Bon... Madeleine passant les derniers jours de vacances chez moi, je publie ce chapitre avant qu'elle n'arrive ! (putain, déjà la fin des vacances, quoi... C'est pas normal, ça passe beaucoup trop vite !)

Ah, oui, sinon j'ai pas encore touché à mes devoirs xD (il serait temps que je me bouge, hein ? xD)

Ayant bientôt fini la fic, qui fera six ou sept chapitres au maximum, je vais sous doute accélérer le rythme de publication...

Par contre, je vous préviens, cette fiction part de plus en plus en couille ! Sur ce, je vous laisse avec nos six road-tripeurs préférés !

Bonne lecture !


Elle en avait marre. En fait, ils en avaient tous marre, et même Minho avait perdu son habituelle bonne humeur. Il était plus de vingt-deux heures, et ils étaient partis à dix heures le matin. Plusieurs arrêts dans des stations services avaient ponctué le trajet, et Newt et Thomas avaient parfois échangé de place, mais maintenant, le brun et le blond devenaient insupportables, disant qu'ils pourraient les amener à destination avant la nuit, qui était déjà tombé depuis deux heures.

Surtout que Sonya avait regardé le temps de trajet sur son portable, et qu'il fallait presque trente heures de voiture. Donc, le faire en douze heures (moins trois pour les détours de Thomas) était tout bonnement impossible.

Finalement, comprenant bien qu'il n'avait pas l'intention de s'arrêter, Sonya s'allongea, à moitié sur les genoux de Minho, à moitié sur les genoux de l'auto-stoppeur, qui s'appelait Gally. Minho somnolait déjà sur l'épaule du dit Gally, qui avait posé sa tête contre la fenêtre. Teresa était recroquevillée en position fœtale, tournant le dos au trio, la tête posée sur les genoux, et dormait profondément dans une position qui paraissait franchement inconfortable. Cela dit, le seul à avoir une position confortable dans la voiture, c'était Newt, qui avait les pieds sur les jambes de Thomas (qui paraissait s'en foutre totalement), et la tête contre la vitre, et parlait doucement avec le brun pour le maintenir éveillé.

Elle commençait à peine à somnoler quand la voix perçante de son frère les réveilla tous – sauf Teresa, qui continuait à dormir dans son coin :

_ PUTAIN DE BORDEL DE MERDE THOMAS MURPHY ESPÈCE DE CONNARD INCAPABLE DE LIRE UNE CARTE !

_ TA GUEULE, NEWT ! s'exclamèrent-ils tous en chœur.

_ On est dans le Minnesota ! s'énerva Newt. Dans le putain de Minnesota ! Qu'est-ce qu'on fout dans le Minnesota, Thomas ?!

_ Mais j'en sais rien, je suis crevé, ça fait au moins deux heures que je suis la route sans faire gaffe aux sorties !

_ Deux heures ? Mais on suit le mauvais itinéraire depuis douze putains d'heures !

Là, Sonya péta les plombs. Littéralement. Rouler pendant trois heures sans savoir où on allait, et se retrouver à son point de départ, ça passait une fois. Rouler douze heures sans avoir aucune idée de là où on était, de là où on allait, et de ce qu'on faisait au volant, c'était non. Définitivement non.

_ PUTAIN DE MERDE THOMAS TU FAIS CHIER ! hurla-t-elle.

_ Ouais bah c'est bon ! cria Thomas à son tour en se retournant pour la fusiller du regard. La nana qui n'a pas son permis, elle se la ferme, et…

_ Regarde la route ! s'écria Newt en tournant brutalement le volant, se retrouvant à moitié sur les genoux de Thomas devant le virage serré qu'il dut prendre.

Ils se mirent à se disputer pour les commandes du véhicule, qui finit par violemment piler à environ vingt centimètres d'un arbre.

Newt ne dut son salut qu'aux réflexes de Thomas, qui garda son bras verrouillé autour de la taille du blond.

