Bonjour à toutes et à tous, voici le tout nouveau chapitre, qui est, je pense, le plus grand que j'aie écrit jusqu'à présent. N'hésitez pas à poster une review, ça me fait super plaisir de les lire. En tout cas, bonne lecture à vous ! :D

Chapitre 36 : Infirmania.

Madame Pomfresh est revenue vers nous en courant, brandissant un vieux grimoire dans les airs, l'air triomphante.

-Je crois que je sais comment soigner ça !

Elle a posé le bouquin lourdement au bout de mon lit, et, fort heureusement pour mes orteils, j'ai eu le réflexe d'éloigner mes pieds de là avant qu'elle ne puisse me les écraser. Pomfresh ne sembla pas se rendre compte de la brusquerie de ses mouvements, cependant, elle avait le nez déjà plongé dans le grimoire, le feuilletant à la recherche de quelque chose qui nous échappait.

J'ai lancé un regard d'inquiétude vers Potter, qui m'avait l'air d'être au moins tout aussi déconcerté que moi, et qui haussa les épaules lorsque je lui ai chuchoté : « elle fait quoi là ? »

-Ah ! S'exclama-t-elle enfin, après deux minutes de silence. J'ai trouvé !

Elle releva la tête, un air de victoire sur le visage, les yeux illuminés par la joie et plissés par un sourire qui devait lui faire mal à la mâchoire. Elle a vite déchanté en voyant nos têtes, je pense qu'elle a compris qu'on la prenait pour une folle. La pauvre.

-J'ai déjà vu ce genre de cas, enfin, juste en théorie ! Il y a une sous-espèce de Fangieux d'Amérique du Sud qui provoque des blessures qui ne se referment pas, à cause d'une bactérie dans sa salive. Je l'ai étudiée à Sainte-Mangouste. Il y a un antidote, mais il est très rare, introuvable sur le marché. Il va me falloir une journée ou deux rien que pour rassembler tous les ingrédients de la potion, mais c'est faisable.

J'étais en train de me gratter autour de ma blessure, qui me démangeait atrocement depuis des heures, quand Pomfresh m'attrapa la main.

-Ne grattez pas ça, vous allez abîmer la plaie encore davantage.

-Mais ça gratte ! Vraiment !

-Faites-moi voir ça, dit-elle, poussant mes mains hors de son champ de vision lorsque j'eus dégagé mon épaule.

Elle souleva le pansement, ensanglanté, qu'elle devait de toute façon me changer, et s'éloigna, un peu plus pâle qu'elle n'aurait dû l'être.

-Oh, chuchota-t-elle, d'un ton qui ne me plaisait pas du tout.

-Quoi, « oh » ? Pourquoi, « oh » ? demandais-je frénétiquement en baissant ma tête si rapidement que j'ai bien cru me casser le cou.

-Oh. Ah oui en effet, murmurais-je, dépitée.

-Fais-voir ! S'exclama Potter, qui s'était levé de son lit pour se tourner vers moi.

-Oh nom d'un hippogriffe ! C'est encore pire qu'hier ! Je crois que je vais gerber.

On peut dire tout ce qu'on veut sur Potter, mais au moins il était honnête. La blessure de la veille, et qui m'avait grattée toute la nuit, s'était transformée en, euh, comment vous décrire ça sans que ça ne soit trop gore ? En trou béant et sanguinolent ? Non, ce n'était pas si énorme que ça, mais la plaie s'était élargie et approfondie considérablement, comme si elle cherchait à me tuer à petit feu en se répandant. La joie, en somme.

Pour tout vous dire, j'ai bien failli m'évanouir. Potter me tournait le dos, lançant de brefs coups d'œil vers moi toutes les dix secondes, comme s'il était incapable de s'en empêcher, et il avait à chaque fois un air encore plus dégoûté que la précédente. Pomfresh s'était à nouveau éloignée en courant, sans dire un mot.

-Bon, Potter arrête ça devient gênant, sérieux !

-Désolé, mais franchement c'est spécial quand même. Je crois franchement que je vais gerber.

-Ouais bah c'est pas toi qui va mourir hein, je te ferai dire. La tienne diminue de volume ! Dire qu'hier la tienne était pire que la mienne.

