Bonjour ! Je vous assure que j'ai des excuses pour ce retard ! Voilà, j'ai essayé plusieurs fois au cours du week-end d'enregistrer ce chapitre dans Doc Manager, mais le site semblait avoir une dent contre moi et ne me laissait pas accomplir mon devoir ! Je suis désolée !
Ceci étant dit, merci comme toujours à ceux qui ont pris la peine de me laisser une review :) ! Vous réchauffez mon coeur glacé par cet hiver interminable !
J'espère que ce chapitre vous plaira ! On rencontre Tosh pour la première fois ! Bonne lecture !
Toshiko Sato connaissait bien Jack Harkness. Mieux que ce que l'homme pensait.
Elle le connaissait suffisamment pour savoir que, quand il se réfugiait dans son labo, dans les sous-sols de l'hôpital, ce n'était jamais uniquement pour la voir.
Quand il soupirait de cette manière, alors qu'elle tentait de finir une analyse, elle savait que c'était parce que quelque chose le préoccupait.
Et quand il ne l'interrompait pas, elle savait aussi qu'il n'avait en réalité aucune idée d'à quel point il était préoccupé.
- Jack, n'as-tu pas des patients à voir ? Des poitrines à ouvrir ? Des vies à sauver ?
- Je pensais t'offrir un peu de compagnie. Et aussi vérifier que tu ne créais pas une arme de destruction massive pendant que tout le monde a le dos tourné, sourit Jack.
Quand Jack plaisantait de la sorte, assis sur une table de travail et les jambes se balançant nonchalamment, Tosh savait qu'il cherchait une excuse pour rester. Elle était bien curieuse de savoir ce que Jack voulait lui dire – inconsciemment, certes, mais elle savait qu'il y'avait quelque chose.
- Je ne suis qu'une humble biochimiste, Jack. Ce sont des vaccins, qu'on teste ici, pas des armes.
- Humble biochimiste, bien sûr. Tu n'arriveras pas à me faire croire que tu n'es que ça, Tosh.
Apparemment, je suis aussi ta psy attitrée, pensa moqueusement la japonaise en regardant du coin de l'œil Jack se mordiller la lèvre. Il venait de réaliser ce qu'il avait envie de lui dire, analysa Tosh.
- Tu sais, ça fait longtemps qu'on n'a plus vraiment parlé, toi et moi, commença Jack.
Nous y voilà.
- Du nouveau, dans ta vie, Tosh ?
- Il y'a surtout du travail, dans ma vie, Jack, répondit la jeune femme, peut-être un peu trop tristement. Ce n'est pas ton cas, d'après les rumeurs qui descendent jusqu'à moi.
Elle se tourna légèrement vers lui, délaissant pour un instant ses éprouvettes. Jack avait l'air mal à l'aise. Elle sourit intérieurement. Il était absolument adorable.
- J'ai rencontré un gars, avoua soudainement le médecin.
- Je vois.
Tosh s'attendait à ce que Jack lui parle confusément des sentiments qu'il devait commencer à ressentir pour cet homme. Il venait vers elle pour des conseils amoureux. C'était étonnant, mais Tosh en était un peu flattée.
- Il me hait.
- Pardon ? sursauta Tosh.
Elle ne s'attendait pas à ça. Jack lui offrit un pauvre sourire.
- Enfin, pas vraiment. Disons qu'il pensait me haïr, jusqu'à récemment. Disons aussi qu'il est une sacrée épave émotionnelle. Disons que j'aie envie de l'aider. Mais que je ne sais pas comment faire.
- Que lui est-il arrivé ? s'enquit Tosh, déjà inquiète pour cet inconnu.
- Il a perdu sa copine. AVC.
Jack évita son regard, et Tosh choisit de ne pas creuser le problème. Si Jack ne voulait pas lui raconter toute l'histoire, il avait ses raisons, et elle n'était pas de celles à le forcer à tout avouer.
- Le pauvre, dit-elle, sincèrement.
- Ouais. Comment on aide quelqu'un à surmonter ça, Tosh ?
La biochimiste hésita. Elle était largement hors de sa zone de confort. Mais elle répondit avec son cœur.
