CHAPITRE I : Est-ce le début des festivités…

Un homme parcourait un long couloir sombre, le bruit de ses pas était accompagné de hurlements de toute origine : souffrance, insultes, lamentation, colère… Sans oublier ces quelques craquements et tintements métalliques peu rassurants. Malgré cette ambiance prévue à faire monter l'angoisse, notre homme avançait comme si c'était une promenade de santé, et pour cause : c'était son lieu de travail.

Sur les quelques portes qui se présentaient, il en ouvrit une qui donnera sur une petite pièce tout aussi inhospitalière que le couloir : sa superficie limitée – presque suffocante – et cette faible lueur rouge venant d'une lampe à néon chassaient tout espoir de réconfort. Dans cette salle exigüe, deux individus étaient installés auprès d'une piteuse table en bois, l'un d'eux – survêtu d'un long manteau gris – accueillit le nouvel arrivant.

Ibiki-san ?! fit-il à la fois surpris et ravi de le voir. Quel soulagement de vous voir ici ! Vous êtes déjà réta-… ?!

Le shinobi se tut lorsqu'il constata que l'œil gauche de son interlocuteur est dissimulé sous un cache-œil, le rendant plus intimidant qu'il ne l'était déjà – d'autant plus qu'il n'avait pas pris la peine de couvrir ses cicatrices sous son bandana habituel.

M- Mais… votre o-…

Cesse ta complaisance, coupa le balafré de sa voix rauque et profonde. Surtout en présence de celui qu'on interroge.

N'adressant nul regard au Konona-nin depuis son arrivée, Ibiki braqua son œil valide sur le second personnage. Celui-ci abordait une sombre veste semblable aux gakurans des étudiants japonais, d'un pantalon de jogging assorti et d'une paire de chaussure de ville blanches. Ces vêtements – quelque peu écorchés – couvèrent le corps d'un jeune homme de taille moyenne et à la corpulence mince. Au-dessus de ses cheveux noirs se trônait un épais ahoge* bien distinctif : elle s'enroulait sur elle-même, ressemblant presque au tilde d'un point d'interrogation. Bien qu'ayant une carrure plus que banale, cela n'empêcha pas d'avoir pieds et mains liées sur la chaise fixe où on l'avait installé, les poignes entravées par un dispositif de perturbation de chakra. « Simple mesure de précaution ». Après tout, il est l'investigateur de ce qui était survenu au plus tôt. Et le cerveau en question… ronflait.

Peux-tu m'expliquer pourquoi il dort en plein interrogatoire ?! vociféra le borgne.

E- eh bien, balbutia le jeune ninja quelque peu affolé du ton de son supérieur, devant son silence, nous avons employé la technique de l'hypnose inversée pour lui soutirer des informations à partir de son subconscient. Ça va faire douze minutes mais sans résultat, à part ce sommeil.

Et vous n'avez pas utilisé la méthode Yamanaka ? demanda Ibiki, toujours aussi sec.

S- si b-bien sûr ! C'est même Ino Yamanaka qui s'en est personnellement chargée… !

« Une beauté terrifiante », tel avait été la pensée de Sai au sujet de la Yamanaka lors d'une mission avec elle. Durant ladite mission, Ino a pu déjouer l'assassinat d'un homme influent du Pays de l'Herbe contre l'un de ses domestiques qu'elle avait pu démasquer – se révélant être un nukenin de ce même pays. Et pour couronner le tout, la blonde a pu réussir à soutirer l'identité du commanditaire du déserteur sans user des dons de son clan. Témoin de ces aptitudes, l'ancien protégé de Danzō avait conseillé à Ino de rejoindre la Division de Renseignement de Konoha, chose qu'elle accepta devant cette expression de sincérité peu commune du peintre ninja. De plus, c'était une occasion de perpétuer l'héritage de son défunt père, qui travaillait justement au sein de ce département en tant que chef de l'Équipe d'Analyse.

Voilà près de trois mois que la blonde avait intégré la Division de Renseignement que ses contributions ont été saluées par ses pairs… jusqu'à même satisfaire Ibiki Morino – autrefois sceptique devant la « superficialité » apparente de la jeune femme. Mais Ino avait maintes fois prouvé qu'elle méritait ce travail. Sa beauté et sa sociabilité effritaient la carapace mentale des prisonniers, usant des méthodes bien plus douces mais tout aussi perfides que le colosse balafré. Et sa « superficialité » – couplée à ses dons d'observatrice et de senseur – lui permettait de noter d'infimes détails que le Morino et sa clique de tortionnaire ne prenaient guère le temps de soucier. Les vêtements, les bijoux, le maquillage, les réactions du visage, le timbre de la voix, la moiteur des mains, le vocabulaire employé, la fluctuation du chakra… Avec tout ceci, la fille d'Inoichi pouvait dresser le profil complet d'une personne ; idéal pour crasser dans le sens du poil ou piquer les zones sensibles. Sa méthode habituelle consistait à parler avec l'interrogé sous prétexte d'une discussion de politesse, récoltant des infos et mettant ce dernier dans de bonnes dispositions avant l'interrogatoire, le vrai, mené par Ibiki ou un de ces adeptes de l'approche brutal.