-Tu vas pas mourir, sérieux, elle a dit que dans un jour ou deux elle pourrait soigner ça, dit-il en désignant la plaie d'un léger coup de tête en sa direction, n'osant plus trop la regarder.

-Si ça se trouve, d'ici là se sera répandu encore plus. En plus ça gratte à fond cette horreur, ça me gave. Je te jure, si je meurs à cause d'une connerie pareille je reviens pour hanter tout le château. Celui qui t'a jeté le sort la dernière fois, c'était qui ?

-Rogue, me grogna-t-il. C'était Rogue.

-Oh, ça ne doit pas être lui, alors.

-Pourquoi pas ?

-Bah il a clairement pas l'air assez timbré pour essayer de nous tuer. Enfin, je veux dire, il a l'air d'être le genre de mec qui torture des chatons pour s'amuser, mais je sais pas s'il tenterait sur des humains, ajoutais-je en ricanant.

-Crois-moi, je connais assez bien ce cinglé, on se déteste depuis notre tout premier jour à Poudlard. Y a des chances pour que ce soit lui. J'ai toujours su qu'il finirait Mangemort, même à l'époque où il était ami avec Lily.

-Il était ami avec Lily ? Wow, elle a des goûts particuliers, quand même. C'est peut-être pour ça qu'elle sort pas avec toi, au final.

Il prit un air outré et il s'apprêtait à me répondre quelque chose, lorsque Pomfresh est arrivée.

Nous nous sommes tus tous les deux. Pomfresh m'a remis de l'essence de Murlap, ce qui brûlait, mais qui avait au moins le mérite de faire en sorte que les démangeaisons cessent un instant.

-Je vais vous garder en observation encore une nuit. Monsieur Potter, si la vôtre n'empire pas d'ici là, vous pourrez repartir dans une heure ou deux. Mais vous reviendrez demain matin pour votre pansement. Et rallongez-vous tous les deux. Vous avez besoin de repos. J'ai dit tous les deux, Monsieur Potter. Allez, j'ai d'autres patients, vous savez.

Pomfresh est partie. Je me suis recouchée, dépitée, tournant le dos à Potter, qui, lui aussi, semblait en avoir marre d'être à l'infirmerie. Il n'arrêtait pas de soupirer lourdement, pour bien me faire sentir sa propre frustration.

-Potter, dis-je sèchement, me retournant pour le regarder. Tu peux arrêter deux secondes ?

-Je m'ennuie, me répondit-il, une moue enfantine sur le visage.

Le leader d'hier était parti bien loin.

-Moi aussi. C'est pas pour autant que je t'embête avec mes problèmes, si ?

-Tu veux pas qu'on fasse une farce, genre teindre les cheveux de Pomfresh en rose ?

-Mais t'as quel âge sérieux ?

-Dix-sept ans, me répondit-il avec un grand sourire sur le visage.

-Elle nous a rien fait, Pomfresh, je vois pas pourquoi tu veux l'embêter. Elle veut juste nous sauver la vie. Et puis t'es pas préfet-en-chef ? T'es pas censé faire régner l'ordre dans ce château ?

-Bah, techniquement, si. Mais là j'ai pas envie.

-Tu voudrais pas décevoir Evans, si ? Elle avait l'air vachement impressionnée par ce que t'as fait hier !

Et c'est comme ça que je l'ai empêché de me gâcher ma journée de repos, en lui parlant de Lily Evans ce garçon était bien trop amoureux pour son propre bien.

-J'ai fait quoi ? Elle était impressionnée ? Genre, pour de vrai ?

-Ouais, pour de vrai. Bah t'as quand même vachement bien géré une situation de crise, même moi j'étais impressionnée. Je pensais que Dumbledore était devenu sénile ou qu'il avait envie de voir Poudlard partir en fumée, mais faut croire que non.

-Oh, dit-il, se concentrant visiblement un instant. J'ai pas réfléchi à ce que je faisais, c'est venu naturellement, je voulais juste faire en sorte que tout le monde s'en sorte.

Il n'avait pas l'air de se rendre compte que nous avions tous été totalement dépassés par les événements, sauf lui. C'était des gens comme lui, qu'il fallait pour combattre Volde... Oh, désolée, Vous-Savez-Qui.

