Chapitre 37 : Maléfices et Antidotes Antiques

J'ai pu sortir le lendemain après-midi, après une énième visite des Aurors et de Dumbledore, à qui j'ai fait clairement comprendre qu'il abritait des Mangemorts dans son école. Je pense qu'il le savait déjà, soyons honnêtes deux secondes, mais qu'il préférait qu'ils soient à l'école plutôt que dehors, où ils seraient libres de faire ce que Machin-Truc-Premier-du-Nom voulait qu'ils fassent. On sait tous comment ça s'est passé au final...

Enfin, on en reparlera plus tard. J'ai deux trois détails de l'histoire à vous raconter avant. Donc, oui, je suis sortie de l'infirmerie le lendemain, avec un mot d'excuses pour mes professeurs, et une fiole de potion d'antidote au venin de Fangieux, qui, et même si ça peut paraître improbable, marche plutôt pas mal sur les plaies sanguinolentes causées par des Sectumsempra. Ma cicatrice me grattait toujours, pour être honnête, mais elle ne me donnait plus envie de m'arracher la peau pour être tranquille, ce qui était déjà un énorme progrès. Mais, fort heureusement pour moi, après quelques jours, l'envie de me gratter a fini par s'atténuer pour disparaître au bout de quelques semaines, et depuis, c'est comme si rien ne s'était jamais passé. Bon, on va être honnête, j'ai encore une cicatrice. Elle est immonde, je la cache toujours, enfin, la cachait, y a pas grand monde à qui la montrer dans les parages ces derniers temps. Je vous la montrerais bien, mais j'ai pas envie de devoir nettoyer du vomi sur mon tapis. Oui, je sais, je ne suis pas drôle, mais la mort est une chose bien solitaire, vous savez, et la solitude n'est pas compatible avec l'humour. Donc, j'ai une cicatrice sous la clavicule. Imaginez un peu comment ça m'a ruiné mes possibilités en terme de robes décolletées, tant de tenues ruinées à cause d'un Mangemort. Le monde est décidément cruel. Tant qu'on y est, je veux que vous le sachiez, je suis quasi certaine que c'est Severus Rogue qui m'a fait ça. On en a déjà vaguement parlé, mais faut que je vous le rappelle, on va parler d'un truc qui le concerne, aujourd'hui. Enfin, plus tard, oui. Plus tard, c'est bien. J'ai une chronologie à suivre. Sinon après ça devient compliqué. Pour vous comme pour moi.

Étant donné que je suis sortie en pleine après-midi et que tout le monde était censé être en cours, je m'étais dit que j'allais juste aller me poser dans la salle commune des Serdaigles. Je voulais surtout aller me changer pour aller enfiler mon uniforme, parce que je n'avais pas eu l'occasion de me changer depuis l'accident du train, et que l'uniforme était obligatoire. Ça, en plus du fait que j'avais dû remettre les vêtements tâchés de sang et abîmés par les sorts et les bouts de verre que j'avais reçus, et puis après je me suis rappelée du fait que la poignée de porte me haïssait et que je n'allais pas pouvoir rentrer. Du coup, j'ai essayé de nettoyer mes vêtements comme je le pouvais et je me suis dit que j'allais aller faire un tour autour du lac en attendant la fin des cours, mais, et je ne sais pas si vous vous en souvenez, la dernière fois que j'ai fait ça, j'ai failli me faire tuer par un loup-garou. Alors, je sais, il faisait jour, mais ce n'est pas parce qu'il n'aurait sans doute pas de loup-garou qu'il ne pouvait pas y avoir autre chose d'aussi dangereux. Genre le chien noir qui traînait avec le loup-garou. Ou le cerf bizarre. Cette école était flippante, je vous jure. Du coup, je me suis dit que j'allais aller dans la Grande Salle, pour être tranquille. Mais elle est fermée hors des heures des repas. J'imagine qu'ils ne nous font pas confiance. Du coup, je suis allée à la bibliothèque. La grande déprime, en gros. Je sais ce que vous vous dites, qu'une Serdaigle qui n'aime pas passer sa vie entourée de livres qui sentent la poussière et le moisi accumulés depuis cinq siècles n'est pas une vraie Serdaigle. Soit. Je vous répondrai que moi à la base je viens de Beauxbâtons et que toutes ces histoires de maisons me paraissent atrocement ridicules et qu'essayer de caser des gamins de onze ans dans des cases aussi étriquées n'a pas de sens. Mais bon, qu'est-ce-que j'en sais, moi, je suis qu'une Française.