Et Ino adorait son job, ravie d'effectuer un travail efficace dans cet environnement masculin, prenant un plaisir malicieux de faire craquer les hommes – que ce soit parmi les prisonniers ou ses collègues… Bien sûr elle avait connu quelques échecs dans sa carrière… mais en rien comparable à ce qu'elle venait de subir aujourd'hui…

Le prisonnier n'ayant dit mot, continua l'assistant d'Ibiki, et attestant aucun signe d'un quelconque passif militaire, Ino-san a utilisée sa lecture d'esprit. Cependant… s'interrompt-il en repesant à "cette" scène qui l'avait pris de court. …à peine apposée la main au front qu'elle s'est évanouie dans l'instant qui suivit… Elle a juste pu murmurer un mot : Folie.

À l'ouïr de ce rapport et sans quitter son regard sur le détenu, Ibiki cogita sur le sens du dernier mot de la blonde. Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ? Que l'esprit de cet homme soit trop déséquilibré pour qu'elle puisse accéder à ses souvenirs ? Mais cela ne justifiait pas le choc de la Yamanaka. Elle en avait vu d'autres dans ces salles d'interrogatoire, sans oublier que cet individu était privé de son chakra. Et si peut-être…

C'est en spéculant d'une probable faculté qui ne s'active à son contact, répit le ninja de la Feuille, que j'ai pris la liberté d'utiliser l'hypnose inv–…

Si je comprends bien, coupa sèchement le borgne, vous n'avez rien tiré de ce gringalet et il faudrait éviter tout contact physique avec lui ?! Tss, réveillez-le ! Je me charge de la suite !

Sans plus attendre, le shinobi annula sa technique d'hypnose.

Révélant ses iris bleus, les paupières du captif s'ouvrirent lentement, s'accommodant peu à peu de cette lueur rouge qui éclairait la pièce.

Fuahhhh ! bailla-t-il. Watashi wa shirimasen nani ge wa o yakudzuke min'na, demo hisashiburi watashi totemo yoku nete imasendeshita !*

Le duo de Konoha resta indécis face à l'air joyeux du prisonnier que devant le charabia qu'il déballait… ses tout premiers mots depuis qu'il s'était fait enchaîner dans cette salle.

Observant le Morino d'un sourcil interloqué, le réveillé se mit subitement à rire :

M'ouarf, sore wa anata no Nikku Fuyūrī kospure o nogashite imasu ! Sore wa anata ga watashi o kowagara seru tame ni dono yō ni kanri suru kade wa arimasen !*

Sans chercher à comprendre si c'était de la provocation ou non, le chef de la Section de Torture prit un sceau métallique qui trainait sur un coin de la pièce et le plaqua sur la tête du détenu. Par la suite, il asséna une claque sur le récipient dont les violentes secousses se répercutent sur la tête du malheureux.

Si l'intimidation ne semble guère affecter cet énergumène, autant abattre la carte de la douleur avec ce sceau, un traitement qui convient bien à ce « sale gus ».

Je sais que tu parles notre langue, fit le colosse de Konoha, imperturbable.

Mais~euhhh~, tituba le prisonnier sous l'effet du choc, c'est c'queee faisait… Vous parleeez bien le japonais, nooon ?

Et une nouvelle claque de la part de l'homme au cache-œil.

Ton nom ?

Z'ê~tes série~ux ?! demanda-t-il, toujours l'air ivre, sans perdre son ton moqueur. Vous voulez vraiment m'interroger avec ce sceau sur ma tête ?! Et puis d'ailleurs, qu'est-ce qu'un sceau foutait ici ?! Elle sent l'urine en plus !

C'est moi qui pose les questions ici. Ton… nom…

Hmmmm… faisant mine de réfléchir. Avant de répondre à vos questions, je veux un avocat !

Et puis quoi encore ! raga le partenaire d'Ibiki sous la consternation de ce dernier.

Lâcher ses émotions face aux piques du détenu, quelle erreur monumentale dans un interrogatoire, surtout si c'est que ce dernier recherche ; d'où l'impassibilité d'Ibiki qui comprit le petit manège. Mais l'autre Konoha-nin avait mordu à l'hameçon. Il est décidément trop émotif pour ce travail malgré de bons résultats, et ce côté-là n'avait malheureusement pas changé depuis la fois où il avait assisté à l'interrogatoire de la dénommée Karin voilà deux ans.

