Au volant de sa Jaguar Type E roadster de 1970, héritée de son grand-père, Lizzy survolait les routes de la campagne anglaise. Elle avait eu le temps de visiter certaines demeures médiévales sur le chemin, discuté avec les différents propriétaires. Il était maintenant temps de repartir, il lui restait encore un peu de route à faire jusqu'à sa destination. Les arbres centenaires défilaient devant ses yeux, rythmé par le son de sa musique. Ces moments elle les aimait plus que tout. Tranquillité, découverte, évasion. Peut-être manquait-il quelqu'un à ses côtés pour partager ça, ou pas. Le GPS de son téléphone lui indiqua qu'elle était presque arrivée. Elle engagea sa voiture dans un chemin bordé de sapin. Après 800 mètres, elle arriva devant une demeure ancienne, ou plutôt un château de la mi-16e siècle en forme de U, avec deux tours aux extrémités, fermé par une rambarde en pierre. Lizzy stoppa sa voiture, sortie pour admirer la demeure.
- Une maison de campagne hein ?! Elle avait hâte de pouvoir flâner à l'intérieur.
Elle n'avait pas réalisé qu'il y avait une autre voiture non loin, arrivée quelques instants plus tôt.
Darcy déchargeait ses affaires, quand il aperçu une jaguar des années 70 s'approcher. Charles avait-il invité plus de monde qu'il ne l'avait dit ? A moins que Caroline ne se soit trouvé un homme riche !
La voiture s'arrêta. Une femme brune, avec chignon lâche, cheveux bouclés et rayban sur le visage en descendit. Grande, une paire de boots aux pieds, habillé d'un pantalon serré et d'une chemisier à poids, Darcy reconnu Elisabeth. Le temps s'était arrêté autour d'eux. Elle dégageait une sensualité, et pourtant elle ne faisait rien de particulier. Darcy avait du mal à ôter ses yeux de cette vision. Elle ne l'avait pas encore remarqué. Elle semblait apprécier la vue de la demeure. Darcy s'approcha de sa voiture.
- Belle voiture !
Lizzy se retourna, surprise par la présence d'une autre personne non loin d'elle.
- Oh ! Merci. William c'est ça ?
- Oui.
Lizzy ota ses lunettes et tendie sa main vers William pour lui dire bonjour. Il lui saisit la main, lui sourit. Cette femme est vraiment magnifique se dit-il. On avait l'impression que ses yeux verts pénétraient au plus profond de vous.
- L'entrée c'est bien ici ? Lui demanda-t-elle.
- Oui oui, il y a une autre entré sur le côté, mais la principale est ici.
Ils se dirigèrent vers l'entrée. La porte s'ouvrit devant eux et Charles et Jane les accueillirent. Tout le monde entra.
- Lizzy je suis contente que tu es pu venir. Viens, Charles va te montrer ta chambre. Lizzy suivit Charles et Jane jusqu'à un grand escalier central qui desservait l'étage, où se trouvait 6 chambres et 3 salles de bains. Lizzy entra dans celle que Charles lui avait désigné. La décoration était très belle, dans un style épuré, clair et chaleureux. Lizzy se précipita à la fenêtre pour admirer la vue sur les jardins arrière de la propriété. Elle avait même un petit balcon, qui se partageait avec la chambre jouxtant la sienne. Le soleil couchant sur les jardins était magnifique.
- J'espère que la chambre te plaira Lizz, la salle de bain se trouve derrière cette porte. Je m'excuse, mais il faudra la partager.
Au même moment, la porte à l'autre extrémité de la salle de bain s'ouvrit et laissa apparaître Darcy. Il souffla intérieurement, il n'aurait pas à barricader jour et nuit cette porte. Caroline n'était pas arrivée assez tôt pour organiser le partage des chambres et se retrouver à côté de la sienne. Il partagerait avec une femme bien plus attrayante ! Merci Charles pour la disposition des chambres !
