Hello très cher lecteur !

Voilà le nouveau chapitre, posté à l'heure ! Youpi ! ( oui, je suis assez fière de moi )

Un immense merci à et Dibart pour leur review sur le chapitre précédent ! ^^ Cela me rassure vraiment de savoir que certaines personnes pourraient vouloir la suite de cette histoire, et me motive énormément :) Merci beaucoup ^^

Merci aussi à ceux qui ont mis cette histoire en favori ou en follow !

Ceci étant dit, Bonne lecture ! J'espère que cela vous plaira !


Ianto était furieux. Il ne savait presque plus pourquoi. Mais il l'était certainement. Furieux contre les médecins qui refusaient toujours de laisser partir Estelle. Furieux contre Rhys, qui l'avait poursuivi toute la journée afin d'obtenir des explications.

Furieux contre les paris qu'Emma organisait à propos de l'identité de l'idiot s'étant refusé au « sexy Harkness ». Furieux contre lui-même de se sentir tellement humilié. Furieux contre Jack, d'avoir mal interprété la situation.

Parce qu'évidemment, le grand, l'unique, docteur Jack Harkness avait dû se précipiter sur les mauvaises conclusions, incapable qu'il était de comprendre qu'on pouvait tout simplement ne pas l'aimer. Oh oui, c'était tellement plus simple, de catégoriser Ianto comme un petit hétéro bien coincé, plutôt que de se remettre en question. Plutôt que de se demander quel mal l'éminent docteur qu'il était avait bien pu faire au jeune infirmier pour que ce dernier le fuie de la sorte.

De toute façon, Ianto se doutait que Jack n'aurait jamais trouvé la réponse, même si son arrogance lui avait permis d'essayer. Pourquoi prendrait-il la peine de se souvenir de Lisa ? Pourquoi se serait-il ennuyé à se renseigner sur elle ? Il n'avait fait que la tuer, après tout.

Donc Ianto était furieux. Et ce fut furieusement qu'il frappa à la porte en face de l'appartement d'Estelle.

Il avait laissé sa colère bouillir en lui toute l'après-midi. Il ne pensait même plus aux conséquences de ce qu'il allait faire. Hurler à la figure d'Harkness pour d'insignifiantes rumeurs dont Ianto ne faisait même pas l'objet.

Si il avait été un peu moins furieux, Ianto aurait rapidement réalisé qu'il avait juste besoin d'une excuse pour haïr Jack à nouveau. Pour oublier qu'il avait bien failli l'apprécier. Pour occulter le fait qu'il n'était pas le grand méchant de l'histoire.

La porte s'ouvrit en grand.

- Quoi ?! aboya Jack.

Les cheveux ébouriffés, habillé d'un jogging délavé et d'un T-shirt bleu froissé, le médecin semblait avoir été tiré du lit.

- Monsieur Jones ? s'étonna le chirurgien, d'un ton qui devint soudainement glacial. Que faites-vous ici ?

Ianto retint un reniflement moqueur. L'homme avait l'air de vraiment croire à son histoire de râteau, et en plus, il le prenait mal. Il en venait même à user du « monsieur » et du vouvoiement qu'il avait si bien ignorer la veille. C'était d'un pathétique.

- J'ai cru comprendre, par l'intermédiaire de certaines personnes, que vous aviez mal interpréter mon attitude d'hier, monsieur, grinça Ianto, en insistant sur le dernier mot.

Jack leva les yeux au ciel. Il semblait agacé.

- Les infirmières parlent trop. Et alors, qu'est-ce que t'es venu faire ici, de toute façon ? Clamer haut et fort que tu ne me fuies pas parce que je te dégoûte ? Que non, bien sur que non, tu n'es pas homophobe, mais que, quand même, il y'a des limites, et que mon comportement à ton égard était indécent ? Eh bien, excusez-moi, monsieur Jones, si je n'ai pas envie d'entendre vos excuses accusatrices.

Le ton de Jack était passé de froid à moqueur. Ianto pouvait lire dans ces yeux que c'était lui, qui le trouvait pathétique à présent.

