mais ce que Tony appréciait le plus, c'est qu'ils pouvaient avoir de vraies conversations tous les deux. Son amant comprenait et s'intéressait à ce qu'il faisait. Loki avait été sincèrement impressionné par ses armures. Les Asgardiens fonctionnaient à la magie, pas à la technologie. C'était quelque chose de nouveau pour lui.

Ils avaient passés des heures à discuter de ses armures, de leur alimentation, de leurs armes et de ce qui pouvait encore être amélioré. Tony ne pouvait pas partager ça avec les autres. Aucun d'entre eux n'y comprenait rien, sauf Bruce mais ça ne l'intéressait pas outre mesure. Le docteur avait plus l'esprit scientifique. Avoir enfin quelqu'un d'autre qui comprenait ce qu'il faisait, c'était un vrai plaisir !

.

Puisque que je te dis que ça ne marchera jamais !

Et moi je suis sûr que si !

Exaspéré par son obstination, Loki poussa un grognement. Ils se disputaient depuis dix bonnes minutes et aucun d'entre eux ne voulait céder. Cela pouvait durer encore des heures car ils étaient tous les deux sacrément têtus.

Ce que tu peux être borné ! Combien faut-il que je te le répète ? Ce n'est pas possible. Cela relève d'une technologie bien plus avancée que la vôtre.

Tu ne devrais pas me sous-estimer ! J'ai inventé un nouvel élément chimique je te rappelle !

Ton père l'a inventé… Lui signala son amant, qui avait décidemment une trop bonne mémoire.

Oui, mais je l'ai créé, alors c'était censé être « impossible » ! Rétorqua Tony, ravi de pouvoir lui clouer le bec.

Quoi que je dise, tu essayeras quand même, n'est-ce pas ?

Le milliardaire acquiesça. Il était sûr de son coup à 66 %. Normalement, ça devait marcher. Le fait que personne n'ait réussi avant lui ne voulait pas dire que c'était impossible, mais simplement que les autres ne s'y étaient pas pris correctement.

Tony avait décidé de créer un champ de force autour de son armure pour repousser les attaques les plus faibles et les amortir les chocs. Il avait travaillé en secret sur ce projet pendant des semaines et quand, tout fier de lui, il avait montré le résultat à Loki, ce dernier avait immédiatement déclaré que ça ne pourrait pas fonctionner. Cela le motivait d'autant plus à lui donner tort.

Le système était déjà prêt, il ne restait plus qu'à le tester. Sous le regard résigné du dieu qui continuait de marmonner que ça ne servait à rien d'essayer, Tony effectua les derniers branchements. Une fois qu'il eut vérifié que tout était accordé correctement, il lança le système.

Il y eut d'abord des crépitements, puis des petits éclairs violets apparurent.

AH AH ! Je t'avais dit que ça marcherait !

Non Antony, ça va…

L'explosion se produisit avant que Loki puisse terminer sa phrase. La magie du jötun contint le feu au centre de la pièce, limitant ainsi les dégâts au maximum.

Dépité, Tony se laissa tomber par terre. Il était certain que ça allait marcher. Peut-être qu'il s'était trompé dans un calcul ? Ou alors le système n'était pas assez puissant ? Quoi qu'il en soit, c'était un échec cuisant.

Vas-y, dis-le…

Quoi ?

Que tu avais raison.

Loki haussa les épaules et s'assit à côté de lui.

En fait, j'allais dire que j'étais impressionné. Cela a presque fonctionné. Honnêtement je pensais qu'il ne se passerait rien du tout.

Bonjour la confiance !

Avec un ou deux ajustements, tu pourrais sûrement y arriver.

Je le savais ! S'écria Tony, regonflé à bloc. Tu vas m'aider, pas vrai ?

Hésitant, le dieu fit la moue. Son amant lui fit ses yeux de chien battu pour tenter de le convaincre. Ils iraient beaucoup plus vite à deux.

Je t'aiderai… si tu es sage.

Ouais ! Champ de force, nous voilà !

Tss, gamin.

.

Raison n°3 : C'est un alien.

Un alien d'une race tellement puissante que les anciens humains les avaient considérés comme des dieux, mais un alien quand même, ne lui en déplaise. Tony trouvait vraiment ça hyper cool. Le fan de SF en lui exultait.

