Le voici, le voilà, après bien trop longtemps. (désoléééééeee) L'avantage, c'est qu'il était trop long, que j'ai dû le raccourcir et que du coup, le 32 est déjà bien entamé. :D
Chapitre 31 : La Malédiction de la Robe Bleue
-Ouais fin c'est pareil, on est à côté d'Islington. Genre à vingt minutes à pied. J'avais jamais fait gaffe à ce bar, lui dis-je alors que nous nous arrêtions devant le Marquee Club.
-C'est l'un des meilleurs bars de Londres, tu sais. Allez viens, on va s'amuser un peu.
Il m'attrapa le bras pour me tirer vers la foule qui s'agglutinait devant l'entrée, et je dus lui crier près de l'oreille pour pouvoir lui parler, attachant mes doigts autour de son poignet.
-J'ai pas de ticket !
-Quoi ?
-J'ai pas de ticket ! Et je sais même pas quel groupe on va voir !
J'essayais assez futilement de tirer ma robe vers mes genoux d'une main, par nervosité, alors que je m'agrippais à Sirius de l'autre pour ne pas me retrouver perdue au milieu d'une soixantaine de jeunes moldus supra-excités et alcoolisés. Je pouvais entendre de la musique assez agressive résonner dans le hall d'entrée à chaque fois que le vigile ouvrait la porte, le tout se mélangeant aux conversations bruyantes environnantes. Sirius se retourna vers moi, l'air malicieux, et je compris tout de suite qu'il avait une idée derrière la tête.
-T'as pas besoin de ticket ! J'ai juste à faire un sortilège de Duplication sur le mien. Regarde ! Me chuchota-t-il rapidement. T'as une boisson offerte avec, ça vaut le coup.
Il sortit son ticket de sa poche de pantalon en même temps que sa baguette, et je lui lâchai le bras, tournant la tête dans tous les sens pour m'assurer que personne ne pouvait nous voir. La foule était statique, et j'entendais le vigile grogner des mots inintelligibles depuis la porte d'entrée. Sirius murmura tout bas un « Gemino » que j'entendis à peine, et me tendis l'exacte réplique de son ticket avant de ranger sa baguette dans sa poche. Personne n'avait l'air d'avoir remarqué quoi que ce soit d'inhabituel, et je souris de soulagement. Les moldus étaient définitivement bien trop faciles à berner.
-T'es vraiment un rebelle, Sirius Black. Espèce de délinquant perfide, lui dis-je avec un grand sourire sur le visage.
L'alcool me rendait définitivement trop aimable.
La foule se remit soudainement à avancer, et je faillis tomber en essayant de suivre le mouvement, lorsque les personnes derrière nous nous poussaient à avancer plus vite, et je dus attraper Sirius par les épaules, sentant le cuir froid crisser sous mes doigts, et restant cachée derrière lui, pour qu'il me serve à la fois de bélier et de bouclier humain. C'était lui, le Gryffondor dans l'histoire, c'était à lui d'assumer. Ce serait bientôt à nous d'entrer dans le club, et je pouvais entendre des gens qui criaient par dessus de la musique. Je n'étais jamais allée à un concert de ma vie, et tout ce bruit me filait la trouille.
-Pourquoi les gens crient comme ça ? Demandais-je à Sirius, inquiète. C'est normal ?
-Ouais, rit-il, ils s'amusent c'est normal.
La foule avança de nouveau, et cette fois-ci, nous nous sommes retrouvés devant le vigile, et je lui présentais mon billet en silence, attendant le verdict. Il ne sembla pas penser qu'il y avait un quelconque problème et me laissa entrer. Je ne sais même pas pourquoi cela m'avait fait paniquer. Les moldus ne se doutaient jamais de quoi que ce soit.
Il y avait une forte odeur de transpiration, de bière renversée et de fumée de cigarette, il faisait relativement sombre, et l'endroit était bondé de monde. Je restais accrochée à Sirius, j'avais l'impression d'être sur le point d'étouffer, que j'allais me faire engouffrer par la foule si je le lâchais. Le groupe n'était pas encore sur scène, mais l'on pouvait entendre de la musique très forte et assez violente dans toute la pièce.