La fureur de Ianto explosa enfin.

- Je suis venu vous dire de garder pour vous vos conclusions stupides, cracha t'il férocement. Je suis venu vous dire que non, je ne vous fuie pas à cause de votre stupide flirt. Je vous fuie parce que je ne vous aime pas. Je vous fuie parce que je vous considère comme étant d'une arrogance et d'une hypocrisie détestable. Et je vous prierai, dorénavant, de ne pas m'inclure dans vos idioties d'héro délaissé. Je n'aime pas être le sujet de rumeur.

Jack sembla à court de mots pendant une seconde, et Ianto faillit bien profiter de cette seconde pour disparaître. Sa colère s'était désormais apaisée, et il prenait conscience de l'absurdité de son comportement. Pourquoi ressentait-il tellement le besoin de venir perdre son temps ici ? Pourquoi avait-il eu tellement envie de cracher sa fureur à la figure de Jack ?

Pourquoi avait-il envie, maintenant, que Jack se mette à lui hurler dessus, engage une dispute, afin qu'il puisse encore, juste un peu, se débarrasser de sa colère ?

Pourquoi était-il tellement en colère ?

Mais Jack reprit la parole avant que Ianto n'ait pu fuir, cette fois.

- Je peux savoir ce qui te prend ? Je n'ai pas mentionné ton nom une seule fois, pour tout ce que tu sais, ces rumeurs ne sont même pas à propos de toi !

- Oh, s'il vous plait, je ne suis pas stupide. Qui d'autre refuserait les avances du grand Jack Harkness ? se moqua Ianto.

Les mâchoires de Jack se serrèrent, et brusquement, Ianto se retrouva tirer par le devant de sa chemise. Jack le jeta presque à l'intérieur de son appartement, et referma la porte derrière eux.

Ianto sentit une bouffée de panique s'emparer de lui. Il ne voulait pas être là. Il ne voulait pas être piéger en compagnie de cet homme. Il voulait fuir. Il avait besoin de fuir.

- Laissez-moi sortir d'ici ! cria t'il presque, en s'avançant vers la porte, mais Jack le repoussa à deux mains vers l'intérieur de la pièce.

Le médecin paraissait tout aussi furieux que Ianto à son arrivée, désormais.

- Hors de question ! Tu ne fuiras plus avant de t'être expliqué ! Tu débarques chez moi en pleine soirée pour me hurler des insultes à la figure, je pense que je mérite au moins de savoir pourquoi !

- Peut-être parce que vous méritez toutes ces insultes, monsieur, siffla Ianto.

Jack ricana amèrement.

- Oh, je les mérite sans aucun doute, mais j'aimerais savoir pourquoi elles viennent de toi ! Hier matin encore, je ne connaissais pas ton existence, et durant nos deux brèves rencontres, il ne me semble pas avoir maudit ta famille sur cinq générations ! Alors, je suis bien au courant que ma réputation me précède, à l'hôpital, mais si j'en crois Estelle, tu es trop intelligent pour me juger sur base de rumeurs ! Alors qu'est-ce que je t'ai fait, exactement ? Si ce n'est pas parce que j'ai osé te draguer, qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me fuis comme ça ?

Jack était presque désespéré. Il avait besoin d'une réponse. Encore son complexe du héro, sans doute. Il ne pouvait pas souffrir l'idée d'avoir fait du mal à quelqu'un sans s'en rendre compte. Il ne pouvait pas se croire aussi indifférent. Jack savait, qu'il ne se souciait pas assez des conséquences de ses actions. Il avait parfois peur d'aller trop loin, sans même s'en rendre compte. Il craignait que ce soit ce qui était arrivé avec Ianto Jones.

Comme Ianto ne répondait pas, croisant au contraire ses bras dans un silence buté, Jack essaya de deviner, sarcastique.

- Qu'est ce que j'ai fait ? Je t'ai volé Estelle lors d'une de vos après-midi café ? J'ai insulté ta mère sans le savoir ? J'ai couché avec ta copine ?

