Chapitre 8 : Et le premier jour arriva.
Bon, franchement, c'était pas si mal que ça, enfin c'est surtout parce qu'il y avait un lit et que j'allais enfin pouvoir dormir. Parce que, pour ne rien vous cacher, moi la veille, j'avais pas très bien dormi, déjà parce qu'il faisait lourd, et en plus les veilles de rentrée, je ne suis jamais bien calme. Et là, en plus dans une école où je ne connaissais personne... Bref, j'avais besoin de sommeil.
Sinon, y a pas mal de choses qui ne changeaient pas tellement mes habitudes. Par exemple, le fait de se faire réveiller par des cris de filles et de tambourinage sur les portes. Ah, la vie en communauté, c'est bon pour le moral, y a pas à dire.
-Deborah ! SORS DE CETTE SALOPERIE DE SALLE DE BAIN TOUT DE SUITE ! Ça suffit maintenant. (Elle a frappé de toutes ses forces sur la porte, qui n'a pas cédée). Ça doit bien faire une demie heure que t'es dedans ! J'ai besoin de me préparer... JE TE PREVIENS, SI T'ES PAS SORTIE DANS CINQ MINUTES, J'OUVRE AVEC LA MAGIE !
-OUI BON BAH ÇA VA !.. J'arrive !
-T'AS INTERET DE TE DEPECHER ! J'AI PAS ENVIE D'ARRIVER EN RETARD POUR MON PREMIER COURS !
-Vous pouvez pas vous la fermer, bordel de merde ? Il est sept heures du mat' quoi ! Ça suffit maintenant, grognais-je en sortant de mon lit.
Elles m'ont regardées, intriguées et perplexes, dans un silence de mort. Et c'est là que je me suis rendue compte que je leur avais sorti ça en français. Du matin comme ça, je suis désolée, mais il ne faut pas m'en demander de trop.
-Oui, bon désolée, je suis pas réveillée. Mais arrêtez de me hurler dans les oreilles dès le matin, s'il-vous-plait.
Voilà, en anglais, ça passait mieux. Encore une preuve que les anglais sont chiants comme tout. Y a pas à dire, c'est toujours à nous de nous adapter. Enfin, en l'occurrence, à moi.
-Oh, c'est vrai tu es la nouvelle, n'est-ce-pas ? Je suis Melissa Stewart, enchantée.
-Elise Duchesnes-Rosier, pas si enchantée que ça. Si tu pouvais éviter de me réveiller comme ça tous les matins. Sinon, on risque de pas pouvoir s'entendre.
Bon, j'ai pas franchement été sympa avec elle, mais je la soupçonnais d'être une Sang-de-Bourbe. J'allais pas l'insulter, parce que bon, j'ai été bien élevée quand même, mais il était hors de question que je me laisse traiter comme ça par la race inférieure. Y a des limites quand même.
J'ai attendu que la dite Deborah sorte de la salle de bain pour m'y faufiler avant que l'autre ne puisse y rentrer. Elle n'avait pas qu'à me réveiller. Elle a crié, tapé et s'est énervée, et puis je crois que ça a réveillé Veronica, qui s'est mise à l'insulter et à la menacer si elle ne « fermait pas son clapet de pimbêche névrosée à deux balles. »Et puis, comme il était encore tôt quand je suis sortie, j'en ai profité pour écrire une lettre à Arès avant d'aller prendre mon petit déjeuner.
«Mon petit Arès,
J'y suis enfin, et la déprime ne va pas tarder à s'emparer de moi. La plupart des gens sont quand même un peu bizarres. Je ne sais pas comment je vais tenir. Il y a bien cette fille, Veronica, qui semble être à peu près normale et fréquentable, mais je crains ne pas pouvoir lui faire voir la VRAIE vie, comme nous avions l'habitude de l'appeler.
Je ne sais pas tellement ce que je fais ici, la plupart du temps, je ne rêve que d'une seule chose : Retourner chez moi, à Beauxbâtons. Tout est sombre, fade et sans intérêt. Tu te souviens des fois où je te disais que sans lumière, je ne vivais pas ? Et bien, je crois que je n'avais pas menti. Cela t'apprendra à te moquer de moi et à me dire que je ne suis pas une plante ! Si je dépéris, ce sera entièrement de ta faute ! Je plaisante, ne t'insurges pas tout de suite.
Si je te suppliais de venir me voir pendant les vacances de Noël, le ferais-tu ? J'ai grand besoin d'entendre quelqu'un parler français, et le fait que ce soit toi, serait comme la mousse sur la bièraubeurre. Je sais que l'on a passé notre temps à nous disputer avant mon départ, mais je crois que tu étais le seul vrai ami que j'ai vraiment eu. C'est tellement cliché que tu pourrais vouloir me faire bruler sur une place publique (et je n'oserais même pas m'y opposer), mais c'est malheureusement vrai.
