Chapitre 34 : La première bataille : Partie 1.

Le jour de la rentrée, ma toute dernière, est arrivé. J'ai rejoint Sirius et son gang d'adolescents pas vraiment impressionnants sur le quai de la gare de Londres, après avoir traversé un mur à toute vitesse. Je sais pas pourquoi on n'a pas le droit de transplaner directement devant Poudlard une fois qu'on a son permis, mais bon, c'est pas moi qui fait les lois. Je dois avouer que ça avait son petit charme, quand même, de voyager dans un vieux train avec une gentille vieille dame qui vous vend ses gentils petits bonbons, et puis le paysage, quand il n'est pas gâché par la pluie Anglaise, n'est pas si déplaisant que ça. Je sais ce que vous vous dites, que le temps adoucit même les plus sombres de vos souvenirs et que j'ai oublié à quel point le voyage était long. Mais que nenni, oui, que nenni, j'ai osé. Enfin bref, y avait Sirius, tête de rat, celui que Sirius aurait apparemment tué, j'ai oublié son nom, et Potter avec ce qui devaient être les parents de Potter, ou ses grands-parents, j'étais pas sûre, qui disaient fièrement au revoir à leur progéniture, et j'ai vu la femme âgée, les cheveux gris et l'air bienveillant, redresser l'insigne de Préfet-en-chef de Potter junior, et c'est là que je me suis rendue compte que Dumbledore était devenu sénile.

Y avait pas d'autre explication possible. Je veux dire, mettre Potter Préfet-en-chef c'était comme mettre Voldemort – oh, désolée, Vous-Savez-Qui, chef du Bureau des Aurors. C'était contre-productif. Je crois que Potter lui même n'y croyait pas, en fait, il n'arrêtait pas de toucher son insigne du bout des doigts, et lorsque je me suis approchée pour dire bonjour, il eut le réflexe de cacher le petit pins doré plaqué sur sa poitrine. Il l'enleva dès que le train se mit à avancer et qu'il était sûr que ses parents n'étaient plus là pour le voir. Je le soupçonnais d'avoir honte de son nouveau poste, et Sirius n'arrêtait pas de le narguer à ce sujet.

-Dis, tu peux t'auto-coller des retenues, tu penses ? Ricanna-t-il, se penchant en avant pour atteindre la poche de la veste de Potter, où était cachée l'insigne.

Potter, la mine sombre, ne lui répondit pas, préférant s'amuser avec un vif d'or tout abîmé, dont les ailes fébriles avaient peine à le faire voleter sur place, et qui donnait l'air d'être prêt à s'effondrer dès que Potter le lançait en l'air.

-Moi, James Potter, déclara Sirius, avant de se racler la gorge et après s'être levé, sa main droite, portant l'insigne, posée sur sa poitrine solennellement, imitant presque parfaitement la voix de Potter, Préfet-en-chef de Poudlard, annonce officiellement que Rusard n'aura plus jamais le droit de donner de retenues à qui que ce soit dès à présent. De plus, continua-t-il, alors que Remus Pinpin était en train d'entrer dans le wagon. Oh salut, Lunard, t'étais où ? Demanda-t-il sans même attendre de réponse. De plus, disais-je, reprit-il, j'annonce par la présente que tous les Serpentards seront bannis de Poudlard pour le reste de l'année à compter d'aujourd'hui, pour qu'on soit enfin débarrassés des futurs Mangemorts. Enfin, il est désormais obligatoire pour toutes les personnes répondant au doux et merveilleux nom de Lily Evans, future Potter, de sortir avec moi, sous peine de devoir infliger à Sirius Orion Black des heures et des heures de lamentation inutiles. Ce sera tout, la ligue des Préfets-en-chefs de Poudlard vous tiendra au courant de l'évolution de la situation, dit-il en se rasseyant, un énorme sourire sur le visage.

Tête de rat, je sais vraiment plus son nom, j'crois qu'ils le surnommaient Vieuxver ou un truc en rapport avec un ver de terre, enfin bref, Vieuxver était en train de se marrer à n'en plus finir, alors que Potter commençait à s'énerver légèrement et qu'il se leva brusquement pour arracher l'insigne des mains de Sirius.