- ça te dit Lizzy de faire le tour du propriétaire ? Ce soir nous ne serons que tous les 4, mes sœurs arrivent demain matin.
- Avec plaisir Charles. Dites-moi, avez-vous une bibliothèque ici ?
Darcy fut surpris par sa question, en général les gens demandaient plutôt si il avait aménagé une piscine ou si il avait trouvé un trésor...
- Oui, on a même conservé quelques ouvrages anciens si tu veux y jeter un coup d'oeil.
Ils commencèrent à faire le tour de la maison, laissant Darcy en arrière. Il se dirigea vers les cuisines et rejoignit Jane.
Au bout d'une heure, Jane et Darcy se demandaient où les deux avaient bien pu passer.
- Je crois qu'Élisabeth étaient intéressée par la bibliothèque, peut-être sont-ils resté la-bas.
- ça ne m'étonnerait pas répondit Jane. Il suffit qu'elle tombe sur quelques collections anciennes pour qu'elle s'y perde. Jane et Darcy se dirigèrent vers la pièce en question.
Ils les trouvèrent bien dans cette pièce, Lizzy était assise derrière un grand bureau et Charles était penché au dessus de son épaule. Lizzy semblait lui expliquer quelque chose.
- On commençait à s'inquiéter de ne pas vous voir revenir !
- Désolée Jane, mais en parlant de l'histoire de la famille, j'ai sorti quelques archives pour que Lizzy y jette un œil. On a pas mal de document que nous n'avons jamais réussi à déchiffrer par nous même. Elle m'expliquait comment réussir à lire certaines écritures anciennes. Je ne pensais pas que la paléographie serait si amusante !
- Je m'excuse jane, je n'ai pas pu résister déclara Lizzy avec un grand sourire.
- Si tu veux Charles je connais un spécialiste qui pourra t'aider à déchiffrer tes documents. En disant cela Darcy ne pensait pas qu'il vexerait Élisabeth.
- En fait, je l'ai déjà trouvé!
Darcy fronça les sourcils ne comprenant pas ce que Charles essayait de lui faire comprendre. Élisabeth ne leva pas la tête et resta penchée sur les documents. Jane prit la parole.
- William, ce que Charles veut dire c'est qu'Élisabeth est tout à fait capable de s'en charger.
- Lizzy a fait Oxford et est sortie major de sa promotion en histoire. Elle s'est spécialisée en histoire médiévale et …
- ….et aujourd'hui fait partie d'un groupe musical coupa Lizzie. Elle n'aimait pas qu'on étale son CV devant elle du moins. En disant ces mots elle referma le dossier et le tendit à Charles.
- Tu as terminé ? Lui demanda-t-il.
- Non, mais devant l'impatience de Jane pour aller manger, je pense qu'il est préférable que nous reprenions une autre fois !
Ils se dirigèrent tous vers le salon. Darcy restait pensif. Il était surpris par Elisabeth, plus il la connaissait, plus elle le surprenait. Il avait envie d'en savoir plus.
Ils se mirent à table et passèrent une agréable soirée, la discussion tourna autour de leurs différents métiers, et Lizzy appris donc que William était chef d'entreprises, dont la plus importante à ses yeux concernait le développement d'énergies vertes.
- Étonnant de la part d'un grand businessman comme vous de mettre la priorité la-dessus ! Si je comprends bien vous êtes à la tête de la compagnie Fitzwilliam, qui détient de nombreux chantiers d'extractions de gaz ? Pollution et écologie, c'est assez paradoxal dit Lizzy un sourcil levé.
Darcy sentit la pique.
- Cette compagnie est un héritage familial. Il y a certaines choses qui sont difficiles à supprimer, surtout quand elles rapportent beaucoup d'argent aux sociétaires. Je n'ai pas le pouvoir de faire ce que je veux. C'est pour cela que par d'autres moyens je tente de donner le change. Je ne suis pas le seul à gérer l'entreprise, ma tante dirige une partie de la compagnie et moi l'autre.
