Hello hello, très chers lecteurs !
Merci énormément pour les reviews, particulièrement à Dibart, à qui je ne peux pas répondre directement :D ! Ces reviews me motivent énormément, et me pousse à améliorer au mieux cette histoire, donc vraiment, merci beaucoup ^^
Voici le nouveau chapitre, j'espèce qu'il vous plaira ! Bonne lecture !
Jack, au bout d'une nouvelle nuit blanche passée à se retourner et à se torturer, en était arrivé à une conclusion : il devait parler à Estelle.
Estelle, de toute évidence, connaissait Ianto depuis quelques années au moins. Elle devait savoir ce qui était arrivé à Lisa. Même si Ianto ne lui avait pas parlé de l'implication de Jack dans cette affaire, elle devait savoir comment Lisa était morte.
Peut-être même avait-elle rencontré la jeune femme. Peut-être qu'Estelle serait capable de la lui décrire, et alors, peut-être que Jack serait capable de se souvenir.
Jack était donc arrivé en avance à l'hôpital, et se dirigeait à présent vers la chambre de sa voisine.
Il faillit rentrer dans un homme qui venait de la quitter.
L'homme-à-l'attaché-caisse, comme le surnomma immédiatement Jack, lui offrit un léger sourire.
- Excusez-moi.
Et avant que Jack ait pu lui répliquer un « il n'y a pas de mal », l'homme avait disparu.
Intrigué, Jack fit son entrée dans la chambre d'Estelle.
Cette dernière était allongée dans le lit, et sa jambe maintenue en l'air ne la faisait pas paraître moins menaçante.
- Qui était cet homme ? Me cacherais-tu un amant, Estelle ? s'amusa Jack, en guise de salutation.
Estelle eu un reniflement agacé.
- Il s'appelle John Frobisher. C'est le représentant de mon assurance. Selon lui, ne pas accepter de me faire placer pourrait me faire perdre leur service. Comme s'ils n'étaient pas qu'une bande d'arnaqueur, de toute façon.
Jack se retint de paraître trop inquiet. Estelle n'avait jamais apprécié sa trop grande sollicitude. Elle maintenait qu'elle pouvait se sortir de n'importe quelle situation seule, et parfaitement bien.
Et Jack, aujourd'hui, avait égoïstement d'autres préoccupations pour avoir du mal à ne pas s'inquiéter.
- Que me vaut le plaisir de ta visite, Jack, mon garçon ? demanda Estelle, changeant habilement de sujet. Aurait-ce, par hasard, un rapport avec un certain jeune gallois ?
Devant l'air de connivence d'Estelle, Jack eut presque envie de rire. Il avait failli oublier la tentative de son amie pour lui arranger un rendez-vous avec Ianto.
- Je ne pourrais pas simplement avoir envie de te voir ?
- Je ne pense pas, non.
Jack leva les mains en signe de reddition, et s'assit dans le fauteuil à la droite du lit.
- Très bien, très bien. J'avoue tout. Oui, cela a bien un rapport avec notre jeune Ianto Jones.
- Oh, je le savais, se réjouit Estelle, en frappant dans ses mains. Tu as besoin de ma bénédiction pour faire de lui un honnête homme, peut-être ?
Jack ne put s'empêcher de grimacer à la plaisanterie. Estelle le savait allergique au mariage.
- J'aurais aimé que ce ne soit que ça, soupira t'il. Mais ton jeune ami semble malheureusement très en colère contre moi, pour un acte que je ne me souviens pas avoir commis.
Estelle haussa un sourcil étonné. Ianto n'avait jamais mentionné Jack devant elle. Elle n'avait jamais même soupçonné qu'il connaissait son existence.
- Quoi donc ?
- Il m'a accusé d'avoir tué sa petite-amie, avoua calmement Jack.
Les yeux d'Estelle s'écarquillèrent de stupeur. Puis, presque aussitôt, ses sourcils se froncèrent.
- Lisa ? Lisa Hallet ?
- Pourquoi, beaucoup de ses conquêtes sont décédées ? plaisanta amèrement Jack.
- Non, non. C'est juste que… Mais enfin Jack, ça n'a aucun sens ! Il ne m'a jamais parlé de toi, je pense que je le saurais, s'il te tenait responsable pour la mort de cette pauvre Lisa.