Il n'y avait pas grand monde dans la bibliothèque, faut dire que la plupart des gens ont cours à cette heure-ci, ce qui a fait que j'étais plus ou moins libre de m'installer où je le voulais. Par instinct de survie, oui, il en faut un quand on pénètre dans une bibliothèque, je me suis installée le plus loin possible du bureau de la bibliothécaire, dont l'air sévère et grincheux ne m'inspirait pas confiance. J'ai posé mes affaires sur la table, y compris les livres de cours que Potter m'avait ramené le matin même. Évidemment, il n'avait pas fait ça par pure gentillesse, ou parce qu'on était potes. Loin de là, il est venu parce qu'il n'avait pas le choix. Apparemment, être préfet-en-chef est vraiment un fardeau inimaginable et le pauvre garçon maudissait la folie de Dumbledore comme jamais. J'ai continué de travailler autant que possible pendant près d'une demie-heure, cherchant à comprendre le sujet du cours, cherchant à comprendre en quoi les cours d'Alchimie qu'on allait avoir cette année seraient utiles et différents des cours de Métamorphose et de Potions qu'on avait déjà, mais le livre ne m'aidait pas du tout. Et puis, vous connaissez le topo, je n'ai pas pu finir de bosser en paix. On n'est jamais tranquilles dans cette école.

Je ne l'ai pas vu tout de suite, pour être honnête, j'étais trop prise par l'histoire et la chronologie de l'Alchimie, avec les fantastiques découvertes de Libatius Borage et de Dzou Yen sur un sujet qui, aussi passionnant soit-il, me dépassait totalement. Vous vous demandez ans doute qui je n'avais pas vu. Mais si je vous le dis, ça va gâcher tout ce suspens insoutenable. M'enfin, si vous préférez. C'est pas comme si c'était un grand mystère, y a beaucoup d'élèves dans cette école, mais quand même, pas autant qu'à Beauxbâtons. Enfin bref, je venais de poser ma plume sur mon parchemin, faisant une énorme tache d'encre dessus, en me levant pour aller chercher un livre traitant des recherches contemporaines d'Alchimie, j'ai oublié le nom précis, mais c'était un truc du genre « Le chemin vers l'immortalité : le guide du sorcier moderne », je crois que j'en ai une copie dans ma bibliothèque, quelque part. En vrai, ça ne vous apprend rien sur l'immortalité, j'ai lu le bouquin en entier, c'est une arnaque, ne l'achetez pas.

Oui, donc, je disais, je me suis levée, me suis baladée dans les rayons quelques minutes, parcourant les étagères les unes après les autres, à la recherche de la bonne section quand je suis tombée nez à nez avec Severus Rogue. Ce qu'il faisait ici dans la bibliothèque et non en cours de Botanique avec les autres ? C'est une très bonne question. Et je crois en avoir les réponses. Bon, déjà, vous imaginez bien que notre rencontre fut tendue. Je me suis arrêtée net en le voyant, ma respiration se coupant un instant. J'ai tenté de me retenir de lui jeter un sort en enfonçant ma main droite dans une des poches vides de mon uniforme, où elle cherchait à s'agripper autour de quelque chose qui n'était pas là, mes ongles s'enfonçant dans ma propre paume. Il était assis sur le sol, le dos contre l'étagère derrière lui et les jambes étendues devant lui, la tête penchée très bas sur ce qui semblait être un très très vieux grimoire posé sur ses cuisses. Je ne voyais pas son visage, mais je l'ai reconnu instantanément. Il lui a fallu quelques secondes pour se rendre compte que j'étais là, et c'est là que j'ai bien cru mourir dans le pire endroit du monde pour mourir : la bibliothèque. Quoique, je suis bien morte dans une allée derrière Sainte-Mangouste, alors bon, c'était pas bien glamour, dans le genre. On ne va pas se mentir, j'ai eu envie de le tuer sur place dès qu'il a relevé la tête et que ses yeux se sont posés sur moi. Et vu sa tête, il avait soit des problèmes assez sérieux de digestion ou il était à deux doigts de m'étrangler mais tentait tant bien que mal de se retenir de le faire. Il s'est relevé assez rapidement, et c'est là que j'ai pu apercevoir le titre du grimoire qu'il lisait. Maléfices et Antidotes Antiques par Urquhart Rackharrow. Et j'ai su immédiatement pourquoi il lisait ça. Voyez-vous, Urquhart, de son doux prénom, est l'inventeur d'un gentil petit maléfice que j'avais très récemment utilisé sur l'un de ses amis, le maléfice de Videntrailles. Alors, soit l'un d'entre eux était en train d'agoniser quelque part, sur le point de mourir, très certainement dans une souffrance qui dépassait l'entendement, soit il cherchait à savoir comment venger sa mort en l'apprenant lui-même pour me le lancer.