- Tu restes là pour lui. Tu ne le laisses pas se débarrasser de toi, même s'il semble que c'est ce qu'il veut. Parce qu'il ne le veut pas, pas vraiment. Il a juste besoin de quelqu'un prêt de lui, Jack. De quelqu'un qui tienne à lui.
Peut-être qu'elle aussi, avec besoin de ce quelqu'un, mais ce n'était pas pour elle, que Jack s'inquiétait. Et c'était normal. Jack avait un grand cœur, mais il ne pouvait pas laisser grand monde y pénétrer.
- Je peux faire ça.
- Tu tiens déjà à lui ? s'enquit Tosh, le nez de nouveau rivé à ses éprouvettes.
Elle put presque entendre l'hésitation de Jack.
- Je veux qu'il aille mieux.
- Ce n'est pas une réponse.
- C'est la seule que j'ai.
Tosh sourit et ne répondit rien. Jack prit cela comme une invitation à la quitter. Il lui embrassa le sommet du crane en passant à coté d'elle, et murmura :
- Merci, ma brillante Toshiko.
- De rien Jack, c'était avec plaisir.
Cela l'était vraiment.
Ianto n'arrivait pas à définir comment il se sentait.
Depuis la mort de Lisa, tout ce qu'il avait ressenti, chaque matin en se réveillant, c'était cette douleur étouffée, dans le creux de sa poitrine. Cette douleur, cette rancœur, cette peine, était comme une chape de brouillard, qui donnait à chaque instant de sa vie un aspect grisé. Ianto savait, qu'il était déprimé. Mais savoir ce qu'il ressentait lui avait donné un sentiment de sécurité.
Et puis il y'avait eu cette soirée, une semaine plus tôt, où il s'était retrouvé dans l'appartement de Jack, à boire des bières et à regarder un film d'espionnage stupide. Pendant ces quelques heures, le brouillard s'était levé, et Ianto s'était senti bien. Pas heureux, pas vraiment, juste bien. Il n'avait plus l'habitude. Quand il avait réalisé, en rentrant chez lui, alors que le brouillard tombait de nouveau, Ianto avait eu peur de ce que cela pourrait signifier.
Il avait peur de commencer à oublier Lisa.
Ianto refusait d'oublier. Et pour lui, se souvenir signifiait vivre dans le brouillard pour le restant de ses jours. Il était tout à fait prêt à faire ce sacrifice.
Alors il avait évité Jack. Jack était la raison de son changement d'humeur. Jack était celui qui voulait le faire aller mieux. Mais Ianto n'avait pas besoin de son aide. Il ne voulait plus de son aide.
Pourtant, depuis cette soirée, Ianto se surprenait à rire plus souvent. À sourire plus sincèrement. À, quelques minutes par jour seulement, oublier cette peine qu'il traînait depuis si longtemps.
Et cela le terrifiait. Cela le mettait en colère. Cela le faisait espérer, aussi.
Ianto ne savait plus ce qu'il ressentait.
- Ianto !
C'était Rhys. Ianto ne l'avait pas vu depuis une semaine – Jack n'était pas le seul qu'il évitait. Il se rappela brusquement qu'il n'avait plus parlé à Rhys depuis la fois où il lui avait avoué avoir repoussé Jack.
- Rhys ! s'exclama Ianto, sur le même ton impatient qu'avait utilisé son ami.
- Tu as quelques trucs à m'expliquer, tu ne crois pas ?
Ianto soupira. Il aurait dû le voir venir. Il aurait dû le voir venir et ne pas rester stupidement assis derrière le comptoir des infirmiers. Il aurait dû trouver un endroit où se cacher.
- Rhys, si tu n'as toujours pas compris que la terre tourne autour du soleil, il n'y a plus grand chose que je peux faire pour toi…
Ianto tentait de plaisanter. De faire croire à son collègue qu'il n'avait plus aucune idée de quoi il parlait. Cela ne prit pas.