J'avais l'impression de ne pas être à ma place, ce qui était tout à fait le cas. Ils étaient dans leur propre monde, heureux et lumineux, empli de farces et de blagues, et de sentiments éprouvés à la vue de tous.

Remus Pinpin, qui était resté dans l'encadrement de la porte du compartiment, avait sagement attendu que Sirius ait fini son discours pour prendre la parole, il avait l'air d'avoir l'habitude de ce genre de choses.

-James, dit-il en souriant légèrement, l'air presque timide, il faut qu'on aille au meeting des préfets dans cinq minutes.

-Déjà, grogna Potter, mais je suis Préfet-en-chef, c'est moi qui décide de quand a lieu le meeting, non ?

-Pas vraiment, non, surtout si la Préfète-en-chef décide qu'elle n'a pas envie de t'attendre.

-Tu sais qui c'est, d'ailleurs ? S'enquit Vieuxver... Non, c'était pas Vieuxver. C'était un truc genre Queudver. Je crois que c'est ça mais je suis pas sûre.

-Je sais pas, ça va être la surprise en arrivant, annonça Remus Pinpin.

-J'espère vous vous que ça sera pas la sœur Carrow, osais-je dire, et ils se retournèrent tous vers moi, comme s'ils avaient oublié que j'étais là.

-Oh non, tout mais pas elle, me répondit Sirius, la mine dégoûtée, James, si c'est elle, donne ta démission tout de suite, ça vaut pas le coup.

-J'crois que si c'est elle, on organise un groupe de résistance, proclama Remus, levant le poing en l'air, ce qui nous fit tous rire. Allez, Cornedrue, faut qu'on y aille, dit-il en regardant sa montre.

Potter s'est levé avec l'air le plus malheureux du monde, il a remis son pins doré sur sa poitrine et est sorti la tête haute du compartiment. On s'est retrouvés à trois dans le compartiment, Sirius, Queudver et moi. Et c'est pas pour dire, enfin, vous l'avez sans doute deviné, mais Queudver et moi on n'était pas vraiment très proches. Parce que je ne le connaissais pas, en fait. Du coup, l'atmosphère est vite devenue gênante et j'ai décidé de me lever, prétextant devoir aller aux toilettes. Ce qui n'était pas totalement faux en soit, mais quand même.

Sur le chemin du retour, j'ai essayé de voir qui se trouvait où et j'ai fini par trouver le compartiment où était assise Veronica, alors qu'elle était en train de rouler des râteaux... Non, pas des râteaux... C'est quoi l'expression Moldue déjà ? Des pelles ? Ca n'a pas de sens mais bon, sans doute. Continuons. Elle embrassait l'autre Eunice Murray, encore, oui je sais, mais il s'est levé et a quitté le compartiment quand je les ai salués. Il a annoncé qu'il allait voir où se trouvait Slughorn pour aller rejoindre son petit comité. Ce qui, faut que je vous l'avoue, ne me dérangeait absolument pas. Y a des gens, comme ça, qui vous reviennent pas. On a discuté cinq minutes de trucs banals elle et moi, genre comment elle allait, ce qu'elle avait fait de son été, des choses comme ça. Et puis, le choc. Brutal, soudain, inattendu... Non, j'exagère, mais quand même.

-D'après Jane White tu sors avec Sirius Black. C'est vrai ou pas ?

J'ai failli m'étouffer sur place, pâlissant à vue d'œil. Ou rougissant, je ne suis pas sûre. Peut-être les deux. Mi rougie-mi pâleur mortuaire. Ca devait être beau à voir.

-Oh, euh, non. Je t'assure. On traîne juste ensemble, c'est tout. Franchement, c'est pas du tout ce que tu crois. Comment elle sait ça d'ailleurs ?

-Elle est pote avec Marlene McKinnon.

-Oh, elle est sympa, Marlene, dis-je, cherchant à changer de sujet. Vraiment, je l'ai rencontrée dans un bar Moldu, on s'est bien marrées. Elle a passé une nuit chez moi, cet été. Je devrais aller voir où elle est d'ailleurs.

-Oh elle doit être avec Slughorn aussi, m'informa-t-elle, je pense y aller aussi. Depuis que ma cousine devient célèbre au Quidditch il fait semblant de s'intéresser à moi. Je me dis que c'est ma dernière année et que ça peut toujours servir d'être bien vue par quelqu'un d'aussi connu que lui si je veux trouver du boulot après.