Parfois l'apparence humaine de Loki lui faisait oublier qu'il n'avait pas seulement des pouvoirs magiques, mais qu'il était d'une autre espèce. Malheureusement pour lui, lorsque la condition d'extraterrestre de son amant se rappelait à son bon souvenir, c'était souvent de façon assez brutale.

.

Tony sortit en sifflotant de l'ascenseur, ravi d'enfin être chez lui. Il avait passé l'après-midi dans une réunion interminable pour Stark Industries. Seule la pensée que Loki serait là à son retour l'avait aidé à tenir jusqu'au bout.

Décidant de surprendre son amant, il se dirigea à pas de loup jusqu'au salon. Ces derniers temps l'autre y passait ses journées à lire. Lorsqu'il entra dans la pièce, il découvrit avec désarroi que l'endroit était vide. Par acquis de conscience il jeta un coup d'œil dans la cuisine, mais sans surprise, elle était déserte. Loki n'y mettait pratiquement jamais les pieds, préférant faire littéralement apparaître sa nourriture. Ne voyant pas où il pourrait être d'autre, Tony alla vérifier la chambre. Il n'y avait personne non plus.

Loki ?! Se décida-t-il à appeler. Tu es là ?

Après quelques secondes, une voix étouffée lui répondit depuis la pièce voisine.

Dans la salle de bain !

Cette nouvelle ne manqua pas de le mettre en joie. Il s'empressa de le rejoindre.

Le dieu du chaos était allongé dans un bain moussant, un verre de vin à la main et un livre dans l'autre. Tony eut une soudaine bouffée de chaleur. Comment rester impassible devant un tel spectacle ?

Tu en as mis du temps, soupira Loki, irrité. Je commençais à me demander si j'allais devoir dîner seul !

N'aies crainte, tu passes largement devant ces réunions assommantes !

Encore heureux !

Il faudrait être fou ou aveugle pour choisir l'autre option. Même s'il s'était déjà lavé le matin même, Tony ressenti un besoin pressant de prendre un bain.

Tu me fais une place ? Demanda-t-il en commençant à se déshabiller.

Je ne crois pas que ce soit une bonne idée Antony.

Pourquoi pas ? Il y a largement la place pour deux !

Ce n'était pas une bête baignoire que le milliardaire avait fait installer dans sa salle de bain, mais une gigantesque baignoire d'angle qui pouvait facilement accueillir trois personnes. Pour une fois que Loki prenait un bain chez lui, ce serait un crime de ne pas en profiter !

Certes, mais l'eau risque de…

Tony balaya son argument d'un geste de la main.

On s'en fiche si ça déborde. Tu as des sorts pour nettoyer, non ?

Oui, mais…

Parfait ! Range tes jambes, j'arrive.

Loki ouvrit la bouche pour protesta, mais se ravisa finalement avec un soupir. Il posa son livre sur la chaise avec ses vêtements et fit disparaître son verre.

Trop pressé qu'il était, Tony ne voulut pas perdre de temps et rentra dans l'eau d'un seul coup. Ce fut une décision qu'il regretta amèrement. A peine une seconde après s'être immergé, il faillit hors de l'eau en hurlant :

Bordel, c'est gelé ! T'es dingue ou quoi ?! L'eau doit être à 5 degrés !

Le corps de Tony lui faisait mal tellement il avait froid. Il se mit à grelotter. Se précipitant hors de la baignoire il se jeta sur la première serviette qu'il vit et commença à se frictionner vigoureusement. Il avait l'impression qu'il venait juste de plonger dans un bac à glaçon.

3 degrés en réalité, le corrigea Loki qui n'avait pas bougé d'un cheveu.

Comment tu peux rester là-dedans sans mourir de froid ?

Décidemment tu as la mémoire courte. Je suis un géant des glaces, de mon point de vue, c'est tiède.

Voilà qui lui apprendrait à oublier que Loki n'était pas vraiment Asgardien. Cela dit, ce genre de désagrément ne lui était jamais arrivé auparavant, alors que ce n'était pas la première fois qu'ils se lavaient ensemble.

D'habitude, tu te laves à l'eau chaude pourtant !

Je le fais quand on est tous les deux, par égard pour toi. Je peux supporter la chaleur. Toi par contre, il est clair que tu ne supportes pas le froid.

Quelle perspicacité ! C'était ses lèvres bleuies ou ses tremblements incontrôlables qui lui avaient mis la puce à l'oreille ?

Tu aurais pu me prévenir !

J'ai essayé très cher, mais tu n'as pas cessé de me couper la parole.