Jack haussa les épaules. De ce qu'il avait pu voir, Ianto ne semblait pas du genre à s'expliquer.
- Tu pourrais juste, s'il te plait, me dire ce qui lui est arrivé ? Parce que j'aimerais savoir, figure toi, si j'ai vraiment tué cette fille, ou si ton Ianto est juste complétement dingue.
- Ne parle pas de lui comme ça ! le sermonna vivement Estelle. Tu n'as aucune idée de ce par quoi le garçon est passé…
- J'aimerais s'avoir, justement, s'irrita Jack.
Estelle lui lança un regard hésitant, puis capitula.
- Bien, je vais te dire ce que je sais. Ianto n'a jamais été très bavard, à propos de toute cette histoire. C'est Rhys qui m'a raconté les détails. Brave Rhys, il a fait ça pour être sûr que Ianto ait tout le soutien dont il avait besoin. Il était mon premier choix pour Ianto, tu sais. Mais il a une fiancée, quel dommage.
- Estelle, la reprit Jack, à moitié vexé de ne pas avoir été le premier choix, et surtout très pressé d'avoir le fin mot de l'histoire.
Estelle soupira.
- Oui, oui. Donc, Lisa. Ianto était déjà avec elle, quand je l'ai rencontré. Il en était fou amoureux, ça se voyait. Il était tellement heureux. Et puis, il y'a un an environ, il est arrivé quelque chose à Lisa. Je ne sais pas quoi, vraiment. Rhys m'a juste dit qu'elle était dans un coma grave.
Le récit d'Estelle commençait doucement à titiller quelque chose, à la frontière de la mémoire de Jack. Et il sut qu'il n'allait pas aimer la suite.
- Je ne sais pas vraiment ce qui c'est passé ensuite. Je sais juste que je n'ai presque pas vu Ianto pour les six mois qui suivirent. Il était apparemment trop occupé à veiller Lisa. D'après Rhys, il passait tout son temps libre auprès d'elle, à lui parler, à lui faire la lecture. Elle était hospitalisée ici, alors les autres infirmiers laissaient Ianto tranquille, toute la nuit à son chevet, parfois. Et puis, il y'a six mois, les parents ont décidé que cela ne valait plus la peine d'espérer, ou quelque chose du genre, et Lisa a été débranchée. Ianto en a été anéanti. Il est toujours très affecté par cette histoire. C'est tout ce que je sais, Jack, et je ne vois vraiment pas ce que tu as à voir là-dedans…
Jack était parti avant qu'Estelle n'achève sa phrase. Il avait brusquement un peu de mal à respirer, comme si un poids invisible oppressait sa poitrine. La culpabilité sans doute.
Parce que, au fil des mots d'Estelle, Jack s'était souvenu.
Il était remonté six mois plus tôt, et s'était souvenu.
Lisa Hallet.
Ianto avait raison. Il l'avait tuée.
Ianto avait passé sa journée à éviter tout le monde. Il avait évité Rhys. Il avait évité Emma. Il avait même évité Beth.
Personne ne l'avait vu de la journée. C'était parfait ainsi.
Ianto avait passé son temps avec les patients. Il y'avait toujours à faire, dans un hôpital. Il était si facile de se prétendre occupé.
En ce moment, Ianto changeait les draps du jeune Jonah Bevan, l'adolescent leucémique.
Ce dernier en profitait pour prendre une douche, avec l'aide de sa mère, Nikki.
Ianto évitait de penser à la souffrance de cette mère et son fils. Il savait que s'il le faisait, tout ce à quoi il pourrait penser, c'était à son absence odieuse de tristesse. Cette tristesse qu'il était habitué à ressentir, auprès de ses patients, mais qui depuis Lisa, n'apparaissait jamais plus. C'était comme s'il ne pouvait plus se permettre d'être affecté, au risque de se briser pour de bon.
Nikki sortit à ce moment là de la salle de bain. La femme était assez imposante, toute en rondeur maternelle, mais Ianto pouvait voir à quel point la maladie de son fils paraissait la ratatiner. De larges cernes couraient sous les yeux de la mère, et ses mains tremblaient légèrement, de fatigue sans doute, de stress sûrement, peut-être déjà de deuil.
Elle lui offrit un pâle sourire, auquel Ianto tenta de répondre le plus chaudement possible.