Et je me suis retrouvée dans un compartiment bondé de monde avec Slughorn, tout souriant et l'air d'être ravi d'être au centre de l'attention. J'ai souri à Marlene, assise sagement sur l'un des fauteuils du compartiment, serrée comme un troupeau de chartiers dans un terrier. Elle n'avait pas l'air particulièrement ravie d'être ici, assise à côté de Mulciber. Et c'est à ce moment précis que je me suis souvenue qu'il était probable que je croise Regulus dans les parages.

Il ne pointa cependant pas le bout de son nez, et, alors que j'étais coincée juste devant la porte du compartiment, alors que Slughorn nous racontait une anecdote dont j'avais du mal à comprendre l'intérêt, Sirius, qui déambulait apparemment dans le couloir, vint me rejoindre.

-Je te cherchais, me chuchota-t-il à l'oreille, restant derrière moi.

-Oh, j'ai croisé Veronica, lui murmurais-je à mon tour, faisant un signe de tête en sa direction. Elle m'a dit que Marlene était là, j'ai pensé que j'allais venir lui dire bonjour.

Slughorn s'est aperçu de la présence de Sirius, et il n'avait jamais eu l'air aussi ravi qu'à cet instant.

-Oh, monsieur Black, quel plaisir de vous avoir parmi nous ! S'exclama-t-il joyeusement, entrez donc, entrez donc, tenez, monsieur Murray, décalez vous un petit peu.

-Oh non, pas besoin, je ne comptais pas rester. Je cherchais juste Elise. Je l'ai trouvée, voilà, c'est tout. Salut Marlene, comment ça va ? Lui demanda-t-il devant tout le monde, l'air tout à fait décomplexé.

-Ca va nickel, Sirius, lui répondit-elle, souriante.

-Vous êtes sûr ? Intervint Slughorn. J'ai des pâtes de fruit et de l'hydromel, asseyez-vous donc, Sirius, très cher.

-Oh non non, ça va aller, on doit aller rejoindre...

Il s'est tu immédiatement, comme paralysé par la réalisation soudaine que quelque chose d'horrible allait se passer. Le ciel s'assombrit immédiatement, un froid glacial se répandant dans le wagon. J'ai cru un instant que l'on venait de me jeter un sort, ne comprenant pas vraiment ce qu'il était en train de se passer. Et le train a freiné si fort que j'en fus déstabilisée au point de tomber sur la banquette à ma gauche. Les lumières se sont éteintes brusquement, et puis, on a aperçu une silhouette sombre, cachée sous une cape noire comme la nuit approchant vers le train depuis la vitre, à peine perceptible dans la pénombre.. J'ai immédiatement pensé à une attaque de Mangemorts. Et puis, les autres semblèrent comprendre ce qu'il se passait.

-Par Merlin, des Détraqueurs ! Hurla une voix inconnue.

-Ne paniquez surtout pas, les enfants, cria Slughorn. Tout va bien se passer !

Tout le compartiment s'est mis à paniquer, pas moi, cependant. J'avais entendu parler des Détraqueurs, mais je n'avais pas la moindre idée de ce qu'ils étaient réellement. Il faut dire que leur utilisation est strictement interdite en France et qu'ils sont considérés comme de la torture. Au Royaume-Uni, en revanche, faut croire qu'ils ne sont pas si regardants que ça concernant les Droits de l'Homme.

J'ai senti une main, que je présumais appartenir à Sirius, m'attraper par la manche. Il essayait de nous faire sortir de là au plus vite, et l'on s'est mis à courir dans le couloir du wagon, croisant des gens qui courraient dans tous les sens. Des attaques de Mangemorts étaient devenues fréquentes, et tout le monde pensait que l'on était sur le point de tous se faire assassiner. J'étais totalement terrifiée, mon cœur battait à toute allure, et j'étais envahie par une tristesse que j'avais tentée d'oublier.