- Oh, arrête un peu de faire le malin avec moi. Tu vas m'expliquer cette histoire entre toi et Harkness. Et ne nies pas ! Je t'ai vu partir avec lui il y'a une semaine. Et depuis, comme par hasard, tu as tout fait pour m'éviter ! Qu'est-ce qui se passe Ianto ?
Ianto jura intérieurement. Evidemment, que Rhys avait remarqué son petit jeu de cache-cache.
- Il ne se passe rien…
- Je sais que ce n'est pas vrai. Explique-moi.
Le ton et le visage de Rhys s'adoucirent brusquement.
- Je m'inquiète pour toi. Je veux dire, tu connais la réputation de ce gars aussi bien que moi…
- Rhys ! l'interrompit Ianto, un peu choqué.
Il venait de comprendre comment son ami avait interprété sa relation avec Jack. De toute évidence, Rhys s'était fait quelques fausses idées.
- Ce n'est vraiment pas ce que tu crois, reprit Ianto. Jack est juste…
Juste quoi ? Un ami ? Ils n'étaient pas amis. Le meurtrier de sa petite-amie ? Ianto ne pouvait plus décemment l'appeler comme ça, même dans l'intimité de son esprit. Le gars qui essayait de le sortir de la dépression dans laquelle il s'était enfoncé depuis Lisa ? Rhys ne voulait certainement pas entendre ça.
- Juste une connaissance, acheva maladroitement Ianto. Rien de plus, ajouta t'il, devant l'air peu convaincu de Rhys. C'est juste… j'ai envie de me faire de nouveaux amis, tu comprends ? Changer un peu ma routine.
Cette excuse était pitoyable, Ianto le savait. Les sourcils de Rhys se froncèrent encore davantage.
- Et il fallait que tu le choisisses lui ?
- Pourquoi pas lui ?
- Je ne sais pas, il ne m'inspire pas confiance. Mais tu fais ce que tu veux après tout. Juste qu'une chose soit bien claire : Je ne veux jamais voir ton nouvel ami à moins d'un kilomètre de ma Gwen.
Ianto sourit, et Rhys lui donna une tape amicale sur l'épaule. Jack ne risquait pas de rencontrer Gwen, si Ianto continuait à l'éviter, et c'était bien ce qu'il comptait faire.
Au bout de plus d'une semaine sans le croiser, Ianto avait fini par penser que Jack avait peut-être abandonné. Après tout, si Jack avait vraiment voulu le trouver, Ianto aurait sans doute eu plus de mal à l'éviter. L'idée que Jack avait si facilement renoncer l'attristait un peu, mais Ianto s'était convaincu que tout était pour le mieux.
Jack était plus déterminé que ce que Ianto croyait.
Il l'attendait devant sa voiture. Il s'appuyait contre la carrosserie, avait un large sourire qui lui mangeait le visage, et ses mains étaient nonchalamment enfoncées dans les poches de son jeans.
Ianto sut immédiatement qu'il n'arriverait pas à refuser sa compagnie.
Il en avait trop besoin. Il ne se l'admettait pas encore à lui-même, mais il avait trop besoin de l'oubli, du sentiment de confort, que la présence de Jack lui apportait. Ianto ne se l'avouait pas, mais il n'en pouvait plus, d'être déprimé. Il n'en pouvait plus, de ce brouillard qui semblait grignoter son existence.
- Jack ? appela t'il avec curiosité.
- Lui-même, sourit encore plus largement l'interpellé. Comment allez-vous ce soir, monsieur Jones ?
- J'irais beaucoup mieux si je n'avais pas la sensation d'être suivi. On a déjà parlé de cette histoire d'harcèlement, non ?
Jack s'éloigna de la voiture, d'un pas presque guilleret. Le sarcasme de Ianto était la preuve, selon lui, qu'il n'allait pas essayer de se débarrasser de sa présence. Cela rendait Jack étrangement heureux.
- C'est que cela fait plusieurs jours que je ne t'ai pas vu.
- Je te manquais déjà ? plaisanta Ianto, en ouvrant son coffre et en y jetant ses affaires.
- À vrai dire, oui. Je m'inquiétais surtout, répondit sincèrement Jack.
- Pas besoin de s'inquiéter. Je suis un grand garçon.