Quoi qu'il en soit, il était absolument impossible que ce soit une simple coïncidence. Il m'a vue baisser les yeux, et a tenté de cacher le livre derrière lui.

-Ça a l'air sympa, comme lecture. J'aime beaucoup le travail de Rackarrow, surtout en ce qui concerne les maléfices expulsants, vraiment, lui ai-je dit, le regardant droit dans les yeux et m'approchant d'un pas.

Je n'avais absolument pas peur de lui, c'était une sensation étrange, de savoir qu'on risquait de se faire tuer par quelqu'un, mais de ne pas en avoir peur. Je savais que j'étais capable de me défendre, je savais qu'il savait sans aucun doute qu'il avait plus à craindre de moi que moi de lui. Il a reculé d'un pas, ses joues pâles rougissant à vue d'œil.

-Tu sais que je sais pourquoi t'as ce livre là entre les mains, pas vrai ? Continuais-je alors qu'il ne disait mot, et qu'il reculait davantage vers le mur à quelques mètres derrière lui.

-Ils t'ont laissé sortir de l'infirmerie ? Me demanda-t-il avec hargne, ignorant ce que je venais de lui dire.

-Ça t'étonne ? Ton sort n'a pas aussi bien marché qu'il le devrait ?

-Je ne vois pas de quoi tu parles.

-Tu sais, le problème dans le fait de lancer toujours les mêmes sorts aux gens, c'est qu'on finit par être prévisible et reconnaissable. Même quand on porte un masque. Tu sais que les Aurors sont venus me voir plusieurs fois pendant mon séjour à l'infirmerie ? On est devenus assez proches, eux et moi. J'ai eu beaucoup de choses à leur apprendre.

-Tu crois que j'ai peur ? Que j'ai quelque chose à perdre, à craindre ? Dit-il, sa voix s'élevant un peu trop fort pour que notre discussion passe inaperçue dans un endroit où le silence était requis. Il avait sorti sa baguette à présent, laissant tomber le livre derrière lui lourdement, et j'ai dû sortir la mienne, pour lui montrer que je ne comptais pas me laisser intimider.

-Je crois que tu devrais être à Azkaban, et que ça ne devrait pas tarder.

-Que j'y sois ou pas, toi et tous les autres allez mourir. Vous êtes déjà morts. Ça ne fait que commencer, répondit-il avec un air plus sinistre que celui de Rusard, c'est pour vous dire.

C'est à ce moment là, alors que je m'apprêtais à lui sauter dessus pour le frapper que Madame Pince est apparue derrière moi, je l'ai su à la tête qu'a fait Rogue en la voyant, se rendant compte de ce qu'il venait de dire en sa présence. J'ai rangé ma baguette aussi vite que je l'avais sortie, et Rogue en fit de même.

-Monsieur Rogue et Mademoiselle... Euh, quel est votre nom ?

-Duchesnes-Rosier.

-Bien, oui. 10 points en moins pour les maisons de Serpentard et de... Euh, dans quelle maison êtes vous ? Pourquoi n'avez vous pas votre uniforme ? Pourquoi êtes vous dans un état pareil ?

