Chapitre 38 : Kozmic Blues
Le salle commune des Gryffondors n'était pas plus grande ou mieux décorée que celle des Serdaigles, pire encore, elle semblait être encore plus bordélique que la notre. Il n'y avait pas d'animal rare en cage, pas de livres à esquiver sous peine de se les prendre en pleine tête, pas d'élève allongé sur le sol, recouvert de peinture, ou même d'orbes d'encre dessinant des histoires dans les airs. Et pourtant, elle avait un air étrange de confort, ses vieux fauteuils usés semblaient avoir passé des siècles à entendre des rires et avoir laissé des milliers d'adolescents se reposer sur eux. Le rouge chatoyant de la pièce était illuminé par le feu de la cheminé et les bougies qui flottaient à travers la pièce. Et surtout, ils n'avaient pas de satané poignée de porte maléfique. Les gros chanceux.
Sirius a juste eu à donner un mot de passe à l'espèce de cantatrice foirée qui se trouvait sur le portrait qui cachait l'entrée pour l'ouvrir. Et, comme pour remuer le couteau dans la plaie, il s'est tourné vers moi en souriant fièrement. Je lui ai fait une grimace en retour, faisant semblant d'être dégoûtée. Mais c'était difficile de ressentir autre chose que les papillons qui se chamaillaient dans mon ventre quand il me regardait comme ça, sa main tenant fermement la mienne, comme s'il avait peur que je ne disparaisse en un instant. Remarquez... Non, rien. On en parlera plus tard, je vais pas gâcher l'ambiance. On approche d'un moment important, je vais éviter les commentaires sur des trucs qui ne sont pas dans l'ordre chronologique que j'essaie de suivre. Bref, il a fini par me lâcher la main, après m'avoir dit d'attendre dans la salle commune alors qu'il montait dans son dortoir pour aller chercher les autres. Je me suis assise à côté de deux adolescents que je n'avais jamais vus auparavant. Ils étaient penchés sur un livre et ont relevé la tête en s'apercevant de ma présence. Ils ont tous les deux froncés des sourcils en voyant que je n'étais pas quelqu'un qu'ils connaissaient. Je ne portais pourtant pas un quelconque symbole indiquant ma non-appartenance à Gryffondor. Voyez-vous, dans ma hâte de descendre voir Sirius, j'avais simplement enfilé la première robe qui ne soit pas bonne à laver que j'avais trouvée. Soit, elle n'était pas rouge ou dorée, plutôt bleu marine, d'ailleurs, mais ils ne pouvaient pas deviner que j'étais une Serdaigle rien qu'avec ça.
-Salut, moi c'est Élise.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Me lâcha celui qui était le plus éloigné de moi, un garçon aux cheveux roux et aux dents de devant trop longues, qui avait l'air de se méfier de moi. T'as pas le droit d'être ici, continua-t-il.
-Je suis pas là de mon plein gré, me défendais-je, j'ai été kidnappée par un fou furieux. Et puis, vous savez pas, peut-être que je suis une Gryffondor.
Celui qui n'avait encore rien dit s'est mis à pouffer.
-On sait très bien qui t'es, t'es la blonde qu'avait roulé une pelle à Sirius Black lors de l'anniversaire de James Potter l'année dernière. C'est toi qui fait des strip-teases quand t'es bourrée, pas vrai ? T'es une Serdaigle, nan ? Répondit-il, se mettant à sourire d'un air qui ne me plaisait pas du tout.
Je me suis éloignée légèrement de lui par réflexe, mes mains tirant sur le bas de ma robe, pour cacher mes genoux. J'aurais sans doute dû penser à mettre des collants. Je n'avais pas eu le temps de penser à ce genre de détail. N'avais pas imaginé avoir à subir ce genre de comportement.
-Ah... marmonnais-je, énervée par le fait que ce soit ça qu'ils aient retenu de moi et gênée par son regard. J'étais bourrée, faut m'excuser. Oui oui, Serdaigle, oui. Mais comme je disais, je suis pas là de mon plein gré.
Il se mit à rire, se rapprochant de moi. J'ai fini par détourner le regard, scrutant la pièce des yeux, cherchant à trouver quelque chose ou quelqu'un pour me sortir de là. Mes mains s'acharnant toujours sur ce satané tissus qui refusait de rester en place.
-L'autre fou, c'est encore Black, non ? Continua-t-il, mes yeux se posant à nouveau sur lui en entendant le nom de Sirius.
-Oui, dis-je, exaspérée, un soupir s'échappant de mes lèvres malgré moi. Il est allé chercher ses potes à l'étage. Du coup j'attends ici.
-C'est vrai que Black est un fou, ricana le rouquin, en fermant le livre qu'il tenait dans ses mains.
-Hé ! Intervint Sirius, qui était en train de descendre les escaliers, suivi de près par James Potter et Remus Lupin, et j'entendis Vieuxver leur crier de l'attendre. Je suis restée un instant la bouche ouverte, sentant mon malaise se dissiper au fond de mes entrailles. Je me suis relevée en un instant pour aller me rapprocher de lui.
-D'où tu me traites de fou, Dearborn ?
-J'ai rien fait, se défendit-il, levant ses mains, les paumes ouvertes vers Sirius, lui indiquant clairement qu'il se rendait. C'est elle, continua-t-il en me pointant du doigt. Elle dit que tu l'as kidnappée.
Le lâche. Le bon gros lâche.
-En même temps, dis-je avant qu'il n'ait même eu le temps de prendre un air outré, j'ai pas vraiment tort.
Je crois qu'il a bien vu, peut-être à cause du fait que j'avais un énorme sourire sur le visage, que j'étais en train de blaguer, parce qu'il ne m'a pas jeté le premier sort qui lui passait par la tête et s'est contenté de m'ébouriffer les cheveux d'une main avant de la poser sur mon épaule.
J'étais en train de me plaindre quand Vieuxver a débarqué, essoufflé, me coupant dans mon élan.
-Dearborn, Smith, bougez. Allez, bordel, je suis préfet-en-chef j'ai pas que ça à faire, on a besoin de discuter de trucs sérieux. Les deux garçons en question se sont levés en grommelant, leurs pas lourds résonnant dans la pièce jusqu'à ce qu'ils ne disparaissent dans les escaliers. Oh, me regarde pas comme ça, Remus, c'est pas de l'abus de pouvoir, on a vraiment besoin de parler.
Sirius s'est détaché de moi pour s'avancer vers la cheminé. Ils se sont tous les quatre assis en même temps sur le canapé que je venais juste de quitter. C'était des instants comme ça qui en disaient long, ils se connaissaient si bien qu'ils savaient exactement où s'asseoir et à quel moment le faire.
-J'ai rien dit ! C'est juste que tu pourrais avoir plus de tact.
-On a pas le temps. Et j'ai la dalle en plus, fait chier. J'ai trop de trucs à faire pourquoi est-ce-que Rogue doit toujours me pourrir la vie ?
-Oui bah c'est pas toi qu'il a menacé de mort, quand même, lui rappelais-je en m'asseyant dans un fauteuil à côté du canapé où ils s'étaient installés, sachant très bien que Sirius avait déjà dû tout lui raconter.