- Jonah s'habille. Il dit qu'il n'a pas besoin de moi pour ça.
- Je le comprends. Je refusais aussi que ma mère m'habille, quand j'avais quinze ans, tenta de plaisanter Ianto.
De toute façon, ce n'est pas comme si sa mère aurait un jour proposé de le faire.
Nikki lui offrit un autre sourire, qui, comme toujours, n'atteignait pas ses yeux.
Ianto souffrait pour cette mère qui regardait son fils mourir lentement. Jonah ne répondait pas bien à la chimio. Vraiment pas. Son oncologue avait même dû arrêter le traitement pour quelques semaines, afin d'éviter que celui-ci ne le tue plus vite que la maladie. Et voilà Jonah de retour à l'hôpital, la leucémie ayant gagné un peu plus de terrain, et son corps s'affaiblissant toujours plus vite.
Ianto n'était pas médecin, mais il savait que le pronostic n'était pas bon. Il donnait encore trois mois à Jonah, sans doute moins. Et il semblait que Nikki, chaque jour, prenait un peu plus conscience de cette échéance.
- Bien, finit par dire Ianto, mal à l'aise. J'en ai fini ici, alors je vais vous laisser…
- Restez, supplia soudainement Nikki. S'il vous plait, ajouta t'elle devant l'air dubitatif de Ianto.
Ianto fronça les sourcils. Nikki soupira.
- C'est infernal, de rester ici à deux, à se regarder dans le blanc des yeux, à échanger de stupides banalités pour ignorer sa maladie. Je suis sa seule famille. Il est ma seule famille. Et cela fait des mois, maintenant, que rien ne change. Qu'on passe toutes nos journées ensemble dans cette chambre, sans savoir quoi se dire. C'est infernal, monsieur Jones. Infernal.
Ianto hocha doucement la tête. Il comprenait, bien sûr qu'il comprenait. Mais qu'est-ce qu'il était mal à l'aise à l'idée de rester dans cette chambre. À l'idée de faire la conversation à Jonah, tout en ressentant ce cruel vide dans son cœur.
- Je suis désolé, mais j'ai du travail…
- S'il vous plait. S'occuper des patients, c'est ça votre travail non ? Jonah est un de vos patients. Ne le laissez pas tomber.
Ianto ferma douloureusement les yeux.
- Je ne peux pas. Je suis désolé, vraiment.
Et sans regarder le regard meurtri de Nikki, sur un dernier sourire contrit, Ianto quitta la chambre.
Et il se haït de se sentir tellement soulagé.
Jack avait bien dû finir par commencer sa journée de travail, qui fut encore plus remplie que prévu.
Mais à chaque moment de pause, il se précipitait vers le comptoir des infirmiers des soins intensifs – son service, et également celui de Ianto, de ce qu'il avait pu comprendre.
Il espérait croiser Ianto, et avoir le temps de le traîner dans un endroit discret pour s'expliquer. Il comprenait parfaitement, désormais, pourquoi Ianto lui en voulait tant. Mais il avait aussi l'impression qu'il avait le droit de tenter de se justifier. Et puis, il savait que Ianto n'allait pas bien. C'était évident. Et maintenant, plus qu'avant encore, Jack voulait l'aider.
Encore son complexe du héro.
Mais Ianto était demeuré introuvable. Jack n'avait pas osé demander si quelqu'un l'avait vu. Il avait bien failli poser la question à un homme assez imposant qui l'avait dévisagé d'un air curieux, amusé, mais également amical. Mais il s'était retenu au dernier moment, se souvenant de la réaction que Ianto avait eu la veille, à l'idée d'être le sujet de rumeur.
Jack regrettait à présent d'avoir fait preuve de cette retenue. Parce que c'était la fin de la journée, parce que les infirmiers qui n'étaient pas de garde étaient rentrés chez eux, et parce qu'il n'avait pas l'adresse de Ianto.
Il considéra un moment l'idée d'aller la demander à Estelle, mais il n'était pas prêt à donner des explications pour son attitude du matin.
Ce fut donc résigné que Jack se traîna une dernière fois vers le comptoir, un Owen bien décidé à comprendre ce qui lui arrivait sur les talons.
- Sérieusement, c'est quoi ton problème aujourd'hui ? Tu agis encore plus étrangement qu'hier, Capt'ain, et t'étais déjà clairement pas dans ton état normal.
