Zod'a : Il l'est un peu pour moi. En tout cas plus que Sirius. Même si il apprendra un peu à se forger sa propre identité avec le temps. Là réside tout le but de mon histoire. Ils évoluent tous. Certains dans les bonnes direction, et d'autres font les mauvais choix.

Chapitre 2 : Mission sauvetage et panique à bord.

C'est de ma famille ça ?

Faut croire que oui... Enfin, presque, ma tante Druella était mariée à Cygnus Black, qui est le frère de Wallburga ici présente. Etait parce qu'elle est morte l'année dernière, c'est pour ça que ce n'est pas chez elle qu'on m'a expédiée... Et aussi parce que son mari est un fou furieux qui a déjà trois filles dont il a du mal à s'occuper. (Dont une qui a épousé un sang-de-bourbe et a eu un enfant avec, ça doit surtout être pour ça.)

Sinon, il y avait bien l'option « oncle Evan » mais il est absent quasiment tout le temps à cause des réunions et de trucs de mangemorts... Et mes parents voulaient que je sois le plus surveillée possible durant les vacances. Moi ça m'aurait pas mal arrangée d'aller chez lui, même si c'est pas trop mon truc les discutions sur «Comment éradiquer le plus de Moldus possible ?» et tout ça, mais il est déjà plus jeune.

Elle me fixait, l'air perplexe, attendant sans doute que je me présente. Ses grands yeux noirs étaient terrifiants, comme si tout ce qui émanait d'elle était glacé et mort.

-Bonjour Mme Black. Je suis enchantée de faire votre connaissance.

-Quelle est donc la vraie raison ?

-La vrai raison de quoi, madame ?

-La vraie raison qui fait que vous êtes ici ! Vous êtes une traitre-à-votre-sang ? Une sang-de-bourbe adoptée ? Quelle est la raison qui a poussé vos parents à se débarrasser de vous aussi subitement ?

-N'était-ce pas marqué sur la lettre qu'ils vous ont envoyé ? Je suis ici pour améliorer mon anglais et approfondir les liens qui unissent nos deux familles.

-Vous garderez ces sornettes à qui veut les croire. Je ne suis pas dupe. Je veux la vraie raison, l'officieuse. Celle qui est bien trop sordide pour être écrite ! Dîtes-le moi, avouez ! Vous êtes une traitre-à-votre-sang, n'est-ce-pas ? J'ai le droit de savoir ! Parce que si c'était le cas, je vous renverrez chez vous, aussi rapidement que vous êtes arrivés ! JE NE VEUX PAS DE VERMINE SOUS MON TOIT !

-Je vous comprends parfaitement, madame. Mais je peux vous assurer que je ne fais partie d'aucune de ces catégorie de vermine comme vous avez plaisir à les nommer. Je ne suis ici que par pure volonté de raviver les liens de nos familles. Vous avez de l'argent, nous aussi. Vous êtes reconnus dans la société sorcière, nous aussi. Étrangement, les liens qui unissent nos familles ne sont pas aussi proches qu'ils pourraient l'être. Mes parents ont donc décidé d'y remédier. N'y voyez rien de plus. Je suis d'une lignée aussi pure que la votre, peut-être même plus pure, et je ne pense pas que cela vous dérange. Ai-je tord ? Si c'est le cas, veuillez m'excuser, je m'en irai de ce pas. Après tout, vous n'êtes pas les seuls à rechercher une jeune fille à prête à épouser. J'ai entendu dire que les Malfoy souhaitaient marier leur fils.

Et tiens, prends-toi ça dans les dents, vieille carne ! Elle me regardait avec des yeux écarquillés, surement peu habituée à se faire remettre en place. Et encore moins par quelqu'un de beaucoup plus jeune qu'elle. Elle ne savait sans doute pas que je mentais aussi facilement que je parlais. Et ce avec beaucoup d'aplomb et sans laisser transparaitre la moindre émotion. C'était une des rares qualités que je possédais. Et ça m'était très souvent utile.

Son expression de surprise disparut, aussi vite qu'elle était apparue, pour se transformer en un sourire suffisant et hautain. Un sourire presque sadique qui me donnait envie de lui arracher du visage par quelque moyen que ce soit. Rébus, qui s'était installé à ses côtés, sur un petit fauteuil qui paraissait confortable, me regardait, effaré et apeuré, tout en lançant des vifs coups d'œil à sa mère. Peut-être s'attendait-il à ce qu'elle me tue sur le champs pour avoir osé lui répondre, en tout cas il avait l'air sur le point de s'évanouir. Ou d'avoir une envie pressante qu'il se forçait de retenir.