-Viens, on va essayer d'aller trouver James ! Me cria Sirius, que j'eus tout de même du mal à entendre. Il avait l'air parfaitement à son aise. Il savait ce qu'il faisait et comment se comporter en présence de moldus, ça n'avait jamais été mon cas.
Je déglutis avec difficulté. Non seulement l'endroit était plein à craquer, mais tout ce monde m'avait l'air bien plus intimidant que les gens que je croisais ordinairement. Ils portaient tous des vestes en cuir, comme celle de Sirius, même si lui portait très clairement du cuir de dragon, avec des chaussures énormes, et peu d'entre eux portaient ne serait-ce qu'un peu de couleur. Et puis il y avait moi et ma petite robe bleu pastel clair et mes petites chaussures blanches. Je n'appartenais définitivement pas à ce monde.
-T'es sûr qu'il est là ?
-Ouais, c'est carrément sûr même !
On l'a retrouvé adossé à une table sur le côté de la salle, à l'opposé du bar, en train de rire aux éclats avec Marlene McKinnon, et je me suis demandée s'il avait enfin abandonné l'idée de sortir avec Lily Evans. Ils ont salué Sirius avec de grands mouvements des bras, ne semblant pas me voir, toujours cachée derrière son dos. Et je me suis vite rendue compte qu'ils n'avaient pas prévu que je sois là en apercevant la tête qu'ils ont fait en me voyant. McKinnon eu l'air de se recomposer plus vite que Potter, puisqu'elle m'a souri avant de poser son verre sur la table.
-Hé ! Hé ! Hé, t'es jolie avec ta robe ! Ca te va bien, le bleu, ça fait ressortir tes yeux.
-Merci McKinnon.
-Marlene ! Appelle-moi juste Marlene.
-Ouais si tu veux, lui criais-je en retour. Salut Potter ! Vous êtes là tous seuls ?
-Pourquoi t'es gentille avec moi ? Se contenta-t-il de me répondre, l'air surpris et presque inquiet.
-Parce que je suis polie ? C'est pas personnel Potter, je suis comme ça avec plus ou moins tout le monde, en vrai, quand on me menace pas ou qu'on m'insulte pas.
-Sirius, vient, faut qu'on parle.
Il le tira par le bras pour l'emmener un peu plus loin, de façon à ce que je ne puisse pas entendre ce qu'ils avaient à se dire. J'ai regardé McKinnon avec un sourire gêné avant de lui dire que j'allais me chercher à boire.
-Tu veux quelque chose ? Lui demandais-je.
-Non c'est bon c'est gentil j'ai de la bière ça va aller.
Aussi étrange que ça puisse vous paraître, les moldus ne consomment pas les mêmes boissons alcoolisées que nous. Je sais, ne cherchez pas à comprendre, moi non plus j'ai pas compris pourquoi. Il n'y a rien de magique dans un Whisky-Pur-Feu, et pourtant quand j'ai demandé à la serveuse au look improbable (elle avait une espèce de crête blonde peroxydée sur la tête et les yeux noirs de fard) de m'en servir un, elle m'a regardée comme si c'était moi la fille bizarre dans cette histoire.
-J'peux t'faire un whisky-coca si tu veux, me dit-elle nonchalamment, buvant dans sa petite bouteille en verre vert.
Je n'avais pas la moindre idée de ce qu'était du « coca » mais la boisson était gratuite et il allait me falloir beaucoup d'alcool si je devais passer le reste de ma soirée en compagnie de, non pas un, mais deux Maraudeurs, alors, j'acceptai. C'est là que je me suis rendue compte que le côté sucré de la boisson cachait l'amertume de l'alcool, et que ça se buvait plutôt facilement.
-Tu t'appelles comment ? Me demanda une voix derrière moi, me faisant sursauter.
Je me suis retournée pour voir qui m'avait interpellée, et il s'avéra que c'était un mec un peu plus âgé que moi, habillé comme tous les autres tout en noir et en cuir, la même bouteille verte à la main que la serveuse de l'autre côté du comptoir, et un sourire narquois sur le visage.
-Elise, pourquoi ?
-Ah, une française ! Il est mignon ton accent. Tu fais quoi ici ?