Après ce que tu nous fais subir, continua le ninja de la Feuille, qui voudra prendre la défense d'un type dans ton genre !

Nan mais tu te crois dans une série policière genre "Les Experts à Konoha" ?! cracha l'homme enchaîné sous une hargne faussement crédible. J'ai faim et je veux un avocat ! Après, si vous voulez que j'meure d'hypoglycémie – et perdre au passage une source précieuse d'information – ça vous regarde.

Voyant que l'homme jouait avec les nerfs de son inquisiteur, Ibiki s'installa tranquillement près de la table. D'un signe de main, il ordonna à son second de retirer ce sceau de la tête. Une fois chose faite, le balafré sortit quelques senbons d'une de ses sacoches.

Lorsque j'ai combattu au front contre les ninjas de Kiri, j'ai eu l'occasion d'apprendre la technique de torture préférée de leurs forces spéciales. En insérant ces aiguilles chargées de chakra sur certaines parties de ton corps, ils sont en mesure de stimuler les points les plus douloureux du corps humain, tandis que tu restes parfaitement et longuement conscient de ce qui t'arrive.

L'homme aux cicatrices laissa juste assez de temps pour laisser son interlocuteur imaginer ce qu'il l'attendait, puis rangea ses senbons avant de reprendre avec un sourire sadique :

De vrais amateurs. J'ai à ma disposition des méthodes… bien plus désagréables.

On y pouvait entendre deux personnes ravaler leur salive dans cette cellule. Vu le regard et le ton employé, aucun d'eux ne remettaient en cause les propos du Morino. « Et fourrer un sceau sur la tête est une de tes méthodes ? » voulut dire le prisonnier, mais se ravisa aussitôt.

Alors… continua-t-il d'une voix lente et sinistre, dans ton intérêt… répond à mes questions.

Une tension palpable s'installa. Les doigts du détenu s'affolaient frénétiquement dans tous les sens tandis que son visage commençait à devenir pâle. La menace avait-il fait son effet ?

Bon d'accord… déclara-t-il, soudainement coopératif, reprenant promptement son clame et ses couleurs – ce qui laissa pantois l'adjoint du Morino. Je m'appelle Xhi'Jōkāisshuiyōkīnagaramuchitsujogyakusetsu Kafotazaki. Xhi' pour faire court, ou X pour les intimes. Et vu les prochaines minutes, je sens que nous allons devenir plus qu'intimes.

Âge et date de naissance, ordonna Ibiki, ignorant la dernière remarque du dénommé Xhi'.

Né un 29 février et j'ai 30 ans.

Tu mens.

Mais pas du tout !

Et il y avait bien raison de douter : ce Xhi' n'avait absolument pas le physique de la trentaine ! Il devait faire dans les 15-16 ans, vingt tout au plus. Et étant attaché par un perturbateur de chakra, il ne pouvait user de subterfuge pour jouer avec son physique. Même l'ex-Hokage, Tsunade, retrouverait immédiatement ses rides de la cinquantaine si elle était dans cette situation.

Bon d'accord… J'ai 120 ans ! avoua-t-il en faisant la moue. Satisfait maintenant !

Voyant qu'il n'avancera pas de ce côté-là, Ibiki enchaîna avec quelques questions d'apparence banales. Questions dont il connaissait déjà les réponses – où en était certain a au moins 70% de leur véracité. Elles avaient pour but de vérifier les tics faciaux et gestuels du sujet lorsque celui-ci disait la vérité ou non. Mine de rien, la fille d'Inoichi l'avait inspiré.

Ayant suffisamment d'informations sur le caractère et les tics de son prisonnier, le vrai interrogatoire pouvait enfin commencer :

Où est Uzumaki Naruto ?

Hm ? lâcha le brun dans un haussement de sourcils. Vous savez, j'ai un ÉNOOOOOORME problème avec le prénom des gens. Z'avez beau avoir une tête ressemblant à une tranche de pizza, ma mémoire ne mettrait aucun nom là-dessus, expliqua-t-il, enjouée. Si vous pouvez me dire à quoi ressemble votre gras, ça mettrait les choses au clair.

Passement outre l'insolence espiègle de Xhi', le borgne voyait qu'il ne mentait pas. Ce type souffrait-il d'une agnosie associative, tout comme Gai Maito ?

Un blond avec des marques de moustache sur ses joues… Celui à qui t'étais censé organiser son mariage… acheva Ibiki avec une subtile pointe d'animosité dans ses derniers mots.

