Voici la traduction du troisième chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!


Gai avança sur le terrain d'entraînement où se tenait Lee en train de frapper un tronc d'arbre. Il resta là un moment à regarder le dos de son élève.

Il était resté éveillé la plus grande partie de la nuit, à réfléchir à ce que Kakashi lui avait dit et à essayer de démêler le nœud compliqué de ses propres sentiments. À présent, il regarder les mouvements du corps de Lee – il regardait ses muscles se contracter sous sa combinaison moulante. Le soleil faisait scintiller les perles de sueur sur sa peau et ses cheveux noirs brillants qui lui collaient.

Un frisson parcourut Gai, et il se sentit un peu serré dans le bas de son corps.

Et bien, voilà qui confirmait ses soupçons. Le Jutsu de scellement s'était estompé.

Gai s'éclaira la voix.

Lee se tourna vers lui et se redressa, les bras de chaque côté.

-Gai-sensei! B–bonjour.
-Bonjour, Lee. Est-ce que tout va bien? Normalement, tu es bien plus alerte que ça. J'ai pu t'approcher par derrière sans que tu le remarques.
-Je suis désolé, Sensei, dit-il en baissant la tête. J'étais perdu dans mes pensées. J'essaierai d'être plus sur mes gardes.
-Peu importe. Viens t'asseoir avec moi. Je dois te parler.

Lee hésita, puis hocha la tête.

Ils s'assirent à l'ombre d'un chêne. Gai étudia le visage de Lee, ces traits familiers qu'il adorait. Même s'il s'agissait maintenant du visage d'un homme, il avait toujours les mêmes grands yeux innocents. Il y avait quelque chose en Lee qui demeurait intact depuis tout ce temps: son cœur ouvert, honnête, son désir de croire en le meilleur de chacun, même en ceux qui lui faisaient du mal.

-Sensei?
-Je me rappelle la première fois que je t'ai rencontré à l'Académie des Ninja, dit Gai avec un sourire. Même à ce moment-là, je pouvais voir quel esprit merveilleux tu avais. Tu étais tellement déterminé à poursuivre tes rêves, tellement féroce.. et pourtant tellement vulnérable, tellement avide du moindre mot d'encouragement, de félicitations. D'amour. Tu avais besoin que quelqu'un croit en toi, que quelqu'un te guide et te donne de l'affection. J'étais heureux d'être cette personne. Je t'ai vu devenir plus fort, je t'ai vu devenir un magnifique ninja, et ça m'a rempli de fierté bien de savoir que j'avais joué un rôle dans la transformation en cet homme en que tu es devenu.

Son sourire s'effaça.

-Et puis – il y a peu près trois ans, quand tu avais seize ans – j'ai commencé à rêver de toi.

Lee écarquilla les yeux.

-Les mots ne suffisent pas à décrire l'intensité de ma honte. J'avais presque deux fois ton âge, après tout, et tu étais mon élève. Je croyais que tu me voyais comme le père que tu n'avais jamais eu. J'étais certain que si tu apprenais la vérité, tu serais horrifié. J'ai vécu dans la peur que les autres soient au courant de mes désirs malsains. Plus que tout, j'avais peur que tu le découvres et que ça te brise le cœur. Je savais que la chose la plus sûre à faire était de faire en sorte que tu ne sois plus mon élève, mais je n'ai pas pu me résoudre à t'abandonner. Alors je suis allé voir Tsunade-sama pour qu'elle m'aide. À ma demande, elle a utilisé un Jutsu pour confiner mes désirs.
-On peut faire ça? murmura Lee.

Il acquiesça.

-Peu de gens peuvent le faire. Il faut un médecin-ninja compétent. Mais ça a marché. Les rêves ont cessé.

Il ne mentionna pas le prix à payer. Tsunade l'avait averti que la technique pouvait raccourcir l'espérance de vie du sujet, mais Lee n'avait pas besoin de le savoir.

Lee avait l'air troublé.

