Lorsqu'il sortit pour retrouver les deux femmes, Lizzy se tourna vers lui et il put admirer que ses yeux verts brillaient. Il avait le cœur qui battait de plus en plus fort...

- Il faut que je me calme se dit-il.

- William ! s'exclama Alice, nous parlions justement de toi !

- Ah bon ? Alice j'espère que vous n'avez pas raconté trop de choses désobligeantes à mon encontre lui répondit-il avec un grand sourire légèrement inquiet.

- Ne t'inquiètes pas, Alice me racontait quelques moments de votre enfance avec Georgiana...qui m'ont bien fait rire !

- Bon les jeunes je vous laisse, j'ai du travail. Amusez-vous bien ! Alice embrassa William sur la joue et lui fit un clin d'œil de connivence.

- Elle est vraiment formidable, j'imagine que d'avoir une personne de confiance dans la gestion du domaine est une chose importante ?

- Oh que oui ! Lui répondit-il. Au même moment son ventre émit un son assez signifiant.

- Je pense qu'il est temps d'aller manger lui dit-elle !

Au restaurant, ils passèrent une agréable soirée sur la lancée de leur journée. Au fil du temps, Elisabeth découvrait la personnalité attachante de Darcy. S'absentant quelques minutes pour demander au sommelier une bouteille en particulier, Elisabeth se mit à réfléchir sur son caractère, qu'elle semblait avoir mal jugé au début. C'était un homme attentionné, aimant, protecteur, soigneux, un homme de parole, honnête, excellent danseur, sexy...et très attirant...Elle plongea sa tête dans ses mains, désemparée par ce qu'elle pensait et commençait à ressentir. Elle était un peu perdue. Elle s'était fixée des objectifs, continuer sur sa lancée avec le groupe, puis en rencontrant Darcy elle s'était dit qu'une petite aventure avec lui pourrait être sympathique, puis qu'au final elle en avait très envie. Mais toujours cette peur remontait, à savoir comment concilier sa vie personnelle amoureuse avec un relation de couple et son métier, qui lui demande de s'absenter plusieurs mois parfois dans l'année ? Et puis peut-être que Darcy n'était pas aussi attiré par elle que ça !

- Tout va bien Lizzy ?

Elisabeth surprise par son retour retira ses mains :

- Oui, oui, j'étais juste en pause !

- En pause ?

- Je fais ça de temps en temps quand ma journée a été riche en émotion, je ferme les yeux et je repense à tout.

- Oh. Bien !

- William, est-ce que je peux te poser une question personnelle ?

Ce dernier pris de court rougit et lui répondit par l'affirmative, se demandant bien ce qu'elle pouvait lui demander.

- Je sais que tu as eu de mauvaises expériences côté cœur, mais tu n'as jamais trouvé au moins une fois une fille bien ?

- Si, quand j'étais au Lycée. Mais malheureusement je ne l'intéressais pas...Elle préférait le capitaine de l'équipe de Basket!

- Les amours de Lycée peuvent parfois être cruels !

- Tu as vécu ça aussi ?

- En quelques sortes, je me suis pris un gros râteau par un type que je mettais sur un pied d'estal dit-elle en riant. Et après j'ai eu quelques petites aventures jusqu'à la fac et le fameux Adrian Simpson. On est resté pas mal de temps ensemble jusqu'à ce que je décide d'arrêter.

- Il t'avait trompé ?

- Non il était envahissant et égoïste, il voulait que je laisse tomber la musique pour passer plus de temps avec lui ! J'ai dit stop. Et figure toi qu'il va se marier avec ma cousine ce été ! La pauvre...je lui souhaite quand même qu'il est changé !

- Et tu comptes y aller à ce mariage ?

- J'ai pas vraiment le choix, car ma mère a déjà dit oui pour ma sœur et moi. Et puis je ne veux pas qu'on dise que ça me brise le cœur, étant donné que ce n'est pas le cas !

En disant cela, Lizzy eut une idée. L'œil brillant elle demanda à Darcy :

- Dis moi, tu fais quoi le 18 juillet ?

- Pourquoi ?

- ça te dirait pas de m'accompagner ?

- En clair tu me demandes si ça me dérange pas de t'accompagner pour montrer à tous que tu t'en fiches car tu es venue avec le plus beau des célibataires de Londres ? Dit-il avec un sourire.

