Garcia ne mit que quelques secondes à trouver le site en question. Sobre, beige et taupe, à l'écriture droite et étroite, il arborait le logo de la justice : une balance en équilibre. De son contenu, les profileurs ne trouvèrent rien à redire. Le site se présentait comme neutre, à vocation pédagogique, permettant de comprendre le fonctionnement de la justice américaine avec de nombreux détails sur les tribunaux et les professions juridiques et judiciaires.

Hotch dut avouer de mauvaise grâce que les informations étaient correctes, sans parti-pris et parfaitement expliquées pour un profane. Aucune phrase orientée ou à double sens ne venait semer le trouble dans l'esprit d'un lecteur. Pire, son allure de site officiel servait les intérêts de la Ligue des Justiciers et Garcia se rendit vite compte que le site était souvent référencé. Ironie du sort, il figurait même dans une liste des sites conseillés, établie par le ministère de la justice.

Aucun moyen de le supprimer sans se faire remarquer, donc. Car ce qui inquiétait les profileurs, c'était la partie vos témoignages, bien placée en haut à droite du menu. C'était là que les visiteurs étaient encouragés à faire part de leur expérience, la plupart du temps en tant que victime ou proche de victimes. La Ligue imposait certains renseignements : un compte rendu le plus précis possible du procès et les noms de toutes les parties impliquées, aussi bien le juge que le procureur ou l'avocat du criminel comme de la victime, des témoins éventuels ou du criminel. Sans surprise, c'était à partir de là que la Ligue prenait contact avec les familles des victimes initiales. Elle testait la détermination de ces familles pour...pour faire quoi, au juste ? Car Hotch aussi bien que JJ en étaient convaincus, il y avait davantage derrière cette histoire qu'un simple témoignage sur un site. Il y avait autre chose, quelque chose qu'aucune des familles ne voulait avouer.


.


David Rossi s'avança dans la salle de réunion du commissariat. Il avait pris soin de bavarder avec quelques policiers, plus pour prendre la température que par volonté de perdre du temps ou faire une pause.

"Les policiers commencent à s'impatienter. Certains racontent que ce n'est pas une si mauvaise chose de se débarrasser des juges laxistes. Qu'ils ne comprennent rien à la réalité du terrain…"

Ce n'était pas une surprise. Dépitée devant la tournure des évènements, convaincue qu'ils allaient grandement avancer avec la découverte du site, JJ s'affala sur la chaise la plus proche. Par visio-conférence, elle observa quelques instants Garcia. L'analyste, vêtue de flamboyantes couleurs, parée de lunettes violettes, ne s'était pas avouée vaincue. Elle ne cessait de rechercher les plus petites pistes qui se présentaient à elle. Déjà, en quelques minutes, elle était parvenue à obtenir une liste de toutes les personnes impliquées dans la conception du site : webmaster, modérateurs, elle avait récupéré jusqu'à l'IP des visiteurs les plus récents. Des données nécessaires à l'enquête, bien qu'étudier chaque protagoniste prendrait un temps monstre.

Rossi ressortit sa tablette et se focalisa sur les résultats de l'autopsie. Il se rappelait bien que Prentiss avait remarqué quelque chose d'étrange, sur ces photos, sans parvenir à mettre le doigt dessus. Il repassa une à une les photos et sur son calepin, il inscrivit toutes les différences et tous les points communs entre les corps.

"Quand Morgan, Prentiss et Reid doivent-ils revenir ? finit par interroger JJ.

— Cette nuit au plus tôt. Ils ont confirmé que les quatre corps retrouvés par le shérif Jonhson correspondent au mode opératoire de la Ligue. Le légiste estime les décès entre deux et un an. Ils ont découvert beaucoup de chose…"

En quelques mots, Hotch partagea les découvertes de Morgan et Prentiss. Aucun agent n'ajouta quoi que ce soit : ils se replongèrent sombrement dans leurs pensées. Maintenant qu'ils devaient chercher des protagonistes endossant le rôle des acteurs du procès, Hotch se demanda s'il n'y avait pas de véritables juges ou policiers dans les rangs de la Ligue.