Il y eut un long moment durant lequel personne n'osa dire un mot. Tous avaient le cœur battant, et ce ne fut que quand Minho laissa échapper un léger gémissement de douleur que Sonya ne s'aperçut qu'elle serrait sa main tellement fort que le bout de ses doigts devenait violet.

_ Putain, marmonna Thomas en grimaçant, se massant l'épaule.

_ Ça va ? demanda Newt, un peu inquiet.

_ Ouais…

_ Je crois que tu viens de me sauver la vie, Tommy, murmura Newt, inspirant lentement pour reprendre son calme.

_ Évidemment que je t'ai sauvé la vie, répondit le brun. Je n'allais pas laisser mourir mon meilleur ami…

Ils se regardèrent longuement, hésitant sur la conduite à adopter. Enfin, Thomas se tourna vers eux :

_ Tu vas bien, Sonya ?

La jeune femme en avait presque oublié qu'elle n'était pas attachée. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'elle s'aperçut que les deux bras de Minho entouraient sa taille, et que le bras de Gally touchait ses hanches, prouvant qu'il avait essayé de l'aider. Elle avait failli mourir, et pourtant elle avait l'impression d'être celle qui avait le moins encaissé de choc.

_ Je vais bien, répondit-elle, désorientée. Je crois.

_ Je propose qu'on se trouve une chambre d'hôtel pour ce soir, lâcha Thomas, secoué. On reprendra la route demain.

_ Et on essayera de ne pas prendre la direction inverse de Las Vegas, ajouta Newt.

_ Est-ce que Teresa dort encore ? interrogea Minho, en enfonçant son index dans la joue de la jeune femme.

_ Elle prend des somnifères assez puissants, elle a des problèmes de sommeil, expliqua Thomas. Et n'emmerde pas ma frangine pendant qu'elle dort !

_ Mais on a failli mourir, et elle, elle…

_ La dernière fois elle en a pris à Nouvel An, bah elle a dormi comme un bébé pendant qu'on faisait péter des pétards et des feux d'artifice. La fin du monde pourrait arriver qu'elle continuerait à dormir ses huit heures de sommeil.

_ Ah, ouais, c'est grave quand même.

_ Sans ça, elle peut pas dormir. Mais genre, vraiment pas. Bref, laisse-la tranquille.

Newt s'extirpa du siège conducteur – et surtout des genoux de Thomas, nota Sonya avec un sourire amusé – pour s'asseoir à sa place, et attacha sa ceinture.

_ Sonya, je préférerais que tu t'attaches, lâcha-t-il en se tournant vers elle.

Il y eut quelques débats sur comment ce serait possible de faire ça, et finalement, comme il était plus de vingt-deux heures, ils jugèrent qu'aucun flic ne se trouverait sur la route, et Sonya vint s'asseoir sur les genoux de son frère, bouclant la ceinture.

Ce n'est que depuis le point de vue des genoux de Newt qu'elle remarqua l'angle étrange qu'avait l'épaule de Thomas.

_ T'es sûr que ça va ?

_ Grave, acquiesça Thomas.

Sonya hésita, avant de poser son doigt sur l'épaule du brun, qui fit un écart sur la route :

_ BORDEL SONYA ÇA FAIT MAL !

_ Tu viens de dire que t'avais rien, se défendit la rousse.

_ J'ai peut-être un peu quelque chose, mais ne touche pas ! cria-t-il.

_ C'est dangereux, protesta Sonya, et Newt acquiesça.

_ On verra ça au prochain hôtel qu'on trouvera, répondit Thomas d'une voix qui ne laissait pas de place à la contestation.

Il mit une demi-heure à trouver un hôtel qui n'avait pas trop l'air d'un bordel, et quand il se gara enfin, tout le monde était épuisé.