- Vous voulez dire que vous vous arrangez pour faire ce qu'il vous plaît et de vous mettre des œillères sur ce qu'il se passe de l'autre côté !
- Lizzy ! lança Jane afin de la calmer.
- Quoi ! Je pose juste une question !
Darcy n'était pas du tout gêné par les remarques d'Élisabeth. Dès qu'elle s'animait, ses yeux devenaient très expressifs, comme un félin qui a repéré une proie qu'il ne lâchera pas des yeux. Je veux bien être cette proie se dit William.
- Il va falloir que je fasse intervenir mon avocat si vous continuez plaisanta Darcy à l'adresse de Lizzy et de Charles. Lizzy laissa tomber le sujet et repris une gorgée de vin.
- Jane, le repas était succulent, déclara Lizzy tu devrais te reconvertir en cuisine quand tu en auras assez de triturer la dentition des autres !
Jane rougit.
- En fait Lizzy ce n'est pas moi qui ait cuisiné, c'est William. Ce dernier rougit en voyant que Charles et Lizzy se retournèrent vers lui pour qu'il confirme ce que Jane disait.
- Jane vous êtes trop modeste ! On l'a fait tous les deux ! Il ne savait plus où se mettre.
Elisabeth trouvait étrange qu'un homme tel que lui, ayant de grandes responsabilités, se retrouve aussi timide à l'adresse de compliments. Elle trouva ça d'ailleurs assez amusant et mignon.
- Ce vin est délicieux Charles, d'où vient-il ? Darcy essayait de changer de sujet.
- C'est Elisabeth qui l'a apporté. C'est un vin français c'est ça Lizzy ?
- Oui c'est un vin de Loire, un Chinon. Ces vins sont bien plus abordables que les bordeaux et les bourgognes. Et vous avez plus de chance de tomber sur un bon vin.
- Vous connaissez bien la région ? Lui demanda William.
- Oui, nos grands-parents paternelles habitaient en France. Ils y ont voyagé une fois et sont tombés amoureux de la région. A leur retraite, ils ont décidé de venir s'y installer. Durant nos vacances on a eu plusieurs occasions de s'y balader et plus tard de faire quelques vignobles.
- Pour nous Philippe Allier c'est la Rolls Royce du Chinon. Notre grand-père était ami avec lui déclara Jane avec une note de nostalgie dans la voix. Nos grands parents sont décédés i ans, et papa a décidé de conserver la maison. Mais c'est dur d'y retourner sans leur présence.
Lizzy laissa échapper une larme et s'excusa pour sortir de table.
Charles et William se regardèrent et Jane leur expliqua.
- ça a été particulièrement dur pour Lizzy, elle était très proche de notre grand-mère. C'était un peu sa deuxième maman, et une femme exceptionnelle.
Un silence s'ensuivit. Will connaissait bien le sujet pour avoir perdu ses parents trop vite, à l'âge de 22 ans. Jane se leva et rejoignit sa sœur.
Charles et William débarrassèrent la table et décidèrent d'aller déguster dans le salon un rhum en attendant le retour des filles.
- Comment va Georgie ? Demanda Charles.
- Bien, elle est en pleine période d'examens et ne communique qu'un minimum ! Une fois qu'elle aura terminé son année, elle me rejoindra je pense à Pemberley.
- Tu lui as parlé d'Elisabeth ?
- Pourquoi je lui en aurai parlé ? Interrogea Darcy.
- Et bien tu viens de rencontrer une artiste qui je crois possède une renommée pratiquement internationale et tu as une sœur qui fait des études au conservatoire !
- Je n'y avais pas pensé. Georgie est plutôt dans le classique.
- Oui dans ses études, mais elle écoute bien autre chose que ça !