-Il t'a dit quoi, exactement ? Faut que je sache les détails. Il faut qu'on soit sûrs. Faut pas qu'il y ait le moindre doute qu'il en faisait partie. Oh bordel Lily va pas s'en remettre. Personne ne lui dit rien, d'accord ? Elle s'en voudrait trop.
-Parce qu'elle était pote avec ? Dis-je sans vraiment m'en rendre compte, me rappelant de ce qu'il m'avait dit lorsque nous étions tous les deux à l'infirmerie. Je vois pas en quoi c'est sa faute, continuais-je, tournant la tête pour regarder Potter dans les yeux. Elle savait pas, si ?
Il soupira, baissa la tête, sa main venant s'agripper dans ses cheveux, les décoiffant nerveusement.
-J'en sais rien. Je pourrais pas te dire. Je veux juste pas l'inquiéter pour rien...
-Oui enfin elle doit pas être si naïve que ça, elle devait bien se douter qu'il était louche. Rien que moi je le sentais pas et je le connaissais même pas.
-Peut-être qu'elle voulait pas savoir, je sais pas, peut-être que…
Il est resté silencieux un moment, il avait l'air d'être sur le point de s'arracher les cheveux, sa main les triturait avec force, et je me suis dit qu'il allait devenir chauve avant l'heure. Il n'en a même pas eu le temps, au final. Comme quoi, on s'inquiète pour rien.
-Donc, il t'a dit quoi ? Continua-t-il enfin, sa main retombant sur son genou, et je me suis mordue la lèvre nerveusement.
Je lui ai raconté tout ce que je vous ai dit juste avant, le truc avec le bouquin, les menaces, le fait que je savais que c'était à lui que je devais ma cicatrice, mais ça, il le savait déjà. Potter fronçait les sourcils, sa mâchoire se serrant et se desserrant, alors que Sirius secouait sa jambe gauche et tapotait ses doigts sur l'accoudoir du canapé, il avait l'air prêt à se lever pour aller égorger Rogue, il attendait juste le signal, il était prêt à bondir à tout instant. On a tous des tics nerveux, comme ça, quand rien ne va pas. Moi ? C'est triturer mes vêtements, mes cheveux, tout ce qui traîne, en fait.
-On fait quoi, du coup, James ? Demanda Remus Lupin, qui était en train de se ronger les ongles.
Vous voyez ? Les tics nerveux. Ce fléau moderne.
-Je sais pas. C'est trop vague, y a rien de concret. Je dis pas ça contre toi, me dit-il, c'est juste qu'on n'a pas de vraie preuve. Il a rien dit qu'on puisse vraiment utiliser contre lui. En tout cas pas pour le dénoncer à Dumbledore ou aux Aurors. Fait chier. Il me fait grave chier. Putain.
-Je dis qu'on va lui défoncer la gueule, voilà ce que je dis, moi.
-Sirius...
-Quoi ? Quoi ? Franchement ! Je vais vraiment le buter, non mais je jure, James, je vais me le faire. Vous m'avez fait chier pendant des mois. Des mois entiers. Des putains de mois entiers où j'ai dû m'excuser tous les jours mais on aurait juste dû le laisser crever.
-On peut pas aller faire ça, on va se faire attraper et on risquerait de se faire renvoyer, soupira Lupin, qui le regardait avec un air inquiet.
-Renvoyer ? Pour avoir voulu capturer un Mangemort ? Nan j'crois pas, je pense qu'on va nous refiler une bonne récompense, surtout.
-On n'est pas sûrs qu'il soit un Mangemort, c'est ça le problème. On n'a pas de preuves. On ne sait même pas si l'autre taré serait capable d'embrigader des élèves. En toute honnêteté, je pense pas qu'il le fasse, je vois pas quel intérêt il aurait. Je veux bien qu'il les fasse miroiter, mais ce serait trop dangereux. Dumbledore pourrait le découvrir. Il doit pas être aussi stupide que ça, dit Lupin, d'une voix qui se voulait rassurante, convaincante, presque.
Sauf que je me suis mise à paniquer, me sentant pâlir à vue d'œil, mon cœur se mettant à battre la chamade en réfléchissant au fait que personne d'autre que moi ne savait pour Regulus, en pensant au poids de ce secret. Au fait que je savais très bien que, si, Volde-oh, désolée, Vous-Savez-Qui, avait embauché des élèves, même s'ils n'avaient pas encore dix-sept ans. Il était fort probable que Rogue porte déjà la marque.
J'ai ouvert la bouche, ait relevé mon regard, que j'avais gardé fixé sur la main de Sirius et le rythme effréné de ses doigts, pour regarder Potter dans les yeux. Il fallait que j'avoue. Que je me libère, que quelqu'un sache. J'allais trahir Regulus, mais il m'avait déjà trahie. J'essayais de me justifier comme je le pouvais, mais à dire vrai je ne savais juste plus comment supporter son secret. C'était un poids trop lourd à porter.
-Il l'a déjà fait, dis-je brusquement, avant que je ne puisse même m'en empêcher ou que j'aie le temps de regretter.
-Quoi ? Demanda Potter, qui avait l'air de ne pas comprendre.
-« Embrigader des élèves. »
-Comment tu sais ? S'enquit Sirius.
Pendant l'espace d'une seconde, j'ai hésité, baissant la tête, avalant ma salive, sentant ma tête se mettre à tourner et mes jambes flancher, j'avais envie de partir en courant, de fuir, de ne plus jamais les voir. Je voulais me cacher, comme je l'avais fait tout l'été. Et puis Sirius s'est levé, et j'ai compris qu'il avait compris. C'était déjà trop tard.
J'ai fermé les yeux le plus fort possible, attendant son excès de colère, un flot d'insultes, des objets cassés, des sorts, probablement jetés en ma direction. À vrai dire, j'avais l'impression de mériter qu'on me punisse. J'avais échoué dans ma tâche, je n'avais pas sauvé Regulus. Pire encore, je l'avais probablement poussé davantage vers les forces du mal. C'était de ma faute, et si Sirius avait besoin de se venger sur quelqu'un, il pouvait le faire sur moi.
-C'est... C'est Regulus, pas vrai ? Dit-il d'une voix que j'eus peine à reconnaître.
J'ai ouvert les yeux, pour m'assurer que c'était bien lui qui avait parlé. Il était aussi pâle qu'un inferi, ses yeux étaient inquiets et ses mains étaient en train de défaire sa cravate. Il s'était mis à faire les cent pas dans la salle désertée, il me regardait à peine. Alors j'ai avoué. Il fallait que je me libère du poids de ce secret qui m'avait hantée pendant des mois. J'étais en train de trahir Regulus, soit. Mais il m'avait trahie. C'est ce que j'essayais de me répéter mentalement, dans une sorte d'incantation effrénée, tout du moins, pour atténuer la sensation de remords qui me tordait les entrailles.
-Je... Je l'ai découvert au début de l'été. Il... Il m'a mentie. Il m'a mentie, Sirius. Il voulait pas que je le sache. J'étais pas au courant... Je... Il va mourir, pas vrai ? Il lui a déjà donné sa vie. Il le sait pas mais... Oh... Merde... Je suis dé... Je suis désolée. C'est ma faute. C'est ma faute, Sirius...
J'étais en train de pleurer à chaudes larmes, ce qui n'était absolument pas prévu. La guerre, ça vous change vraiment, je vous jure. Je ne pleurais jamais en public, moi, avant tout ce bordel. J'étais devenue plus faible, ou plus ouverte, ou moins enfermée sur moi-même. Ça dépend de la façon dont on préfère le voir. Le résultat était le même.