Un point pour lui. Note pour plus tard : toujours écouter Loki jusqu'au bout quand il lui déconseillait de faire quelque chose.

Désolé… Tu ne voudrais pas lancer un petit sort pour me réchauffer, s'il te plaît ?

Hors de question. La prochaine fois tu me laisseras parler.

Ce qu'il était susceptible !

Aller, s'il te plaît Lok'. Je vais mourir de froid si tu ne m'aides pas !

Ce qu'il ne faut pas entendre !

Steu-plaît, steu-plaît, steu-plaît !

N'insiste pas, c'est non !

Tony lui lança un regard larmoyant pour tenter de l'attendrir. Cela eut pour seul effet de lui faire lever les yeux au ciel.

Tu ne vas pas me lâcher, n'est-ce pas ?

Non ! Confirma-t-il, tout fier.

Dans ce cas, j'irai lire ailleurs, déclara Loki en retirant la bonde.

Le dieu se leva et resta debout à attendre que Tony se pousse pour le laisser accéder au tapis. L'intéressé n'en fit rien, trop occupé qu'il était à observer le corps ruisselant de son amant.

Je retire ce que j'ai dit, j'ai plus du tout froid !

Il faudrait savoir…

Le génie haussa les épaules et s'écarta. Loki sorti de la baignoire et tendit la main vers le chauffe-serviette un peu plus loin.

Tu me passes une serviette ?

Pourquoi faire ? T'es très bien comme ça.

Avec un sourire joueur, il lui attrapa la nuque et l'embrassa. L'autre ne tarda pas à le saisir par la taille pour coller leurs bassins. Les cheveux trempés de Loki gouttaient sur les épaules de Tony qui ne tarda pas à s'écarter en criant :

T'es glacé ! J'ai l'impression d'embrasser un iceberg !

Ce que tu peux être douillet !

.

Raison n°4 : Il n'est pas si méchant.

Malgré ce qu'il aurait aimé faire croire à tout le monde, Loki n'avait pas un mauvais fond. Il était arrogant, souvent condescendant, parfois mesquin mais sa période de vrai « méchant » lui était passée. Certes, il lui arrivait de faire des choses dans le dos de Tony, mais s'il n'était pas dans le camp des Avengers, il n'était pas non plus contre eux.

Il aimait à se prétendre neutre, et observait non sans intérêt les combats qu'Iron Man et ses alliés menaient contre les nouvelles menaces qui pesaient sur l'Amérique ou sur la Terre. Lorsqu'il était de bonne humeur, il daignait même, de temps en temps, à les aider.

.

Tony fit un salto pour éviter une salve de tirs le visant et envoya un rayon qui arracha la tête du robot en face de lui. Le tas de métal alla s'écraser par terre avec ses frères démembrés. Il profita de ce petit moment de répit pour souffler. Ils y étaient déjà depuis plusieurs heures et cette attaque ne semblait pas vouloir prendre fin. Combien de robot Fatalis avait-il encore en réserve ?

Un coup d'œil en contre-bas lui appris que ses amis aussi commençaient à peiner. Ils étaient en effectif réduit aujourd'hui, et contrairement à eux, les machines ne fatiguaient pas. Il fallait vraiment qu'ils atteignent le poste de commande d'où étaient dirigés les robots !

Excusez-moi ? Les appela une voix ennuyée dans leur canal de communication. Je ne voudrais pas vous déranger, mais vous en avez encore pour longtemps ?

Flottant au-dessus du champ de bataille, Loki leur lançait un regard interrogateur. Tony était lui aussi dans le ciel, occupé à voler un peu partout pour empêcher les automates d'attaquer par les airs. Il entendit Clint et Natasha pousser un soupir exaspéré dans leurs micros.

Tony, je croyais que nos communications étaient sécurisées ?! Lança Steve sur un ton accusateur.

C'est le cas !

Alors pourquoi est-ce qu'on entend Loki dans nos oreillettes ? Tu ne lui as quand même pas donné le code d'accès ?

Non !

C'était beau la confiance entre collègues ! Tony était encore capable de suivre un ordre simple. On lui avait demandé de ne pas donner les codes liés aux Avengers à son amant, et il l'avait fait. Ce n'était pas de sa faute s'il les avait trouvés quand même !

En parlant de sécurité, il va falloir revoir ça Antony. J'ai mis moins d'une minute à entrer dans le système…

C'est facile quand on utilise la magie ! Rétorqua-t-il, vexé.