- A l'occasion je lui en parlerais. Sinon, parlons de question qui fâchent, quand arrive ta sœur ?
- Demain matin. T'inquiètes pas Will, au moindre faux pas je la renvoie à Londres. Elle semble avoir appris sa leçon, enfin j'espère. Je ne l'ai recroisé qu'une fois depuis son retour.
Darcy appréhendait le lendemain, il était moins sur que Charles du changement de comportement de sa sœur. De toute manière, en quelques secondes il saurait.
Jane et Élisabeth les rejoignirent et s'assièrent avec eux. Après avoir finit leur rhum,
Charles proposa de sortir boire un verre dans la petite ville non loin de la propriété. Il y avait un petit bar sympa, souvent bien rempli avec une bonne ambiance.
Tout le monde étaient d'accord, ils s'habillèrent et partir à pied. C'était l'occasion de profiter un peu plus de la soirée.
Jane et Charles marchaient tous les deux en avant et suivait Will et Lizzy. Will était mal à l'aise, ne sachant quoi lui dire. Finalement, c'est Lizzy qui engagea la conversation.
- Vous n'avez toujours pas répondu à ma question ?
Darcy la regarda, ne comprenant de quoi elle lui parlait.
-...
- Tout à l'heure, je vous ai demandé si c'était pas se mettre des œillères que de faire ce que vous faisiez.
- Vous ne laissez jamais tomber n'est-ce pas ? Lui répondit-il en souriant.
- C'est une de mes qualités je suppose, ne jamais abandonner ?!
- Parfois il faut savoir aussi reconnaître que quoi que l'on fasse, les choses ne changeront jamais...Mais pour répondre à votre question, j'ai des convictions et j'essaie tant bien que mal de m'y tenir. Je pense que notre entreprise qui tente de développer de nouvelles énergies prendra le pas sur toutes ces entreprises pétrolières ou d'extraction de gaz. Elles sont très puissantes et rapportent beaucoup d'argent à ceux qui les possèdent. En ce qui concerne notre compagnie, j'ai proposé de la revendre, mais ma tante a tout fait pour que ça n'arrive pas. Il est impensable pour elle de vendre un entreprise juste parce que l'on a des convictions sur le respect de la nature. Laisser ma place en revendant mes parts serait un abandon, et revendre, en y repensant, ça serait rejeter le problème en laissant quelqu'un d'autre continuer dans cette voie.
Tout en expliquant ces idées, Darcy s'emportait dans ce explications.
- Votre cause est noble et vous vous donnez les moyens de l'atteindre. Je tiens à m'excuser pour vous avoir agressé sans savoir au dîner. Parfois j'ai tendance à m'emporter sans connaître vraiment le fond du sujet ou le caractère d'une personne !
- Je ne permettrais pas de vous juger la-dessus ! Je crois qu'aujourd'hui on a tous tendance à être comme ça. On juge beaucoup sans savoir, nos préjugés sont difficiles à faire disparaître.
La discussion s'arrêta, les deux couples étaient arrivé au bar. De l'extérieur on entendait le flow de la musique. En ouvrant les portes battantes, une musique latino envahit leurs oreilles. Le bar était pratiquement plein, ils réussirent à trouver une table de libre et s'installèrent.
- Alors les filles, demanda Charles, vous buvez quoi ?
- On va rester dans l'ambiance du soir, ce sera un mojito pour moi dit Jane.
- Une margarita demanda Lizzy.
Charles et Darcy allèrent chercher les boissons et revinrent vers leur table. L'ambiance était chaude, il y avait une piste de danse, sur laquelle de nombreuses personnes se déhanchaient sur une salsa plutôt lente.
Lizzy se trémoussait sur sa chaise, elle adorait cette musique. C'était très entraînant et festif. Soudainement, Jane proposa à Lizzy d'aller danser.
- Tu ne préfères pas y aller avec Charles ?