J'ai dû le regarder avec un air un peu trop sarcastique en lui répondant «J'viens voir un concert.», parce qu'il se mit à rougir un peu. En toute honnêteté, c'était de la faute de ma robe. Elle avait un truc, je sais pas exactement quoi. Je pense qu'elle était franchement maudite.
-J'dis ça parce que vu comment t'es habillée, on se demande si tu t'es pas trompée de bar.
Voilà, quand je vous dis que c'est de la faute de la robe. Je vous mens pas, y a un truc de louche. Faudrait que je la retrouve pour voir, histoire de prouver ma théorie.
-C'est pas moi qui ai eu l'idée de venir, j'suis venue avec des potes. D'ailleurs, faut que je les retrouve.
-C'est pas pressé, si ? Tu veux que je te paye un verre ?
Il faut que je vous avoue quelque chose. Autant être honnête avec vous parce que sinon, on ira nulle part. Donc, ce mec était banal et assez inintéressant, mais il me proposait de l'alcool gratuitement. Je suis une fille censée, moi dans ce cas là je dis oui. C'est juste une question de logique.
-Ouais d'accord si tu veux. Un whisky-coco, coca, je sais pas trop.
Je devais être particulièrement drôle, parce qu'il s'est mis à rire, et je me suis retournée pour chercher Sirius dans la salle. Il y avait trop de monde, et la musique était trop forte, et j'avais perdu de vue le seul repère familier que j'avais. Je pouvais sentir une boule se former au fond de mes entrailles, là où l'on peut sentir toutes nos émotions. Les pires comme les meilleures se forment au fond de nous, comme si elles se cachaient là, et n'en ressortent que lorsqu'elles n'ont pas le choix. J'ai fini mon verre d'une traite, pour essayer d'arrêter de ressentir quoi que ce soit. La vie est tellement plus belle quand on ne ressent absolument rien.
-Tiens, ton verre !
-Et toi, tu t'appelles comment ? Demandais-je à l'inconnu à mes côtés, me retournant pour poser mon verre et prendre celui qu'il me tendait.
Il s'était adossé au comptoir, une mèche de ses cheveux parfaitement coiffés lui tombant devant les yeux avec une désinvolture qui rendrait Black fou de jalousie.
-Mark.
-Et tu fais quoi ici, Mark ?
Il pouffa de rire avant de passer une main dans ses cheveux. J'ai eu envie de lever les yeux au ciel, tellement c'était prévisible, mais n'en fis rien.
-Bah je suis venu voir un concert. Etrange, hein ?
-Carrément, Mark le Moldu, carrément passionnant.
-Le mol-quoi ?
-T'en fais pas, c'est pas important.
-Si tu veux, me dit-il, changeant soudainement de ton et se rapprochant de moi, après on peut aller ailleurs tous les deux.
J'aurais pu. C'est vrai. Je l'avais déjà fait. Ils étaient pratiques pour oublier ce qu'on a à oublier, les Moldus. Et c'est à ce moment là que tous les flashbacks du monde me sont tombés dessus. Moi, un peu plus d'un an auparavant, à ma fête d'anniversaire qui avait laissé un Moldu m'emmener chez lui. Moi, trop bourrée pour en avoir quelque chose à faire. Moi, le laissant me déshabiller. Moi qui me faisait expulser de chez moi. Ma mère en pleurs, mon père rouge de colère. Regulus. Walburga. Cette maison maudite en plein Londres. Le Ministère de la Magie. Ce satané elfe-de-maison... Trop d'horreurs.
J'ai bu mon verre cul-sec, n'osant pas le regarder dans les yeux. Je ne pouvais pas faire ça, pas encore, plus maintenant. Et certainement pas avec lui. J'ai senti une main se poser sur mon épaule, me faisant sursauter. Il faudrait que j'apprenne à maîtriser mes peurs, un de ces jours.
-Ah bah te voilà ! Je t'ai cherchée partout !
Il était là, sa veste en cuir de dragon et ses cheveux toujours trop longs, bien que plus courts qu'avant et des yeux si pâles que les lumières fluorescentes de la salle les faisaient paraître blancs et je soupirais de soulagement. Mark, lui, n'avait pas l'air aussi heureux que moi. En même temps, je le comprends, moi non plus, d'habitude, je n'étais pas heureuse de voir Sirius Black.