- Pour la vingtième fois, Owen, je vais bien. Laisse-moi tranquille maintenant.
- Je ne te crois pas une seule seconde, Jack. Tu te débarrasseras pas de moi sans me donner des explications. Ce crétin de Hart t'a encore drogué ?
Jack leva les yeux au ciel à la mention de son ex. Owen semblait vraiment avoir une dent contre John. D'accord, il était psychotique, clairement junkie, et particulièrement infidèle, mais ce n'était pas comme si Jack en avait eu quelque chose à faire, au temps de leur liaison.
- Cela fait bientôt quatre ans que je ne l'ai plus vu, Owen. Il est probablement mort, d'ailleurs.
- Grand bien lui fasse. Je n'ai jamais pu blairer ce type.
- J'avais pas deviné…
Jack s'interrompit brutalement. Là, juste devant lui, sortant d'une chambre, mâchonnant sa lèvre inferieur entre ses dents, se tenait Ianto Jones. Jack se fit la réflexion qu'il n'avait jamais vu ce tic soucieux, chez Ianto. Il ne le trouva que plus adorable.
Jack dut se donner une gifle mentale pour remettre ses pensées dans le droit chemin, mais son air hypnotisé n'avait pas échappé à Owen.
Le neurochirurgien fronça le nez, et interpella aussitôt le jeune infirmier.
- Oh, toi là-bas ! Viens par ici deux secondes.
Et avant que Jack ait pu étrangler son ami, Ianto s'était tourné vers eux. Sa moue avait disparu, remplacée par un froid masque de professionnalisme. Ce masque se fissura une fraction de seconde pour laisser voir de l'agacement, lorsque Ianto aperçut Jack, mais ce fut rapidement oublié.
- Je peux vous aider, demanda poliment le jeune homme.
- Je ne sais pas, répliqua Owen. Tu es l'idiot qui met Jack ici présent dans cet état de zombie ?
- L'idiot ? articula lentement Ianto, apparemment trop surpris pour penser à une réplique plus constructive.
Owen, avec son manque de tact habituel, et ignorant délibérément les regards noirs d'avertissement de Jack, continua :
- Ouais, l'idiot qui ne l'a pas laissé mettre ses mains dans son pantalon, ce qui, apparemment, est un événement tellement inconnu dans l'univers Harkness qu'il agit bizarrement depuis deux jours.
Ianto aurait pu se contenter d'un « Je ne vois pas de quoi vous parlez, bonsoir », et Jack était plutôt certain qu'Owen aurait abandonné la partie.
Mais le jeune gallois se redressa avec défiance, et claqua :
- Mettez vous-même vos mains dans son pantalon, peut-être que cela lui changera les idées. Bonsoir.
Et Ianto fit volte face.
Jack était tétanisé. Il n'avait absolument rien compris à la scène dont il venait d'être témoin.
- Tu sais quoi, Jack, sourit Owen. J'aime bien ce gars. Tu devrais pas le laisser filer.
Cela donna à Jack l'impulsion nécessaire pour se précipiter derrière Ianto. Il lui agrippa le bras, et avant que Ianto n'ait pu l'envoyer se faire voir, il hoqueta :
- Lisa. Je sais. Je me suis souvenu. Laisse-moi m'expliquer, s'il te plait. Rentre avec moi.
Ianto lui lança un regard indéfinissable. Jack s'attendait déjà à un refus.
- Bien. Mais je vais me changer d'abord. Apprenez les bonnes manières à votre ami, en attendant.
- Je pense que cela prendrait trop longtemps. Owen est un peu un cas désespéré.
- Je n'avais pas remarqué, grinça le jeune homme.
Jack eut envie de rire, sans savoir si c'était vraiment approprié. À la place, il murmura :
- Ne fuis pas, s'il te plait. Je pense qu'on a vraiment besoin de parler.
Ianto hocha la tête.
- Je le pense aussi. J'en ai assez, d'avoir besoin d'un coupable.
Voilà voilà ^^ J'espère que cela vous a plu ! N'hésitez pas à laisser une review pour réchauffer l'auteure en ce froid mois de Janvier ^^ Vous pouvez l'incendier aussi, elle le prendra quand même bien ! ( je me mets à parler de moi-même à la troisième personne, j'ai besoin d'aide ! )
A samedi !