Je vais essayer de faire comme au bon vieux temps, si tu vois ce que je veux dire, et en profiter pour altérer la pureté prétendue de cette bande de coincés. Ça risque de m'occuper un bon moment, certes, mais je crois que ça en vaudra la peine, rien que pour avoir le plaisir de pouvoir prétendre être de retour parmi vous.
Il va falloir que j'y aille, j'ai un petit déjeuner à prendre. Ce n'est pas que ça m'enchante, mais la réalité sordide de cette espèce de chose, qu'ils appellent une école, m'attend.
E.D-R, ou Lisette, puisque tu sembles y tenir particulièrement.
PS: Fait bien attention à Escarpin, les voyages entre la France et l'Angleterre la fatiguent particulièrement.»
Oui, j'ai appelé mon hiboux Escarpin, je sais. J'avais onze ans et j'étais persuadée que c'était trop classe, n'en rajoutez pas.
-Elise ! Dépêche-toi on va être en retard si ça continue ! En plus Flitwick doit nous donner nos emplois du temps. Murmura-t-elle presque, d'une voix rêveuse.
-Je suis juste derrière toi, Veronica, si tu n'étais pas aussi préoccupée à regarder le joli mec assis juste là, tu l'aurais remarqué.
Elle se mit à glousser, et ça empira quand le mec en question la regarda de loin pour lui faire un signe de la main.
-Alors, qui c'est celui là ? Lui demandais-je alors que nous descendîmes les centaines d'escaliers jusqu'à la salle à manger. Ou la Salle Grande, un truc comme ça.
-Eunice Murray, troisième du nom. Qu'est-ce-qu'il est doué au Quidditch ! Soupira-t-elle de bonheur, un air niai sur le visage. J'ai jamais vu un attrapeur aussi talentueux.
Elle avait ce petit sourire que nous avons toutes déjà eues, le petit sourire qui nous trahit à la moindre occasion, et elle frottait inconsciemment un petit écusson sur sa robe.
L'escalier sur lequel nous nous trouvions tangua dangereusement, et je ne pus empêcher un petit cri de sortir de ma bouche. La honte. Nan mais tu sais pas comment te retenir de te conduire comme une gamine ou quoi ?
Veronica me regarda, perplexe. C'est sur que de son petit nuage, elle ne devait pas avoir sentit l'ampleur du choc.
-Tu serais pas un peu lunatique ? Hier tu étais triste comme tout de revenir ici, et là, paf ! T'es super contente et niaise.
-Hein ? … Je suis pas lunatique du tout ! On se connait même pas, et tu oses me juger ? Tu es ridicule.
Elle m'a regardée avec dédain et s'est mise à accélérer, pour essayer de s'éloigner de moi.
-J'ai pas dit ça comme ça... Attention !
Dans sa hâte, elle n'avait pas fait attention au fait que l'escalier tournait un peu dans le vide, et elle s'apprêtait à tomber quand je l'ai rattrapée de justesse. Elle avait l'air un peu choquée de ce qui venait de lui arriver, et son expression de surprise la faisait ressembler à un de ces masques grecs antiques en bois.
-Fais gaffe, t'aurais pu tomber, c'est vachement pas sécurisé leur truc. Nan mais j'imagine même pas le nombre d'élèves qui ont failli mourir comme ça. C'est dingue ! Ils pensent à rien ou quoi ?
-Merci, marmonna-t-elle, un peu secouée.
-Y a pas de quoi, viens on descend avant de se faire avoir encore une fois par ces trucs.
La Grande Salle (c'était son nom), avait changée et son ciel enchanté représentait à présent le bleu azur et familier que j'avais aperçu tout l'été. J'ai aperçu Regulus au loin, qui était en pleine discussion avec un mec bizarre avec des cheveux gras, que je ne reconnaissais pas.
La bonne nouvelle du jour, c'est qu'ils (ces satanés elfes de maison) servaient des céréales et d'autres choses avec lesquelles j'étais plutôt familière. Je ne dirais pas qu'il n'y avait pas des trucs bizarres comme le porridge ou d'autres plats à l'aspect très peu ragoutant, mais avec un peu de concentration, j'arrivais à ne pas les regarder.
Alors que je finissais à peine mon bol de cornflakes noyés dans le lait, Flitwick s'est approché de nous, et nous a donné, un par un notre emploi du temps.
-Alors, Duchesnes, on m'a confié votre dossier scolaire et votre test de niveau. C'est plutôt impressionnant en Sortilèges et en Métamorphose. Vous avez un bon niveau en Botanique, en Potions et c'est acceptable en Défense Contre les Forces du Mal. Oh et c'est plutôt pas mal en Histoire de la Magie.
-Euh, excusez-moi, il est possible de ne pas prendre Histoire de la Magie ?
-Bien sûr, alors, voilà votre emploi du temps.
Vous vous demandez sûrement comment j'ai pu avoir d'aussi bons résultats si je passais la moitié de mes nuits à faire la fête au lieu de dormir. N'est-ce-pas ? Ça, mes chers, c'est l'un des secrets le plus mieux gardé de mon existence. Mais je vais vous le dire quand même, je vous fais confiance pour pas me trahir.