-Je vois que vous avez du caractère. C'est bien. Mais veillez à me donner le respect que vous me devez, je ne tolérerais pas que vous me parliez ainsi sous mon propre toit.

-Cela veut-il dire que vous m'autorisez à rester chez vous ?

-Considérez cela comme vous le voudrez. En attendant, j'ai quelques courses à faire, nous avons une réunion de famille dans peu de temps.

-Mère, qu'allons nous faire pour Siri...

-NE PRONONCE PAS SON NOM SOUS MON TOIT ! Il est partit, il ne fait donc plus partie de la famille. Ce traître-à-son-sang n'a que ce qu'il mérite, j'ai enlevé son nom de la tapisserie familiale ce matin.

-Mais, mère...

Ha ! C'était donc pour ça. Le petit Sirius Black était en fait un traitre-à-son-sang qui a fugué. Mais, je vais épouser qui moi alors ? Hors de question de me marier à Rébus... Il a quoi, quatorze ans à peine. Ça leur apprendra à vouloir à tout prix se débarrasser de moi, après voilà où on en arrive... Le mec que je devais épouser n'est plus disponible et c'est un traitre-à-son-sang fugueur. Bon, j'suis une traitre-à-son-sang bien pire que lui, et alors ? Je n'étais pas spécialement consciente de ce que je faisais moi, à ce moment-là. Alors que lui, il l'a fait délibérément...

N'empêche que je suis dans un sale pétrin moi, si Sirius ne revient pas... Je ne vais pas pouvoir rester ici et je n'aurais aucun moyen de revenir en France, père et mère ne me laisserons jamais revenir si je n'ai pas rétablit mon statut... J'ai faim. Très faim. Peut-être que le cannibalisme est autorisé en Angleterre. Non, ça m'étonnerait. Mais si je lui prends juste un bras, il peut vivre avec un seul bras après tout...

-Occupe-toi déjà de réussir tes BUSES, mon cher, on en reparlera après. Le Seigneur des Ténèbres n'a pas besoin d'un étudiant à peine capable de combattre convenablement.

Mince, j'ai tout loupé... Je n'ai tout de même pas quitté une maison où l'on parle de ce mec toute la journée pour me retrouver dans une autre où c'est pareil. Mais qu'est-ce-qu'il ont tous avec lui ? Déjà mon grand-père qui est pote avec lui depuis sa toute jeunesse, ensuite mon père qui le vénère. J'ai pas envie de me marier à un mec plus jeune que moi, en plus, il faudrait que j'attende qu'il ait dix-sept ans, c'est hors de question. Son frère n'est qu'un égoïste. Non mais c'est vrai quoi, c'est mon avenir à moi qui est en jeu dans l'histoire ! Qu'est-ce-qu'il lui prend de partir comme ça, juste avant que j'arrive ? Il m'aurait peut-être appréciée ! Et si ça se trouve il est aussi beau que son petit frère. Egoïste !

-Mais, mère, il est le dernier héritier vivant de Salazar Serpentard ! Et il a déjà toute une armée avec lui...

-JE LE SAIS, REGULUS ! Pourrais-tu arrêter de me parler de lui pendant cinq minutes ? J'ai des courses à faire, occupe-toi de la française pendant mon absence. Et si ton père rentre plus tôt que prévu, assure-toi de faire les présentations.

Son nom, j'ai enfin retenu son nom ! Regulus, tu m'étonnes que j'ai pas voulu le garder en mémoire... Ça lui allait bien aussi, Rébus. Et il faut sérieusement qu'elle songe à arrêter de hurler pour n'importe quel prétexte. J'ai les tympans fragiles !

Mme Black se leva, ne prêta pas plus d'attention à son fils, et sortit dans le couloir. Quelques secondes après, j'entendis la porte d'entrée se fermer violemment. Dis donc, elle en a de la force, la cinglée ! Je devrais franchement faire att...

-AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! Merlin, Rébus, cache-moi !

Et voilà, c'était couru d'avance, je tremblais, j'avais peur, j'étais incapable de bouger. L'elfe de maison venait de rentrer dans la pièce. Il était petit, vert-gris, ses gros yeux immondes me regardaient fixement, comme si c'était moi qui avait un problème. Il était horrible, je n'en avais jamais vu un pareil, ses gros poils blanc sortaient de ses oreilles comme des énormes champignons prêts à exploser. J'en avais des frissons.

-Quoi ? Mais pourquoi ? Et mon nom c'est Regu...

-Vite, fais quelque chose, fais-le partir, Merlin, je t'en supplie... Tu peux pas le tuer ?

La bête s'approchait, l'air de rien, j'étais incapable de reculer. Je n'avais qu'une envie, fuir cette maison le plus vite possible. Mes satanés jambes m'en empêchaient, à croire qu'elles n'avaient aucun instinct de survie.