Son système était parfaitement sécurisé… contre les pirates humains. Face à la magie du dieu, il n'avait encore rien trouvé d'efficace.

Qu'est-ce que vous voulez ? Demanda Steve qui commençait à perdre patience.

Il fallait dire que ce n'était pas très pratique de se battre tout en tenant une discussion cohérente.

Je vous l'ai dit, j'aimerai savoir pour combien de temps vous en avez encore ?

Comment veux-tu qu'on le sache ? Je ne sais pas si tu as remarqué, mais nous sommes en train d'essayer d'empêcher Fatalis d'envahir New-York, lui signala l'archer en faisant exploser un robot.

Je suis sûr que tout le monde vous en est très reconnaissant, mais vous ne voudriez pas faire ça plus vite ?

Le bruit dérange monsieur, peut-être ?

Tony rentra de plein fouet dans un de ses ennemis, l'envoyant s'écraser par terre.

Si seulement ce n'était que ça ! Mon problème est surtout que si vous n'avez pas terminé dans trente minutes, Antony n'aura jamais le temps de se changer, et il est hors de question que j'aille au restaurant avec lui s'il est dans cet état !

Les Avengers en restèrent sans voix. Venant de sa part ils s'étaient attendu à beaucoup de choses, mais pas à ça. Même Tony était surpris, et pourtant il lui en fallait beaucoup !

Cette histoire de restaurant lui était complètement sortie de la tête. Décidemment Loki avait des priorités bien à lui…

Au restaurant ? Répéta Natasha, incrédule. Je crois que Tony a des choses un peu plus importantes à faire que d'aller manger, actuellement !

Vous avez empêché une invasion extraterrestre, vous devriez vous en sortir avec trois robots, non ? Rétorqua Loki avec dédain.

Il n'y en a pas trois mais cinquante, le corrigea Steve, repoussant les tirs ennemis à l'aide de son bouclier. Et je ne sais pas si vous avez remarqué mais aujourd'hui nous sommes privés de Hulk et de votre frère, on ne peut pas se passer de Stark !

Tony ne voulait pas se vanter, mais le Capitaine avait raison. Ils ne s'en sortiraient pas sans soutien aérien, et de toute façon il se voyait mal abandonner ses amis pour aller tranquillement manger.

Je crois qu'il va falloir repousser ce dîner à un autre jour Loki.

Hors de question ! Tu m'as houspillé durant des semaines pour que j'accepte d'aller manger à Paris avec toi dans ce restaurant « si merveilleux », alors on va y aller !

C'est vrai qu'il avait eu un mal de chien à le convaincre, Loki se plaignant toujours de la cuisine terrienne qu'il trouvait trop fade. Ce serait vraiment dommage d'annuler après tous ces efforts, mais il n'avait pas vraiment le choix…

Désolé, ce sera sans moi.

Par les Nornes, ce n'est qu'une poignée de robots pathétiques !

Lesdits robots avaient formé une petite troupe qui fonçait droit sur eux. Les quatre Avengers se réunirent en cercle pour se préparer à les recevoir.

Tu n'as qu'à t'en occuper si c'est si facile que ça ! Répliqua Clint en bandant son arc.

Soit, si ça peut nous permettre d'être à l'heure. Mais permettez-moi de vous signaler que je ne suis pas supposé faire votre travail à votre place !

Loki disparu et les robots arrivèrent sur eux. Les premiers étaient tout juste à leur hauteur qu'ils s'arrêtèrent soudain. Dans un grand bruit de ferraille, tous leurs ennemis s'effondrèrent au sol.

Le dieu du chaos se téléporta sur le tas d'automates en soupirant, sous le regard admiratif du groupe.

C'est bon, on peut y aller ? Demanda-t-il avec impatience.

Oui, je suppose… Acquiesça Steve, confus.

Merveilleux ! Messieurs, madame, bonne soirée !

Sans laisser à quiconque le temps d'ajouter quoi que ce soit, Loki saisit la main de son amant et les transporta chez ce dernier. Les quelques secondes de désorientation liées à la téléportation passées, Tony sourit et attira l'autre à lui pour l'embrasser.

Merci !

De quoi ?

De ton aide.

Son vis-à-vis laissa échapper un rire amusé.

Je ne vous ais pas aidé, je voulais seulement qu'on arrive à l'heure.

Si tu le dis…

Il n'allait pas le contrarier, si ça lui faisait plaisir de le croire.