Jack soupira. Il pouvait voir Ianto se fermer. Il pouvait le voir, enfoncer soigneusement toutes ses émotions au plus profond de son être. Il demanda abruptement :
- Est-ce que tu m'évitais ?
- Oui.
Ianto parut un instant choqué par sa propre révélation, mais il se reprit suffisamment pour soutenir le regard de Jack.
Ce dernier hocha la tête.
- Je m'en doutais. C'est pour ça que je me suis forcé à ne pas te courir après. Mais j'ai réalisé que je ne devais pas te laisser tomber, même si tu ne voulais pas de moi.
- Tu comptes m'imposer ta présence ? ricana Ianto.
- Si c'est ce que je dois faire pour t'aider à aller mieux, alors oui.
Ianto laissa échapper un soupire agacé. Il voulait dire à Jack qu'il n'avait pas besoin de lui. Il voulait lui dire qu'il se débrouillait très bien tout seul. Qu'il n'avait pas besoin d'aide. Mais il savait que c'était faux. Ses épaules s'affaissèrent, et il baissa la tête. Jack s'approcha doucement.
- Comment tu vas, Ianto ? demanda t'il, parce que c'était la seule question qui lui venait à l'esprit.
Ianto leva les yeux vers lui. Et Jack put y voir toute la douleur qui y coulait encore. Il eut de nouveau cette furieuse envie de le serrer contre lui.
- Honnêtement ? soupira le jeune infirmier. Mal, Jack. Si mal que je ne m'en rendais même plus compte, avant que tu n'interviennes. Mais je vais mieux, quand tu es là.
Jack écarquilla les yeux à cette confession. Il s'efforça de ne pas se sentir trop content de lui. Déjà, il faisait une différence, déjà, Ianto parlait d'aller mieux.
Avant que Jack aie pu répondre, Ianto referma bruyamment son coffre, se secoua, et proposa abruptement :
- Ça te dit d'aller boire un verre ?
- Ianto Jones, me proposerais-tu un rencard ? plaisanta Jack, afin de détendre un peu l'atmosphère.
- Jack…
Le regard réprobateur que Ianto lui lança fit éclater Jack de rire.
Et Ianto se dit que désormais qu'il avait une présence si rayonnante dans sa vie, il ne pourrait plus jamais supporter son brouillard quotidien.
Il en voulut à Jack, de bouleverser son monde. Mais Jack voulait l'aider, et Ianto n'arrivait plus à nier qu'il avait besoin de soutien.
- Allez, viens, offrit Jack. Je connais un bar, pas loin.
Ianto lui lança ses clefs de voitures.
- Alors me ramener en vie chez moi devient ta responsabilité.
Ianto ne réalisa pas qu'il venait d'avouer son intention à Jack de se saouler. De boire jusqu'à ne plus être en état de conduire. Boire pour apaiser cette douleur qui ne le laissait jamais vraiment, malgré la présence réconfortante de Jack.
Ianto ne se rendit pas compte de cet aveu, parce que ce comportement lui était coutumier. Parce qu'il avait quitté l'hôpital avec l'intention de boire, comme presque tous les soirs.
Parce qu'il allait toujours tellement mal. Mais Jack comprit, ce que ces clefs qu'il attrapa au vol signifiaient. Il comprit que Ianto n'allait pas vraiment mieux. Il comprit qu'il avait failli se réjouir trop vite.
Il comprit, et il s'en désola. Ianto Jones méritait mieux que lui, pour l'aider avec son deuil. Mais Jack était tout ce qu'il avait.
Alors Jack attrapa les clefs, les mit dans sa poche, et se jura de garder Ianto en sécurité. C'était le mieux qu'il pouvait faire.
Il espérait que cela suffirait.
Voilaaaaa !
Si vous avez la furieuse envie de m'insulter pour mon retard, ou que vous aussi vous avez quelques envie incendiaire envers ce site, la case review attend vos complaintes ! Et, en passant, vous pouvez toujours donner un avis sur l'histoire ^^
A Dimanche ( oui, je deviens réaliste quant à ma ponctualité ^^)