Et puis un Détraqueur est apparu pile devant nous, nous empêchant d'avancer plus près, j'ai été bousculée par des enfants de onze ans qui couraient en pleurant, cherchant à fuir l'inéluctable, et j'ai eu l'impression de m'évanouir. Je ne le voyais pas vraiment à vrai dire, c'était mon premier Détraqueur, ma toute première fois, et je n'osais pas regarder la créature de trop près. J'étais submergée par mes souvenirs de ma nuit au Ministère de la Magie. Plus le Détraqueur s'approchait, plus je pouvais entendre les cris ignobles des gens qui se faisaient torturer devant mes yeux. Je pouvais les voir, là, à quelques mètres de moi, et puis Regulus... Regulus dont le visage, si pâle n'était qu'une énième victime dans ce qui me semblait être une mer de cadavres. La douleur était réelle. Je pouvais à nouveau la ressentir, mes poumons qui se resserraient, l'étau, tout autour de moi, qui m'étouffait, j'avais envie de m'arracher la peau, de m'ouvrir la cage thoracique, il me fallait de l'air. J'allais mourir. Je pouvais encore sentir l'odeur du sang atroce dans mes narines, la vue d'un rouge indélébile et de flashs de couleur verte qui ne s'arrêteraient jamais. Je pouvais ressentir l'horreur m'agripper les tripes, me transpercer le corps. La mort... La mort m'attendait presque. Il n'y avait plus rien d'autre qui me retenait sur Terre. C'était la fin.

-Si... Sirius, haletais-je, le suppliant du mieux que je le pouvais, agrippant sa main un peu plus fort.

Sirius...

Il était lui aussi resté bloqué sur place, les yeux fixés dans le vide, l'air paniqué. Je le vis sursauter en m'entendant prononcer son nom, comme s'il venait de se réveiller d'un horrible cauchemar.

Il m'a traînée vers l'autre bout du couloir, et l'on s'est réfugiés dans un compartiment, où il faisait toujours aussi sombre alors qu'un autre Détraqueur arrivait de l'autre côté.

-Sirius, je veux pas mourir, chuchotais-je, les genoux flanchants, alors que la porte vitrée claqua derrière moi, et que j'eus l'impression d'être en sécurité un instant.

Je pouvais entendre des gémissements et des gens chuchoter et murmurer « chut » tout bas, comme s'ils voulaient se cacher de nous.

-On va pas mourir, je te le promets, me répondit-il

-Y a quelqu'un ? Demanda une voix dans la pénombre.

-C'est qui ?

-Black, c'est toi ?

-Oui ? C'est qui..?

-Lily Evans ! Oh, c'est pas vrai, où est ma baguette ?

-Oh, t'as pas vu James ?

- Ah ! Voilà. Lumos ! Non, il est parti du meeting dès qu'il a vu les Détraqueurs arriver. Il a embarqué les autres préfets avec lui, pour rassurer les plus jeunes.

Maintenant qu'elle avait illuminé la pièce, enfin, le compartiment, je pus me rendre compte qu'il y avait déjà un groupe d'enfants, si petits que c'en était presque comique, réfugiés derrière elle. J'imagine que c'était ce que Potter était parti faire. Elle avait l'air bien plus adulte que je ne l'étais, avec son insigne de Préfète-en-chef et sa horde de protégés de onze ans derrière elle. Deux d'entre eux étaient en train de pleurer à chaudes larmes, tandis qu'un autre s'était recroquevillé en boule sur le sol, collé contre un siège, cherchant à se cacher.

-Quelqu'un sait faire un Patronus ? Demandais-je, me retournant pour chercher à voir ce qu'il se passait dans le couloir, où il faisait toujours aussi sombre.

-Pas vraiment, non, soupira Sirius. Je peux toujours essayer, par contre.

-Je crois que je pourrais y arriver, j'ai essayé de voir comment ça marchait dans le livre qu'on devait étudier cette année mais je suis pas sûre.

Et c'est alors qu'elle s'apprêtait à lever sa baguette que la porte derrière moi s'est rouverte. J'ai poussé un cri d'effroi qui ne devait pas être très glorieux. J'ai avancé vers la fenêtre un instant, me retournant pour apercevoir l'intrus, tout en me cachant derrière Sirius. Il était plus grand que moi et c'était un Gryffondor, il n'avait pas le choix que de me sauver la vie. Potter est rentré, l'air inquiet, mais courageux dans le compartiment, et je ne pensais pas pouvoir être soulagée par sa présence. Mais y a une première fois pour tout.