Au bout d'un quart d'heure, Rossi bondit de sa chaise. Il avait enfin trouvé ! Sans prendre le temps de partager sa découverte avec les autres agents, il fila vers les salles d'interrogatoire. Un instant, il hésita entre Aurelia Witton, Jackson Kenneth et sa femme. Finalement, alors que Hotch et JJ le rejoignaient, il entra dans la salle d'interrogatoire où était reclu Jackson Kenneth, estimant qu'il aurait plus de chance avec lui.

Son arrivée brutale dans la pièce et le claquement de la porte firent sursauter le prévenu. Après un interrogatoire poussé et des heures seul dans la pièce, il ne s'attendait plus à ce qu'on revienne le chercher.

Sans lui accorder un regard, Rossi s'installa sur la chaise libre en face de lui. Il déposa la photo du procureur Sherman sous le nez de Kenneth puis il posa la photo du cadavre de la victime à côté.

"Dites moi, monsieur Kenneth, qui tenait l'arme, vous ou votre femme ?

— Je ne vois pas de quoi vous parlez… murmura l'homme d'une voix à peine audible.

— Je crois que vous voyez très bien, au contraire ! Celui qui se prétend juge -Kenneth détourna le regard à cette mention- est un psychopathe organisé, presque maniaque. Tout ce qu'il est est calculé au millimètre près. Alors comment pourrait-il avoir manqué le cœur de Max Sherman à une distance inférieure à trois mètres ? Parce que le Juge n'a pas tiré ! Le Juge n'est pas le Bourreau ! C'est pour ça que vous vous taisez, n'est ce pas ? Vous n'avez pas fait que raconter votre histoire sur un site, pas seulement désigné Sherman comme prochaine victime ! Vous y avez pris part ! Alors dites-moi, monsieur Kenneth, avez-vous apprécié de tenir la crosse d'une arme à feu ? Avez-vous été surpris par le recul de l'arme ? Par le bruit ? Qu'est ce que tuer un homme vous a fait ?"

Au fur et à mesure de la tirade énergique de Rossi, Jackson Kenneth était devenu livide. Dans le procès Ligue contre Max Sherman, il avait été le bourreau. Il avait appliqué la sentence de ses propres mains. Pourtant, devant la perspective de passer les prochaines années en prison, il résista de justesse à la tentation de tout raconter.

"Qui a tiré ? insista encore Rossi en se rapprochant de Kenneth. Dites-moi, QUI A TIRÉ ? Si ce n'est pas vous, ce doit être votre femme. Je ferais mieux d'aller l'interroger...

— Non ! hurla Kenneth. C'était moi ! Elle n'a rien à voir là-dedans ! C'est moi qui ai contacté la Ligue, c'est moi qui voulais le tuer ! Et vous savez quoi ? J'ai adoré lui tirer dessus ! Il le méritait !"

La ligue l'avait poussé, avait focalisé sa colère et sa détresse contre Sherman. Exhorté par leurs phrases vindicatives, il avait tiré. D'un côté, il le regrettait. De l'autre, avoir un exutoire l'avait empêché de sombrer encore davantage dans la dépression. D'une certaine manière, tuer Sherman l'avait sauvé. Après ce meurtre, sa colère s'était évanouie ; il s'était senti en paix. Sa vie avait repris son cours normal entre le travail et la maison, à ceci près qu'il ne faisait plus attention à sa femme.

"Jackson Kenneth, vous êtes en état d'arrestation pour le meurtre du procureur Max Sherman", conclut simplement Rossi.


.