-Vous m'avez dit qu'il n'y avait pas de Jutsu comme ça.
-Parce que je ne voulais pas que tu endures ça. C'est.. une expérience déplaisante. Mais c'était un tel soulagement pour moi. Tous ces sentiments confus et honteux étaient partis. Je pouvais te prendre dans mes bras sans me sentir coupable. Je pouvais être ce dont tu avais besoin – un professeur et un ami – et rien de plus.
-Est-ce que c'est.. permanent?
-Les effets durent quelques années. Après, le scellement doit être réappliqué. Mais je l'aurais fait même si ça devait durer toute la vie. C'était un petit sacrifice à faire, si ça permettait de préserver ma relation avec toi. Tu dois comprends que le sexe n'a jamais été une grande partie de ma vie. J'ai toujours admiré Kakashi, mais quand il s'agit de – certaines choses – , lui et moi sommes très différents. Il a eu beaucoup d'aventures, alors que j'ai..

Il s'interrompit, puis soupira.

- ..moins d'expérience.
-Est-ce que vous avez déjà.. ?

Lee détourna le regard en rougissant.

-Je suis désolé, je ne devrais pas demander ça. C'est une question stupide, de toute façon. Je veux dire, bien sûr que vous l'avez déjà fait.

Il s'interrompit.

-N'est-ce pas?
-Oui.

Il hésita, se demandant s'il devait en dire plus – mais il était résolu à ne plus rien cacher à Lee. Ils devaient avancer dans leur relation, Lee devait le connaître en tant qu'homme, et non en tant que professeur uniquement.

-Quand j'avais environ seize ans, Kakashi m'a présenté à un de ses amis, un Jonin du nom de Kentaro. Je l'ai tout de suite admiré. Il était fort et compétent, le genre de ninja que je voulais être – même s'il y avait quelque chose dans son sourire qui me mettait mal à l'aise. Quand il a su que j'étais vierge, Kentaro a offert de "m'apprendre", comme il l'a dit. Je suis allé chez lui cette nuit. J'étais nerveux, mais j'étais un peu las qu'on moque de moi parce que je n'avais pas d'expérience. Je pensais que je pouvais bien essayer et voir qu'est-ce que ça valait.

Il s'interrompit, le regard dans le vide.

-J'ai détesté ça. Il n'y avait pas d'amour, pas de confiance, juste le bruit de la chair qui claque contre la chair. C'était sale et dévalorisant, et.. ça faisait plus mal que ce à quoi je m'étais attendu. Après ça, je n'ai plus offert mon corps ni partagé mon lit avec personne.

Le silence tomba. Lee le dévisageait, les yeux grands ouverts.

Gai tritura le col de sa combinaison, les joues rouges. Il n'avait pas l'habitude de parler de son passé privé avec Lee, ni avec personne, vraiment – et ça faisait encore un peu plus étrange d'admettre à son élève qu'il était pratiquement vierge à l'âge de trente-trois ans.

-Voilà, tu sais tout, dit-il.
-C'était la seule fois? demanda doucement Lee.

Gai hocha la tête.

-Je me suis dit que le sexe était quelque chose dont je n'avais ni envie, ni besoin, que je pouvais être un meilleur shinobi sans cette distraction. Je me suis entièrement dévoué à ma Voie de Ninja.. et, plus tard, à mes élèves. Et plus spécialement à toi, Lee.

Il hésita, puis toucha le dos des mains de Lee, les effleurant à peine.

-J'ai grandi durant une période difficile. Comme beaucoup de ninja de mon âge, j'ai perdu mes parents pendant la guerre. J'avais des camarades, des amis, mais personne que j'aimais vraiment.. jusqu'à toi. Et je t'ai tellement aimé. Et je t'aime toujours autant.
-Sensei..
-Quand tu es rentré de ta mission cette semaine, tu as décrit un sentiment que tu as eu – la sensation qu'un crochet était planté dans ton cœur et qu'un fil le tirait, le ramenait vers Konoha. Vers moi. J'ai compris ce que tu voulais dire, parce que j'ai ressenti la même chose. Je sens qu'à chaque fois que nous sommes séparés.. c'est comme s'il y avait un fil entre nos deux cœurs, et que plus nous sommes loin l'un de l'autre, plus le fil tire fort, et plus ça me fait mal.

