Sinedd - Genèse Stadium

Le Genèse Stadium n'a rien de nouveau pour Sinedd. Depuis son début de carrière dans le Galactik Football, il a eu l'occasion de le visiter à plusieurs reprises, et il y a même vécu un moment, quand il pensait que la vie sur Akilian n'était plus pour lui. Les pièges touristiques, les zones huppées, les quartiers restreints, les bas fonds, le stade... Le Genèse est grand mais il le connaît bien. Mais s'il y avait bien une chose qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de visiter, c'est un hôtel du standing des Snow Kids.

Pour être honnête, ce n'est pas un sujet qui l'intéressait plus que ça auparavant, et il doit même dire qu'il se fichait pas mal d'où pouvaient bien séjourner l'équipe contre laquelle il faisait la guerre. C'est plutôt Paradisia qui lui a mis le sujet sous le nez, et pas de la manière la plus agréable. Lui, dans l'hôtel sombre et étriqué des Shadows, et eux, dans le complexe ultra équipé et au confort cinq étoiles.

Alors aujourd'hui, Sinedd savoure la montée en gamme qui s'offre à lui.

Au lieu de suivre les autres jusqu'aux chambres pour aller ranger ses affaires et récupérer du long vol qu'ils viennent de faire, Sinedd part explorer le complexe. Des salles de vie communiquent ensemble pour créer une véritable maison taille XXL, laissant aux SK la liberté de profiter d'un salon, d'une cuisine, d'une bibliothèque, d'une salle high-tech et il passe. Au niveau supérieur il découvre les installations pour les entraînements, alliant machines dernier cris et holotrainer en pagaille. Il y a de nombreux équipements qu'il n'a jamais vu alors il se promet de les essayer aussi vite qu'il peut. Dans une autre zone de l'hôtel, il croise Dame Simbai, affairée à faire livrer les plantes qu'elle a rapporté avec elle dans les salles qui leurs correspondent. Sinedd aperçoit aussi Artegor, occupé à lui donner un coup de main en déplaçant des cartons. Si revoir son ancien coach lui fait encore bizarre, Sinedd ne peut s'empêcher de constater qu'il a l'air d'aller mieux. Par la suite, il découvre des zones avec moins d'intérêt. Les cuisines, les vestiaires, les salles d'étude tactique, les salles de réunions, le bureau de Rocket, l'atelier de Clamp. Alors il finit par reprendre l'ascenseur, descendant au premier étage qui leur est attribué pour aller découvrir les chambres.

Les grands couloirs ont un style qui lui font penser aux hôtels de luxe qu'il a pu visiter, avec Micro-Ice notamment, à la différence qu'une ambiance de dortoir d'étudiants habite les lieux. Ses coéquipiers s'affairent à déplacer du mobilier entre les chambres, chacun récupérant les affaires des chambres non utilisées. D'jok et Mei tiennent un matelas à bout de bras, Thran balade des écrans holographiques sur une chaise de bureau, Mark et Rocket tentent de faire passer un canapé cinq place dans la porte d'une des chambres tandis que Tia et Ahito discutent au beau milieu du couloir. Il lui faut un moment pour repérer son copain, occupé à pousser un mini-frigo vers une des chambres dont la porte est grande ouverte. Slalomant entre les Snow Kids qui s'affairent tous avec plus ou moins d'exaspération, Sinedd le rejoint et avant qu'il ne puisse lui demander ce qu'il fait, Micro-Ice se tourne vers lui pour lui demander son aide.

- Aide moi à le mettre dans la chambre, c'est super lourd !

- Mais pourquoi on aurait besoin d'un mini-frigo dans la chambre ?

- On a déjà un mini-frigo ! Celui-là c'est un bonus, Ahito nous le file en échange des coussins de notre canapé !

- Okay, mais pourquoi on a besoin de deux mini-frigos alors ?

- Parce qu'on est deux ? Et aussi parce que deux mini-frigos ça fait presque un frigo entier ! Crois moi, tu vas voir le régime que Simbai nous réserve et je te jure que tu me remercieras plus tard !

Toujours dubitatif, Sinedd finit par arrêter d'essayer de comprendre et l'aide à tirer la machine jusqu'à la chambre qui doit être la leur. Micro-Ice le branche juste à côté de l'autre et recule pour admirer sa collection, l'air particulièrement fier. Sinedd est sur le point de se moquer gentiment quand son copain s'élance vers la porte, lui disant de ranger s'il a envie pendant qu'il part chercher des affaires qui lui manquent.

Laissé seul, Sinedd prend le temps d'explorer la chambre qu'il découvre à peine, et est immédiatement surpris par les dimensions de celle-ci. La chambre fait facilement la taille de son appartement, avec un grand lit double, une longue armoire, une holoTV et un salon d'appoint. Une grande baie vitrée au verre teinté laisse apercevoir les lumières nocturnes du Génèse et, sur l'autre mur, une porte donne accès à une salle de bain tout aussi vertigineuse. Une immense douche à l'italienne avec une paroi en verre, une baignoire suffisamment large pour accueillir facilement trois personnes, des miroirs, éviers et étagères à n'en plus finir, des bouteilles de produits alignées au cordeau sur toutes les surfaces possibles... Et Sinedd doit avouer qu'il se sent soudainement un peu moins à l'aise au milieu du luxe moderne et terriblement impersonnel, surtout après les deux dernières semaines passées chez lui avec Micro-Ice.

Le mal du pays le prend d'un coup, sans qu'il n'y soit préparé, ou du moins pas si tôt après avoir quitté Akilian. Il tourne en rond dans la chambre d'hôtel mais ne pense qu'à son appartement, aux montagnes et à la neige, à ses parents restés là-bas le temps de véritablement s'installer, et à Sanja qu'il a promis d'appeler tous les jours. Sa nostalgie se fait tout à coup un peu plus forte, et il hésite à passer sous une douche glacée pour se changer les idées ou à aller dormir jusqu'au lendemain matin pour étouffer ses soucis, mais c'est à ce moment là que Micro-Ice revient dans la chambre, les bras chargés d'un vieux lecteur DVD, un sac plein de disques et d'un sac à dos d'où dépasse une planche de skate.

- J'ai ramené pleins de trucs pour quand Sanja viendra, j'ai retrouvé tous mes DVD de quand j'étais gosse et une de mes planches à roulette, tu sais celles pour apprendre le magnet-board ? J'suis sûr que ça pourrait lui plaire !

Micro-Ice étale toutes ses affaires sur le lit double et lui montre tous les jouets qu'il a rapporté en lui racontant des anecdotes sur chacun. Les films qui lui faisaient peur, ses préférés, ceux qu'il a regardés cent fois au point de connaître tous les dialogues. Chaque éraflure sur sa planche, qu'apprendre sur le givre du parking du centre était compliqué, les stratégies idiotes que D'jok et lui avaient mises au point pour éviter de se faire mal... Et doucement, la nostalgie de Sinedd s'efface, chassée par la voix enjouée qui lui met du baume au cœur.