-Je sors tout juste de l'infirmerie, après euh, l'attaque dans le Poudlard Express, madame, je n'ai pas eu le temps d'aller me changer. Je suis désolée pour les tâches de sang, le Recurvite ne marche pas super bien après plusieurs jours, j'aurais dû le faire sur le moment mais j'y ai pas pensé. Tu me dois une chemise, d'ailleurs, Rogue, lui dis-je en me tournant vers lui un instant. Mais sinon, je suis à Serdaigle, madame, continuais-je, sans attendre la réaction de Rogue.

A dire vrai, je crois que je n'avais plus peur de rien. Perdre des points ou prendre une heure de retenue n'a pas vraiment de valeur lorsqu'on vient de risquer sa vie. Elle aurait pu enlever tous les points de la planète à Serdaigle, ça n'avait pas d'importance. Il y avait un Mangemort en face de moi, et, si même lui n'arrivait plus à me faire peur, alors rien d'autre au monde ne le pouvait. Je crois qu'on ne se rend jamais vraiment compte d'à quel point on a changé avant qu'il ne soit trop tard. Je n'étais plus la même, il était trop tard pour faire demi-tour, à présent. J'avais été embrigadée dans une guerre qui n'était pas mienne, et j'allais en subir les conséquences.

Pince fut pour le moins choquée ma réponse, son air strict se transformant pendant un instant en une surprise qu'elle eut du mal à dissimuler.

-Oh, bien, dix points en moins pour Serdaigle. Monsieur Rogue, vous aurez également deux heures de retenues pour avoir abîmé un manuscrit précieux, dit-elle en se baissant pour récupérer le grimoire sur le sol. Vous allez apprendre à respecter mes livres, vous verrez. Oust, sortez d'ici, vous reviendrez me voir ce soir avant la fermeture. Mademoiselle Duchesnes, retournez vous asseoir.

-J'aimerais bien mais je cherche un livre sur l'Alchimie moderne, vous savez où je peux trouver ça ?

Rogue est passé devant moi, et j'ai dû me retenir de le faire tomber, et puis Madame Pince a pris un air de joie ultime en me parlant de son système d'organisation pour la Bibliothèque, et, je crois qu'elle aime bien l'Alchimie de façon générale, parce qu'elle a voulu me refourguer une demie-douzaine de bouquins différents sur le sujet.

Je suis restée une heure de plus dans la bibliothèque avant de partir vers mon dortoir, accompagnée de trois nouveaux livres que Madame Pince m'avait vivement conseillés. J'ai croisé des groupes de premières années qui me regardaient avec des yeux grands ouverts et qui se sont mis à discuter à voix basse quand je me suis éloignée d'eux. Et puis, au bout d'une dizaine de minutes et au moins autant d'escaliers, je suis arrivée vers la tour de Serdaigle, épuisée, et voulant simplement aller me coucher. Il n'est pas facile de dormir convenablement à l'infirmerie. Déjà parce qu'il y a beaucoup de monde, que Madame Pomfresh vient nous voir régulièrement pour savoir si on va bien, et qu'on a été levés aux aurores pour être interrogés par les Aurors. Je sais, je pense qu'ils le faisaient exprès, pour être raccord. Ils doivent bien se marrer dans leurs bureaux.

J'ai tambouriné sur la porte de la salle commune pour que quelqu'un vienne m'ouvrir, et c'est un gamin de douze ou treize ans, qui a fait deux pas en arrière en m'apercevant, qui est venu me sauver après quelques secondes.

-C'est toi ? Me demanda-t-il avec un grand sourire.

-Hein ?

-C'est toi qui a sauvé Matthew et Margaret ?

-Euh, peut-être, lui répondis-je, sceptique, alors qu'un attroupement d'enfants commençait à se former autour de moi.

C'est pas pour me vanter auprès de ma probable future audience, mais, ouais, j'ai eu un fan club de pré-ados pendant toute ma septième année à Poudlard. Apparemment, d'après ce que j'ai compris, Matthew et tous les autres gamins qui étaient restés avec moi dans le compartiment où nous étions cachés ont raconté à tout le monde que je les avais sauvés d'une mort certaine. Je ne sais pas si c'est vrai, peut-être qu'ils s'en seraient sortis indemnes si je n'avais pas été là, mais le fait est que j'avais un fan club composé des trois-quarts des élèves de moins de quatorze ans. Je crois que les plus âgés s'étaient bien rendus compte que je n'étais pas à la hauteur, je veux dire, tout le monde vénérait James Potter beaucoup plus qu'ils ne me vénéraient moi, les plus âgés étaient beaucoup moins aveuglés par l'adoration sans faille que Matthew O'Connor me vouait.