Lizzy fut étonnée par sa réplique.

- Ce n'est pas la modestie qui t'étouffe William Darcy ! Je te rappelle juste que tu me dois un service ! Et un gros d'ailleurs, devoir faire rempart contre Caroline Bingley n'est pas une mince affaire ! dit-elle avec un regard malicieux.

- Je le reconnais, Caroline est infâme. Je t'accompagnerais avec plaisir Lizzy. On sera quitte.

Ils continuèrent à discuter tout au long de la soirée jusqu'à ce qu'il soit l'heure de retourner au gîte.

Ils se séparèrent dans le salon et chacun se dirigea vers sa chambre. Chacun s'endormit avec des pensées bien différentes...Lizzy fantasmait de plus en plus sur William, sans forcément penser que se soit réalisable. Elle était persuadée qu'un homme comme lui ne pouvait pas s'intéresser à une femme comme elle. Souvent absente, en tournée, travaillant avec des horaires particuliers, franche et parfois têtue. Ils devaient sûrement s'intéresser aux femmes ayant une vie stable et capable d'offrir une vie bien moins mouvementée que la sienne ! Plus elle y pensait et plus elle se l'interdisait.

Quand à William, son cœur s'affolait en repensant à toutes leurs rencontres. Avant de s'engager, il voulait être sur qu'il avait au moins une chance de l'intéresser, et malheureusement pour lui, Lizzy était dur à lire dans ses réactions et ses émotions.

Le lendemain matin, Lizzy se leva difficilement. Elle serait bien restée au lit à rêver un peu plus...En arrivant à la cuisine, elle trouva William, un casque audio sur les oreilles qui préparait des œufs brouillés. Elle resta à la porte pendant quelques secondes à l'observer. Elle était amusée de le voir faire, et toujours aussi bon danseur !

Lorsque Darcy se retourna, il fit un petit bond en arrière en voyant Lizzy. Il ôta son casque et la gronda :

- Tu aurais pu me dire que tu étais là !

- Je pense que si j'avais essayé de t'avertir, tu aurais eu la même réaction ! Et puis je n'aurai pas eu le loisir de regarder tes fesses bouger comme ça se dit-elle.

Darcy leva les yeux aux ciels, elle avait toujours réponse à tout.

-Passons, assieds toi, j'ai préparé quelques petites choses.

Lizzy ne se fit pas prier. Pendant leur petit déjeuner, Darcy l'informa que Tim l'avait contacté pour les répétitions, il voulait en faire deux. Ils leurs restaient 5 jours avant la représentation. Ils décidèrent donc de rentrer ce soir. Il lui proposa d'aller pour la journée visiter d'autres vignobles, fameux pour leurs vins mais aussi leur parc. Une fois finit et prêt Darcy salua tendrement Alice. Lizzy les observait en l'attendant près de la voiture. Alice glissa un mot à Darcy à l'oreille qui le fit rougir, puis sourire. Il discutèrent encore 1 minute puis Darcy l'embrassa une dernière fois. Lizzy était bien curieuse de savoir ce qui avait bien pu le faire rougir. Alice les regarda s'éloigner, avec un grand sourire aux lèvres.

La journée était magnifique et ils profitèrent des parcs des vignobles de Rust en Vrede et du Fort Simon. Les vins étaient tous aussi excellents. Ils rentrèrent en fin de journée chez Darcy.

- Merci William de m'avoir accompagner à Gansbay et de m'avoir hébergé dans ce magnifique domaine. J'ai passé deux superbes jours.

- Avec plaisir Lizzy. D'ailleurs si nous ne sommes pas trop pris par les répétitions avec Tim, est-ce que ça te dirait d'aller faire un tour sur la pointe sud et aller au cap de bonne espérance ?

Bonne idée, d'autant que j'avais la ferme intention de le faire. Et bien, il se fait tard...je vais aller me coucher...Comment s'organise-t-on pour demain ?

- Tim souhaite qu'on se voit en fin d'après-midi pour répéter. Donc ça nous laisse le temps d'aller se balader.

- Parfait. Bon, et bien bonne nuit William et encore merci ! En disant ces paroles, Lizzy s'approcha de William et lui déposa un baiser sur la joue, puis s'éloigna vers sa chambre. Darcy resta planté dans le salon, la regardant s'éloigna, et un peu surpris par son geste.