-Peut-être qu'elle va venir te voir cet après-midi, lui dis-je.

-Qui ça ?

-Evans.

-J'crois pas trop. J'ai pas toujours été adroit avec elle. Je sais jamais comment agir quand elle est là, je sais pas pourquoi. Je sais jamais lui parler, tout ce qui sort, c'est des phrases genre « sors avec moi, Evans », alors forcément, elle me prend pour un dingue.

-J'avais remarqué, riais-je. La pauvre n'a aucune idée de tes talents d'orateur.

Il me regarda avec un faux regard noir et fit semblant de rire lentement. Ce qui me fit rire encore plus.

-T'es beaucoup moins chiante que t'en as l'air, tu sais. Je comprenais pas ce que Sirius te trouvait. Mais t'es pas si horrible que ça.

-C'était un compliment, c'est ça ? Je comprends mieux qu'Evans te fuie comme la Dragoncelle !

-Je ne le fuis pas, répondit l'intéressée qui se tenait près de la porte en compagnie du reste des Maraudeurs.

J'ai entendu Pomfresh crier au loin « pas trop de monde en même temps s'il-vous-plaît » en les apercevant.

-T'inquiètes, Pompom, on fera pas trop de bruit ! Lui lança Sirius à voix haute.

-Monsieur Black, combien de fois vous ai-je demandé d'arrêter de m'appeler par mon prénom ?

-Désolé, Pompom, je le referai plus, promis !

J'ai soupiré, faussement dépitée, mais décidément amusée par son comportement. Les Gryffondors étaient définitivement des grands enfants. J'étais heureuse de voir Sirius, je m'en souviens encore. J'avais cette sensation, tout au fond de mes entrailles, une sorte de boule qui se contractait légèrement. Et cette envie, presque irrépressible, de sourire.

-Pompom ? C'est ça son prénom ? Demandais-je à Sirius, croisant son regard, ce qui me fit abandonner toute envie de paraître sérieuse et souriant alors librement. Il s'est rapproché de moi, alors que les autres sont allés s'asseoir autour du lit de Potter.

-Ouais, j'ai entendu Dumbledore l'appeler comme ça une fois, me dit-il, alors qu'il s'asseyait à mes côtés. J'crois qu'elle aime pas trop son prénom. On dirait ma petite cousine, elle a 4 ans, et elle veut déjà pas qu'on l'appelle Nymphadora.

-Nymphadora, tu veux dire, la fille d'Andromeda ? C'est ma petite cousine aussi, tu sais. Je l'ai jamais vue de ma vie, par contre.

-Oh, j'oublie tout le temps qu'on est quasiment de la même famille, c'est un peu étrange, du coup, non ?

-On n'a aucun lien de parenté. Ma tante Druella est juste mariée à ton oncle Cygnus, c'est tout. Enfin, elle l'était, avant de mourir. C'est pour ça que Narcissa est blonde, elle tient ça de mon côté de la famille.

Ne venez pas croire que je fréquentais un membre de ma propre famille, c'est pour ça que je vous raconte ça. Parce que, je sais ce que les gens vont penser. Ils vont se dire que, comme tous les Sang-Purs du coin, Sirius et moi étions trop aveuglés par la pureté de leur sang pour se rendre compte que l'inceste n'était pas une bonne idée. Du coup, je vous le dis, pour ne pas que vous répétiez des histoires sordides sur moi.

-Peut-être, mais on a quand même des cousines en commun, me rétorqua-til.

-J'aurais préféré que ce soit pas les miennes, tu sais, Bellatrix est la meuf la plus cinglée que j'aie jamais vue.

-Meuf ? T'utilises ce mot toi maintenant ? Tu traînes trop avec moi.

J'avais recommencé à me gratter, maintenant que Pompom Pomfreh n'était plus dans les parages pour m'en empêcher. Et même si Sirius ne dit rien en me voyant me frotter la clavicule, il était évident, à sa façon de me fixer avec un air mi-moqueur mi-inquiet, qu'il avait compris que quelque chose se passait.

-Tu sors quand ? Me demanda-t-il de but en blanc, penchant sa tête sur le côté.

-Je sais pas, demain, peut-être, si j'ai de la chance. Potter devrait sortir tout à l'heure.