Ah ! s'exclama-t-il, soudain prit d'une illumination. Celui qui crèche un Pokémon ! Hmm… le renard j'crois… Oui… Oui je vois de qui vous parlez… !


[~~~] Un mois auparavant [~~~]

Une session s'anima au sein du Palais de Konoha. Plus précisément, entre le Sixième Hokage, Kakashi Hatake, et Cinquième Kazekage, Sabaku no Gaara. Assis autour d'une table, étaient également présents les représentants des Kage absents : Chōjūrō de Kiri, Darui de Kumo et Kurotsuchi d'Iwa. On pouvait compter aussi la présence d'émissaires venant d'autres nations, ainsi que Xhi'Kafotazaki et Naruto Uzumaki – principal sujet d'une des deux affaires traitées lors de cette réunion.

Le premier ordre du jour abordait le rapport mensuel de l'Union Shinobi.

Malgré le passif belliqueux qui liait les Cinq Grands Villages, l'Alliance Shinobi leur avait permis de créer des liens tellement solides qu'il serait une erreur de la défaire, surtout devant la baisse trop brutale des effectifs ninjas durant la dernière guerre. Aussi, les cinq Kages avaient décidés de préserver leur coopération par le bais d'accords agissant sur le long terme. C'est ainsi que les villages de Konoha, de Suna, de Kiri, de Kumo et d'Iwa – ainsi que les samouraïs du Pays du Fer – formèrent l'Union Shinobi, une organisation internationale veillant au développement relationnel des villages membres ainsi qu'à la concrétisation d'une paix mondiale. Dans cette optique, une invitation fut proposée à tout village caché souhaitant intégrer l'Union.

Depuis sa création, huit villages ont rejoint l'Union Shinobi.

Il eut tout d'abord le Village Caché de la Pluie, Amegakure. Sous la requête de Naruto, un orphelinat fût bâti en cette occasion. En hommage à son condisciple, l'institution fût baptisé « l'Orphelinat Nagato », placé sous la direction de Kabuto Yakushi et de son frère adoptif, Urushi. En dépit de ses crimes gravissimes, l'ancien associé d'Orochimaru fût autorisé à gérer cette institution sous travail d'utilité général à perpétuité, sans avoir le droit de quitter le périmètre qu'on lui avait attribué. Et pour veiller à ce qu'il respectait ces conditions, il fût marqué d'un fūinjutsu cérébral destiné à le neutraliser en cas de transgression.

Viennent ensuite le Village Caché de la Cascade, Takigakure ; le Village Caché de l'Herbe, Kusagakure ; le Village Caché du Gel, Shimogakure ; le Village Caché de la Neige, Yukigakure ; le Village Caché de la Lune, Tsukigakure ; le Village Caché de l'Étoile, Hoshigakure…

…et tout récemment, le Village Caché du Son, Otogakure.

Voilà longtemps que le hameau fondé par Orochimaru s'était retrouvé sans dirigeant, sans parler du fait que le Sannin renégat n'avait plus donné signe de vie depuis la fin de la dernière guerre. C'est alors que le clan Fūma, mené par un certain Hanzaki, décida de reprendre les rênes d'Oto et de rétablir leur gloire. En effet, les Fūma étaient un clan ninja déchu, vivant de pillages et de petits contrats bien avant la fondation du Village du Son. La venue d'Orochimaru les avaient privés du peu d'honneur et d'hommes qu'il leur restait. Le Sannin disparu et ses forces amoindris par l'intervention de Sasuke Uchiha d'il y a trois ans, Hanzaki prit les choses en main et réussit à s'emparer du complexe basé sur le Pays des Rizières.

Aujourd'hui, Otogakure est devenu un refuge d'accueil pour toutes les victimes des expériences du Serpent n'ayant nulle part où aller, en particulier les porteurs de la marque maudite – sans cesse rejetés à cause de leur apparence. Apprenant cela, Jūgo, le compagnon de Sasuke, s'est proposé de prendre en charge ces personnes et de les aider à maîtriser la marque grâce au savoir de son clan.

Cet aparté sur l'Union Shinobi terminé, parlons du sujet impliquant Naruto : son mariage.

Pour être exact, ce mariage va célébrer non seulement le couple Naruto Uzumaki / Hinata Hyūga, mais également unir Gaara avec la Suna-nin Matsuri.

La romance entre les deux shinobis du Sable datait voilà quatre mois. Lorsque Toneri Ōtsutsuki avait fait pleuvoir des fragments de la Lune sur le monde, l'un d'eux s'était écrasé dans la maison de Matsuri. N'ayant les moyens de loger ailleurs en attendant les réparations, la kunoichi s'est vu proposée par le Kazekage de séjourner dans sa résidence familiale.