.

Raison n°5 : Il est toujours inattendu.

S'il y avait bien une chose qu'il fallait accorder à Loki, c'est qu'il était imprévisible. Le dieu n'aimait pas être surpris, mais il adorait surprendre les autres. Il semblait s'efforcer de toujours faire le contraire de ce que l'on s'attendrait à ce qu'il fasse.

Tony n'avait par exemple toujours aucune idée de pourquoi Loki avait commencé à le draguer. Etait-ce lié au fait qu'il l'avait aidé dans sa blague ? Est-ce que la blague avait été pensée pour tenter de commencer à le séduire ? L'autre refusait de lui répondre, préférant garder le mystère entier.

Et encore, il avait agi de façon encore plus mystérieuse lorsqu'ils avaient vraiment commencé à flirter.

.

Tony réajusta sa cravate dans le miroir de l'ascenseur. C'était un peu ridicule, mais ce soir il avait sorti son plus beau costume. Depuis le temps qu'il attendait ça, il voulait faire forte impression.

Plusieurs mois étaient passés depuis la blague du 1er avril, et depuis Loki prenait un malin plaisir à souffler le chaud et le froid avec lui. Il répondait à ses messages, puis les ignorait, apparaissait chez lui au milieu de la nuit pour jouer aux échecs, acceptait un rendez-vous pour finalement l'annuler… En bref, il le rendait chèvre (sans mauvais jeu de mot).

La dernière fois qu'ils s'étaient vus, les choses avaient rapidement dérapées, mais le dieu l'avait arrêté dans ses ardeurs, déclarant que les gens civilisés dînaient ensemble avant de passer aux choses sérieuses. Tony n'avait depuis lors pas cessé de l'inviter à manger, en vain. La veille, alors qu'il n'avait pas donné signe de vie depuis des jours, Loki lui avait envoyé un message laconique, l'invitant à rejoindre pour dîner à l'adresse indiquée pour 20 heures.

Il était 20 heures 12 et Tony se trouvait devant la porte d'un appartement en plein Manhattan. Il hésita un peu avant de frapper, réalisant soudain que tout ça pouvait n'être qu'une autre mauvaise blague et qu'il s'apprêtait peut-être à toquer chez un parfait inconnu. Ce fut pourtant bien Loki qui lui ouvrit.

Tu es en retard.

Sur Terre, c'est impoli d'être trop ponctuel.

Je reconnais bien là l'illogisme des Midgardiens, soupira-t-il en lui faisant signe d'entrer.

Tony s'exécuta et attendit qu'il ait refermé la porte pour lui tendre le sac qu'il tenait dans la main.

Je ne savais pas ce que tu préférerais entre le vin, les fleurs ou les chocolats, alors dans le doute j'ai pris les trois.

Charmante attention Antony, le remercia-t-il avec un sourire qui fit chavirer son invité.

L'appartement de Loki était spacieux, bien situé et donnait sur une vue magnifique du reste de la ville. L'endroit devait coûter une fortune. Le génie ne pouvait s'empêcher de se demander où l'autre avait bien pu trouver tout cet argent. La décoration, bien que faite avec goût, était très impersonnelle, mis à part pour la gigantesque bibliothèque qui couvrait l'un des murs de la pièce principale.

Jolie collection de livres, commenta Tony.

La plupart des couvertures étaient écrites en des langues dont il ne connaissait même pas l'existence, mais il trouva de-ci de-là des titres en anglais, en français, et même en japonais.

Ce n'en est qu'une petite partie, lança Loki occupé à mettre les fleurs dans un vase.

Reconnaissant un des livres, le milliardaire s'approcha pour vérifier que ses yeux ne lui jouaient pas des tours, puis demanda, surpris :

Tu lis des livres de physique quantique ?

Oui, ils sont parfaits pour quand j'ai envie de rire un peu !

Charmant !

Ne te vexe pas, je sais que vous faites de votre mieux.

Tony préféra ne pas répondre et s'assit sur le sofa. Le jötun déboucha la bouteille de vin (à la main parce que les tire-bouchons c'est vraiment trop surfait) et leur servi un verre chacun. Sans se presser, il rejoignit son invité, s'asseyant de façon à ce que leurs genoux se touchent. La tension sexuelle était si forte qu'elle en était presque palpable.

Pourquoi tu m'as invité Loki ? Se décida-t-il à demander en attrapant le verre qu'il lui tendait.