Potter, qui m'avait entendue prononcer son nom, se détourna un instant de la conversation qu'il avait avec le reste du groupe pour nous confirmer qu'il espérait bien pouvoir retourner dans son propre lit dès ce soir. Je lui en étais reconnaissante, je n'avais pas la moindre envie d'aller raconter à tout le monde, et encore moins à Sirius Black, que ma blessure s'était empirée, et que Pomfresh avait quand même eu l'air très inquiète en voyant le « trou de la mort » qui se trouvait sur le haut de ma poitrine.

-Et en plus, je vais pouvoir doublement utiliser la salle de bain des préfets, continua Potter, tout souriant.

-Comment ça ? Ça n'a pas de sens, lui répondit Remus Lupin.

-Bah si, une fois en tant que capitaine de l'équipe de Quidditch et l'autre en tant que Préfet-en-chef. C'est carrément plus classe.

-Attendez, y a une salle de bain spéciale ? J'étais même pas au courant, moi !

-Je te la ferai visiter dès que tu seras sortie, je pense qu'elle va te plaire, me dit Sirius, tout fier de pouvoir me faire partager un des privilèges de ce qui devait être l'équivalent de la haute société de Poudlard. Y a une baignoire géante, on peut se baigner à deux, continua-t-il, et je me suis sentie rougir à vue d'œil.

Il y eut une pause quasi insoutenable, pendant laquelle personne n'osa rien dire, avant que Sirius ne se rende compte du sous-entendu que sa phrase pouvait contenir.

-J'ai pas dit ça dans ce sens là, franchement les gars.

-J'espère bien, surtout à quelqu'un qui est sur son lit de mort, ça se fait moyen, répondit Potter.

-Sur son lit de mort, t'exagères pas un peu Potter ? rit Lily Evans, qui n'avait décidément plus du tout la même façon de voir Potter depuis ce qu'il s'était passé la veille. L'ancienne Lily, celle que je connaissais, n'aurait jamais

-Il exagère pour se moquer de moi, répondis-je, c'est juste que ma blessure s'est légèrement agrandie et que du coup, je vais devoir rester plus longtemps que lui.

-Agrandie ? Questionna Sirius.

-C'est rien, quasiment rien.

-Ouais fin t'as failli t'évanouir sur Pomfresh en la voyant, remarqua Potter, à qui je lançais un regard noir.

-T'étais à deux doigts de me vomir dessus, Potter, fais pas trop ton malin.

-Quoi ? On est d'accord pour dire que la mienne a rétrécie et pas la tienne ! C'est quand même vachement gore.

-Dis pas ça !

-C'est moi ou vous êtes devenus amis ? Demanda Vieuxver, qui avait clairement l'air jaloux. Je l'ai jamais senti celui-la, si ça se trouve, c'est pour ça que Sirius l'a tué. Je suis sûre qu'il y a un truc louche derrière, non mais vraiment ! Vous allez me prendre pour une folle, mais moi je pense pas que Vieuxver était aussi innocent que ça dans cette histoire. Vous verrez, je vous en reparlerai, il a fait des trucs franchement ambigus quand on a quitté Poudlard.

Enfin bref, Potter et moi nous sommes regardés, à moitié dégoûtés par ce que venait de dire Verver, avant de répondre, pile au même moment, « non! » et on avait raison, nous n'avons jamais été amis.

-Et donc, pour en revenir au sujet, agrandie ? Demanda Sirius, qui semblait se ficher complètement de ce que racontaient les autres. Agrandie genre beaucoup ?

-Bah un peu, mais c'est pas grand chose sérieux. Dis-lui, Potter.

-Bah quand même, ça avait pas l'air très normal.

-Merci de ton aide, Potter. Je t'assure, c'est rien, Sirius... Oh, tu fais quoi ? Mais ça va pas, hein ?

Il s'était mis à dégager mon épaule pour essayer d'enlever mon pansement, apparemment pas très convaincu par ce que je venais de lui dire. Il était têtu, vraiment, c'était à peine croyable.

-Fais pas ça, arrête, je vais me faire tuer par Pomfresh, protestais-je, repoussant ses mains autant que je le pouvais, me cachant jusqu'au cou avec mes draps.