- Non vas-y Lizzy, je ne suis pas un grand danseur de salsa, je ne voudrais pas abîmé les pieds de ma chère et tendre !
Elles se dirigèrent vers la piste de danse et dansèrent en riant pendant près de 10 minutes. Quel bonheur de pouvoir se lâcher sur ce genre de chanson. Sous le regard appréciateur des deux gars, les filles ne s'arrêtaient plus. Elles revinrent tout de même boire leur cocktail et tenir compagnie aux garçons. Les verres s'enchainèrent et Lizzy avait encore envie de danser.
- Allez Jane on y retourne !
- Non Lizzy, je fais une pause, j'ai la tête qui tourne un peu. Je crois je n'ai plus trop l'habitude de boire des alcools forts.
Elisabeth se tourna alors vers les garçons :
- Charles vous êtes sur de ne pas vouloir essayer ?
- Sans façons Lizz, je préfère rester avec mi angel !
- Pathétique lâcha Lizzy, légèrement éméchée, ce qui fit rire Charles.
- Darcy, vous voulez pas venir avec moi ? Juste une petite danse !
-Ahh je ne suis pas sure d'être à votre hauteur...
- Allezzz on s'en fiche, y a personne ici qui vous connaît !
- Ok, vous gagnez.
Les deux partir sur la piste de danse et une salsa démarra. Ils commencèrent doucement, proche l'un de l'autre et puis tout s'accéléra. Darcy était un vrai bon danseur de salsa ! Lizzy surprise au départ, affichait un grand sourire. Il était souple, gracieux. Un dieu vivant sur la piste.
De loin Jane et Charles n'étaient pas loin de se décrocher la mâchoire en voyant Darcy ainsi.
- Charles, tu ne m'avais pas dit qu'il était aussi bon danseur !?
- Je ne le savais pas moi-même ! Il aurait pu partager et m'en donner un peu !
Ils rirent tous les deux et continuèrent à les regarder danser. Au cours de la danse, Darcy et Lizzy s'étaient rapprochés, corps à corps, les yeux dans les yeux. Le sourire avait disparu et laisser place à une autre ambiance. Une tension entre les deux s'étaient installée...chacun pouvait sentir la sensualité de l'autre, une attirance physique commençait à poindre entre eux.
Puis la musique s'arrêta et laissa place à une chanson très lente. Les deux sortirent de leur transe.
- Excusez moi...il ...il faut que j'aille aux wc...et elle s'éclipsa.
Darcy acquiesça de la tête et retourna à la table.
Lizzy se regardait devant le miroir, s'aspergea un peu d'eau sur le visage. Elle essaya de retrouver ses esprits avant de retrouver tous le monde. Cette danse l'avait un peu déroutée, à un moment, la sensualité du moment l'avait emporté sur tout. Le temps semblait s'être arrêté, Elisabeth s'était perdue dans les yeux bleus de Darcy au rythme de la salsa. Elle se mit à rire toute seule et se persuada que l'alcool et la fatigue en était la source, même si Darcy était très tentant. Aussi grand qu'elle, avec un corps qui semblait plutôt bien entretenu, des yeux bleus profonds, des cheveux bruns courts et coiffés à la dernière mode. Il devait faire tourner la tête de nombreuses filles, elle était d'ailleurs bien étonnée qu'il soit venu seul pour le week-end.
Darcy de son côté, était tout aussi confus. Certes Lizzy était très belle, très sensuelle, mais ce moment sur la piste était différent de tout ce qu'il avait pu ressentir. Son touché, la manière dont elle bougeait avec lui...c'était parfait ! Quand une femme se déhanche ainsi à vos côté, la température monte très vite...Il alla rejoindre Charles et Jane à la table.
- Et bien et bien, Will ! Tu nous avais caché tes talents de danseur! Je ne t'ai jamais vu danser quand on sortait plus jeune !? Darcy rougit d'embarras.