En réalité, l'idée d'héberger Matsuri venait de Temari et Kankurō, voyant là une occasion pour que leur petit frère puisse ouvrir davantage ses émotions dans un espace plus… « convivial », en dehors de sa propre famille. Par ailleurs, la fratrie de Gaara espérait secrètement qu'une liaison amoureuse naîtrait de ces deux êtres.

Pour des raisons politiques, le Conseil de Suna – appuyé par le Daimyō du Vent – souhaita que leur Kazekage se marie au plus vite. Étant donné que Temari projetait de se marier avec Shikamaru Nara, membre d'un des clans prestigieux de Konoha, ses futurs enfants seront dès lors considérés comme ninjas de la Feuille. Au sein de Sunagakure, le Kage est désigné de manière héréditaire. Si Gaara et Kankurō venaient à mourir sans héritier, cela signifierait qu'un ninja de Konoha aurait une prétention légitime à ce poste, chose que le Conseil veut éviter. Le marionnettiste ayant exprimé son refus de se marier avant son frère Kazekage – prétextant comme un manque de respect envers ce dernier –, il fut décrété qu'un mariage serait arrangé dès le vingtième anniversaire de Gaara.

Souhaitant tout le bonheur pour leur petit frère, Temari et Kankurō décidèrent de miser sur Matsuri – connaissant les sentiments de cette dernière depuis l'incident avec les ninjas de Takumi no Sato* – avant que le Conseil ait pu organiser une rencontre. Ils espérèrent faire naître une liaison sincère plutôt qu'un amour fondé sur des engagements politiques, contrecarrant de ce fait les éventuelles manigances chez les conseillers véreux. Et c'est finalement au bout de quatre mois de cohabitation – ainsi que de quelques interventions espiègles de Temari et Kankurō – que le statut entre Gaara et Matsuri évolua au stade de couple…

Bref… un double mariage impliquant deux grandes figures de l'Union Shinobi.

Un évènement prévu au sein de Konoha en raison du cadre idyllique qu'offrait le village sous la saison des cerisiers en fleur.

Un évènement que Xhi' s'est proposé d'organiser… Et aujourd'hui, il obtenait le consentement unanime des membres de l'assemblée.

Je vous remercie de votre confiance, honorables représentants de l'Union Shinobi, s'inclina respectueusement le Kafotazaki, se levant de la chaise qu'on lui avait attribuée. Vous verrez, aucune dépense ne sera épargnée ! Je ferai venir les meilleurs artistes et chefs cuisiner, ainsi que les meilleures denrées de la Péninsule Élémentaire. Le fromage légendaire des caves de Kiri, de l'hydromel made in Kamizuru*, le fameux yarsagumba* des montagnes de Kaminari no Kuni… énuméra-t-il accompagné de gestuelles extravagantes, valant des regards atterrés, surpris et même amusés de certains des personnes présents. …sans oublier cet excellent couscous doré récemment acquis du butin d'un célèbre pirate agissant à Kaze no Kuni ! Histoire de montrer que nous sommes tous unis, dans l'amour… se mit-il soudain droit comme un I, braquant son poing droit au niveau de son cœur …comme dans la bouffe ! termina-t-il en tapotant sa main restante vers son estomac.

Vous n'aviez pas à donner toute cette peine pour nous… euh… Kofotozuki-san ? intervient Naruto, gêné devant l'offre si fastueuse de son interlocuteur que dans sa tentative de prononcer correctement le patronyme de ce dernier.

Kafotazaki, corrigea le brun avec sourire. Mais je vous en prie, appelez-moi Xhi'. Bref, rien ne me ferait plus plaisir que d'enjoliver le mariage des grands sauveurs de la Grande Guerre ! Je n'ai eu qu'à voir les photos des futures épouses, et j'ai su que vous êtes des hommes aux goûts exquis ! leur déclara-t-il d'un clin d'œil complice. Sans compter que nos seigneurs vénérés seront de la fête, alors autant y mettre le paquet avec des choses dignes de leurs rangs !

Non comptent de compter la présence d'éminents ninjas et samouraïs, cet évènement va également accueillir plusieurs daimyōs, conviés pour traiter le cas de l'Union Shinobi. Certains d'eux voyaient ce projet d'un mauvais œil, craignant la montée en puissance des ninjas et des risques potentiels qu'elle pourrait causer dans le monde politique. Aussi, les représentants de l'Union Shinobi décidèrent d'organiser une réunion avec leurs suzerains le lendemain du mariage, montrant tout ce que leur organisme peut leur apporter, espérant que l'atmosphère festive et bonne entente des ninjas puisse déteindre sur leur jugement.

Plus que d'unir deux couples, ce mariage pourrait être une occasion idéale – et optimiste – de fédérer le monde politique des daimyōs avec celui des Shinobi.