-Lily, dit-il, nous ignorant complètement, et la regardant avec détermination. J'ai envoyé Remus et les autres préfets regrouper les plus jeunes, par groupe. J'ai croisé Slughorn, il a réussi à en repousser une dizaine. Je ne sais pas combien ils sont. On est encerclés, d'après ce que j'ai pu comprendre. Personne d'autre que lui ne sait vraiment faire de Patronus, c'est un bordel pas possible. J'ai essayé, j'y arrive pas vraiment. Slughorn est parti voir le conducteur du train, il a réussi à envoyer un message au Ministère. Les Aurors ne devraient plus tarder. Mais va falloir que tous les élèves de septième année viennent tenter d'aider en attendant.

Elle le regardait, les yeux écarquillés, et je dois dire que moi aussi. Je n'avais jamais pensé que Potter... Potter, imaginez vous donc bien que je parle de James Potter, qui avait non seulement accompli son devoir de Préfet-en-chef mais qui en plus tentait de gérer une situation qui nous dépassait tous. Il avait clairement une posture de leader, et je me suis dit que Dumbledore n'était peut-être pas si fou que ça après tout.

-D'accord oui, acquiesça-t-elle, c'est justement ce que je voulais faire. Vous venez ? Nous demanda-t-elle.

-Et les petits ? Lui demandais-je. Tu veux pas que je reste là pour les surveiller ?

-Oh, oui, si tu as raison. A tout de suite. Tu connais la formule ?

-Expecto Patronum, et il faut penser au meilleur souvenir de sa vie.

Elle se contenta d'acquiescer de la tête avant de se diriger vers la porte, Potter la suivit immédiatement, et Sirius me lança un dernier regard, un sourire qui n'en était pas vraiment un sur le visage, avant de les rejoindre.

-A tout de suite, me dit-il, prends soin d'eux !

Je me suis installée sur le sol, à côté de l'enfant recroquevillé, alors que je fixais la porte, ma baguette prête à attaquer à la moindre intrusion.

-Vous vous appelez comment ? Demandais-je à la demie-douzaine d'enfants.

-Matthew, renifla le petit qui se trouvait à côté de moi.

-Moi c'est Claire, lui c'est Elias, ça c'est Margaret, Amelia et euh, j'ai oublié ton prénom, je suis désolée.

-Ludovic, Ludo Bagman, répondit l'un des garçons installé sur une banquette. Il n'avait pas l'air aussi effrayé que les autres, mais restait aussi éloigné de la porte que possible

-Moi c'est Elise. Vous allez bien ?

-Non. Elise, on va mourir ? Me demanda Ludovic.

Je n'ai jamais été particulièrement brave, dans la vie. Mais à ce moment là, j'ai su qu'il fallait que le soit.

-Non, bien sûr que non, tout va bien se passer. Les Aurors vont pas tarder. Les Détraqueurs vont vite partir, d'accord ?

J'ai posé ma main sur l'épaule de Matthew, tentant de le rassurer, et il a fini par s'agripper à mon cou. J'ai discuté avec les enfants pendant près de cinq minutes, les laissant me raconter ce qu'ils voulaient le plus apprendre à l'école cette année. Et c'est là, alors que Margaret m'informait qu'elle voulait apprendre à transformer sa sœur en crapaud, et alors que les Aurors n'étaient pas encore arrivés, que des bruits de combats se sont fait entendre dans un wagon tout proche. J'ai senti Matthew me serrer encore plus fort, et j'ai eu peine à me relever, le posant sur une banquette, avant d'avancer vers le couloir. Je pouvais entendre les bruits d'explosions et de cris se rapprocher, et j'agrippais ma baguette si fort que j'eus peur de la casser en deux. J'ai lancé un sort sur la porte du wagon en sortant, faisant signe aux enfants de se taire.

Et c'est là que, pour la première fois de ma vie, j'ai dû me battre du côté des gentils dans cette guerre.


Je sais, moi non plus je ne comprends pas ce qui m'arrive. Mais j'étais hyper inspirée. Je crois que c'est mon chapitre préféré jusqu'à présent. :D N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé. Si vous avez des questions et des remarques, n'hésitez surtout pas. :)