-Sirius ? Je te cherchais de loin.
-Le concert va commencer, tu viens ?
-Ouais. Contente de t' avoir connu, Mark !
J'ai posé mon verre, lui ai fait un sourire d'au revoir, et Sirius m'a tirée par la main. On a dû faire quatre pas avant que Sirius ne se mette à me demander qui était « le mec avec lequel t'étais ».
-Un Moldu avec de l'alcool.
Ca l'a fait rire un instant, et il resserra ses doigts autour des miens, alors que nous essayions de nous faufiler un chemin à travers une foule de plus en plus dense.
-T'as un truc pour les Moldus, hein ? C'est ton côté anticonformiste ?
-Je dois être la personne la moins anticonformiste au monde, Black. J'aime juste l'alcool, lui répondis-je en pouffant de rire.
Nous avons retrouvés Potter et McKinnon, le groupe est arrivé sur scène peu de temps après. Ce n'était pas vraiment mon style de musique, mais j'étais ivre et j'avais besoin de m'amuser. Alors, j'ai dansé. Et j'ai bu, allant saluer Mark le moldu, qui draguait une autre malheureuse, à chaque fois que je commandais un verre. McKinnon s'est avérée être particulièrement sympathique, et contrairement à Potter, elle ne semblait pas me détester. Alors, quand le concert s'est terminé, et que je me suis mise à applaudir bruyamment comme tous les autres, je me suis dit qu'on pourrait prolonger la soirée. Il devait être près d'une heure du matin, mais je n'avais pas la moindre envie d'aller me coucher. J'étais vivante, pour la première fois depuis des mois, et l'idée de devoir me tapir dans ma solitude à nouveau m'effrayait.
-Ca vous dit de venir chez moi ? J'ai de la place et de l'alcool !
-Comment ça, chez toi ? Si tu crois qu'on va aller chez les Black, tu rêves ! Le prend pas mal, Sirius, s'exclama Potter, et en toute honnêteté, il n'avait pas tort, le bougre.
-Ah nan mais je le prends pas mal, j'pense pareil. Mais elle habite plus chez eux.
-Ah...
Pour tout vous dire, je crois que Potter n'avait pas vraiment envie de venir, mais McKinnon et Sirius étaient partants, alors, pour ne pas avoir l'air d'un rabat-joie de service, il a accepté. Moi, ça ne me dérangeait pas plus que ça qu'il soit là, du moment où il faisait pas son martyre de service.
Alors on s'est retrouvés tous les quatre devant le manoir des Rosier, enfin, le mien quoi, et je crois que McKinnon a failli avoir une crise cardiaque.
-Putain mais t'es riche en fait !
Alors, autant vous dire que je l'ai regardée comme si elle avait trois têtes (ce qui, croyez-le ou non, est déjà arrivé à quelqu'un à Beauxbâtons), mais à ma décharge Sirius et Potter ont fait de même.
-T'étais pas au courant ?
-Bah nan, faut dire qu'on se connaît pas vraiment. T'étais venue une fois ou deux aux espèces de réunions de Lily, mais on s'était jamais vraiment parlées, hein.
-Nan mais enfin, tu connais mon nom, nan ?
-Elise quelque chose, truc. Ouais, et alors ?
-Non bah pour rien, c'est pas bien grave. T'es devenue mon idole, c'est officiel. Bon, donnez moi la main, sinon vous pouvez pas rentrer.
Je leur ai fait une petite visite guidée vite fait des locaux, prenant des verres et la bouteille d'hydromel qu'il me restait dans un placard de la cuisine, avant de me dire que ça ne serait pas assez pour tout le monde. J'ai donc décidé d'aller chercher des bouteilles à la cave, persuadée que j'allais réussir à m'y retrouver même dans mon état. Autant vous dire que mon sens de l'orientation est quasi inexistant dans la vie de tous les jours, alors si on y rajoute quelques verres, je suis totalement incapable de me repérer où que ce soit.