Et puis… pour être franc, enchaîna Xhi' avec une expression malicieuse, ça me fera de la pub avec tous ces invités de marque. C'est gagnant-gagnant ! lâcha-t-il en se frottant les mains, avant de reprendre solennellement : L'Histoire n'oubliera pas ce mariage, ça je vous le dis !

Et c'est sur ces morts prononcés avec tant d'ardeur que la séance prit fin.

Naruto quitta la salle, quelque peu soulagé d'être libéré de ces démarches administratives. Sitôt dans le couloir, il tomba face à Killer Bee – chargé d'accompagner Darui pendant son séjour à Konoha. Depuis le début de la réunion, l'homme aux lunettes de soleil patientait paisiblement, psalmodiant son « Enka-rap » en compagnie des fredonnements de Samehada, l'une des Sept Sabres légendaires de Kiri.

Depuis la fin de la dernière guerre, le Village Caché du Brouillard avait maintes fois sollicité la restitution de leur héritage militaire, projetant de reformer le groupe des Sabreurs. Cependant, l'arme vivante refusa de se séparer du jinchūriki de Kumo, prise d'affection pour son chakra opulent. C'est alors qu'après une négociation entre le Raikage et la Mizukage, Bee fut autorisé à garder Samehada jusqu'à sa mort – où il sera par la suite rendu aux Kiri-nins. À ce titre, il fût nommé ambassadeur officiel entre les villages de Kumo et de Kiri, ainsi que membre honorable de la nouvelle génération du Shinobigatana Shichinin Shū.

Alors que les deux hôtes se saluèrent de leurs poings, Xhi', accompagné d'un majordome aux cheveux platine, les abordaient.

Monsieur le marié, avant de vous quitter, laissez-moi vous offrir un petit quelque chose.

À ces mots, le valet tendit respectueusement une carte à Naruto qui la saisit en réponse. D'un premier regard, il vit les lettres « FAIRY HILLS » imprimés en rouge sur un fond blanc parsemé de cœurs ailés enflammés. Sur le verso était indiqué diverses informations sur ce qui semble être un établissement.

Tout comme pour votre ami Kazekage, ce passe vous offre une nuit de plaisir dans notre cabaret rose. Croyez-moi, c'est l'endroit idéal pour enterrer votre vie d'célibataire ! s'écria Xhi' pouce bien en évidence.

Euh navré… fit Naruto en se grattant la joue, l'air penaud. J'suis pas à l'aise dans ce genre d'endroit. J'en garde de mauvais souvenirs… révéla-t-il d'un air mélancolique, repensant aux nombreuses fois où il était – malgré lui – poursuivi par une horde de femmes en furies… faute aux sales manies de son feu maître Jirayia.

Et en parlant de Jirayia …

Vous êtes bien un proche du Sannin aux Crapauds, non ? Il était notre meilleur client et un de nos fidèles contribuables. À ce titre, il possède un logement dans notre établissement. Ses affaires personnelles s'y trouvent encore, dont une photo de vous jeune – c'est comme ça que j'ai pu faire un lien entre vous deux. Même si vous n'êtes pas intéressés par nos services, vous pourrez néanmoins passer une nuit dans sa chambre et récupérer ses biens avant qu'on s'en débarrasse… C'est vous qui voyez.

L'hôte du démon-renard était plutôt séduit par cet argument. « Des affaires d'Ero-Sennin… Pourquoi pas après tout. J'espère seulement qu'il ne s'agit pas de trucs douteux… » songeait-il. Mais il avait des missions à accomplir et un mariage à préparer. Dans les prochaines semaines peut-être…

Par ailleurs, reprit l'homme à l'ahoge, la tête tournée vers Bee, votre slam est plus que bienvenu dans les spectacles de notre cabaret ! Si j'ai bon vent de votre talent musical, je suis sur que vous allez faire un carton avec nos serveuses ! Et qui sait, peut-être que l'un de nos riches clients sera si séduit par votre rap qu'il voudrait en faire un disque… conclut-il avant de quitter la compagnie des deux blonds, les laissant méditer sur ses offres.

Intérieurement, Naruto frissonnait. Décidément, ce gars avait le chic pour caresser ses interlocuteurs dans le sens du poil. S'en était presque inquiétant…

Quant à Bee, il adopta un visage impassable devant l'invitation de Xhi', le même que la fois où il était confronté au Harem no Jutsu remarqua Naruto, ce qui n'augurait rien de bon…


*** Un mois plus tard ***

~ Près de deux heures avant l'interrogatoire de Xhi' ~

Aujourd'hui, c'est un temps ensoleillé qui surplombe le village de la Feuille.