Il s'agit en fait d'un savant mélange de Potion d'éveil (pour les lendemains de nuits difficiles), de cours particuliers toute mon enfance, et d'apprentissage de tous mes livres de classe durant les grandes vacances.
La honte, hein ? Mais si j'ai fait tout ça, c'est parce que, depuis que j'ai dix ans, je n'ai qu'une envie, c'est de devenir guérisseuse. J'ai demandé à mon père, une fois, si c'était possible. Il m'a répondu avec une froideur terrifiante que «Le jour où une femme de notre famille travaillera, c'est que ça en sera la fin. N'envisage même pas cela. Ton rôle est de donner un héritier à cette famille, pas d'en être la honte ! Maintenant, vas travailler ton violon.».
Ça m'avait paru impressionnant parce que j'avais dix ans à peine, s'il m'avait dit ça aujourd'hui, je ne l'aurais même pas pris au sérieux. Il est comme ça, mon père, il hurle, tape du poing sur la table, mais ne tient jamais ses menaces. Si c'était le cas, j'aurais été envoyée en Roumanie avec les dragons au moins quatorze fois, je serais probablement rayée de son testament quarante fois au bas mot, et je me serais faite envoyée en Angleterre une vingtaine de fois. Bon, ça c'est vrai qu'il a finit par le faire, mais quand même.
Mais revenons à mon emploi du temps, j'ai donc cinq matières, et ça commençait dès cet instant avec Métamorphose. J'ai attendu que Flitwick ait fini avec Veronica pour lui demander le chemin jusqu'à la salle, mais il s'est avéré que elle aussi continuait ce cours.
Le chemin jusqu'à la salle de Métamorphose s'avérait plutôt long et j'ai préféré engager la conversation, je n'aime pas marcher en silence.
-T'as pris combien de classes ?
-Quatre. Métamorphose, DCFM, Arithmancie et Potion, mais vu que je suis la capitaine de l'équipe de Quidditch, ça va faire beaucoup. J'avais déjà beaucoup de mal l'année dernière, et le niveau n'était pas aussi élevé. Enfin, le pire c'était quand même les examens, la moitié des élèves me rendaient folle, ils n'arrêtaient pas de penser à ça. Et surtout d'en parler. Et moi, je voulais pas y penser, parce que j'arrive pas à me concentrer quand je suis stressée... Ah, on y est.
Il a fallu attendre au moins dix minutes, avant que McGonagall (la prof en question) arrive. Elle avait été apparemment retenue par ses propres élèves pour les emplois du temps. Le cours en lui même avait été plutôt intéressant, même si m'adapter à son accent écossais n'avait pas été facile, et que la bande de Poufsouffles m'avaient tapés sur le système après trois minutes de cours.
Comme j'avais un trou l'heure d'après, (et que Veronica, ma pote attitrée, avait Arithmancie) j'avais décidé de retourner dans ma salle commune, pour aller m'ennuyer, toute seule, certes, mais ça me donnait quelque chose à faire.
Le truc c'est que je me suis paumée dans le château, au bout de même pas dix minutes, j'étais sans repère dans un environnement hostile et non familier. J'avais bien croisé un fantôme, mais il ne m'avait pas paru très accueillant.
J'étais tellement désorientée que j'ai fini par entendre des voix au détour d'un couloir.
-Patmol, c'est pas la folle de l'autre jour ?
J'ai continué d'avancer, comme si de rien n'était, parce que c'était quand même un peu flippant d'entendre des voix alors qu'il n'y avait personne aux alentours.
-C'est qui ?
Il y eu un sonore « Chut ! ». Et je me suis retournée, pour être bien sûre qu'il n'y avait pas quelqu'un. Mais il n'y avait pas un rat à l'horizon. Même pas un petit fantôme, ou un elfe de maison.
-Pas si fort Queudver, elle va nous entendre.
-Si, je crois que c'est elle.
-Alors, ça te dit une formule Maraudeur n°3, pour ce coup là ?
-Quel coup ? Je m'en fiche d'elle ! Viens, on devait aller s'occuper de Wilkes, tu te rappelles pas ?
-On va pas laisser passer une occasion pareille !
-Ouais, il a raison, Sirius.
Cette fois-ci, j'ai sorti ma baguette, me suis retournée et ai crié «Y a quelqu'un ?»
-Je t'avais dit de te taire Queudver !
-J'ai rien fait !
-Taisez vous tous les deux. Elle s'approche.
«Montrez-vous, bande de lâches !»
-Levicorpus !
Nan mais c'était quoi ce délire là ? J'ai fait quoi pour mériter ça ?
Et c'est tout pour aujourd'hui. Je préfère largement ce chapitre à celui d'avant, ce qui explique le double postage de chapitre. Et aussi parce que je me suis sentie hyper généreuse d'un coup... Une review = toujours un câlin, parce que les câlins, ça fait du bien.