Du coup, je me suis retrouvée avec deux bouteilles dans les mains, perdue dans les sous-terrains de ma propre maison. J'étais en train de me dire qu'il allait falloir que je hurle pour que quelqu'un vienne me chercher quand j'ai entendu des bruits de pas. Ca va peut-être vous paraître complètement stupide, je me doute bien, mais la première chose qui m'est venue à l'idée, et je m'en souviens encore comme si c'était hier, c'est que la goule était revenue pour me hanter. En vrai, je crois que c'était pire. Enfin, tout est relatif. J'ai fini par voir des cheveux noirs sortir de la pénombre dans le couloir à ma droite, sentant ma mort arriver. Oui, bon, pas une vraie mort non plus, ça je peux vous dire que c'est pas du tout la même sensation, mais quand même. Quand la « goule » s'est mise à parler, par contre, je vous le dis, ça file franchement la trouille.
-Ah bah t'es là ! C'est dingue, j'ai l'impression que je passe mon temps à te chercher, m'a dit Sirius, levant les bras au ciel pour me faire un salut de loin.
A ce moment-là, il s'est passé l'une des choses les plus étranges de ma vie. Je ne sais pas si c'est parce que j'avais essayé d'enfouir mes sentiments pendant des mois, si c'était parce que j'étais saoul et apeurée, si c'était parce que j'étais terrifiée par le fait d'être rassurée par la présence de quelqu'un d'autre, mais je me suis mise à rire à gorge déployée pendant ce qui m'a semblé être des heures. Et je peux vous dire que Sirius n'a pas compris ce qu'il s'est passé. Moi non plus, à sa décharge, je ne comprenais rien.
Et puis, alors qu'il s'était approché de moi, un sourire curieux sur le visage, quelque chose a changé au fond de moi. La pression avait enfin lâché.
-Ca va ? Y a quoi de drôle ? M'a-t-il demandé en riant à moitié.
Et c'est là que je me suis mise à pleurer. Franchement, ne cherchez pas à comprendre j'ai arrêté il y a longtemps, moi. Remarquez, Sirius aussi a fait des choses que je ne comprenais pas. Genre me prendre dans ses bras. Je pense que c'est l'alcool qui était responsable de ce changement drastique de comportement, mais quand même.
-J'étais perdue, marmonnais-je une dizaine de fois, avant que mes sanglots ne m'empêchent de continuer.
-Je savais que t'allais pas bien. T'es têtue, hein ?
Je n'ai rien répondu, incapable, de toute façon, de prononcer le moindre mot. J'étais secouée par les sanglots, je ne pouvais rien faire de mes mains, puisqu'elles étaient prises par les bouteilles, et prise au piège d'un confort qui me brisait le cœur. Il était là, et sa présence me tenait chaud et personne ne m'avait jamais vue dans un état pareil. J'avais honte, mais je lui étais étrangement reconnaissante. On est restés là, comme ça, sans rien dire pendant un moment. Et j'ai commencé à me calmer, mes larmes froides séchant contre mes joues, mes bras entourés autour de lui, mes deux satanées bouteilles de rhum toujours dans les mains. On devait avoir l'air terriblement ridicules. Surtout moi, en fait.
-Tu sais, lui lui dis-je entre deux hoquets douloureux, j'crois que t'es le mec le plus chiant et le plus gentil de la planète.
-Les deux en même temps ?
J'ai hoché la tête contre son épaule, sentant son rire secouer son corps.
-J'ai toujours su que c'était mon plus grand talent. Tu vas mieux ?
J'ai hoché de nouveau la tête, m'éloignant de lui. Il a ri en voyant les bouteilles dans mes mains, et j'ai moi-même souri, alors qu'il me fixait attentivement. Il a tendu les mains vers moi, ses yeux ne quittant pas les miens, pour me prendre les bouteilles, me permettant d'essuyer mes larmes d'un revers de la main. Il a continué de me regarder, ses yeux reflétant les flammes des torches sur les murs, et quand j'ai baissé les yeux, prête à le contourner pour avancer, il a posé un baiser sur mon front, une étrange vague de chaleur se répandant dans tout mon corps. Le contraste entre le froid d'une solitude prolongée et cette chaleur soudaine me pris au dépourvu, et je m'apprêtais à faire une bêtise quand on a entendu Potter et McKinnon, qui devaient s'inquiéter, nous appeler, non loin de là.