J'ai passé dix minutes avec les plus petits, avant de leur expliquer que j'étais fatiguée et que je rêvais juste d'aller prendre une douche et d'aller me coucher. Ils étaient super déçus mais avaient vite compris que je n'en pouvais plus, une toute petite fille aux yeux et cheveux aussi noirs qu'un dragon des Hébrides m'a même offert un dessin. Je lui ai rien dit sur le moment mais elle était devenue ma préférée.

J'ai en suite pris l'une des meilleures douches de ma vie avant d'aller me coucher dans un dortoir désert, ne me fiant qu'à la malle posée au pied du seul lit qui n'était pas défait pour savoir lequel était le mien, trop fatiguée pour restée debout jusqu'à ce que quelqu'un arrive pour me le confirmer. J'ai dû dormir quelques heures, avant que quelqu'un ne vienne frapper à la porte, et que le bruit ne me réveille. Le soleil était quasiment couché et Jane White était posée sur son lit, en train d'écrire quelque chose, alors que Veronica se levait pour aller ouvrir la porte.

-Oui ? Demanda-t-elle alors que je me retournais pour voir qui était là.

-Euh, y a quelqu'un à la porte, un Gryffondor, c'est le maraudeur aux cheveux longs, il veut voir Elizabeth, ou Eliza, un truc dans le genre, répondit une adolescente boutonneuse à lunettes. Apparemment c'est une Septième année, elle est là ?

-Elle dort, dit à Black de repasser plus tard.

-Non, non c'est bon, je suis réveillée, dis-je en me relevant. Dis-lui que je descends dans deux minutes.

Veronica a refermé la porte derrière la gamine et s'est tournée vers moi, l'air inquiète.

-Tu vas bien ? Tu devrais peut-être te recoucher.

-Non, non, t'en fais pas je vais bien. Il est quelle heure ? Demandais-je, cherchant la pièce des yeux, essayant de trouver une horloge ou une montre.

-Il doit être 18h30, on ne va pas tarder à descendre pour aller manger. Viens là, tu m'as fait une de ces peurs, encore !

Elle m'a pris dans ses bras, m'a serrée un peu trop fort avant de me relâcher. Je me suis changée, ai enfilé le premier truc à peu près décent que j'ai trouvé dans ma malle, avant de descendre le plus rapidement possible. Je me suis faufilée jusque la porte, essayant d'esquiver à la fois les attroupements d'élèves qui faisaient voler des objets dans les airs et ce que je soupçonnais être des Boursoufs dans des cages dorées qui flottaient au dessus de leurs têtes. Cette école était insensée. Ou bien était-ce seulement les Serdaigles qui étaient bizarres ? Aucune idée.

J'ai trouvé Sirius assis par terre à côté de la porte, en train de parler devant ce qui me semblait être un miroir de poche.

-T'es encore plus narcissique que ce que je pensais, lui dis-je, le faisant sursauter.

-C'est pas ce que tu crois, me répondit-il en se relevant, me tendant la main pour me montrer le miroir qu'il tenait.

A ma grande surprise ce ne fut pas mon propre reflet que j'y vis, mais la tête de Potter qui me faisait des grimaces en silence. J'ai poussé un petit cri de surprise, et j'ai failli laisser tomber le miroir de mes mains, Sirius me le reprenant en l'empêchant de se fracasser sur le sol.

-J'te laisse, on se reparle après, d'accord ? Dit Sirius à Potter.

-Ok d'accord, je suis censé rejoindre Evans pour un autre truc de préfets, elle doit être dans la salle commune, enfin j'espère. C'est toi qu'a la euh..

-Je sais pour la carte, Potter, j'en veux une, d'ailleurs.

-Cool, débrouille-toi pour t'en faire une, c'était assez galère comme ça. Donc, tu l'as ou pas Patmol ?

-Non, c'est Remus qui l'a.

-Oh merde, faut que j'aille lui piquer. Bon, salut Rosier !

-Euhh, salut Potter !

-A tout à l'heure, soit dan la Grande Salle soit dans le dortoir, ok ? Dit Sirius au miroir.