Lee serra fort sa main, puis ferma les yeux et appuya le dos de la main de Gai contre sa joue. Des larmes brillaient dans ses yeux.

Gai passa son autre main dans ses cheveux.

-Tu es tellement précieux pour moi, murmura-il. Tous ces désirs que j'ai ressentis – que je ressens encore – je les ai vu comme quelque chose de sale et de destructeur, quelque chose de différent de mon amour pour toi. Je n'aurais jamais imaginé, même dans mes rêves, que tu puisses ressentir la même chose. Quand tu me l'as dit, j'avais du mal à y croire. Mais même là, je me demandais si j'y étais pour quelque chose, d'une certaine manière.

Lee fronça les sourcils.

-De quoi parlez-vous?

Il étudia la coupe au bol de Lee et sa combinaison verte, identiques aux siennes.

-Tu m'as toujours idolâtré. Et je t'ai encouragé là-dedans. Je t'ai fait à mon image. Kakashi garde toujours une certaine distance émotionnelle entre lui et ses élèves. S'ils commencent à être trop proches, il les repousse. J'ai toujours pensé que c'était sa nature, d'être distant, mais peut-être qu'il savait quelque chose que j'ignorais. Peut-être qu'en te gardant trop proche de moi, en mettant tellement de ce que je suis en toi, je ne t'ai plus laissé de place pour quiconque d'autre, dans ton cœur.
-Mais j'ai des amis. Naruto-kun, Sakura-san, Tenten.. même Neji.
-C'est vrai, et je sais que tu tiens vraiment à eux. Je sais que tu ferais n'importe quoi pour eux.

Lee hocha la tête.

-Pourtant.. il y a un endroit privé au plus profond de ton cœur, qui renferme les rêves et les peurs les plus personnelles d'un homme. Et tu n'as jamais laissé l'un d'entre eux entrer dans cet endroit. Seulement moi. À moins que je ne me trompe?

Lee rougit.

-Non, Sensei. Vous ne vous trompez pas. Mais c'était mon choix. Je voulais être comme vous, parce que vous êtes la personne la plus merveilleuse que j'ai jamais rencontrée! Vous êtes fort et sûr de vous, et gentil, et bon, et.. et beau, séduisant et tellement sage. Et vous êtes un magnifique ninja. Vous êtes tout ce que j'ai voulu être.

Gai secoua la tête. En entendant les mots de Lee, il sentit une honte familière lui ronger à nouveau le cœur.

-C'est tout ce que je t'ai jamais montré. Il y a des facettes de moi-même que je ne t'ai jamais laissé voir.
-Qu'est-ce que vous voulez dire?

Son regard se perdit.

-Je ne suis pas parfait. Loin de là. Je suis abîmé. Je suis quelqu'un de bizarre, un handicapé social qui est apparemment incapable d'avoir une relation normale et adulte avec qui que ce soit. Sinon pour quelle autre raison est-ce que je serais attiré par mon propre élève? Par un garçon que j'ai pratiquement élevé?
-Arrêtez, fit Lee, tremblant, en serrant les poings. Arrêtez de parler de vous comme ça.
-C'est la vérité. Je ne suis pas comme tu le penses. Je t'ai fait quelque chose de terrible.
-Non! Vous m'avez rendu très heureux!

Gai secoua la tête.

-J'ai fait de toi une copie de moi-même. Je t'ai rendu dépendant de moi pare que j'avais besoin que tu m'aimes. Je me suis servi de toi. Je suis un monstre–

Le coup surgit de nulle part et le projeta sur le dos. Gai était allongé, à cligner des yeux, désorienté. Lee se tenait debout et le surplombait, tremblant, les yeux pleins de larmes. Puis, des deux mains, il attrapa la combinaison de Gai et le hissa debout.

-Vous n'êtes pas un monstre! Comment pouvez-vous dire ça de vous? Je ne vous laisserai pas croire de telles choses.

Il serra la mâchoire, des traces de larmes brillant sur ses joues, et secoua Gai.