Rossi se réjouit peu de temps de son avancée. Aurelia Witton et Julia Kenneth confirmèrent toutes deux que la Ligue leur avait fait endosser le rôle de Bourreau. Si la première ne se pavana pas comme Jackson Kenneth, elle n'en montra pas moins une absence totale de remord. Au contraire, la seconde s'effondra encore une fois en larme, mi-soulagée de voir ce poids ôté de ses frêles épaules, mi-terrorisée par cette mise en examen pour complicité de meurtre. Les profileurs les arrêtèrent de mauvaise grâce.

Chaque agent, comme chaque policier qui assista à la scène, eut l'impression d'arrêter les mauvaises personnes. Ils étaient si loin d'arrêter tous les membres de la Ligue ! D'après leurs estimations, corroborées par les indices recueillis par Morgan, ils n'avaient que 2 suspects alors qu'au minimum il y avait quatre membres de l'organisation.

Hotch était certain que le Juge était la clef de l'organisation. C'était lui qu'ils devaient attraper. A défaut, la Ligue renaîtrait toujours de ses cendres. Il espéra que les investigations des agents sous l'égide de Morgan allaient porter leurs fruits. Devant l'absence d'indices laissés par le Juge, il faudrait remonter jusqu'à lui en passant par les membres subalternes de l'organisation.

"Il est temps de donner le profil", annonça-t-il.

Avec les agents de son équipe présents dans les locaux, ils réunirent leurs différents papiers et notes et firent ensembles le point pour être certains d'avoir un profil complet. Hotch regrettait l'absence de Morgan mais devant la complexité de leur affaire, il n'avait pas eu d'autre choix que de séparer l'équipe en deux. Devant leur nouvelle piste, Morgan devait ramener rapidement leurs suspects à Minneapolis. Autrement, ils craignaient que la Ligue, se sachant partiellement découverte, ne couvre ses traces.

En une dizaine de minutes, une foule de policiers se pressait dans la salle principale du commissariat. Ils en étaient au soir du cinquième jour d'investigations. Beaucoup des hommes en uniformes s'étaient montrés impatients, trouvant le temps d'enquête des profileurs particulièrement long.

Les agents s'alignèrent le long du mur. Ils avaient sorti le grand tableau blanc sur lequel figuraient les photos des victimes.

"Les suspects se font appeler la Ligue des Justiciers, commença Hotch. Il s'agit d'un groupement occulte qui accuse les professionnels de la justice de causer la délinquance en laissant en liberté des criminels notoires.

— Ils se basent sur les témoignages des familles des victimes de ces criminels, précisa JJ. Mais ils sont fort probable qu'ils recherchent certains éléments par eux même. En tout état de cause, ils surveillent leurs victimes et prennent contact avec eux. Jusqu'à présent, nous avons retrouvé sept corps mais une trentaine de victimes sont quasiment certaines. Il est possible qu'il y en ait beaucoup plus...

— Combien plus ? coupa brusquement un policier.

— C'est impossible de savoir le nombre exact en absence de corps et d'avis de disparition, répondit sombrement Hotch.

— Leur victimologie est toujours la même, poursuivit Rossi. La Ligue vise des juges, des procureurs et des avocats qui ont d'une certaine manière aidé les criminels notoires à retourner dans la société. Sur toutes les victimes de la Ligue, seules trois avaient véritablement commis une faute en relâchant un criminel. Les autres ont passé un accord avec le coupable ou n'avaient pas les preuves nécessaires pour poursuivre ou condamner.

— Les victimes sont approchées par mail, continua JJ. La Ligue se fait passer par un journaliste ou un proche de la victime initiale du criminel notoire. Généralement, c'est suffisant pour attirer la victime à un rendez-vous : la plupart ressentent de la culpabilité à l'idée d'avoir été incapables d'empêcher un crime ultérieur alors qu'ils ont été en face de son auteur.