À la dernière suggestion, Ianto émis un rire à la fois narquois et triste.

Jack eut de nouveau cette furieuse envie de le prendre dans ses bras. Ses yeux avaient perdu de leur fière colère, et il semblait à nouveau tellement jeune, tellement perdu, tellement brisé. Jack se demanda encore ce qui avait bien pu lui arriver.

- Si ce n'était que ça, monsieur, vous ne seriez rien d'autre qu'un immense connard, expliqua posément Ianto. Mais je ne vous déteste pas pour ça. Je vous hais parce que vous ne savez pas, justement, ce que vous m'avez fait. Parce que vous êtes trop imbu de vous-même, trop sûr de toujours faire les bons choix, pour vous en soucier.

Le calme froid de Ianto gifla Jack. Il ne parlait plus à un jeune homme dévasté et en colère, mais à quelqu'un qui pensait chaque mot qu'il lui destinait.

Et Jack avait beau essayé de se souvenir, il ne trouva rien qui puisse lui donner tort.

- Alors dis-moi, supplia presque Jack. Que j'essaie au moins de me rattraper.

Ianto eu le même rire brisé qu'un peu plus tôt.

- Comme s'il y'avait encore quelque chose à réparer.

Un long instant s'étira, sans que l'un deux ne parle. Jack commençait à se demander s'il ne rêvait pas, tout simplement, parce que toute cette situation paraissait brutalement absurde. Il se tenait, dans son salon, dans la tenue lui servant de pyjama, face à un homme qui semblait vouloir l'accuser de tous les maux, mais qui n'expliquait rien.

Jack était sur le point de déclarer qu'il en avait assez, que Ianto pouvait partir, et qu'il se ferait un plaisir de ne plus jamais le revoir.

Mais Ianto parla, d'une voix si faible, si tremblante.

- Il n'y a plus rien à rattraper, parce que vous l'avez tuée. Ma petite amie. Vous l'avez tuée.

La voix de Ianto se brisa sur les derniers mots, mais il n'éclata pas en sanglot, comme on aurait pu s'y attendre. A la place, il leva sur Jack un regard ampli d'une fierté indicible, d'une profonde rancœur, et de tellement de tristesse.

Sa voix ne tremblait plus, quand il lança :

- Vous êtes satisfait, maintenant ?

Et Jack se contenta de le fixer, bouche ouverte, sans savoir quoi dire, sans vraiment comprendre.

Puis une seule pensée fit la lumière dans son esprit.

Ianto Jones se trompait de coupable.

Il haïssait le médecin qui n'avait pas pu sauver sa petite-amie, plutôt que le destin cruel qui la lui avait arrachée.

Jack devait essayer de le raisonner. Il ne pouvait pas le laisser le détester ad aeternam. Ce n'était jamais la solution.

Il y'avait une raison, pour laquelle Jack ne se culpabilisait jamais longtemps, après la mort d'un patient. C'était parce qu'il savait, au fond, que bien trop souvent, ce n'était pas sa faute, mais celle du hasard. Il savait que d'autres personnes avaient encore besoin de lui. Qu'il ne pouvait pas s'arrêter et pleurer chaque mort, parce qu'il avait des vies à sauver.

Encore son complexe du héro.

Et Jack, face à ce jeune homme en deuil, éprouvait l'envie de lui expliquer tout cela.

Peut-être parce qu'obtenir le pardon de Ianto pouvait signifier que toutes les familles qu'il avait laissé tomber pouvaient l'excuser.

- Ecoute, commença doucement Jack, je comprends pourquoi tu penses ça. Mais si ta petite amie est décédée durant une de mes opérations, tu dois réaliser que c'est parce que j'avais déjà tout essayé pour la sauver…

Ianto lui jeta un regard tellement incrédule, que Jack laissa sa voix mourir peu à peu. Puis, brusquement, Ianto éclata de rire.

