Désolée pour ce temps passé sans écrire.
La tiédeur de la nuit refroidie légèrement leurs ardeurs jusqu'à ce qu'ils atteignent la voiture de Darcy. Peu de mots furent échangés, leurs regards en coin l'un pour l'autre étaient lourds de sens. Le désir que chacun éprouvait ne s'était pas évaporé.
Il s'engouffrèrent dans la voiture et se dirigèrent vers la villa, avec la même idée dans la tête...Will, en fixant l'horizon derrière le volant, revoyait dans ses pensées la danse pleine de sensualité qu'ils venaient de partager.
De son côté, Elisabeth tentait tant bien que mal de faire redescendre la pression. Au moment ou elle l'avait embrassé, elle avait totalement perdu le contrôle. C'était comme si son corps ne répondait plus de rien. C'était bon mais aussi effrayant. Qui sait ce qu'elle pourrait faire dans ces moments là ! C'était la première fois qu'elle ressentait ça.
En pensant à cela, elle regarda Will et observa l'objet de ses réflexions, qui lui semblait aussi perdu dans ses pensées.
- Tout va bien Will ?
Surpris dans sa rêverie, il la regarda et lui offrit un de ses plus beaux sourire. Elisabeth rougit sous son regard. Elle détourna les yeux et fixa la ligne d'horizon, sans savoir ni comprendre pourquoi elle se sentait gênée. Son cœur battait très vite, et il devenait difficile de le faire ralentir. La présence de Will à ses côtés n'aidait pas.
Il en était de même pour lui, son rythme cardiaque s'emballait à l'idée de ce qui allait se passer en arrivant. Rien qu'à l'idée de pouvoir explorer le corps de Lizzy il en frissonnait.
Un dernier virage et la maison était en vue. Cette fois ci, c'est la nervosité qui pris le pas sur son excitation. Darcy commençait à se poser des questions, se demandant si Lizzy n'allait pas le repousser...Il arrêta le moteur une fois la voiture garée.
- Voilà….., dit-il, nous sommes arrivés….. Aussitôt les mots sortis de sa bouche Will les regretta. Bravo Will, quelle conversation. La c'est sur elle va te prendre pour un pauvre type nerveux ! Il expira de dépit en reposant la tête sur le siège.
Lizzy, tout aussi nerveuse, laissa échapper un petit rire retrouvant la même nervosité chez son compagnon. Darcy commençait à apprécier le son de son rire. Au vue du ridicule de la situation, il lui souri et lui proposa de sortir.
Il se dirigeaient vers l'entrée, lorsque le téléphone de Lizzy se mit à sonner. Étonnée d'un appel aussi tardif, il était 1h du matin et ne voyait pas qui serait susceptible de l'appeler, si ce n'est pour une urgence. En voyant le prénom de sa sœur en identifiant, elle fronça les sourcils s'interrogeant sur ce qui pouvait bien se passer.
- Désolée William, mais il faut que je réponde lui dit-elle avec un regard d'excuse.
William s'éloigna et lui laissa un peu d'intimité dans le salon. Il alla se servir un grand verre d'eau fraîche et entendit tout d'un coup un cri venant du salon. Il se précipita vers elle pour voir ce qu'il lui arrivait. En pleurs mais toujours en conversation au téléphone, il comprit qu'une mauvaise nouvelle venait de lui être annoncée.
-….Ok Jane, veille bien sur lui. Je te préviens dès que je suis arrivée à l'aéroport. Puis elle raccrocha tout en tentant de se calmer et d'essuyer ses larmes. Darcy s'approcha.
- Lizzy ?
- Oh, pardon Will. Mais….Jane, ma sœur...vient de m'apprendre que notre père a eu un accident vasculaire cérébral ce soir. Il est à l'hôpital dans le coma pour le moment..
Will se rapprocha et sans lui demander la pris dans ses bras pour la réconforter. Elisabeth se sentait bien ainsi. La fatigue commençait à se faire ressentir, elle n'avait qu'une envie, aller se coucher et être au plus tôt demain de retour au pays et voir son père. Elle s'écarta des bras réconfortants de Will.