Sonya ouvrit un œil quand elle sentit Newt s'extirper de sous elle, et la porter gentiment. Elle se blottit contre son torse, et se rendormit.


Thomas portait Teresa sur son épaule gauche, la tenant par les jambes, il sentait les longs cheveux noirs de l'adolescente balayer ses reins. Il songea quand même qu'il avait l'air d'un sacré connard de porter sa sœur aînée comme ça, en travers d'une épaule, alors que Newt prenait soin de la sienne comme si elle était une princesse, mais n'en tint pas compte. Accompagnés par Gally et Minho, qui portaient leurs affaires, ils se rendirent à l'accueil de l'hôtel, et la réceptionniste les regarda longuement d'un air étrange.

_ On les a pas kidnappées, hein, c'est leurs sœurs, indiqua Minho.

L'air méfiant de la réceptionniste ne se modifia pas d'un iota, mais elle accepta de leur donner deux chambres, qu'ils payèrent avec la carte bleue que Thomas avait « emprunté » à son père.

Ils installèrent les deux adolescentes dans une des chambres avec leur sac, et Newt griffonna un mot qu'il laissa sur la table de nuit indiquant le numéro de leur chambre.

Enfin, ils se laissèrent tomber dans leurs lits. Ce fut sans avoir besoin de réfléchir que le placement se fit : Minho et Gally dans un lit, et Newt et Thomas dans l'autre.

Ils se connaissaient depuis qu'ils avaient quatre ans, tous les deux, et dormir ensemble ne les avait jamais gêné.

Ça devait bien faire une demi-heure qu'ils étaient couchés, et Gally ronflait joyeusement, quand Thomas murmura :

_ Minho, tu dors ?

La seule réponse à laquelle il eut droit fut un « ta gueule, Tommy » de la part de Newt.

Ce dernier lui tournait le dos, et on aurait facilement pu caser une troisième personne dans le lit avec eux.

_ Newt…

_ J'aimerais dormir, Thomas, marmonna le blond.

_ Tu sais, pour Sonya… Si jamais tu veux vraiment pas que je demande ça à Minho, je le ferais pas, hein…

Newt se tourna vers lui, et haussa un sourcil, à moitié endormi :

_ Pour moi c'était déjà réglé, tout ça…

_ Mais alors pourquoi…

Thomas désigna d'un geste hésitant l'espace entre eux.

_ Oh, soupira Newt, en se rapprochant de lui. Comme quand on était petits, hein ? Tourne-toi, Tommy…

Thomas obéit, et sourit en sentant le torse de Newt se coller contre son dos, alors qu'il calait ses jambes tout contre l'arrière des cuisses du brun.

_ Bonne nuit, Tommy…

_ B'nuit… bailla Thomas. J't'aime, Newt…

Newt voulut se redresser pour lui demander ce qu'il voulait dire, mais Thomas avait déjà sombré dans le sommeil.


Teresa se réveilla fraîche comme une rose. Et avec un bleu très douloureux à la pommette. Se doutant qu'il devait être dû à la conduite « prudente » de son petit frère, elle soupira, et laissa Sonya dormir pour rejoindre les garçons dans leur chambre.

Chambre qu'ils avaient très prudemment laissé ouverte. Pas juste oublié de fermer la porte à clé, non, oublié de fermer la porte tout court.

Elle leva les yeux au ciel, et en entrant, retint un rire. Les deux duos d'adolescents étaient vraiment à l'opposé l'un de l'autre : Minho et Gally, affalés tous les deux sur le dos, échangeaient des coups de pied dans leur sommeil pour tenter de gagner un peu de place dans le lit, et Thomas et Newt étaient on ne peut plus collés l'un à l'autre, et on aurait presque pu caser deux autres personnes dans leurs lit.

Elle ne put s'empêcher de sourire d'un air attendri. Elle adorait son petit frère, même si elle devait passer les trois quarts de sa vie à l'engueuler pour les bêtises qu'il faisait, et le voir heureux comme ça, détendu et mignon dans les bras de son meilleur ami la rendait joyeuse.