Je n'ai pas réalisé que Sirius s'était rapproché de moi, baguette à la main, avant que Remus Lupin ne se lève rapidement de son siège. J'ai vraiment cru qu'il allait me jeter un sort, il avait un regard indéchiffrable sur le visage, qui s'est rapidement transformé en surprise lorsqu'il a senti la main de Lupin se poser sur son bras. Il a reculé d'un pas, l'a regardé un instant, avant de comprendre ce qu'il venait de se passer. Lupin avait voulu l'empêcher de me jeter un sort.
-Qu... Attends, quoi ? T'as cru que... Oh Remus, merde. Oh putain de... T'as pas cru que..?
La surprise s'est très vite transformée en colère et Lupin a commencé à rougir. J'avais arrête de pleurer, soit, mais je n'ai rien dit, essuyant mes larmes d'une main. Avant que Sirius ne fasse apparaître un mouchoir avec sa baguette et ne me le tende, sans lâcher Lupin du regard.
-Merci, marmonnais-je tout bas, m'essuyant le visage.
-T'avais sorti ta baguette ! se défendait Remus Lupin, levant les bras en l'air, visiblement exaspéré. On peut jamais savoir avec toi !
-Mais j'allais pas l'attaquer là comme ça sans raison ! T'as vraiment plus du tout confiance en moi, hein ? Merde, merde, quoi, Remus.
-Vous allez pas commencer, sortit Potter, qui avait planqué sa tête au creux de ses mains, poussant ses lunettes vers le haut. Il était en train de se frotter les yeux et n'avait pas relevé le regard, quand il a continué de parler.
-Vous me fatiguez, en fait, non, vraiment. Ça fait des mois, maintenant. Va falloir que vous arrêtiez. Remus, dit-il avec un regain de force, relevant la tête, je sais que... Euh, hésita-t-il soudain, tournant le regard vers moi, euh... Vous vous êtes disputés, mais ça peut plus durer comme ça. Je vous jure. Et Sirius, franchement, tu peux pas te battre contre tout le monde dès que t'en as envie. Sérieux, ça ne t'avance pas à grand chose.
-Ouais, c'est vrai que je devrais faire comme toi et les laisser faire, c'est vrai, c'est pratique. C'est pas ton frère qu'est dans la merde, James, tu m'excuseras si je pense que t'en as légèrement moins quelque chose à foutre que moi. Ça et depuis que t'as reçu ton badge à la con, là, tu fais tout pour pas qu'Evans se souvienne de qui t'es réellement.
-Ça n'a rien à voir avec...
-Oh, fais pas semblant.
-Sirius, commence pas, se plaint Vieuxver...
Il s'appelait pas Peter ? Vieuxver, je veux dire, son nom, c'était pas Peter quelque chose ? Je crois que c'était Peter. Je me souviens pas de son nom de famille... Oui donc, on va présumer qu'il s'appelait comme ça. Peter a commencé à se plaindre. Et Sirius, qui avait tendance à s'emporter facilement, a commencé à s'énerver encore plus. Sauf que, d'après ce que j'ai cru comprendre, d'habitude, la seule personne qui peut calmer Sirius c'est Potter. Sauf que, oui encore, Potter était en colère après Sirius. Du coup, ça a légèrement commencé à dégénérer.
-Vous êtes en train de me dire que vous ne comptez pas faire quelque chose ? Qu'on doit laisser des putains de Mangemorts faire comme bon leur semble ? Mais merde quoi, vous vous entendez un peu là ?
-J'ai pas dit ça, Patmol, soupira Potter. On est juste pas sûrs que ce soit un Mangemort.
-T'as juste pas envie d'y croire, c'est tout ! Ça t'arrange de pas y croire ! Parce que si c'est le cas ça veut dire que tu vas devoir l'annoncer à Evans. Et ça, tu peux pas. Du coup, on doit prétendre que Rogue ne bosse pas pour Voldemort ? C'est ça ? Parce que sinon ça va blesser les sentiments de la meuf qui te rejette depuis des années ? C'est pathétique, mec. T'es pathétique.
Potter s'est levé, et j'ai bien cru qu'ils allaient s'étriper sur place. Ils avaient tous les deux un regard féroce, et j'ai bien vu que Sirius avait resserré l'emprise qu'il avait sur sa baguette. Sauf que Lupin s'est interposé entre les deux avant qu'ils n'aient eu le temps de faire quoi que ce soit.
-Je vais y aller, peu importe que tu sois là ou pas, Cornedrue. Si je dois y aller tout seul, j'irai tout seul. Bordel, Remus, laisse-moi passer. Elle est où, la carte, d'ailleurs, Remus ?
-C'est pas moi qui l'ai, c'est Peter, calme-toi, Sirius.
Il poussa Lupin hors de son passage, passa si près de Potter qu'il lui donna un coup d'épaule, avant de s'approcher de, euh, c'était quoi déjà, son nom ? Peter ? Oui donc il s'est approché de Peter, avant de l'attraper par le col pour le forcer à se lever. Il le lâcha aussitôt pour fourrer ses mains dans les poches de son pantalon, visiblement à la recherche de quelque chose.
-Putain, tu l'as foutue où, la carte ?
-Elle est à l'étage, lâche-moi ! couina Peter, repoussant les mains de Sirius pour s'éloigner de lui.
-Oh, Sirius, ça suffit ! grogna Potter, qui tenta de s'emparer de Sirius alors que Lupin l'encerclait par derrière, l'empêchant d'avancer.
-J'ai juste besoin de la carte pour savoir où est Rogue. C'est tout. Je vous dérangerai plus après ça. Si c'est comme ça que ça se termine, c'est comme ça que ça se termine. Va juste chercher la carte, Queudver.
Il a couru vers l'étage, détalant comme un dirico. Je sais pas pourquoi ni comment il est entré à Gryffondor, mais je crois que même moi, j'étais plus brave, plus téméraire.
-Oh ! Oh bordel j'ai failli oublier ! M'exclamais-je soudain, me levant, sans vraiment savoir pourquoi. J'étais la seule à être restée assise jusque là, bien confortablement installée.
-Oh bordel que je suis débile, continuais-je.
-Quoi ? Qu'est-ce-qu'il y a ? demanda Sirius, se tournant vers moi avec l'air de quelqu'un qui avait oublié que j'étais là.
-La bibliothèque ! Elle ferme à quelle heure ? Tu sais ?
-Juste avant le couvre-feu. Vers 20h30. Pourquoi ?
Il était toujours en colère, je pouvais le voir à sa façon d'agripper fermement sa baguette, mais je l'avais assez intrigué pour l'empêcher de se battre avec Potter et Lupin. C'était déjà ça de gagné.
-Rogue doit retourner voir Pince parce qu'il s'est pris deux heures de retenue pour avoir abîmé un bouquin quand il a voulu me menacer. T'as pas besoin de la carte, Sirius. Viens, lui dis-je en lui prenant la main.
-Oh, d'ailleurs, Potter, je suis d'accord avec Sirius. J'arrive pas à croire que t'aies si peu de conviction et de courage. C'est presque décevant. Si tu veux mon avis, je crois qu'Evans serait déçue aussi.