-Je suis désolée Will, mais je pense changer mon vol de demain si c'est possible. Il faut que je termine de préparer mes affaires pour pouvoir partir au plus tôt. Je sais que c'est assez précipité, mais...
- Bien entendu Lizzy la coupa-t-il. Si je peux faire quoi que se soit pour vous aider, n'hésites pas. Il me semble qu'il y a un vol demain matin pour Londres à 8h30. Je t'emmène à l'aéroport pour 6h30. Est-ce que ça te va ?
Elle se rapprocha de lui et lui donna un tendre baiser sur la joue.
-Merci Will. C'est parfait dit-elle avec une voix triste et des larmes sur le visage. Ses mains étaient dans celles de Darcy, elle s'écarta difficilement, tout en lui souhaitant une bonne nuit.
- Va te reposer Lizzy, je viendrais te réveiller. Sur ces paroles, elle s'éloigna de lui et se dirigea vers sa chambre.
Une fois la porte fermée, Lizzy explosa de douleurs, et se remis à pleurer. Après quelques instants, allongée sur son lit, elle se calma et s'endormit de fatigue.
Darcy était triste lui aussi de ce qui lui arrivait. Il savait que ce genre d'accident fatal ou pas, serait difficile à surmonter. Il alla également dans sa chambre pour se reposer. Il aurait aimé l'accompagner demain durant le vol, mais il avait du retarder son départ pour un rendez-vous professionnel important.
Le lendemain matin, Darcy qui avait eu un sommeil agité, se leva et se prépara. Il alla voir si Elisabeth était réveillé. Il frappa doucement à sa porte, attendit quelques secondes avant que la porte ne s'ouvre, révélant une Lizzie encore un peu endormie. Même au réveil Darcy la trouvait très belle. Ses boucles étaient encore plus emmêlées les unes aux autres, une petite rougeurs aux joues. Il ne se lasserait jamais de l'observer.
- Bonjour, lui dit-il. J'espère que tu as reçu à dormir un petit peu ? Elisabeth ouvrit un peu plus ses yeux et lui répondit :
- Un peu, je pense que la fatigue l'a emporté sur mon inquiétude.
Ils s'observèrent quelques secondes, Darcy avec son regard tendre vers elle se ressaisit pour sortir de sa transe, ce n'était pas le moment de rêvasser.
- Ok, écoute je prépare un petit déjeuner et je te laisse le temps de te préparer.
- Parfait lui répondit-elle. A toute de suite.
Il la laissa et se dirigea vers la cuisine pour tout préparer. Lizzy ne tarda pas à le rejoindre. Ils mangèrent en silence, chacun dans ses pensées. Darcy se demandant quand il allait pouvoir la revoir et Elisabeth se posant d'innombrables questions sur la santé de son père.
Une fois terminé, il chargea les affaires de Lizzy dans sa voiture et ils partirent vers l'aéroport du Cap. Il n'y avait pas de circulation, et comme au petit déjeuner, chacun était plongé dans ses pensées.
Darcy se gara au parking pour visiteurs et l'accompagna jusqu'à la salle d'enregistrement des bagages. A cette heure là, il n'y avait pas beaucoup de monde, elle n'aurait pas à attendre longtemps. Son vol décollait dans 1h30, il était temps pour elle de le laisser. Malgré la situation, Lizzy se sentait mal à l'aise de devoir le quitter. Une petite douleur au fond de son estomac lui fit comprendre l'attachement qu'elle avait formé pour lui. Mais bon, pour le moment, son père passait avant tout.
- Merci pour tout Will. J'ai passé une semaine magnifique avec toi. J'ai beaucoup apprécié mon séjour. J'espère un jour pouvoir te rendre la pareil, peut-être en France ?
- C'était avec plaisir lui dit-il avec un grand sourire. Tu reviens quand tu veux.
Une annonce dans l'aéroport interrompit leur échange. Ils appelaient les voyageurs du vol de Lizzy à faire leur enregistrement.