_ Hum, hum, lâcha-t-elle pourtant en se raclant la gorge. Allez, les garçons, il est huit heures, on doit repartir.

Le premier à se redresser en l'entendant fut Gally, qui la dévisagea :

_ Où est-ce que je suis ? balbutia-t-il d'un air endormi. J'ai passé la nuit avec une aussi jolie fille et je ne m'en souviens pas ?

_ La personne avec qui tu as passé la nuit est à côté de toi, Gally, riposta Teresa, même si elle savait que c'était cruel de sous-entendre qu'il avait passé la nuit avec Minho.

Le blond tourna la tête, et un cri d'horreur s'échappa de ses lèvres, réveillant les trois adolescents :

_ Kekipass ? demanda Thomas, sans bouger des bras de Newt.

_ Gally réalise qu'il a passé la nuit avec Minho, rien de plus, répondit aimablement sa sœur.

_ 'kay…

Et sur ces mots, il se retourna, pour se retrouver face à Newt, glissa une jambe au-dessus de celles du blond pour rester aussi proche de lui qu'avant, et referma les yeux.

_ J'crois qu'faut s'lever, T'mmy… soupira Newt, qui n'avait même pas daigné ouvrir les yeux.

_ M'en fiche…

_ Les garçons. Debout. On a encore un certain nombre d'heures de route, après les détours que Thomas a fait, et je vous rappelle que les a-level sont dans neuf jours, j'aimerais bien être rentrée à temps pour réviser !

_ Bah, c'est pas tout de suite les a-level, marmonna Minho, en enfonçant son pied dans les côtes de Gally, le faisant tomber du lit.

_ Connard ! s'exclama le blond en se redressant.

Il fallut une bonne demi-heure à Teresa pour réveiller tout le monde, et étonnamment, malgré le calvaire que ce fut de faire bouger les garçons, ce fut Sonya qu'il fallut tirer du lit et mettre dans une baignoire d'eau gelée pour qu'elle se lève.


Cette fois-ci, ce fut Gally qui s'installa au volant, Newt qui prit sa place à l'arrière, et Thomas qui s'assit sur le siège passager.

Sonya s'affala sur les genoux de son frère aîné, et étendit les jambes sur les cuisses de Minho et Teresa, posant sa tête sur l'épaule de Newt, avant de se rendormir.

C'est à ce moment-là que le blond se dit qu'il aurait peut-être du rester à l'avant et s'occuper de l'itinéraire. Mais Thomas, une carte routière à la main et son portable dans l'autre, semblait savoir ce qu'il faisait, aussi le laissa-t-il faire.

Minho chantait à tue-tête avec la radio, Teresa, des écouteurs dans les oreilles, tentait de se concentrer sur ses révisions en espagnol et Newt échangeait des textos avec Thomas.

Rien que ça, ça aurait du lui mettre la puce à l'oreille, que le brun se concentre sur autre chose que la route, mais il n'y fit pas attention, trop occupé à se prendre en photo en train de faire une grimace et de l'envoyer à son ami, qui lui répondit par une photo de ses pieds. Vraiment constructif comme occupation.

_ Au fait, ton épaule ? demanda-t-il à Thomas, à voix haute, cette fois, et pas par texto.

_ Hein ? Oh, ça doit pas être grand-chose, répondit Thomas, concentré sur la carte. Je sens plus rien, j'ai pris des antidouleurs. Elle a juste doublée de volume, mais ça va passer.

Gally tiqua :

_ T'es sûr de toi, là ? Tu devrais peut-être voir un médecin.

_ Mais nooooon… T'inquiète.

Newt soupira, et ordonna à Gally de s'arrêter dans la prochaine ville qu'ils traverseraient pour emmener son meilleur ami à l'hôpital.