-Ouais, salut !

Sirius a remis le miroir dans sa poche et puis m'a pris dans ses bras.

-Tu sais que j'ai un fan club aussi maintenant, lui dis-je, le son à moitié étouffé par notre proximité et le fait que ma tête soit collée contre son épaule.

-Ah ouais ?

-Ouaip, tu te souviens des gamins que j'ai gardé pendant que vous vous battiez avec les autres ?

-Ceux dans le compartiment ?

-Ouais. Apparemment, ils considèrent que je leur ai sauvé la vie. Du coup, j'ai des fans, si t'es sage, je te laisserai les rencontrer, ils sont mignons. Y en a une qui m'a offert un dessin, je crois que je vais l'adopter, lui dis-je, en m'éloignant de lui pour pouvoir lui parler convenablement.

-C'est un truc de Moldus, l'adoption, c'est pas ton genre, me dit-il avec un sourire moqueur.

-Avant, ouais, maintenant, je sais pas. Oh, d'ailleurs, tu devineras jamais sur qui je suis tombée à la Bibliothèque tout à l'heure.

-T'es allée à la Bibliothèque ? Beurk, tu me déçois, me répondit-il en faisant mine d'être dégoûté par ce que je venais de lui dire, son visage se renfrognant un instant, avant qu'il ne se mette à rire.

-Moque-toi de moi. Bon, tu veux savoir ou pas ? Ça va te plaire, mais j'ai des infos.

-Vas-y balance.

-Rogue, avec un bouquin sur les Maléfices et Antidotes Antiques.

-Et ? Demanda-t-il, apparemment peu impressionné par l'importance capitale de l'information que je venais de lui donner.

-Tu sais ce qu'il y a dans ce bouquin ? Tu sais qui l'a écrit ?

-Non ? J'ouvre pas de livres sauf en cas de nécessité extrême, par principe.

-Comment tu fais pour avoir des notes aussi bonnes que ça ? Sérieux.

-Le talent, ma chère.

J'ai pouffé de rire, à moitié exaspérée, avant de lui expliquer en détail par qui avait été écrit le bouquin et pourquoi c'était important. Lui faisant comprendre que j'avais dit à Rogue que je savais pourquoi il était en train de le lire, et qu'il avait essayé de le cacher derrière lui.

-Donc il essaye de soigner quelqu'un.

-Ou il veut se venger de la mort d'un de ses potes. Moi c'est mon hypothèse. Je vois pas comment on peut survivre aussi longtemps avec les boyaux à l'air. Et puis il m'a menacée de mort, juste après.

-Il t'a menacée ?

-Bah, il m'a pas dit « je vais te tuer » mais genre, je lui ai dit qu'il devrait être à Azkaban et il m'a dit qu'on « était déjà tous morts » un truc dans le genre, il est hyper flippant.

-Je vais le buter à mains nues.

-J'ai failli l'étrangler, tout à l'heure, mais Madame Pince est arrivée. Je crois qu'elle m'aime bien, elle m'a parlée pendant super longtemps.

-Non, mais je vais vraiment le tuer. James aurait jamais dû lui sauver la vie... N'empêche, dit-il après quelques secondes de réflexion, aucun d'entre eux n'a été absent de la journée, je sais pas comment ils ont fait. J'aurais remarqué si un des nazis-sorciers n'était pas là.

-Nazis ? C'est quoi, ça ?

-Rien, je t'expliquerai plus tard. Viens, on va aller parler avec James, il doit encore être dans la salle commune.

-J'ai le droit d'aller chez les Gryffondors ?

-Non, mais hé, t'as été assez brave l'autre jour, je ferai un plaidoyer en ta faveur, y a moyen de te faire accepter parmi les miens.

-Ha ha, moque-toi de moi.

Et dire que la soirée ne faisait que commencer.


Voilà voilà, il a mis un peu plus de temps que prévu parce qu'il est aussi beaucoup plus long que prévu. Je crois qu'ils vont finir par faire 30 pages de long, au final, on ne m'arrête plus. Merci à toutes et à tous pour vos commentaires, ils me font toujours super plaisir, n'hésitez donc surtout pas ! Si vous avez des questions et des suggestions, c'est pareil, n'hésitez pas. :D