- Bon, je vais devoir y aller. Elle hésita, ne sachant comment lui dire au revoir. Finalement, elle se pencha vers lui, et au lieu de l'embrasser sur les lèvres, elle lui offrit un baiser tendre sur la joue, sur lequel elle s'attarda quelques secondes. Même si ce n'était pas ce à quoi aspirait Will, il ferma les yeux à la sensation que lui procura ce baiser. Par réflexe, il l'a prit dans ses bras. Lizzy surprise mais contente ne tenta rien pour se dégager. Au deuxième appel du speaker, Darcy la relâcha et se dégagea. Ils se regardèrent quelques secondes dans les yeux, se souriant l'un à l'autre et Lizzy se pencha pour prendre ses bagages.
- A bientôt Will !
- A bientôt Lizzy.
Elle se dirigea vers le guichet correspondant, enregistra ses bagages, et une fois fait, elle se retourna et adressa un grand sourire et un clin d'œil à Darcy. Elle se dirigea vers le couloir pour passer la douane et Darcy la perdit des yeux.
Elle était partie. Il resta quelques secondes à fixer le couloir par lequel elle était partie, puis il se réveilla de sa rêverie et retourna à sa voiture pour rentrer chez lui.
Sur le chemin du retour, de nombreuses pensées se bousculaient dans sa tête. Allait-il la revoir bientôt, devait-il l'appeler ou attendre qu'elle le fasse étant donné la situation. Il espérait de tout cœur que le père d'Élisabeth récupérerait bien, et sortirait du coma rapidement, sans séquelles.
Il allait terminé ce qu'il avait à faire ici et repartirait au plus vite sur Londres. Plus tard, dans la matinée, il appellerait Charles. Il n'avait pas eu de nouvelles depuis 2 semaines, et peut-être qu'il pourrait lui en dire un peu plus sur l'accident du père de Jane et Lizzy.
De son côté, Elisabeth attendait dans la salle d'embarquement de pouvoir monter dans l'avion. Elle avait hâte de se tenir prêt de son père.
Quelques instants plus tard, l'embarquement débuta. Le vol était à l'heure, et dans 11h elle serait à Londres. Elle envoya un message à Jane pour la prévenir de son départ et lui dire qu'elle prendrait un taxi pour se rendre à l'hôpital.
11h plus tard, après un vol mouvementé par les turbulences, Lizzy débarqua à Londres. Elle se dépêcha de récupérer ses affaires et chercha de suite un taxi qui l'emmena au centre hospitalier. Durant le trajet, elle prévint Jane de son arrivée. En cherchant dans son répertoire, elle tomba sur le nom de Will, et se dit qu'il serait quand même bien de le prévenir de son arrivée. Elle hésita et se décida. Ce fut simple car elle arrivait déjà à l'hôpital.
A l'autre bout du continent Africain, Darcy sentit dans sa poche intérieure son téléphone vibrer. Il jeta un œil rapide, et quand il vit que c'était un message de Lizzy se dépêcha de l'ouvrir. C'était court et succinct : « Suis bien arrivée. Encore merci pour tout. A bientôt. »
Il était déçut. Il aurait aimé lire plus de choses dans son message. De toutes manière qu'espérais-tu, se dit-il, elle a son père sur un lit d'Hôpital, elle ne va non plus te faire une déclaration d'amour ou quoi que se soit d'autre ! Sois patient, sois toi même, se répéta-t-il.
Il lui fit une réponse rapide, en lui souhaitant beaucoup de courage pour les moments à venir.
Lizzy s'adressa à l'accueil pour connaître le numéro de chambre dans laquelle son père se trouvait. C'est à ce moment là que Jane arriva accompagnée de Charlie.
- Jane !
- Lizzy !
Elle se jetèrent chacune dans les bras de l'autre, et se mirent à pleurer toutes les deux.
- Je suis tellement contente que tu ais pu revenir si rapidement !
- Comment va-t-il ?
- ça n'a pas changé depuis que je t'ai appelé.
- Dans l'avion je n'arrêtais pas de me penser qu'il pourrait se passer plein de choses avant que je n'arrive.
- Il est toujours dans le coma, mais les médecins ne peuvent se prononcer sur d'éventuelles séquelles.