Thomas fit un peu la gueule, expliquant que ça leur ferait prendre du retard sur leur itinéraire, mais Newt resta intraitable, donnant comme argument qu'il « ne se marierait pas avec un cadavre ».


Quand Sonya se réveilla, elle était allongée sur le siège avant, la musique était coupée, Gally dormait à l'avant à côté d'elle, et Minho sur la banquette arrière.

Où étaient Teresa, Newt et Thomas ?

Elle jeta un regard à l'extérieur, et vit qu'ils étaient sur le parking d'un hôpital. Sans doute pour l'épaule de Thomas, qui malgré ce qu'il avait dit, avait eu l'air de le faire souffrir.

Elle attendit quelques instants qu'ils reviennent, l'estomac dans les talons, passant le temps en consultant les messages du téléphone de Thomas, sans pouvoir s'empêcher de rire devant les textos qu'il échangeait avec Newt.

_ Qu'est-ce qui te fait rire, la rouquine ?

Elle sursauta, et sourit à Gally :

_ Thomas et Newt. Ils sont mignons. On dirait des gamins.

_ C'est pas de la violation d'intimité ? interrogea-t-il en désignant le portable qu'elle avait entre les mains.

_ Un peu, admit-elle. Mais c'est mon frère et son meilleur ami, donc pas vraiment.

_ Comme ça t'arrange, en fait, ironisa Gally.

_ C'est ça. Ça fait longtemps qu'on est garés ici ?

_ Près de deux heures, répondit-il en consultant l'heure. Ton frère et son ami ont l'air d'être des sacrés numéros…

_ C'est peu de la dire. La seule personne à peu près normale, c'est Teresa. Bon, et moi. Et puis toi aussi. En vrai, les seuls gens étranges, c'est Min', Newt et Thomas. Et je suis à peu près sûre que ma phrase n'a plus aucun sens.

_ C'était compréhensible, assura Gally, et il sourit. Vous êtes peut-être étrange, mais vous êtes cools.


Sonya ignorait s'ils étaient aussi cools que Gally lui avait dit, mais Thomas serait bientôt un homme mort. C'était sûr et certain.

_ Je vous dit que j'ai calculé, et c'est plus rapide d'aller à Vegas de Chicago que de Minneapolis !

_ Peut-être, mais t'as pas compté les sept heures de trajet entre Minneapolis et Chicago ! Connard ! hurla Sonya. Au lieu de nous faire gagner deux heures, tu nous as ENCORE fait perdre une foutue journée de trajet ! Et comme môssieur à égaré sa carte bleue…

_ Celle de papa, en fait…

_ On n'a pas de quoi payer l'hôtel ! On a à peine de quoi payer l'essence !

_ On dormira dans la voiture, répondit Thomas d'un air désinvolte.

_ À six ?! Dans ta Clio ?!

_ J'y peux rien si les hôtels sont vraiment super chers dans l'Illinois !

_ Je te jure que je vais te tuer, Thomas Murphy.

Newt semblait tout aussi agacé que sa sœur, Teresa faisait la gueule, fusillant son petit frère du regard, et Minho qui semblait totalement ailleurs, fit remarquer que c'était Gally qui avait roulé toute la journée.

_ C'était sur les indications de Thomas ! se défendit le blond.

_ On va se garer sur le parking d'un supermarché, et on va dormir, grogna Teresa, ses yeux bleus étincelants de colère. Et demain, ce sera quelqu'un d'INTELLIGENT qui prendra le volant !

Heureusement pour sa vie, cette fois-ci, Thomas jugea plus prudent de ne pas répondre.

_ On n'est pas bien, gémit Sonya en gigotant.

Newt lui donna un coup de pied pour la faire cesser. Même si elle avait raison, il ne servait à rien de se plaindre, après tout. Ce n'était que l'affaire d'une nuit, et peut-être qu'après, enfin, ils arriveraient enfin à Las Vegas. Bordel, pourquoi est-ce que Minho n'avait pas dit simplement marier, plutôt que de préciser la ville où ça devait avoir lieu ?!