-Et donc, tu sors quand, James ? Demanda Lupin, amusé par la situation.

Sirius et moi étions toujours en train de nous débattre, et les autres, apparemment peu préoccupés par la possibilité que je me fasse tuer pour avoir laissé Sirius m'enlever mon pansement, se sont désintéressés de nous. Ce n'est pas que j'avais honte ou que j'étais pudique, c'est que je n'avais pas envie de voir Sirius s'énerver. J'avais un pressentiment, quelque chose en moi me disait qu'il n'allait pas apprécier de voir que le sortilège faisait encore effet sur moi.

-Je sais pas, dans une heure, peut-être deux. Si j'ai de la chance.

J'ai filé une petite claque sur les doigts de Sirius, qui avait réussi à me prendre un bras en otage. Je veux dire, déjà que moi ça me donnait des envies de meurtre sur les Serpentards-Mangemorts, mais lui, qui les haïssait

-Non mais sérieux, arrête, c'est rien de grave je te dis. Je vais bien, dis-je à Sirius, qui ne semblait pas m'écouter.

-Oh c'est dommage tu vas louper le discours de Dumbledore ! S'exclama Evans. Il paraît qu'il va annoncer qu'une délégation de Salem devrait venir passer un mois ou deux ici.

-Comment tu sais ça ? Lui demanda Potter.

-Non, Sirius, non. Non ! Je te jure, je te mords.

-M'en fous, me grogna-t-il en guise de réponse.

-J'ai entendu McGonagall en parler avec Slughorn ce matin après avoir été interrogée par les Aurors.

-Qu'est-ce qu'ils viennent faire ici ? Interrogea Remus, se tournant vers elle.

-Je sais pas, il va sans doute annoncer la raison de leur venue en même temps, répondit-elle en haussant les épaules.

-Ah.

Et merde. J'avais essayé de me débattre, mais il était fort, le fourbe. Je sais même plus comment il avait réussi, mais il m'avait emprisonné les deux mains dans une des siennes, avant de retirer mon pansement. Tout s'est passé super rapidement, j'ai pas eu le temps de me débattre. J'ai bien vu à la tête qu'il tirait que ça ne lui plaisait pas tant que ça. Je l'avais senti, je le savais d'avance qu'il était du genre à se mettre en colère pour ce genre de choses.

-Je vais retrouver celui qui t'a fait ça, me dit-il en le regardant droit dans les yeux, résolu, et déterminé, comme si c'était moi qui était responsable de ma propre blessure et qu'il me menaçait. Je vais le retrouver et je vais le faire souffrir. Je commence à en avoir ras-le-bol des Mangemorts.

-T'es légèrement flippant, tu sais.

-Je sais, c'est le but. Je crois que c'est parce que je supporte pas la vue du sang et de la chair, ça me rend hargneux.

-Tu sais, si quelqu'un doit faire souffrir quelqu'un d'autre, ici, c'est moi. Toi, tes égratignures d'hier sont parties. Je vois pas pourquoi t'as besoin d'être hargneux.

-Parce que je tiens à toi, faut pas être un génie pour s'en rendre compte.

C'est à ce moment là que j'ai réalisé que les autres ne parlaient plus, et je me suis retournée vers eux. Ils étaient simplement en train de nous regarder nous chamailler. Je m'apprêtais à leur demander s'ils trouvaient, eux aussi, que le temps était propice à un pique-nique au bord du lac, quand Pomfresh est réapparue parmi nous, je crois qu'elle en a eu marre qu'on parle trop fort. Ce qui me permis d'éviter d'avoir à répondre à Sirius. Une bonne tactique, en somme. Elle a bousculé le petit attroupement qui se trouvait au pied du lit de Potter avant de se pencher vers son bras, et j'ai à peine eu le temps de me recouvrir avec mon drap pour ne pas qu'elle voie que Sirius avait enlevé mon pansement. J'ai profité du fait d'être recouverte pour le remettre vite-fait, maudissant Sirius sur cinquante générations pour ne pas m'avoir écoutée.

-Monsieur Potter, vous n'avez toujours pas de démangeaisons ? Dit-elle en ne levant pas les yeux de sa plaie.

-Non, Madame.