— Néanmoins, cinq n'ont pas répondu à la tentative de contact, nuança Rossi. Celles là ont été enlevées de manière plus musclées. Les policiers en charge des disparitions de l'époque ont noté des traces de bagarre dans les domiciles des victimes ou sur les trajets entre le domicile et le lieu de travail. Les agresseurs étaient masqués et à chaque fois le véhicule a été retrouvé incendié quelques jours plus tard. Deux victimes étaient juges et avaient commis une faute lors d'un procès, une était un procureur qui avait négligé son dossier. Les deux dernières étaient surbookées ou n'avaient simplement pas envie d'aller à cette rencontre. Toutes les deux étaient avocats.

— Cela veut dire qu'une fois fixée sur une cible, la Ligue ira jusqu'au bout, peu important que la victime ne morde pas à l'hameçon, expliqua Hotch. Les enlèvements impliquaient au moins trois agresseurs. A chaque fois, ils ont fait en sorte que la victime ne puisse pas s'échapper.

— Ce qui nous amène au mode opératoire, poursuivit JJ. La Ligue met en scène un nouveau procès pour ses victimes. L'enlèvement correspond à l'arrestation. L'interrogatoire par la police correspond à la période de torture : la Ligue fait tout pour obtenir des aveux. C'est une fois les aveux entre leurs mains que la Ligue recontacte les familles des victimes initiales. Leur rôle sera celui du Bourreau qui applique la sentence.

— Donc la Ligue ne tue pas les victimes ? s'enquit un nouveau venu.

— Pas directement, concéda Hotch. Néanmoins, la Ligue orchestre la totalité des évènements. Les membres sont coupables d'enlèvement, de séquestration, de coups et blessures et de complicité de meurtre. Ils ne sont pas à prendre à la légère ! Certaines victimes sont à la limite de la manipulation. De belles paroles dans une période de détresse peuvent vous faire faire n'importe quoi !"

Son ton calme remit les idées en place au nouveau policier, absent lors des derniers jours d'enquête. Les monstres n'étaient pas toujours ceux qui appuyaient sur la gâchette. Et parfois, ceux qui n'appuyaient pas étaient les pires.

"Et si la famille refuse de tuer la victime ? interrompit un autre policier.

— Jusqu'à présent, nous ne nous sommes pas trouvés face à cette situation. Néanmoins, au vu de la violence subie par les victimes et l'organisation presque militaire de la Ligue, je ne pense pas qu'une famille refusant de coopérer reste en vie très longtemps. La Ligue verrait ça comme une espèce de complicité avec la victime.

— Il ne faut pas oublier que les proches de la victime initiale et la Ligue sont en contact, précisa JJ. La Ligue prend la température, travaille la famille pour être certaine de ses convictions. Ils ne mettraient pas en danger leur organisation pour un bourreau dont ils ne sont pas certains de la fiabilité."

Rapidement, un brouhaha s'éleva dans la salle. Hotch laissa la tension retomber. Inutile de s'époumoner pour ramener le calme, d'autant que l'affaire était complexe. En quelques secondes, les policiers se calmèrent d'eux mêmes et les agents continuèrent.

"La Ligue est dirigée par le Juge, compléta Rossi. C'est un homme, d'environ quarante à cinquante ans. Il a une expérience personnelle de la justice : soit il exerce une profession dans le milieu de la justice, soit un de ses proches ou lui même a été agressé par un criminel non condamné une première fois. Il est intelligent et très précis, à la limite de la maniaquerie. En revanche, il n'est pas sadique. Il fait ce qu'il croit être juste. Il est certain d'être dans son bon droit.

— C'est quelqu'un qui n'acceptera pas de se faire arrêter, prévint JJ. Il comettra un suicide par policier.