Je croyais que c'était clair. Pour dîner bien sûr.

Tu ne vas pas changer d'avis à la dernière minute ou me laisser en plan ?

Pas ce soir, non.

Pourquoi ?

Le dieu avala une gorgée de vin, prenant tout son temps pour en apprécier le goût. Un sourire énigmatique sur les lèvres, il reposa son verre et se tourna vers Tony. Il y avait quelque chose de terriblement sérieux dans son regard.

Je n'ai plus envie de jouer Antony.

Moi non plus.

Le sourire de Loki s'agrandit.

Dans ce cas…

Il retira son verre des mains de son invité et le posa sur la table basse.

Qu'est-ce qu…

Tony n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'il l'avait attrapé par la nuque pour l'embrasser. C'était un baiser passionné, fougueux, à cause des semaines passées à se courir après. Ils étaient à bout de souffle lorsqu'ils se séparèrent.

J'y pense, je ne t'ai pas encore fait visiter ma chambre, souffla le dieu, ouvertement suggestif.

Je croyais qu'on devait dîner en premier ?

Je n'ai plus faim.

Dans ce cas, je n'ai pas d'objection à passer directement au dessert…

.

Raison n° 6 : Il est beau.

Tony avait depuis longtemps dépassé son stade de play-boy durant lequel il privilégiait la beauté à la conversation, mais il mentirait en prétendant que la beauté de Loki n'avait pesé en rien dans la balance. Comme si ça ne suffisait pas, il s'était avéré rapidement que ce dernier était également un excellent amant. Le meilleur qu'il ait jamais, pour être honnête, même s'il n'avait pas connu beaucoup d'hommes avant lui. Beau et doué au lit, que demander de plus ?

.

Les rayons de la lune éclairaient la pièce d'une lumière bleutée. Allongé dans son lit, Tony fixait son amant qui dormait à ses côtés. Ce n'était que la deuxième fois qu'il acceptait de passer la nuit entière avec lui. Il n'avait pas l'habitude de le voir si vulnérable. Le sommeil lui donnait un air enfantin. Le dieu de la malice paraissait presque innocent, sans son habituel sourire moqueur.

Tony ne put que se faire la réflexion qu'il était magnifique. La beauté de Loki n'était pas virile comme celle de Thor, ou parfaite comme celle de Steve, c'était quelque chose de plus difficilement descriptible. Son visage en lui-même était très beau, avec ses traits délicats, ses pommettes saillantes et ses longues boucles sombres, mais il y avait chez lui quelque chose de plus, quelque chose d'envoutant. Plus on le regardait, et plus on était fasciné. La façon qu'il avait de transpercer Tony avec ses yeux émeraudes et son sourire en coin, lui faisait toujours louper un battement de cœur.

Ses yeux dérivèrent sur le torse délicatement musclé de son amant. Tony aimait les muscles, il faisait d'ailleurs tout pour entretenir les siens, mais Steve ou Thor en avaient trop à son goût. Loki au contraire était musclé juste ce qu'il fallait. Sa masse musculaire n'avait de toute façon pas grande importance puisqu'il était bien plus fort que n'importe quel humain, Steve compris.

Au clair de lune, sa peau naturellement très claire paraissait presque translucide. Le contraste était renforcé par les longs cheveux noirs étalés sur l'oreiller. Cela lui donnait un petit côté irréel.

Bouh ! Lança soudainement Loki en ouvrant les yeux.

AAAAaaah ! Hurla Tony la voix montant dans les aigus.

Le dieu éclata de rire, ravi de son coup.

Tu as failli me faire avoir une crise cardiaque !

Son cœur battait à tout rompre et ne semblait pas près de se calmer de sitôt. Depuis quand Loki était-il réveillé ? Il ne l'avait pas vu bouger.

Ça t'apprendra à fixer les gens pendant qu'ils dorment !

J'étais simplement en train de me faire la réflexion que tu étais très beau.

Et alors ? Toi aussi tu es beau, ce n'est pas pour autant que je passe mes nuits à te regarder dormir !

Tu pourrais ! Ça ne me dérangerait pas ! Rétorqua-t-il avec un clin d'œil.

Loki leva les yeux au ciel, non sans un sourire amusé.

Dors au lieu de dire n'importe quoi !

Je ne…

Chut !

Le dieu lui plaqua un doigt sur les lèvres pour le faire taire. Tony préféra capituler. S'allongeant à moitié sur le torse de son amant, il lui murmura :

Bonne nuit. Ne rêve pas trop de moi.