Ce n'était pas un rire de joie, évidemment. C'était un rire glacial, un rire détruit, un rire douloureux, et tellement ironique, que Jack se sentit vexé malgré lui.

Il y'avait apparemment encore quelque chose que Ianto ne lui disait pas.

- Quoi, encore ? s'agaça t'il. Tu sais, je vais juste finir par penser que tu es complétement fou.

- Je n'arrive pas à y croire, hoqueta Ianto. Je n'y arrive vraiment pas. Je vous dis que vous avez tué ma petite amie, et que je vous hais pour ça, et la première chose qui vous vient à l'esprit, c'est qu'elle est morte sur votre table d'op'.

- C'est sans doute parce que je n'ai pas l'habitude de tuer des gens, lâcha Jack, perplexe.

Ianto secoua la tête. Il avait l'air presque déçu.

- Je suis infirmier. Je sais pertinemment que des gens meurent pendant des opérations, et qu'il n'y a bien souvent personne à blâmer pour ça. Vous me croyiez vraiment assez stupide pour ne pas savoir ça ?

- Tu pourrais t'expliquer, alors ? s'agaça Jack. Parce que si ta copine n'est pas décédée sur ma table, alors je ne vois vraiment pas de quoi tu m'accuses.

Ianto soupira, et leva les yeux au ciel, comme à la recherche de soutien. Il parut quelques instants perdu dans ses pensées, avant de cligner plusieurs fois des paupières, et de soupirer une nouvelle fois.

- Cela confirme juste ce que je croyais, dit-il, presque pour lui-même. Vous l'avez vraiment oubliée. Et moi qui aie cru, un instant, que peut-être, vous vous en souviendriez, si je vous le disais…

- Ce que tu dis n'as aucun sens…

- Lisa Hallet, l'interrompit Ianto, de nouveau glacial. Mais je n'imagine pas que ce nom vous dit quoi que ce soit.

Jack aurait aimé que ce nom révèle un souvenir. Il aurait aimé pouvoir démentir Ianto, lui dire que si, bien sûr, il se souvenait d'elle.

Mais il ne pouvait pas. Parce que Jack ne se souvenait pas. Parce que c'était vrai. Il était bien le connard sans cœur que Ianto voyait, apparemment.

Ianto le dévisagea, comme s'il espérait voir passer sur ses traits un éclair de reconnaissance. Mais rien ne vint, à part une mine désolée et contrite.

Ianto soupira.

- Je ne sais plus ce que j'espérais trouver ici, en venant ce soir. Si c'était la confirmation de ce que j'ai toujours su, alors j'imagine que je l'ai eue. Au revoir, monsieur. Adieu.

Et Ianto se mit à s'avancer vers la porte. Jack aurait aimé se jeter entre lui et le battant, le supplier de rester, de s'expliquer, de lui expliquer. Lui jurer qu'il était désolé, mais qu'il ne se souvenait vraiment de rien. Lui demander s'il était bien certain que c'était de lui qu'il s'agissait, lui qui avait tué cette Lisa.

Mais Jack ne put rien faire d'autre qu'émettre un faible :

- Reste, s'il te plait. Explique-moi.

Ianto avait déjà une main sur la poignée, quand il se tourna une dernière fois vers lui. Et elle était de nouveau là, cette lueur brisée, au fond des prunelles d'orages.

Ianto haussa les épaules :

- À quoi cela servirait ?

Puis, se tournant vers la porte, il murmura, si bas que Jack crut avoir rêvé.

- J'aurais vraiment aimé ne jamais avoir cette confirmation.

Et sur ces mots, Ianto Jones disparut, sans courir, cette fois. Et Jack resta debout, au milieu de son salon, à essayer de se souvenir.

Une autre nuit sans sommeil s'annonçait.


Voilà, j'espère que ça vous a plu !

Que ce soit le cas ou non, la petite case review attend votre avis avec impatience ^^ J'aimerais beaucoup savoir ce que vous en pensez, afin de savoir si je prends cette histoire dans la bonne direction ou non :)

A samedi prochain !