- En fait, ma mère m'a appris quand j'étais jeune...Elle adorait danser avec mon père, elle m'a toujours dit que ça apportait grâce, volupté, souplesse, que je m'amuserais bien. Voyant que je n'étais pas forcément plus convaincu, elle a ajouté que les filles adoraient les hommes qui savaient danser !
- Elle n'a pas tout à fait tort ! Déclara Jane en voyant Lizzy revenir vers eux.
- C'est vrai ça, regarde Darce toutes les femmes regardent dans ta direction !
- De quoi vous parliez ? Demanda Lizzy.
- On félicitait Will pour ses qualités de danseur. Toutes les femmes du bar furètent vers notre table pour avoir une danse ! plaisanta Charles. Elles n'osent pas s'approcher, elles doivent croire que vous êtes ensemble !
Darcy et Lizzy rougirent tous les deux en même temps, et n'osèrent pas se regarder. A ce moment là, une jeune femme blonde, très bien faite de sa personne osa venir et proposer à Will une danse. Il hésita et finalement accepta juste pour une danse en s'excusant auprès de la tablée.
- Et bien, dit Charles, je n'en reviens pas. Lui qui est assez timide et qui ne sortait plus depuis 3 ans ! Lizzy, tu as glissé quelque chose dans sa boisson c'est pas possible plaisanta Charles.
- Très drôle Charles ! Je pense qu'il n'a pas besoin de moi pour danser aussi bien !
- Certes, mais votre danse à réveillé quelque chose en lui !
- Charles, je ne comprends pas, Will semble être un merveilleux garçon mais très seul.
- Il a eu quelques déboires en fait avec quelques femmes. Depuis il s'est refermé sur lui-même. Et là j'ai l'impression de retrouver le Will avant ces différentes déconvenues. Charles n'en dit pas plus, les histoires privées de Will lui appartenaient.
En écoutant ce que racontait Charles, Lizzy observait William sr la piste de danse. Il semblait apprécier le morceau et sa partenaire. A cet instant, elle ressentie un petit pincement à l'estomac.
La musique prit fin, et Darcy rejoignit tout le monde à la table.
- Il commence à être tard, je pense qu'avec Jane nous allons rentrer. Vous voulez rester tous les deux ?
- Non, répondit Lizzy, je suis encore bien fatiguée vu que ma chère sœur m'a réveillé tôt ce matin !
- Je vais payer et je vous rejoint dehors déclara Darcy. Tout le monde protesta et finalement acceptèrent tout en le remerciant.
Sur le chemin du retour, la pleine lune éclairait parfaitement les environs. Jane et Charles étaient comme deux jeunes amoureux tandis que Lizzy et William marchaient en silence. Jane éclata d'un grand rire d'un seul coup.
-Qu'y a-t-il de si frôle Jane ? Lui demanda sa sœur.
-Euhm, en fait, Will tu me pardonneras, je racontais à Jane les tentatives dsespérées de ma sœur pour mettre William dans son lit ! Je sais que ce n'est pas bien de se moquer de ma propre sœur, mais là elle nous avait fait la totale !
Le principal intéressé se cacha le visage dans ses mains de honte...
- Je suis curieuse de savoir, demanda Lizzy.
- Pour mes 25 ans j'ai organisé une grande fête dans la maison de mes parents ici même. Elle avait déjà fait quelques tentatives auparavant mais là elle s'est carrément glissée dans le lit de Will pour le surprendre quand il viendrait se coucher. Sauf que l'ayant vu faire tous les deux et avec l'aide de la sœur de Will, on a réussi à déjouer son plan. On a échangé nos chambres tous les deux et au final j'ai trouvé ma sœur toute nue sur mon lit avec nœud rouge autour de sa taille...Elisabeth et Jane pouffèrent de rire au ridicule de la situation.
-Désolée Charles de rire, c'est tout de même ta sœur...