Bonne nuit Antony.


Ce n'était qu'une partie de toutes les raisons pour lesquelles il était tombé amoureux de Loki. Pour que la liste soit vraiment complète, il aurait par exemple fallu y ajouter son sens aigu de la répartie, qui était souvent hilarant, mais confronté à celui de Tony pouvait les conduire à passer de minutes entières à s'envoyer des piques. Du côté des petites choses en apparence insignifiantes, mais qui le faisait à chaque fois craquer, il y avait également la façon dont il se pinçait les lèvres lorsqu'il était gêné ou la moue adorable qu'il faisait lorsqu'il était renfrogné.

Tony aurait probablement pu continuer un long moment à énumérer ce qu'il aimait chez Loki, mais vit à la tête de ses amis qu'ils en avaient assez entendu. C'était de leur faute, ils n'avaient qu'à le croire dès le début !

— Finalement, tu as raison, reconnu Thor au terme d'un long silence gêné. Tu devrais aller le rejoindre. Je crois que vous avez des choses à vous dire.

— J'y vais tout de suite !

Tony sortait de la pièce d'un pas décidé lorsque Bruce s'inquiéta :

— Est-ce que tu sais où il s'est téléporté au moins ?

— Non, mais j'ai mis un traceur sur son téléphone.

Sa révélation lui valut des regards tantôt impressionnés, tantôt indignés, mais il ne resta pas pour écouter la réaction de ses amis. Il avait quelque chose de bien plus important à faire.

Il descendit au garage et regarda la localisation de Loki avant de se décider entre sa voiture ou l'armure. Le logiciel lui indiqua que le dieu s'était tout bêtement téléporté chez lui, à quelques kilomètres. Ce serait donc la voiture.

Par miracle, il trouva une place pas trop éloignée de l'immeuble. En chemin, il croisa un fleuriste dont la devanture était recouverte d'énormes bouquets de roses rouges. C'était complètement cliché, mais tant qu'à être ridicule, autant l'être jusqu'au bout. Il acheta le plus beau bouquet qu'il trouva et rejoignit en trottinant la porte du bâtiment où habitait Loki. Depuis le temps, il connaissant le digicode par cœur. L'ascenseur mit un temps qui lui parut interminable pour arriver jusqu'au dernier étage. Il leva la main pour sonner, mais depuis l'intérieur une voix lui cria que c'était ouvert.

Lorsqu'il entra, son amant était assis dans un fauteuil dos à lui, un verre à la main. Tony le rejoignit et s'assit dans le sofa qui lui faisait face.

— C'est pour toi, dit-il en lui tendant le bouquet.

— Merci.

Le dieu lui fit un demi-sourire, mais ne manifesta aucune intention de prendre les fleurs. Il les posa donc sur la table. A peine les avait-il lâchées que dans une pluie d'étincelles, elles se changèrent en une boite de bonbons.

— Pourquoi tu as fait ça ?

— Parce que les fleurs c'est périssable.

— Quoi ?

Loki faisait souvent des choses étranges, mais là il n'y comprenait vraiment rien.

— Comme dans la chanson.

— Quelle chanson ?

Secouant la tête, l'autre soupira :

— Ta culture musicale est vraiment misérable.

— Dixit l'ALIEN !

— Si ce n'est pas une preuve…

— Je t'emmerde ! Je suis sûr qu'elle n'existe même pas ta chanson.

Le jötun poussa un petit bruit outré. Il lui lança un regard de défi et sorti son téléphone sur lequel il pianota furieusement. Après quelques instants, une musique s'éleva de l'objet. Le son était assez mauvais, signe que la chanson devait être assez vieille. Tony n'eut pas besoin d'écouter plus de la première phrase pour comprendre l'origine du problème.

— Loki, c'est une chanson en français !

— Et… ?

Et il était normal qu'il ne connaisse pas les chansons françaises. Il ne connaissait déjà pas une bonne partie de celles de son propre pays…

Il préféra laisser tomber, il n'était pas là pour ça.

— Rien. Oublie ça.

Loki haussa les épaules et se lança dans la contemplation de son verre. Il évitait délibérément son regard depuis qu'il était arrivé, et Tony savait parfaitement pourquoi.