De son côté, Lizzy se punissait mentalement d'avoir laissé son impulsivité prendre le dessus. Mais quelle gourdasse ! Comment commencer et ne plus savoir s'arrêter. Ahhhrrrrr contrôle toi Lizzy !

Elle décida d'aller prendre une douche froide histoire de stopper ses ardeurs.

De son côté, William n'avait toujours pas bougé. Il sentait encore le parfum léger d'Elisabeth, et la sensation de ses lèvres sensuelles sur sa peau...Si rien qu'avec ça elle me fait autant d'effet, je n'ose imaginer ce que ça pourrait être dans une situation intime ! Je suis complètement à genoux devant cette femme. Il sortit enfin de son rêve et de ses pensées et alla à sa chambre.

Le lendemain matin, William était déjà levé lorsque Lizzy le rejoignit pour prendre le petit déjeuner. Il était très tôt, et l'on pouvait admirer de la terrasse le levé du soleil.

- Bonjour William, bien dormit ?

- Bonjour Lizzy, un sommeil un peu agité mais ça va dit-il rougissant en repoussant aux rêves agréables qu'il avait eu. Et toi ?

- On va dire que la douche m'a bien détendue et bien aidé à dormir...

Le silence régnait dans la cuisine. Les deux sentaient chacun de leur côté une tension grandissante due à une attirance qui devenait de plus en plus forte.

Finalement, ils partirent pour leur excursion et oublièrent peu à peu ce sentiment de gêne. La journée passa rapidement, et ils se préparèrent pour rejoindre Tim. Ils n'eurent pas à aller bien loin, les répétitions avaient lieu dans le sous-sol de la maison de ses parents les Gardiners. En arrivant, Darcy remarqua qu'il y avait un ami de Tim qu'il ne connaissait pas.

- Ahhhhh, Will, Elisabeth, je suis content de vous voir. J'espère que vous avez bien profité de votre week-end ? Demanda-t-il tout en faisant un clin d'œil à Will. Lizzy le remarqua et vu Will rougir jusqu'aux oreilles. Elle interpréta cela plus comme une gêne négative que positive. Elle était tellement persuadée qu'il n'était pas du tout attiré vers elle. Certes, il avait de temps en temps des remarques charmantes à son encontre, mais cela devait être pas pure politesse se disait-elle.

Tim interrompit le cours de ses pensées en leur présentant le type qu'elle n'avait pas reconnu.

- Et voici Georges, c'est notre batteur qui finalement a pu se libérer pour jouer avec nous. Will tu es donc libre ! On a plus besoin de tes services ! Lizzy c'est toujours bon pour que vous chantiez avec nous ?

Will et Lizzy ressentir une déception en entendant qu'il ne jouerait pas. Georges en profita pour s'avancer vers Lizzy.

- Enchanté Lizzy dit-il tout mielleux, avec un large sourire qui laissait montrer sa dentition parfaite. Je suis content d'avoir l'honneur de jouer avec vous. Alors vous êtes en vacances en ce moment ?

Lizzy n'avait même pas eu le temps d'en placer une.

- Euh oui, oui en vacances. Mais je ne sais pas si je vais vraiment chanter.

- Oh? Dit-il étonné, Tim m'a pourtant certifié que ce serait le cas !

- A vrai dire j'aime bien jouer et chanter avec des gens que je connais.

- Mais nous avons 4 jours pour apprendre à se connaître répondit-il sur un ton enjôleur. Tout en disant cela, il s'était rapproché de Lizzy.

Will observait de loin quelle serait la réaction d'Elisabeth. Il ne fut pas déçu en la voyant reculer d'un pas et lui répondre :

- Merci Gérard...

- C'est Georges l'interrompit-il.

- Oh pardon, feignit-elle, Georges, merci pour l'offre mais je m'en passerais. Si par ailleurs vous pouviez respecter mon espace personnel ça serait sympa dit-elle tout en lui désignant un cercle autour d'elle d'au moins 1 mètre. Georges surpris par cette réponse en resta coi. Il se retourna pour regarder Elisabeth se diriger vers William et pensa qu'il n'en avait pas finit avec elle.

- Tim, je veux bien faire une chanson avec vous mais pas plus. Maintenant que votre groupe est au complet je ne voudrais pas vous voler la vedette.