J'ai tiré Sirius par le bras, n'attendant pas une seconde de plus avant de partir, ne laissant pas le temps à Potter de me répondre.
On a descendu les escaliers rapidement, ne s'arrêtant d'avancer que lorsque ces satanés escaliers se mettaient à bouger, nous empêchant de continuer notre chemin. La colère de Sirius semblait se dissiper de seconde en seconde, il avait arrêté de trembler, sa respiration s'était calmée. Il a soudainement arrêté d'avancer et s'est tourné vers moi, un grand sourire sur le visage.
-Tu sais, me dit-il, sa main serrant toujours la mienne, je crois que tu pourrais demander à rejoindre Gryffondor. Y a clairement eu une erreur, le Choixpeau a dû se tromper.
-Ha ! T'aimerais bien ! Je préfère largement être avec les Serdaigles, vous me semblez tous avoir des problèmes. J'ai pas encore assisté à une scène de meurtre dans mon dortoir, je crois que chez vous doit y avoir des victimes assez souvent. Vous êtes bizarres.
-Je suis bizarre, moi ?
-Moins que les autres, c'est déjà ça, lui répondis-je en haussant les épaules, avant de lui ébouriffer les cheveux. On était arrivés en bas des escaliers, et je me suis mise à courir pour éviter les représailles qu'il avait sans doute prévu de me faire subir, ne pouvant m'empêcher de rire.
Sauf qu'il m'a très rapidement rattrapée, le fourbe, et que je me suis retrouvée emprisonnée par l'un de ses bras alors que sa main gauche était en train de me massacrer les cheveux. Non, vraiment, c'était un bain de sang capillaire. J'étais en train de me débattre du mieux que je le pouvais, lui donnant des coups de coudes malencontreux dans l'estomac, alors qu'il ne cessait de rire, m'indiquant très clairement que je ne lui faisais absolument pas mal. C'était humiliant, soit, mais pas autant que ce qui allait suivre. Il m'a, enfin, lâché les cheveux, une fois qu'ils étaient assez méconnaissables et que j'ai eu assez l'air d'une folle pour qu'on m'envoie à Sainte Mangouste sans trop se poser de question. Sauf qu'il ne l'a fait que pour pouvoir encercler sa main autour de moi et il m'a alors soulevée, me serrant contre son torse, et a commencé à avancer comme ça, avec moi qui donnait des coups de pieds dans tous les sens, riant aux éclats, sans doute aussi rouge que le chapeau d'un Chaporouge, et avec les cheveux d'un troll mal coiffé.
-Oh salut, McKinnon, Evans, vous allez bien ? dit-il soudain, nonchalamment.
J'ai arrêté de rire aussitôt, arrêtant de me débattre par la même occasion. Je m'attendais à ce que Sirius me lâche, pour que l'on ai moins l'air de fous furieux, mais il n'en fit rien, pire encore, il m'empêchait de lever les bras pour que je puisse repousser mes cheveux hors de mon visage pour pouvoir au moins voir ce qu'il se passait.
-Ça va, Élise. ? me demanda la voix d'Evans, ignorant Sirius, alors que je pouvais très clairement entendre Marlene McKinnon pouffer de rire.
-J'ai été kidnappée ! Prévenez Dumbledore ! ai-je à peine eu le temps de dire avant que Sirius ne se mette à me torturer, euh, me chatouiller, oui, si vous voulez. Ça revient au même.
-Si-Sirius, lâche moi ! Ah ! A-A-Arrête, hahaha, arrête !
-Sirius, va falloir que tu la lâches, j'ai pas envie de te filer une retenue pour ça. T'imagines pas comment c'est galère de se taper toute la paperasse. Sois sage, pour une fois, Sirius.
-Elle va bien, vous en faites pas, lui répondit-il, refusant toujours de me lâcher. Vous allez manger ? On va vous suivre.
-Je, aaaaah. Je peux pas aller dans la Grande Salle !
-Pourquoi ?
-Sirius, allez, lâche-la, la pauvre !
Il a enfin eu la décence d'arrêter de me torturer devant Evans et McKinnon et j'ai réussi à m'extirper de son emprise maléfique. J'en ai profité pour repousser mes cheveux et me rhabiller, redescendant ma robe, avant de lancer un regard noir à Sirius.
-J'ai pas mon uniforme, répondis-je, en faisant un geste de la main en direction de ma robe. Oh, et euh... Merci, Evans.
-Y a pas de quoi, me répondit-elle.
-Et tu peux pas remonter le chercher ? Demanda Sirius, me tirant par la manche, déjà prêt à me traîner vers les escaliers.
-Je remonte pas sept étages pour ça ! lui répondis-je, posant tout mon poids dans mes talons, lui faisant comprendre que je n'allais pas avancer d'un pas. On peut pas aller manger dans les cuisines, s'il-te-plaît ?
J'ai vu Sirius lancer un regard à Evans, l'implorant du regard de ne pas nous filer une retenue, ou lui demandant son approbation, je n'étais pas bien sûre. Je crois que je n'étais pas censé dire ce genre de chose devant la Préfète-en-chef, mais ni elle ni moi n'étions vraiment préoccupées par ce genre de choses.
-Me regarde pas comme ça, Sirius, je m'en fiche que vous alliez manger dans les cuisines. J'ai même envie d'y aller avec vous, pas vrai, Marlene ? C'est devenu impossible de manger tranquillement à la table des Gryffondors, ces derniers temps. Depuis que Gallagher et McCormac se font la gueule, c'est l'enfer. Je vais peut-être finir par aller manger avec les Poufsouffles.
McKinnon acquiesça violemment de la tête.
-Hier, continua-t-elle, un frisson d'horreur lui parcourant visiblement le corps, ils ont mêlé Eileen Smith dans leurs affaires. Elle a douze ans ! La pauvre petite a fini avec deux semaines de retenues. Ça va mal se finir !
On a donc fini, tous les quatre, dans les cuisines de Poudlard, après que j'ai réussi à persuader Sirius de chasser les elfes-de-maison de là. Il a quand même dû me tirer par le bras pour me faire rentrer, alors que je paniquais à l'idée qu'ils puissent réapparaître à n'importe quel moment.
-Tu peux ouvrir les yeux, l'entendis-je ricaner alors que je m'avançais à tâtons, ma main se cognant contre ce que je devinais être son dos à plusieurs reprises.
-Qu'est-ce-qu'elle a ? demanda McKinnon, qui devait trouver la situation bien étrange.
-Elle a...
-Rien, j'ai rien, dis-je en me forçant à ouvrir les yeux.
Soit, Sirius ne m'avait pas mentie. La pièce était totalement déserte, mis à part Evans et McKinnon qui me regardaient comme si j'avais un troisième bras au milieu du front. Et je sais de quoi je parle, j'ai déjà vu quelqu'un avec un bras au milieu du front, je peux vous dire que tout le monde le regardait comme ça.
Sur l'une des quatre grandes tables se trouvaient des plats généreusement remplis et quelques assiettes. Evans et McKinnon avaient déjà commencé à se servir, et je me suis assise en face d'elles nerveusement. On ne pouvait jamais vraiment être sûrs, avec les elfes de maison. Je le sais, j'ai été surprise par les deux monstres ignobles qui vivaient chez mes parents un nombre incalculable de fois.