Tous sursautèrent quand un bruit retentit à la fenêtre. Ce fut Thomas, coincé sur le siège conducteur avec Teresa sur les genoux qui baissa la vitre :

_ Euh… Bonjour ?

_ Bonjour, lança un type à l'air très jeune, peut-être leur âge au maximum, en souriant.

_ Euh, on prend plus d'auto-stoppeurs, cette fois, précisa Thomas, et en réaction à son commentaire, Sonya donna un coup de poing dans son siège, Newt un coup de pied, et Teresa lui enfonça les ongles dans la cuisse, le faisant gémir :

_ Je suis sérieux, hein !

_ Vous avez l'air un peu à l'étroit. Vous préféreriez peut-être venir dormir chez moi ? Mon épouse adore les jeunes, vous seriez les bienvenus.

_ Carrément ! s'exclama Thomas. Ce serait avec plaisir !

Newt leva les yeux au ciel : de une, ce type était beaucoup trop jeune pour être marié (sauf s'il avait lui aussi des meilleurs amis stupides qui l'avaient envoyé se marier à Vegas à dix-sept ans), de deux, Thomas n'avait vraiment pas peur que ce soit un détraqué qui les enlève tous et demande une rançon. Quel crétin.

_ Vous n'avez qu'à suivre ma voiture, elle est garée là-bas, proposa le type.

Il désigna un large monospace noir, sur lequel trônait, sur le pare-brise arrière, plusieurs panneaux indiquant « bébé à bord ».

_ Peut-être quelqu'un veut-il monter avec moi, d'ailleurs ? Vous avez l'air un peu à l'étroit.

Teresa hésita quelques instants, et marmonna qu'elle irait seulement si quelqu'un venait avec elle, avant d'ajouter à l'intention du type qu'elle n'était vraiment pas d'humeur à se faire enlever et violer et qu'il n'avait donc pas intérêt à être chiant parce qu'elle pourrait le lui faire payer.

Gally et Sonya suivirent immédiatement, le blond affirmant qu'il pourrait protéger Teresa, et la rousse prévenant qu'il valait mieux qu'elle s'éloigne de Thomas avant de commettre un homicide. Minho, voyant sa petite amie partir, suivit le mouvement, laissant Newt et Thomas seuls dans la voiture.

Newt se glissa sur le siège avant, et lâcha d'une voix ironique :

_ Ça va, juste suivre une voiture, tu y arriveras ?

Thomas haussa les épaules, grimaça un peu, sans doute parce celle de droite lui faisait encore mal, et attendit que le monospace ne démarre pour faire de même.

Le silence régna dans la voiture. Les deux adolescents étaient rarement aussi peu… bruyants. Habituellement, Thomas avait toujours quelque chose à dire, et quand ce n'était pas lui, c'était Minho (actuellement en train de leur faire des grimaces depuis le monospace), et dans les cas extrêmes où ni Thomas ni Minho ne parlaient, Newt se chargeait de mettre de l'animation.

_ Newt, je peux te dire un truc ?

La voix sérieuse de Thomas surprit son ami, qui tourna la tête vers lui. Thomas n'était jamais sérieux. C'était presque une règle d'or, ou un truc établi dans le code génétique de l'adolescent : il était un abruti qui faisait et disait de la merde, et que tout le monde adorait pour ça.

Même quand Newt avait un truc important à dire, Thomas l'acceptait calmement – il acceptait tout ce que Newt lui avouait – puis faisait une vanne à la con dessus.

_ Bien sûr, Tommy, tu sais bien que tu peux tout me dire, répondit Newt, un peu inquiet.

Non, parce qu'apprendre que Thomas avait un cancer en phase terminale ou qu'il avait mis Brenda enceinte… C'était vraiment pas le bon moment.