- Ok, c'est déjà sympa de votre part de faire ça.

- Par contre il va falloir qu'on se mette d'accord sur une chose. J'aimerais que tu arrêtes de me vouvoyer! J'ai l'impression d'avoir 15 ans de plus quand je t'entends !

- Ok ! Alors dis moi Lizzy, que souhaites-tu chanter ?

Elisabeth réfléchie et son choix se porta sur une chanson lente et sensuelle de son répertoire.

William s'éclipsa pour répondre à un appel sur son téléphone.

- Georgie ?

- Will, j'appelle pour prendre quelques nouvelles vu que tu ne daignes pas m'en donner ! Alors comment se passe tes vacances ? demanda-t-elle sur un ton suspicieux.

- Bien merci, je me repose.

- Ah...Et qu'est ce que tu as fait ?

- Je me suis baladé, pourquoi toutes ces questions ?

- Pour rien ! Qu'est ce que tu vas chercher!

- Ah bon, j'ai cru que tu voulais savoir si j'avais passé du temps avec Elisabeth Bennet...dit-il tranquillement en laissant sa phrase en suspend

- William Darcy je te déteste ! Tu sais depuis le début que je tourne autour du pot ! exulta-t-elle ! Au son du rire profond de son frère elle se mit également à rire.

- Bon tu m'as eu, j'ai eu Alice au téléphone et elle m'a dit qu'elle t'avait vu en compagnie d'une charmante jeune femme qui était musicienne. Will, elle était tellement heureuse de te voir aussi bien soupira-t-elle.

Un silence se fit entre les deux.

- Georgie ?

- Oui ?

La voix de Darcy tremblait lorsqu'il se confia à sa sœur.

- Elle...elle est telle que je te l'ai décrite. Avec elle j'ai l'impression d'être capable de tout...Elle me redonne l'envie de faire ce que je ne faisais plus, dès que je la regarde mon cœur bat tellement vite que j'en ai peur de faire une crise cardiaque ! Pleura-t-il tout en riant.

Georgie ressentie toute l'émotion que son frère avait mis dans ses paroles. Elle en avait les larmes aux yeux. Entendre son frère aîné se confier comme il ne l'avait jamais fait été très émouvant.

- Oh Will, je suis tellement contente pour toi. Quand penses-tu me la présenter ?

- Ma pauvre, elle ne sait même pas encore ce que je ressens !

- Tu ne lui as rien dit ?

- Non. J'attendais de passer quelques jours avec elle et voir ce que je ressentais. Et puis, je ne sais pas du tout ce qu'elle pense de moi...Et si elle ne m'aimait pas ? Dit-il plein d'angoisse.

- Stop. Plus tu te poseras des questions moins tu agiras.

A ce moment là, le sujet de conversation en personne ouvrait la porte qui menait à la pièce ou se trouvait Darcy.

- Georgie, il va falloir que je te laisse.

- Elle est là ? C'est ça ? Dit-elle toute excitée .

- Oui c'est ça. Je t'embrasse, on se rappelle dans la semaine ok ?

- Ok. Oh et William ?

- Oui ?

- Je t'aime. Je pense que je ne te l'ai pas assez souvent dit. A bientôt.

- Je t'aime aussi Georgie. A très vite.

Quand il éteignit son téléphone et se tourna vers Elisabeth pour savoir si tout allait bien, elle remarqua qu'il avait les yeux brillant, comme quelqu'un qui avait ou allait pleurer.

- Tout va bien William ? Demanda-t-elle inquiète.

- Oui, oui, c'était ma sœur. Alors cette répétition ? Finie ? Dit-il pour changer de sujet.

- Oui, mais je ne voulais pas interrompre votre conversation.

- Oh ce n'est rien, de toutes manières on doit se rappeler.

- Ok. On a terminé, c'était pour te dire qu'on pouvait rentrer.

Ils repassèrent dans la salle de répétition pour dire au revoir à Tim ainsi qu'au reste du groupe. William aperçu le regard pointu et perçant du fameux Georges sur Elisabeth. Il n'aimait pas ça, même si il savait que Lizzy était capable de se défendre. A l'occasion il en toucherait un mot à Tim.

Ils sortirent et rentrèrent à sa villa. Ils passèrent une soirée tranquille et allèrent se coucher après avoir discuté un long moment des derniers livres que chacun avait pu lire.