- Ok. Lizzy s'écarta et c'est à ce moment là qu'elle aperçu Charles qui s'était mis à l'écart pour leur laisser un peu d'intimité. Oh Charles, bonjour, excuse moi, je ne t'avais pas vu !
- Ce n'est rien Liz. Content de te revoir !
Ils se dirigèrent tous les 3 vers la chambre. En entrant, Lizzy ne put retenir un sanglot en voyant son père allongé sur le lit, avec sa mère à ses côtés endormie sur un fauteuil. Il avait l'air paisible.
En entrant, Francine Bennet se réveilla, et des larmes tombèrent sur ses joues en voyant sa 2e fille présente.
Elisabeth se jeta dans ses bras et réconforta sa mère qui pleurait maintenant à chaudes larmes.
- Tout ira bien maman, On est là toutes les deux, et à nous 3 on va pouvoir le veiller et continuer à lui parler pendant son sommeil.
- Oui, dit-elle tout en reniflant. Elisabeth essuya ses larmes en l'embrassa tendrement sur la joue.
Quelques temps plus tard, Charles s'éclipsa et pour se rendre à son cabinet. Jane l'accompagna, laissant le couple Bennet et Lizzy dans la chambre.
- C'est un charmant garçon déclara Francine, dommage que nous nous soyons rencontrés dans ces circonstances.
-Oui, Charles est adorable. Je pense qu'il se sont bien trouvés.
Au même moment, la porte s'ouvrit et laissa place à un médecin accompagné de deux infirmières et de jeunes internes.
- Bonjour Mesdames. Le médecin attarda furtivement son regard sur Elisabeth et se tourna vers Mme Bennet.
- Bonjour dirent-elles en cœur. Ce n'est pas vous que nous avons vu hier ?
- Non madame, je suis un spécialiste du cerveau et ce matin, je commence à prendre en charge votre mari. Je vois que son état est stationnaire. Sachez qu'il peut se réveiller à n'importe quel moment.
- Est-ce que vous en savez plus sur de probables séquelles ? demanda Lizzy.
- Après différents examens faits hier, je ne pense pas pouvoir vous assurez à 100 % qu'il récupérera totalement. Il faut attendre qu'il se réveille pour en savoir plus.
Je vais vous demander de sortir quelques minutes, les infirmières vont lui faire quelques soins.
Lizzy et sa mère se levèrent et patientèrent dans la salle d'attente. En attendant, Lizzy se souvint qu'elle devait retrouver James d'ici 2 jours. Elle avait complètement oublié de lui envoyer un message durant les deux dernières semaines. Elle le prévint de l'accident de son père et qu'elle ne pourrait pas reprendre les répétitions jusqu'à ce que son père se réveille. Si la situation devait perdurer, elle prendrait une décision quand aux dates de concerts programmées d'ici un mois. Peut-être allégerait-elle le programme pour pouvoir être à ses côtés. Elle éteignit son téléphone, et au même moment, les infirmières leur indiquèrent qu'elles pouvaient retourner dans la chambre.
Jane dit son retour, et elles veillèrent le reste de la journée leur père et mari. En fin de soirée, Jane raccompagna Lizzy à son appartement avec ses bagages. Francine dormait chez Jane qui pouvait lui offrir une chambre.
La semaine se déroula sur le même rythme, Elisabeth et sa mère passaient la journée avec M. Bennet et Jane les rejoignait en fin d'après-midi après son travail. Elle avait réussi à décaler ses rendez-vous sur la première partie de la journée jusqu'à 17h, pour pouvoir être libre assez tôt.
Le Lundi matin suivant, une semaine après son retour, Lizzy en se levant remarqua qu'il y avait eu plusieurs appels de l'hôpital...Son cœur se mit à battre rapidement, des larmes commençaient à couler sur ses joues, pensant au pire. Elle rappela au plus vite l'hôpital, qui l'avertit que son père s'était réveillé dans la nuit.
Elle poussa un ouf de soulagement en entendant la bonne nouvelle. Elle remercia l'infirmière et se dépêcha d'appeler sa sœur pour leur annoncer, se doutant qu'elle n'avait pas encore eu la nouvelle vu l'heure.