On a mangé, plus ou moins en paix, le stress ne me quittant pas. Pas seulement à cause des elfes de maison. Plus l'heure avançait, plus j'appréhendais la confrontation avec Rogue. Je savais que ça n'allait pas être beau à voir. J'étais encore une fois en train de frotter mes doigts contre ma clavicule, cherchant ma cicatrice, pour la gratter quand Sirius m'a prise la main.
-Tu vas finir par la rouvrir, à force de faire ça.
J'ai soupiré, il avait raison, soit, mais c'était devenu un tic nerveux. Je n'avais jamais eu de cicatrice auparavant, ma peau avait toujours été, comme moi, lisse et protégée de toutes formes de dangers. Elle me gênait, elle m'était étrangère, elle n'avait rien à faire au creux de ma chair. Je la haïssais pour ce qu'elle signifiait. Ma vie n'était plus la même et mon corps en portait les traces. J'ai senti la colère monter en moi rien que d'y penser.
-Elle me gratte plus, mais elle me dérange.
Sirius a semblé comprendre ce qu'il se passait.
-T'en fais pas, me dit-il, gardant toujours ma main dans la sienne, la resserrant pour me rassurer. On va le démolir tout à l'heure.
-Qui ça ? demanda Evans.
-Va y avoir une baston ? suivit McKinnon, et lorsque j'ai tourné la tête pour la regarder, elle avait un énorme sourire sur le visage.
J'avais oublié leur présence, mais elles nous regardaient comme si nous cachions un lourd secret. Enfin, surtout Evans, McKinnon avait juste l'air ravie à l'idée qu'il y ait du grabuge.
-Ton ex-copain, répondit Sirius, inclinant sa tête vers Evans, pour lui faire comprendre qu'il parlait d'elle.
-Thomas ? Il est...
-Non, pas Smith, qu'est-ce qu'on s'en fout d'un Poufsouffle, Evans ? Rogue, réfléchit un peu.
Sirius commençait à s'énerver, il était agité à côté de moi, et avait lâché ma main. De son côté, Evans eu l'air outrée un moment, et il lui fallut un moment avant de répondre, alors que McKinnon et moi nous regardions avec appréhension.
-Je suis jamais sortie avec Rogue ! se défendit-elle, l'air furieuse.
-Il aurait bien voulu, en tout cas !
-Je suis pas responsable de ses problèmes, Black ! Me mêle pas à tout ça, ça fait plus d'un an que je lui ai pas parlé. Et qu'est-ce-qu'il a fait, d'ailleurs, pour que tu veuilles le « démolir », hein ? Il t'a regardé de travers au détour d'un couloir ?
-Non, grommela Sirius, qui ne semblait pas vouloir lui dire la vérité.
Les mots de Potter me résonnaient sournoisement dans le crâne « Je veux juste pas l'inquiéter pour rien. » Même lorsqu'ils s'engueulaient, Sirius n'était pas capable de trahir la volonté de Potter.
-Quoi, il a quand même pas osé exister dans la même pièce que toi, c'était quoi votre excuse, en quatrième année ? Un truc sur ses cheveux ? C'est encore ça, il correspond pas à tes critères de beauté du coup il faut qu'il se prenne un sort ?
-Tu veux vraiment pas savoir ce qu'il a fait cette fois, Evans, crois-moi.
-Ah, bah voilà, l'excuse toute trouvée ! Y avait pas de raison, en fait, vous avez pas changé, hein, pas vrai ? J'imagine que Potter t'attend dans un coin ? Vous allez lui lancer un levicorpus et le paralyser ? Ça vous amusait bien, à l'époque.
-Non, lui dit-il de nouveau, et Potter n'a rien à faire avec ça, rit-il avec amertume. Ça fait partie du problème, ça, d'ailleurs.
-Lily, intervint soudain McKinnon, qui semblait vouloir la calmer, tu sais très bien que Rogue aussi faisait ça, il me le faisait même à moi, à l'époque.
-Et il a arrêté ! Pas comme eux ! Dit-elle en nous pointant du doigt, l'air accusateur.
J'étais même pas là, moi à l'époque ! Je vois pas pourquoi j'étais soudain impliquée dans leurs histoires de bagarres de gamins. M'enfin, j'ai fini par comprendre, bien plus tard, que Lily Evans avait sa fierté et n'aimait pas se tromper, ce qui la poussait dans le déni… Ça va, ça arrive à tout le monde. Même moi… Surtout moi, d'ailleurs.
Sirius a secoué sa tête, visiblement fatigué par ce dialogue de sourd, et a commencé à se lever, et je me suis dit que j'allais le suivre calmement, pour ne pas compliquer les choses davantage.
Ça aurait pu très bien se passer, sauf qu'Evans lâcha un petit « pff » condescendant quand elle la vu passer la jambe par dessus le banc pour se relever et que du coup, je me suis énervée aussi… Elle l'avait cherché, aussi faut l'avouer. Il était trop tard, elle allait devoir se démerder avec la vérité. Comme nous tous.
-Evans, juste comme ça, parce que tout le monde te croit trop faible pour le supporter, je vais te dire la vérité.
J'ai vu Sirius se figer sur place, à moitié relevé, une jambe en dehors du banc et la main gauche posée sur la table pour prendre appui.
-Élise., me dit-il en se retournant, son ton cherchant clairement à m'indiquer qu'il voulait que je me taise.
Je l'ai ignoré.
-Rogue m'a juste menacée de mort dans la bibliothèque, dis-je, regardant Evans droit dans les yeux.
Je voulais qu'elle comprenne, il fallait qu'elle comprenne.
-Ce sont des choses qui arrivent, en somme, pas vrai ? Enfin, pour des gens comme lui, continuais-je. Un peu comme quand il s'est mis à attaquer des gens dans le Poudlard Express, pas grand-chose, vraiment. Juste des trucs de Mangemorts, en gros. Tu t'en souviens de l'attaque, t'étais là aussi, non ? Mais bon, hein, j'imagine que c'est juste parce que j'étais dans la même pièce que lui et que ça doit le faire chier, les traîtres à leur sang.
Elle s'était complètement décomposée, et elle n'a pas dit un mot. A vrai dire, tout le monde est resté silencieux, et c'est McKinnon qui parla la première.
-Putain… Je savais qu'il était grave, mais pas à ce point. Et donc vous allez le défoncer parce qu'il t'a menacée de mort ? Il t'a sorti ça comme ça, dans la bibliothèque ?
-Tu veux la réplique mot pour mot ? Lui demandais-je, attendant qu'elle acquiesce pour continuer. Il m'a dit, « toi et tous les autres allez mourir. Vous êtes déjà morts, ça ne fait que commencer. »
Evans était devenue aussi blanche qu'une goule sur le point de mourir, mais son visage était totalement impassible et elle fixait la table sans un mot.
-Il oserait pas, murmura-t-elle enfin, fronçant les sourcils, fermant les yeux un instant. Non, non, il oserait pas.
Elle secouait la tête, mais son ton trahissait son désarroi, elle ne croyait même pas en ses propres mots. Elle savait très bien que c'était vrai. Le déni sembla s'accrocher encore quelques instants sur son visage, avant de disparaître totalement. Elle eu l'air effarée, paniquée, puis soudainement énervée.