_ Non, mais en fait, je sais que tu diras rien, mais je ne veux pas que tu me… nous considère différemment. Notre amitié ne doit pas changer.

Ok… Si t'as couché avec Sonya, dis-le tout de suite, songea Newt, en acquiesçant. Je te colle une beigne, je te pardonne, et c'est réglé. Le reste, ce serait avec Minho, quoi, mais ça, ça vous concerne.

_ Et si après ça tu veux laisser tomber cette idée de mariage, je comprendrais, hein, reprit Thomas d'un air inquiet.

_ Tu m'inquiètes, Tommy. Jamais t'as laissé tomber face à un pari de Minho. Jamais on n'a laissé tomber. Alors quoi qu'il t'arrive, c'est pas ça qui nous fera renoncer, ok ? Sauf si c'est le cancer ou Brenda.

_ Le quoi ? répéta le brun, abasourdi.

_ Rien, laisse tomber. Qu'est-ce qui se passe ?

_ Et bien, il se trouve que… Euh, enfin, je l'ai jamais dit à personne, mais…

_ Accouche, Tommy, s'impatienta le blond, sentant l'inquiétude monter.

_ Je suis gay, finit par lâcher Thomas d'une traite.

Newt resta silencieux un petit moment, tentant de contenir le fou rire qui menaçait de monter. C'était juste ça. Absolument rien de grave. Thomas aimait les mecs, c'était tout. Et alors ? Pour ce que ça changeait ! Il restait son abruti de meilleur ami, voilà tout !

_ T'es gay ? répéta-t-il lentement, alors que ses épaules se secouaient malgré lui.

Quelle connerie. C'était bien Thomas de s'inquiéter autant pour sa réaction, et c'était bien lui de s'imaginer tellement de choses horribles !

_ Hum.

_ Et tes parents sont au courant ?

_ Personne n'est au courant, marmonna Thomas.

Ses muscles étaient tellement crispés que Newt se demanda comment il pouvait rouler correctement.

_ Moi si, Tommy, et je m'en bas les couilles, assura Newt. Enfin, sauf si tu veux que j'y fasse gaffe, bien sûr, mais sinon, tu restes mon meilleur pote, comme avant !

_ T'es sérieux, là ?

_ Bien sûr. Qu'est-ce que tu crois ? Que le fait que tu préfères baiser des mecs plutôt que des filles changerait quelque chose à une amitié vieille de seize ans ? Ressaisis-toi, Tommy, ou je vais finir par croire que tu n'es plus mon meilleur ami !

_ Bien sûr que je suis ton meilleur ami !

_ Ah ouais ?

_ Ouais !

Ce fut comme si toute la tension accumulée entre eux fondait comme neige au soleil, et ils se mirent à rire comme des idiots sans pouvoir s'arrêter, jusqu'à ce que le monospace devant la Clio de Thomas se gare devant une petite maison d'apparence accueillante. Les deux adolescents échangèrent un sourire, la même pensée en tête : on se serait cru dans la petite maison dans la prairie.


Alors, sinon, new de dernière minute... Pour ceux qui suivaient You're my dream... il y aura un épilogue ! Un vrai épilogue, de quelques années plus tard, montrant ce que sont devenus nos chéris !

Autre nouvelle : j'ai un espèce de bug avec les review... J'ai pas accès aux trois quarts d'entre elles depuis quelques temps (et j'oublie à chaque fois de vous prévenir...) je pense que je vais finir par répondre aux reviews au début des chapitres... Alors désolée à ceux qui depuis quelques temps n'ont pas de réponse... Je fais comme je peux, et j'ai beau envoyer des mails à FF, ça ne sert pas à grand-chose...

Je vous assure que je lis toutes vos reviews, et qu'elle me font très plaisir !

Sur ce... Laissez une petite review ! (ou une grande, hein, je veux pas brider votre imagination xD)