— Ecoute Loki, par rapport à ce que tu m'as dit tout à l'heure…

— Antony, ce n'est pas…

— Non, laisse-moi finir, s'il te plaît. Je veux que tu saches que même si son ton sort n'a apparemment pas marché sur moi, moi aussi je t'aime.

— Je sais.

— Quoi ?

Son amant soupira, un sourire amusé sur les lèvres.

— Tu n'es pas exactement doué pour cacher tes émotions. Je savais ce que tu me dirais sous l'effet du sort mais je voulais t'éviter de le faire en public, alors je t'en avais exclu.

— C'est pour ça !

Comment n'y avait-il pas pensé plus tôt ? Les sorts de Loki marchaient toujours parfaitement, il aurait donc dû comprendre que si ça n'avait pas fonctionné sur lui, c'était intentionnel.

— Si j'avais été plus malin, j'aurai pensé à m'en exclure également… Cela m'aurait évité cette humiliation.

— Tu as honte de m'aimer ?

— Non, j'ai honte que ce soit une de mes blagues qui m'ait poussé à te l'avouer. Il y a quelques heures, j'essayais encore de me convaincre que ce n'était pas le cas.

— Donc tu m'aimes ?

— Il semblerait, malheureusement…

— Hé ! Protesta-t-il indigné. Tu n'es pas non plus un cadeau, je te signale !

Loki éclata de rire, bientôt imité par Tony. D'un même geste, il se penchèrent l'un vers l'autre et scellèrent leurs lèvres d'un long baiser. Lorsqu'ils se séparèrent, ils restèrent collés, front contre front.

— Dis le moi encore, murmura le milliardaire.

— Quoi donc ?

— Tu le sais.

Il y eut un petit moment de silence, puis le dieu souffla :

— Je t'aime Antony.

— Moi aussi.

Ils s'embrassèrent de plus belle. Ils en avaient fait du chemin depuis ce 1er avril où Loki l'avait plaqué au mur et embrassé pour jouer un tour aux Avengers.

La sonnerie du téléphone de Tony les interrompit. Ils ne pouvaient pas le laisser tranquille cinq minutes ? Résigné, il décrocha :

— Oui, Steve ?

— On voulait vérifier que tout allait bien.

— C'était le cas avant que tu appelles…

— Et aussi te rappeler de lui dire de rompre son sort.

Sérieusement ? Il n'y avait que ça qui les intéressait ?!

— Je le ferais, grommela-t-il avant de raccrocher.

Sans même qu'il ait besoin de lui expliquer ce qui venait de se passer, Loki lui expliqua :

— Le sort est déjà annulé. J'ai réalisé que forcer les gens à avouer leurs sentiments, ce n'était pas si drôle que ça.

— Fait attention, tu es en train devenir raisonnable !

— Absolument pas !

— C'est pourtant l'impression que j'ai.

— Tu devrais peut-être jeter un œil dehors avant de faire de telles affirmations… lui glissa Loki, retenant à grand mal un sourire ravi.

Craignant le pire, Tony s'approcha de la fenêtre. Il ne fut effectivement pas déçu. De petits angelots blonds armés d'arc et de flèches à la pointe en forme de cœur poursuivaient les passants un peu partout dans la ville. Il retirait ce qu'il avait dit, le dieu de la malice était incorrigible.

— Loki !

— Ne me regarde pas comme ça. J'ai une réputation à tenir ! Là au moins les gens sauront que c'est moi.

— Fury va criser quand il va voir ça !

— J'espère bien, ce ne serait pas drôle sinon.

C'est précisément le moment que choisit le portable de Tony pour sonner de plus belle. Sans surprise, c'était le directeur du SHIELD qui l'appelait. Quand comprendraient-ils qu'il n'avait aucune maîtrise sur les agissements de son petit-ami ?

Le jötun lui arracha le smartphone des mains et répondit à sa place.

— Désolé, Antony n'est pas disponible pour le moment. Rappelez demain.

— Loki vous allez immédiatement…

— Bonne Saint-Valentin à vous ! Lança-t-il avant de lui raccrocher au nez.

Tony récupéra son téléphone et le mit en mode avion avant de lancer sur le canapé le plus proche. Qu'ils se débrouillent sans lui aujourd'hui.

— Tu avais quelque chose en tête quand tu as dit que je ne serais pas disponible avant demain ?

— J'ai quelques idées, en effet, confirma Loki en lui attrapant le menton pour l'embrasser.

Entre deux baisers, Tony parvint à susurrer :

— J'ai hâte de découvrir ça…