-Tu croyais quoi, franchement, Evans, qu'il allait arrêter à un moment donné ? Qu'il allait se rendre compte de ce qu'il était en train de devenir ? Lui demanda Sirius, d'un ton calme. Il s'était rassis, pour lui prendre la main. Elle a relevé la tête, fronçant toujours les sourcils.
-J'arrive pas à croire que j'ai été si naïve. J'aurais dû savoir, rien qu'avec ce que ses « amis » avaient fait à Mary. Même avant ! Le nombre de fois où j'ai fait semblant de ne pas savoir !
-Au moins maintenant tu sais, lui dit McKinnon.
-Et dire que je me sentais coupable ! Coupable, rit-elle d'un rire amer. J'ai failli lui donner une seconde chance, tu sais, quand il est venu s'excuser, après les BUSES. Je le déteste. Non, franchement, je le déteste. Si t'as toujours envie d'aller le défoncer, vas-y, fonce, Sirius, je t'en empêcherai pas. Je crois que je vais aller me coucher, moi, je crois, continua-t-elle. Tu viens, Marlene ?
McKinnon a acquiescé silencieusement, et elles se sont levées toutes les deux avant de partir. Je me suis rapprochée de Sirius, pour venir poser ma tête sur son épaule, et il a posé son bras gauche sur la mienne.
On est restés comme ça, en silence, un moment.
-Il est quelle heure, lui demandais-je tout bas, ne voulant pas perturber la quiétude. On était au calme, lui et moi, à l'aise, paisibles.
-18h12.
-On va bientôt devoir y aller.
-Hmm hmm, acquiesça-t-il, ses doigts jouant avec mes cheveux. Je sais pas si t'as bien fait de tout dire à Evans.
-Au moins elle sait. Et Potter n'aura pas à vivre avec la culpabilité d'avoir à être celui qui lui a avoué. C'est mieux comme ça. Il vaut mieux savoir. C'est sûr qu'elle va avoir du mal à digérer tout ça pendant un moment, mais une fois qu'elle aura encaissé le coup, ça ira mieux.
-Tu vas mieux, toi ?
-Moi ? Oui, je pense que oui.
Il s'est éloigné de moi, et j'ai cru qu'il allait se relever, qu'il était en colère et que j'avais gâché le seul moment de paix que nous avions eu depuis notre retour à Poudlard, mais il m'a juste regardée, cherchant des réponses à des questions qu'il n'osait pas me poser.
-Tu penses ?
-J'en suis plutôt certaine, en fait.
Il m'a sourit, et j'ai senti la vilaine boule qui se planquait au fond de mes entrailles se retourner dans tous les sens. Et puis, j'ai perdu toutes notions du temps ou de l'espace. Plus rien n'avait d'importance, quand il m'embrassait.
On a fini par s'approcher de la porte de la cuisine avec du retard sur le programme que nous avions prévu au départ.
Je m'apprêtais à ouvrir la porte qui menait vers le couloir, quand j'ai entendu des bruits venant de l'extérieur. J'ai tourné le regard vers Sirius, paniquée.
-Ça doit être les Poufsouffles, me chuchota Sirius, se rapprochant de la porte pour y coller son oreille.
Il me fit signe de faire de même, et je l'imitais en continuant de le fixer.
-Ils doivent être en train de rentrer dans leur dortoir. On va devoir attendre qu'ils s'en aillent, et on ne va pas pouvoir passer par là d'où on vient. Heureusement que je connais un autre chemin, me dit-il en me faisant un clin d'œil.
J'ai soupiré et j'ai levé les yeux au ciel, faussement exaspérée par ses mauvaises habitudes, mais il s'est vite rendu compte du subterfuge, et je n'ai même pas sourcillé quand il avança un peu plus près, avant de m'embrasser à nouveau.
On a attendu de ne plus entendre de bruit pour sortir, nous empressant de partir. Je ne faisais que suivre Sirius, m'accrochant à son bras pour ne pas le perdre. On a marché pendant un moment, s'enfonçant davantage dans les méandres du château.
-Tu nous emmènes en cours de Potions ? Lui demandais-je en riant. Il est un peu tard pour ça, tu trouves pas ?
-Tu reconnais les donjons ?
-Ça fait un an que je suis là, tu sais, j'ai pris l'habitude. D'ailleurs, dis, mon accent, il s'est amélioré ?
Et, au détour d'un énième couloir quasi identique à tout ceux que nous avions déjà parcourus jusqu'alors, et alors que nous étions toujours en train de chercher à éviter les Poufsouffles environnants, Sirius s'est arrêté brusquement à mes côtés et j'ai à peine eu le temps de tourner la tête vers lui pour savoir ce qu'il avait que son bras est venu instantanément encercler ma taille pour me plaquer contre le mur derrière moi, dans ce qui semblait être un renfoncement de la taille d'une porte qui avait depuis longtemps disparue.
Je m'apprêtais à crier, prise par surprise, quand il a collé sa main contre ma bouche avec force.
-Chuuut, me soupira-t-il d'une voix presque inaudible, avant de pointer l'index de sa main libre vers son oreille puis vers le couloir où nous nous dirigions jusqu'alors et enfin vers ses lèvres, pour m'indiquer que l'on devait rester silencieux.
J'ai compris ce qu'il se passait avant d'entendre les bruits de pas et des voix qui s'approchaient vers nous. J'ai tourné la tête, cherchant un endroit pour nous cacher, mais il n'y en avait pas.
J'ai sorti ma baguette, la pointant vers moi et la tournant tout autour de mon corps, du haut vers le bas pour me lancer un sortilège de désillusion avant de la pointer vers Sirius.
-Invisus ! Chuchotais-je, alors que les voix se rapprochaient considérablement, tapant le bout de ma baguette sur le crâne de Sirius, qui a poussé un léger cri de surprise, avant de se rendre compte de son erreur.
Je l'ai senti se déplacer pour venir se plaquer contre le mur à côté de moi, et j'ai cherché sa main par réflexe, cherchant à sentir sa présence à mes côtés. Il venait de disparaître quasiment totalement, mais je pouvais encore deviner sa présence, ses traits n'étant pas totalement invisibles, je pouvais apercevoir ses mouvements en me concentrant bien. Mes sorts de désillusion n'étaient pas encore totalement parfaits à cette époque. Je crois que j'arrivais mieux à les faire sur moi que sur les autres, ce qui est normal, puisque je n'avais pratiqué ce sort que sur moi-même jusqu'à cet instant. Mais j'ai eu le temps de m'améliorer, depuis, et je pense que ça va beaucoup mieux à présent. Enfin, ça allait. J'ai pas retenté depuis longtemps. Faut dire que j'en ai pas tellement eu l'occasion depuis un long moment.
Les voix se sont arrêtées un instant, avant que nous n'entendions quelqu'un dire : « vous avez entendu ça ? » puis les approbations verbales qui lui firent écho. J'étais paralysée sur place. J'avais reconnu la voix de la personne. Je ne pouvais pas ne pas la reconnaître. Je la connaissais trop bien pour ça. Je le connaissais trop bien pour ça. J'ai senti la main de Sirius se crisper dans la mienne, ou peut-être était-ce la mienne qui se resserra autour de la sienne, rien n'était moins sûr. J'ai vu les ombres d'un petit groupe se rapprocher, leurs bruits de pas retentissant presque aussi fort que les palpitations affolées de mon cœur.