-Mais je ne vais pas tuer mon propre elfe de maison, voyons !

-Maître, Kreattur a préparé la chambre que Maîtresse avait demandé à Kreattur.

Sa voix était rauque et sèche, des tremblements me parcouraient à chaque fois qu'il prononçait un mot.

Créature maléfique et perfide, vas-t-en !

Des couinements de panique s'échappaient de ma gorge, je devais avoir l'air d'une parfaite idiote. Debout, l'air statique, la bouche grande ouverte, les yeux écarquillés, à pousser des petits cris stupides.

-Bien, vas donc faire ma chambre, elle a besoin d'un petit entretient.

Il disparu dans un craquement assourdissant. Mes muscles se décontractèrent, j'expirais, relâchant un air que j'ignorais que je retenais. Mon cœur semblait enfin pouvoir ralentir sa course infinie.

-Merci de t'en être débarrassé, j'en ai une peur monstre...

-J'avais remarqué, dit-il en rigolant.

-Ce n'est pas drôle ! Tu dois bien avoir peur de quelque chose, non ?

-Non, je n'ai peur de rien, absolument rien.

Menteur, tu dois être du genre à être terrifié par le rejet. Ta plus grande peur ? Être considéré comme un traitre-à-son-sang par ta mère, tu ne supporterais pas de la décevoir. Ça se voit sur ton visage, tu ne sais pas mentir. Tu es comme moi il y a une semaine à peine... Mais maintenant que c'est fait, c'est trop tard. Je suis une traitre, c'est comme ça, je n'y peux rien... Mais je peux faire en sorte de redevenir une bonne fille, si seulement ton frère pouvait revenir !

Il se leva, m'ignora royalement, fit comme si je ne lui avais jamais adressé la parole, et me dit : «Tu dois avoir faim, non ? Le voyage a dû être long.»

Un peu, mon neveu, que j'ai faim ! Je m'apprêtais à t'arracher un bras pour le faire cuire dans ta cheminé.

Vas-y, amène le banquet, j'ai trois bœufs à avaler.

-Je vais aller demander à Kreattur de nous préparer des sandwichs, tu restes là en attendant ?

-Oui, j'avais prévu de le croiser le moins possible. Pars devant, je vais attendre ici. Tu me préviendras quand la zone sera sécurisée ?

Je l'entendis rire dans le couloir pendant qu'il descendait un escalier. Pourquoi la cuisine était elle au sous-sol ? Ces anglais et leur coutumes... Puis, il hurla un franc et sonore « KREATTUR ! » qui résonna dans mes oreilles comme le ferait le son d'une hache à un condamné à mort.

Je décidais d'admirer ce qu'il y avait dans la grande armoire. Il s'avéra qu'elle était pleine de babioles et de choses un peu flippantes. Un objet en argent attira mon attention et lorsque je tentais de l'attraper, ses grandes pattes coupantes tentèrent de me transpercer la peau. Je l'arrachai précipitamment de mon bras, le jetai nerveusement dans l'armoire et la refermai brusquement. En me retournant, je me rendis compte que ce satané objet avait réussi à m'avoir et que je saignais... Saleté !

Cette brève altercation avait coupé tout élan de curiosité en moi et il me semblait préférable d'attendre sagement sur le canapé. Ce qui ne m'empêcha pas de contempler ma plaie d'un air dégoûté en murmurant des menaces inaudibles contre le dit objet.

-ELISE ! TU PEUX VENIR ! entendis-je hurler Rébus de l'étage d'en dessous.

-D'ACCORD ! Tu sais c'est pas la peine d'hurler si fort ! lui criais-je à mon tour, tout en sortant de la pièce.

-QUOI ? M'interrogea-t-il en me pulvérisant les tympans de plus belle, à croire qu'il le faisait exprès.

Je décidais de le faire attendre, juste pour marquer le coup, et alors que je descendais les dernières marches de l'escalier, il réitéra sa question :

-QU'EST-CE-QUE T'AS DIT ?

-J'ai dit que ce n'était pas la peine d'hurler si fort. Alors y a quoi de bon à manger ?

Il était déjà assis à table en train de manger ce qui semblait être une tarte faite à base de viande préparée dans un mélange étrange.

-De la tourte au boeuf et aux rognons.

-Ah... Euh, et c'est bon ce truc là ?

-Tu n'as jamais goûté à ça ? C'est excellent, je te le promets.

J'observais de plus près l'aspect de cette supposée tourte, à vrai dire, ça n'avait pas tellement l'air si appétissant que ça... Et en plus, c'est fait de rognon de boeuf...

Ça se mange vraiment ça ?