-Vous êtes mon professeur adoré. Vous êtes la personne la plus importante dans ma vie. Vous êtes celui qui me redonne toujours espoir quand je suis au bord du gouffre, celui qui croit en moi peu importe la situation. Vous êtes le phare dans la nuit qui m'a toujours guidé. Comment pouvez-vous vous déshonorer comme ça? Comment pouvez-vous dire que vous vous êtes servi de moi alors que vous savez que c'est faux?

Il resserra sa prise. Il respirait fort, son visage était rouge, des yeux noirs étincelaient à travers ses larmes.

-Je vous aime. Et je vous veux. Seulement vous.
-Lee..

Lee se pencha en avant. Gai regarda ces yeux sombres jusqu'à avoir l'impression de se noyer dedans. Le haut et le bas se confondirent, et une vague de vertige le submergea. Le reste du monde s'évanouit – il ne restait que ces yeux, intenses et brillants, comme deux soleils noirs. Puis les lèvres de Lee furent sur les siennes.

Le baiser était lent et doux, presque chaste. Gai ferma les yeux, étourdit par la sensation de ces lèvres douces sur sa bouche, leur goût chaud et clair. Quand il se retira finalement, il était à bout de souffle. Il ouvrit les yeux, hébété.

Lee déglutit et le relâcha.

-J–je suis désolé de vous avoir frappé, Gai-sensei, murmura-il.
-Ce n'est rien, Lee, dit-il en frottant sa mâchoire douloureuse. On s'est déjà frappé bien plus fort pendant nos matchs d'entraînement.
-Oui, mais.. c'est différent.

Il baissa les yeux et s'essuya les yeux avec un bras enveloppé de bandages.

-Je ne pouvais pas rester là à vous écouter dire ces choses affreuses sur vous. Je sais que ce n'est pas une excuse–
-Je suis celui qui devrais s'excuser, dit doucement Gai.

Il posa ses mains sur les épaules de Lee et les frotta doucement.

-Tu trembles. Je ne voulais pas te mettre autant en colère.

Lee leva la tête vers lui, les yeux brillants de larmes.

-Vous n'êtes pas un monstre, chuchota-il. Dites-le.
-Très bien. Je ne suis pas un monstre.

Il prit le visage de Lee entre ses mains, lui caressant les pommettes avec les pouces.

-Je suis désolé.

Lentement, incapable de résister, il se pencha et déposa un doux baiser sur le front de Lee, puis embrassa ses sourcils, l'un après l'autre. Les yeux de Lee se fermèrent, et il embrassa chaque paupière. Il embrassa les cercles roses de ses joues empourprées. Il lui embrassa le bout du nez, les coins de la bouche.

Le souffle de Lee s'accéléra.

-Tout va bien? murmura Gai.
-Oui, chuchota Lee.

Ses yeux étaient toujours clos, et Gai arrivait à voir son pouls battre dans sa gorge.

Gai déglutit, la bouche sèche.

-Tu es sûr que tu veux ça de moi, Lee? Dans ce domaine, je serai un piètre professeur. J'ai tellement peu d'expérience là-dedans..
-Nous pouvons être le professeur l'un de l'autre. Je veux juste être avec vous.

Le cœur de Gai tambourinait dans ses côtes. Il se pencha, déposa lentement une nuée de baisers dans le cou de Lee – quelle peau douce, pensa-il. Il défit les attaches de la veste de Lee et l'ouvrit pour révéler la combinaison verte. Les petites bosses de ses tétons étaient visibles à travers la matière fine. Le souffle coupé, Gai passa son pouce sur l'un d'eux.

La respiration de Lee s'accéléra davantage.

Les mains de Gai tremblaient.. puis il referma la veste de Lee.

Les yeux de Lee se rouvrirent, le regard doux et vague. Il avait presque l'air ivre.

-Gai-sensei?
-Je ne veux pas tout précipiter, dit-il doucement. Je veux prendre le temps de préparer. Je veux que ça soit spécial.

Il passa ses doigts dans les cheveux doux et noirs de Lee.

-Ça sera spécial, dit Lee, parce que ça sera avec vous.

Il sourit. Puis son sourire s'effaça.

-Sensei? Pourquoi est-ce que vous pleurez?
-Rien. Ce n'est rien, Lee. Je suis juste très heureux.