On aurait pu attendre que les autres passent en silence, pour repartir, mais le problème est que Sirius savait très bien que ce n'était pas des Poufsouffles qui voulaient juste rentrer se coucher, mais un tout autre groupe de personnes que ni lui ni moi n'avions prévu de croiser. Enfin, le vrai problème, c'est qu'il n'avait pas la moindre intention de les laisser s'en aller sans dire un mot, même s'ils étaient deux fois plus nombreux que nous. Je pense d'ailleurs que cela faisait partie du challenge. Pour moi aussi, si je dois vraiment être honnête avec vous. Je vous avais promis d'être honnête, pas vrai ? Ça fait partie du contrat. Donc, en toute honnêteté, mon cœur ne palpitait pas seulement de peur. Je pouvais sentir l'adrénaline me parcourir les doigts, pour venir se répandre dans tout mon corps, ainsi que ma mâchoire qui se resserrait, me préparant déjà à l'attaque. J'étais prête. Cette fois-ci, ils ne pouvaient pas me prendre par surprise, ils ne pouvaient même pas me voir. J'avais l'avantage, cette fois-ci. Je savais qui ils étaient, je savais qu'il était là, je savais ce qu'il était devenu.
-Vous voyez quelque chose ? Demanda la voix de Wilkes.
-Non, répondit celle de Regulus. Si c'est encore un piège tendu par les autres abrutis, on ferait mieux de ne pas y aller.
-Me dis pas que t'as peur, Reggie ! Dit une autre voix.
-J'ai pas peur, je dis juste qu'on sait pas sur quoi on va tomber, Avery. On est quatre, si ils sont à plus que ça, on va avoir des problèmes.
-Après ce que l'autre connasse a fait à Yaxley, crois-moi, cette fois-ci ça va mal se finir, mais pas pour nous.
-Bonne idée, ça, tuer quelqu'un dans Poudlard, c'est vrai que personne ne va se poser de questions.
-Pas si c'est bien fait, répliqua Avery. Hein, Travers ? Pourquoi tu dis rien ?
-Parce que je pense qu'on est sur le point de se faire attaquer et que j'ai pas envie de divulguer ma position ?
Ils étaient devant nous, à présent. Mais, cachés, dans notre recoin, dans la noirceur des donjons, collés contre le mur et quasi invisibles à l'œil nu, il y avait très peu de chances qu'ils ne nous trouvent. J'avais à moitié envie de rester aussi immobile et silencieuse que possible, pour qu'ils continuent leur chemin sans se rendre compte de notre présence. Sauf que Sirius n'était pas de cet avis, et dès qu'il a vu Regulus passer devant nous, il lui a lancé un sortilège. Enfin, c'est sur le sol qu'a atterri son sort, et les pierres grises se sont transformées en une espèce de marécage boueux et vaseux instantanément, et les quatre Serpentards se sont retrouvés aussitôt à moitié submergé dans la vase. L'odeur commençait déjà à m'envahir les narines quand leurs cris ont attaqué mes tympans.
Celui que je ne connaissais pas jusqu'à présent, Travers, s'était mis à lancer des sorts dans tous les sens, pour essayer de nous avoir. L'un de ses sorts, qui d'après ce que j'avais pu voir était un expelliarmus, était passé pile entre Sirius et moi, et nous nous sommes éloignés en un instant, sa main lâchant la mienne alors que je peinais à deviner où il se trouvait.
Tim Wilkes était en train d'essayer de sortir, il s'était rapproché du bord qui délimitait le marécage du sol en pierre et essayait de se hisser sur le rebord, alors que Travers continuait de lancer des sorts. J'ai bien vu que Regulus était énervé, exaspéré, même, par la situation, était visiblement en train d'essayer de se souvenir d'un sort pour annuler l'incantation de Sirius, alors qu'Avery était en train de vociférer des insultes et des menaces.
-Bande de lâches ! Montrez-vous !
Vous voyez bien l'ironie là, non ? Moi aussi sur le moment. Je crois que c'est le fait qu'il ait même osé dire une chose pareille, que son cerveau ne se soit pas rendu compte de l'hypocrisie suprême dont il faisait preuve. Je me suis mise à rire à gorge déployé, c'était instinctif et instantané, je n'ai pas pu m'en empêcher. Je sais, allez-y, jugez-moi, je le mérite, mais quand même, il avait osé nous traiter de lâches parce qu'on était cachés, alors qu'ils mettaient des masques quand ils attaquaient des gamins de onze ans dans le Poudlard Express. La situation était hilarante, de mon point de vue.
On aurait pu partir, on aurait peut-être même dû partir. On aurait pu éviter un conflit inutile. Mais Sirius avait besoin de ça, et moi aussi . Cela n'avait pas vraiment d'importance, que ce soit Rogue ou non à l'autre bout de nos baguettes. Rogue n'avait jamais été le problème, ses menaces ne m'inquiétaient pas vraiment. Il ne représentait rien, pour moi. Il n'était même pas un détail. C'était Regulus, et tous les autres, et mes espoirs brisés et toute l'affection que Sirius et moi avions voué à quelqu'un qui n'existait plus. J'avais son fantôme, de chair et d'os, en face de moi, et il allait payer. Il était trop tard, de toute façon, pour faire demi-tour. Mon rire les avait alertés de ma présence. Ils savaient sans doute qui j'étais. Ils savaient à peu près où je me trouvais. Le combat s'apprêtait à commencer.
En entendant mon rire, Regulus s'est retourné en un instant vers ma direction, et j'ai à peine eu le temps de voir sa baguette que j'ai vu un sort se diriger droit sur moi. J'ai juste eu le temps de penser « et merde » avant que mon sort de désillusion ne s'évapore totalement.
-Oh salut, comment ça va ? Leur demandais-je, m'avançant vers eux, et sortant de la pénombre comme si de rien était. J'avais même réussi à sourire, d'un air tout à fait cordial.
Ils furent évidemment pris par surprise.
-Ah tiens, c'est la connasse de traître-à-son-sang ! Me salua Avery. T'es toute seule ? Tu pensais pouvoir nous échapper ? Ils sont pas là, tes potes les Gryffondors ?
-Ça fait beaucoup de questions en même temps, Avery, va falloir que tu choisisses.
-Fais pas ta maline, la traître, t'es toute seule et on est quatre, répliqua Wilkes.
-Vous êtes littéralement embourbés dans de la vase, ça fait cinq minutes que vous vous débattez comme des cons, tu comptes faire quoi, me courir après ?
-Tu crois qu'on peut pas te lancer de sorts ?
-Oh non, les lancer, ça devrait aller, c'est pour éviter ceux que vous allez vous prendre dans la tronche en retour, que ça va se compliquer.
J'ai senti une main se poser sur mon épaule sans vraiment la voir. Sirius était derrière moi.
-Chut, me chuchota-t-il tout bas, son souffle venant chatouiller mon oreille, ils ne savent pas que je suis là, s'ils tentent un truc, ça sera plus simple.
Il était quasiment collé contre mon dos, ce qui évitait Je suis restée aussi immobile et impassible que possible, si ce n'est pour le malheureux hoquet de surprise qui s'échappa hors de mes lèvres lorsqu'il posa les siennes sur ma nuque. Mais je ne pense pas qu'ils aient eu le temps de s'en rendre compte, car Avery qui avait tenté de se hisser sur le rebord avait pris appui sur Wilkes qui était tombé en arrière et qui s'agitait à présent dans tous les sens, éclaboussant les autres et les recouvrant d'algue et de vase.