Au même titre que les fleurs de cerisier, la joie s'épanouissait le long de l'avenue menant au Manoir Hokage – dont la cérémonie se déroulerait sur le toit. Ninjas et civils se rassemblèrent par milliers, des stands de nourriture se montèrent par centaines… Tout cela pour assister à ce que certains affirment être « le grand mariage de notre temps ». Sur la muraille entourant la cour du palais vermillon, des soldats armés montèrent la garde et un immense téléviseur fut mis à disposition pour les spectateurs extérieurs.

Sous les yeux des Hokage sculptés dans la montagne, de nombreux gens s'installèrent sur les tables disponibles dans le toit du manoir. Un festin digne des Akimichi était dressé, accompagné des décorations dignes des fleuristes et décorateurs Yamnaka, le tout organisé avec une planification digne des Nara.

Et c'est dans ce décor qu'arriva Hinata.

Vêtue d'un shiromuku (kimono de mariage) et coiffée avec une fleur décorative, la Hyūga marcha lentement en direction de l'autel échafaudé par le Mokuton de Yamato sur l'extrémité du toit, à la vue de la foule d'en bas. L'esprit submergé d'émotion, elle plongea de discrets regards aux personnes assistant à la cérémonie – tous vêtus d'une tenue spéciale pour l'occasion : des costumes chics aux ensembles traditionnels.

Parmi les visages familiers remplis d'allégresse, la mariée reconnut ses camarades de promotion, ses professeurs, ses connaissances parmi les shinobis, ainsi que sa famille. Sa petite sœur, Hanabi, tenait une photo de leur défunt cousin, Neji, en compagnie de ses parents. Sa mère, elle pourtant si peu présente dans sa vie – diplomate à la cour du daimyō oblige –, avait même fait le déplacement.

Le daimyō du Feu, justement, était également sur place aux côtés de ses confères de l'Eau, du Vent, de la Terre et de la Foudre. Il y avait même des suzerains épaulant l'Union Shinobi sans pour autant en faire partie. Pour la plupart, ils représentaient des nations qui connaissent une grande évolution sociale suite à la visite de Naruto par le passé ; notamment Koyuki du Printemps, Haruna des Légumes, Toki des Oiseaux, Hikaru de la Lune et Shion des Démons…

La sécurité de ces illustres personnalités n'est pas moins assurée par les Kages et leurs bras droits. Les premiers siégeaient sur une table à la fois proche des daimyōs et de l'autel, tandis que les seconds se tentèrent solennellement derrière les daimyōs. Quelques samouraïs – venant de la garde personnelle de leur seigneur – assurèrent également cette tâche sous des armures aussi magnifiques qu'intimidantes.

Au loin, Mei, la Mizukage, était assise dans la même table que Tsunade, Shizune, Kurenai et la petite Mirai s'amusant avec Tonton ; ayant longuement discuté sur de nombreux sujets de près ou de loin sur les mariages.

Et au cœur de l'évènement, auquel Hinata les rejoint à l'autel : Kakashi, maître de cérémonie ; Iruka, témoin de son frère spirituel ; Kankurō, témoin de son frère de sang… Et bien entendu, sous son haori hakama, Gaara, ainsi que sa future promise à la robe blanche, Matsuri.

Bref, tout le gratin de l'Union Shinobi répondait présent…

…sauf un :

Décidemment, chuchota Iruka au Hatake, votre manie des retards à détient sur Naruto…

Enfin… plutôt deux :

D'ailleurs, lâcha le Raikage à C, tandis que le sujet de l'absence de Naruto se murmurait sur les autres lèvres, où est encore passé Bee ?

La dernière fois que je l'ai vu, il m'a dit qu'il allait aux toilettes, répondit le jōnin de Kumo, non sans exaspération.

Toujours la même excuse… intervient Darui avec flegme. Ça devient vraiment naze à force.

L'hôte de Gyūki à part, l'absence de l'Uzumaki n'était vraiment pas normale. Il était prévu que chaque promis(e) devait se présenter à intervalle séparés, à des heures précises. Dans l'ordre : Gaara, Matsuri, Naruto et Hinata. Ayant attendu dans des pièces séparées, aucun n'avait connaissance des déplacements de l'autre. Tous pensaient que le blond avait désiré passer en dernier, mais après cinq minutes d'attente, le doute s'installait dans leurs esprits.

Alors qu'Iruka et Kankurō étaient sur le point de chercher le retardataire, Xhi' arriva à toutes jambes avec une expression affolée.

C'est terrible ! hurla-t-il de vive voix. Le blondin a disparu !

Le temps que la phrase percute les esprits…

5…

… – un peu plus pour les lents d'esprit – …

4…

…tous les regards se braquèrent vers le porteur de la mauvaise nouvelle.

