Eh non, chuis pas morte. Chuis jamais morte. Toujours là. Toujours prête à répondre à une review ou n'importe !
Et j'avais totalement oublié ça. Pourtant c'est du bon. Fan du Hiru-Sena, j'arrive !


Respiration

« Oy, le chibi. Ramène-toi. »

C'est donc en entrant tout naturellement dans la classe de Sena que Hiruma prit ce dernier par le col et le traîna jusqu'à sa propre salle de classe.

« Tu vas faire ton boulot de secrétaire deux minutes, pour changer.

– Pendant le cours ?

– Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Sena remarqua alors que la classe de Hiruma était extraordinairement calme, pour une raison évidente… seul le professeur parlait, et encore, il ne le fit qu'une fois Hiruma assis à sa table et sans parler trop fort. Hiruma, lui, ne se gênait pas, il n'allait pas diminuer son volume.

Sa table était presque juste à côté de la fenêtre et tout son espace était envahi d'affaires diverses et même volumineuses (dont des armes à feu, pardon d'enfoncer des portes ouvertes). Sena s'assit à la table juste à gauche de celle de Hiruma. Ce n'était pas une table de cours mais une table rajoutée, un peu plus petite et plus basse, on la voyait difficilement depuis la position des élèves. Sena était ainsi entre son quarterback et la fenêtre, presque caché à cause du matériel amené là.

« Tu vas faire de la paperasse pendant que je m'occupe du bordel en ligne. Contente-toi de recopier en suivant les instructions que j'ai mis là, c'est juste barbant, rien de compliqué. Mais faut le faire aujourd'hui. Donc mieux vaut pour toi que ce soit fait avant la sonnerie.

– …D'accord... »

La classe fit preuve d'un calme olympien. Leur "camarade" avait un quota de présence à respecter pour être considéré comme un élève de Deimon [véridique, expliqué entre deux chapitres du manga], chose nécessaire pour ensuite prétendre appartenir au club. Aussi, les élèves de sa classe avaient dû s'habituer à le voir de temps à autres en cours. Durant ces moments, personne ne bougeait un cil sans avoir une bonne... une excellente raison.

Ils regardèrent donc avec une extrême discrétion le runner s'asseoir à côté de son capitaine sans montrer le moindre signe de trouille extrême – alors que ledit Sena avait une sacrée réputation de fippé quand même – et l'enviaient de ne pas craindre pour sa vie. Alors même qu'il était assis juste à côté du type le plus effrayant de la région. Ouais, il se contenta de regarder les papiers, puis de prendre un stylo et de s'atteler à la tâche en s'aidant de la note de Monsieur H.

Même en pensée, ils ne l'appelaient pas par son prénom.

Le cours se poursuivit donc dans le plus grand des calmes, tandis que l'élève de seconde qui n'avait rien à faire en classe de première écrivait tranquillement, et que l'élève de première qui n'était là que pour faire acte de présence s'activait au clavier de son pc, prenant le temps parfois de bricoler deux-trois trucs dans le matériel qui l'entourait.
Ainsi le professeur put poursuivre son cours, et la classe prenait des notes tout en surveillant de temps en temps Monsieur H de l'extrême coin de l'œil. Le savoir calme avait quelque chose de presque…. Relaxant…

Certain(e)s s'autorisaient même une observation certes toujours très discrète mais plus appuyée.

C'était un des rarissimes moments où ils pouvaient voir Monsieur H calme, à faire autre chose que persécuter les gens avec un gigantesque sourire de sadique et un rire exagéré. Il avait toujours une tête de délinquant en puissance, mais bon, fallait avouer : il avait du style.

Limite une belle gueule.

Et la bulle de chewing-gum, là, l'accessoire par excellence de Monsieur H, ça lui donnait un côté… un peu…

"pop"

Bon, il savaient pas quoi, mais ça rendait bien.
Au moment où Monsieur H se redressa pour se gratter le dos, tous se raidirent instinctivement et se détournèrent mais Monsieur H n'avait pas détourné les yeux de son ordinateur, aussi, ils n'avaient rien à craindre sinon pour leurs nerfs qui en avaient inutilement pris un coup.
Cela faisait donc quinze à vingt minutes depuis que Monsieur H était épié, lorsque l'incident se produisit.

Tout d'abord, Monsieur H fit une pause et lâcha son clavier, regardant l'écran pensivement. Il avait reculé son dos vers le dossier de son siège et avait avancé ses mains sous la table, bras tendus, vraisemblablement pour les étirer.