J'ai ri d'un rire plus que moqueur en voyant les cheveux de Regulus, habituellement si propret, recouverts de verdure.
-Vous savez quoi, leur dis-je avec un ton faussement compatissant. Si vous êtes sages, je vous ferai sortir de là.
-On n'a pas besoin de ton aide ! Surtout pas d'une traînée qui est prête à trahir toute sa lignée avec un bâtard, parce qu'elle est en manque !
-C'est pas très gentil pour Wilkes, ça, lui répondis-je, inclinant la tête en sa direction. Je suis sûre que ses parents sont mariés, pas vrai ?
-Sale… Ahh ! s'exclama l'intéressé, qui n'eut pas le temps de finir sa phrase avant qu'un jet de lumière bleue ne lui fonce dessus.
Je crois qu'il avait tenté de m'insulter mais il venait apparemment de retomber dans la vase, et en était à présent totalement recouvert. J'ai compris que c'était Sirius qui venait de lui lancer un sort quand j'ai senti sa main droite effleurer ma hanche alors qu'il pointait toujours sa baguette vers eux.
Avery et Travers ont tous les deux pointés leurs baguettes vers moi et j'ai à peine eu le temps de lancer un sort de protection que leurs sorts vinrent s'écraser contre le bouclier que j'avais formé devant moi, me faisant basculer légèrement vers l'arrière, et c'est Sirius qui m'a évitée de tomber.
-T'es rudement silencieux, « Reggie », dis-je, une fois que j'eus retrouvé mon équilibre. C'est parce que t'as peur de me lancer les sorts que tu lances quand t'es caché derrière ton masque ? Ou alors c'est parce que tu sais très bien que si tu tentes quoi que ce soit tu vas finir dans le même état que ton pote Yaxley ?
-N'ose même pas dire son nom !
-Quoi, tu veux dire que Rogue n'a pas encore réussi à le soigner, il est pas mort, quand même ? Mon petit maléfice lui aurait-il fait vraiment mal, par hasard ? Vous auriez dû l'emmener à l'infirmerie, les Aurors l'auraient adoré.
-Ta gueule, je te jure, ta gueule, la traînée, je vais finir par t'avoir, un jour, tu sais ? Et il n'y a pas assez de sorts au monde pour tout ce que je vais te faire subir.
-Avery, mon chou, on en a déjà parlé…
C'est à ce moment-là, alors que je m'apprêtais à simplement lancer une réplique cinglante à l'autre psychopathe dégénéré que Sirius a… Comment dirais-je ? Craqué ? Oui, c'est ça, il a complètement craqué.
Je crois qu'il n'est pas très fan des méthodes de torture d'Avery.
Les quatre Serpentards n'ont pas vraiment eu le temps de se rendre compte de ce qu'il se passait, à vrai dire. Sirius s'est mis à bouger, pour s'éloigner de moi, puis il s'est mis à courir en leur direction, le bruit de ses pas et le pourtour de ses traits trahissant sa présence.
Je crois que la pagaille qui suivit aurait pu rameuter tout le château si nous n'étions pas complètement paumé dans les fins fonds des donjons.
Sirius a commencé, tout d'abord, par faire disparaître le marécage qu'il avait créé, qui sembla rétrécir à toute vitesse avant de disparaître totalement en un « POP », laissant les quatre Serpentards, toujours recouverts de vase et d'algue, gésir sur le sol, alors qu'ils grognaient de douleur. Travers s'était apparemment cogné la tête et se l'agrippait avec force, sa baguette gisant à quelques mètres de lui. Puis, emporté par sa colère, Sirius attrapa Avery par le col, le relevant de force, le traînant sans remords et le plaqua de toutes ses forces contre le mur à ma droite.
-Ça fait des années que je t'entends raconter tes délires et que tu te vantes de vouloir torturer des gens, grogna-t-il.
Regulus fut le premier des trois autres à se relever, et je l'ai vu pointer sa baguette vers Sirius.
-Je ferais pas ça si j'étais toi, « Reggie », lui dis-je, m'avançant vers lui, resserrant mes doigts autour de ma propre baguette.
-Quoi, tu comptes m'envoyer à l'infirmerie, me demanda-t-il avec hargne. Ou tu crois que je peux pas te faire du mal ?
- Oh, Rebus, dis-je alors, d'un ton tellement condescendant que j'en aurais presque eu honte dans une autre situation, on sait tous les deux que t'es pas capable de me faire du mal.
J'étais à quelques mètres de lui, un faux sourire sur le visage alors qu'il me regardait avec tant de haine que j'avais envie de le frapper. Il n'était plus vraiment Regulus. J'aurais dû le savoir, à ce moment là. Mais je pensais vraiment qu'il n'allait pas me lancer de maléfice. J'avais tort. Soit. Moquez-vous de moi. Allez-y. J'étais naïve. J'avais encore foi en lui.
Avery venait de se mettre à crier, et j'ai tourné ma tête vers lui, voulant savoir ce que Sirius lui avait fait, détournant mon attention de Regulus un instant. Sirius commençait à réapparaître par endroit, comme un vieux miroir tacheté, il y avait des points de couleur qui apparaissaient sous mes yeux, je pouvais voir sa baguette plantée fermement contre la tempe d'Avery, prêt à lui lancer un autre sort. Et puis, ce fut à mon tour de crier, plus de surprise que de mal, même si la douleur parcourut mes membres un instant et je tombais à genoux, mes jambes vacillantes n'ayant pas supporté le choc.
Je n'avais pas vraiment mal. Il ne m'avait pas jeté un Endoloris, ce n'était pas aussi grave que ça. Mais il m'avait fait mal. Volontairement. Il m'avait jetée une sorte de Maléfice Cuisant, qui m'avait fait gonfler le bras gauche. Le petit enfoiré. Au moins, ce n'était pas mon visage. Mais quand même. C'est le principe, qui compte, surtout.
Je me relevais difficilement, alors qu'Avery venait de voler à travers le couloir et s'écrasait contre le mur à ma gauche en un bruit sourd, et que Sirius, à présent presque totalement visible, se rapprochait de moi, sans pour autant me regarder.
Il avait le regard fixé sur Regulus. Je ne sais pas si je peux trouver les mots pour décrire exactement les émotions qui se trouvaient sur son visage. La haine et la colère ne sont pas des mots assez forts. Il avait une lueur presque sordide dans les yeux.
Travers ne s'était toujours pas relevé, mais il avait réussi à retrouver sa baguette, et il avait à peine eu le temps de la relever vers nous que je lui envoyais un « expelliarmus » aussitôt, sa baguette s'envolant loin derrière lui.
Ils n'étaient plus que deux contre nous.
C'est là que ça a vraiment dégénéré.
Note de l'auteur : Ca fait, euuh, longtemps ? Toutes mes excuses ! Il est très, très long. Et il aurait pu l'être encore davantage si je n'avais pas décidé que 16 pages c'était déjà énorme. Je ne promets rien sur les délais pour le prochain chapitre, mais je vous promets déjà que je travaille d'ores et déjà dessus.
Les commentaires me font énormément plaisir, alors n'hésitez pas ! :D