- Ne t'en fais pas Lizzy, ce n'est pas de notre faute si elle s'expose au ridicule toute seule. Le pire c'est qu'elle ne s'en rend même pas compte.
Ils continuèrent à marcher ainsi et Lizzy, imaginant la situation continuait de sourire.
- Je vous assure que ce n'est pas aussi drôle quand vous êtes la cible fréquente de ce genre d'attaques, avoua Darcy.
- Je n'en doute pas William, c'est surtout de penser à la tête de Charlie en voyant sa sœur ainsi.
- Oui, mais malgré tout je redoute la journée de demain...Je vous assure, être toujours sur ses gardes , devoir supporter une personne qui ne vous lâche pas d'un pouce et qui enfonce ses ongles dès qu'elle le peut dans votre avant bras juste pour montrer aux autres que je suis sa proie, c'est fatigant.
- Si je comprends bien, vous êtes son gibier. Mais vous n'avez réussi à lui faire comprendre qu'il n'y avait pas moyens ?
- Parfois les mots ne sont pas suffisants ! Dites moi, peut-être que vous pourriez m'aider... ?
- Ouhla, je ne voudrais pas m'attirer les foudres de cette fameuse Caroline ! plaisanta-t-elle. Voyant que Darcy ne plaisantait pas elle se ravisa. Ok William dites moi comment je pourrais alléger votre week-end ? Darcy releva la tête et lui demanda :
- Je ne vous demanderais pas de faire semblant d'être ma petite amie ne vous inquiétez pas, juste dès qu'elle tente une approche de venir me sauver d'une quelconque manière ? Ça vous dérangerez pas ?
- Deal, mais qu'est ce que j'y gagne en échange ? Demanda-t-elle malicieusement.
- A vous de voir, soit ma reconnaissance éternelle, où la possibilité d'un week-end de joute verbale avec une femme sans esprit...Je sais ! Je suis méchant, mais c'est tellement vrai !
- Les deux me vont. La reconnaissance éternelle s'accompagne-t-elle d'un service ?
- Tout ce que vous voudrez !
- Attention à ce que vous dites, vous ne savez pas ce que je serais capable de vous demander !
- Peu importe, je pense que rien ne peut être pire que de passer une journée entière avec la sœur de Charles à ses basques !
Arrivés au manoir, Charles et Jane souhaitèrent une bonne nuit à Lizzy et Darcy et s'éloignèrent vers l'aile ouest de la maison, tandis que leur chambre se trouvait à l'opposé.
Devant leurs portes respectives ils se souhaitèrent une bonne nuit. Ils convinrent d'utiliser la salle de bain chacun leur tour. Au signal de deux coups frappés Lizzy laisserait la place à William.
Il se déshabilla et attendit en boxer le signal de Lizzy. Il entendit les deux coups, se leva et se dirigea vers la salle de bain avec sa serviette. Il ouvrit la porte et tomba nez à nez avec une Lizzie en sous vêtements en dentelle noir...Il resta planté ¼ de seconde devant un tel spectacle et se retourna dans la seconde pour éviter de profiter plus du spectacle. Lizzy n'avait pas réagit non plus tout de suite, absorbée elle aussi par le corps presque nu de son voisin de chambre.
- Désolée Elisabeth...mais..j'ai entendu deux coups et j'ai cru que vous aviez terminé !
- Vous avez du confondre avec la tuyauterie bruyante quand vous faites couler de l'eau...Tout en disant ces paroles, Lizzy ne s'était pas abstenu de le détailler, même de dos, elle avait un très bel aperçu de sa musculature. Les fesses musclées et bien bombées, une silhouette bien travaillée.
- De toutes manières j'avais pratiquement terminé répondit elle. Bonne nuit Will ! lui envoya-t-elle avec une voix langoureuse. Et la porte se ferma.
Darcy n'avait pas eu le temps de répondre. Une chose était sure, il allait avoir besoin d'une bonne douche froide pour se calmer et pouvoir dormir.