Mais son corps continua son mouvement de recul jusqu'à atteindre doucement le dossier de la chaise, et ses paupières avaient un peu papillonné. Fatigue ? Son regard avait quitté l'écran et s'était légèrement élevé, dans le vague.
Il avait relâché une bouffée d'air d'une drôle de façon, aussi.
Et s'ils ne rêvaient pas, il y avait comme une rougeur sur son visage, sur le nez, sous les yeux.

Complètement adossé, voire affalé sur le dossier de la chaise, il… commençait à avoir l'air bizarre. Beaucoup trop relaxé pour monsieur H. Il ne battait plus des cils mais ses yeux étaient à demi-fermés, sa bouche entrouverte et ses bras toujours plus ou moins le long du corps, invisibles comme tout le bas à cause des divers objets l'entourant.

Qu'est-ce qu'il avait ?

Parce que ce regard égaré était TOUT sauf normal ! Et le secrétaire, le mioche, là, semblait bien trop occupé à écrire pour le remarquer alors qu'il était juste à côté.

Pourtant son quarterback commençait à relever la tête, tout doucement, les yeux presque fermés, bouche un peu plus ouverte et respiration certes inaudible (il était en classe quand même!) mais les mouvements de sa poitrine n'en étaient pas moins…

Ils déglutirent pour certains, rougirent pour d'autres.
Il était impossible de voir leurs mains, l'un comme l'autre. Ni leur hanches.
Impossible de savoir si la main droite de Kobayakawa était réellement occupée à écrire, et impossible de voir les hanches du quarterback au milieu de ce foutoir.

Oh
My
God.

Pendant ce constat, la rougeur sur le visage de Monsieur H s'était étalée, ses iris perçants étaient étouffés entre les paupières entrouvertes, et sa tête était toujours plus relevée, dévoilant au passage une gorge que les filles n'avaient encore jamais vue sous cet angle si particulier.

Elles furent aussi surprises de voir la délicate pomme d'adam faire un bref voyage…

C'était aussi dingue que 'normal' car après tout les Devil Bat défiaient les lois du bon sens et toutes celles qui s'y apparentaient. Alors le fait que Kobayakawa puisse être en train de HMMMMM heum heum heum son capitaine au Beau Milieu d'Un Cours était tout à fait possible en fin de compte.

Le visage coloré de Monsieur H était tourné vers le plafond et son regard embrumé était enfin pudiquement dissimulé sous ses paupières closes. La bouche quasiment grande ouverte, il arrivait presque à masquer tout bruit de respiration.

« haaa… haaaaaa…. »

C'en était si insoutenable que certain(e)s durent détourner le regard en entendant ce bruit à peine perceptible. D'autres n'avaient pu bouger, paralysés, et avaient remarqué grâce aux longues mèches de Monsieur H, que ce dernier tremblait très légèrement.

Et Kobayakawa ne bronchait pas, continuant de faire semblant de travailler, et ce, à la perfection.
Ce gamin était devenu un démon.

La scène atteint son paroxysme pour les élèves quand le quarterback sembla justement au plus haut de l'excitation : les muscles du cou de Monsieur H se mirent à saillir sous sa peau et son expression changea, comme si c'était vraiment… très… Trop…
ses paupières se fermèrent bien plus fort, l'arc de ses sourcils fins lui dessinant une expression extrême, ses lèvres s'écartèrent plus encore, étirant les joues et la mâchoire tandis qu'il inspirait une grande longueur d'air sans prendre la peine de le cacher, on entendait presque comme un soupir de pur plaisir. Instinctivement, toute la classe serra les genoux.

Et à leur immense surprise…. Hiruma se cambra d'un seul coup en avant.

Comme ça.

« 'TCHOUM ! »

Ils en firent un bond sur leur chaise, totalement pris par surprise et les nerfs en pelote.

« À tes souhaits, lui dit Sena.

– Merci. Putain, j'ai cru que ça viendrait jamais. »

Il renifla et se remit au travail.

La classe ne se remit pas du choc.
C'était l'éternuement le plus érotique de toute leur vie.


Voilà. J'ai vraiment envie de l'illustrer, celle-là, pour le coup. Et puis je trouve que ça relève un peu le niveau.
Je recyclerai cette blague un jour, plusieurs fois sans doute !