3…

Certains exclamèrent leur surprise.

2…

D'autres affichèrent des signes de chagrin.

1…

Les yeux d'Hinata commençaient à s'humidifier.

0…

BOOM !

Des explosions résonnèrent, des hurlements s'élevèrent…

L'euphorie générale laissa place à une panique tumultueuse.

Le bleu du ciel fut terni par des colonnes de fumée et un voile orange transparent.

L'enfer commençait à se déchaîner dans les rues de Konoha !

Tout était si soudain…

Tout c'était déroulé trop vite…

Et avant qu'ils n'aient eu les pensées en place, ceux présents dans l'autel et la table des Kages furent, l'instant d'une fraction de seconde, prit d'un soudain frisson avant de finir congelés sur place.

Seuls Ōnoki, A, Kakashi et Gaara étaient figés dans l'expression la plus grave que leur visage ait pu afficher.

Iruka et Kankurō, ayant quittés l'autel quelques secondes auparavant, ont pu éviter de justesse cet étrange phénomène.

Quant aux mariées, elles devraient leur salut grâce à la sensibilité extrême du bijū qui sommeillait en Gaara, expulsant une bourrasque brusque par l'intermédiaire de son hôte – avec qui il partageait une relation plus que symbiotique à l'instar de Kurama et Gyūki.

Pour toutes les autres personnes, tout ceci devenait clair : "Konoha est attaqué !"

De par ses talents de senseurs, C détecta de nombreuses sources de chakra hostiles dans le village. Cependant, six d'entre eux représentait une grande menace, du genre que seuls des shinobis de rang S pouvaient espérer combattre. Et ces six entités, se tenaient sur les têtes des six Hokage. Cinq étaient encapuchonnées dans des tuniques noires. Le sixième, dressé sur le visage représentant Tsunade, tout blanc vêtu, avait les mains jointes. Certainement le responsable de la congélation de son Raikage, conclut le jōnin de Kumo. Un utilisateur du Hyōton ?

Alors que le sextuor quittait le champ de vision de C, ce dernier ressentait un profond malaise comme il n'en avait jamais connu. La source… le surprenait tout autant. Xhi'.

C'est alors qu'au beau milieu de ce tintamarre, l'organisateur du mariage, souriant, écarta ses bras et annonça à plein poumons devant une des caméras :

Que les festivités… commencent !

CHAPITRE I : Est-ce le début des festivités… ou le lancement des hostilités ?


*Pause culture :

Un ahoge est une mèche de cheveux qui dresse du haut de la tête. Traduit par « cheveux stupides », c'est un trait physique qui désigne souvent des personnages de manga jugés idiots ou naïfs.

En français, les deux premières phrases que Xhi' à lâché sont :

« J'sais pas avec quoi vous m'avez drogué les gars, mais ça fait longtemps que je n'avais pas aussi bien dormi ! »

« M'ouarf, il est raté ton cosplay de Nick Furry ! C'est pas avec ça que tu va réussir à me faire peur ! »

Je ne prétends pas avoir correctement retranscrit ces phrases en japonais. Il est probable que j'ai fait des erreurs dans la traduction et je m'en excuse d'avance…

L'incident des ninjas de Takumi no Sato se réfère aux épisodes 216 à 220 de Naruto, où Matsuri s'était faite enlevée par un groupe de quatre shinobis afin d'attirer Gaara dans un piège.

L'hydromel est une boisson alcoolisée (probablement le plus vieil alcool jamais connu) faite à partir d'eau, de levure et de miel. Dans le roman Konoha Hiden, il est dit que cette boisson est offerte comme présent de mariage au sein du clan Senju. Toujours d'après le roman, il est suggéré que l'hydromel est principalement fourni par les Kamizuru, un clan d'utilisateurs d'abeilles également introduit dans les épisodes HS 148 à 151 de la première série.

Le yarsagumba (du tibétain signifiant "plante estivale, insecte hivernal") est un des nombreux noms donnés au Cordyceps Sinensis, un champignon formé à partir d'une chenille qu'elle a parasité. C'est un hybride très rare qu'on trouve dans les hauts pâturages de l'Himalaya, à plus de 4000 mètres d'altitude. Elle est principalement reconnue pour avoir d'innombrables vertus aphrodisiaques, d'où son prix qui peut se négocier jusqu'à deux fois le prix d'un kilo d'or. En médecine chinoise, il fait partie du « trio impérial » (avec le ginseng et le reishi, deux autres mets aux bienfaits extraordinaires) donné exclusivement aux empereurs asiatiques pour prolonger leur vie.

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À suivre dans le prochain chapitre : Briefing à la télé-achat… Les rancœurs du passé