-Très bien, vous appliquerez de la crème toute les deux heures, lui dit-elle en lui tendant une fiole qu'elle venait de sortir de sa poche. Et je veux vous voir demain matin avant les cours. Vous pouvez partir, et embarquez moi toute cette troupe avec vous.

Elle s'est relevée et Potter était à deux doigts de crier de joie. Il s'est redressé, a étiré ses bras, a jeté ses draps vers le fond de son lit et en est sorti de en un saut. Je m'attendais à me retrouver seule, et donc de pouvoir éviter une discussion qui me mettrait forcément hyper mal à l'aise, alors que mes joues devaient être très certainement tout aussi rouge que.. Je sais pas, mon rouge à lèvres préféré ? J'ai pas trouvé de meilleure comparaison. Enfin bref, j'ai donc fermé les yeux, m'imaginant qu'il n'y aurait plus personne lorsque je les rouvrirai, mais c'était sans compter sur l'obstination de Sirius Black. J'ai bien entendu des pas, des gens parler et s'éloigner, en me disant au revoir, un « bon courage, Rosier ! » de la part de Potter, et je me suis dit que j'étais tranquille quand j'ai entendu la porte claquer lourdement derrière eux. Et pourtant, quand j'ai rouvert les yeux, Sirius était exactement au même endroit, soit sur une chaise à côté de moi, la tête posée sur l'une de ses mains. Têtu comme un hippogriffe, je vous jure.

Il me regardait avec un air amusé et légèrement suffisant qui avait le don de m'irriter.

-Oui ? Lui demandais-je. T'as oublié quelque chose ?

-On était en pleine discussion, et on n'avait pas fini de parler, alors j'allais pas partir si tôt.

-T'as pas entendu Pompom ? Elle vous a demandés de partir.

-Je pense qu'elle ne m'en voudra pas.

-Peut-être, tu sais pas. Peut-être qu'elle..

-Élise..

-Qu'elle va te filer une heure de retenue.

-Élise.

-Tu sais pas, moi non plus je sais pas. Franchement, tu ferais mieux de l'écouter, on sait jamais.

-Élise !

-Quoi ?

-Tu te souviens de ce que je t'ai dit tout à l'heure ?

-Bah t'as dit pas mal de trucs tu sais, on a parlé de nos cousines, déjà.

Il n'avait absolument pas l'air amusé, même pire, il me regardait avec détermination, comme si je représentais un obstacle dans ce qu'il avait àaccomplir. Il faut que vous compreniez une chose, c'est que je ne suis pas douée avec les émotions, les sentiments, tous ces trucs là, c'est pas ma tassé de thé, j'ai pas été éduquée dans ce genre d'ambiance, moi. D'où je viens, on enfouit ses émotions le plus profondément possible en espérant qu'ils disparaissent et qu'on n'en entende plus jamais parler.

-Que tu tenais à moi, dis-je alors, cédant sous la pression de son regard froid. T'as dit que tu tenais à moi.

-Je voulais être sûr que t'avais entendu.

-J'avais entendu. J'ai juste pas eu le temps de te répondre, c'est tout.

-Parce qu'il y avait une réponse.

-Oui, répondis-je timidement.

J'avais horreur de la timidité, ça allait à l'encontre même de mes principes. Ce qu'il ne me faisait pas faire là, je vous jure !

-Et donc ?

-Quoi, et donc ?

-Bah, c'était quoi la réponse ?

-Tu vas vraiment me forcer à te la dire ?

-Bah tu viens de me dire qu'il y avait une réponse, tu pourrais au moins me la dire.

J'ai fait une pause, ai inspiré grandement, me préparant à mourir de honte immédiatement, et ai alors dit, aussi rapidement que possible, ne voulant pas prolonger la scène de torture qui allait suivre : « Je tiens à toi aussi. Ça va, t'es satisfait? »

-Plutôt oui, allez, bonne soirée ! Me dit-il en se relevant, avant de m'embrasser sur le front rapidement et de partir vers la porte.

-T'es pas sérieux ! Lui criais-je, aussi bas que possible de peur de me faire hurler dessus par Pompom Pomfresh. Tout ça pour ça !

-A demain, je passerai te voir, me dit-il en se retournant, un grand sourire sur le visage.

Cet homme n'était qu'un fourbe.