— En revanche, parmi les membres de l'organisation, il existe au moins une personne sadique qui prend plaisir à torturer les victimes et les regarder mourir, intervint à nouveau Hotch. Les Bourreaux tirent sur les victimes mais leur nervosité et leur inexpérience -ce sont après tout seulement les familles des victimes initiales et pas des tueurs professionnels- leur font parfois manquer leur cible : le coeur de la victime actuelle. Le sadique, l'avocat ou peut-être l'enquêteur de la Ligue, apprécie de regarder les victimes mourir à petit feu. Néanmoins, il ne permet pas aux familles un second coup de feu pour les achever rapidement et ne le fait pas non plus lui même."

Hotch effectua une courte pause avant de reprendre avec plus de réticence :

"Selon toutes les probabilités, le suspect a été embrigadé en raison de son idéologie. Pour le moment, la Ligue bride ses envies de violence : la torture n'est qu'un moyen d'obtenir des aveux. Le risque est grand que ce suspect se découvre des penchants sadiques. Si ça arrive, il se libérera de l'emprise de la Ligue et nous aurons un serial killer incontrôlable, formé par une organisation redoutable qui lui aura appris à enlever et tuer sans laisser de preuves…"

A nouveau, un capharnaüm s'éleva. Hotch comprenait bien l'inquiétude des policiers : ils risquaient d'être parmi les premières victimes si ce sadique découvrait à quel point il appréciait les meurtres. Les esprits s'étaient échauffés. Tout ce que les policiers voyaient, c'était que le FBI était incapable d'arrêter la Ligue et qu'en plus ils risquaient de se retrouver avec un autre cinglé sur les bras. Contrairement à la première interruption, il fallut cette fois ramener le calme.

"Nous comprenons votre inquiétude, garantit Hotch. Nous sommes là pour vous aider."

Sa voix calme et son apparence austère firent des merveilles pour calmer l'humeur ombrageuse des agents.

"Pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Les meurtres s'étalent sur des années, le suspect ne semble pas s'en lasser et rien ne dit qu'il le fera un jour. Ce n'est qu'une éventualité.

— Elle est vachement sympa l'éventualité, souffla un officier à son voisin.

— La Ligue, reprit Rossi rapidement pour éviter des débordements, prend son temps dans sa mise en scène. Elle a besoin de reproduire la salle d'interrogatoire, la salle d'observation et de la cellule de détention et donc de trouver une maison susceptible d'être aménagée à leur convenance. Le matériel nécessaire est malheureusement basique et impossible à tracer mais nous en avons fait une liste, au cas où. Idem pour les maisons susceptibles d'intéresser la Ligue.

— Nous pensons qu'au moins deux membres de la ligue travaillent dans le secteur du BTP, ajouta Hotch. Nous avons des suspects, mon équipe va les interroger.

— Il est probable que la Ligue soit organisée en cellules autonomes, poursuivit sombrement JJ. Ce serait cohérent avec le souci que la Ligue a de ne pas laisser de preuve. De cette manière, si une cellule tombe, une autre peut poursuivre leur mission.

— Combien sont-ils ? intervint un policier.

— Plus d'une dizaine. Il faut au moins trois personnes pour mener à bien un procès simulé : le juge, l'avocat de la victime et l'agent enquêteur. Il y a peut-être également un procureur mais son rôle serait alors extrêmement réduit. Tous n'ont pas forcément besoin d'être constamment sur place. Nous pensons qu'en vertu de leurs rôles et pour prévenir toute tentative de fuite de la victime, deux kidnappeurs sont toujours présent sur les scènes de crime : l'avocat de la victime et l'agent enquêteur.

— Néanmoins, nous sommes quasiment certains qu'il n'y a qu'un seul juge. Tant que nous ne l'aurons pas trouvé, nous ne pourrons pas mettre fin à la Ligue.

— Merci de votre attention", conclut Hotch.


Je plaide coupable de manque de régularité ! Chose que je fais rarement dans les fanfics (d'autant que l'histoire est finie). J'avoue que depuis la fin de mes études, j'ai un peu de mal à me concentrer sur autre chose que mes dessins. C'est vraiment fou d'avoir du temps libre.

Merci en tout cas de suivre cette histoire.